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  • [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    La Marseillaise : Êtes-vous en lien avec l’UL de Bagnols-sur-Cèze depuis l’annonce de la maire RN qui leur demande de quitter les locaux fin novembre ?

    Myriam Lebkiri : Nous avons des échanges bien sûr, nous les rencontrons prochainement. Malheureusement, ce n’est pas un événement isolé. Depuis quelques années, nous avons un département égalité des droits et des affaires juridiques à la CGT qui permet de centraliser et de recenser ces attaques. Nous ne gérons pas les dossiers en direct, mais nous sommes en soutien aux Unions locales. Au niveau confédéral, nous apportons une analyse pour savoir si c’est une attaque politique, comme le font les mairies du RN ou si c’est un problème de discussion ponctuelle avec une mairie, qu’on pourrait solutionner rapidement. À Arles et Tarascon, il s’agit clairement de menaces sur les libertés syndicales ; le maire d’Arles refuse par exemple la médiation du tribunal. On regarde aussi si c’est une expulsion pure ou si c’est une attaque sur la non prise en charge des fluides, la dégradation des locaux, la non prise en charge de la réfection de locaux complètement vétustes ou l’affectation dans des locaux trop petits en pleine périphérie. On est actuellement en train de faire un baromètre. On estime entre 65 et 80 le nombre d’attaques sur les différentes modalités en France, particulièrement depuis cet été par des mairies du RN.

    Est-ce un point commun des mairies RN de s’en prendre au droit syndical ?

    M.L. : Oui, avec le RN, c’est presque systématique. C’est souvent la première chose qu’ils regardent. Cela accompagne leur discours contre les organisations syndicales. Ils s’en prennent au syndicat mais aussi à l’associatif, notamment l’associatif d’entraide, à la LDH et aux associations de protection des femmes et des LGBT. Mais, de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout.

    Pourquoi ces Bourses du travail sont-elles essentielles ?

    M.L. : D’abord parce qu’on reçoit les salariés qui n’ont pas d’organisation syndicale. Plus de 5 millions de salariés de TPE n’ont pas d’organisation syndicale. On n’est présent que dans 40% des entreprises. Donc on reçoit énormément de salariés qui ne connaissent pas leurs droits et qui n’y ont pas accès. On remplace souvent les services publics, que ce soit sur l’accompagnement des travailleurs sans papier ou sur l’information du droit du travail par exemple. On fait aussi des entretiens dans des dossiers extrêmement compliqués de soutien aux victimes de violences sexistes et sexuelles. On y réalise aussi des formations. Les Bourses du travail sont des locaux du monde du travail qui s’ouvre aussi à l’associatif, avec des expositions, des spectacles ou des conférences. Elles sont également des zones de repli lorsque les travailleurs doivent s’organiser et qu’ils ne peuvent pas le faire dans leur entreprise. C’est pour cela qu’elles sont attaquées. Il y en a certains qui sont contre leur subvention mais beaucoup voient aussi que ce sont des lieux où démarrent les luttes, où démarre la conscience collective. Alors que l’extrême droite se fortifie aux portes du pouvoir, qu’on assiste à un affrontement de classes d’une rare violence, les Bourses du travail sont plus que jamais des lieux de résistance et d’intérêt général.

    Ces attaques contre les Bourses du travail sont-elles révélatrices d’une volonté plus large de réduire le droit syndical ?

    M.L. : Oui. De manière globale, les libertés syndicales et le syndicalisme sont attaqués. Nous avons remarqué une montée crescendo de ces attaques depuis les conflits sur la loi travail de 2016. L’apothéose des répressions, c’est quand même le mouvement de 2023 contre la réforme des retraites, où il y a eu de la répression de masse, notamment contre les salariés de l’énergie. Mais ça se propage au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a subi deux plaintes, moi j’en ai subi une, Gérard Ré aussi. Ce n’est pas rien comme signal envoyé. Pour le coup, la répression, elle, ruisselle. Ce sont des procédures bâillons pour faire peur aux militants, faire peur aux autres salariés et les dissuader de se syndiquer. Ces procédures nous prennent aussi du temps et de l’argent. Mais ça ne dissuade finalement pas parce que nous augmentons chaque année notre nombre d’adhérents.

