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  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note

  • Don surprise d’un chef d’œuvre caravagesque à la Ville de Marseille

    Don surprise d’un chef d’œuvre caravagesque à la Ville de Marseille

    Un gentleman offre à Marseille un chef d’œuvre caravagesque. Une générosité qu’on croyait ne pas pouvoir côtoyer, une histoire qu’il fallait vérifier étape par étape. Un personnage qui préfère conserver l’anonymat vient de faire donation d’une toile d’un artiste proche du Caravage, Louis Finson. Coût de l’opération, plus de 500 000 euros !

    Lumières et cruautés, corps en souffrance, reflets de bronze sur la peau, silence et début d’extase. Percé par treize flèches, Saint- Sébastien entamera une nouvelle vie vendredi 3 octobre, dans une salle du rez-de-chaussée du Palais Longchamp. On se hâtera de venir l’admirer. Après une brève présentation au public qui s’achèvera dimanche 5 octobre en soirée, ce martyr rejoindra pour quelques mois le CICRP, le Centre de Restauration du Patrimoine basé à la Belle de Mai. Plusieurs défauts de ce clair-obscur de beau format – 147 x 116 centimètres – impliquent des réparations.

    Un indice fiable aura confirmé les expertises du Cabinet parisien Eric Turquin. En bas à gauche, sa signature mentionne en majuscules son auteur «Aloisus Finsonius fecit» et sa date, 1612. Ce tableau qui appartenait à une famille aixoise fut proposé aux enchères chez Drouot le 18 juin, par la maison de Ventes Ader. Son estimation était raisonnable, 40 à 60 000 euros. Alerté et très motivé, le conservateur du musée Longchamp Luc Georget avait obtenu de la Ville de Marseille des crédits conséquents : 300 000 euros avaient été provisionnés, la possibilité d’une préemption semblait envisageable.

    La déception de Luc Georget fut immense. Au téléphone et dans la salle d’autres concurrents du secteur privé surenchérissaient, le marteau final enregistra un implacable dépassement de prévision : 416.000 euros ! Frais compris, l’acquisition de Saint Sébastien par une galerie italienne voisina 500 000 euros. Quand il reprit son train pour Marseille, le conservateur de Longchamp ne pouvait pas anticiper le miracle qui survint une vingtaine de jours plus tard…

    Vœu de silence

    Surprises et joies, la Ville et les musées furent informés de la volonté d’un ultime acquéreur de la toile : il l’avait rachetée et avait résolu d’en faire donation à Marseille ! Au milieu de cette soudaine clarté, un très respectable point d’obscurité : ce mystérieux donateur exigeait de garder l’anonymat. Mis à part Benoît Payan, Jean-Marc Coppola et les directeurs des musées qui gardent très légitimement pour eux ce secret, personne ne peut révéler l’identité de ce donateur : notre gratitude ne s’exprimera pas directement.

    Ce taiseux n’est pas uniquement un riche bienfaiteur, ce mécène admire des expositions et des tableaux liés au destin de Marseille. On imaginera qu’il a souvent consulté le catalogue de l’exposition de la Peinture en Provence au XVII° siècle, programmée en 1978 au Palais Longchamp. Dans ce catalogue Jacques Thuillier raconte que Louis Finsonius (1578-1617) fut proche du Caravage qu’il hébergea dans son atelier de Naples. Auteur de tableaux qu’on aime dans les cathédrales d’Aix et d’Arles, Finson fut invité en Provence par l’érudit et collectionneur aixois Nicolas Peiresc. D’ordinaire visible à Longchamp, son chef d’œuvre, une copie de La Madeleine en extase du Caravage, est actuellement présenté dans l’exposition Georges de La Tour du musée Jacquemart-André.

    Le tableau, après avoir bénéficié d’une restauration complète pendant plusieurs mois rejoindra ensuite les collections permanentes du musée en 2026, dans un accrochage valorisant les écoles italienne et provençale du XVIIe siècle.

    Alain Paire

  • Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Pas moins de 12 rassemblements ou manifestations sont au programme de la deuxième journée de grèves et mobilisations dans le Gard et l’Hérault, jeudi 2 octobre.

    A l’appel des 8 formations qui composent l’intersyndicale, 5 cortèges sont prévus dans le Gard. Dès 10h à Alès (sous-préfecture), Bagnols-sur-Cèze (monument aux morts), et Uzès (mairie). La manifestation de Nîmes s’élancera à 14h30 du quai de la Fontaine. Enfin, Le Vigan donne rendez-vous à 18h (sous-préfecture).

