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  • La campagne des intercommunalités a débuté dans le Gard

    La campagne des intercommunalités a débuté dans le Gard

    À peine les élections municipales terminées que les maires repartent en campagne. Les téléphones chauffent et les jeux de poker menteur se multiplient entre ces professionnels de la politique. Car beaucoup tentent désormais de s’imposer comme président de Communauté de communes qui ont gagné en compétence ces derniers mois.

    Pour Nîmes Métropole, Vincent Bouget a déjà fait acte de candidature. Depuis la création de l’intercommunalité en 2002, le poste est en effet toujours revenu à un Nîmois (Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud, Franck Proust). Mais il est aussi toujours revenu à un élu de droite. Rémi Nicolas, maire de gauche de Marguerittes qui était déjà vice-président sous Franck Proust est à la manœuvre pour tenter de construire une majorité à Vincent Bouget.

    Pour Alès Agglomération, le président sortant et maire d’Alès Christophe Rivenq (LR) part grandissime favori. Mais la gauche, absente de l’opposition au conseil municipal, compte bien décrocher plus de pouvoir à l’Agglo. Si elle n’y parvient pas, une opposition pourrait alors naître. Avec le poids des élus alésiens, Rivenq a peu de chance d’être renversé mais si une majorité de communes s’oppose à lui, ce serait un très mauvais signal pour débuter ce nouveau mandat.

    Trois présidents RN ?

    L’inquiétude réside surtout dans la capacité des maires RN de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze, tous candidats à la présidence de leur intercommunalité, de l’emporter. Pour Beaucaire Terre d’Argence, Julien Sanchez était tout proche de s’imposer il y a six ans. Si une alternative au président sortant et maire de Bellegarde Juan Martinez est évoquée du côté de Beaucaire pour installer un contre-pouvoir dans la ville centre, ce sont les deux élus de Fourques qui pourront faire basculer la balance du côté du maire RN de Beaucaire, Nelson Chaudon.

    Dans la Communauté de communes du Gard rhodanien, l’heure est aussi au barrage à Pascale Bordes (RN), nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze. Si le président sortant, Jean-Christian Rey a affirmé qu’il ne serait pas candidat (bien trop affaibli après la défaite de Jean-Yves Chapelet), deux maires auraient des velléités : celui de droite de Pont-Saint-Esprit réélu avec autorité Valère Segal et celui de gauche de Saint-Paulet-de-Caisson et vice-président départemental, Christophe Serre. Au vu du très grand nombre de maires réélus sur la zone, Christophe Serre semble favori.

    C’est le même constat du côté de la Petite Camargue après la prise de Vauvert par le RN. Comme les élus étaient parvenus à barrer la route à Jean Denat il y a six ans car ils ne voulaient pas un socialiste à la tête de l’intercommunalité, ils vont tenter de poursuivre la même stratégie avec Nicolas Meizonnet, nouveau maire (RN) de Vauvert.

    Les discussions et tractations vont se poursuivre au plus tard jusqu’à fin avril, date butoir à laquelle les élus des communautés de communes doivent être désignés.

  • Bilan contrasté pour la gauche dans le Gard

    Bilan contrasté pour la gauche dans le Gard

    Verre à moitié vide ou à moitié plein ? Chacun jugera. Car d’un côté, la victoire à Nîmes est historique. La gauche engrange dans le département l’une de ses plus belles victoires à l’échelle nationale. Unie sans LFI, elle remporte la préfecture nîmoise dirigée depuis plus d’un quart de siècle par la droite. Avec ce succès, communistes, socialistes et écologistes engrangent de nombreux élus.

    Toujours du côté des victoires, la gauche est parvenue à conserver la plupart de ses fiefs au Vigan, à Barjac, Bessèges ou encore à Saint-Martin-de-Valgalgues. « Nous avons quinze maires communistes élus dans le département, auxquels il faut ajouter des sympathisants. On a perdu une petite commune mais on progresse de trois communes au total », se réjouit le vice-président du Département (PCF) Christian Bastid. Les socialistes se félicitent aussi d’avoir conquis Saint-Maximin près d’Uzès. Il est aussi à noter que de nombreux maires à la sensibilité de gauche mais non encartés ont conservé leur fauteuil, notamment dans les Cévennes, malgré une poussée de la droite et de l’extrême droite.

