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  • L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    Chaque année amène avec elle sa nouvelle réforme de l’assurance chômage, signe que pour faire des économies, le gouvernement manque quelque peu d’imagination… ou de volonté ? Car réduire les droits des chômeurs n’entraîne jamais des millions de personnes dans la rue. L’Insee estime pourtant qu’entre 60 et 80% des actifs passeront par au moins une phase de chômage durant leur carrière.

    La proposition de loi adoptée par le Sénat le 1er avril, dont le sénateur Laurent Burgoa (LR) était devenu le rapporteur suite à un changement du calendrier législatif, s’attaque en effet à la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle. Les nouvelles règles prévoient ainsi de réduire la durée de cotisation à 15 mois pour les personnes de moins de 55 ans (18 mois aujourd’hui), 20,5 mois pour les personnes de plus de 55 ans (22,5 mois pour les 55-57 ans et 27,5 mois pour les plus de 57 ans aujourd’hui).

    Selon les chiffres du gouvernement, cette réforme permettrait d’économiser entre 600 et 800 millions d’euros, mais aussi de permettre 12 000 à 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. « Déjà à 200 millions d’euros près on ne sait pas compter… mais surtout je voudrais bien comprendre la mécanique qui nous expliquerait que quand tu réduis les droits des chômeurs, ça crée de l’emploi. C’est un argument fallacieux », fustige Serge Ragazzacci de la CGT 34.

    Cette réforme, débattue en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale mercredi 8 avril, devrait être soumise au vote jeudi 16 avril. Elle fait suite à un accord trouvé le 25 février entre une partie des organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P).

    Deux stratégies syndicales distinctes

    Pour Franck Mary-Montlaur, secrétaire général de l’UD FO 34, cet accord vise surtout à éviter une nouvelle réforme de l’assurance chômage : « On ne voulait surtout pas revenir à une nouvelle négociation sur l’assurance chômage, comme le programmait le gouvernement. On nous a aussi fait comprendre que le patronat était favorable à taxer plus les contrats courts et nous pensons qu’il doit cotiser plus quand il fait appel à des contrats courts. Une brèche est ouverte. En 2008 [lors de la création des ruptures conventionnelles, Ndlr], on y était allé à reculons. C’est surtout le patronat qui a profité des ruptures conventionnelles. Nous avons toujours défendu l’assurance chômage, qui doit rester une protection pour les salariés qui se font licencier. »

    Une méthode contestée par la CGT qui n’a donc pas signé cet accord. « On refuse la politique du “moins pire”. On négocie toujours sur le reculoir. Ça continue d’exonérer le patronat de toute responsabilité mais aussi le gouvernement, qui concède des aides publiques et des exonérations de cotisations sociales via un certain nombre de mesures. Le syndicalisme va devoir se poser les bonnes questions parce que ce n’est pas au syndicat de négocier des reculs et d’ensuite les expliquer aux salariés », estime Serge Ragazzacci, qui regrette qu’une partie des syndicats se soit désolidarisée alors qu’une position commune avait initialement été établie.

    Le secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Hérault souhaite aussi rappeler pourquoi la CGT s’est toujours opposée aux ruptures conventionnelles, qui ont explosé un partout en France à l’image de l’Hérault, qui en dénombre entre 700 et 1 000 par mois : « C’est un énorme plan social qui ne dit jamais son nom. Ces procédures remettent en question la justice prud’homale. Elles permettent de supprimer de l’emploi rapidement sans pouvoir d’intervention des représentants du personnel. Et qui paie ? L’assurance chômage. Enfin, l’inspection du travail vérifie au mieux si la procédure de la rupture conventionnelle a été respectée, mais elle ne vérifie pas si le contenu respecte les droits du salarié. »

  • L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    Chaque année amène avec elle sa nouvelle réforme de l’assurance chômage, signe que pour faire des économies, le gouvernement manque quelque peu d’imagination… ou de volonté ? Car réduire les droits des chômeurs n’entraîne jamais des millions de personnes dans la rue. L’Insee estime pourtant qu’entre 60 et 80% des actifs passeront par au moins une phase de chômage durant leur carrière.