    Où en est la proposition de la CGT qui réclame une loi pour sanctuariser ces Bourses du travail ?

    M.L. : Il y a une mission ministérielle qui doit rendre son rapport en décembre. Nous demandons que les Bourses du travail soient sanctuarisées pour que ce ne soit pas le fait du prince. Aujourd’hui, tout dépend de qui est à la tête de la collectivité. Et dépendre de la volonté d’une collectivité quelconque, ça ne fonctionne pas parce que c’est extrêmement précaire. Un accueil syndical, ça ne se fait pas au troquet du coin ou chez l’élu syndical. Il nous faut donc des locaux.

  • La fête de l’agriculture paysanne arrive à Pouzilhac dans le Gard

    La fête de l’agriculture paysanne arrive à Pouzilhac dans le Gard

    Devant le soutien de plusieurs municipalités prêtes à accueillir la fête de l’agriculture paysanne du Gard, la Confédération paysanne a choisi de poser ses valises les 3 et 4 octobre à Pouzilhac. « Il y a une jolie salle, une municipalité très investie. Humainement, ça s’est très bien passé donc c’est aussi ce qui nous a poussés vers Pouzilhac. Ils nous ont demandé de faire des interventions dans les écoles pour sensibiliser les scolaires et la population. On a trouvé ça super chouette parce qu’il y avait une vraie démarche locale qui correspond aux valeurs de la Confédération paysanne », explique Simon Le Berre, porte-parole de la Conf’ du Gard.

    Cette fête se déroulera donc sur un week-end avec, le samedi 3, l’organisation d’un débat (15h) sur l’avenir paysan, un loto (16h) suivi d’un apéro. Plusieurs animations, la présence d’espaces restauration et des concerts (Que Tengo à 20h30 et DJ Set à 22h) compléteront le programme de la journée. Dimanche 4, le marché paysan et le village associatif ouvriront la journée dès 9h. Un atelier pour fabriquer son pain sera organisé à la même heure suivi d’une conférence-débat et d’un repas paysan (12h30). Après de nombreuses animations l’après-midi (démonstration de chiens de troupeau ou balade en calèche par exemple), la journée se clôturera à 16h. Tout au long du week-end, le public pourra aussi découvrir une exposition sur « le projet de société de la Conf’ », des ateliers pour les enfants (maquillage, jeux) et plusieurs fanfares viendront égayer l’ambiance.

    « Les amis de la Conf ont vraiment travaillé pour que cette fête soit ouverte au plus grand nombre. C’est pour cela qu’on a ajouté des animations pour les enfants, comme la démonstration de traction animale. Nous avons aussi prévu une boulangerie mobile, la « roulange », qui fera une initiation au pétrissage avec son moulin mobile », précise Simon Le Berre.

    Contexte inflammable

    Cette fête se déroule dans un contexte tendu pour les agriculteurs. Déjà en crise avant cet été, ils ont fait face à un été caniculaire et des restrictions en eau qui ont gravement impacté leurs productions. Face à cette situation, l’annonce du gouvernement d’un « fonds de réarmement agricole » a été critiquée par tous les syndicats, qui lui reprochent de pas aller assez loin. « Il faut que les pouvoirs publics réalisent que ça fait six ans qu’on sait qu’on a un problème structurel. Ça fait six ans qu’on nous dit : “c’est une crise passagère, dans un an ou deux ça ira mieux“. Sauf qu’il y a vraiment une problématique de structuration de la filière agroalimentaire et agroenvironnementale française. Et tant qu’il n’y aura pas un choix clair de rupture au niveau du fonctionnement de la production alimentaire française, je n’ai pas spécialement d’espoir  », conclut Simon Le Berre.

  • Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le Parti communiste veut aller ferrailler avec l’extrême droite sur ses terres. « L’enjeu, c’est de pousser l’extrême droite dans ses retranchements. Le but, c’est d’interpeller l’extrême droite, d’aller sur son terrain et de lui demander  : qu’est-ce que vous en dites du droit à l’avortement ? », explique Saliha Boussedra, qui gère l’organisation de l’événement avec l’Assemblée des femmes du PCF du Gard.

