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  • Réunis à Fabrégoules, les retraités CGT appellent à la paix

    Réunis à Fabrégoules, les retraités CGT appellent à la paix

    Le rassemblement se déroule dans une ambiance décontractée, mais il s’agit bel et bien d’une mobilisation militante pour les retraités des Bouches-du-Rhône. « C’était important pour nous de venir par rapport à la situation politique actuelle », partage Maurice, militant depuis qu’il a 20 ans. La majorité des discussions tourne en effet autour des enjeux politiques du moment comme la question des retraites ou du détournement de la classe ouvrière des partis progressistes pour les partis identitaires, au grand dam des militants. « Qu’est-ce qu’on a raté, il faut quand même qu’on se remette en question, on a raté quelque chose, c’est navrant », glisse Martine du Secours populaire français.

    Au moment du débat, les intervenants prennent successivement la parole à la tribune et dénoncent l’augmentation du budget militaire au détriment des besoins sociaux. « L’économie de guerre instaurée par Macron a des conséquences sociales, cet argent serait plus utile pour soigner les vivants, l’humanité n’a pas d’autre chemin que de construire la paix et le progrès social », clame Jean Pugens, responsable USR-CGT 13. « Moins de budget pour la guerre, c’est plus de budget pour la vie », renchérit Bernard Bourdelin, délégué régional CGT.

    « Le coût » de la guerre

    « On va payer parce que Macron et sa bande préfèrent distribuer au grand patronat qu’au peuple », résume François Le Vern, le secrétaire de la section CGT de Vitrolles et membre de l’organisation. Et d’exprimer un ressentiment : que le coût de cette politique de militariste soit assumé par les retraités et les actifs les plus précaires.

    Dans un lieu à la forte symbolique syndicale, le repas au milieu de la journée est convivial et bercé par les répétitions pour le concert de l’après-midi. François Le Vern définit justement la fraternité comme un terreau d’engagement et de mobilisation. « Heureusement qu’on se trouve des moments conviviaux pour se réunir tous ensemble, ça permet des échanges pour l’amitié et la fraternité mais aussi pour les actions futures à mener », indique-t-il. Sur place, sont également installés les stands du Mouvement pour la paix, de l’Association France Palestine Solidarité ou encore du Secours populaire français ainsi qu’un marché paysan avec des légumes et des produits de terroirs issus de petits producteurs dont le bénéfice des ventes sera partiellement reversé au syndicat.

    L’espoir d’une nouvelle génération

    Certains militants souhaitent que ces discours puissent bénéficier d’une portée plus large. Ce constat est partagé par Martine qui aimerait par ailleurs voir plus de jeunes, « de sang neuf qui emmène le reste du groupe » dans les mobilisations de manière générale à l’avenir.

    Etienne Devillard Lacordaire

  • À Istres, les enseignants du lycée Rimbaud font bloc après une agression

    À Istres, les enseignants du lycée Rimbaud font bloc après une agression

    Le lycée Arthur-Rimbaud était vidé de ses élèves, ce jeudi 24 septembre. Les enseignants ont voté l’arrêt des cours et exercé leur droit de retrait suite à l’agression d’une professeure le matin même. Rachel Véran, représentante syndicale Snes-FSU, raconte : « Un étudiant avait son téléphone à la main dans le lycée à 8h du matin. C’est interdit pour les lycéens comme pour les BTS par le règlement intérieur depuis juin dernier. Un encadrant lui a fait la remarque, l’élève n’en a pas tenu compte, et ma collègue a donc insisté. Elle a reçu un coup de poing très violent, est tombée au sol, puis a été prise en charge par les pompiers avant d’être transportée aux urgences. » Elle y était encore en fin d’après-midi, dans l’attente de réponse à ses examens.

    Pour l’équipe enseignante, cet incident reflète « l’insécurité croissante » au sein de l’établissement. Cyril Belmonte professeur d’histoire géographie et représentant Snes-FSU, l’affirme : « La violence physique de ce matin est le point d’orgue d’une dégradation des relations entre certains élèves, certains parents et la communauté éducative, avec un certain nombre d’altercations agressives. En mars dernier, une collègue a été menacée de mort sur les réseaux sociaux ». Une plainte a été déposée et est en cours d’instruction.

    Un manque d’encadrants

    Devant le lycée, Adam et Romain sont adossés à un muret. Pour ces deux terminales, l’agression survenue le matin même était « un événement ponctuel ». « En tant qu’élèves, on a pas l’impression qu’il y ait une montée de l’insécurité », assurent-ils. Eux y décèlent plutôt la conséquence d’un manque d’effectif. « On est plus de 1 300, pour très peu de surveillants », confient les deux amis. Selon l’équipe pédagogique, il y aurait six assistants d’éducation (AED) en équivalent temps plein dans l’établissement.

    Rachel Véran confirme : « Notre lycée est plein comme un œuf avec 1 350 élèves alors qu’il n’est pas dimensionné pour ça et qu’on a des moyens constants : on n’a pas d’AED, ni de professeurs supplémentaires. » La représentante syndicale s’agace : « On a pourtant de bons résultats, avec 99% d’élèves qui fonctionnent correctement. Mais avec cet accroissement des effectifs et le manque flagrant de moyens humains, on se retrouve dans des situations ingérables et intolérables ».

