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  • Bidonvilles : « Montpellier se distingue positivement, mais il reste des freins »

    Bidonvilles : « Montpellier se distingue positivement, mais il reste des freins »

    Sur le modèle du bidonville de Celleneuve -l’un des plus gros de France-, dont les 165 habitants ont été accueillis, durant deux ans, au village de transition de la Rauze avant que 105 d’entre eux ne soient relogés en mai 2024, le bidonville dit de la Jasse de Maurin, situé avenue de Maurin à Montpellier, a été expulsé le 28 août. Cette nouvelle résorption est la première à se dérouler dans le cadre de la stratégie partenariale scellée par une convention signée en mai dernier entre l’État, la Ville de Montpellier et la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) visant à mettre à l’abri, dans les 10 prochaines années, 163 ménages, soit 511 personnes, occupant 13 bidonvilles sur le territoire de la Métropole.

    Installé à l’automne 2022, le bidonville de la Jasse de Maurin était situé sur un terrain
    inondable appartenant à la Métropole. Laquelle, face aux risques encourus, a enclenché en septembre 2023 une procédure d’expulsion. Les 91 personnes recensées se sont vues proposer des solutions de relogement : « 5 personnes en accès logement, 27 personnes hébergées sur l’ancienne auberge de jeunesse [mise à disposition de l’Association quatorze par la Ville pour un projet d’hébergement temporaire, Ndlr],
    42
     personnes hébergées par l’État, 3 par le conseil départemental, 14 ont trouvé d’autres solutions », énumèrent Ville et préfecture.

    « Ce qu’il se passe à Montpellier se distingue positivement de ce qui se fait ailleurs en France, où ont surtout lieu des expulsions sèches », souligne José Lagorce, directeur de l’association Area, chargée de l’accompagnement des résidents sur le site de la Jasse de Maurin. « On note les efforts qui ont été faits ainsi que la difficulté, pour les différentes institutions, de trouver des solutions adaptées. » Pour autant, estime-t-il, « il reste de nombreux freins » au succès réel de ces processus de résorption.

    13 personnes à la rue

    À commencer par « le principe de la liste : comme à Celleneuve, toutes les personnes arrivées après une date donnée -le 28 février pour le bidonville de Maurin- n’ont pas été recensées et donc prises en compte dans le cadre de la résorption. Si bien que 5 ménages, soit 13 personnes, se retrouvent aujourd’hui à la rue », explique José Lagorce.

    « Imposer une date butoir, pour peu que les personnes ne soient pas là dans les bonnes périodes, c’est les contraindre ensuite à davantage de précarisation », dénonce-t-il. « Cette idée d’une date fixe qui vient sanctionner ceux qui sont légitimes et les autres est quelque chose qui ne rentre pas dans l’éthique et la conception du travail social. Quand on se retrouve le jour de l’expulsion avec des familles sans solution, pour certaines avec des enfants, c’est complexe à gérer. On nous a dit : ils relèveront du droit commun, sauf que le droit commun est embouteillé. Le 115, les nuitées hôtelières : il n’y en a plus », dénonce le directeur d’Area.

    Cette pénurie dans le logement et l’hébergement -d’urgence ou d’insertion- « induit des conditionnalités d’accueil sur des dispositifs normalement inconditionnels. Tout ça ferme des portes et accroît les risques d’inadaptation de la proposition à la situation des personnes », estime José Lagorce. « On a un grand nombre de familles qui, quand elles rentrent sur des dispositifs non adaptés, finissent par en ressortir et recréer des bidonvilles. Une partie des habitants de l’avenue de Maurin avaient par exemple déjà connu des processus d’expulsion, y compris celui de Celleneuve. Le discours induit, c’est : ça ne sert à rien de créer des dispositifs particuliers car ils n’en veulent pas. Mais non, c’est juste qu’il y a une inadaptation de l’offre à la situation que vivent les personnes. Il faut penser les dispositifs de façon plus souple, plus globale », insiste-t-il.