    Dans l’Hérault, 7 mobilisations sont prévues. Trois à l’appel de l’intersyndicale à 10h30 à Montpellier (place Albert 1er), Sète (bourse du travail) et Béziers (place de la mairie). Quatre autres rassemblements sont prévus à l’appel de la CGT à 10h30 à Bédarieux (maison des syndicats), à 11h à Lodève (sous-préfecture) et enfin à 11h30 à Ganges (mairie) et Lunel (place de la République).

    Dans l’Hérault, Stéphane Audebeau (FSU 34) appelle à « continuer à mettre la pression au gouvernement pour faire valoir les intérêts du monde du travail : salariés, fonctionnaires, retraités et demandeurs d’emplois ». Lesquels seront, avec les services publics, « les premiers touchés par la politique d’austérité » à venir. « Nous réclamons plus de justice fiscale et sociale », insiste l’enseignant qui déplore le manque de profs et d’AESH.

    A la CGT 34, Sébastien Boudesocque rappelle que 1,1 million de personnes (près de 40 000 dans le Gard et l’Hérault) ont défilé lors du premier round intersyndical le 18 septembre. Face à la « langue de bois » du Premier ministre qui n’a eu que faire de « l’ultimatum », le secrétaire départemental de la CGT 34 rappelle que d’autres choix existent. Le cégétiste souhaite mettre à contribution les grandes fortunes et les grosses entreprises. « La France est championne d’Europe du versement des dividendes et dans le top 5 mondial pour le nombre de milliardaires ». Il rappelle que les 35 heures ont créé 350 000 emplois et le CICE seulement 100 000. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas. L’Espagne a fait d’autres choix en taxant les capitaux des banques », illustre-t-il.

    A la CFE-CGC 34, on alerte sur « la souffrance au travail », les cas de « burn-out » et de « dépression » qui se multiplient chez les cadres. Chez l’Unsa 34, Jean-Robert Biggio déplore « qu’aucune mesure de l’intersyndicale n’ait été retenue » par le Premier ministre et « qu’aucune recette fiscale supplémentaire n’ait été trouvée » alors même que 211 milliards d’euros annuels sont octroyés par l’État aux grandes entreprises « sans aucun contrôle ». Quant à la CFDT 34, Glawdys Klapka insiste sur le pouvoir d’achat et « les fins de mois difficiles à boucler » pour bon nombre de salariés.

    Enfin, du côté de FO 34, Franck Mary-Montlaur déplore que la rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n’ait absolument « rien donné ». « Les salariés en ont marre d’attendre », s’agace le responsable héraultais. Il est pour l’heure le seul à émettre des réserves sur la stratégie des journées de mobilisation « saute-moutons ». « Elles coûtent trop cher. Soit on y va pour de bon…»

  • Champ libre

    Champ libre

    C’est sans doute la première fois de la Ve République qu’un Premier ministre est aussi fragile. Dépourvu de majorité, de gouvernement et de soutien de l’opinion, Sébastien Lecornu semble avoir accepté, par loyauté au chef de l’État, une mission impossible.

    Après avoir promis une « rupture », le voilà engoncé dans le bilan peu flatteur du macronisme et décidé à prolonger la trajectoire. Abandonner la réforme des retraites ? C’est non. Revoir la politique de l’offre ? C’est non. Introduire un peu de justice fiscale ? C’est non. Augmenter les salaires et les pensions ? C’est non. Mener une politique industrielle volontariste ? C’est encore non. Investir dans les services publics ? C’est toujours non.

    Dans ces conditions, l’intersyndicale qui lui avait pourtant donné un ultimatum de quelques jours, a décidé d’engager à nouveau le rapport de force ce jeudi.

    Soyons réalistes…

    Elle a raison. Pour une fois, c’est elle qui est en mesure de donner
    le tempo et de faire valoir les exigences du monde du travail plutôt que de réagir à des réformes tombées d’en haut.

    Le mouvement social a, d’une certaine manière, le champ libre. C’est le moment de mobiliser le plus largement pour obtenir des avancées significatives. Le grand patronat ne s’y trompe pas. Il veut nous faire croire qu’il craint la taxe Zucman, qui n’est en réalité qu’une piqûre de moustique sur
    les immenses fortunes qui se sont constituées.
    Il crie avant d’avoir mal car il sent que la situation pourrait conduire à questionner plus largement ses privilèges. Il a lui aussi raison.

