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  • « Le fascisme a aussi été théorisé en France »

    « Le fascisme a aussi été théorisé en France »

    La Marseillaise : Quel est cet ouvrage que vous venez présenter ?

    Pierre Serna : C’est un hommage à Zeev Sternhell, partagé avec les experts du fascisme que j’ai réunis pour l’écriture de ce livre. Cet historien a passé sa vie à déterrer les racines du fascisme en France, ainsi qu’à dénoncer la dérive nationaliste de son pays d’origine qu’est Israël. Jusqu’à parler d’un fascisme israélien semblable au nazisme sous sa forme de 1933.

    Le fascisme aurait-il déjà existé en France ?

    P.S. : C’est tout le débat qui existe entre Zeev Sternhell et d’autres courants de science historique. Certains pensent que la France est imperméable au fascisme et qu’il n’y a jamais eu d’épisode à l’italienne. Sternhell dit qu’au contraire, il y a une matrice plus forte de fascisme en France. L’ultranationalisme, la corporation, faire corps avec le Capital, la violence comme mode d’action et l’antisémitisme de l’extrême droite : tout cela a été théorisé en France et sert de socle au fascisme. Les chemises vertes de l’entre-deux-guerres et l’État français de Pétain en sont des exemples.

    Il y aurait un cadre propice au fascisme, mais quelle serait son origine ?

    P.S. : La théorie de Zeev Sternhell parle d’une droite révolutionnaire qui évolue à côté des autres droites radicales. Elle prend racine face à la modernité déshumanisante de la révolution industrielle et porte en elle des idées révolutionnaires, venant du rêve égalitaire de la Révolution. Le boulangisme en est un prolongement.

    Y aurait-il plusieurs fascismes ?

    P.S. : C’est pour ça que l’ouvrage a été écrit à plusieurs. Pierre Salmon aborde le franquisme en Espagne, Valeria Galimi le fascisme italien. Benjamin Stora est spécialiste de la guerre d’Algérie et nous explique comment le fascisme s’exprime dans les colonies, ce qui clôt le volume et renvoie à l’importance de la colonisation française pour comprendre l’histoire de la métropole.

  • Le cinéma n’ouvrira pas cet automne

    Le cinéma n’ouvrira pas cet automne

    Le cinéma des 3 Casinos ne rouvrira finalement pas ses portes à temps pour le Festival cinématographique d’automne, inscrit à l’agenda culturel pour octobre. Dossier culturel épineux depuis près de dix ans, totalement fermé depuis novembre 2022, l’actuelle majorité avait assuré, lors de sa campagne en 2020, prendre à bras-le-corps les rénovations du lieu.

    En conseil municipal, jeudi 25 septembre, le dossier a de nouveau été mis sur la table après une question posée par Jean-Marc La Piana (SE), chef de file d’un des deux groupes d’opposition de gauche : « Est-ce qu’on pourrait avoir un état des lieux sur le cinéma ? ». Dossier d’huissier à l’appui, projeté face à la salle de conseil, le premier adjoint, Antonio Mujica, s’est appliqué à détailler les raisons de ce retard, sur cet « ouvrage ancien » pour lequel il existe une « part d’aléas conséquents, d’un autre type de nature », selon l’élu.

    Première surprise, la présence d’amiante a été découverte lors des premiers travaux de diagnostic. Après désamiantage des zones, l’entreprise chargée d’une dépose découvre « des dizaines et dizaines de mètres cubes de gravats dissimulés sous la scène [fermée en 2013, Ndlr], visiblement issus du chantier de 2011. Le plus grave étant que la majeure partie des déchets étaient constitutifs de déchets amiantés », poursuit Antonio Mujica. Devant la gravité de la situation, nous avons rapidement fait réaliser un constat d’huissier. Ces aléas ne révèlent pas d’un aléa technique classique, mais d’un aléa d’un autre registre que nous vous laissons apprécier. Tant sur le suivi de cette opération que sur la gestion du domaine public », assène le premier adjoint, sans pointer explicitement l’ancienne municipalité. Des défaillances dans la structure ont également été soulignées dans la présentation.

