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  • Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Julien Sanchez, le pari nîmois du RN ?

    Et si Julien Sanchez tentait l’aventure nîmoise ? À mesure que la campagne municipale 2026 approche, le député européen et ex-maire de Beaucaire est de plus en plus présent à Nîmes. Aperçu à la feria des Vendanges, au temple de Diane, puis aux vendanges du clos de la Fontaine, il soigne son image dans la capitale gardoise, à coups de photos et de sourires calculés. Interrogé sur ses intentions par le Midi Libre, l’intéressé botte en touche : « Je ne sais pas. Pas de commentaire. » Une formule qui, dans les rangs politiques, vaut souvent confirmation.

    Car la rumeur enfle. Selon plusieurs cadres du Rassemblement national, le parti prépare minutieusement ses têtes de liste pour mars 2026. Dans le Gard, où il engrange des résultats solides à chaque scrutin, le RN veut transformer l’essai. « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou sera RN », a lancé récemment le député Yoann Gillet, laissant entendre que le parti vise haut. Et pour conquérir une ville de plus de 150 000 habitants, Julien Sanchez apparaît comme le profil le plus « sérieux et crédible ».

    Un terreau favorable

    À 42 ans, dont plus de vingt passés au sein du parti lepéniste, Julien Sanchez coche toutes les cases d’un candidat stratège. Élu maire de Beaucaire en 2014 à la surprise générale, il a été réélu dès le premier tour en 2020, avant de rejoindre le Parlement européen quatre ans plus tard. En parallèle, il a consolidé ses liens avec la direction du RN, multipliant les apparitions aux côtés de Jordan Bardella, comme lors de l’inauguration de sa permanence en novembre 2024.

    Mais à Nîmes, le terrain reste à défricher. L’électorat frontiste y est important, sans avoir encore permis une conquête municipale. La division du camp de droite, entre Franck Proust et Julien Plantier, pourrait offrir une opportunité inédite. Après vingt-cinq ans de règne de Jean-Paul Fournier, la ville s’apprête à tourner une page politique. Dans ce contexte, l’« embuscade » de Sanchez intrigue autant qu’elle inquiète ses adversaires. S’il officialise sa candidature, Julien Sanchez tentera de rejouer le scénario de Beaucaire : celui d’un outsider passé au premier plan. Un pari risqué, mais calculé. Et à Nîmes, où les équilibres politiques vacillent, l’ombre du RN n’a sans doute jamais été si menaçante.

  • Alès : Roustan épinglé sur sa gestion de Logis Cévenols

    Alès : Roustan épinglé sur sa gestion de Logis Cévenols

    Dans le rapport de l’Ancols portant sur Logis Cévenols pour la période 2019-2023, tout n’est pas à jeter dans la gestion de Max Roustan, qui en préside le Conseil d’administration. Parmi les réussites figurent la qualité énergétique des logements dont 2 262 ont été rénovés en ce sens, la qualité du service de proximité et l’accessibilité des loyers.

    Mais le rapport pointe aussi plusieurs dysfonctionnements qui ont de quoi inquiéter. Comme par exemple la révision des chaudières à gaz puisque 490 d’entre elles n’ont pas fait l’objet d’un entretien annuel. « L’absence d’entretien présente des risques pour la sécurité des personnes et des biens, plus particulièrement pour les logements non visités deux années consécutives », précise l’Ancols qui a donc demandé à Logis Cevenols de revoir sa procédure de contrôle.

    Un taux de vacances record

    L’autre point noir souligné est l’importante vacance des logements. L’Ancols l’estime à 10,5% en 2023 (il était de 7,4% en 2020), soit plus du double de la moyenne nationale (5%) et régionale (4,8%). Un chiffre étonnant lorsque l’on connaît les difficultés pour beaucoup de familles d’obtenir un logement social… L’Ancols préconise donc de mettre en place un plan d’action de lutte contre cette vacance. L’agence souligne aussi un manque de transparence dans l’attribution des logements, qui « se caractérise par une certaine opacité » puisque « Logis Cévenols n’a pas suffisamment formalisé et n’a pas diffusé sa politique d’attribution des logements ». Ce rapport reproche également à Max Roustan d’avoir « pu s’immiscer dans les questions de fonctionnement et d’organisation de l’office alors que cela relève du pouvoir du directeur général ». L’actuel premier adjoint a ainsi participé aux comités de direction y compris lorsque le nouveau directeur général avait été nommé.

