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  • Pour un salaire à la hauteur du travail à Avignon

    Pour un salaire à la hauteur du travail à Avignon

    « Plus que jamais, le partage des valeurs et des richesses, la revalorisation des salaires et l’égalité entre les femmes et les hommes sont indispensables », lance au nom de l’intersyndicale Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse, devant plus de 5 000 manifestants rassemblés sur la place du Petit Palais ce jeudi 18 septembre, après un cortège sans incident depuis le cours Jean-Jaurès.

    Cette question des rémunérations des salariés est ressortie maintes fois dans les discussions des manifestants, particulièrement nombreux à déambuler dans la rue de la République en fin de matinée. « Augmenter les salaires d’1% fait rentrer 4 milliards d’euros dans les caisses de la Sécurité sociale. Imaginons si on décidait d’augmenter davantage les salaires, car 1%, ça ne suffit pas aujourd’hui pour permettre aux gens d’avoir un reste à vivre suffisant à la fin du mois. Le salaire, c’est aussi du financement pour les hôpitaux, par exemple. Mais pour cela, il faut que Macron parle au patronat. Il y a plein de boîtes qui sont entrées en négociations annuelles obligatoires et c’est compliqué. Ils ne peuvent pas, d’un côté, bénéficier d’exonérations sociales à hauteur de 80 milliards d’euros et, de l’autre, ne pas augmenter les salaires », expliquait la responsable syndicale en amont de sa prise de parole.

    « Il faut que ceux qui sont en difficulté le fassent savoir et viennent avec nous dans la rue », insiste de son côté Mario Chauvet, élu syndical suppléant FO au réseau de transport Tecelys. « De notre côté, on s’en sort bien, car il y a plus de 240 chauffeurs syndiqués chez nous sur 280. On a du poids au sein de l’entreprise et on fait valoir nos revendications avec le rapport de force. Nos salaires sont augmentés quasiment tous les ans et suivent l’inflation. Mais j’ai des proches qui ne s’en sortent pas, ou très difficilement, mais ne font rien. Il faut se révolter et se rassembler, car si on ne fait pas ça, les patrons pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Il faut être dix fois plus nombreux pour avoir le rapport de force », poursuit-il au sein du cortège, pendant que les enceintes hurlent depuis le camion de son syndicat.

    La dette aux patrons

    Mais du côté des services publics, la revalorisation salariale est un sujet bien plus épineux. « Cela fait des années que nos salaires sont gelés et que les prix augmentent. Les travailleurs ne font que s’appauvrir », regrette ainsi Mélanie Saïsse, co-secrétaire CGT Éduc’action 84. « Ce n’est pas à nous de payer la dette, c’est au patronat. Car ce sont toujours les mêmes qui s’enrichissent grâce à l’argent public et les mêmes qui s’appauvrissent », ajoute-t-elle avant de dénoncer les « contrôles de police abusifs » sur des lycéens, le matin même, alors que ceux-ci manifestaient devant le lycée Mistral, à quelques centaines de mètres de là.

    Une jeunesse qui était présente massivement ce jeudi, avec plus de 300 étudiants et lycéens de la Cité des Papes, pour lesquels la question du salaire joue sur le choix de l’orientation, comme pour Mio, en terminale au lycée Mistral. « Mon rêve, c’est de faire du théâtre. Mais l’État abandonne le secteur culturel, ainsi que le social et la santé. Tout est sous-payé et j’ai peur de ne pas pouvoir en vivre avec la vie qui devient de plus en plus chère », confie-t-il.

    « Ce n’est pas
    à nous de payer la dette, c’est au patronat »

  • Debout à Toulon pour le progrès social et le bien commun

    Debout à Toulon pour le progrès social et le bien commun

    « La casse des services publics ? En tant qu’enseignante je suis bien placée hélas pour vous en parler », commence Carine Siviliano (FO) en pointant qu’« avec 30 à 40 gamins par classe on ne peut plus faire le boulot comme on le faisait avant ». Et de poursuivre, remontée : « C’est exactement comme dans les hôpitaux, quand tu as 75 patients pour deux infirmiers sur un étage… Le soir quand ils rentrent chez eux, ils peuvent avoir fait tout ce qu’il leur était possible, n’empêche qu’ils n’ont pas correctement accompli leur mission faute de moyens. »

    « Un mouvement comme ça, ça donne toujours de l’espoir, en tout cas c’est le moment ou jamais », conclut-elle, ragaillardie par la belle participation qui s’annonce et en rêvant déjà à « une grève générale ».