    Ouverture fin décembre

    « Quand vous voyez comment étaient montés les murs, on se demande comment ça a pu tenir autant de temps sans qu’il n’y ait un drame (…) la mise en danger d’autrui se fait à double titre », conclut le premier adjoint. « On ne va pas commencer à faire le procès de l’ancienne mairie, intervient Hervé Granier, maire (LR) de la commune. Les entreprises mandatées par l’ancienne mairie sont, elles, les responsables. Soyons factuels et honnêtes (…), on se retrouve aujourd’hui avec une structure fragilisée. » «  On a l’habitude qu’on dise que c’est de notre faute », intervient de son côté, Jean-Marc La Piana, élu d’opposition de gauche et ancien adjoint à la culture sous Roger Meï (PCF). Ce n’est pas la question, pour Hervé Granier. « On peut juste se dire : tant mieux qu’il n’y ait pas eu d’accident. Je veux juste que les gens comprennent pourquoi on est en retard (…) Par contre, (ces surprises) auraient pu impliquer la responsabilité pénale de M. Meï s’il y avait eu un accident », conclut le maire. La volonté de la municipalité est que ce cinéma sorte rapidement. (…) On a des délais fin décembre, début janvier. Honnêtement, que ce soit ouvert avant ou après les élections, on s’en fiche. »

    En attendant, une salle provisoire reste ouverte en face du chantier toujours en cours.

  • Sécurité de l’habitat et patrimoine au menu

    Sécurité de l’habitat et patrimoine au menu

    L’adjointe au maire déléguée aux budgets vient à peine de détailler le contenu de la décision modificative du budget principal, et d’évoquer les dépenses pour travaux d’office sur les immeubles en péril, que la conseillère municipale Martine Cuccaroni (PS) saisit la balle au bond. « Je salue votre mobilisation sur un sujet à la fois grave, urgent et profondément humain, vous agissez sur des immeubles menaçant ruine, de la mise en péril, et plus largement de la sécurité de l’habitat. Ce ne sont pas des cas isolés, c’est une crise du bâti ancien, une crise du logement, indigne, parfois ignorée, trop souvent différée », débute-t-elle. Elle poursuit : « La mise en péril d’un immeuble n’est jamais un hasard. C’est le résultat d’un manque d’entretien, parfois d’un abandon, souvent d’un laisser-faire généralisé. Nous devons sortir de l’indifférence, rompre avec l’inaction et élaborer une réponse structurée, préventive et coercitive à la fois. » Lors de son intervention, elle propose notamment « une cartographie locale des immeubles à risque, actualisée et transparente, accessible aux citoyens ».

    « Nous avons eu 233 dossiers de péril dans la ville », répond le maire (DVD) Alexandre Doriol. « La Ciotat a le plus fort taux de résolution des périls des Bouches-du-Rhône, avec 88 %. » Il renseigne : « Quand le péril est reconnu, quand le propriétaire ne peut ou ne veut pas faire les travaux, la Ville fait des travaux d’office. Pour l’instant, nous avons 15 à 17 dossiers. Les propriétaires devront régler à la perception l’argent avancé par la collectivité. Quant aux familles, on est dans une démarche d’accompagnement constante. »

    Vente de parcelles

    Alors que la majorité municipale, dans une série de délibérations, annonce la cession de plusieurs bâtiments et parcelles communaux, Martine Cuccaroni monte à nouveau au créneau. « Je défends l’idée que certains de ces biens pourraient être réhabilités, transformés ou réaffectés à des usages d’intérêt collectif. Ce que vous cédez aujourd’hui, c’est bien plus que des bâtiments ou des parcelles. Vous cédez une part de notre avenir commun. Moi, ici, je resterai vigilante et s’il n’en restait qu’une je serai celle-là », déclare-t-elle. Le maire s’amuse : « L’étendard est sorti… Vous affirmez que le maire vend les bijoux de famille, sans concertation préalable. Mais, moi, je ne sais pas garder le terrain d’une ex-cuisine centrale, il va être squatté… Mais si nous vendons, nous achetons aussi, par exemple l’acquisition du parking St-Jean, etc. Nous avons su acheter quand il fallait acheter, mais quand il faut vendre, à cause de la décrépitude des biens, nous les vendons avant que le temps ne fasse trop son œuvre. Nous avons un schéma directeur cohérent. »