    Soyons réalistes, exigeons l’impossible !

  • La rue maintient la pression sur Lecornu

    La rue maintient la pression sur Lecornu

    « Pour la rupture, on reviendra ! », a résumé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, ce 28 septembre, dans La Tribune Dimanche, réagissant aux premières orientations exposées par Sébastien Lecornu, nouveau Premier ministre, vendredi, dans Le Parisien.

    Après deux grosses journées de mobilisation les 10 et 18 septembre qui ont rassemblé jusqu’à 1,1 million de personnes dans le pays et vu le retour d’une intersyndicale CGT-CFDT- FO-CFTC-CFE-CGC-UNSA-FSU et Solidaires, la nouvelle mobilisation, organisée ce jeudi 2 octobre, entend maintenir la pression pour plus de justice sociale. Sur le pavé, salariés du privé et du public, jeunes ou retraités, ils ont rappelé massivement leur volonté de pouvoir vivre dignement de leur travail, de leur pension, d’entrevoir un avenir, d’enrayer la casse du service public…

    Mais, après avoir été reçus à Matignon le 24 septembre, les syndicats ont été plus que déçus devant l’incapacité de Sébastien Lecornu à revoir sa copie. « Sans rupture réelle de sa part, il rejoindra à son tour le cimetière des Premiers ministres d’Emmanuel Macron », a mis en garde Sophie Binet.

    Car les pistes esquissées par le nouveau Premier ministre ne laissent guère d’illusion sur les orientations de sa future politique. Pas question de remettre l’impôt sur la fortune, ni de suspendre la réforme des retraites. Une réforme de l’assurance chômage est également dans les tuyaux, avec, dans le viseur, les ruptures conventionnelles.

    Quant au projet de budget pour 2026, que le gouvernement doit présenter d’ici mi-octobre pour respecter les délais constitutionnels, pas « d’austérité et de régression sociale », a assuré Lecornu. Tout en souhaitant réduire le déficit, fidèle aux fondamentaux de la doctrine macroniste et soucieux de le ramener sous la barre des 3% du PIB en 2029,

    Peser sur le parlement

    Sébastien Lecornu aura essayé de gagner du temps, en jouant dans un premier temps la carte du mutisme, ajoutant aux blocages, mais le calendrier politique s’accélère. Rencontre ce lundi avec les chefs de parti et de groupe du « socle commun », en clair la droite et le centre, nouvelles consultations politiques, RN compris, rencontre « de la dernière chance » avec les socialistes, vendredi… La session ordinaire de l’Assemblée s’ouvre également mercredi, alors que le nouveau locataire de Matignon devrait faire connaître son gouvernement. Et les oppositions attendent de pied ferme sa déclaration de politique générale, peut-être le 6 ou le 7, même si un proche envisageait qu’il puisse s’en passer. De quoi conduire tout droit à une motion de censure quand l’entretien accordé au Parisien a déjà crispé les oppositions…

    Côté syndicats, on espère maintenir la pression jusqu’à la fin des débats parlementaires en décembre, a déjà annoncé Sophie Binet.

  • « La situation instable est un atout »

    « La situation instable est un atout »

    La Marseillaise : L’intersyndicale appelle à manifester ce jeudi, avant même qu’un gouvernement soit nommé. Quel rôle peut-elle espérer jouer ?

    Laurent Frajerman : Elle peut espérer jouer un rôle d’interlocuteur. Elle a été reçue plusieurs fois par le Premier ministre, qui est obligé de montrer que, contrairement à ce qui s’est passé avec Macron jusque-là, les corps intermédiaires allaient être plus écoutés. La situation instable est un atout. Si on voit émerger, dans des milieux divers, l’idée de redonner un rôle aux syndicats, c’est quand même pour canaliser le mouvement social. Il ne s’agit pas de proposer une autre politique, mais de redonner un peu de marge à un système complètement asséché. Il y a cette peur, dans une partie du patronat, des milieux dirigeants, que le refus de toute négociation soit contre-productif. D’un autre côté, il n’y a pas d’interlocuteurs clairs. Et comme le gros des mobilisés sont des agents du service public, c’est aussi un handicap.