    « Le besoin, ce n’est pas simplement un toit. Un bidonville est un espace de vie mais c’est aussi un espace de travail. On y travaille la ferraille, les voitures, l’écoreyclage, il y a des biffins. C’est un espace qui permet aux habitants, avant qu’ils ne puissent accéder à de l’emploi, de subvenir à leurs besoins sans tomber dans de l’assistance. Il faut donc mettre en place des espaces où ils pourront pratiquer cette économie populaire, laquelle va leur permettre, petit à petit, d’aller vers l’insertion socio-professionnelle grâce à l’accompagnement social qui va être mis en place. Ce projet d’un terrain de travail est quelque chose qu’Area a porté dès le départ sur le travail de résorption du bidonville de Maurin. Le maire de Montpellier a finalement donné son accord de principe quelques semaines avant l’expulsion. Ce sera donc sûrement pour les prochaines résorptions », espère José Lagorce.

    Selon le préfet de l’Hérault, il reste actuellement « 441 personnes dans 12 bidonvilles à Montpellier ». La prochaine résorption pourrait concerner le bidonville de Bonnier de la Mosson. Le terrain évacué avenue de Maurin sera, quant à lui, dans un premier temps « nettoyé et enroché afin d’éviter toute nouvelle occupation irrégulière », font savoir la Ville et la préfecture, avant que n’y soient aménagés, à terme, « un bassin d’écrêtement des crues et un parc ».

  • « Le blocage, c’est notre seule arme »

    « Le blocage, c’est notre seule arme »

    Ils étaient une vingtaine début août, ils sont désormais plus de 300. Étudiants, chômeurs, salariés… Syndicalistes, gilets jaunes, apolitiques, ou rien de tout ça. Chaque mardi, ils sont de plus en plus nombreux à se regrouper sur les marches du Corum, à Montpellier, pour organiser la riposte contre la casse sociale et l’austérité programmée par le Premier ministre François Bayrou, et « tout bloquer ».

    « Il faut s’engager sur une action pour tracter et créer des affiches. Il faut communiquer, la masse montpelliéraine n’est pas encore au courant. Si on ne leur dit pas on va se retrouver tout seuls ! », prévient Daniel en début d’AG. Pour lui, hors de question de laisser « le carnaval de Bayrou » et son vote de confiance freiner l’expression de ce « ras le bol populaire ». Dans la foulée, un autre abonde : « Je suis content de voir que tout le monde est “déter”! Derrière Bayrou et le gouvernement, il y a le patronat qui s’enrichit sur notre dos. Il faut arriver à créer des collectifs de lutte dans un max d’entreprises », argue-t-il.

    Sur les marches du Corum le 26 août, un volontaire prend les tours de parole ; un autre s’occupe du compte rendu ; une autre encore organise le groupe Signal qui permettra de drainer toutes les infos du mouvement local. On évoque aussi l’éventualité de monter une caisse de participation pour l’impression des tracts, ainsi qu’un appel aux dons pour alimenter la cantine populaire qui devrait nourrir les manifestants et les préposés aux barrages filtrants, tels qu’ils et elles les imaginent déjà pour le jour J. Sur les marches également, un militant a mis en libre-service des manuels pour guider les manifestants en cas de garde à vue.

    « Je voulais évoquer deux idées, avance encore un militant au micro. Si on veut bloquer l’économie, il faut viser la production et les transports ! Deuxième chose : il faut qu’on arrive à se compter, pour se donner de la force et de la catharsis… Il va donc falloir prévoir une AG le 10, et organiser la suite  : le 11, le 12 etc. »

    Tout au long de ce début de soirée, la question de l’indépendance de ce mouvement social est revenue à plusieurs reprises, comme un leitmotiv. « Jusqu’à présent, si on a décidé de s’organiser sans chef, c’est pour ne pas ressembler aux partis ou aux syndicats  », lâche un ex-gilet jaune au micro. « Il faut sortir des manifestations à pancartes. Ce qui nous manque, c’est une petite étincelle, un brin de folie, un petit truc en plus qui fait que cette fois c’est différent. Un truc qui fait que ça va marcher », espère un étudiant.