  • Mathilde Louvain, tête de liste LFI, plaide l’union, mais pas à tout prix

    Mathilde Louvain, tête de liste LFI, plaide l’union, mais pas à tout prix

    Jeudi dernier, le comité électoral de la France insoumise a désigné Mathilde Louvain comme tête de liste pour les municipales des 15 et 22 mars (lire notre édition de vendredi). Une suite logique après avoir déjà hérité du statut de co-cheffe de file en juin, aux côtés de Farid Faryssy. Le choix du national intervient deux semaines après une assemblée municipale locale, « qui s’est passée de manière plus ou moins simple et régulière », selon Mathilde Louvain qui, désormais, « ne ferme la porte à aucun militant » pour l’épauler dans la construction du programme.

    Au-delà du cadre interne aux insoumis, Mathilde Louvain pourra s’appuyer sur Raphaël Arnault. Le député LFI-NFP se voit en « coordinateur » de la campagne et ne sera sans doute pas situé loin sur la future liste insoumise. Une liste qui ne sera pas estampillée 100% LFI. « Notre volonté première est l’union, mais pas n’importe comment et pas vers n’importe quel objectif », pose Mathilde Louvain qui, à 32 ans, se lance pour la première fois dans une élection comme candidate. En clair, le rassemblement ne se fera pas sur la base d’une incantation à l’unité, mais sur des idées, car « aujourd’hui voir un assemblage de logos sur un tract, ce n’est pas une garantie, l’union doit être populaire, à savoir intégrer la population dans le processus de travail », prône-t-elle.

    Salariée d’une structure culturelle, « Avignonnaise depuis trois ans », Mathilde Louvain assure discuter « jusqu’à David Fournier (PS) ». « Pour contrer la menace de l’extrême droite, il faut un programme pour et ne pas utiliser cette menace comme seul argument, estime-t-elle. Mais on n’ira pas faire d’alliance contre-nature jusqu’à la Macronie ou même avant. »

    « Aucun sens à faire tabula rasa »

    Dans le cadre d’un éventuel rassemblement, LFI pose aussi sa condition de leadership. « On a toujours été transparents à vouloir une tête de liste LFI ouverte à des citoyens ou partis de gauche », assume-t-elle. Quoiqu’il advienne des tractations qui peuvent aller jusqu’à décembre, Mathilde Louvain mise sur le collectif pour élaborer un projet. « Il y a plusieurs groupes de travail sur l’urbanisme, la culture, l’éducation… qui travaillent avec les habitants afin d’aller à la source des préoccupations », prône-t-elle. D’ailleurs, si elle accède à l’Hôtel de ville, Mathilde Louvain entend rompre « avec le rôle individuel de la fonction ». Militante à la CGT spectacles, elle trace quelques axes du projet sans encore dévoiler « de mesures fortes » : logement, gestion publique de l’eau, tranquillité publique (davantage de médiateurs) ou santé. « Il n’y a aucun sens politique à faire tabula rasa », prévient-elle.

  • Le maire de Fréjus David Rachline (RN) jugé pour prise illégal d’intérêt

    Le maire de Fréjus David Rachline (RN) jugé pour prise illégal d’intérêt

    Au grand jeu de « Qui veut gagner l’inéligibilité ? », la droite et l’extrême droite se livrent un sacré mano a mano. Si la première citée a décroché la timbale la semaine dernière avec la condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison – une première pour un ancien président – et à cinq ans d’inéligibilité pour association de malfaiteurs, la seconde n’a pas dit son dernier mot. D’autant plus sur le terrain local, où, depuis le début de l’année, trois édiles sont déjà tombés : la maire de la Seyne Nathalie Bicais (LR), celui de Toulon Hubert Falco (DVD), et le maire de Cogolin Marc-Etienne Lansade (EXD). 2 à 1 pour la droite pour l’instant, donc. Mais ce mardi, l’extrême droite a l’occasion de remettre les compteurs à zéro avec le procès d’une des éminences du RN : le maire de Fréjus (depuis 2014) David Rachline, jugé pour prise illégal d’intérêt devant le tribunal correctionnel de Draguignan.