    Réunie en assemblée tout l’après-midi, la communauté éducative demande des AED supplémentaires, la mise en place de protocoles de prévention pour être mieux armée face à ce type de situations, et un meilleur accompagnement du ministère de l’Éducation national et du rectorat pour faire appliquer les nouvelles règles, à l’instar de l’interdiction des portables.

    L’adjoint du Directeur académique et le maire (LR) d’Istres, Robin Prétot, sont venus apporter leur soutien aux enseignants. Les cours doivent reprendre ce vendredi. Une cellule psychologique va être mise en place.

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Nous allons faire entendre la voix d’Aubagne dans la rue »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Nous allons faire entendre la voix d’Aubagne dans la rue »

    La Marseillaise : Nicolas Isnard a annoncé ce matin la fin de la gratuité des transports en commun sur tout le territoire métropolitain. Êtiez-vous au courant de ce projet ?

    Jean-Pierre Squillari : C’est vous qui me l’avez appris.

    Quelle a été votre première réaction?

    J.-P. S. : Il y a le fond et la forme. Je suis maire d’Aubagne et président de la commission des transports. Apprendre par la presse qu’on supprime la gratuité des transports c’est une désinvolture de la part du président.

    Quelles suites comptez-vous donner ?

    J.-P. S. Nous ne sommes pas étonnés qu’il agisse comme cela. Depuis bientôt six mois, Aubagne a toujours été mise de côté. Lors du vote des vice-présidences, le président avait annoncé que les quatre premières villes de la Métropole auraient un poste. Nous sommes la quatrième ville, mais on a mis Istres, dont le maire a la même sensibilité politique que le président de la Métropole. Nous avons aussi été mis dehors de toutes les instances métropolitaines : l’Eau des collines, l’Epage HuCa [le syndicat de l’Huveaune, Ndlr], la Semagora [gestionnaire du centre des congrès d’Aubagne, Ndlr]… Pour masquer cet état de fait, Nicolas Isnard m’a donné la présidence de la commission des transports. Bien entendu, je vais démissionner. Je ne suis pas un homme de paille, je ne subis pas.

    Vous avez aussi annoncé porter ce combat en justice ?

    J.-P. S. : Nous allons étudier toutes les voies de recours. À Aubagne, les transports gratuits sont dans notre ADN. Mes petits-enfants n’ont jamais payé le bus de leur vie ! Et d’un coup on nous dit que l’on va faire payer les transports, au bout de dix-huit ans. Donc nous allons mobiliser. Nous l’avons déjà fait quand il a été question de supprimer la gratuité des transports il y a quelques années, et nous avions fait salle comble et une grande manifestation, avec plus de 600 personnes.

    Le président de la Métropole disait que le préfet avait alerté, qu’il n’était pas possible de maintenir cette gratuité parce qu’elle posait une question d’égalité entre les territoires…

    J.-P. S. : On nous mène en bateau ! Monsieur Isnard m’a dit que c’était la conséquence du rejet du budget de la Métropole [le 10 septembre dernier, Ndlr]. Ce qui veut dire que si j’avais voté pour le budget il n’y aurait pas eu d’inégalités ? Pour qui on nous prend ? Cela fait dix-huit ans que cela existe, et on se réveille juste maintenant ? Ils n’ont pas étudié les conséquences de faire payer les transports. On ne pense qu’aux économies, mais il faut penser aux dépenses. Il faut embaucher des contrôleurs, il faudra équiper tous les bus de distributeurs de billets. Cela a un coût ! Il faut y ajouter la dette grise : ce qu’on ne paie pas immédiatement mais que l’on paiera par les conséquences.

    Quelles conséquences aurait l’abandon de la gratuité ?

    J.-P. S. : Il y a surtout un manque à gagner moral et écologique. Lorsque nous avons mis en place les transports gratuits, nous avons multiplié par trois la fréquentation, on a diminué la circulation automobile. Lorsqu’on décide de faire payer, on multiplie la circulation automobile. Renoncer aux transports en commun gratuits va à l’encontre de ce qu’on entend depuis plusieurs semaines, quand le carburant augmente de façon extraordinaire. On nous dit de favoriser les transports en commun mais on les fait payer, c’est paradoxal ! C’est comme si pendant la canicule, au lieu de rendre gratuite la piscine comme nous l’avons fait on avait doublé les prix !

    Nicolas Isnard invoque la situation financière de la Métropole, vous le comprenez ?

    J.-P. S. : C’est une goutte d’eau dans la piscine de la Métropole les transports en commun à Aubagne. On ne nous a donné aucun chiffre officiel, on lance des chiffres comme ça. Il faut être sérieux.

    Le président Nicolas Isnard n’avait jamais masqué son opposition à la gratuité…

    J.-P. S. : La politique de Monsieur Isnard, c’est de faire payer. Mais peut-être qu’il faut trouver d’autres sources. Il faut se pencher sur le versement mobilité. Peut-être que le patronat n’est pas d’accord, mais l’augmenter permet de desservir correctement les entreprises qui sont enclavées, je pense à Rousset par exemple.