    Car la philosophe, spécialiste de Marx et du féminisme, rappelle que l’extrême droite au pouvoir s’attaque systématiquement aux droits des femmes. Les exemples internationaux avec Donald Trump aux États-Unis, Javier Milei en Argentine ou même Giorgia Meloni en Italie continuent de le prouver. « En France, on voit qu’il y a eu la suppression des subventions au Planning familial de Carpentras dès que le RN a été élu. S’il y a bien un mot que l’extrême droite déteste, c’est celui d’égalité. On va donc à Vauvert pour rappeler la lutte pour les droits fondamentaux à laquelle l’extrême droite est toujours la première à s’attaquer, par principe. Elle ne parle jamais de développement des maternités de proximité ou d’ouverture de centres de santé sexuelle. Et elle est contre l’éducation à la vie affective et sexuelle, la fameuse Evars », énumère Saliha Boussedra. C’est donc pour toutes ces raisons que le PCF appelle à manifester samedi 3 octobre (11h) place de la Contamine. Toutes les organisations de gauche, progressistes et républicaines, sont invitées à participer.

    « Menace d’accès au droit »

    La militante communiste souhaite aussi insister sur la menace qui pèse sur l’accès à l’avortement à cause des budgets contraints, car partout où le RN passe, les budgets des associations sont sabrés : « Au vu du contexte actuel et des coupes dans les budgets, l’extrême droite n’a même plus besoin de dire qu’elle est contre l’avortement. Elle a juste à couper des subventions. C’est comme cela qu’elle empêche une association qui œuvre auprès des femmes pour l’accès au droit. L’extrême droite a plein de leviers pour s’opposer à l’IVG. Elle peut aussi financer des campagnes de désinformation et de culpabilisation. La question de l’IVG nécessite des moyens, des lieux où le pratiquer, des centres de santé sexuelle, de l’éducation et de l’information ».

    Après les élections municipales et les victoires de plusieurs candidats du Rassemblement national dans le Gard (Beaucaire, Vauvert, Bagnols-sur-Cèze), la commission féministe du PCF a décidé de maintenir une veille sur les décisions de ces nouveaux élus. L’objectif sera d’immédiatement alerter la population si des reculs contre le droit des femmes sont décidés.

  • Les syndicats bientôt à la rue à Bagnols-sur-Cèze ?

    Les syndicats bientôt à la rue à Bagnols-sur-Cèze ?

    Pour l’heure, la CGT a décidé qu’elle ne quitterait pas ses locaux à Bagnols-sur-Cèze. Cet été, la municipalité gérée depuis mars par Pascale Bordes (RN) a en effet annoncé aux quatre organisations syndicales (CGT, FO, CFTC, CFDT) et aux six associations concernées qu’elles devaient quitter les locaux Mendès-France qu’elles occupent. Après les attaques contre la culture (plusieurs spectacles annulés), contre les associations (baisse des subventions) et les centres sociaux (190 000 euros de subventions supprimées pour Mosaïque en Cèze), la municipalité d’extrême droite s’en prend désormais aux syndicats.

    « Contrairement aux associations concernées, on n’a pas été surpris », reconnaît Pascal Le Boulch, le secrétaire de l’Union locale CGT du Gard rhodanien. « J’espère qu’il va y avoir une prise de conscience générale sur la volonté de la maire de détruire le tissu associatif, culturel et sportif actuel, pour reconstruire ensuite quelque chose à son image. »

    Face à cette situation, l’Union locale CGT a tenu une assemblée générale le 10 septembre dernier où l’ensemble des présents a refusé de quitter les locaux. « Nous avons écrit à la maire et nous attendons désormais sa réponse. Nous ne demandons pas un délai, on veut juste qu’elle nous présente un vrai projet », explique Pascal Le Boulch. Le cégétiste ne comprend en effet pas pourquoi la date du 30 novembre a été fixée par la municipalité puisque celle-ci n’a présenté aucun projet sur l’utilisation de ces locaux par la suite.