    La proposition de loi adoptée par le Sénat le 1er avril, dont le sénateur Laurent Burgoa (LR) était devenu le rapporteur suite à un changement du calendrier législatif, s’attaque en effet à la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle. Les nouvelles règles prévoient ainsi de réduire la durée de cotisation à 15 mois pour les personnes de moins de 55 ans (18 mois aujourd’hui), 20,5 mois pour les personnes de plus de 55 ans (22,5 mois pour les 55-57 ans et 27,5 mois pour les plus de 57 ans aujourd’hui).

    Selon les chiffres du gouvernement, cette réforme permettrait d’économiser entre 600 et 800 millions d’euros, mais aussi de permettre 12 000 à 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. « Déjà à 200 millions d’euros près on ne sait pas compter… mais surtout je voudrais bien comprendre la mécanique qui nous expliquerait que quand tu réduis les droits des chômeurs, ça crée de l’emploi. C’est un argument fallacieux », fustige Serge Ragazzacci de la CGT 34.

    Cette réforme, débattue en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale mercredi 8 avril, devrait être soumise au vote jeudi 16 avril. Elle fait suite à un accord trouvé le 25 février entre une partie des organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P).

    Deux stratégies syndicales distinctes

    Pour Franck Mary-Montlaur, secrétaire général de l’UD FO 34, cet accord vise surtout à éviter une nouvelle réforme de l’assurance chômage : « On ne voulait surtout pas revenir à une nouvelle négociation sur l’assurance chômage, comme le programmait le gouvernement. On nous a aussi fait comprendre que le patronat était favorable à taxer plus les contrats courts et nous pensons qu’il doit cotiser plus quand il fait appel à des contrats courts. Une brèche est ouverte. En 2008 [lors de la création des ruptures conventionnelles, Ndlr], on y était allé à reculons. C’est surtout le patronat qui a profité des ruptures conventionnelles. Nous avons toujours défendu l’assurance chômage, qui doit rester une protection pour les salariés qui se font licencier. »

    Une méthode contestée par la CGT qui n’a donc pas signé cet accord. « On refuse la politique du “moins pire”. On négocie toujours sur le reculoir. Ça continue d’exonérer le patronat de toute responsabilité mais aussi le gouvernement, qui concède des aides publiques et des exonérations de cotisations sociales via un certain nombre de mesures. Le syndicalisme va devoir se poser les bonnes questions parce que ce n’est pas au syndicat de négocier des reculs et d’ensuite les expliquer aux salariés », estime Serge Ragazzacci, qui regrette qu’une partie des syndicats se soit désolidarisée alors qu’une position commune avait initialement été établie.

    Le secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Hérault souhaite aussi rappeler pourquoi la CGT s’est toujours opposée aux ruptures conventionnelles, qui ont explosé un partout en France à l’image de l’Hérault, qui en dénombre entre 700 et 1 000 par mois : « C’est un énorme plan social qui ne dit jamais son nom. Ces procédures remettent en question la justice prud’homale. Elles permettent de supprimer de l’emploi rapidement sans pouvoir d’intervention des représentants du personnel. Et qui paie ? L’assurance chômage. Enfin, l’inspection du travail vérifie au mieux si la procédure de la rupture conventionnelle a été respectée, mais elle ne vérifie pas si le contenu respecte les droits du salarié. »

  • [Maj] Nîmes Métropole bascule à gauche

    [Maj] Nîmes Métropole bascule à gauche

    C’est un basculement politique autant qu’un signal envoyé à l’ensemble du territoire gardois. Un mois après avoir remporté la mairie de Nîmes, Vincent Bouget réalise le doublé en étant élu ce mardi 14 avril président de Nîmes Métropole, avec 74 voix contre 21 à Julien Sanchez (RN), sur 95 suffrages exprimés (dix bulletins blancs ou nuls). Après Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud et Franck Proust, l’Agglo change de cap : pour la première fois depuis sa création en 2002, la présidence bascule à gauche. Et ce résultat a une portée particulière ici : dans un territoire où le vote RN s’est durablement installé depuis les législatives de 2017, cette élection acte un choix politique clair à l’échelle intercommunale. Elle dit aussi, en creux, qu’une majorité peut se construire pour tenir tête à l’extrême droite et refuser sa banalisation.