    « Ce rapport confirme que la majorité veut moins de logements sociaux sur Alès. Comme il faut reconstruire un logement social quand on en détruit un, ils détruisent à Alès et reconstruisent dans les villages de l’agglo. C’est bien pour ces villages mais moins pour Alès », constate aussi Paul Planque (PCF).

  • Les têtes de cochon d’Isabelle Alary

    Les têtes de cochon d’Isabelle Alary

    Là, ils sont à fond », lance l’éleveuse devant une demi-douzaine de cochons enchevêtrés qui se dorent la panse au soleil. Nul besoin de passer des heures aux côtés des « cochons des garrigues » pour s’apercevoir qu’Isabelle Alary chouchoute ses bêtes. Entre les clôtures, « Roussette » qui a « un caractère de cochon », « Copain  », « la maigre » ou encore « Guimauve » qui est « obligé d’envoyer ses grandes oreilles en arrière pour y voir » sont qualifiés « d’usine à bêtises ». Tous n’ont pas de nom mais tous ont droit à des caresses et à l’attention de leur propriétaire. « Tous les jours, je me prends au moins deux ou trois fous en les observant. Ils sont aussi très câlins. Je ne saurais pas comment l’expliquer mais il y en a que je ne pourrais jamais tuer », précise l’agricultrice qui ajoute : « quitte à élever les bêtes pour qu’elles soient tuées, autant qu’elles soient heureuses ».

    De sa première activité, Isabelle Alary a hérité l’attention pour le bien-être animal. La Pompignacaise a en effet proposé pendant 28 ans la découverte des sentiers du territoire à dos de chevaux. Mais en 2017, elle abandonne cette activité pour se tourner vers l’élevage de porcs. « Il y avait moins de boulot et j’avais perdu la niaque pour les balades. Je voulais aussi faire de l’élevage nourricier  », se remémore-t-elle. Il y a huit ans, il a donc fallu repenser l’exploitation, changer les clôtures et construire des mares dans chaque enclos… 150 cochons ont alors été accueillis sur les 10 hectares de la ferme. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 80, répartis par vingtaines dans des enclos de près de deux hectares. Les cochons ont donc tout l’espace nécessaire pour s’épanouir. « Dans l’industrie, il y a 0,75 m2 par porc », s’insurge l’éleveuse. Car s’il y a bien quelque chose qu’Isabelle Alary aime encore moins que les végans, ce sont les industriels du secteur : « Seulement 1% des porcs sont élevés en plein air en France. Quand on achète 250 grammes de lardons au supermarché, on achète 250g de misère ».

    En coopérative à l’abattoir du Vigan

    Au milieu de la visite, son téléphone sonne. « Il ne me reste que des côtes et de l’échine », lance-t-elle dans le combiné. Le vendredi après-midi et le samedi matin, Isabelle Alary tient en effet une petite échoppe où elle réalise de la vente directe qui l’oblige à prendre des commandes toutes les semaines. Si elle peut s’adapter aux clients, c’est qu’elle s’occupe également de l’abattage. En effet, depuis 2017, l’abattoir du Vigan, l’un des plus petits de France, est géré par les éleveurs du territoire soucieux de préserver un outil indispensable.

    Isabelle Alary rejoint donc les éleveurs réunis en coopérative tous les mardis (seul jour de la semaine où l’abattoir fonctionne) au Vigan, où elle est en charge de la pesée : « Je ne pouvais pas m’occuper de tuer les bêtes, c’était impossible pour moi. La pesée, c’est très physique car il faut porter les carcasses. Mais c’est intéressant parce que nous, les agriculteurs, sommes seuls dans un coin et là on se retrouve en équipe, responsables d’une structure. Il y a une éthique et il n’y a pas de cadence à respecter. On prend le temps pour que tout se passe au mieux  ». Surtout, cette diversification dans son activité lui a permis de se perfectionner comme éleveuse : « J’ai appris énormément de choses. Malheureusement, on voit aussi les mauvaises pratiques de certains de nos collègues avec des bêtes qui ne sont pas en bon état ».

    800 euros de retraite ?

    Tous les jours, Isabelle Alary doit faire face à des galères. Quand ce n’est pas la menace d’incendie, des clôtures coupées ou les retards de paiement, l’éleveuse doit affronter chaque été la sécheresse. « S’il n’y a pas de mare, les cochons meurent parce qu’ils ne transpirent pas ». Sauf que dans son coin de garrigues, elle ne dispose que d’eau de la ville, bien plus chère que l’eau agricole.