    Depuis les prémices de l’appel à tout bloquer, qui remonte approximativement au printemps dernier, le mouvement a pris de l’ampleur. Horizontal, populaire, multiforme et libre de toute appartenance politique, il a clairement déplacé son curseur vers la gauche depuis les premiers appels issus des sphères conspirationnistes et souverainistes. Désormais, sur Telegram, les militants des groupes d’Occitanie y causent aussi écologie, antiracisme et féminisme… Rassurés par la vague populaire et les valeurs véhiculées lors des premières AG, au fil de l’été, de nombreux mouvements de gauche ont donc soutenu l’appel, comme LFI, le PCF, les socialistes, les écologistes, mais aussi les syndicats CGT, FSU, et Solidaires, seule organisation à appeler à la grève ce jour-là…

    « L’extrême droite n’a rien
    à faire
    dans nos mouvements »

    Présents dans l’AG, nombre de ses militants ont tenu à apporter leur soutien au groupe sans badge ni drapeaux, et à se mettre à disposition de la mobilisation. « Le syndicat n’est pas un métier, c’est un outil », a rappelé une militante de Sud Collectivités territoriales. « On ne pourra pas faire l’économie de se réunir tous ensemble à un moment donné. La manifestation est nécessaire, ne serait-ce que pour se compter », a ajouté un représentant de Sud éducation, avant d’appeler à la vigilance vis-à-vis de l’extrême droite. « Ils n’ont rien à faire dans nos mouvements. Eux, ils sont avec les bourgeois et les racistes ! »

    En marge de l’AG, Barnabé* soupire : « Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est le blocage. C’est la seule arme des travailleurs et des sans-emploi. » Membre actif des Gilets jaunes du rond-point de Prés d’Arène, Daniel abonde : « Il faut qu’on arrive à montrer au gouvernement notre colère et notre mal-être… » Pourtant, à la question de savoir s’il a espoir de voir le mouvement arriver à ses fins, il reste sceptique. « Je suis quelqu’un qui agit sans espoir, mais je n’ai pas d’autre solution. »

    * Prénom d’emprunt.

    À Montpellier, l’appel du 10 septembre prévoit des blocages autoroutiers, une manifestation à 11h place de la Comédie, et une AG qui devrait se dérouler dans le courant de l’après-midi pour organiser l’avenir du mouvement.

    À Nîmes, un rassemblement
    est prévu le 10
     septembre, à 7h au stade des Costières, pour organiser les différentes actions. La manifestation devrait ensuite démarrer à 14h devant le taureau de l’avenue Jean-Jaurès.

  • Les oppositions misent sur une stratégie d’union pour les municipales

    Les oppositions misent sur une stratégie d’union pour les municipales

    Les oppositions misent, elles aussi, sur l’union pour les municipales de 2026. Les groupes Agissons ensemble, mené par François Berga, conseiller municipal d’opposition et Une Dynamique pour Lambesc, dirigé par Jean-Michel Carretero, lui aussi dans l’opposition, annoncent la création d’une liste commune : Lambesc en tête.

    « Ce choix responsable s’est construit en conscience, tout au long d’un mandat », expliquent les alliés, dans un communiqué commun. Selon eux, les convergences de votes ont été nombreuses « face à un maire conservateur et autoritariste ». Leur union vise à « mettre un coup d’arrêt à cette conception sans partage de l’exercice du pouvoir » et à dénoncer « le développement urbain débridé » qui marquerait le bilan de la majorité sortante. La nouvelle liste, conduite par François Berga, « en rupture avec ce passé pesant, a pour objectif majeur de répondre aux fortes attentes de changement ». Elle devrait incarner « une alternative de progrès social, démocratique, écologique et culturel », adossée « aux valeurs d’humanisme » et aux « principes républicains ».