    Au Colisée, siège de l’agglo, la scène avait quelque chose d’une passation historique. La candidature de Vincent Bouget, portée par Rémi Nicolas (DVG, maire de Marguerittes) « au nom de l’ensemble des maires de l’agglomération », traduisait le travail de contact mené ces dernières semaines avec les 38 autres édiles. Face à Bouget, Julien Sanchez (RN) a tenté d’installer un contre-récit lors de sa prise de parole, dénonçant un supposé « sectarisme » et tentant de rallier au-delà de son camp. Mais le scrutin a confirmé un rapport de force net : après la ville-centre, c’est bien l’intercommunalité qui entre dans une nouvelle phase.

    « Chaque commune

    et habitant comptera »

    Depuis la tribune, Vincent Bouget a plutôt choisi l’axe du rassemblement, en insistant sur la réalité d’un territoire de 39 communes et de près de 260 000 habitants, où la Métropole décide du quotidien (transports, eau, déchets, développement économique) : « Cette confiance que vous m’accordez est à la fois un honneur et une très grande responsabilité. Depuis des siècles, notre territoire est un carrefour. Aujourd’hui, chaque commune de Nîmes Métropole tient à sa manière une partie de cet héritage (…) Je suis convaincu que cette diversité est une force et que nous n’en tirons pas encore suffisamment parti. Chaque commune et chaque habitant comptera dans notre métropole. À nous de faire en sorte que notre pluralité soit une force. »

    Le message n’est pas anodin. Dans une agglo souvent perçue depuis les petites communes comme trop nîmo-centrée, le nouveau président veut manifestement désamorcer les craintes d’écrasement par la ville-centre. Il assume aussi le cumul mairie-présidence, critiqué par ses adversaires, mais présenté par lui comme un outil d’efficacité : « Ce n’est pas une volonté de cumuler les pouvoirs, mais un gage d’efficacité pour dynamiser notre action collective. »

    Une promesse

    de réorientation

    Sur le fond, Vincent Bouget a esquissé plusieurs directions. Le développement économique restera un axe fort, mais avec une exigence de cohérence et de retombées concrètes pour le territoire. Magna Porta, l’aéroport, Oc’Via, le marché gare : autant de dossiers qu’il dit vouloir examiner « avec attention et pragmatisme », sans céder à l’éparpillement ni au pilotage hors-sol. Même logique sur les transports, où il promet de « franchir un cap » en matière de tarification, de dessertes et d’intermodalité, sans opposer la voiture aux transports collectifs. Il a aussi replacé la transition écologique, la question de l’eau, le logement et les filières économiques locales dans le cœur du mandat.

    Derrière ces premières annonces, une idée affleure : remettre l’agglo sur des politiques utiles au quotidien, loin des seuls effets de vitrine. Pour la gauche nîmoise, qui a longtemps dénoncé une intercommunalité verrouillée par la droite, l’enjeu est désormais clair : montrer qu’une autre pratique du pouvoir local est possible, plus concertée, plus lisible, plus attentive aux communes et aux habitants. L’après-midi, l’élection des quinze vice-présidents a prolongé cette volonté d’équilibre entre fidèles, les élus nîmois et les maires d’autres sensibilités politiques mais reconnus pour leurs compétences.

    Reste maintenant le plus dur : transformer l’essai. Car l’événement politique est là, incontestable. Mais à Nîmes Métropole, l’histoire retiendra moins le basculement que la capacité du nouveau président à faire vivre sa promesse : que, cette fois, chaque commune compte vraiment.

    Le profil des 15 vice-présidents

    Rémi Nicolas (PCF) : 1er vice-président, finances et administration. Maire de Marguerittes, proche de Vincent Bouget, et pilier de la majorité.

    Fanny Daguenet (PCF) : mobilités et transports. Conseillère municipale nîmoise, engagée sur les questions sociales et de déplacement.

    Bernard Clément (PCF) : eau et assainissement. Maire de Domessargues, président du Syndicat des eaux de Domessargues et Saint-Theodorit.

    Fidéline Sébileau (SE) : petite enfance et solidarité. Nouvelle maire de Bernis.

    Olivier Fabregoul (DVD) : développement économique. Maire de Caissargues, reconduit dans ses fonctions.

    Pierre Jaumain (PS) : urbanisme et rénovation urbaine. Adjoint à Nîmes, secrétaire PS du Gard.

    Eddy Valadier (LR) : attractivité et grands projets. Maire de Saint-Gilles, poids lourd politique du territoire.

    Sibylle Jannekeyn (EELV) : transition écologique. Adjointe nîmoise, co-secrétaire des Ecologistes du Gard.