    L’élu de 37 ans est soupçonné d’avoir favorisé son accession à la tête de deux sociétés d’économie mixte (Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus), en 2017. La Haute autorité à la transparence de la vie publique (HATVP) avait pointé du doigt ces nominations en 2021, mettant en exergue des collusions d’intérêts quant aux votes auxquels il aurait participé, directement ou non, dont ceux ayant conduit à ses nominations.

    Une enquête pour corruption de marchés publics

    Rachline avait aussi fait voter une rémunération de 1000 euros bruts mensuels pour chacun de ces postes, en plus de son salaire de maire, mais il ne sera pas inquiété pour cela. Il pourrait en revanche l’être dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte en janvier 2024 par le Parquet national financier pour corruption de marchés publics qui avait mené à la perquisition de sa mairie en mars dernier. L’édile est soupçonné d’arrangements avec un puissant entrepreneur local du BTP, Alexandre Barbero, patron de la holding Delta Investissements (HDI), dans l’attribution de marchés publics. Une accusation mise au jour par la journaliste de l’Obs Camille Vigogne-Le Coat dans son livre-enquête Les Rapaces paru en novembre de 2023.

    S’il est reconnu coupable, David Rachline, candidat à sa propre réélection, pourrait être condamné à une peine d’inéligibilité, et rejoindre le cercle de moins en moins fermé des élus de droite tombés en cours de mandat dans le Var.

    Note

  • Le club de foot veut plaquer sa mise en touche par le rugby

    Le club de foot veut plaquer sa mise en touche par le rugby

    Après la Préfecture, voici la Ville qui s’attaque à l’Orange football club (OFC). Pour rappel, en janvier, le club s’était vu retirer son agrément suite à des actes « de violences » contre des officiels et adversaires. Une décision suspendue en urgence, en mars, par la justice, qui avait permis à l’OFC de reprendre entraînements et matches dans ses catégories de jeunes. En juin, un nouveau bureau avait été élu « pour préparer la prochaine saison avec ambition et détermination » en misant sur les 6-13 ans.

    Mais c’était sans compter sur la Ville d’Orange. La municipalité a en effet décidé d’octroyer les installations du stade Clapier au rugby club orangeois. Conséquence, l’OFC est à l’arrêt complet, laissant 12 équipes sans entraînement et compétitions. Une décision que le club conteste en justice. Ce mardi après-midi, le tribunal administratif de Nîmes va étudier le recours déposé par l’OFC. Si, légalement, la Ville était en droit de remettre en jeu une nouvelle convention pour l’occupation du stade, le club de foot estime que les dés étaient pipés.

    « Insincérité » de la décision municipale

    « L’OFC avait un dossier de 20 pages à déposer avant le 31 août, date à laquelle la mairie devait statuer », resitue Simon Renault, avocat du club. Or, « lors de l’assemblée générale du club de rugby le 10 juillet, en présence du maire [Yann Bompard, Ligue du sud], il a été annoncé déjà l’octroi du stade Clapier au RCO », précise Me Renault. « Je vais insister sur l’insincérité de la décision de la mairie, qui a rompu l’égalité de traitement en refusant d’analyser la candidature », déplore l’avocat.

    Alors que le club de rugby a déjà accès aux stades Costa, Perenon et Pic, l’OFC a reçu un courrier de refus, le 22 juillet, signé de l’adjointe à la vie associative, s’appuyant sur le passif de violences du club et doutant de la capacité du « maintien de l’ordre public » lors de l’utilisation du stade. « Cela a privé d’activité plus de 300 jeunes dont la plupart vivent juste à côté du stade Clapier », rappelle Simon Renault. Entre-temps, en mai, un nouveau club, l’Olympique club orangeois, a vu le jour dans la ville.

    Contactée, la municipalité d’Orange ne « fait pas de commentaire » et réserve « ses arguments pour l’audience ».