    Comment comptez-vous faire davantage entendre la voix d’Aubagne à la Métropole désormais ?

    J.-P. S. : Dans la rue ! Il n’y a plus que ça puisqu’on a tout essayé ! Je ne vais pas rester les bras croisés, ce n’est plus possible. Le président de la Métropole a franchi le Rubicon et nous allons nous battre avec les maires du pays aubagnais.

    ET LES AUTRES MAIRES

    Roland Giberti, maire (DVD) Gémenos

    « C’est quelque chose qui tombe trop brutalement. C’était peut-être à prévoir mais je ne sais pas si y a eu concertation, si la commission présidée par M. Squillari a débattu. En tout cas ça tombe et ça va faire des dégâts sur le pouvoir d’achat. Je suis quelqu’un qui sait prendre ses responsabilités. Mais même si c’est la seule solution, je pense qu’une telle décision doit être débattue. »

    Michel Lan, maire (DVC) La Destrousse

    « Avec le gasoil à 3 euros, les gens se serrent la ceinture, on tente de mettre le repas des étudiants à 1 euro et nous on supprime la gratuité… Elle a fait ses preuves, on a fait toutes les simulations, elle fonctionne si on met le versement mobilité où il doit aller. Qu’on dise le ticket à 1 euro c’est une chose mais là on est au bord du conflit social et on tape sur les petites économies. Ça ne va pas. »

    Frédéric Gibelot, maire (DVD) Peypin

    « C’est dommage que le budget n’ait pas été voté en juin, on n’en serait pas là. L’exécutif a peut-être une pression de la préfecture, on parle du budget de 2026, le temps est compté. Ça ne fait plaisir à personne mais j’ai cru comprendre qu’il allait y avoir un tarif social et il y aura des débats en conseil métropolitain, c’est une situation que je déplore mais qui ne concerne qu’une quinzaine de communes. J’attends quand même de voir pour l’heure je réserve mon vote »

    Ch. C.

    « Un énorme recul »

    « Cette décision politique est un énorme recul qui arrive au pire moment pour les ménages avec l’inflation des prix des carburants », déplore Yves Mesnard, maire honoraire de Roquevaire. L’apparenté communiste était à l’origine avec son groupe en 2009 de la gratuité en pays aubagnais. « À trois mois de la mise en service du Val’ Tram… Partout on avance et nous on régresse », note celui qui a porté la gratuité partielle (-11 ans et +65 ans) en place depuis 2025 sur la Métropole. Ch. C.

  • [Entretien croisé] « Il y a une volonté de détruire la science quand elle dérange »

    [Entretien croisé] « Il y a une volonté de détruire la science quand elle dérange »

    La Marseillaise : En quoi les rencontres organisées par Aix-Marseille Université, ce jeudi en votre présence, sont-elles importantes ?

    Valérie Masson-Delmotte : Être chercheuse, ce n’est pas simplement produire des connaissances dans une tour d’ivoire, c’est produire et partager des connaissances, faciliter leur appropriation très large. Et puis, sur les enjeux liés au changement climatique, on est aussi sur des rôles, et les comités d’éthique scientifique le relèvent, d’engagement avec et pour la société, pour accompagner ses transformations. C’est pleinement dans ce cadre que se situe cette journée. Notre recherche contribue aussi à fournir des informations qui sont extrêmement importantes pour comprendre l’impact de l’activité humaine sur le changement climatique.

    Éric Berton : Il est important, dans une université, de pouvoir donner la parole à des scientifiques, à des chercheurs ou à des enseignants-chercheurs qui sont impliqués dans la société sur de grandes questions. Il faut donner la vraie parole de la science, notamment auprès de nos étudiants, pour les former, les informer. D’autant que, pour nous, les rencontres d’Aix-Marseille Université sont un mouvement privilégié dans lequel des experts d’un sujet vont sortir de leur laboratoire, pour venir à notre rencontre, à celle des étudiants, des collègues mais aussi du monde socio-économique. Ce rayonnement est fondamental pour nous. Et quand on a la parole d’une experte, comme nous allons l’avoir [ce jeudi], on rappelle que la science n’est pas une opinion. Il s’agit de faits, de vérités scientifiques.