    Gilles Gadille (SE) : ruralité et agriculture. Maire de Cabrières, relais des petites communes.

    Nicolas Cadène (DVG) : citoyenneté et participation. Conseiller municipal nîmois, issu de la société civile.

    Gaël Dupret (SE) : travaux et voirie. Maire de Sernhac, en prise avec les enjeux de proximité.

    Gilles Guillaud (PRG) : finances. Adjoint aux finances à Nîmes.

    David-Alexandre Roux (SE) : équipements publics. Maire de Manduel, nouvel élu en responsabilité.

    Michel Verdier (SE) : environnement et cadre de vie. Maire de Saint-Côme-et-Maruéjols, reconduit.

    Gaëtan Prévoteau (DVD) : culture et vie associative. Maire de Langlade, ouverture vers des profils moins politisés.

  • Le Sétois Damien Fragnon s’expose au Vigan

    Le Sétois Damien Fragnon s’expose au Vigan

    C’est une exposition à la fois immersive et en forte résonance avec l’actualité qui est organisée par la Frac (Fonds régional d’art contemporain) et le Département du Gard au Château d’Assas, sur la commune du Vigan. Natif de Clermont-Ferrand mais aujourd’hui installé à Sète, Damien Fragnon axe son travail sur la recherche de nouveaux émaux et de nouvelles textures pour interroger le rapport entre l’humain et la nature. Il a d’ailleurs régulièrement réalisé des œuvres éphémères installées dans des milieux naturels.

    Pour découvrir cette exposition, il faut d’abord lire un texte d’anticipation qui introduit le parcours proposé par l’artiste : « Nous sommes en mai 202. Un homme orangé et enragé décide de s’accaparer un morceau de glace au nord de notre planète Terre. Entre-temps, la musique The man who sold the world de Nirvana tourne comme une ritournelle dramatique et puissante. Un rappel qui dénonce la domination environnementale et l’inégalité des genres. Deux slogans se font face : « Drill, baby, drill » et « No Earth, No Life », celui d’une apologie de l’extractivisme et d’un mouvement de défense de notre terre. Nos terrains de vie précaire se renversent sous nos yeux, mais notre impuissance peut se transformer peu à peu en action de protection secrète. Depuis le 9 avril 202, un groupe d’individus dans les Cévennes s’empresse d’archiver et de récupérer tout signe de vie, de photographier les roches, les plantes pour créer un havre de force vitale dans un château pour résister au chaos ambiant ». Le décor est posé.

    Un parcours, 3 ambiances

    À travers ses sculptures en céramique, Damien Fragnon interroge en effet notre rapport au vivant à travers des œuvres colorées aux formes longilignes. Au Vigan, il propose ainsi un parcours conçu en trois ambiances oscillant entre fiction spéculative, fragilité écologique et gestes de préservation. « Chaque salle est pensée comme une ambiance, un parcours : un moment de contemplation, un temps de lenteur. C’est une forme de cocon où les informations extérieures paraissent lointaines. Les céramiques participent à cette suspension du temps ; chaque fragment d’émail est fortement matérialisé et permet au regard de prendre le temps. En toile de fond, les papiers peints nous enveloppent et nous permettent presque d’oublier où nous sommes », explique l’artiste, dont l’exposition est à découvrir* jusqu’au 19 juin.

    * Entrée libre du lundi au vendredi (9h30-12h/13h30-17h)

  • Dans le Gard, la campagne des sénatoriales a débuté

    Dans le Gard, la campagne des sénatoriales a débuté

    Les élections municipales à peine passées, les partis politiques se penchent déjà sur les élections sénatoriales où, tous les trois ans, la chambre haute du Parlement est renouvelée de moitié. En septembre, c’est donc la série 2 qui sera élue, soit les représentants des départements de l’Ain (n° 1) à l’Indre (n° 36), ainsi que du Bas-Rhin (n° 67) au Territoire de Belfort (n° 90). Si Vivette Lopez (LR) a déjà annoncé qu’elle ne se représenterait pas dans le Gard, Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) multiplient depuis plusieurs mois les rencontres dans les villages.