    Le maire sortant, Bernard Ramond, ne briguera pas de nouveau mandat, mais sa première adjointe, Claire Blanc, portera une liste concurrente. Les opposants pointent déjà, selon eux, un risque « fort d’alliance entre Claire Blanc et l’extrême droite », rappelant « le soutien stratégique que Ramond a apporté au député RN de la 15e circonscription des Bouches-du-Rhône ». La nouvelle liste appelle désormais « tous ceux qui se reconnaissent dans notre démarche à nous rejoindre ».

  • Une partie de la gauche liste ses priorités pour 2026

    Une partie de la gauche liste ses priorités pour 2026

    En cette rentrée, l’ordre de bataille de la gauche gardannaise se précise. Dans un communiqué publié ce lundi matin, le Collectif citoyen Gardanne-Biver (CCGB) et le Parti communiste français (PCF) dévoilent conjointement leurs propositions et engagements en vue des élections municipales de 2026. Le tout s’inscrit dans « un appel renouvelé à l’union de la gauche ».

    Pour rappel, en avril dernier, Claude Jorda (CCGB) et Jean-Marc la Piana (DVG), candidats malheureux aux municipales de 2020, ont annoncé unir leurs forces pour travailler à l’élaboration d’un programme commun et faire liste commune. Soutenus par les sections locales du PCF, de LFI, mais aussi des écologistes (EELV).

    Interrogée sur l’absence des autres signataires dans les propositions publiées, Amélie Barbey, cheffe de file du PCF, précise : « Ce sont les idées que nous [chefs de file PCF et CCGB, Ndlr] entendons mettre en œuvre dans une union de la gauche. Les autres auront certainement d’autres propositions. On maintient chevillée au corps notre envie de travailler à cette union. »

    Co-construire un projet

    Selon la cheffe de file, « quelques réunions, qui se sont bien passées », ont été tenues, cet été, entre les différents représentants de la gauche. « C’est une prémisse qui permet d’avancer, appeler les autres forces politiques à se regrouper pour une liste d’union. On continue de se rencontrer, mais c’est une avant-première avant une future probable union de la gauche. On relance la machine », soutient Jimmy Bessaih, chef de file CCGB.

    Concernant les propositions listées par le CCGB et le PCF, la priorité reste de mettre « les citoyens au cœur de la démarche », indiquent leurs chefs de file, qui proposent « la co-construction de projets avec les habitants », ou encore la « mise en place de conseils de quartiers ». Second axe mis en avant, une mobilisation pour « la protection sociale », en proposant notamment la défense de centres de santé mutualistes, faire en sorte que les CCAS et missions locales « puissent exercer leurs missions avec les moyens adéquats », « lutter à la Métropole pour des transports à hauteur des Gardannais », mais aussi « lutter au quotidien avec les services et associations » contre toute forme de discrimination. Est aussi mise en avant la « promotion du vivre-ensemble », dans une ville menacée « de devenir une cité-dortoir ». En défendant entre autres les services publics. « Ce projet est collectif, il sera réalisé avec l’ensemble des citoyens. L’exact opposé de la “Smart City” qu’entendait mettre en place la majorité actuelle », concluent les chefs de file.

  • Dans le sillage de Lumexplore, images et récits d’une planète en mutation

    Dans le sillage de Lumexplore, images et récits d’une planète en mutation

    Le photographe, plongeur et biologiste naturaliste Laurent Ballesta. L’astrophysicien Jean-Pierre Luminet. L’astronaute Jean-François Clervoy. Ivan Griboval, navigateur autour du monde (…). Lumexplore, initié et organisé par la Ciotadenne Vera Frossard, porté par la prestigieuse Société des Explorateurs Français, en partenariat avec l’association Les Lumières de l’Eden et la Ville de La Ciotat, s’apprête, à nouveau, à accoster à La Ciotat. Au premier sens du terme. Tout illuminée, mardi soir, la goélette « Expédition 7e continent » fera en effet son entrée dans le Port-Vieux.

