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  • Occitanie : deux femmes qui ont le soutien de Patrick Malavielle à La Grand’ Combe

    Occitanie : deux femmes qui ont le soutien de Patrick Malavielle à La Grand’ Combe

    En 2024, lors des élections législatives provoquées par la dissolution, le futur député parachuté d’extrême droite Alexandre Allegret-Pilot (UDR) avait été tout surpris d’être accompagné sur le marché de La Grand’ Combe par des dizaines d’habitants qui chantaient « L’Internationale ». Le soir du second tour, il n’y récoltait d’ailleurs que 27,90% des voix face à l’Insoumis Michel Sala. Malgré la désindustrialisation, la précarité qui a accompagné la fermeture des mines et l’accueil d’immigrés, l’extrême droite n’est jamais parvenue à s’implanter sur le territoire grand-combien comme elle a été capable de le faire sur d’anciens fiefs du Parti communiste. Lors de la dernière élection présidentielle, Marine Le Pen y réalisait par exemple 16,5%, en troisième position derrière Fabien Roussel (27,2%) et Jean-Luc Mélenchon (22,8%) et juste devant Anne Hidalgo (14,1%).

    «Nous avons une capacité d’influence qui résiste »

    « La Grand’ Combe est imprégnée par la solidarité, avec une certaine continuité dans les politiques de solidarité qui transpire dans les relations que l’on peut avoir avec le mouvement associatif », explique l’ancien maire de la commune Patrick Malavieille, qui a également toujours su préserver une bonne entente entre le PCF et le Parti socialiste. « J’ai toujours essayé de montrer un lien entre ce qu’on pouvait faire au niveau d’une commune et la relation avec les députés ou avec l’Europe. On a réussi à élargir. Dans la section communiste, nous sommes une vingtaine d’adhérents mais à la présentation des vœux, nous avons 170 personnes. Nous avons donc une capacité d’influence qui résiste ».

    Il faut dire que l’ancien édile s’est toujours battu pour sa ville en multipliant les postes à Alès Agglomération, au Département et même à l’Assemblée nationale (député de 1997 à 2002). Présent sur la liste communiste aux dernières élections européennes, « Mala » avait permis à la tête de liste Léon Deffontaines d’y atteindre les 29,2%. Pour les élections municipales, il restera sur la liste mais en queue de peloton. Il distribuera un tract une semaine avant l’élection pour appeler les habitants à se déplacer massivement dans les bureaux de vote. « Je connais Pascale (Eugène) et Karine (Montenez) depuis très longtemps. La première a été ma secrétaire parlementaire lorsque j’étais député, l’autre a été ma suppléante au Conseil départemental. Elles sont extrêmement attentives aux autres, très généreuses et elles ont su constituer une belle équipe dynamique. Elles ont aussi une vision pour la ville », précise-t-il.

  • [Entretien] Pascale Eugène et Karine Montenez : « Cette idée de duo que nous formons à La Grand’ Combe a plu à tout le monde »

    [Entretien] Pascale Eugène et Karine Montenez : « Cette idée de duo que nous formons à La Grand’ Combe a plu à tout le monde »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Pascale Eugène : Nous avons un très bon accueil à chaque fois que l’on rencontre la population. Nous travaillons depuis le 13 juillet, dès que la liste a été complète, à rassembler les Grand-combiens. Début septembre nous avons invité à la constitution d’un comité de soutien où immédiatement il y a eu une centaine de personnes. On sent qu’il y a de l’envie.

    Karine Montenez : Il y a quinze jours nous avons fait des rencontres dans tous les quartiers de la ville, c’est-à-dire dix rencontres. Nous avons aussi diffusé un questionnaire à la population sur ses attentes. Nous avons eu une centaine de retours. Nous allons désormais présenter la liste et le programme vendredi 20 février à 18 heures à la salle Marcel Pagnol.

    Quelles sont les attentes qui sont ressorties du questionnaire ?