    Recul face au RN

    Mais la victoire à Nîmes ne peut faire oublier plusieurs reculs inquiétants. Hormis Nîmes, les Écologistes n’ont par exemple plus aucun élu communal dans le département. La maire d’Anduze, ancienne membre des écologistes, est aussi tombée au premier tour. Les socialistes perdent également Vauvert, où Jean Denat s’est incliné face au député RN Nicolas Meizonnet.

    Engagée sur une liste citoyenne à Beaucaire, la gauche progresse en nombre de voix mais pas en nombre de sièges dans la quatrième ville du département. Mais c’est surtout à Alès où, désunie, elle n’aura aucun élu municipal après son désistement pour barrer la route à un RN qui culmine à 45% au second tour. À Bagnols, communistes et socialistes disparaissent aussi du conseil municipal où la seule opposition de gauche à la maire Pascale Bordes (RN) sera Jérôme Jackel (membre de Debout ! le petit parti de François Ruffin).

    Ces reculs, notamment dans la ruralité, sont pris au sérieux par les états-majors des partis à deux ans des élections départementales où la gauche devra indéniablement faire face à la montée du RN. « L’enjeu des Départementales sera d’avoir des candidats qui parlent vrai, proche des territoires, comme ça s’est fait à Bessèges », se projette déjà Christian Bastid. La gauche espère surtout s’appuyer sur le travail à Nîmes pour rayonner sur le département. « Nous mesurons à Nîmes la très grande responsabilité à réussir qui nous incombe pour démontrer aux Gardois qu’une équipe de gauche est capable de changer leur vie », résume ainsi Pierre Jaumain, le premier secrétaire du PS dans le Gard.

  • La gauche alésienne face au défi de la reconstruction

    La gauche alésienne face au défi de la reconstruction

    25,85%. C’est ce que pèse aujourd’hui la gauche à Alès lorsqu’on additionne les scores de la liste PS-Écologistes (10,79%) et celle du PCF-LFI (15,06%) au premier tour des municipales avant qu’elles ne décident de se retirer pour faire barrage au RN. À peine un électeur sur quatre donc, chiffre d’autant plus inquiétant que la participation n’a pas dépassé les 50 %.

    Pour savoir comment réagir, les forces de gauche tentent déjà d’établir une analyse de l’échec. Si la désunion à gauche a forcément pesé dans leur faible score, le communiste Giovanni Di Francesco regrette aussi l’incapacité des deux listes à mobiliser l’électorat populaire : « Quand on fait de certains quartiers d’Alès des secondes zones, les gens finissent par penser qu’ils vivent ailleurs et ne s’intéressent plus à cette société donc ils ne votent pas. Le vote dans les quartiers est intéressant mais faire 40 % avec une participation inférieure à 30 %, ça ne pèse pas dans la balance ». Béatrice Ladrange, citoyenne non encartée élue dans le précédent mandat dans l’opposition avance un autre argument : « Il y a un changement de sociologie à Alès. Des tours ont été détruites dans le mandat précédent et cette population est partie dans des villages autour d’Alès qui construisent des logements sociaux. Dans le même temps, beaucoup de retraités sont arrivés à Alès ces dernières années ».

    Une fois ces premiers éléments relevés qui vont demander une analyse plus affinée dans les prochaines semaines, la gauche veut rapidement se remettre au travail pour construire une alternative crédible à la fois à la droite municipale de Christophe Rivenq mais aussi à la montée de l’extrême droite. « Il faut continuer le travail réalisé durant la campagne c’est-à-dire de continuer d’aller à la rencontre de la population, ne pas la laisser tomber. Nous avons six ans pour tout construire. Il faut donc faire de la pédagogie, de l’information. Nous n’avons pas de médias pour nous, il faut donc se déployer, écouter les problèmes des gens et voir les solutions que l’on peut leur apporter à notre niveau », explique Martine Sagit, secrétaire de l’union locale CGT qui était présente sur la liste de Paul Planque.