    « Aujourd’hui, c’est hors de question qu’elle nous fasse quitter les lieux parce qu’elle a une idée et que peut-être, un jour, elle va la réaliser. L’assemblée générale a été claire, on ne bouge pas. Donc on restera dans nos locaux et on va continuer la lutte », prévient Pascal Le Boulch. En attendant une réponse de la mairie, et l’envoi de nombreux documents réclamés sur le statut de mise à disposition du bâtiment, le syndicat a en effet prévu de se mobiliser et d’aller à la rencontre de la population pour l’alerter sur les décisions prises par la maire.

    « Quand on parle de cette décision qui concerne aussi les associations, les gens ne trouvent pas ça normal et certains ne s’attendaient pas à ça. Je pense que la prise de conscience va arriver petit à petit », conclut le secrétaire de l’UL CGT du Gard rhodanien.

  • La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La ministre savait son déplacement en Occitanie périlleux. En guise d’accueil dans les ports sétois et graulens, les bateaux étaient quasiment tous recouverts de banderoles avec des slogans comme : « Bruxelles, arrêtez le carnage ! » ou « pêcheurs à l’agonie ». « La hausse du prix du carburant a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », confirme Bernard Perez, président du comité régional de pêche d’Occitanie. En effet, l’augmentation du prix du gasoil à des niveaux records avait poussé les pêcheurs de Méditerranée à se mobiliser la semaine du 14 au 18 septembre et à annuler les sorties en mer.

    Lundi 21 septembre, Catherine Chabaud a donc échangé avec des pêcheurs héraultais et gardois. L’idée était de poursuivre le dialogue entamé avec une partie d’entre eux la semaine précédente à Paris. À la suite de ces rencontres, la ministre a notamment annoncé sa volonté de parvenir à une « révision » du plan West Med qui soit « acceptable pour tout le monde ». Ce plan de gestion européen des pêches en Méditerranée occidentale pour préserver la ressource, dont une deuxième version encore plus restrictive est entrée en vigueur début 2025, est décrié par les pêcheurs car jugé trop restrictif. La ministre a également promis des annonces le 23 septembre, qui devaient notamment concerner les prix du carburant. Après cette rencontre, les pêcheurs ont décidé de lever leur mouvement de contestation.

    Les annonces sur le gasoil saluées

    Mercredi 23, Catherine Chabaud a donc effectué plusieurs annonces comme l’accélération du paiement des aides, le lancement d’un prêt à taux zéro plafonné à 50 000 euros par entreprise mais surtout, l’augmentation des aides sur le carburant. En effet, « l’aide sera désormais indexée sur le maximum admis par la Commission européenne, soit une couverture de 70% de la hausse des coûts par rapport à la situation d’avant-crise, quelle que soit la hausse des cours dans les semaines à venir », a précisé le gouvernement dans un communiqué.

    « Sur le prix du gasoil, les annonces vont dans le bon sens. Sur le reste, nous sommes en discussion parce qu’il y a tout à construire. Les bateaux ne sont toujours pas rentables donc il faut trouver des modèles différents. Il faut notamment lutter contre la lourdeur administrative. Nous allons travailler sur ces sujets avec la ministre. Nous voulons croire en l’avenir et construire un avenir pour nos jeunes mais il faut qu’on nous donne les moyens et qu’on nous écoute », explique Bernard Perez, qui prévient : « Vu la situation actuelle, on fait au jour le jour. Si ça ne va pas dans le bon sens, on est prêt à se remobiliser. »

  • [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    L’entretien accordé au mensuel d’Objectif Sud (anciennement Objectif Gard) a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme politique gardois. Jean-Paul Fournier y affirme d’abord que « pas grand-chose » le sépare aujourd’hui du RN. Puis l’ancien maire de Nîmes pendant 25 ans assume : « Julien Sanchez fait des propositions intéressantes. Avec le recul, il aurait peut-être fallu regarder les choses autrement. (…) Il fallait trouver un accord rapidement. Il y avait des propositions. (…) Il fallait discuter et trouver un accord. »

    Ces propos ont fait l’effet d’un petit tremblement de terre. D’abord parce qu’ils proviennent de l’homme qui avait la main sur la droite dans le département depuis 25 ans. Mais surtout, parce que Jean-Paul Fournier avait, jusqu’ici, toujours tenu le RN à distance, défendant le barrage républicain en refusant la ligne du ni-ni pourtant prônée par son parti et s’était dit « révolté » par l’alliance conclue par Éric Ciotti avec le RN en 2024.