    Non, tout n’est pas foutu

    Basé « sur l’échange du réalisateur ou d’un invité avec le public », renseigne Lili Le Gall, directrice adjointe de Lumexplore, le festival* « présente 12 films en compétition et 18 hors compétition ». Si l’essentiel des longs-métrages est diffusé au cinéma l’Eden théâtre, « plus vieux cinéma du monde », un petit hors les murs est programmé à la médiathèque Simone-Veil. Autre nouveauté : en plus de la goélette, le public pourra visiter le catamaran Love the Ocean et le voilier Jonathan III, quai Berouard.

    Divers univers sont à découvrir. Monde sous-marin avec Cap Corse, le mystère des anneaux, archéologie avec Liban, les secrets de Byblos, préhistoire avec Chauvet, voyages aux origines, film sur l’une des plus belles grottes ornées au monde découverte il y a trente ans dans le sud de l’Ardèche, films sur des animaux, sur l’agriculture… à noter que le 10 septembre, le festival programme une « journée de la mer », avec entrée gratuite à toutes les séances.

    « Les films sélectionnés à Lumexplore posent une question, tentent d’y répondre, avec une réponse porteuse d’espoir », commente Lili Le Gall.Par exemple, le film Plastic Odyssey 2, diffusé le 12, relate le périple du navire qui a voyagé pendant trois ans autour du monde, le long des côtes les plus frappées par la pollution plastique. à son bord, de jeunes marins, des ingénieurs, des scientifiques qui imaginent des solutions concrètes et simples à mettre en œuvre pour transformer les déchets plastiques en une ressource pour les populations. De même, Sols couverts d’espoir, diffusé le 13, donne à voir les solutions de paysans européens pour régénérer les sols, restaurer la biodiversité et préserver l’eau.

    « Lumexplore a une vocation, celle d’éclairer la jeune génération sur le monde qui l’entoure », complète Lili Le Gall. Lumexplore junior a sélectionné 7 films réalisés par des collégiens et lycéens du monde entier. Une dizaine de jeunes ont été invités. La relève est assurée.

    * Tarif une séance : 3 euros, 12 euros la journée, 40 euros les six jours. Au cinéma l’Eden théâtre.

  • « Il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins »

    « Il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins »

    Entretien

    La Marseillaise : L’interdiction du thon dans les cantines est-elle une bonne idée ?

    Daniela Banaru : Tout comme l’espadon, ou le requin, le thon est un grand prédateur qui se trouve tout en haut de la chaîne alimentaire. Plus tu es au sommet de la chaîne, plus il y a des chances que tu accumules des contaminants, dont le mercure. Mais, ce n’est pas le seul, il y a aussi des polychlorobiphényles (PCB), des Pfas ou encore des pesticides. Et on ne connaît pas l’effet cocktail.

    Pourquoi le mercure est-il dangereux ?

    D.B. : Depuis la pollution accidentelle au mercure en mer à Minamata, au Japon, on sait que c’est un neurotoxique. Les conséquences vont être très importantes au niveau du système nerveux pour les fœtus et les enfants. C’est là le véritable danger. Mais, il ne faut pas affoler la population par rapport aux produits marins, car on en tire aussi énormément de bénéfices. Il faut juste faire attention à l’âge. Anses, OMS, Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et d’autres organismes scientifiques nous disent qu’il faut en manger pour les acides gras essentiel, les protéines, les vitamines B12 ou encore le potassium et de magnésium. Il ne faut pas oublier ça. C’est la balance bénéfice-risque qu’il faut regarder.

    Comment faire le tri ?

    D.B. : Si l’on n’est pas biologiste marin (rire), il faut tenir compte des recommandations. Taille, âge, poids ou quantité, les risques prennent en compte différents critères d’une population, mais aussi le lieu d’habitation. Par exemple, en zone côtière, on mange davantage de poissons. Pour les enfants, on sait qu’il y a un risque. Le mercure en mer, naturellement présent, est transformé en méthyl mercure, c’est lui qui est toxique. L’activité humaine (dans l’industrie par exemple) augmente ses concentrations au-delà du normal.