    Pour autant, Denis Bouad, 73 ans, n’a pas encore officiellement confirmé sa candidature. Il assure qu’il se lancera dans la bataille s’il est à la tête d’une liste d’union de la gauche (hors LFI). Car si des discussions ont débuté entre socialistes et communistes qui devraient permettre un accord, le PCF n’a pas encore totalement exclu la possibilité de monter une liste autonome. Le plus probable aujourd’hui reste toutefois le chemin de l’union pour éviter la situation de 2020 où le PS s’était divisé en deux entre Alexandre Pissas et Denis Bouad, qui était parvenu à rallier les écolos et le PCF deux jours avant le scrutin.

    Le RN pour empêcher Burgoa ?

    Contrairement à 2020, Denis Bouad consent à présenter un communiste en deuxième position (en 2020, Patrick Malavieille était en 3e position). Deux femmes sont évoquées pour représenter le PCF : la conseillère départementale et nouvelle maire de Saint-Privat-de-Champclos Cathy Ville-Chaulet et la première adjointe à Saint-Martin-de-Valgalgues, Jennifer Willens. Battue de 9 voix en 2020, la gauche espère en effet bien récupérer le troisième siège sénatorial du Gard.

    Apprécié des élus de gauche comme de droite, Laurent Burgoa, de son côté, aura la main sur sa liste après le renoncement de Vivette Lopez, avec qui il entretenait des relations plus que froides. Si les tractations existent aussi à droite, le sénateur LR devra surtout faire face à une vive opposition du Rassemblement National. « M. Burgoa sera dégagé du Sénat, je vous donne ma parole », a ainsi asséné Julien Sanchez à Midi Libre, faisant ainsi reposer sa défaite sur la droite qui n’a pas voulu se retirer, à ses dépens. Si l’ancien maire de Beaucaire n’avait réalisé que 11% en 2020, les prises, par le RN, de Bagnols-sur-Cèze et Vauvert, plus quelques petites communes, pourraient bien affaiblir la droite.

    Tristan Arnaud

  • Cuisante défaite pour le RN à l’Agglo du Gard rhodanien

    Cuisante défaite pour le RN à l’Agglo du Gard rhodanien

    Entre la rupture proposée par la nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze et la continuité proposée par le maire de Saint-Paulet-de-Caisson, les 77 élus de l’Agglomération du Gard rhodanien ont choisi de poursuivre le travail engagé par Jean-Christian Rey. En effet, Christophe Serre, qui est aussi conseiller départemental, a été élu dès le premier tour à la tête de l’intercommunalité avec 44 voix contre 27 pour Pascale Bordes et 3 pour Jérôme Jackel, élu d’opposition (Debout !) à Bagnols.

    Il faut dire qu’hormis Bagnols-sur-Cèze, il y a eu peu de changements dans les 44 communes qui composent l’Agglomération. Et forcément, ces élus n’ont que peu apprécié les vives attaques de la maire d’extrême droite sur la gestion précédente. « Pendant que d’autres territoires avancent, pendant que d’autres territoires se battent pour attirer des entreprises, des familles, des services, des investisseurs, le Gard rhodanien n’a jamais su saisir de telles opportunités. Ce bilan est catastrophique pour notre territoire », a lancé Pascale Bordes, tentant d’imputer ce bilan à Jean-Christian Rey mais en oubliant que beaucoup d’élus ont étroitement travaillé avec le président sortant.

    De son côté, Christophe Serre s’est donc inscrit « dans la continuité du travail mené depuis sa création » en souhaitant « protéger les équilibres territoriaux et refuser toute logique de domination » mais aussi en « investissant là où c’est utile, pas là où c’est visible ». « Je n’ai pas la prétention de vous présenter aujourd’hui un projet de territoire écrit de manière descendante, sans concertation et de faire abstraction du travail engagé ces dernières années. Je vous propose une méthode fondée sur la concertation, l’écoute et la coconstruction », a-t-il ajouté.

    Bordes, toujours battue

    Le vote de la présidence n’a pas été le seul désaveu pour Pascale Bordes. La maire de Bagnols a en effet ensuite tenté d’être élue comme première vice-présidente. Mais là encore elle a été battue par la candidate proposée par Christophe Serre. C’est en effet la maire de Saint-Laurent-des-Arbres, Sylvie Barrieu Vignal, qui a été plébiscitée avec 49 voix (seulement 25 pour Bordes) et aura donc la délégation à l’aménagement du territoire.