    « Je suis là parce que je pense que la société va très très mal et que ça fait des années que la situation s’enlise. On a moins d’argent, on peut moins vivre », s’indigne Lætitia, qui se revendique comme apolitique et non syndiquée. Et d’ajouter : « Éduquer la jeunesse et soigner les citoyens ça devrait être leur priorité, alors que c’est un naufrage total. On se tire une balle dans le pied et on saborde l’égalité des chances. »

    Il y a déjà du monde sur la place de la Liberté. Même si une partie des manifestants sont rassemblés devant le commissariat central pour protester contre l’arrestation d’une rare violence de deux lycéennes en fin de matinée devant Dumont d’Urville alors qu’ils organisaient avec leur camarade une opération de blocage partiel. La police a jugé l’une de leurs pancartes insultante à son égard.

    « On est là aussi pour mener la lutte antifasciste en réaction à tous ces mouvements d’extrême droite qui montent en Europe et sur l’emprise de cette idéologie jusque dans le macronisme », nous expliquait Issem, l’une des jeunes filles placées en garde à vue. Nous l’avions rencontrée tôt le matin devant l’établissement. Maxence, 19 ans, lance : « C’est bien qu’on soit là tous ensemble contre ce système ultra-capitaliste. Il faut taxer les riches ! Quand on voit dans quel état sont les hôpitaux, il y a de quoi se révolter. Ma mère travaille dans une maison de retraite, c’est pareil, elle galère. »

    « Nous aussi, on a le droit à un avenir », clame Julia en fustigeant les injustices sociales et l’inaction climatique. La jeunesse est dans la rue.

    Le secrétaire général de l’Union départementale CGT du Var Richard Roméo-Giberti livre son analyse : « C’est une journée de mobilisation qu’on a souhaité implanter dès ce matin dans les entreprises pour aller au contact des salariés et leur faire reprendre conscience que le seul moyen d’impacter le capital qui est arrosé à coups de milliards d’euros par l’État pour un résultat proche du zéro, eh bien c’est de faire grève. » Pour le responsable syndical, « la séquence qui s’ouvre si on reste sur les mesures annoncées par feu François Bayrou cet été, ça va conduire à moins de lits à l’hôpital, moins de vie sociale, moins de solidarité devant les aléas de la vie ».

    Un beau cortège est à présent formé. « Ça montre qu’il y a une exaspération forte et une volonté de défendre nos conquis sociaux et particulièrement la Sécurité sociale », constate Brigitte Cheinet (CGT-retraités). « À chaque déclaration de nos gouvernants, on touche un peu plus le fond et on nous promet de nous faire payer tous les dégâts commis par les classes dirigeantes de ce pays depuis des années », tempête Alain Tournay le secrétaire départemental de la FSU, en expliquant que pendant ce temps les services publics sont saccagés. Et de conclure : « Dans l’éducation on a eu 6 et bientôt 7 ministres en l’espace de quelques années avec à chaque fois l’objectif non pas d’investir dans l’Éducation nationale mais de faire des économies. Chaque année, c’est à peu près 2 000 à 3 000 postes qui sont supprimés dans l’Éducation nationale.

    « Hôpitaux saturés, classes surchargées, transports dégradés… Les inégalités explosent et de plus en plus de familles basculent sous le seuil de la pauvreté », a rappelé Jean Innocenzi (CFDT) lors de la prise de parole de l’intersyndicale. « Alors pas question que les travailleurs et les plus précaires, qui servent toujours de variable d’ajustement, paient les frais d’une politique qui sacrifie délibérément le bien commun, les services publics et l’avenir des jeunes au bénéfice d’obscurs intérêts privés et financiers », conclut-il.