    Un coût non négligeable qu’il faut ajouter aux nombreuses normes à respecter. « Les normes, ça nous tue », confirme-t-elle. Isabelle Alary a en effet reçu la visite de vétérinaires pour contrôler l’exploitation. « J’ai passé la visite mais on m’a fait la remarque qu’il faudrait que j’aie une place quand un petit est malade. Mais quand ça arrive, le petit est dans la maison avec moi, nourri au biberon », raconte-t-elle. Si les exploitations de porcs ne sont pas soumises aux aides de la Pac (Politique agricole commune), Isabelle Alary avait de toute façon arrêté depuis longtemps de réclamer ces aides européennes. « À l’époque, avec les chevaux, j’avais payé quelqu’un de la chambre d’agriculture 180 euros de l’heure pour me remplir le dossier. Et un mois après, j’ai eu un contrôle. Un point avait été mal rempli dans le dossier donc j’ai dû payer une amende de 1 000 euros ».

    Elle est également remontée face au manque de soutien et de considération de l’État pour la profession. « Ce n’est pas pour rien s’il y a des manifestations et que les agriculteurs montent jusqu’à Paris. J’ai eu trois enfants, j’ai travaillé jusqu’à dix jours avant l’accouchement. Je travaille tous les jours. Et je ne sais pas si je vais toucher 800 euros de retraite par mois », s’inquiète l’éleveuse. Une maigre récompense donc pour une vie de labeur qui ne poussera pas la jeune génération à rejoindre une agriculture humaine et responsable pourtant si essentielle aux terroirs français.

    « Quand on achète 250 grammes de lardons au supermarché, on achète 250 grammes de misère »

  • Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    Accord trouvé entre la direction et les salariés de la verrerie de Vergèze

    « Cest un compromis qui n’est pas trop mal », lance Yohan Goupille, le délégué syndical CGT qui a mené les discussions avec la direction d’Owens Illinois aux côtés de FO et la CFE-CGC. Les dernières discussions avec la multinationale américaine se sont donc déroulées à Lyon les 20 et 21 octobre derniers et ont permis aux syndicats d’arracher encore quelques avancées.

    « Au niveau des indemnités supra-légales, nous avons obtenu 25 000 euros nets d’impôt pour ceux qui ont moins de 20 ans de boîte et 20 000 euros pour ceux qui ont plus de 20 ans d’ancienneté », détaille le syndicaliste. « Il y a une différence pour tenter de rétablir un peu d’équité par rapport à l’indemnité de licenciement qui est basée sur l’ancienneté. Ensuite sur le congé de reclassement, il y en a plusieurs à Vergèze. Pour les moins de 50 ans, ce sera 16 mois pour les salariés sans formation de reconversion et 18 mois pour ceux qui suivent une formation. Pour les plus de 50 ans, ce sera 22 mois et 24 mois. On a essayé d’avoir 24 mois pour tout le monde mais on n’a pas réussi. Nous avons aussi obtenu des reclassements rapides pour que les jeunes puissent retrouver du boulot plus rapidement et puissent sortir avec une prime en plus ».

    Jeudi 23 octobre, les organisations syndicales ont tout de même rendu un avis défavorable à ce PSE pour continuer à marquer leur opposition à la fermeture du site. Mais tous étaient plutôt satisfaits des concessions arrachées par les syndicats. Désormais, les salariés vont devoir s’organiser au jour le jour puisqu’aucun calendrier précis n’est établi. Ils savent uniquement que le PSE prendra fin le 31 octobre. Ils recevront ensuite une lettre de licenciement, qui ne sera pas effectif avant les premiers jours de janvier 2026. D’ici là, un repreneur a encore deux mois pour manifester son intention de relancer l’activité sur le site de la verrerie. Durant cette période, la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) doit valider ou non le plan social et les licenciements pour raison économique. Même si le site gagnait de l’argent l’an dernier, les syndicats n’imaginent pas l’instance s’opposer à cette fermeture. « Vu notre gouvernement et ses orientations, la Dreets va le valider. Depuis le début de l’année, aucun plan de licenciements n’a été retoqué par les Dreets. Parfois ils reviennent sur quelques petits points mais jamais sur le plan en lui-même  », fustige Yohan Goupille.