    « C’est un renoncement de plus à la République et à l’intérêt général de celui qui a déclaré, il y a peu, que Nîmes l’intéressait plus que les Nîmoises et les Nîmois. L’amertume et le repli personnel et politique évitent l’inconfort de l’examen de conscience. Nous verrons ce que l’histoire retiendra », a réagi Pierre Jaumain, premier fédéral du PS du Gard. Même indignation du côté de Christian Bastid, premier secrétaire du PCF 30 : « Je condamne ces propos qui montrent le glissement de la droite vers l’extrême droite. C’est très choquant, très inquiétant et ce sont des propos qui vont à l’encontre de tout ce qu’il a toujours dit publiquement. »

    La digue a sauté

    Ces propos ont également indigné la droite gardoise et notamment Laurent Burgoa. La tête de liste (LR) aux élections sénatoriales, alliée pour cette élection avec le centre, a immédiatement rappelé qu’il était contre toute alliance avec le RN. Un sacré caillou dans la chaussure de celui qui est régulièrement la cible de l’extrême droite pour avoir justement refusé toute alliance aux élections municipales.

    Plus largement, la sortie de Jean-Paul Fournier marque surtout le basculement d’une droite dite « républicaine » vers l’extrême droite, qui s’opère du Parlement européen aux collectivités locales en passant par l’Assemblée nationale et le Sénat. Et chaque élection donne l’opportunité aux élus de droite de franchir le Rubicon. Le Gard n’échappe pas à la règle.

    Fournier avait déjà vu son ancien adjoint, Marc Taulelle, rejoindre Reconquête en 2022, puis le parti de Marion Maréchal avant d’intégrer la liste de Julien Sanchez (RN) aux dernières municipales. Il avait ainsi pu retrouver d’anciens collègues de la majorité Fournier. En effet, Monique Boissière (conseillère municipale élue depuis près de 20 ans au sein de la majorité LR), Christine Tournier-Barnier (adjointe déléguée à l’administration générale et élue à Nîmes depuis 2001) et Loumy Bourghol (militante historique de la droite locale) ont rejoint la liste de Julien Sanchez en mars. Tout comme Jean-François Durand-Coutelle, maire de Saint-Geniès-de-Malgoirès, vice-président de Nîmes Métropole et adhérent LR depuis 2020.

    Dernier défecteur en date : Régis Bourelly. Le maire de Saint-André-de-Valborgne, dans les Cévennes, élu sous l’étiquette LR, n’a pas hésité à rejoindre la liste de Sylvie Josserand (RN) pour ces élections sénatoriales. Une prise importante pour le RN qui a bien l’intention de récupérer la place de la droite dans le département. Il est peut-être là le grand remplacement…

  • Une journée contre l’extrême droite à Alès

    Une journée contre l’extrême droite à Alès

    « La date de cette journée a été calée avant de connaître celle du procès, mais ça tombe bien », admet Cécile Alphon-Layre. En effet, cette journée est née après l’attaque du Prolé en pleine feria 2025 par un groupuscule d’extrême droite. Et le procès de trois de ces membres est justement prévu le 6 octobre prochain (un rassemblement est organisé devant le tribunal à 8h30). « C’est la fédération anarchiste qui nous a contactés après l’agression du Prolé pour travailler à une interorganisation contre l’extrême droite. Celle-ci est née il y a un an et elle avait pour but d’organiser une journée contre les idées d’extrême droite », confirme la nouvelle secrétaire de la section alésienne du PCF.