    « Le seul moyen d’impacter
    le capital c’est de faire grève »

  • À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    Patatra. Le blocus qui devait s’organiser, jeudi matin au pied de la CMA CGM (2e), dans le cadre du mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux, a été réprimé avant même d’avoir commencé. À 6h30, quelque 200 militants qui s’étaient donné rendez-vous au métro Joliette (2e) abandonnaient déjà l’éventualité d’une action au pied de l’empire Saadé, d’après eux « surprotégé » par les forces de police.

    Aux alentours de 7h, le cortège a finalement décidé de se déplacer vers les Terrasses du port (2e), où un blocus de l’A55 était envisagé. Mais les policiers, mobilisés en nombre sur la zone, ont immédiatement stoppé les militants qui ont été poussés hors de la route moins d’une minute après leur arrivée. Les forces de l’ordre ont dans la foulée utilisé plusieurs bombes lacrymogènes afin d’encercler le cortège et de procéder à un contrôle d’identité général. Au total, selon la police, 100 personnes ont été contrôlées et 22 interpellées. « Tu n’es pas seul ! », scandent les militants lorsque certains manifestants sont écartés. « Les personnes mises à l’écart ne sont pas systématiquement interpellées. En général, elles le sont parce qu’elles refusent de décliner leur identité. Si elles refusent toujours de coopérer au bout de 4h, elles sont emmenées en garde à vue », explique un policier présent sur place. Les forces de l’ordre ont fouillé l’intégralité des militants contrôlés, photographié leur pièce d’identité et récupéré leurs équipements de protection (gants, lunette de plongée, masque FFP2…). Des bombes de peinture et pétards ont également été confisqués aux militants.

    Violence et revendications du blocus

    Si les bombes lacrymogènes, utilisées dès 7h10, ont permis aux policiers d’encercler la majorité des manifestants, certains sont parvenus à s’extraire du groupe, parfois violemment repoussés par les forces de l’ordre. Dans une vidéo enregistrée par l’Agence France Presse et diffusée en masse sur les réseaux sociaux, on aperçoit un policier pousser avec son pied une manifestante avant de lui exiger de se « casser ». « Oui je me casse », répond la jeune femme avant qu’un policier ne la pousse de nouveau et qu’elle tombe au sol. Une vidéo qui a suscité, sur les réseaux, une vive émotion, notamment chez Clémence Guetté, députée du Val-de-Marne (LFI). « Partout ce matin, la répression frappe et cogne sans distinction ni retenue. Les images qui nous parviennent sont honteuses », s’est indigné l’élue sur X.

    « On est là pour dire au gouvernement qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il se passe au niveau national comme international, détaille Lucie, militante de 23 ans présente à la tentative de blocus. On exige notamment que les ultrariches donnent davantage à l’état ». Et son amie, Line, d’ajouter : « On reviendra même si ça s’est mal passé aujourd’hui, on ne se laissera pas faire ». « On essaie de créer un rapport de force car on voit bien que les manifestations traditionnelles n’ont pas d’effet. L’intensité de la présence policière montre que le ministère de l’Intérieur n’est pas serein », justifie Luidji, en fin de manifestation.

    D’autres blocus étaient en parallèle organisés à Marseille, notamment devant l’usine d’armement Eurolinks (13e), qui a fourni des composants militaires à Israël depuis le 7-Octobre.

  • Convention de Faro : 20 ans de patrimoine vivant, en marche

    Convention de Faro : 20 ans de patrimoine vivant, en marche

    « Il s’agit de mettre les citoyens au cœur du réacteur. Le patrimoine ne s’arrête pas à la pierre mais il est fait d’histoires et de mémoires plurielles », a introduit Perrine Prigent, adjointe au maire chargée du patrimoine, accompagnée de Marie Batoux, déléguée à la démocratie participative, en signant la convention dans l’auditorium du musée d’Histoire de Marseille. Au-delà du symbole, après les adhésions de Samia Ghali en 2009 et Lisette Narducci en 2011, alors respectivement maires des 15/16 et des 2/3, c’est la Ville qui s’engage. « Pour mettre la pression aux États afin qu’ils ratifient le texte », a précisé l’élue.