  • Quand handicap, culture et sport ne font qu’un

    Quand handicap, culture et sport ne font qu’un

    « On est officiellement le premier raid sportif et culturel pour personnes en situation de handicap de France », se réjouit Freddy Berthelot, directeur adjoint du pôle Provence de l’association APF France Handicap et chef de service de la résidence pour personnes en situation de handicap Le Terro Flourido à Avignon, à propos du Raid Handi-Pont organisé par la structure. Un événement qui se tiendra ces vendredi 3 et samedi 4 octobre à Avignon.

    Porté par la structure ainsi que par la résidence avignonnaise Le Terro Flourido, dont elle assure la gestion, le raid rassemble 13 équipes mixtes composées de 6 participants, dont 2 en situation de handicap. Et pour l’une des épreuves, le mythique pont Saint-Bénézet est même mobilisé pendant deux heures. « On veut montrer que l’on peut tout de même tout faire malgré le handicap. On dit tout le temps chez nous que ce ne sont pas des personnes en situation de handicap mais plutôt des situations handicapantes. On peut relever tous les défis et cette première édition en appelle d’autres », souligne le responsable. « C’est un projet où rien n’a dû être forcé, tellement il y a une forte implication de tout le monde. On tente de mettre en place des choses pour l’inclusion mais cela prend du temps. Mais quand on partage le travail, cela va plus vite », ajoute Zinèbe Haddaoui, adjointe (PS) à la mairie d’Avignon, déléguée à la ville sportive.

    Un événement pleinement inspiré du raid Handi-Forts de Besançon, auquel les résidents et la direction du Terro Flourido ont déjà participé à plusieurs reprises pour s’en inspirer. « Comme on est à Avignon, on souhaitait rajouter le côté culturel. On est des sportifs cultivés ici », sourit Freddy Berthelot. « Et il y aura une équipe de Besançon, donc on va y aller à fond et ne pas les laisser gagner chez nous », ajoute Frédérique Corcoral, adjointe aux quartiers Ouest à la mairie d’Avignon.

    Deux temps

    La journée du vendredi sera dédiée notamment à la sensibilisation, autour d’un village d’animation qui se tiendra de 14 à 18 heures au centre de loisirs de la Barthelasse, où un temps de rencontre avec les acteurs du Raid Handi-Pont d’Avignon est également prévu.

    Le gros de l’événement se tiendra sur toute la journée du samedi avec un grand départ à 8 heures du côté de la Plaine des Sports. Les équipes s’élanceront sur un raid de plus de 19 kilomètres, dont 15 parcourus à pied ou à bord d’un fauteuil adapté, tiré ou poussé par les personnes valides de chaque équipe. Il y aura aussi un passage par le tramway de la Cité des Papes, dans lequel un briefing sera fait avant l’épreuve culturelle qui se tiendra, elle, dans l’opéra du Grand Avignon, sous forme de quiz. Une collaboration a également été faite avec l’école des Nouvelles Images d’Avignon : une vidéo de présentation, totalement animée par des étudiants de l’établissement, est à retrouver sur la chaîne YouTube de la résidence Terro Flourido.

    Pour les personnes valides souhaitant aider des équipes, contact : mildrede.cossec@apf.asso.fr

  • Porteurs recherchés au Fort Saint-André

    Porteurs recherchés au Fort Saint-André

    « Pour l’instant, on a prévu de faire visiter le fort à 10 personnes, mais on aimerait en accueillir 20 à 30 », lance Nicolas Chevalier, fondateur de l’association Portez-moi pour un rêve, à propos de la visite pour personnes en situation de handicap du Fort Saint-André, à Villeneuve-lès-Avignon, le samedi 18 et le dimanche 19 octobre.

    Et ce, pendant la fête médiévale « Monument jeu d’enfant » qui se tient le même jour sur place. « Sur ce genre d’endroit, on ne peut pas demander de mettre des ascenseurs. Donc la seule solution, c’est de porter », précise Nicolas Chevalier, dont la structure a déjà organisé des visites similaires dans 49 monuments à travers l’Hexagone. Des personnes supplémentaires pour porter les jeunes sont d’ailleurs recherchées (contact en fin d’article).