    Car le monde affronte une montée du climatoscepticisme…

    V.M.-D. : Le climatoscepticisme version 1, je l’ai vu dès que j’ai démarré ma thèse, en 1993. C’était, en fait, le rôle de marchands de doute, notamment les multinationales du pétrole, du gaz et du charbon, qui ont créé un rideau de fumée, avec des pseudo-experts de la désinformation… À l’époque, il s’agissait essentiellement de déni scientifique. Trente ans après, des leviers d’action ont été mis en place : électrification, politique de décarbonation, ralentissement de la déforestation… Donc aujourd’hui, ce n’est plus seulement la science du climat qui est prise pour cible. Ce sont aussi les transformations structurelles proposées. Il y a donc une obstruction qui est brutale, structurée, pensée et mise en œuvre, qui vise à semer le doute sur ces leviers de transformation. La science en tant que telle est une menace, parce qu’elle montre chaque possibilité, les limites, les effets indésirables. (…) Il y a une volonté de détruire la science quand elle dérange. C’est le cas aux États-Unis, mais dans d’autres pays aussi, comme en Argentine [dirigée depuis 2023 par le libertarien d’extrême droite Javier Milei, Ndlr] où l’on assiste à un véritable scienticide, avec une destruction de la capacité de produire des connaissances par la recherche publique

    E.B. : C’est vrai que le scientifique, pour certains gouvernements, représente un danger. C’est pour ça qu’on a proposé, nous, à l’Assemblée nationale, avec François Hollande en particulier, une loi pour créer un statut de réfugié scientifique. Au même titre qu’un réfugié politique. C’est aussi pour cette raison que nous avons créé le programme Safe place for science, qui permet aux scientifiques américains de venir faire leurs recherches ici.

    La lutte contre le climatoscepticisme passe-t-elle par une lutte contre l’extrême droite ?

    E.B. : À sept mois de l’élection présidentielle, nous ne savons toujours pas quel est le programme de l’extrême droite pour l’enseignement supérieur et la recherche publique en France. C’est quand même grave. Mais ça ne veut pas dire que les autres offres politiques les mettent en avant pour autant. Je trouve que l’effort n’est pas fait actuellement

    V.M.-D. : En général, dans les autres pays, l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir s’est traduite par un fort affaiblissement de la protection de l’environnement. (…) Il faut s’interroger sur l’histoire. Il faut donner à voir ce qu’était la recherche scientifique sous Vichy, lorsque nous avions l’extrême droite au pouvoir, car nous l’avons déjà testée. Il faut regarder ce qui s’est passé au Portugal, en Espagne, quand il y avait des dictatures d’extrême droite, il n’y a pas si longtemps, c’est très instructif. C’est ce que permet l’ouverture d’esprit des universités, qui apporte un regard aussi historique sur des situations dans d’autres régions du monde ou dans le passé, qui peuvent éclairer les choix d’aujourd’hui.

  • Pour la glaciologue Heïdi Sevestre, l’espoir comme force d’action

    Pour la glaciologue Heïdi Sevestre, l’espoir comme force d’action

    Elle passe sa vie là où le monde se transforme le plus vite. Entre le Groenland, l’Antarctique et les glaciers tropicaux, la glaciologue Heïdi Sevestre observe la disparition accélérée de paysages que l’on croyait immuables.

    Exploratrice, autrice, conférencière et membre du Conseil de l’Arctique, elle partage son temps entre expéditions scientifiques et sensibilisation du grand public. En janvier, elle a achevé une traversée de 80 jours de l’Antarctique en ski-kite. « J’ai cette grande chance de vivre mon rêve, de partir étudier les glaciers », raconte-t-elle.

    Son métier consiste à étudier ces géants de glace et comprendre les conséquences de leur disparition. Le constat est alarmant mais elle refuse tout fatalisme. « J’essaie de nous rapprocher des glaciers et montrer qu’il n’est pas trop tard pour les sauver. » Des glaciers racontent l’histoire d’une planète qui change à une vitesse inédite. « S’ils pouvaient parler, ils seraient certainement tous en train de hurler. La situation est apocalyptique. »

    Une réalité qui dépasse les régions polaires, rappelle-t-elle : « Notre civilisation, notre agriculture, notre économie, tout s’est construit sur une planète où il y a toujours eu de la glace ».

    Bonnes décisions

    Samedi à Marseille, au So good MAIF Festival, elle animera la conférence « Pourquoi je continue d’espérer ? Regarder le monde en face, sans renoncer à l’espoir ». Son intitulé résume sa philosophie : la réalité est brutale mais l’action reste possible.

    Loin des graphiques et des courbes, certaines images bousculent la Savoyarde, comme la fonte de la mer de Glace à Chamonix. « Ça brise le cœur. On a tous grandi avec l’image des glaciers et des neiges éternelles. Ces paysages qui changent, c’est une partie de notre âme qui s’efface.» Même constat au Spitzberg, où elle séjourne plusieurs mois par an. En 40 ans, la température moyenne en hiver s’est élevée de 8 degrés. « Voir ce royaume de glace fondre si vite est terrifiant », concède-t-elle.

    Pour autant, son intervention ne se veut pas un catalogue de mauvaises nouvelles. « La science est une boîte à outils qui nous permet de prendre les bonnes décisions », insiste-t-elle plaidant pour « une science qui ne soit pas élitiste » et « une éducation accessible à tous ». Convaincue que le changement naîtra aussi des territoires, elle met en avant le travail de chercheurs marseillais sur l’adaptation aux canicules, et plaide pour une meilleure diffusion du savoir scientifique.

    Son message est simple : chacun peut agir, s’informer, participer au débat public et faire entendre sa voix. La présidentielle, est l’occasion d’inviter chacun à étudier les programmes et interpeller les candidats, car voter reste le moyen le plus concret d’influer sur les choix collectifs et les politiques climatiques, énergétiques et sanitaires.