    E.P. : Il est ressorti des questionnements sur l’attractivité du territoire, l’activité économique, le marché etc. Sur la sécurité, il est demandé plus de caméras de vidéoprotection et plus de surveillance autour des écoles. On nous demande aussi plus de ralentisseurs pour lutter contre la vitesse excessive. Il y a également la demande du maintien du service public. Certains sujets ne relèvent pas de la compétence de la municipalité, mais ça nous permet de faire remonter aux services compétents. On nous réclame aussi plus de festivités avec notamment le retour du Corso comme il se faisait avant, le 8 mai.

    Quels seront les projets structurants de votre mandature si vous êtes élues ?

    P.E. : Nous voulons d’abord travailler au développement économique et touristique, avec la commercialisation du Parc régional d’activités économiques. Il y a un projet de nouvelles filières économiques et commerciales sur Pise 2030 Porte Sud avec le réaménagement de l’entrée de la ville. Nous voulons aussi redynamiser le marché hebdomadaire, où nous avons beaucoup de monde qui vient chaque samedi l’été. Nous souhaitons également développer la clause d’insertion sociale et environnementale dans nos marchés publics. Concernant la culture, nous proposons aussi le retour des « Jeudis de l’été ».

    K.M. : Il y a également la volonté d’aménager l’ancien centre Afpa aux Pelouses pour en faire le quartier sportif et culturel, en rassemblant les associations dans cet espace qui est grand, avec un extérieur magnifique. Le premier projet sera l’installation du club de boxe et la rénovation des salles de danse. Nous avons la chance d’avoir un riche tissu associatif et nous voulons les regrouper pour favoriser encore plus les échanges. Nous allons poursuivre les rénovations énergétiques dans les écoles et leur végétalisation. Nous allons aussi mettre en place la cantine à un euro. L’un de nos gros projets sera également la création d’une unité protégée à la maison de retraite pour les personnes désorientées, qui coûte tout de même 15 millions d’euros.

    Que proposez-vous pour renforcer la sécurité ?

    P.E. : Nous allons mettre en place une police municipale de proximité du quotidien car nous n’avons pas de police municipale à La Grand-Combe. L’idéal serait d’avoir deux agents de police municipaux et deux ASVP (agent de surveillance de la voie publique). Le projet n’est pas de se substituer à la gendarmerie, on ne sera pas dans la répression. L’idée, c’est qu’ils soient là aux abords des écoles par exemple quand les gens se garent un peu d’une manière anarchique ou pour les conflits de voisinage. Ils seront là pour les petits tracas du quotidien et les petites incivilités.

    Dans quelle situation sont les finances de la ville ?

    P.E. : Nous sommes dans une situation confortable et saine. Les dépenses de fonctionnement sont maîtrisées, celles d’investissement aussi. Il y a des emprunts qui se terminent et qui vont nous permettre de réinvestir. Les finances nous permettront d’investir sur des projets structurants. C’est facilitateur de se projeter quand on a des finances saines. Tout ce qui est dans notre projet municipal est réfléchi et budgétisé. On ne dépensera pas ce qu’on n’a pas car nous avons bien conscience qu’avec la baisse de l’engagement de l’État et le fait qu’on soit passé sous la barre des 5 000 habitants, les recettes vont diminuer.

    Depuis juillet, vous vous présentez vraiment comme un duo. Comment comptez-vous exercer les fonctions de maire et de Premier adjoint si vous êtes élues ?

    K.M. : Nous travaillons déjà ensemble depuis 2008 donc les choses se font vraiment naturellement. Pascale était adjointe aux finances durant le dernier mandat, moi à l’éducation donc on a l’habitude de travailler ensemble. Et nous avons construit une liste très rapidement, il y a eu beaucoup d’enthousiasme. Les gens nous connaissent et ils ont vite adhéré à nos valeurs. Cette idée de duo que nous formons a plu à tout le monde. Et nous ne partons pas dans l’inconnu parce que nous avons eu deux mandats d’adjointe chacune. Pour l’instant tout est fluide.

  • Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Dans la cité communiste, l’église est au centre du village. L’édifice construit par la compagnie des mines, en plein pays camisard, reste l’église catholique la plus vaste du département, dont la voûte de la nef est plus haute que celle de Notre Dame de Paris… Aujourd’hui, elle trône fièrement entre les établissements scolaires, comme un lien entre le passé et le présent. Car l’ancienne cité minière n’a rien perdu de son histoire. À l’entrée de la ville, la « Maison du mineur » et le puits Ricard, classé monument historique, font vivre la mémoire de ces mineurs de fond qui ont contribué à l’essor de la France industrielle.

    Dans la commune, tous les anciens se souviennent de ce passé glorieux et regrettent la désindustrialisation, plongeant le territoire dans la précarité. Cette histoire, parfois fantasmée comme si elle ne s’était jamais accompagnée ni de tragédies (un incendie avait par exemple fait deux morts au puits Ricard en 1938) ni de dureté sociale, se confond aujourd’hui avec une certaine nostalgie chez les plus anciens. Bien sûr, la commune est passée de 14 600 habitants en 1954 à 4 700 aujourd’hui et avec cette chute s’est installée une certaine précarité. Mais La Grand-Combe garde de nombreux atouts.

    « On donne une mauvaise image de La Grand’ Combe, surtout quand il y a un drame. On dit que c’est une ville pauvre. Mais ça, ce sont les gens qui voient le négatif partout parce qu’ici, c’est tranquille, les gens sont sympas. Il y a des animations, beaucoup d’associations, le marché deux fois par semaine et le collège et le lycée. Beaucoup d’anciens regardent la Grand-Combe avec regret, mais ceux qui arrivent sont très heureux  », précise Aude, originaire de Belgique, qui tient une boulangerie dans le centre-ville.

    Près de 70 associations

    Dans la cité gardoise située à quinze minutes d’Alès, le nombre d’associations tutoie en effet les 70. « Ici, on est intégré dans la vie de la ville, en contact avec beaucoup de monde puisqu’on touche des personnes de 3 à 70 ans. On participe à toutes les actions locales comme Charbon Ardent et le carnaval. On essaie de s’intégrer à toutes les festivités », précise Amy-Charlotte, directrice artistique de l’association Soleil dansant, qui compte plus d’une centaine d’adhérents sur la commune.

    L’intégration des jeunes à La Grand’ Combe est un réel enjeu puisque pas moins de 1 264 élèves sont scolarisés dans les quatre écoles et le collège public ainsi que dans l’école, le collège et le lycée privés qui s’y trouvent. Et signe que la jeunesse est au centre des politiques publiques : la commune vient d’inaugurer un city-stade qui avait été soutenu par le conseil municipal des jeunes.

    Une seule liste en mars ?

    Dans ce contexte, les élus sortants partent favoris pour renouveler leur mandat, d’autant que la droite n’a réussi à ravir la cité cévenole qu’une seule fois depuis 1945. Si la maire Laurence Baldit (PCF) a choisi de ne pas se représenter, un duo de femmes a rapidement émergé pour prendre la relève. L’adjointe communiste en charge des finances Pascale Eugène et l’adjointe socialiste en charge de l’éducation Karine Montenez se sont entendues début juillet pour porter un nouveau projet. Elles ont fédéré derrière elles une liste qui s’appuie sur d’anciens élus, mais aussi pour moitié sur une nouvelle génération.

    En face, les opposants peinent à monter une liste. Il se murmurait que le député (UDR) Alexandre Allegret-Pilot tentait de construire une liste mais l’extrême droite reste atone à la Grand-Combe et ne semble pas en mesure de présenter un candidat. Seul Didier Merand, élu en 2020, a annoncé mi-février sa candidature dans la presse. Mais, à moins d’un mois du 1er tour, l’élu d’opposition n’a présenté ni colistier, ni programme et n’a pas commencé à faire campagne. Si bien que beaucoup s’interrogent sur sa réelle capacité à monter une liste.

  • Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Le département du Gard reste meurtri par le tragique accident survenu début décembre à Alès. Trois jeunes de 14, 15 et 19 ans avaient perdu la vie après que leur véhicule a percuté un mur et s’est retrouvé dans une piscine. Après analyse, il s’avère que le conducteur avait consommé de l’alcool, du cannabis mais aussi du protoxyde d’azote. Cet accident avait ainsi remis sous les projecteurs l’utilisation du protoxyde d’azote aussi appelé « gaz hilarant », qui n’est pas considéré comme une drogue.

    Utilisé dans la santé en tant qu’analgésique ou en pâtisserie, il est stocké dans des cartouches pour siphon à chantilly ou dans des aérosols. Depuis plusieurs années, il est aussi utilisé dans un contexte récréatif car il provoque une ivresse légère et des fous rires incontrôlables dont les effets peuvent durer quelques dizaines de secondes. Si, comme à Alès, plusieurs auteurs d’accidents mortels avaient consommé du protoxyde d’azote en France ces derniers mois, son usage répété peut aussi avoir de lourdes conséquences comme des asphyxies, des pertes de connaissance et des atteintes neurologiques irréversibles. La multiplication des bonbonnes jetées dans la nature crée également des problèmes environnementaux car leur traitement coûte extrêmement cher. La mairie de Nîmes a ainsi évalué à « 18 euros le coût du traitement par bouteille ».

    Nouvel arrêté dans le Gard

    Face à cette situation, la préfecture du Gard avait interdit depuis le 28 novembre 2025 la vente de protoxyde d’azote aux mineurs, la détention dans l’espace public par des mineurs de cette substance, le dépôt des contenants dans les lieux publics et sa vente dans les débits de boissons et les débits de tabac. L’utilisation « de manière détournée du protoxyde d’azote à des fins récréatives dans l’espace public » était aussi devenue illégale.

    Le 2 février, le préfet du Gard a renouvelé cet arrêté et est même allé encore plus loin en signant un nouvel arrêté interdisant le transport du protoxyde d’azote sans motif légitime dans un véhicule. Cet arrêté limite aussi la vente à de petites cartouches de 8,6 grammes maximum, avec un plafond de dix unités par achat.

    « La consommation détournée de protoxyde d’azote est un problème de santé publique en pleine expansion, touchant particulièrement les mineurs et entraînant des effets dévastateurs, voire mortels », a justifié Jérôme Bonet.

  • Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Les plaintes contre Guillaume Meurice et Pierre-Emmanuel Barré, donnent-elles des ailes aux élus locaux ? Car à l’instar des humoristes de Nova, de nombreux caricaturistes et auteurs engagés aiment à dépeindre la vie politique locale avec un humour quelque peu corrosif. Christian Martin, qui écrit sous le pseudonyme Guy Masavi, est de ceux-là. Ce médecin à la retraite qui se décrit comme « anarchiste refoulé, mais en analyse » est bien connu en Camargue gardoise et notamment à Mus, où il réside. Il a notamment écrit deux ouvrages et poste régulièrement des textes satiriques sur la politique nationale, internationale et locale sur ses réseaux sociaux.

    C’est pour ses propos tenus dans un post daté du 5 février que Vivette Lopez (LR) a décidé de porter plainte. Pour critiquer l’alliance de la sénatrice avec Jean-Louis Blanc pour les élections municipales à Mus (petite bourgade de 1 600 âmes à côté de Vergèze), il écrit : « Une liste apolitique pleine de droites, qui unit une sénatrice blanche anti-avortement avec un chasseur blanc plus blanc que blanc. Une union naturelle : Utérus, fusil et tradition ! À faire pâlir Zemmour […] Une liste dite apolitique, ce qui veut dire bourrée de droites jusqu’à l’os, où se roule une pelle sans rougir une sénatrice LR proche du RN avec le chasseur du coin, celui qui confond tradition et calibre douze, ou biodiversité et civet ».