    Multiplier les réunions publiques, assister au conseil municipal, informer la population, échanger avec les habitants sur les moyens d’actions, c’est aussi l’avis de l’Insoumis Armand Crépin : « Cela passe par les mobilisations sociales mais aussi en soutenant le travail des associations contre la rupture du lien social. Il n’y a que la présence sur le terrain qui marche parce que les discours ne fonctionnent plus ». Pour Béatrice Ladrange aussi la gauche doit se « mobiliser dans des collectifs citoyens qui se battent sur certaines thématiques comme l’eau, la pollution ou le mal-logement ».

    « Il faut reprendre le travail à la base. Il faut qu’on mène les combats du quotidien. Mais il faut surtout travailler à l’unité de la gauche », conclut Bernard Motto-Ros de L’Après.

  • Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Après Beaucaire, 4e ville du Gard il y a douze ans, c’est au tour de Bagnols-sur-Cèze de tomber. Si la vague brune a été contenue de justesse à Nîmes et Alès, elle a emporté une terre labourée depuis des décennies par le Parti socialiste, qui s’est totalement retiré du scrutin municipal cette année.

    Cette « défaite annoncée » comme le dit le communiste local Elian Cellier, n’était pas inéluctable. Bien sûr, la députée de la circonscription Pascale Bordes, réélue en 2024, partait favorite. Mais un scrutin local n’est pas un scrutin national. Si la députée est parvenue à lisser l’image du parti d’extrême droite sur son territoire, elle comptait aussi de nombreuses faiblesses : une liste familiale inexpérimentée composée de nombreux couples, un programme uniquement axé sur la sécurité et une absence assumée dans l’opposition au conseil municipal depuis cinq ans signe que ses priorités n’étaient pas vraiment les sujets locaux. Mais en face, l’irresponsabilité de la désunion l’a emporté et avec elle, la menace d’une implantation durable de l’extrême droite sur le territoire bagnolais.

    « Ils sont complices »

    Élu sur une liste de gauche en 2008, le maire sortant Jean-Yves Chapelet n’a cessé de glisser vers la droite. Puis, les dossiers de l’imam Mahjoubi et la prolifération du trafic de drogue ont fini de le décrédibiliser. Incapable de s’en rendre compte avant le scrutin, Jean-Yves Chapelet est arrivé deuxième du premier tour mais avec un score historiquement bas (18,25%) qui montrait son incapacité à rassembler (25,02% au second tour). Il n’a d’ailleurs même pas tenté une alliance avec Philippe Broche arrivé 4e avec 14,43%. Incapable non plus de s’entendre avec les autres forces de gauche, Jérôme Jackel (Debout!) n’a jamais envisagé de se retirer et termine dernier de la triangulaire (22,10%).

    Après la victoire du RN, Elian Cellier s’en est pris aux auteurs de la désunion : « On ne peut rien contre la bêtise des hommes. Chapelet élu en 2008 sur une liste de gauche aura mandat après mandat exclu les communistes, les socialistes pour rejoindre le centre droit. Les idiots-utiles que sont les Jackel, Michel Cegielski (éliminé au 1er tour), Sylvain Hille (PS), Alain David (SE) et Christophe Prévost (ancien gilet jaune, plusieurs fois candidats) portent une lourde responsabilité dans la prise de la ville par le RN. Cette situation était pourtant prévisible. À croire qu’ils sont complices ».

  • La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    Face à la percée de l’extrême droite dans l’Hérault et encore plus dans le Gard, plusieurs acteurs de la société civile sont sortis du silence cette semaine. Ils souhaitaient à la fois alerter sur les risques de l’extrême droite mais aussi appeler à la mobilisation le 22 mars pour tenter de contenir la vague brune.