    Au-delà de l’urgence, Heïdi Sevestre veut transmettre surtout une conviction : s’engager rend heureux. « On kiffe d’être dans l’action », sourit-elle en regardant la jeunesse. Une façon de rappeler que l’espoir reste une force de transformation.

    Camélia Jordana en tête d’affiche

    La glaciologue Heïdi Sevestre sera l’un des invitées de la 4e édition du So good MAIF Festival qui pose cette année ses valises à Marseille, samedi 26 septembre, du côté de la Plateforme (13002). Conférences, humour, ateliers et rencontres rythmeront l’après-midi autour du thème « Faire de l’espoir un espace commun ». En soirée, place aux concerts avec Camélia Jordana, mais aussi Danyl, Joha Wallas et le collectif marseillais Twerkistan.

  • Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Ce devrait être le point d’orgue de la campagne Devésa-Muselier ce jeudi : la réunion publique du président LR du Sénat, Gérard Larcher, à Aix-en-Provence, pour appeler à serrer les rangs autour de cette liste officiellement investie par LR et la majorité sénatoriale. Un temps fort annulé le matin même en raison d’une réunion urgente qui a retenu le 2e personnage de l’État à Paris.

    Il n’en fallait pas plus aux listes concurrentes pour interpréter la nouvelle comme un acte de défiance à l’issue d’une campagne marquée par la désunion à droite où les listes de Valérie Boyer, sortante LR, et d’Hervé Granier, maire LR de Gardanne concurrencent celle conduite par Brigitte Devésa la sortante UDI avec le président de Région en deuxième position.

    « Je crois que le président Larcher n’a guère apprécié les prises de position Facebook de Brigitte Devésa sur les sénatoriales du Var où elle a soutenu en quelques jours la liste UDI puis la liste LR », souffle un proche d’une liste concurrente considérant que « les Bouches-du-Rhône, c’est un terrain miné, surtout depuis que Bruno Retailleau soutient à titre personnel Valérie Boyer. Gérard Larcher n’a pas voulu mettre les pieds dans la boue ».

    Le logo Renaissance est-il un repoussoir ?

    Dans l’entourage de Renaud Muselier on estime que « ces murmures sont de vastes conneries » en brandissant une lettre signée de la main de Gérard Larcher, « adressée à Brigitte Devésa et Renaud Muselier dans laquelle il explique son empêchement et confirme le soutien de la majorité sénatoriale et son soutien personnel à leur liste ».

    Parallèlement, depuis quelques jours, des grands électeurs ont reçu une lettre dans laquelle Valérie Boyer qui fait campagne en tant que « représentante de la vraie droite » est décrite comme plus que complaisante avec le macronisme.

    « Je ne sais pas d’où ça vient, peut-être de l’extrême droite », confie un élu centriste qui regrette, pour sa part, que le président de Région n’affiche pas l’étiquette Renaissance sur son bulletin de vote. « Pour moi ce n’est pas un repoussoir », déplore-t-il.

    Hervé Granier, ostensiblement poussé par la très macroniste Sabrina Roubache, se garde d’afficher toute appartenance partisane sur son matériel de campagne. « Je veux porter la voix des maires », martèle-t-il à l’envi.

    Valérie Boyer, quant à elle, arbore le logo LR alors même que la commission nationale d’investiture de son parti et la fédération LR des Bouches-du-Rhône soutiennent le tandem Devésa-Muselier. Pour ne rien arranger à la confusion, Catherine Pila, la rivale malheureuse de Ludovic Perney lors des élections internes à la présidence de LR 13 figure sur la liste de… Valérie Boyer. « Si Valérie fait son siège, Ludovic Perney devra rendre des comptes », prévient-on dans l’entourage de la sénatrice.

    L’annonce de la suppression de la gratuité des transports dans l’ex-Pays d’Aubagne par Nicolas Isnard le président LR de la Métropole, sans concertation avec les maires concernés, n’aide pas à éclaircir l’horizon. « Je soutiens la liste conduite par Brigitte Devésa et Renaud Muselier. Pour autant, j’ai beaucoup de sympathies pour nombre de candidats qui se présentent à cette élection aussi. Que le meilleur gagne dimanche », déclare-t-il. Sur la liste Devésa-Muselier, Véronique Miquelly, maire d’Auriol, commune touchée par l’abandon de la gratuité figure… en troisième position. « Ce choix aurait pu être évité ou au moins temporisé si chacun avait pris ses responsabilités lors du dernier conseil métropolitain à commencer par MM. Payan et Squillari », rétorque un soutien de la liste en question.

    Quelles conséquences sur les sénatoriales ? Verdict dimanche.