    Entre désarroi et colère

    Depuis le perçage du four à la mi-octobre, lançant de fait la fin de la fabrication de bouteilles à Vergèze, les salariés sont partagés entre tristesse et colère. Et depuis l’arrêt définitif du four, puisque les dernières gouttes de verre ont été vitrifiées et le four a été complètement refroidi, ils ne sont plus très nombreux à revenir sur le site. « De jour en jour, il y a moins de monde. Ceux qui ont la formation d’équipier de seconde intervention sont restés parce qu’ils ont été formés à la sécurité incendie. Ils sont 5-6 par équipe à tourner. La direction a établi un ordre de présence jusqu’au lundi 27 octobre », précise Bruno Santiago, également responsable syndical CGT. « Même nous, les élus, nous allons tourner. Nous sommes 12 élus à la CGT, nous allons faire deux groupes de 6 pour rester sur le site. Mais on ne va pas être là toute la journée alors qu’il n’y a rien à faire  », ajoute Yohan Goupille.

    Plus les jours avancent, plus le site se met en veille. Les installations électriques sont arrêtées les unes après les autres, les compresseurs ont été stoppés, l’unité de production d’oxygène aussi, et toutes les machines de contrôle ont été éteintes. Condamnés à passer encore quelques heures au milieu de ce site, considéré il y a encore quelques semaines comme un fleuron de l’industrie gardoise, les salariés sont gagnés par la mélancolie et la résignation. « Il n’y a plus un bruit dans l’usine et ça devient très stressant. Les gens sont assis sur une chaise ou marchent pour se dégourdir les jambes mais ils ne font rien. La direction fait donc venir du personnel alors que ce n’est pas nécessaire. Les salariés sont là pour la sécurité au cas où il y aurait un feu mais je ne vois pas d’où pourrait venir le feu puisque le four est arrêté », regrette Bruno Santiago qui doit rencontrer la direction prochainement pour la convaincre de mettre les salariés en indisponibilité totale jusqu’à leur licenciement.

  • Quel avenir pour le site de la verrerie de Vergèze ?

    Quel avenir pour le site de la verrerie de Vergèze ?

    Que va devenir le site qui abritait jusqu’ici 164 salariés à partir de 2026 ? Comme l’oblige désormais la loi Florange, un cabinet spécialisé a été mandaté pour trouver un repreneur. Si aucun verrier ne s’est pour l’instant manifesté, le groupe Alixio aurait reçu quatre offres de reprise mais personne n’est pour l’heure en capacité d’évaluer leur sérieux. Les élus régionaux planchent actuellement pour évaluer leur « faisabilité ».

    Selon ces offres, la création d’emplois industriels est évaluée à 30 emplois pour l’offre la moins ambitieuse et 110 (sur une prévision sur trois ans) pour la plus optimiste. Mais la CGT ne croit absolument pas au sérieux de ces annonces. « C’est du pipeau ! Comme Alixio n’a pas de devoir de résultat, ils nous ont envoyé des gens pour nous présenter des projets mais ils ne tiennent pas la route. Il y avait une entreprise espagnole qui recyclait de la poudre de métal de voiture mais je ne vois pas comment Perrier laisserait venir une telle entreprise où il y aurait des risques de pollution. De toute façon, on n’a reçu aucun business plan, on ne sait rien », prévient Yohan Goupille. Pour le délégué syndical CGT, le site sera récupéré par Perrier : « C’est Nestlé qui va reprendre le terrain pour faire du stockage et de la logistique. Mais il n’y aura pas de réindustrialisation du site ».

    La nationalisation sur la table

    Plusieurs forces politiques de gauche appellent donc à une nationalisation temporaire pour laisser le temps de trouver un verrier qui souhaiterait investir dans l’usine, qui a besoin d’un nouveau four dont le coût est estimé entre 40 et 60 millions d’euros. « Après l’échec de ceux qui ont entretenu depuis de longues semaines l’idée « d’un repreneur », la proposition de nationalisation temporaire constitue la réponse possible et réaliste au maintien de la verrerie et des emplois. Cette proposition est aujourd’hui soutenue par le syndicat FO, des salariés de la verrerie, des maires du département et de nombreux habitants », a réagi La France insoumise (LFI) du Gard dans un communiqué publié le 21 octobre. En théorie, un repreneur pourra toujours se manifester jusqu’au 31 décembre.

  • [Municipales] L’union de la gauche implose à Bagnols-sur-Cèze

    [Municipales] L’union de la gauche implose à Bagnols-sur-Cèze

    Les discussions ont accouché d’une souris. Tout l’été, les organisations politiques et certains responsables associatifs se sont vus pour tenter d’obtenir une liste commune à gauche. Mais comme aucun compromis n’a été trouvé, chacun avance désormais dans son coin.