    Qu’en est-il en Méditerranée ?

    D.B. : Le mercure est un peu plus élevé car la Méditerranée est une mer pauvre, les cellules vivantes sont très petites, la bioconcentration est accrue. Les thons sont tout en haut de la chaîne alimentaire et ce sont des gros mangeurs, jusqu’à 30% de leur poids par jour.

    Quel poisson peut-on manger alors ?

    D.B. : Les seuils de surveillance fixés par l’Europe sont différents pour les grands prédateurs et les autres espèces. En ce qui concerne les femmes enceintes et les enfants, il faut manger d’autres poissons que le thon. Avec mon laboratoire, nous avons étudié et donné à la Mairie une liste de 263 espèces comestibles sur nos côtes. Il faut manger d’autres espèces, plus bas dans la chaîne alimentaire. Il ne faut pas céder dans la psychose.

  • L’opposition de gauche étrille le bilan Bompard

    L’opposition de gauche étrille le bilan Bompard

    Ce n’est pas encore pour aborder les municipales (15 et 22 mars) que Fabienne Haloui (PCF) et Patrick Savignan (DVG) ont reçu la presse, ce lundi. Les conseillers municipaux d’opposition ont encore une demi-année de mandat avant le nouveau scrutin. Certes, Fabienne Haloui confirme qu’elle ne se représentera pas malgré « les esprits tourmentés de juillet ». Allusion à la tentative avortée de créer une large et unique liste républicaine pour tenter de déloger l’extrême droite du clan Bompard et son maire, Yann (Ligue du sud), aux manettes depuis 30 ans. Quant à Patrick Savignan, il insiste sur le fait que le collectif Tous Orangeois, créé pour l’occasion en mars, continue d’exister.

    C’est donc en tant qu’opposants municipaux que les élus de gauche ont étrillé le bilan du maire et ses récentes actions. Un premier magistrat qui, comme son père Jacques, pourrait être empêché par la justice de se présenter. Yann Bompard ainsi que la députée RN et conseillère municipale Marie-France Lorho, seront jugés du 17 au 19 décembre à Marseille pour détournement de fonds publics, risquant l’inéligibilité.

    Une gestion « atypique » pour de mauvaises raisons

    Face au contexte national, « les services publics, la santé et la façon dont est géré l’argent public sont des questions importantes », selon Fabienne Haloui qui décline localement ces thématiques, comme autant de reproches à Yann Bompard. « Comment un maire peut redonner du pouvoir d’achat à ses administrés ? », questionne-t-elle. En cette rentrée, l’élue pense à la cantine et fait le parallèle avec Avignon, ville de gauche, qui a remunicipalisé la restauration municipale et a baissé les tarifs permettant à 52% des enfants de déjeuner pour moins d’un euro « avec un tarif maximal de 2,87 euros ». « À Orange, avec un tarif unique à 2,90 euros, 100% des familles paient plus cher que le prix maximum d’Avignon », grince Fabienne Haloui.

    « Mais de qui se moque la majorité ?  », embraye, dans une anaphore, Patrick Savignan, listant « les contribuables, les parents d’élèves, les associations avec une enveloppe de subventions équivalente à celle des villes de moins de 5 000 habitants ». Et l’élu de revenir sur le rapport de la chambre régionale des comptes de juin, qui qualifie « d’atypique » la gestion de la commune. « Pas pour délivrer un satisfecit, mais pour alerter sur des performances financières déconnectées des ambitions d’une ville qui a supprimé le service des sports et n’a pas de service jeunesse ou du logement », déplore Patrick Savignan. F.C.