  • L’ère Zinédine Zidane s’ouvre en Turquie

    L’ère Zinédine Zidane s’ouvre en Turquie

    Un nouveau chapitre de l’histoire de l’équipe de France s’ouvre, ce vendredi en Turquie, en Ligue des nations, avec les débuts de Zinédine Zidane au poste de sélectionneur. Un défi de taille pour l’icône du sport tricolore après les 14 longues années de l’ère Didier Deschamps. C’est à Izmit, ville de la province de Kocaeli située à une centaine de kilomètres à l’est d’Istanbul, que l’ex-meneur de jeu inaugurera son mandat à la tête des Bleus, accompagné par de fortes attentes dues à son statut de légende du ballon rond et une expérience réussie sur le banc du Real Madrid (2016-2018, 2019-2021), couronnée d’un triplé en Ligue des champions.

    Obnubilé par son envie de diriger coûte que coûte l’équipe de France, Zidane a dû faire preuve de patience, refusant tout autre projet depuis son départ de la « Maison Blanche ». L’émotion sera donc présente au moment du coup d’envoi pour celui dont le dernier match en tant que technicien remonte au 22 mai 2021 et sur qui les projecteurs seront principalement braqués. Le Ballon d’Or 1998, âgé de 54 ans, hérite d’un groupe qui sort d’une Coupe du monde au goût d’inachevé avec une défaite amère en demi-finales face à l’Espagne (2-0), future lauréate de l’épreuve, après avoir enchanté le tournoi par son jeu résolument tourné l’avant. L’ancien capitaine français ne part donc pas d’une page blanche.

    Il sait également la difficulté qu’il y a à succéder à un technicien nanti d’un palmarès incomparable en bleu (titres au Mondial-2018 et en Ligue des nations 2021, finales de l’Euro-2016 et du Mondial-2022). Mais il n’est sûrement pas venu pour marcher simplement sur les pas de son prédécesseur et voudra d’emblée imposer son style. « On va faire différemment. DD, c’est DD, (Laurent) Blanc, c’était Blanc, Zizou c’est Zizou. Je vais faire ce que je sais faire », a-t-il lancé le 28 juillet, le jour de sa nomination.

    Vers un 4-3-3

    Les premiers entraînements à Clairefontaine ont d’ores et déjà fourni quelques clés concernant ses futures intentions. Un changement de système et un passage au 4-3-3 s’esquissent pour tirer un trait sur le 4-2-3-1 bâti par Deschamps dans l’optique du Mondial-2026. Mais c’est le nouveau positionnement de Kylian Mbappé qui devrait nourrir les débats des prochaines semaines. Après s’être imposé comme l’avant-centre des Bleus depuis l’Euro-2024, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France (66 buts) devrait être replacé sur le côté gauche, là où il a longtemps officié avant de basculer en pointe.

    S’il a été confirmé dans son rôle de capitaine, l’attaquant du Real Madrid, en pleine campagne médiatique pour l’obtention du Ballon d’Or, doit retrouver des sensations d’ailier, même s’il sera sans doute amené à permuter avec ses deux compères offensifs, Ousmane Dembélé et Michael Olise.

    Face à des Turcs éliminés au premier tour de la Coupe du monde et dirigés par l’ex-attaquant italien Vincenzo Montella, les Bleus seront largement favoris. Mais le contexte particulier et le nouvel environnement à apprivoiser pour les joueurs (sélectionneur, staff, schéma tactique) seront des données non négligeables à gérer. Pour Zidane et sa troupe, le plus dur commence.

    Ibrahima Konaté forfait, première pour Leny Yoro

    Après Warren Zaïre-Emery et Robin Risser, Ibrahima Konaté doit à nouveau déclarer forfait pour le premier rassemblement de l’ère Zidane. Le nouveau joueur du Real Madrid souffre d’une légère entorse au genou droit et retourne donc dans son club.

    Pour le remplacer, une autre nouveauté de la part de Zinédine Zidane. Dans un premier temps sélectionné avec les Espoirs, le défenseur central Leny Yoro (20 ans) monte d’un cran. Le Red Devil, formé à Lille, n’avait pas encore été appelé avec les A. La saison dernière, il avait pris part à 32 rencontres de Premier League avec Manchester United.

  • [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    [Entretien] Olivier Faure : « Pour la droite, la question salariale n’existe pas »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous de ce premier débat ?

    Olivier Faure : La primaire est lancée, il y aura deux autres débats, et l’audience de près de 4,6 millions de spectateurs en cumulé, montre un intérêt pour le choix du candidat socialiste. J’attends les prochains rendez-vous avec impatience pour continuer à dérouler mes propositions.

    Les échanges ont révélé des divergences sur LFI, l’Ukraine, la Palestine… Elles sont compatibles avec cette candidature commune ?

    O. F. : Je ne désespère pas de convaincre ceux qui ne partagent pas encore mon point de vue. Mais les perdants se sont engagés à se retirer et se ranger derrière celui qui l’a emporté.

    Selon l’issue ce sera compliqué de réunir les gauches aux législatives ?

    O. F. : Le Parti socialiste décidera seul de ce qu’il fait aux législatives. Aucun point de vue extérieur ne s’impose à nous. Personne ne connaît le contexte des législatives après la présidentielle. La question sera tranchée le moment venu. Moi je me bats pour la victoire.

    Vous défendez le rassemblement des gauches tout en prenant vos distances avec Jean-Luc Mélenchon. Où placez-vous cette ligne rouge ?