    C’est par exemple le cas de l’Union départementale CGT du Gard qui a tenu un point presse le 18 mars. « Ce dimanche 15 mars, le premier tour des élections municipales a confirmé une menace sans précédent : dans de nombreuses grandes villes et communes de France comme Nice, Toulon, Marseille, mais aussi dans notre département, la droite radicalisée et l’extrême droite sont en passe de s’emparer du pouvoir au second tour. À Beaucaire et Vauvert, le Rassemblement National est déjà aux commandes. Bagnols-sur-Cèze, Nîmes et Alès pourraient basculer à leur tour. Cette situation est d’une gravité extrême », a prévenu le syndicat qui appelle à une « réaction immédiate et massive de toutes celles et ceux qui refusent de voir les ennemis de la démocratie, les adversaires des droits sociaux et des libertés syndicales, diriger nos communes ».

    La culture en danger

    La Ligue des droits
    de l’Homme Languedoc-Roussillon appelle aussi à voter « pour la démocratie, pour l’État de droit et contre l’extrême droite ». « Dans les communes qu’elle dirige, l’extrême droite nous montre son vrai visage : une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, une forte présence policière mais sans tranquillité publique, un délitement de notre État de droit, avec une violation réitérée des décisions de justice. Les victoires municipales servent de vitrine et de tremplin à l’extrême droite : elles banalisent ses discours, installent durablement ses réseaux et préparent ses conquêtes nationales », écrit la LDH qui appelle à des sursauts citoyens à Nîmes, Agde, Narbonne et Carcassonne notamment.

    Patrick Malavieille, vice-président du Département du Gard, délégué à la culture et à l’éducation artistique a aussi convié plusieurs acteurs de la culture gardois mercredi 18 mars pour aussi alerter sur l’impact des politiques d’extrême droite sur le monde de la création. « Après Beaucaire et Vauvert, la perspective de voir le RN prendre les mairies de Nîmes, d’Alès et de Bagnols et leurs intercommunalités, fait peser de très graves menaces sur la culture. Le schéma départemental de la culture, coconstruit avec les acteurs culturels et les collectivités partenaires, ne pourrait supporter le désengagement de ces trois grandes villes. Aujourd’hui, c’est notre devoir que d’alerter les Gardoises et les Gardois sur le devenir de la culture, de l’éducation artistique et de la place des artistes. Les élus RN au conseil départemental comme au conseil régional votent systématiquement contre les budgets culturels », explique l’ancien député.

    Autour de lui, Sylviane Manuel, directrice du Pôle national cirque Occitanie, Olivier Lataste, directeur du Cratère, Scène nationale à Alès et Clément Amouroux directeur du festival Itinérances et coordinateur de l’École Au Cinéma, ont répondu à l’appel. À distance, Émilie Peluchon, directrice de La Maison Danse d’Uzès et Antonin Beaury directeur du Périscope, ont également rejoint l’appel et confirmé les craintes du communiste. Ce point presse faisait aussi suite à l’appel de l’intersyndicale du spectacle vivant public mardi 17 mars à « empêcher l’arrivée au pouvoir des forces d’extrême droite et de droite radicalisées ».

  • L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze

    L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze

    Entre un maire sortant complètement décrédibilisé et une gauche totalement désunie, le scrutin dans la troisième ville du Gard s’annonçait déjà favorable au RN avant le vote du premier tour. L’ampleur de la vague brune s’est confirmée dimanche 15 mars : la députée (RN) Pascale Bordes caracolait en tête avec 44,26%. Derrière, le maire sortant Jean-Yves Chapelet (soutenu par la macronie) arrivait tout juste en deuxième position avec 18,25%, devant Jérôme Jackel (Debout!) à 15,93%, Philippe Broche (soutenu par le PCF) à 14,43% et Michel Cegielski (PRG) à 7,13%.