    Pour la deuxième vice-présidence en charge de la santé et de l’accès aux soins, c’est le maire de Pont-Saint-Esprit, Valère Ségal, radiologue de formation qui l’a emporté devant Pascale Bordes (46 voix contre 24). Candidate jusqu’à la septième vice-présidente, Pascale Bordes a toujours été battue et a finalement arrêté de se présenter comprenant que la ville centre n’aurait pas de postes clés à l’Agglomération. Les élus du Gard rhodanien ont ainsi prouvé que dans certains territoires, le barrage républicain fonctionne encore.

  • Les victimes du Prolé attendent la justice

    Les victimes du Prolé attendent la justice

    « Il est impensable que pour la prochaine feria, les victimes baissent la tête », lance Sophie Mazas, l’une des trois avocates des victimes. Car fin mai, la feria sera de retour à Alès concluant ainsi un an de procédure après l’attaque de festivaliers dans le bar associatif par les néonazis du Bloc montpelliérain. Sophie Mazas et une partie des victimes ont donc tenu à alerter la presse le 3 avril face au manque d’avancées dans l’enquête.

    Il y avait pourtant eu « un grand espoir à la fin du mois de février », selon Cécile Alphon-Layre, l’une des victimes, après l’arrestation puis la mise en examen de trois membres du Bloc montpelliérain. Mais à la suite d’une confrontation avec deux des victimes qui ont confirmé la présence des trois suspects sur place (deux le vendredi soir et un venu en repérage deux jours plus tôt), les suspects avaient été libérés, les enquêteurs souhaitant vérifier plusieurs éléments. « Depuis, nous n’avons aucune nouvelle. Le coup au moral est là », poursuit Cécile Alphon-Layre.

    « Il y a pourtant énormément d’éléments dans ce dossier. On n’arrive pas à avoir d’échanges avec le procureur que l’on a contacté à plusieurs reprises. Nous demandons que cette enquête soit finalisée. Ça nous apparaît impossible qu’il n’y ait pas de poursuite au pénal », s’inquiète Sophie Mazas. À nos confrères de Midi Libre, le procureur d’Alès, Abdlekrim Grini a confirmé que les investigations étaient terminées et qu’en cas d’absences d’éléments, il envisageait un classement sans suite.

    Une éventualité qui fait bondir Sophie Mazas : « On se demande, s’il manque des éléments, pourquoi des témoins qui étaient présents dans le bar n’ont pas été entendus ? S’il y a un doute, les enquêteurs peuvent faire un tapissage pour voir si les témoins reconnaissent les auteurs des faits en photo. Dans tous les cas, on ne lâchera pas. » Si un classement sans suite est prononcé, les avocats sont déjà prêts à enclencher une « citation directe devant le tribunal correctionnel ».

    Impunité pour la violence d’extrême droite ?

    L’absence de faits matériels est d’autant plus surprenante que le décret portant dissolution du Bloc montpelliérain signé le 4 mars dernier s’appuie justement sur l’attaque du Prolé pour justifier cette décision. « Douze membres du Bloc Montpelliérain se sont rendus dans le bar le Prolé d’Alès […] et ont provoqué une rixe, avec utilisation de gaz lacrymogène, fracturé le nez d’un individu et généré 3 à 5 jours d’ITT à trois individus qui ont déposé plainte », est-il en effet notifié.

    Au-delà de la violente attaque du Prolé, victimes et avocats se battent contre l’impunité des violences d’extrême droite de plus en plus présentes dans l’Hexagone. « Dans un contexte post-municipal avec l’explosion du RN, un déchaînement du racisme à Saint-Denis, la libération de la parole raciste, on ne peut pas banaliser les violences de ces groupes de nazillons », a souligné Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section du PCF alésien.

    Un point de vue évidemment partagé par Sophie Mazas : « La violence d’extrême droite ne peut pas s’installer. À Montpellier, nous avons eu une arrivée de groupuscule masqué dans une manifestation accompagné de violences. Aujourd’hui, est-ce qu’on se résout à aller dans un bar ou dans une manifestation déclarée et à subir la violence de l’extrême droite ? »

    Face à ce constat, l’association du Prolé d’Alès a prévu de renforcer sa sécurité pour la prochaine feria. Car elle a bien l’intention de continuer à prendre toute sa part à l’un des moments les plus festifs de l’année dans la cité alésienne.