    Campagne municipale

    Vivette Lopez a qualifié ce texte de « misogyne et raciste » et le candidat Jean-Louis Blanc a également porté plainte pour diffamation. L’auteur a été convoqué à la gendarmerie de Vauvert le 7 février où il a été placé en garde à vue et n’en est ressorti que le lendemain, après 20 heures d’audition.

    Christian Martin s’est par la suite expliqué, qualifiant son texte de « satirique » où il décrit non pas « une scène de chambre mais un accouplement idéologique », une sorte de « métaphore un peu appuyée ». Il explique également qu’il n’a jamais écrit le nom de Vivette Lopez et assume « ce post comme tous ceux qui y sont publiés ». Pour lui cette plainte s’inscrit en réalité dans la campagne municipale où la liste de Jean-Louis Blanc défie le maire sortant Patrick Bénézech (DVG). Celui-ci est soutenu par Christian Martin et son fils figure aussi sur la liste.

    « C’est une atteinte grave et inacceptable à la liberté de pensée et d’expression inscrites dans notre constitution. Alors que le devoir d’un sénateur est de garantir l’exercice des principes républicains de Liberté, Égalité et Fraternité, Madame Lopez bafoue ce droit inaliénable de notre peuple. Elle s’inscrit dans l’obscurantisme et la censure que veut imposer l’extrême droite  », a réagi La France insoumise de Petite Camargue dans un communiqué.

  • [Jeu] Sept quêtes à découvrir au musée Maison rouge

    [Jeu] Sept quêtes à découvrir au musée Maison rouge

    Pour attirer un nouveau public ou accueillir de nouveau des visiteurs conquis, le musée Maison rouge lance une initiative innovante avec « Les Aventures de l’Extra-Monde ». Ce jeu de piste, qui se déroule au milieu des collections du musée, s’adresse à un public familial avec des enfants bons lecteurs. L’objectif de cette quête est de retrouver « l’élixir de soie pur ». Pour ce faire, les visiteurs devront réaliser sept quêtes d’environ une heure chacune.

    « Un jeu d’aventure »

    « C’est un jeu d’aventure qui peut se faire en individuel ou en collectif. Soit on est sept et chacun peut incarner un personnage pour réaliser une quête, soit les joueurs peuvent réaliser plusieurs quêtes en une journée et revenir pour réaliser l’ensemble des quêtes. Ils circulent dans tous les espaces du musée à la recherche d’indices pour trouver des ingrédients de l’élixir », explique Carole Hyza, la conservatrice.

    Si les enfants auront tout le plaisir de chercher des indices dans les recoins du musée, cette sorte d’escape game réalisé par un prestataire privé comporte plusieurs niveaux de difficulté selon les personnages et s’adresse donc aussi aux adultes désireux de se creuser les méninges. « Les dernières quêtes ne peuvent pas être réalisées par un enfant seul », confirme Carole Hyza.

    Pour réaliser ce jeu, le musée a mis en place un pack à 30 euros qui permet de revenir autant de fois que nécessaire pour finir le jeu. Celui-ci devrait être disponible au moins deux ans dans le musée des Vallées cévenoles.

  • L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    Après avoir lancé l’idée d’accueillir des médecins cubains pour pallier la pénurie de soignants dans les Cévennes (16 000 personnes sont toujours sans médecin traitant sur Alès agglomération), le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé a souhaité effectuer un point d’étape devant la presse vendredi 6 février. Car le dossier pourrait bien s’accélérer dans les prochaines semaines.