    O. F. : Je suis candidat à la présidence de la République. Je suis en concurrence avec Jean-Luc Mélenchon. Mais contrairement à Raphaël Glucksmann ou Jérôme Guedj je ne passe pas ma vie à me définir par rapport à lui. Il n’est pas candidat à notre primaire. Le moment venu lorsque j’aurai gagné la primaire j’assumerai les désaccords de fond qui justifient une candidature distincte de la sienne. Sur son deux poids deux mesures, quand il est un soutien du peuple palestinien – et je partage cette nécessité par rapport à l’obligation morale de prévention des génocides – mais soutient du bout des lèvres la résistance ukrainienne, le peuple Ouïghour ou Taïwanais. Je pourrais multiplier les exemples comme lorsqu’il rentre dans des logiques complotistes et antisémites en prétendant que le gouvernement est sous l’emprise du Crif, lorsqu’il évoque une nécessaire bifurcation écologique mais veut rouvrir le gazoduc Nord Stream avec la Russie…

    Ces divergences ont remplacé les questions économiques qui opposent les candidats de la primaire ?

    O. F. : Non, il y a d’autres sujets qui n’ont pas pu être évoqués. Je ne comprends pas que lorsqu’on parle de pouvoir d’achat, un homme de gauche se confonde avec ce que propose la droite. Pour la droite, la question salariale n’existe pas : si le pouvoir d’achat baisse, il faut se tourner exclusivement vers l’État, soit en baissant les impôts de ceux qui en payent, soit en rapprochant le net du brut. Mais c’est la retraite du salarié, sa protection contre la maladie ou le chômage qu’on atrophie. C’est aux entreprises d’augmenter les salaires et je plaide pour un salaire anti-inflation garanti, indexé sur l’inflation jusqu’au salaire médian.

    L’État, lui, doit agir sur le reste à vivre. C’est les politiques en faveur du logement notamment. Nous devons redonner un souffle au mouvement HLM et protéger les locataires en mettant en place un bouclier logement qui permette de ne jamais consacrer plus de 30% de ses revenus à son loyer. Ça suppose d’encadrer les loyers et le foncier. Et puis, sur le plan de l’alimentation, je plaide pour une Sécurité sociale alimentaire.

    Quelle mesure vous distingue le mieux de Raphaël Glucksmann ?

    O. F. : Je ne cherche pas à me distinguer mais à affirmer des positions et être un repère fiable et clair. Sur l’abrogation de la réforme Borne, je suis clair. Sur le Smic je dis qu’il faut le porter à 1 700 euros net. Je refuse la TVA sociale. Je ne pratique pas les doubles standards. Sur Gaza, il y a une faute morale à ne pas nommer un génocide alors que nous avons ensemble plaidé la reconnaissance du génocide des Ouïghours.

    Un dernier mot sur votre déplacement à Marseille ?

    O. F. : Je viens participer à un débat présidentiel au Vélodrome sur l’intelligence artificielle. C’est un des plus grands défis – avec la lutte contre le dérèglement climatique – que l’humanité doit affronter depuis Adam et Ève. Nous avons besoin de l’encadrer. Elle a des conséquences sur nos vies, notre travail, la création et la destruction d’emplois, notre démocratie, notre environnement. Puisque le pape Léon XIV est en France, il faut lire son encyclique, Magnifica Humanitas, où il dénonce la concentration des pouvoirs entre les mains d’acteurs privés transnationaux qui redéfinissent seuls les conditions d’accès à la vie publique. Il a lui-même appelé à désarmer l’intelligence artificielle, à la soustraire du monopole et à l’empêcher de dominer l’humain. Nous en sommes là. Ne laissons pas à quelques démiurges le choix de notre destin.

  • Fibre Excellence : un dossier brûlant pour la filière bois

    Fibre Excellence : un dossier brûlant pour la filière bois

    « Fibre Excellence Provence est notre principal client, nous perdons un débouché majeur », alerte Nathalie Friboulet, à la tête de Soprobois et présidente de la FNB Paca qui représente « des centaines de petites et moyennes entreprises de l’industrie forestière ». Que faire du bois ? Ou plus exactement du 1,2 million de tonnes qui approvisionnait Tarascon chaque année. C’est à ce casse-tête que les acteurs de la filière bois de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’Occitanie et de Sud Auvergne-Rhône-Alpes sont confrontés depuis la fermeture du site.

    Entrepreneurs, exploitants, scieries, forestiers publics et privés, transporteurs, soit « 5 000 emplois non délocalisables qui font vivre les territoires ruraux », c’est toute la chaîne de production qui se retrouve mise à mal par ce tomber de rideau sur l’usine de pâte à papier. Une situation que la présidente de la FNB Paca qualifie de « dramatique » et à laquelle ces acteurs ne trouvent aujourd’hui pas de réponse. « Nous avons beau chercher. Comment reporter les volumes ailleurs ? Les autres industries sont déjà saturées. » Dans sa seule entreprise tous les produits récoltés sont commercialisés sur les mêmes secteurs, dans une logique de circuits courts et de valorisation optimale des bois « selon la hiérarchie des usages en cascade ». Faudra-t-il aller chercher des solutions hors du territoire au risque de faire grimper le prix des kilomètres de transport ? « Nous avons interpellé le préfet pour obtenir une révision du plan d’approvisionnement de GazelEnergie à Gardanne qui est très strictement encadré, explique Nathalie Triboulet, sachant que ça ne suffira absolument pas à tout absorber. » Une inquiétude d’autant plus justifiée que l’été, particulièrement meurtrier pour les forêts, augmente considérablement ces volumes.