    Marseille c’est une histoire qui a démarré au début des années 2000, sous l’impulsion de la conservatrice au patrimoine Christine Breton déterminée à faire émerger les histoires qui font Marseille, dans les récits de ses habitants, mémoire vivante. Dans les quartiers populaires, se constituent des groupes de marcheurs qui dépoussièrent les vestiges des usines, défrichent un tunnel sous l’A7 pour déboucher sur le porche du château du roi René devenu pizzeria, déterrent l’histoire d’une bastide sous une cité ou remuent les poubelles qui obstruent la cascade du ruisseau des Aygalades, aujourd’hui destiné à reverdir Euroméditerranée.

    Dès 2007, La Marseillaise accompagne leurs pas et sort par la suite un tiré à part. En 2010, les marches donnent naissance à Hôtel du Nord, une coopérative d’habitants gérée par Prosper Wanner, où chacun se fait hôte pour faire découvrir Marseille autrement. « Chaque habitant dans sa diversité et par son récit est un facteur déterminant de ce qui constitue le patrimoine », assure Francesc Pla Castelltort pour le Conseil de l’Europe. Ou « je suis Marseille et Marseille c’est moi » dira Agnès de Saint-Louis (15e).

    Une chaîne humaine

    Dans cette aventure sans fin, chacun apporte une nouvelle pierre. Également « embarquée » dans la dynamique de Christine Breton, Samia Chabani, directrice d’Ancrages, est allée « là où le regard se détourne, dans l’histoire de l’immigration et des bidonvilles, de leur effacement ». Le patrimoine c’est de l’humain, fait de joie et de douleur. L’événement était aussi l’occasion de présenter officiellement l’entrée au musée d’Histoire de Marseille des chaînes de Noailles, témoignage d’un patrimoine social et militant porté par les habitants du quartier, lié au drame des écroulements des immeubles de la rue d’Aubagne le 5 novembre 2018. Mystérieusement déposées devant le musée, elles symbolisent « une volonté de remettre le patrimoine sous la responsabilité du service public pour permettre à l’histoire de s’écrire dans toutes ses nuances », a souligné Laurent du collectif Noailles Debout, dans la lignée de Jean Jaurès.

  • La colère déborde partout en France

    La colère déborde partout en France

    Selon le ministère de l’Intérieur, 451 789 personnes ont participé aux manifestations en France (hors région parisienne) et la préfecture de police de Paris a dénombré 55 000 manifestants dans la capitale. Plus de 600 actions et manifestations ont été recensées dans tout le pays. Les cortèges ont réuni de 8 800 à 35 000 manifestants à Bordeaux, selon les autorités ou les syndicats, de 14 000 à 20 000 à Lyon, de 1 800 à 3 000 à La Rochelle et de 18 000 à 40 000 à Toulouse.

    Partout, l’intersyndicale a rassemblé plus de monde dans les rues que le mouvement né sur les réseaux sociaux « Bloquons tout », le 10 septembre dernier.

    « Nous avons recensé 260 manifestations dans toute la France », a salué Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, avant le départ du cortège parisien, se félicitant des nombreux piquets de grève.

    Dans le monde éducatif, près d’un enseignant sur six était en grève dans les premier et second degrés, selon les chiffres du ministère. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a fait état de 45% des personnels de collèges et lycées grévistes. Selon le ministère, 23 lycées ont par ailleurs été complètement bloqués et des blocages filtrants ont été mis en place devant 52 autres établissements.

    Les agents de la fonction publique d’état étaient au total 10,95% sur 2,5 millions d’agents à faire grève, principalement dans l’éducation nationale, selon le ministère. Ce taux d’agents en grève est plus de deux fois supérieur à celui du 10 septembre, à l’appel du mouvement « Bloquons tout » (4,58% sur l’ensemble de la journée). Selon le syndicat L’Union étudiante, « 110 000 jeunes » étaient mobilisés, avec « 14 facs bloquées et 60% des universités mobilisées avec des actions diverses ».

    Dans les transports, le trafic était fortement perturbé, conformément aux prévisions, mais pas « bloqué », selon le ministre des Transports démissionnaire, Philippe Tabarot.

    Les pharmaciens se sont eux aussi mobilisés pour dénoncer la réduction des remises commerciales sur les médicaments génériques. Selon le syndicat de pharmaciens FSPF, environ 18 000 pharmacies sont fermées sur 20 000.