    Le premier à avoir dégainé, c’est Michel Cegielski. Dans la majorité depuis 2008 après avoir occupé plusieurs postes à la sécurité, aux sports, aux finances et enfin à la culture, l’ex adjoint a perdu sa délégation en juin dernier après avoir refusé de voter le budget. Le 22 septembre, il a donc annoncé sa démission du conseil municipal et son entrée en campagne pour les prochaines élections, où il assure qu’il sera tête de liste.

    Membre depuis 1995 du Parti radical de gauche qu’il vient de quitter, il n’est pas parvenu à rassembler la gauche, lui qui est jugé trop proche du maire sortant. L’ancien insoumis qui a rejoint le parti de François Ruffin et seul opposant de gauche au sein du conseil municipal, Jérôme Jackel, a aussi officialisé sa candidature le 16 octobre. Il assure avoir les 33 noms prêts pour sa liste mais laisse tout de même la porte ouverte aux forces de gauche. « Nous étions pour l’union. Au départ, je me suis relégué pour éviter la guerre des ego mais les partis de gauche n’ont pas réussi à s’accorder sur la tête de liste donc j’ai décidé de me lancer parce qu’à moins de six mois de l’élection, il fallait y aller », explique Jackel qui, après avoir distribué des cahiers de doléances cet été, veut axer sa campagne sur « la sécurité, la mobilité, le cadre de vie, l’économie et la jeunesse ».

    Que vont faire les socialistes ?

    Mais les socialistes et les communistes jugent le profil de Jackel pas suffisamment rassembleur. Une troisième liste est donc en préparation derrière une figure associative bien connue de la troisième ville du Gard. La section communiste y travaille mais la récente fusion des sections socialistes de Bagnols-sur-Cèze pourrait rebattre les cartes. En effet, si la majorité des militants locaux souhaitent l’union, ils n’ont pas encore choisi leur tête de liste. Si certains veulent s’allier avec les communistes derrière cette figure associative, d’autres penchent pour un soutien à Cegielski.

    Il se murmure aussi que Carole Delga pousserait pour un accord avec le maire sortant, Jean-Yves Chapelet, pas encore officiellement dans la course mais dont la candidature ne fait que peu de doute. Face à la menace très prégnante de l’extrême droite (qui connaît aussi des turbulences en interne), la présidente de la Région serait favorable à une alliance dès le premier tour avec le maire sortant, qui est pourtant fragilisé après le scandale de l’imam Mahjoub Mahjoubi et la prolifération du narcotrafic.

    Si les socialistes ne décident pas à eux seuls du résultat de l’élection, ils ont entre leurs mains la possibilité d’insuffler une réelle dynamique pour un candidat. Un coup de pouce non négligeable car tous espèrent finir en tête du camp républicain au 1er tour pour être en capacité de rassembler au second tour face au RN.

  • [Entretien] Eddie Jacquemart : « La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant gagnant »

    [Entretien] Eddie Jacquemart : « La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant gagnant »

    La Marseillaise : Dans quelle ambiance s’est déroulé ce congrès ?

    Eddie Jacquemart : Nous avons eu des débats très intéressants qui étaient globalement assez techniques. Mais il y a de l’inquiétude autour des financements et notamment du financement de l’Anru [Agence nationale pour la rénovation urbaine, Ndlr]. C’est un secteur où il y a beaucoup d’idées mais où les acteurs se sentent freinés par le poids de l’État.

    Comment qualifieriez-vous
    la situation du logement aujourd’hui ?

    E.J. : La situation du logement est dramatique. Ceux qui galèrent au niveau du boulot, au niveau du pouvoir d’achat, sont désabusés parce que personne ne répond à leur problème. Nous avons un Président qui veut finir le boulot qu’il a commencé au lendemain de sa première élection quand il voulait baisser de 5 euros les APL.

    Que pensez-vous de Vincent Jeanbrun, le nouveau ministre du Logement ?

    E.J. : Il est dans la lignée de Guillaume Kasbarian, qui voulait virer les pauvres des HLM pour mettre des gens encore plus pauvres. Malgré le résultat des élections après la dissolution, le Président ne change pas de politique. On sait donc ce que ça va donner avec un gouvernement qui repart bien à droite et ça m’inquiète pour la situation du logement.

    Qu’allez-vous lui demander ?