    Le bois stocké en vente

    Alors que les factures et crédits continuent de tomber et que les craintes pèsent sur l’emploi dans tout l’amont de la forêt, la situation avec le liquidateur de Fibre Excellence est tendue. « Nous avons à la fois perdu un débouché primordial et de l’argent depuis avril car nous avons encore une partie des volumes bloquée sur le site qui ne nous a pas été payée », explique la représentante du syndicat. Une procédure de clause de propriété est pendante. « Mais les liquidateurs ont fait reporter l’audience. Et on a peur qu’ils ne vendent notre bois. » Une crainte malheureusement fondée au regard de l’appel d’offres publié par Selas Egide le 18 septembre pour « 5 600 tonnes de rondins, 12 000 tonnes de plaquettes et 2 000 tonnes d’écorces » que nous avons consulté.

  • À Manosque, Thélyson Orélien tente de passer au-delà de la polémique

    À Manosque, Thélyson Orélien tente de passer au-delà de la polémique

    Le public n’a pu questionner ou faire dédicacer ses livres, comme il en est d’ordinaire coutume au festival littéraire des Correspondances de Manosque, lors de la rencontre organisée avec l’auteur Thélyson Orélien, en plein cœur d’une polémique, accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle et d’avoir plagié d’autres textes. Cela a été le premier sujet abordé et expédié par la modératrice, Maya Michalon : « Toute l’équipe du festival est informée de la polémique qui agite les médias concernant le livre de Thélyson Orélien et l’IA. On va mettre cette polémique dans un sac plastique, la laisser sur le côté, et parler de littérature avec notre intelligence naturelle », a-t-elle annoncé d’office. À sa sortie de scène, l’écrivain a été très rapidement exfiltré, refusant toute dédicace ou discussion avec les lecteurs pour éviter toute polémique, malgré l’insistance et la déception des spectateurs. Son équipe faisait signe aux journalistes de ne pas le prendre en photo à son arrivée.

    De nouvelles accusations de plagiat

    Jeudi, avant de monter sur scène, Thélyson Orélien a dénoncé auprès de l’AFP une « volonté de le faire taire ». Il est apparu très fatigué et affecté par le scandale, « dévasté » face à « une telle violence », selon le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson. « Il n’a pas réussi à prononcer un mot pendant un quart d’heure en arrivant. Il était sur le point d’annuler et de rentrer car il n’avait plus la force », relate-t-il. En réaction aux nouvelles accusations de plagiat visant l’écrivain depuis mercredi soir, le codirecteur a dénoncé un « amalgame facile ». « Peut-être a-t-il déconné quand il était jeune en faisant des emprunts », a-t-il supposé. Mais, « si c’était quand il avait 24 ans, cela mérite d’être pardonné ».

    Ces allégations de plagiat au Canada pour des textes publiés il y a plus de dix ans se sont ajoutées mercredi soir aux accusations d’utilisation de l’IA. Le quotidien québécois La Presse a indiqué avoir constaté qu’une des chroniques de Thélyson Orélien publiée en 2013 était dans sa « quasi-totalité » une « traduction légèrement remaniée » d’un article diffusé quelques jours plus tôt par le journal philippin The Philippine Star. Avec le groupe audiovisuel public Radio-Canada, ils évoquent aussi d’autres textes contenant des passages plagiés, publiés par l’écrivain notamment dans le HuffPost Québec ou sur des blogs. Radio-Canada indique par ailleurs qu’une nouvelle de Thélyson Orélien, ayant remporté un prix décerné par le groupe public dans les années 2010, contient des phrases tirées du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960.

    Concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle, Olivier Chaudenson maintient son « envie de penser que c’est faux ». « Peut-être a-t-il utilisé l’IA comme outil », mais « je ne crois pas que le livre soit une production globale de l’IA », a-t-il avancé.

    Auteur de l’un des best-sellers de la rentrée, le romancier de 38 ans a remporté lundi le prix du roman Fnac et figure dans les sélections de plusieurs autres récompenses comme le Goncourt. « Par rapport à tout ce qui se passe dans l’actualité, je suis prêt à m’exprimer quand tout sera calme », a-t-il expliqué à l’AFP avant de monter sur scène, dénonçant une « volonté, non seulement d’attaquer le livre, mais surtout ma voix (…), de me faire taire ». « Je préfère donc prendre un peu de recul et attendre que tout se calme », a-t-il conclu. Mardi, auprès de Libération, il avait rejeté les accusations et indiqué être « en train de constituer un dossier » avec ses éditeurs « pour prouver » qu’il a écrit l’ouvrage de sa main.