    « L’intersyndicale s’exprimera demain »

    Les huit organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) ont appelé à une journée de manifestations dans toute la France pour peser sur les choix budgétaires du nouveau Premier ministre macroniste, Sébastien Lecornu, renouant avec l’unité.

    « On lance un avertissement très clair au gouvernement et à Sébastien Lecornu », a prévenu Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. « On veut un budget de justice fiscale, sociale et écologique », a-t-elle ajouté.

    Dans le cortège parisien, Hervé Renard, délégué syndical CFTC de 57 ans, s’agace. « On demande encore aux ouvriers de faire des efforts. Je n’ai pas de dettes, moi. La dette de l’état c’est lui qui l’a faite, pas moi », tacle l’ouvrier du BTP.

    Dans un communiqué, jeudi soir, la CGT a indiqué : « Le gouvernement affaibli ne peut plus ignorer la colère, elle est légitime, elle grandit. L’intersyndicale s’exprimera demain pour tirer les leçons et ouvrir des perspectives pour la suite. »

  • Le diocèse conteste avoir tardé à agir face à des agressions sexuelles

    Le diocèse conteste avoir tardé à agir face à des agressions sexuelles

    « L’Église de Marseille s’efforce d’être à la hauteur de la confiance de tous ceux qui se tournent vers elle », insiste le diocèse de Marseille. Ce jeudi matin, c’est par un communiqué de presse que les autorités ecclésiastiques sont venues répondre à une enquête de l’hebdomadaire Paris Match, qui accusait le cardinal Aveline d’une gestion « erratique, voire complaisante », face à des signalements de violences sexuelles au sein de l’archevêché.

    Ainsi l’article indique-t-il que l’archevêque de Marseille n’a alerté le parquet qu’en 2019 pour des faits d’agressions par le curé d’Auriol, cinq ans après avoir été alerté. « Si le Cardinal Aveline avait reçu, au milieu des festivités de son ordination comme évêque auxiliaire une information à propos d’agissements du père Sighieri, il aurait sans aucun doute proposé à la personne, selon son habitude, de prendre rendez-vous », oppose le diocèse, qui rappelle qu’il a été suspendu dès septembre 2020, dix mois après le signalement au procureur et trois ans avant sa condamnation.

    Le communiqué indique aussi qu’il n’a pas connaissance d’abus par un formateur du séminaire d’Aix, relevant du diocèse d’Aix et Arles, malgré les accusations ciblant le recteur de la formation, qui avait reconnu un « manque de chasteté » à l’encontre d’une femme de 28 ans. S’il a été suspendu le temps de l’enquête préliminaire, il a réintégré son poste après le classement sans suite de la plainte.

    De même, le diocèse indique avoir immédiatement prévenu, en août 2020, la congrégation des Oblats de Marie Immaculée et demandé qu’un signalement soit fait au parquet après avoir été alerté avec des aveux filmés sur des faits d’agressions sexuelles présumées, dans les années 1990, du père Hours – ce qui sera fait à l’automne. Mais le cardinal « dément formellement » avoir invité une victime à « ne pas faire de vagues », comme le rapporte l’hebdomadaire.

    Enfin, « il n’a jamais été question de violences sexuelles ni même de gestes équivoques ou ambigus de nature sexuelle » en ce qui concerne le vicaire général de l’archidiocèse, accusé d’une relation « anormale » avec une famille, termine le communiqué. « Certes, il y a encore beaucoup à faire et à mieux faire », conclut le diocèse, « mais il est indéniable que […] des progrès ont été réalisés ». Promettant de poursuivre ces efforts.

  • Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Journée chargée pour Hendrik Davi. Entre un passage par le Vieux-Port sur la manifestation intersyndicale dans la matinée, et une assemblée générale de circonscription Nouveau front populaire pour « discuter des perspectives du mouvement social et penser ensemble une gauche unitaire et radicale » en fin d’après-midi, le député (L’Après) a effectué jeudi une visite inopinée au centre pénitentiaire des Baumettes.