    Mais malgré ce désaveu criant pour le maire sortant et l’incapacité pour un autre candidat de le devancer, Jean-Yves Chapelet a appelé la population à l’union « pour le progrès et l’avenir » pour ne pas « laisser les clés de la ville à un parti ». Sauf que son opposant au conseil municipal, Jérôme Jackel, se maintient au second tour. L’élu municipal membre du parti de François Ruffin, a aussi lancé un appel à l’union et a proposé une fusion à Philippe Broche. Une réunion s’est déroulée le 16 mars entre les colistiers de Philippe Broche qui ont finalement décidé de se retirer. Jugeant l’offre de fusion « pas à la hauteur », Philippe Broche a refusé de s’allier avec Jérôme Jackel et, devant l’absence de coup de fil du maire sortant, n’a pas donné de consigne de vote. Le Parti communiste qui le soutenait a de son côté appelé à ce qu’ « aucune voix n’aille au Rassemblement National ».

    Avec deux listes face à Pascale Bordes, les jeux semblent donc déjà pliés. « J’estime qu’à 160 voix du maire sortant je suis légitime », explique Jérôme Jackel. « J’irai chercher l’opposition. Les oppositions sont nécessaires. Si le maire avait été plus démocrate, je l’aurais suivi mais là, il règne seul. Si le RN doit prendre la ville, je serais là pour préparer l’avenir et être une opposition au RN, ce que Jean-Yves Chapelet est incapable d’incarner ».

    RN : une équipe très familiale

    Malgré les forts résultats de l’extrême droite à Bagnols-sur-Cèze, la liste de Pascale Bordes montre à nouveau qu’il est plus facile au RN d’atteindre les 40 % que de trouver 33 noms pour constituer une liste. Ainsi, Objectif Gard dénombrait pas moins de sept couples dans la liste de la députée. Aussi, trois colistiers sont ou seront durant le mandat, nonagénaires. « Quant à certains jeunes de la liste, une petite recherche sur les réseaux montre qu’ils vont quitter ou ont déjà quitté la ville pour étudier ailleurs. Ainsi, une jeune femme explique qu’elle sera en septembre 2026 à Paris », ajoute Elian Cellier, secrétaire de la section communiste de Bagnols-sur-Cèze.

    Cette liste, tout comme l’absence de Pascale Bordes en conseil municipal depuis 2021 alors qu’elle avait été élue dans l’opposition l’année précédente, n’a pourtant pas empêché les Bagnolais de plébisciter la députée d’extrême droite au premier tour.

  • Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    La gauche réalise au profit de Christophe Rivenq ce qu’il a été incapable de faire en 2024. En plein entre-deux tours des élections législatives, quand le RN et l’UDR n’avaient pas encore remporté les six circonscriptions du Gard, le maire d’Alès affirmait en effet qu’il ne choisissait pas entre l’extrême droite et le Nouveau Front populaire. Deux ans plus tard, Socialistes, Écologistes, Communistes et Insoumis, tous qualifiés au second tour, ont décidé de se retirer et d’appeler à voter pour lui face à la menace de l’extrême droite…

    Pourtant, dimanche soir après le premier tour, la liste d’« Alès, c’est vous » de Paul Planque (PCF) recueillait 15,06 % et celle de Basile Imbert (PS) « Alès commun » atteignait le second tour avec 10,79 %. Les états-majors communistes et insoumis d’un côté et socialistes et écologistes de l’autre se sont alors retrouvés au Prolé pour négocier. L’alliance impossible avant le premier tour était désormais possible. Un accord tant programmatique que sur la liste était même trouvé.

    Sauf qu’après une nuit de réflexion, la rumeur d’une alliance entre Marc Infantès (DVD, 13,62 % au premier tour) et Anthony Bordarier (RN, 26,44%) s’est propagée dans la deuxième ville du Gard. La victoire de l’extrême droite devenait alors, non plus possible mais probable. Le maire sortant, Christophe Rivenq (LR, 32,61 %) était donc en grande difficulté. La décision du côté d’« Alès, c’est vous » a été d’attendre l’officialisation de cette alliance.