    Étoiles dans les yeux

    Une occasion donc, pour des jeunes mais aussi des moins jeunes en fauteuil roulant, de visiter des endroits généralement inaccessibles. « Les personnes en situation de handicap ne doivent pas être privées de culture. Et ce genre d’événement est idéal pour passer un super moment en famille et s’amuser. Le but est que tout le monde reparte avec des étoiles dans les yeux », souligne le responsable de l’association.

  • Redwane Rajel, un « miraculé » passé de l’ombre à la lumière

    Redwane Rajel, un « miraculé » passé de l’ombre à la lumière

    C’est au détour d’ateliers avec le metteur en scène Olivier Py, au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet, que Redwane Rajel a découvert le théâtre en 2018. Abonné depuis aux rôles de tyrans – Xerxès, Créon ou Macbeth – s’amuse-t-il, voilà désormais ce gaillard au grand cœur prêt à endosser celui de sa vie : dans À l’ombre du réverbère, seul en scène qui fait jaillir la lumière du théâtre depuis la nuit noire dans laquelle il était plongé, à partir du mardi 30 septembre sur les planches des Bernardines. « Il y est forcément question des ténèbres de la prison, des lumières du théâtre. Baudelaire a lui aussi parlé du réverbère, de la solitude, de l’isolement. Comme une fine silhouette et des ombres qui passent », situe avec poésie Redwane Rajel pour évoquer cette pièce qui retrace sa trajectoire tempétueuse et aujourd’hui apaisée. Il l’a mise noir sur blanc, et en scène, avec son premier professeur de théâtre, Enzo Verdet, ainsi que l’ancien directeur de prison, Bertrand Kaczmarek.

    « À 38 ans, je n’étais pas programmé pour aller en prison », rappelle celui qui était auparavant vendeur de voitures chez Renault. « On dépeint surtout la violence carcérale. La majorité des détenus sont des personnes très fragiles, qui viennent du bas de l’échelle, avec un énorme taux de récidive. C’est la pauvreté qu’il faut combattre et ne pas se tromper d’ennemi », prévient Redwane Rajel, qui dédie sa pièce « aux victimes mais aussi aux comédiens avec qui j’ai joué pour la première fois, la plupart aujourd’hui en prison ou morts ».

    « Pas misérabiliste »

    « Je suis un miraculé, une exception. La prison est tellement mal faîte que si on y entre violent, on en ressort encore plus violent. Si entre drogué, on ressort encore plus drogué », déplore celui qui est devenu comédien professionnel grâce à la compagnie Louis Brouillard de Joël Pommerat, avant de remercier le directeur de théâtres marseillais et aixois, Dominique Bluzet, qui lui « a ouvert toutes les portes pour cette création ».

    « Le grand dramaturge Peter Brook disait qu’on pouvait faire voyager les gens juste avec un tapis », cite Redwane Rajel qui l’a presque pris au mot. Au milieu d’un banc, d’une servante et d’un miroir, l’Avignonnais de naissance et Marseillais d’adoption déroule le fil de ses mille vies : rameur dans l’équipe de Provence d’aviron, boxeur de bon niveau à la Savine, major de corps d’élite dans l’armée… autant d’expériences dont il se sert dans À l’ombre du réverbère. « Même si je suis beaucoup dans la résilience, le piège était de tomber dans quelque chose de misérabiliste. »

    Joindre le geste à la parole

    Loin de lui, donc, la tentation du pathos pour exposer son parcours qui pourrait légitimement y recourir. Son jugement ? Pas question d’en parler dans la pièce. « J’ai trop de respect pour les victimes qui ont déjà vécu le procès », affirme ce quadragénaire, parmi les premiers à avoir suivi des ateliers de justice restaurative en France. « J’ai tout de suite fait le pont entre ça et le théâtre, deux endroits de réconciliation par la parole », exprime Redwane Rajel pour qui, l’art oratoire a été une bouée de sauvetage. Une thérapie pour celui qui s’est retrouvé, à l’âge de 12 ans, avec « une mère en psychiatrie. C’était une militante CGT, un exemple pour moi. Elle s’est battue, seule avec ses enfants, écrasée par le capitalisme. Elle a fait partie des premières suicidées chez France Télécom », livre-t-il, l’œil humide mais le poing serré, lui qui a hérité de son sens de la lutte. « Ce spectacle, c’est une façon de m’émanciper. Je joue au théâtre depuis 2018 et ce qui revient souvent, c’est “l’ancien détenu devenu comédien”. J’aimerais bien en sortir », concède-t-il, presque gêné. « Je suis là pour me raconter et après, on pourra passer à autre chose. »

  • L’ambassadeur d’Israël en France face à la presse de la région

    L’ambassadeur d’Israël en France face à la presse de la région

    Laura Sahin : Comment abordez-vous l’esquisse d’un accord de paix apportée par le président Trump ?