    208% d’occupation

    Ce déplacement s’inscrit dans l’exercice de son droit parlementaire. Il y a notamment visité le quartier des nouveaux arrivants et l’unité de soin. « Il y a eu un drame l’année dernière, avec un détenu qui s’est égorgé mais aussi une infirmière qui s’est fait violer. Et on a eu aussi ce rapport parlementaire qui nous expliquait qu’il y avait une situation complètement dégradée notamment sur la prise en charge des soins psychiatriques dans les lieux de privation de liberté », explique ce dernier peu rassuré par sa visite, sur fond de surpopulation carcérale. Aux Baumettes le taux d’occupation est de 208%.

    « On voit encore des lits par terre, parfois quatre personnes dans 9m2, 22 heures sur 24, pendant plus de deux mois », rapporte le député insistant sur les conséquences psychiques et psychiatriques, et ironisant : « Cerise sur le gâteau, les infirmières qui s’occupent d’eux se voient supprimer neuf jours de congés par l’AP-HM. »

    Hendrik Davi a déjà effectué plusieurs visites dans des établissements pénitentiaires marseillais. En juin 2024 aux Baumettes, déjà, il s’était intéressé aux conditions de détention et aux problèmes liés à la chaleur. En mars, il s‘est rendu au centre pour mineurs de La Valentine. Un établissement dont la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a préconisé, il y a quelques semaines, « la fermeture au moins partielle » en raison de conditions de détention « indignes ».

  • François Bernardini est candidat à sa succession

    François Bernardini est candidat à sa succession

    En 2020, il affirmait que ce serait son dernier mandat. François Bernardini a changé d’avis. Le maire d’Istres (ex-PS), en poste depuis 2008, a finalement décidé de repartir en mars 2026, malgré l’enquête du Parquet national financier qui le vise. Le tribunal judiciaire de Paris pourrait le convoquer, avant les élections municipales, dans le cadre d’une affaire concernant des procédures d’attribution de marchés publics de la Ville présentées comme viciées au bénéfice d’entrepreneurs locaux proches de lui. Des accusations « que l’on veut faire peser » sur lui « depuis bientôt 10 ans » qui le laissent de marbre. « La seule chose qui compte à mes yeux c’est la vérité, à travers l’honnêteté et la loyauté que je dois aux Istréens », poursuit-il.

    Quant à son volte-face, François Bernardini explique : « Les épreuves de la vie [en 2023, l’élu s’était retiré de la vie publique pendant trois mois pour des raisons de santé, Ndlr] et le climat social et politique actuel m’ont fait réaliser qu’il n’était pas l’heure de partir ». Il se pose en « pilier » rassurant dans une « période d’instabilité, dans un climat pesant et inquiétant ».

    L’expérience affronte le renouveau

    « Dans six mois, Istres a rendez-vous avec son histoire, poursuit le baron local. Dans six mois, vous aurez le choix entre tourner le dos à notre identité, celle construite ensemble depuis bientôt 50 ans, celle qui a fait d’Istres une ville ouverte, moderne, préservée, ou tenter l’inconnu avec toute l’incertitude d’un tel choix. » Un tacle adressé à ses adversaires, au premier rang desquels Robin Prétot, conseiller municipal (LR) d’opposition, qui s’est déclaré candidat fin août et qui souhaite incarner le « renouveau » de la classe politique locale.

    Élu depuis 1977, François Bernardini endosse quant à lui l’habit de la continuité. « Ce mandat qui s’achève ne m’a pas permis de réaliser l’intégralité du programme que je vous ai proposé en 2020. (…) Mais je n’ai renoncé à rien, je ne suis pas homme à m’arrêter au milieu du gué et vous le constaterez dans le programme que je vous proposerai prochainement. (…) L’enjeu de cette campagne s’appuiera sur une carrure, une vision simple de celle ou celui qui sera capable de poursuivre et accentuer le dynamisme et l’attractivité de notre ville. » Opposant son expérience au « rêve et à l’utopie » de ses concurrents, il se dit prêt à « solliciter toutes les instances » pour défendre Istres.

    La liste de l’édile n’est pas encore constituée, mais il l’assure : « Je saurai m’entourer de personnes de qualité et d’expérience sans me soucier de leur âge ou de leur appartenance politique avec comme seule limite les extrêmes, comme je l’ai fait depuis 2014. » La bataille pour les élections municipales est véritablement lancée.