    Basile Imbert a de son côté convoqué une conférence de presse en début d’après-midi lundi 16 mars pour annoncer son désistement : « Il y a une certaine ironie à se dire que pour une fois qu’on est au second tour, on est obligé de ne pas en être. Car après avoir regardé les résultats, on peut constater que quelles que soient les conditions, le RN a une vraie chance de l’emporter à Alès. Moi, je suis né à Alès, j’ai grandi à Alès, je vis à Alès et je m’y refuse. Il faut donc prendre ses responsabilités. D’autant qu’à Alès, le candidat RN ne connaît rien. Il ne voulait pas être candidat. Quand on discute avec lui, on voit bien qu’il n’a pas la carrure d’être maire. Il a fait son programme le mercredi pour une élection le dimanche ». Le socialiste, allié aux écologistes, a eu des échanges avec Christophe Rivenq mais ne fusionnera pas avec l’édile de droite. Pour autant, il a immédiatement appelé à voter pour le maire sortant alors que la liste de Paul Planque était encore en lice : « Maintenant, nous allons tout faire pour que Christophe Rivenq soit le maire d’Alès », annonçait-il.

    Du côté d’« Alès, c’est vous », une réunion entre les partenaires Insoumis et Communistes s’est déroulée au Prolé lundi soir. Au même moment, Marc Infantès annonçait qu’il se retirait et ne donnait aucune consigne de vote. Mais même sans alliance, ce désistement pouvait également ouvrir la porte au RN tant le discours sécuritaire de Marc Infantès pendant toute la campagne s’approchait de celui du Rassemblement National. Dépitée par la gestion de Christophe Rivenq, une partie de l’électorat d’Infantès ira au RN même si l’ampleur du report est difficilement quantifiable.

    Face à cette décision, un vote s’est déroulé au Prolé. Paul Planque et ses colistiers ont donc pris la décision de se retirer à leur tour. « La décision a été douloureuse. Des larmes ont coulé. Mais aucune voix ne doit désormais aller au Rassemblement National. Il n’y aura pas d’élus de gauche au conseil municipal mais il y a plein d’autres moyens de lutter », a prévenu Paul Planque.

    Si cinq listes étaient qualifiées dimanche soir à Alès, il n’y en aura finalement que deux dimanche 22 mars pour le second tour : celle du RN d’Anthony Bordarier et celle de droite de Christophe Rivenq.

  • [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    Si l’extrême droite a raflé toutes les circonscriptions du Gard en 2024 et une partie de la ruralité héraultaise, son ancrage au plus près de la population reste encore à prouver. Sans personnalités locales reconnues, le RN ou l’UDR sont en effet contraints de s’appuyer sur leurs députés pour tenter d’engranger des victoires pour ces élections municipales des 15 et 22 mars. Ce pari n’est en effet pas très risqué : avec le non-cumul des mandats, soit ils sont élus et seront alors remplacés à l’Assemblée nationale par leur suppléant (garantissant à leur parti le même nombre de députés), soit ils perdent et ils gardent leur poste de député. Tour d’horizon de ces députés en campagne.

    Pascale Bordes

    à Bagnols-sur-Cèze

    Les Bagnolais vont-ils élire une candidate qui a méprisé les questions locales pendant cinq ans ? Élue d’opposition depuis 2020, la députée de la 3e circonscription du Gard n’a en effet plus mis les pieds en conseil municipal depuis 2021. Pourtant, l’avocate Pascale Bordes a été facilement réélue députée en 2024 (46,65% au premier tour, 53,92% au second). Après avoir écarté les profils « problématiques » du RN à Bagnols, elle fait aujourd’hui figure de favorite dans la 3e ville du Gard. Et signe que le parti a misé sur elle, Marine Le Pen en personne est venue la soutenir vendredi 6 mars. Si elle est élue, c’est Catherine Dellong-Meng qui siégera à l’Assemblée.