  • Les Journées européennes lancent la saison à St-Quentin

    Les Journées européennes lancent la saison à St-Quentin

    Tous les ans au printemps, les Journées Européennes des Métiers d’Art mettent à l’honneur le savoir-faire des métiers d’art. Et c’est à l’occasion de ce week-end que Saint-Quentin-la-Poterie et ses dizaines d’échoppes de métiers artisanaux présentent un programme fourni dans l’objectif de faire découvrir au public la richesse du savoir-faire communal. Placé cette année sous le thème « Cœur à l’ouvrage », le programme propose notamment des portes ouvertes des ateliers-boutiques de 40 artisans, une visite libre du Musée de la poterie méditerranéenne, une exposition « La terre s’emmêle les pinceaux » à la galerie Terra Viva, des ateliers de modelage, des démonstrations de création, de tournage ou encore des initiations au modelage.

    Ce week-end est aussi l’occasion d’exposer le travail d’un artiste accueilli en résidence pendant plusieurs mois sur la commune. Cette année, c’est Rebecca Maeder qui est mise à l’honneur. Céramiste depuis plus de 25 ans, elle a beaucoup étudié la culture locale ces derniers mois, et notamment les œuvres du musée pour donner naissance à une série de sculptures contemporaines qui s’inspirent « de formes, de moules et d’argiles liés à l’histoire locale » et « propose une relecture sensible du patrimoine céramique de Saint-Quentin-la-Poterie, faisant dialoguer tradition potière, terroir et création contemporaine ».

    Pour cette exposition disponible du 11 au 26 avril à la Salle Joseph Monier, Rebecca Maeder est associée à Yulia Batyrova (née au Turkménistan) et Marat Mukhametov (Russie) qui ont quitté leur pays après l’invasion de l’Ukraine et dont le travail de sculpture en porcelaine est très inspiré par la nature.

  • La gauche tente de peser à Alès Agglomération

    La gauche tente de peser à Alès Agglomération

    Touché mais pas coulé. Après une victoire étriquée au second tour des élections municipales (55,5%) malgré le retrait de toute la gauche et la présence d’un candidat du Rassemblement national inconnu face à lui, Christophe Rivenq a semblé marquer le coup. Mais en bon animal politique qui arpente le Conseil régional et a présidé des instances des Républicains dans le Gard, l’élu a rapidement repris du poil de la bête et est apparu tout sourire lors de son élection par le conseil municipal le 28 mars.

    Affaibli, Christophe Rivenq a donc impérativement besoin d’obtenir une victoire sereine pour la présidence de l’Agglomération. Car entre le poids de la ville centre et plusieurs maires acquis à sa cause, son élection à la tête de l’intercommunalité est quasiment assurée. Mais si une opposition venait à se monter et à peser dans le scrutin, il sait que son mandat serait alors beaucoup plus difficile.

    C’est pourquoi plusieurs élus de gauche ont entamé des discussions avec lui en rappelant au passage que les deux listes de gauche se sont retirées en sa faveur dans l’entre-deux-tours des municipales. Ils souhaitent ainsi arracher plusieurs vice-présidences avec des délégations pour pouvoir peser dans l’avenir de l’Agglomération.

    Un candidat de gauche

    à la présidence ?

    « À l’Agglomération se gèrent énormément de compétences, donc on ne peut pas lui laisser libre cours sans nous. Nous avons donc des discussions sur l’avenir du fonctionnement de l’Agglo. Nous, les élus de gauche, sommes dans un esprit constructif. Nous voulons pouvoir travailler ensemble à la condition que les sensibilités soient respectées et qu’on arrive à faire des compromis pour avancer tous ensemble », insiste Sylvain André (PCF), qui préfère trouver un compromis avant de créer une opposition frontale de gauche au maire d’Alès.

    Mais si un terrain d’entente n’est pas trouvé avec la vingtaine d’élus de gauche, ceux-ci sont prêts à se présenter face à Rivenq lors de la première séance prévue le jeudi 9 avril. Un candidat a même déjà été désigné si le président sortant d’Alès Agglomération ne consentait pas à partager une partie du pouvoir. « Les discussions sont saines et normales. Mais on ne veut pas des vice-présidents pot de fleurs, on veut des vice-présidents avec des marges de manœuvre pour pouvoir porter des politiques », conclut Sylvain André, qui réclame aussi des garanties pour les communes rurales du territoire.