    « Nous avons été reçus au ministère de la Santé le 10 décembre puis le 15 décembre nous avons remis 3 500 pétitions au sous-préfet d’Alès. Enfin le 14 janvier, André Chassaigne, ancien parlementaire aujourd’hui en mission dans les Caraïbes et à Cuba pour l’Assemblée nationale, a rencontré le conseiller santé du Président de la République », détaille Roger André, membre du collectif. « Il est ressorti de cette réunion qu’il n’existe aucun obstacle de principe au projet. Le conseiller a même formulé plusieurs propositions comme élargir l’expérimentation à un territoire d’outre-mer, développer des coopérations entre établissements hospitaliers cubains et français et accueillir des stagiaires. »

    Concrètement, le collectif doit encore finaliser un dossier pour définir les derniers détails permettant la venue des médecins cubains comme leur nombre, leurs statuts, la durée de leur mission, etc. Ce dossier doit être remis à l’ambassadeur de Cuba en personne lors de son déplacement à Alès le 23 février, même si l’actualité avec les menaces formulées par Donald Trump sur l’île caribéenne pourrait obliger l’ambassadeur à reporter sa venue à Alès. Au-delà des Cévennes, deux autres territoires ont demandé le renfort de médecins cubains : les Alpes-de-Haute-Provence et les Côtes-d’Armor en Bretagne.

  • [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    [Entretien] Paul Planque : « Une bataille pour la santé et pour l’emploi industriel »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Paul Planque : Cela fait un an maintenant que l’on va à la rencontre des Alésiens pour entendre quelles sont leurs attentes pour la ville. Il nous semblait indispensable d’aller dans une démarche citoyenne à la rencontre de ceux qui vivent la ville au quotidien. Nous avons donc accumulé un ensemble de demandes concernant cette ville que nous avons tenté de réintroduire dans ce que l’on appellera non pas un programme, mais un projet pour la ville car cette démarche, nous souhaitons la poursuivre, y compris dans la gestion à venir de la ville.

    Quels sont les thèmes que vous portez dans cette campagne ?

    P.P. : Il y a d’abord la santé car 7 000 Alésiens sont sans médecin traitant. Ensuite, il y a la question de la jeunesse et de la réussite éducative. C’est un domaine dont la municipalité actuelle s’est totalement désengagée puisqu’elle privilégie une population âgée. C’est légitime de s’occuper des personnes âgées mais ça ne peut pas se faire au détriment de l’avenir d’Alès qui est sa jeunesse. Aujourd’hui, il n’y a plus de maisons de quartier, il y a une maison de la jeunesse qui est très mal placée par rapport aux besoins réels de la jeunesse. Nous avons aussi travaillé sur l’emploi pour que cette jeunesse reste travailler à Alès après ses études. Le nombre d’emplois industriels a été divisé par dix et il y a une bataille à mener pour recréer de l’emploi industriel. Notre préoccupation est aussi de redynamiser le centre-ville, ce qui passe par la revalorisation du pouvoir d’achat des Alésiens.

    Alès est aussi une ville fracturée. Comment comptez-vous reconnecter tous les quartiers de la ville ?

    P.P. : Il y a un problème de communication entre le centre-ville et certains quartiers comme ceux du Prés-Saint-Jean, de Clavières ou des Cévennes. Mais il y a aussi un problème de communication des quartiers entre eux. Quand j’habite la Prairie, pourquoi je ne peux pas aller directement à Tamaris ? Aujourd’hui, il y a des navettes qui tournent comme des guêpes autour du centre-ville et dont la population regrette qu’elles ne viennent pas dans leur quartier.

    Pourquoi l’union avec Basile Imbert (PS) n’a pas été possible ?

    P.P. : J’ai encore relancé nos camarades du PS et des Écologistes la semaine dernière mais j’ai reçu une fin de non-recevoir de la part de Basile Imbert. Nous avons aussi appris que l’ancien secrétaire de la section alésienne du PS, Christophe Clauzel, était sur la liste de Rivenq. Est-ce inéluctable sur Alès que le PS finisse toujours à droite ? C’était le cas avec Christian Chambon, maintenant avec Clauzel, qu’adviendra-t-il de Christiane Thomas ? Aujourd’hui j’ai plus envie de m’adresser aux électeurs socialistes qu’à leurs dirigeants. Le 15 mars, le vote utile, c’est nous. Mais je ne doute pas qu’on retrouve avec les socialistes au second tour.

  • Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Alès : le pari de réunir une ville fracturée

    Il y a un peu moins d’un an, lorsque Max Roustan laissait son fauteuil de maire à l’omniprésent premier adjoint et président d’Alès agglomération Christophe Rivenq, la survie du « roustanisme » semblait assurée. Mais onze mois plus tard, rien n’est moins sûr tant les problèmes à Alès s’accumulent, bien loin de l’image du « sud ingénieux » vantée par Christophe Rivenq.

    Les fusillades liées au narcotrafic se succèdent ces derniers mois et viennent souligner l’abandon des quartiers populaires où les services publics disparaissent les uns après les autres à l’image de la fermeture du bureau de poste de Tamaris. Ces quartiers manquent aussi d’une réelle connexion avec le centre-ville qui aurait lui aussi à y gagner tant les fermetures de commerces y sont récurrentes. Touchée par un important taux de chômage (23,8% en 2022) notamment chez les jeunes (39,3% pour les 15-24 ans), la ville doit retrouver une économie florissante qui embauche, clé pour retrouver l’attractivité d’Alès. Un développement économique qui ne pourra se faire qu’en lien avec l’écologie car Alès sera la troisième ville de France la plus impactée par l’augmentation des températures due au dérèglement climatique.

    Face à tous ces enjeux, avec la liste « Alès, c’est vous ! » Paul Planque a lancé une initiative citoyenne de consultation de la population pour construire un projet au plus près des attentes des 46 000 habitants de la ville. Ingénieur architecte et ancien premier adjoint de la ville de Saint-Ouen en banlieue parisienne où il a lancé le plus vaste projet d’écoquartier d’Île-de-France, il souhaite désormais mettre son expérience au profit de sa ville natale. Pour cela, il mènera une liste soutenue par La France insoumise, L’Après, le Parti animaliste et des militants syndicaux et associatifs.

    Mais Planque n’aura pas réussi à réunir toute la gauche au premier tour puisque Basile Imbert (PS) soutenu par les Écologistes, est bien décidé à aller au bout. « Je vous remercie pour ce énième appel solennel à se ranger derrière le candidat du PCF et pour votre généreuse proposition sur votre liste, une méthode qui me confirme que vous n’avez toujours pas saisi pourquoi il y a aujourd’hui deux listes de gauche à Alès », a répondu le jeune socialiste à l’appel d’union lancé par « Alès c’est vous » fin janvier. S’il a dévoilé une partie de son programme, Basile Imbert n’a toujours pas communiqué sur sa liste et certains s’interrogent sur sa capacité à cocher la quarantaine de noms nécessaires pour se présenter.

    Le RN en embuscade

    À l’instar d’un Jean-Paul Fournier à Nîmes, Max Roustan parvenait à chaque élection à capter un électorat populaire habituellement acquis à la gauche. Pas sûr qu’il en soit de même pour Christophe Rivenq. S’il annonce dans tout Alès que des sondages le donnent large vainqueur au premier tour, sa popularité dans la deuxième ville du Gard reste largement à prouver tant les voix critiques sont nombreuses. « Tout le monde nous dit la même chose : Rivenq n’est pas Roustan. Rivenq n’est pas apprécié du tout car il a gardé ce côté directeur. Les gens attendent une alternance et une autre proposition », soutient Armand Crépin (LFI).