    Nicolas Meizonnet

    à Vauvert

    Dans le parti lepéniste, la politique, c’est une affaire de famille. Après le père, Jean-Louis Meizonnet, battu en 2020 par Jean Denat (par 155 voix), c’est au tour du député Nicolas Meizonnet de défier l’édile socialiste de Vauvert. Adhérent du Front National depuis 2011, il devient député en 2020 lors de la démission de Gilbert Collard en partance pour le Parlement européen. Contre le mariage pour tous, félicitant Donald Trump lors de son élection, Nicolas Meizonnet a aussi dirigé le FN gardois en 2017. S’il est élu, c’est Caroline Devaux qui le remplacera à l’Assemblée nationale.

    Julien Sanchez à Nîmes

    Julien Sanchez a préparé son atterrissage à Nîmes. Maire de Beaucaire depuis 2014, l’adhérent du FN depuis 2000 qui garde Jean-Marie Le Pen pour « modèle » s’est fait élire en 2024
    au Parlement européen. Également en charge des investitures du parti pour ces élections municipales, il ne passe donc qu’un an à Strasbourg avant d’annoncer sa candidature dans la capitale du Gard… S’il est très peu présent sur le terrain, il a reçu le président du RN Jordan Bardella pour un meeting, le 3 mars.

    Alexandre Allegret-Pilot à Bessèges

    Le Haut-savoyard parachuté par Éric Ciotti dans les Cévennes, promettait des défaites à tous les maires de gauche (et notamment communistes) sur sa circonscription. Finalement, l’absence de relais locaux ne lui a pas permis de peser sur les listes dans sa circonscription à l’exception de Bessèges. La ville du nord du Gard était promise à son assistant parlementaire Nathan Casano sauf que celui-ci est inéligible (il n’a pas présenté ses comptes de campagne après sa candidature aux législatives de 2022). Tant pis, le député UDR s’est rangé en cinquième position de la liste menée par l’entrepreneur pro Zemmour, Hervé Fiselle (mais largement construite par Nathan Casano).

    Aurélien Lopez-Liguori à Agde

    Après l’affaire de la « voyante ventriloque » et l’emprisonnement du maire Gilles d’Ettore (LR), le RN a très vite compris qu’il avait une carte à jouer dans la cité balnéaire héraultaise. C’est donc au député de la circonscription, Aurélien Lopez-Liguori, que la tâche a été confiée (il a dû pour cela déménager de Sète à l’été 2025) ce qui a provoqué des départs dans les rangs des élus RN locaux. Il a lui aussi reçu Jordan Bardella début février. Agde est devenu un véritable enjeu pour le parti d’extrême droite qui considère l’agglomération comme la plus prenable de France. Aurélien Lopez-Liguori aurait aussi dans le viseur la présidence du Département de l’Hérault en 2028. En cas d’élection, il sera remplacé à l’Assemblée par Bernard Chaumeil qui figure sur la liste d’Yves Michel (DVD) à Marseillan.

    Julien Gabarron

    à Béziers

    Après Emmanuelle, Robert ? Vainqueur face à la députée sortante et femme de Robert, Emmanuelle Ménard, Julien Gabarron tente désormais de s’attaquer à l’édile de Béziers qui a reçu le soutien des Républicains à défaut d’avoir celui du RN. Élu en 2014 avec l’aide du Front national, Robert Ménard reste en tête des sondages et pourrait même être élu au premier tour. Julien Gabarron, patron du RN héraultais, ancien membre de l’UMP, a tout de même reçu le soutien de trois responsables locaux de LR et espère créer la surprise dans la 2e ville de l’Hérault.

    Manon Bouquin à Mèze

    Comme en 2020, l’ostréiculteur Joël Armentier, membre du parti d’extrême droite depuis 20 ans, se lance dans la campagne des municipales. Mais cette année, il pourra compter sur le soutien de la députée du coin Manon Bouquin qui figure à la deuxième place de sa liste. Battue en 2022, l’assistante parlementaire d’Aurélien Lopez-Liguori a en effet pris sa revanche en 2024. Candidate initialement à Paris, Manon Bouquin est une ancienne militante de la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant d’extrême droite qui a participé à des actions violentes.