    E.J. : Nous allons lui demander de supprimer la RLS (Réduction de loyer de solidarité) qui est une ponction de 1,3 milliard sur les budgets des organismes sociaux. Si on redonne 1,3 milliard d’oxygène aux bailleurs sociaux, ils ne vont pas les mettre de côté. Ils vont construire, entretenir, rénover et ça va donc relancer la machine économique. Aujourd’hui, nous sommes dans un moment où il faut relancer la machine économique et quoi de mieux que d’investir dans le logement pour cela ? Si l’on construit beaucoup, on va avoir des entreprises du bâtiment qui vont avoir du boulot, des ouvriers locaux qui vont pouvoir travailler, il va y avoir du chiffre d’affaires et du PIB. Donc allons-y ! Construisons du logement social. On va résoudre à la fois la crise du logement et la crise économique. Mais pour cela, il faut accepter de faire de l’investissement.

    Que proposez-vous contre les maires qui ne respectent pas le nombre légal de logements sociaux ?

    E.J. : Aujourd’hui, la loi de la République prévoit des amendes. Je pense qu’il faut supprimer la possibilité d’amende et mettre en place l’inéligibilité des maires récalcitrants. Il faut les obliger à construire. Il faut changer la loi SRU pour enlever la possibilité de payer des amendes, sauf dans les cas exceptionnels de villes de littoral qui n’ont plus de terrain par exemple. Nous avons donné consigne à nos fédérations d’être très attentives sur cette question lors des prochaines élections municipales.

    Comment fonctionnerait la sécurité sociale du logement que vous portez ?

    E.J. : La sécurité sociale du logement ne coûtera quasiment rien à l’État car il y a deux volets. Le premier se compose d’une caisse de solidarité nationale comme pour la sécurité sociale de la santé. Nous la finançons en centralisant tous les dispositifs qui existent actuellement comme le Fonds de solidarité logement (FSL) des départements, l’argent des CCAS ou celui des bailleurs sociaux qui ont aussi des fonds de solidarité. On rajoute une petite taxe sur les bailleurs : de 2% pour le privé et 1% pour le conventionné. On va ensuite donner une indemnité sociale aux locataires qui seront dans des situations d’accident de la vie comme la perte d’un proche, perte d’un travail, maladie grave, arrêt de travail de plus de X mois. Cette aide est dégressive tous les six mois car en parallèle, on aide le locataire à trouver une solution à sa situation. Ça coûtera bien moins cher que l’hébergement hors structure et permettra de limiter l’hébergement d’urgence qui coûte très cher à la société. Le deuxième volet consiste à sanctuariser tous les dispositifs existants qui sont protecteurs pour l’habitant, comme l’encadrement des loyers, les DPE (Diagnostic de performance énergétique), le permis de louer, etc. pour créer un véritable service public du logement. La Sécurité sociale du logement, c’est du gagnant-gagnant pour tout le monde.

  • Le mois du hip-hop s’ancre dans le territoire gardois

    Le mois du hip-hop s’ancre dans le territoire gardois

    Nouvelles dates. Nouveau programme. Un territoire encore plus étendu. Le mois du hip-hop fait peau neuve pour cette nouvelle édition et confirme au passage l’attrait de cette culture urbaine dans la ruralité gardoise. L’événement lancé en 2022 dans le cadre de l’inscription du Breakdance aux Jeux olympiques 2024 de Paris, accompagné par la rénovation du centre d’entraînement de Méjannes-le-Clap, a très vite séduit un large public, bien aidé par le dynamisme de l’association All’Style, l’accueil de la scène nationale du Cratère et le soutien du Département du Gard, qui y a vu un excellent vecteur de solidarité et de créativité.

    « Au Département, nous voulons embrasser l’ensemble des esthétiques. Le hip-hop correspond pleinement au schéma départemental de la culture que nous avons voté et permet de mobiliser plusieurs directions du Département, que ce soit la culture, le sport, la jeunesse et la politique de la Ville puisqu’on va intervenir dans les quartiers dits prioritaires. Avec All’Style, qui est particulièrement performant, nous avons voulu élargir ce qui se faisait sur le bassin d’Alès à l’ensemble du département le travailler sur une période plus longue », explique Patrick Malavieille, vice-président délégué à la culture, au patrimoine et à l’éducation artistique.