  • La boule souple de Jean-Pierre Albertini en a fait du chemin

    La boule souple de Jean-Pierre Albertini en a fait du chemin

    Il n’y a pas forcément besoin d’un terrain à l’extérieur avec du sable pour disputer une belle partie de pétanque. Jean-Pierre Albertini, un Marseillais de 76 ans passionné par le passe-temps emblématique de la Provence, a imaginé et inventé, il y a une vingtaine d’années, des boules de pétanques « souples » afin de pratiquer la pétanque en intérieur.

    « Un jour, un ami de Paris, qui a été champion de France, m’appelle et me dit : “Jean-Pierre, est-ce que tu pourrais inventer des boules de pétanque pour jouer à l’intérieur ?”. J’y ai réfléchi et j’ai d’un coup eu une idée. Quand on était à l’éducation physique au lycée, on s’envoyait des médecine ball. Et là, je me suis dit qu’il faut réduire tout le truc pour en sortir une boule », raconte celui qui a fini par déposer un brevet, en 2013,pour une boule recouverte de PVC souple qui résiste même à des terrains en extérieur.

    Succès en développement

    « Il fallait trouver le moyen de durcir la boule, tout en la gardant souple », poursuit-il, en décidant de partir sur la fabrication d’un modèle unique : 72 millimètres de diamètre et 680 grammes. Ce qui correspond à la moyenne choisie par les joueurs de pétanque. « Il y a quelques décennies, les passionnés choisissaient des boules plus grosses et lourdes parce que l’appoint était au centre du jeu, mais j’ai remarqué qu’aujourd’hui, les champions préfèrent jouer avec des boules plus petites et légères, du fait que le tir ait pris une place prépondérante », note Jean-Pierre Albertini en citant l’exemple de Mayron Baudino, vainqueur du Mondial La Marseillaise à pétanque en 2023, qui évolue avec des boules de 71 millimètres de diamètre et 680 grammes. D’ailleurs, le créateur des « boules souples » a présenté son produit à des boulistes renommés, comme Philippe Suchaud pour inciter les passionnés de pétanque à s’y intéresser. « Encore aujourd’hui, certaines personnes n’arrivent pas à s’imaginer que l’on peut jouer à la pétanque chez soi », s’amuse le Marseillais, originaire du quartier Saint-Pierre (5e arr), qui a commencé à commercialiser ses boules il y a six ans. « On a eu une hausse des ventes pendant le Covid, parce que les gens ne pouvaient pas sortir », ajoute-t-il en vendant plus de 1 200 coffrets par an, pour le tarif unitaire de 89 euros. Soit plus de 50 % moins cher qu’une seule triplette de boules de pétanque traditionnelles. Un prix attractif qui attire désormais des convoitises internationales, puisqu’il a vendu deux coffrets au Canada durant le mois d’août.

  • « Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris »

    « Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris »

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de cette défaite face à Valence-Romans, devant votre public ?

    Philippe Saint-André : On a fait un début de match catastrophique, où l’on n’a pas été connectés défensivement, avec un début de première période où l’on a été beaucoup indisciplinés et pénalisés. Malgré tout, on repasse devant à 30-27 et là, au lieu de ne pas paniquer et de rester froid, on se fait pénaliser par deux fois. On ne trouve pas une pénaltouche dans un moment où l’on doit marquer. Valence-Romans a été efficace, réaliste, ils ont eu moins d’occasions d’essais que nous, mais sur quatre tentatives en première période, ils en ont aplati trois. On montre des valeurs pour revenir et passer devant, mais quand tu fais le plus dur, il ne faut donner le bâton pour se faire battre. On le fait en ce moment, ça se travaille. Comme je l’ai dit aux joueurs, ce n’est pas le début espéré. Le rugby, c’est une école d’humilité. On en manque, aussi bien les joueurs que le staff. Maintenant, il n’y a qu’une chose à faire : rapidement devenir une équipe.

    Est-ce que vous estimez que la pression était trop forte ?