    Les 28 collectifs présents vont donc tenir des stands dans la grande salle de l’Espace Cazot alors que le hall accueillera les débats et la pièce de théâtre. Le premier événement de la journée débute à 15 heures avec une conférence de Christophe-Cécil Garnier, co-rédacteur chez Street-press et co-auteur de L’extrême danger, connaître et contrer l’extrême droite radicale. Ensuite, à 17h, place à la pièce de théâtre On l’a brun mérité, du collectif Lakolok.

    Un débat, quatre concerts

    L’autre moment fort se déroulera à 18 heures avec un débat entre Christophe-Cécil Garnier, le journaliste de L’Humanité Grégory Marin, l’avocate et présidente de la LDH de l’Hérault Sophie Mazas et Vincent Jarousseau, auteur de Dans les âmes et les urnes, 10 ans à la rencontre de la France qui vote RN.

    Enfin, quatre animations musicales clôtureront la journée : le collectif de hip-hop Tabou Records (20h), les rockeurs de Lampyre (20h45), les rappeurs de Las Quadra (21h45) et enfin le DJ set de Freaksteddy (22h45). Les fonds récoltés lors de cette journée seront reversés à une caisse de solidarité pour les victimes d’agression de l’extrême droite.

  • Comment les Cévennes gardoises s’adaptent au risque inondation ?

    Comment les Cévennes gardoises s’adaptent au risque inondation ?

    Les Cévennes sont-elles prêtes pour les prochains épisodes cévenols violents ? Pas si sûr. Pourtant ce territoire est habitué à voir ses rivières sortir de leur lit. Les plus anciens se souviennent notamment des inondations de 1958. À l’époque le Gardon, le Vidourle et la Cèze, en crue, provoquèrent d’importants dégâts sur 45 communes, tuant plus de 30 personnes.

    Suite à cet épisode, une prise de conscience collective s’effectue. À cette époque de grands travaux, la décision est prise de construire cinq barrages qui verront le jour entre 1967 et 1982. Un autre est également construit à Villefort, en Lozère, en 1964, qui permet d’influencer les cours d’eau cévenols. Des infrastructures très onéreuses gérées par le Département. Le barrage de Sainte-Cécile-d’Andorge subit par exemple actuellement d’importants travaux de mise en sécurité et de confortement estimés à plus de 27 millions d’euros.

    Pour les trois barrages situés sur le Vidourle, c’est aussi 600 000 euros d’entretien chaque année à débourser. Ces barrages, dont deux sont écrêteurs de crue, permettent chacun de retenir 10 millions de mètres cubes d’eau. Pourtant, leur impact est limité. « Si l’orage est un kilomètre après le barrage, ça ne sert à rien », prévient Jacques Dautheville, maire de Conqueyrac et ancien vice-président de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) du Vidourle. L’élu a surtout constaté qu’en 2002, les deux barrages situés sur sa commune n’avaient pas empêché l’importante crue de toucher sa mairie, qui s’était retrouvée sous 1,5 mètre d’eau.

    En réalité, la plupart des habitants du territoire savent qu’il est impossible de se prémunir complètement face à ces épisodes violents.

    Adaptation du bâti

    C’est pour cela qu’un important travail de signalisation des zones inondables, mais aussi des ponts submersibles (notamment après 2024 lorsque six personnes avaient péri sur ces infrastructures) a été réalisé. Comme partout en France, le système FR-Alert s’est démocratisé depuis 2022. Les municipalités se sont également munies de plans communaux de sauvegarde (PCS) pour faire face à la crise. Alès a également créé une réserve communale de sécurité civile en 2022.

    Aujourd’hui, la compétence Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) a été cédée aux intercommunalités, qui travaillent avec les syndicats de bassin pour entretenir les cours d’eau, restaurer les zones d’expansion des crues et réduire les dommages. Mais ce sont bien les trois syndicats (Vidourle, Gardon, Cèze) qui ont en charge le Programme d’actions de prévention des inondations (Papi) permettant non seulement de construire des digues mais aussi d’adapter la vulnérabilité des bâtiments.