    France Jamet

    à Montpellier

    Cette historique du Front national, fille d’Alain Jamet qui a fondé le parti avec Jean-Marie Le Pen et encartée dans le parti d’extrême droite depuis 1974, est devenue députée européenne lorsque Louis Aliot a été élu à l’Assemblée nationale en 2017. Soutenue cette année par l‘UDR et « Identité et Liberté », elle s’était déjà présentée dans la capitale de l’Hérault en 2014 (13,8% au 1er tour, 9,1 au second). Malgré la présence du dissident Thierry Tsagalos, France Jamet est donnée entre 8 et 10% dans les sondages.

  • C. Cerpedes : « Trois médecins maintenus et demain l’électricité moins chère »

    C. Cerpedes : « Trois médecins maintenus et demain l’électricité moins chère »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Claude Cerpedes : Depuis que nous avons présenté notre liste fin décembre, nous avons sorti un questionnaire auprès de la population pour avoir leur sentiment. Nous avons renouvelé notre liste à quasiment 50%. Nous avons donc de l’expérience et un renouvellement avec de la jeunesse. Il y a une très belle dynamique. Nous sommes une liste divers gauche avec un maire qui annonce haut et fort son appartenance au Parti communiste.

    Quel bilan tirez-vous de ce mandat ?

    C.C. : J’ai travaillé presque 40 ans dans les collectivités donc je sais où aller chercher les subventions. Nous sommes passés de presque rien comme subvention à des projets qui sont tous financés à au moins 60%, ce qui nous permet de démultiplier nos projets. 80% de notre programme a été réalisé. Nous n’avons pas pu faire le gymnase car l’État ne finance quasiment plus ces infrastructures. Nous n’avions pas prévu la crise énergétique, ni l’inflation, et pourtant nous avons réussi à faire l’isolation de nos trois écoles durant ce mandat avec des subventions entre 64 et 78%. Nous avons aussi inauguré notre maison de santé en septembre 2023 qui a coûté 2 millions d’euros subventionnés à plus de 60%, qui nous a permis de garder les trois médecins de la commune mais aussi d’accueillir d’autres professionnels de santé.

    Dans le premier mandat nous avons refait la pelouse du stade, là, nous venons de refaire les vestiaires. Nous avions aussi eu la volonté d’accueillir des logements sociaux. En cinq ans, nous en avons livré 170. Cela nous a permis de passer la barre des 20 % de logements sociaux et ainsi de ne pas payer la taxe de 17 000 euros que ça nous coûtait. Cette somme, nous l’avons affectée au CCAS pour créer une aide au paiement des licences sportives ou culturelles pour tous les enfants jusqu’à la fin du collège.

    Quel est votre projet pour
    ce prochain mandat ?

    C.C. : Nous allons poursuivre nos trois piliers qui sont la solidarité, le vivre-ensemble et l’environnement. Nous avons en cours la renaturation du quartier populaire historique de Camont. Cela représente deux hectares. Nous proposons aussi de faire la renaturation des cours de nos trois écoles. Dans les projets importants, il y a la création d’une association pour regrouper les producteurs d’électricité photovoltaïque et des locataires. Actuellement, les producteurs vendent leur surplus d’électricité entre 10 et 12 centimes le kilowattheure. Dans l’association, ils le vendraient à 15 centimes. Les locataires achètent cette électricité à 18 centimes au lieu de 25 centimes qu’ils paient actuellement. C’est donc du gagnant-gagnant.

    Vos opposants vous critiquent régulièrement sur la sécurité.
    En avez-vous fait un thème de campagne ?

    C.C. : Nous avons quatre policiers municipaux contrairement aux communes autour de nous qui en ont moins. Ils n’ont pas de tâches administratives et sont sur le terrain avec une équipe de jour et une équipe de nuit. Nous avons un réseau de caméras vieillissant et que nous allons remettre au goût du jour. D’après les statistiques, nous sommes la commune périurbaine qui a le moins de délits. Nous avons une brigade de gendarmerie sur place. Nous avons aussi mis en place des éducateurs de rue pour prendre en amont les problèmes. On pourrait toujours réclamer plus de policiers mais c’est très populiste.

    Entretien réalisé par T.A.