    Il y a une occasion assez importante de peut-être terminer la guerre. Le Premier ministre donnera sa réponse, la meilleure pour l’État d’Israël. Nous sommes avec une organisation qui prend la population palestinienne en otage à Gaza pour empêcher d’avoir un accord. Cette décision sera très difficile, mais importantissime. Nous sommes dans un carrefour majeur, mais la direction n’est pas encore très claire.

    Olivier Biscaye : Vous condamnez l’action du président français ?

    Bien sûr. Il a rendu les choses plus compliquées.

    Léo Purguette : Y a-t-il une autre solution de paix que celle à deux États ?

    Quatre fois Israël a proposé la création d’un État aux Palestiniens. Arafat a refusé trois fois. Il recevait entre 97 % et 98 % territoire, la division de Jérusalem, le contrôle de ses frontières et une armée. Puis Mahmoud Abbas a refusé encore. La question est de savoir si les Palestiniens veulent cette solution.

    Léo Purguette : L’annexion de la Cisjordanie dans le but de rendre impossible un État palestinien ne semble pas aller vers une idée de paix…

    Ce n’est pas obligatoirement le cas. C’est notre façon d’évoquer le contrôle des frontières. Pour nous, il est clair qu’on ne permettra pas à un État palestinien d’avoir des frontières avec un pays arabe. Car l’entité palestinienne aurait la possibilité de s’armer comme le Hamas l’a fait avant le 7 octobre.

    Philippe Boccara : Pourquoi ne pas laisser rentrer les journalistes indépendants à Gaza ?

    Certains journalistes rentrent. Un groupe de Français a pu rentrer et filmer il y a quelques semaines. Ils sont indépendants. La décision a été prise de crainte que des journalistes meurent par accident sous les balles, ce qui nous aurait forcés à arrêter les opérations militaires. Il y a une discussion à ce sujet en Israël. De temps à autre, nous réussissons à en faire entrer.

    Léo Purguette : Vous parlez d’inhumanité des terroristes, c’est un fait. La situation à Gaza pose aussi question. Les institutions internationales parlent de génocide. Pourquoi empêcher l’aide humanitaire d’entrer ?

    C’est totalement faux. Israël, au contraire, amène l’aide humanitaire. Ce sont différentes organisations onusiennes qui ne veulent pas la distribuer, alors qu’elle est entreposée et pourrit. Ils attendent que le Hamas veille à leur sécurité. Mais le Hamas, en 2024, s’est enrichi en revendant l’aide humanitaire au lieu de la distribuer. On a décidé d’arrêter, mais on a ouvert huit points pour la distribuer directement et nous collaborons avec les ONG, afin qu’elles ne passent pas par le Hamas.

    François Tonneau : Votre pays est-il toujours dans l’unité face au conflit ?

    Israël est une des démocraties les plus vivantes du monde. Tout est permis. Mais il n’y a jamais d’unité, nous ne sommes pratiquement jamais d’accord, nous discutons de tout. Il y aura toujours des manifestations. Le sujet est sensible. Personne ne veut cette guerre. Elle nous a été imposée et même si la population est résiliente, elle est fatiguée. Tout le monde veut terminer. Mais le Hamas veut un nouveau 7 octobre. Allons-nous arriver à une atmosphère de paix et une solution stable, c’est la question.

    Laura Sahin : Un rabbin a été agressé dans l’Essonne, ce week-end. Comment observez-vous l’explosion de l’antisémitisme ?