    Celle-ci est l’un des axes privilégiés pour se prémunir du risque. Les communes ont d’abord des plans de prévention du risque inondation (PPRI), qui permettent de réglementer l’urbanisation selon la hauteur et la vitesse possibles des eaux. Ensuite, les mairies n’hésitent plus à mettre en œuvre des relocalisations de logements dangereux c’est-à-dire racheter à leurs propriétaires les habitations dans des zones dangereuses pour ensuite les détruire, renaturer et désimperméabiliser la zone. Ce fut par exemple le cas à Alès près du ruisseau du Grabieux, où 27 ventes ont été conclues et 24 maisons détruites sur les 35 identifiées comme les plus dangereuses.

    Pour les logements restés occupés, a été créé le dispositif Alabri (Accompagnement à l’adaptation du bâti face au risque Inondation), qui n’est pas forcément connu de tous. Il permet pourtant d’accompagner les propriétaires dont le logement est situé en zone inondable, avec la possibilité de réaliser un diagnostic individuel et de lancer des travaux comme la mise hors d’eau des équipements électriques, la protection des ouvertures, l’adaptation des accès ou la création d’espaces refuges. Il permet également de débloquer des aides pour les ménages les plus modestes.

  • Letizia Giannella investit le château d’Assas

    Letizia Giannella investit le château d’Assas

    « Es-tu roche, pierre, île, montagne ? » Avec ce titre interrogatif, l’exposition de Letizia Giannella vient chercher les visiteurs pour les amener à s’interroger sur leur rapport à leur environnement et aux paysages qui les entourent. Un travail qui résonne également avec son lieu d’exposition à savoir le château d’Assas du Vigan, en plein cœur des Cévennes.

    « Conçu en résonance avec les paysages cévenols, son travail rejoint ainsi notre volonté de favoriser une meilleure connaissance des paysages, de leur histoire et des liens qui unissent les habitants à leur environnement », précise ainsi Françoise Laurent-Perrigot, présidente du conseil départemental du Gard qui porte l’exposition présentée au Vigan du 19 septembre jusqu’au 25 novembre (entrée libre).

    Native d’Italie en 1977, Letizia Giannella est diplômée de l’École des Beaux-Arts de Naples avant de rejoindre Paris où elle étudie la photographie. Rapidement, elle s’interroge sur les territoires et les paysages. Elle « envisage les espaces habités comme des organismes vivants, en métamorphose permanente ». Ce travail lui a permis de recevoir deux médailles d’or et le Prix du jury au Salon National des Beaux-Arts de Paris en 2024. Elle a également travaillé avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour des projets de recherche.

    « Le territoire est au cœur de ma pratique. Il représente pour moi la plus grande création collective du vivant : un espace en transformation constante où s’entrelacent mémoire, matière et gestes humains. », explique l’artiste. Au château d’Assas, elle invite les visiteurs à « observer autrement les espaces qu’ils traversent au quotidien », grâce à un regard scientifique et une approche documentaire et poétique.

    Durant l’exposition, Letizia Giannella propose plusieurs rendez-vous. D’abord à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, elle organise des ateliers famille (19/09 à 14h et 20/09 à 10h) et des visites commentées d’une heure (19/09 à 16h30 et 20/09 à 15h). Elle proposera ensuite d’autres visites commentées les mercredis 14 octobre et 25 novembre (15h, gratuit – sans réservation) et des ateliers scolaires les 15 et 16 octobre ainsi que les 23 et 24 novembre (gratuit – sur réservation).

  • Nouveau rassemblement contre la ligne THT à Arles

    Nouveau rassemblement contre la ligne THT à Arles

    Nous espérons être entre 1 000 et 2 000 », prévient Luc Perrin, porte-parole de l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). Pour lui, c’est le « rassemblement de la dernière chance » avant que la situation ne dégénère. Si l’installation d’une zone à défendre est évoquée depuis plusieurs mois, une partie des opposants envisagent en effet des actions de plus en plus violentes si les travaux étaient lancés.