    P.S.-A. : Quand tu joues au rugby, tu vis de ta passion, elle est où la pression ? Elle est dans la bière, pas sur le terrain. Il n’y a pas de pression à avoir. D’entrée, on doit marquer un essai sur notre première action, mais on ne prend que trois points. Derrière, Valence-Romans revient dès sa première opportunité, sur un coup d’envoi où l’on croit qu’il y a un en-avant et tout le monde s’est arrêté. Ils ont été intelligents en s’accrochant parfois aux branches, alors que nous avons cruellement manqué d’efficacité et de maîtrise collective. Si ça pèse dans nos têtes, tu ne reviens pas. Ils font un premier quart d’heure de jeu de grande qualité, où ils nous ouvrent en deux. Mais, on avait les capacités de pouvoir passer devant. Deux pénalités prises et une pénaltouche pas trouvée, ça fait six points pour Valence-Romans. Ce n’est pas eux qui ont gagné les pénalités, c’est nous qui leur avons donné. C’est là où je suis le plus énervé.

    Est-ce que ces deux défaites peuvent remettre en question votre statut de favori ?

    P.S.-A. : Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris. Vannes, Brive et Grenoble sont considérés comme les favoris, ce qui n’est pas faux compte tenu du début de saison. On n’a pas de fardeau de favori. Oui, on a un gros budget, oui, on a une grosse écurie, mais ça ne sert à rien si tu ne fais pas le job sur le terrain. Actuellement, on ne le fait pas et on ne mérite donc pas la victoire. Le rugby c’est une science exacte, même si c’est un ballon ovale avec des rebonds indécis. On n’a pas assez contrôlé de choses que l’on aurait pu contrôler. Par contre, il va falloir rester solidaires, lever la tête, prendre des coups et commencer à être beaucoup plus efficaces individuellement et collectivement.

  • Gérard Traquandi dialogue avec Bruno Ely

    Gérard Traquandi dialogue avec Bruno Ely

    Dans la vie quotidienne, en privé comme en public, Gérard Traquandi est toujours courtois et franc du collier. Chaleureux, incisif, rieur et précis. Jamais embêtant, capable d’évoquer rapidement, parce que c’est important et éclairant, le maniérisme italien de Pontormo, le bleu flamboyant du janséniste Philippe de Champaigne, une toile de Soutine que lui avait révélé Daniele Giraudy, des contemporains disparus comme Philippe Guston ou Eugène Le Roy.

    Gérard Traquandi aime raconter affectueusement que c’est un autre disparu, Jean-Jacques Ceccarelli, qui l’a emmené voir les débuts du Maître d’Aix, sa « période couillarde », son adieu au baroque. Il a énormément copié, en dessins et aquarelles, en céramique, un petit format prolixe, charnel et déconcertant, La Tentation de Saint-Antoine. L’une des toiles qu’il vénère, presque tragique et bouleversante avec son humour, c’est le portrait d’Achille Emperaire du musée d’Orsay : un outsider incompris, un visage de mousquetaire, un corps de nain traité comme un Tintoret, dérisoirement juché sur un fauteuil du Jas de Bouffan.

    Pendant les vingt dernières années, et toujours aujourd’hui, Gérard Traquandi a énormément peint dans un atelier secret et clandestin d’Aix, la voûte et la fraîcheur d’une ancienne chapelle, sur les hauteurs de la rue de l’Opéra, pas loin de la maison natale de Cezanne ; un prêt infiniment généreux, inconditionnel d’un ami qui ne voudra pas qu’on dise son nom.

    On saluera l’initiative de Bruno Ely qui montre qu’Aix a souci d’un peintre : quelques semaines avant sa retraite, Bruno Ely invite au dialogue un artiste qu’il avait autrefois présenté au musée des Tapisseries. On remerciera aussi Dominique Bluzet qui commandita pour le Théâtre du Jeu de Paume un magnifique rideau de scène de Traquandi. L’exposition Cezanne au Jas de Bouffan compte déjà plus de 200 000 visiteurs.