    Cette explosion date du 7 octobre 2023. Je regardais, il y a peu, des manifestations ce jour-là à Paris et Londres. J’ai été surpris par ces groupes fêtant la mort des juifs. On pansait nos plaies, on ne connaissait même pas le nombre de morts, le nombre de personnes kidnappées. L’antisémitisme était là. L’attaque du 7 octobre a donné une justification pour vouloir la mort des juifs.

    Philippe Boccara : Que dites-vous aux juifs de France qui ont peur de porter une kippa et envisagent de partir ?

    Je suis né en France et j’ai fait mon alya à l’âge de 12 ans et suis israélien. Chaque juif a sa place en Israël. Mais les juifs doivent être fiers et se promener la tête haute. C’est dangereux, je le sais. Mais ne pas le faire, ce serait revenir aux années trente. Je ne demande pas à mes petits-enfants de ne pas parler hébreu dans les rues en France. C’est une période difficile. Mais le peuple juif a contribué à l’humanité et doit continuer. Nous sommes victimes, ce n’est pas à nous de nous cacher. C’est à ceux qui veulent notre mort de se cacher.

    Léo Purguette : Une part de la communauté juive se tourne vers l’extrême droite, dont l’histoire se rapporte à la collaboration. Cela vous interpelle-t-il ?

    Je ne parle que de la France insoumise, qui a une position très ouvertement contre Israël. Mais je ne parle pas des autres partis.

    François Tonneau : La confusion entre antisémitisme et antisionisme est-elle devenue définitive ?

    L’antisionisme est une négation du droit d’Israël d’exister. Cette négation est une nouvelle forme d’antisémitisme. Tous les peuples auraient le droit d’avoir un état, à part les juifs. C’est là où le lien se crée. La critique d’Israël n’est pas un antisémitisme. La plus grande critique à l’égard de l’État israélien se trouve en Israël. Et on ne peut pas dire que les Israéliens soient antisémites.

    Philippe Boccara : Que pensez-vous du jumelage de la Ville de Marseille avec celle de Bethléem en Palestine ?

    Je n’ai aucun problème conceptuel avec cela, beaucoup de villes le font dans le monde. Mais faire cela le jour de Roch Hachana, le nouvel an juif, alors que nous sommes en guerre, ce n’est pas une très bonne idée. Bethléem était à majorité chrétienne avant de rentrer sous le joug de l’autorité palestinienne. Aujourd’hui, il y a en son sein 15 % de chrétiens.

    Julien Desvages : Marseille accueille une communauté juive importante, la deuxième de France. La tradition de cohabitation avec les autres communautés est-elle en danger ?

    Nous avons parlé de ces sujets avec les présidents du Département et de la Région. J’ai compris que Marseille était une ville exemplaire en ce sens et j’espère que cela continuera.

    Philippe Boccara : Profitez-vous de votre séjour marseillais pour rencontrer le maire, Benoit Payan ?

    J’ai demandé une audience au maire de Marseille, mais je n’ai pas eu de réponse.

    Olivier Biscaye : Que pensez-vous de la flottille ?

    C’est un exercice de com de politiciens qui n’ont rien d’autre à faire que bronzer 15 jours en Méditerranée.

    Laura Sahin : Il y a de nombreuses manifestations pro-palestiniennes, avec parfois des débordements antisémites. Qu’en pensez-vous ?

    C’est le parfois qui est important. Énormément d’Israéliens sont pro-palestiniens. Cela ne signifie pas être antisémite ou antisioniste. Beaucoup d’Israéliens pensent simplement que les Israélo-Palestiniens ont des droits. Si la manifestation appelle à la paix, pas de problème. Elle le devient si elle appelle à l’intifada ou glorifie le Hamas.

    Léo Purguette : Il reste la question des otages. La guerre que vous menez à Gaza ne les met-elle pas en danger ?

    La guerre se terminerait demain si les otages étaient libérés. Israël ne pourra jamais abandonner ses otages. Israël perdrait sa raison d’être. Nous ferons tout ce qu’il faut pour les libérer. Il ne faut jamais perdre espoir, ni pour les otages, ni pour la paix. À nous de faire en sorte que le futur soit meilleur que le présent. Nous devons tous y œuvrer.