    « L’étape d’après c’est de rentrer dans le juridique sauf que c’est long et pendant que la justice instruit, les travaux auront commencé et ce sera trop tard pour revenir en arrière. Il y a déjà eu des tensions avec les visites des écologues. Il y a eu des plaintes déposées par des agriculteurs sur le comportement des huissiers qui les accompagnaient. La tension monte et des agriculteurs sont en dépression. Nous, on est là pour canaliser parce qu’il faut qu’on reste crédible mais à un moment, on ne pourra pas canaliser tout le monde », prévient Luc Perrin. Agriculteurs, écologistes, acteurs du tourisme et habitants du territoire forment en effet un front uni face à ce projet. En attendant la déclaration d’utilité publique (DUP) qui est instruite depuis mai, ces opposants appellent donc à se rassembler samedi 19 septembre à 18h30 au théâtre antique d’Arles.

    100 élus signataires

    Depuis cet été, ces opposants tentent également de pousser les élus à se mobiliser. Ils leur ont ainsi proposé de signer un serment où ils reconnaissent « la nécessité de décarboner la zone industrielle et portuaire de Fos-sur-Mer » mais que « cette ambition ne peut être dissociée des réalités, des équilibres et des richesses des territoires qui l’entourent ». « L’idée c’est de montrer que cette décision de l’État est antidémocratique puisque, en plus des citoyens, des associations environnementales, du tourisme, des agriculteurs, on a les élus avec nous », précise Luc Perrin qui espère une centaine de signatures. Avant ce rassemblement, Carole Delga a d’ailleurs tenu à réaffirmer son opposition au projet. « Nous ne sommes pas contre la décarbonation de Fos », tient à rappeler Luc Perrin. « On est contre la manière dont c’est fait. RTE (Réseau de Transport d’Électricité), dit que notre projet alternatif coûterait 10 fois plus cher alors que selon les calculs d’experts, c’est 1,5 fois le coût du projet de RTE ».

    Nous espérons être entre 1 000 et 2 000 », prévient Luc Perrin, porte-parole de l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). Pour lui, c’est le « rassemblement de la dernière chance » avant que la situation ne dégénère. Si l’installation d’une zone à défendre est évoquée depuis plusieurs mois, une partie des opposants envisagent en effet des actions de plus en plus violentes si les travaux étaient lancés.

    « L’étape d’après c’est de rentrer dans le juridique sauf que c’est long et pendant que la justice instruit, les travaux auront commencé et ce sera trop tard pour revenir en arrière. Il y a déjà eu des tensions avec les visites des écologues. Il y a eu des plaintes déposées par des agriculteurs sur le comportement des huissiers qui les accompagnaient. La tension monte et des agriculteurs sont en dépression. Nous, on est là pour canaliser parce qu’il faut qu’on reste crédible mais à un moment, on ne pourra pas canaliser tout le monde », prévient Luc Perrin. Agriculteurs, écologistes, acteurs du tourisme et habitants du territoire forment en effet un front uni face à ce projet. En attendant la déclaration d’utilité publique (DUP) qui est instruite depuis mai, ces opposants appellent donc à se rassembler samedi 19 septembre à 18h30 au théâtre antique d’Arles.

    100 élus signataires

    Depuis cet été, ces opposants tentent également de pousser les élus à se mobiliser. Ils leur ont ainsi proposé de signer un serment où ils reconnaissent « la nécessité de décarboner la zone industrielle et portuaire de Fos-sur-Mer » mais que « cette ambition ne peut être dissociée des réalités, des équilibres et des richesses des territoires qui l’entourent ». « L’idée c’est de montrer que cette décision de l’État est antidémocratique puisque, en plus des citoyens, des associations environnementales, du tourisme, des agriculteurs, on a les élus avec nous », précise Luc Perrin qui espère une centaine de signatures. Avant ce rassemblement, Carole Delga a d’ailleurs tenu à réaffirmer son opposition au projet. « Nous ne sommes pas contre la décarbonation de Fos », tient à rappeler Luc Perrin. « On est contre la manière dont c’est fait. RTE (Réseau de Transport d’Électricité), dit que notre projet alternatif coûterait 10 fois plus cher alors que selon les calculs d’experts, c’est 1,5 fois le coût du projet de RTE ».