  • 112 œuvres de Vasarely de retour à la Fondation

    112 œuvres de Vasarely de retour à la Fondation

    Un chapitre de l’affaire Vasarely se clôt. La juge fédérale de Porto-Rico confirme, ce 15 septembre « la saisie et le transfert en France de 112 œuvres originales de Victor Vasarely, retrouvées au domicile de Porto Rico de Michèle Taburno », résume un communiqué de presse de la fondation Vasarely, paru ce 17 septembre. Une étape dans le dossier judiciaire massif qui oppose cette dernière, belle-fille du plasticien à Pierre Vasarely petit-fils de l’artiste, aussi président de la Fondation Vasarely. Depuis près de trente ans, la Fondation Vasarely s’oppose judiciairement à Michèle Taburno, veuve de Jean-Pierre Vasarely, l’un des deux fils du peintre, autour de la propriété de centaines d’œuvres originales. En 1997, un arbitrage contesté attribue le patrimoine de la fondation Vasarely aux deux fils, les intérêts patrimoniaux sont gérés par Michèle Taburno, avant d’être annulé par la justice française en 2015. Pierre Vasarely st reconnu comme unique légataire universel et seul détenteur du droit moral de l’artiste. Malgré ces décisions, Michèle Taburno conserve et déplace de nombreuses pièces, notamment vers Porto Rico.

    Un « soulagement »

    S’enclenche alors une longue série de procédures. En 2023, le FBI a saisi 112 œuvres à sa résidence de Porto Rico à la demande de la justice française. Si la mise en examen de Michèle Taburno est annulée en 2025, la justice américaine confirme cette semaine le transfert de ces œuvres. À ce stade de l’affaire, quatre avocats et un notaire restent poursuivis dans la même information judiciaire, ouverte en 2019. Un mandat d’arrêt international a lui été délivré en 2018 contre Michèle Taburno. « Je le vis comme une délivrance après tant d’années de procédures que nous a fait subir Madame Taburno, réagit Pierre Vasarely, au sujet du retour des œuvres acté. Le coût financier pour notre institution reste toutefois énorme sans rien dire de la privation durant toutes ces années dans laquelle la Fondation s’est trouvée de ces œuvres majeures. » Le stockage des pièces, même déportées à Porto Rico, coûte près de 3 000 euros par mois à la Fondation. « C’est un soulagement. On ne peut voler impunément une institution reconnue d’utilité publique depuis 1971, devenue Musée de France en 2020 », ajoute Pierre Vasarely, qui rappelle que les œuvres saisies avaient été données à la fondation « de manière aliénable » par Victor Vasarely ainsi que son épouse, Claire Vasarely, dans les années 70-80. À ce stade, la date et les conditions de retour des 112 œuvres ne sont pas établies. « Nous attendons la décision du Tribunal de Porto Rico. Il s’agit d’une procédure qui oppose Mme Taburno à la justice américaine (…) Nous attendons que soit éventuellement purgé le recours ouvert contre ce jugement. Nous entreprendrons alors ce retour, précise Pierre Vasarely. Elle détient de très nombreuses autres œuvres, sans doute à Porto Rico, qui appartiennent à la famille et la Fondation. Une procédure en recel successoral est pendante, sur laquelle il doit être statué d’ici la fin de l’année. » Au retour des œuvres, un constat d’état devra également être effectué pour chacun d’entre elles, permettant d’évaluer leur état de conservation. « Elles ont vocation à être présentées dans nos espaces », assure le Pierre Vasarely.

  • « Je veux combattre cette politique de droite »

    « Je veux combattre cette politique de droite »

    La Marseillaise : Les communistes vous ont désigné mardi comme tête de liste pour les prochaines municipales. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous engager ?

    Aurélie Grach : C’est une suite logique de mon engagement depuis 2008 à Port-Saint-Louis, au niveau associatif, sportif, éducatif et politique. À l’époque j’étais conseillère municipale déléguée aux seniors, c’est à ce moment-là que j’ai voulu m’investir dans ma ville. Nous avons pu redéfinir l’action sociale, répondre à tous, être au plus proche de la population. Ce travail de terrain est très important pour moi. Aujourd’hui, je veux transmettre mes valeurs militantes, humaines, rassembleuses, m’impliquer.