    L’international breaking Gard le 26 octobre

    Face aux difficultés d’attirer les meilleurs danseurs mondiaux pour l’International breaking-Gard qui se déroulait initialement fin décembre au Cratère, All’Style a poussé pour décaler le rendez-vous un peu plus tôt dans l’année mais toujours en période scolaire pour que le public continue de répondre présent.
    « Cette année, il y a encore plus de partenaires avec L’Ombrière d’Uzès, la Maison de l’eau à Allègre-les-Fumades ou encore le centre chorégraphique d’Uzès. Nous démarrons mais nous souhaitons aller plus loin. Je suis preneur d’initiatives lancées par d’autres partenaires comme Nîmes métropole ou le Gard rhodanien pour essayer de couvrir la totalité du département  », ajoute l’élu communiste.

    Au total, ce sont donc sept villes représentées avec des événements étalés sur deux semaines entre le 19 octobre et le 1er novembre. Les premiers pas de danse seront donnés à la Maison de l’eau le 19 avant la soirée officielle de lancement le lendemain au Cinéplanet d’Alès, qui accueille un show Bgirls et une projection de film en présence de la réalisatrice Nadja Harek. Le breakdance revient au Cratère, qui sera cette saison sous un chapiteau du fait de travaux sur la scène nationale, du 23 au 25 octobre. La 4e édition de l’International breaking Gard, qui attirera encore cette année les meilleurs danseurs de la discipline, se déroulera exceptionnellement à l’Ombrière d’Uzès. Ce mois se clôturera enfin à Vauvert avec des battles organisées par Urban Arts à la salle Robert Gourdon.

    Signe de l’attrait de l’événement, cette édition 2025 s’attend à battre tous les records avec 12 pays représentés, 100 danseurs professionnels et amateurs sur les différentes scènes, 5 000 spectateurs attendus et un million de followers qui suivront les spectacles grâce au média américain Stance Elements, « le plus important de la culture hip-hop  ». Pas de doute donc que l’événement devrait encore prendre de l’ampleur l’année prochaine.
    Tristan Arnaud

  • Verrerie : le préfet du côté des salariés mais sans solution

    Verrerie : le préfet du côté des salariés mais sans solution

    Demi-teinte. À la sortie de leur entrevue avec le préfet, l’intersyndicale, qui était également accompagnée de la maire de Vergèze Pascale Fortunat-Deschamps (SE) et des sénateurs Denis Bouad (PS) et Vivette Lopez (LR), était rassurée sur un point : le préfet a confirmé les avoir soutenus face à la direction d’Owens Illinois (OI). « Nous avons eu confirmation qu’OI avait demandé des réquisitions pour envoyer des gendarmes sur le site par exemple et il a refusé. Il était complètement contre l’arrêt de ce four dans l’urgence. Il a demandé à OI de faire les choses dans les règles, mais OI ne l’a pas respecté. Il va aussi mettre la pression à OI vis-à-vis des agents de sécurité qui nous sont envoyés pour nous mettre la pression », a souligné Yvon Pallier, délégué syndical FO.

    Mais au-delà de ce soutien, Jérôme Bonet a confirmé son incapacité à pouvoir s’opposer à un groupe privé. Il a tout de même assuré qu’il contacterait la nouvelle équipe gouvernementale comme il l’avait fait avec les ministres de François Bayrou, pour les pousser à trouver une solution pour les salariés.

    Le four est en cours d’arrêt

    Depuis début octobre, les salariés oscillent entre tristesse et colère. En effet, le 9 octobre, la direction d’Owens Illinois a envoyé un communiqué de presse (sans avertir l’intersyndicale de son contenu) pour annoncer la fermeture prochaine du four à cause de la mobilisation des salariés qui occupent l’entrée du site depuis une quinzaine de jours. « Il s’agit de la seule option permettant de rétablir la sécurité des personnes et des installations, tout en préservant l’intégrité du four », écrit la direction. L’intersyndicale, composée de la CGT, de la CFE-CGC et de FO, a immédiatement réagi en organisant un rassemblement avec les salariés et les élus locaux le lendemain pour dénoncer « les mensonges de la direction d’OI ». « Ce sont des menteurs », a martelé Yohan Goupille, délégué syndical CGT.

    « Les prétextes cités ne sont pas justifiés. Pendant plus de dix jours, ce sont les salariés qui ont maintenu l’activité et la sécurité en l’absence totale de direction sur le site. Un accord de méthode a été signé stipulant la fin du PSE au 31 octobre. Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI, ce sont des voyous », fustige Yohan Goupille qui affirme que si le four est arrêté, il ne pourra pas redémarrer, contrairement à ce qu’avance la direction. Les syndicats ont également mis en avant les risques de sécurité d’un arrêt décidé à la hâte. Car la manœuvre est complexe. Pour stopper le four, il faut notamment le percer, faire couler 300 tonnes de verre liquide au sol et le refroidir.