    D’autant que Rivenq devra faire face à deux listes sur sa droite. Le président de l’association Agir pour Alès et son Agglomération (AAA) Marc Infantès a en effet décidé de se lancer dans la bataille avec sa liste « Alès Moderne et Authentique ». Ce retraité de la gendarmerie a axé sa campagne sur la sécurité, ciblant là aussi une faiblesse de la municipalité sortante dans une ville gangrenée par le narcotrafic. Le Rassemblement National suit la même stratégie. Si le parti d’extrême droite n’a pas envoyé de poids lourd en Cévennes, il s’appuie lui aussi sur un fonctionnaire de police pour mener sa liste et compte marteler un discours sécuritaire. Anthony Bordarier, 40 ans, a en effet officialisé sa candidature le 6 février, entouré des députés Pierre Meurin et Yoann Gillet. Il confirme vouloir « créer la surprise ». Et dans une triangulaire, voire une quadrangulaire, au second tour, les chances de Christophe Rivenq de l’emporter sont tout sauf acquises. À Alès, tout reste donc ouvert.

  • [Entretien] Marie Dufresne : « Seul un jeune sur 10 a un emploi dans le Gard »

    [Entretien] Marie Dufresne : « Seul un jeune sur 10 a un emploi dans le Gard »

    La Marseillaise : Comment jugez-vous la situation de l’emploi dans le Gard ces derniers mois ?

    Marie Dusfresne : C’est difficile, notamment à cause des fermetures de Solvay et maintenant de la Verrerie du Languedoc. On assiste à une désindustrialisation qui entraîne une perte de beaucoup d’emplois. La verrerie, c’est 164 emplois, c’est énorme. Ce sont 164 familles impactées. C’est une catastrophe pour le département, qui est déjà très sinistré au niveau de l’emploi. Les plans sociaux se multiplient donc l’état de l’emploi dans le Gard est catastrophique. On a un taux de chômage qui est important puisqu’il dépasse les 10% [contre 7,7% au niveau national, Ndlr.]. On assiste aussi à des licenciements déguisés sous forme de ruptures conventionnelles qui se multiplient et font baisser les chiffres des licenciements.

    Que pensez-vous des dernières propositions du Medef, qui veut créer un CDI pour les jeunes rappelant le CPE du gouvernement De Villepin de 2006 ?

    M.D. : C’est un contrat avec un sous-Smic qui est aussi plus facile à rompre. Le patronat veut également un nouvel assouplissement des conditions pour les recours au CDD. Je suis dans la même ligne que notre secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, qui a annoncé sur les plateaux de télévision que c’est une déclaration de guerre. Le Medef est revanchard de sa défaite subie il y a 20 ans avec le CPE. S’ils osent remettre le couvert, ils retrouveront les syndicats sur leur route pour s’y opposer fermement. Le gouvernement Lecornu prévoit encore 400 millions d’économies sur l’assurance chômage. Il y a deux thèmes qui sont sur la table des négociations : les droits après la rupture conventionnelle et le recours aux contrats courts. Clairement, le patronat joue le pourrissement pour faire échouer les négociations.

    Quel est l’état de l’emploi des jeunes dans le Gard ?

    M.D. : Les moins de 24 ans ne sont que 10% à avoir un emploi. Un jeune sur dix, c’est dingue… Si on ajoute ce nouveau CDI, ça sera encore pire. Ce nouveau contrat ne ferait que précariser encore plus la jeunesse et ajouter une violence sociale supplémentaire. Clairement, on n’est pas du tout dans une bonne dynamique.

    En quoi un fort taux de chômage influe-t-il sur les conditions de travail des salariés ?

    M.D. : Les conditions de travail sont plus difficiles pour les salariés car ils ont peur de perdre leur emploi, donc ils ne disent rien. C’est aussi plus difficile de négocier des augmentations de salaires. On le constate aussi sur la répression syndicale, de plus en plus forte. On dit aux salariés : « Si tu t’engages dans cette voie syndicale, tu risques d’être ciblé. » On est en plein recensement sur cette répression et on constate qu’il y a un nombre considérable de militants qui sont attaqués en justice. Mais la conséquence, c’est qu’on constate aussi que depuis deux ans, la CGT enregistre une augmentation des adhésions.