    Quels projets avez-vous réussi à concrétiser lors de ce premier mandat ?

    A.G. : À l’époque, le centre communal d’action sociale était dans les locaux de la mairie, il n’y avait aucun secret professionnel. Nous l’avons déménagé, pour respecter les personnes. Et nous avons lancé le projet de la crèche, de la maison de retraite… Même si nous ne les avons pas inaugurés nous-mêmes. C’est cette équipe rassemblée qui m’a donné le goût. Toutes les meilleures réalisations historiques de Port-Saint-Louis étaient les nôtres, et elles venaient répondre aux besoins de la population, de la petite enfance jusqu’à nos aînés.

    Et vous aviez ces engagements associatifs…

    A.G. : Sans associations la ville ne vit pas. C’est un appui pour Port-Saint-Louis, qu’elles soient culturelles, sportives… C’est ce qui fait son attractivité en partie.

    Vous étiez dans l’opposition lors du dernier mandat, comment l’avez-vous vécu ?

    A.G. : On a fait avec ! [rires] C’est une des raisons qui me pousse à être volontaire pour les prochaines municipales. Je veux combattre cette politique de droite et ce soutien à Emmanuel Macron dans une ville ouvrière. Des sujets essentiels ont été trop souvent oubliés ou insuffisamment portés, comme la santé, l’éducation, la sécurité, le bien-vivre. Martial Alvzarez a oublié les besoins de la population, il ne les a pas tous écoutés ou accompagnés alors qu’il disait qu’il allait être le maire de tous les Port-Saint-Louisiens. Il n’a été le maire que d’une partie de la population. Toutes les fêtes se passaient sur le port de plaisance, en oubliant les quartiers de la ville qui meurent à petit feu, et les commerces avec.

    C’est une ville où l’extrême droite est arrivée en tête lors des derniers scrutins, ça vous inquiète ?

    A.G. : Je le vis mal, j’ai des enfants métis en plus… Il faut combattre l’extrême droite, elle ne devrait pas exister autant à Port-Saint-Louis qui est une ville ouvrière, avec toute son histoire, avec toute la population qui y habite. On y a oublié le bien-vivre ensemble. Parfois, le partage, la solidarité se perdent. Martial Alvarez lui ne s’est pas positionné pendant les législatives contre le candidat du RN, Emmanuel Fouquart. La seule fois où il s’est positionné c’était en soutien à Macron ! Alors qu’il est ouvrier ! Il faut faire barrage, il faut lutter contre ce racisme. Le bien-vivre se vit ensemble, pas autrement.

    C’est une ville où se pose aussi la question de la réindustrialisation.

    A.G. : Nous serons attentifs à ces sujets, à la décarbonation de l’industrie. Il faut développer l’emploi industriel et ce port qui grandit, qui est un poumon économique pour notre ville et les populations. Mais en restant vigilants à l’amélioration du trafic routier, à la santé des populations, aux répercussions que cela peut engendrer.

    Quelles seraient vos premières mesures si vous l’emportez en mars prochain ?

    A.G. : Agir pour la santé, l’éducation… Tout tourne autour du bien-être et du bien-vivre à Port-Saint-Louis, à ces thématiques de la vie quotidienne qui touchent chaque habitant. Et la sécurité aussi, c’est important face à des incivilités qui augmentent. Il faut pouvoir arrêter ces agressions, ces dégradations que les habitants peuvent connaître.

    Maintenant que vous êtes désignée pour mener l’union à gauche, quelles seront les prochaines étapes pour vous ?

    A.G. : Constituer l’équipe ! Parce que seule, je ne suis rien ! Je veux rassembler les forces de gauche, qu’on ait des personnes engagées, politiquement ou non, des Port-Saint-Louisiens qui ont à cœur de travailler pour leur ville, et que ce soit une équipe intergénérationnelle. On a besoin de tout le monde, quel que soit leur statut, leur profession ou qu’ils soient privés d’emplois, que cela représente Port-Saint-Louis et toutes ses richesses.