    Lundi 13 octobre, du personnel de sécurité extérieur a été dépêché par OI à Vergèze pour s’assurer que les salariés n’allaient pas s’opposer à l’arrêt du four. Mais les syndicats ont rapidement contacté l’inspection du travail face à des manquements à la sécurité. « Il y a des risques humains et environnementaux », précise le délégué syndical CGT Bruno Santiago. « Ils étaient en costumes et chaussures de ville et n’avaient pas les équipements de protection. Y compris l’huissier. Et ils ont demandé à ce que le personnel ne s’approche pas. »

    Le lendemain, le four a finalement bien été percé, lançant la première phase de l’arrêt du four. Trop éprouvés, certains salariés n’ont pu contenir leurs larmes. « Maintenant, la direction nous annonce que nous ne sommes pas en indisponibilité totale mais partielle. Ils veulent qu’on vienne nettoyer le site. Ils disent que c’est pour présenter un site propre s’il y a un repreneur. C’est se foutre de nous. Pour attirer un repreneur, il aurait fallu lui montrer un site avec un four qui fonctionne et des salariés au travail. Pour moi, c’est de la torture psychologique », fustige Bruno Santiago.

    Les négociations autour du Plan de « sauvegarde de l’emploi » doivent en parallèle se poursuivre jusqu’au 31 octobre.

    « Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI,
    ce sont des voyous »

  • Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Plus les jours passent, plus les solutions pour sauver la verrerie à Vergèze s’amenuisent. Bien conscientes qu’un éventuel sauvetage de l’usine n’est désormais plus de leur ressort, les organisations syndicales négocient les conditions les plus favorables pour les futurs licenciements. Pendant de longues semaines, la CGT, la CFE-CGC et FO avaient pourtant travaillé à la recherche d’un repreneur et plusieurs pistes étaient apparues, mais elles sont tombées à l’eau les unes après les autres.

    La solution était donc de se tourner vers Perrier pour que Nestlé reprenne la Verrerie dans son escarcelle, comme c’était le cas avant 2006. « Le remplacement d’un four obsolète serait la cause de la fermeture. Nous pouvons logiquement nous poser la question : pourquoi avoir aussi attendu pour effectuer des travaux pour le remplacement d’un four ? Le groupe Perrier a les moyens de financer son remplacement. À ce jour, la verrerie produit toujours 75% de bouteilles Perrier, les dirigeants de cette entreprise ont une responsabilité à l’égard des salariés de la verrerie », explique Christian Bastid, vice-président (PCF) du conseil départemental.

    La nationalisation évoquée

    L’autre solution avancée au vu de l’urgence de la situation, c’est la nationalisation du site. Comme l’usine gagne de l’argent, il pourrait ainsi passer dans le giron de l’État, au moins le temps de trouver un repreneur. « Le problème c’est que c’est le boxon au niveau national. Mais la nationalisation est une solution. Nous avons relancé notre groupe à l’Assemblée nationale et son président Stéphane Peu pour que la question de la nationalisation soit reposée », poursuit Christian Bastid même si le préfet a fermé la porte à cette solution lors de sa rencontre avec les syndicats.

    Laurent Nunez, très présent sur le site depuis l’annonce de la fermeture du site, abonde : « Quand l’État envoie plus de 100 milliards d’aides aux entreprises sans contrôle, il est tout à fait possible que l’État s’engage pour le rachat de l’entreprise. Pour la France, ça n’est qu’un investissement. » Le secrétaire de la section communiste de Camargue-Vidourle souhaite aussi rapidement organiser une grande rencontre pour réfléchir à l’avenir de ce territoire industriel : « Ça ne va pas bien à Éminence, chez Perrier et chez Royal Canin. Il faut trouver des solutions pour ce territoire. Pour cela, il faut que l’on ait une réflexion collective. »

    Autre élu départemental présent devant la préfecture, Vincent Bouget regrette la faiblesse de l’État dans ce dossier : « S’il n’y a pas une intervention des pouvoirs publics et de l’État ça devient très compliqué. Mais aujourd’hui, que fait le gouvernement ? La solution est forcément de côté là. On entend réindustrialisation à tout bout de champ, mais quand on est devant un cas concret il n’y a pas de réaction », fustige le candidat à la mairie de Nîmes dont le cousin travaille à la verrerie.