    On entend souvent la critique des mobilisations « saute-mouton », et pourtant, on y revient…

    L. F. : On a une intersyndicale à huit, il faut convaincre la CFTC ou certains secteurs de FO de faire une grève un peu dure. Mais cela montre que tout se décide exclusivement en intersyndicale. Si les salariés ne pèsent pas sur ces choix-là, on arrivera toujours à un minimum commun. Le deuxième aspect, c’est que le rapport de force n’est pas si bon. On fait quand même une grève, mais on sait qu’on aurait du mal à faire plus. Cela pose la question, pour des syndicats comme la CGT ou la FSU, de trouver des voies nouvelles.

    Justement, nous sommes partis d’un mouvement vaporeux, « Bloquons tout », pour arriver à un mouvement classique, vous l’expliquez comment ?

    L. F. : « Bloquons tout » a été surévalué. Ce n’est pas évident de passer d’une protestation numérique à quelque chose de concret. Il a eu l’intérêt de montrer un mécontentement très large, il a permis un retournement de l’opinion publique sur des points importants. Tout le problème, c’est que les modalités d’action qui étaient proposées étaient irréalistes. On est donc revenu dans les rails de quelque chose de plus classique, avec toute une frange de la population qui ne s’associe pas, soit parce qu’elle fait grève par procuration, soit par hostilité. Une moitié des Français ne soutenait pas la mobilisation du 18 septembre. On revient dans un clivage traditionnel, avec les fonctionnaires, les gens de gauche qui soutiennent la grève. Mais d’autres catégories qui pourraient s’y greffer ne le font pas.

    Comment, alors, réinventer les modes d’action ?

    L. F. : Il ne faut pas multiplier les actions dont on sait qu’elles ne servent à rien. Mais, il y a malgré tout un espace très large entre les journées « saute-mouton » et la grève générale reconductible. Il faudrait explorer cet entre-deux, deux journées de grève consécutives, des grèves par secteur, par territoire… Il y a un manque d’innovation, les propositions de l’intersyndicale sont tellement prévisibles, à l’inverse des Gilets jaunes, que ça ne peut pas donner de grandes victoires. La grande question, c’est l’implication des salariés. Il y a des possibilités techniques pour les associer, favoriser les initiatives locales… Aux directions d’être plus inventives, comme les cheminots l’avaient essayé, et aux salariés de s’impliquer plus. C’est seulement par le collectif que ça peut fonctionner.

    Les revendications sur les retraites reviennent, on vit un match retour de la dernière mobilisation ?

    L. F. : C’est frappant. On aurait pu imaginer que « Bloquons tout » ne donne pas cet aspect-là, mais à partir du moment où le côté gazeux s’est évaporé, il n’en est resté, le 10 septembre, que la partie la plus mobilisée du mouvement de 2023 qui estimait qu’il fallait bloquer, et pour le 18 septembre, le profil de ceux qui s’étaient mobilisés pour les retraites. Ce qui rend la situation complexe pour les organisations, c’est qu’elles n’ont pas gagné la bataille de l’opinion. Elle est très partagée, notamment sur la question de la dette. Vous pouvez avoir des gens qui se mobilisent contre des choses insupportables, comme la fin de deux jours fériés, mais qui sont prêts à accepter des « sacrifices nécessaires ».

  • À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    Les syndicats battront aussi le pavé de la capitale de Provence : l’intersyndicale locale a annoncé répondre à l’appel national à la grève, ce jeudi. À Aix, le rendez-vous est donné à 10h30, devant le rectorat, lieu de départ « symbolique » pour les syndicats. Puis le cortège s’élancera vers la sous-préfecture. « On continue à mettre la pression sur le gouvernement, rappelle Fabienne Allard, représentante syndicale CFDT. Arrivé à un moment, il ne suffit pas de nous écouter ou de nous regarder, mais de nous entendre ».

    Parmi les revendications listées par l’intersyndicale, l’abrogation de la réforme des retraites, une justice fiscale, et la répartition des richesses. « Preuve terrible : visiblement, Lecornu part sur le même budget. Il est clair qu’ils n’ont rien compris », insiste Céline Peccini, co-secrétaire FSU-Snuipp 13. « La mobilisation est de plus en plus forte. On a réussi à faire abandonner la suppression de deux jours fériés, comme le décret des doubles bandes franchises médicales, pointe de son côté François Canu, secrétaire de l’union locale CGT. La CGT pense qu’il y a moyen que le 2 soit un tournant dans la mobilisation. C’est dans les boîtes que ça va se jouer. »

    Entre les appels nationaux à la mobilisation, les syndicats continuent de mener les actions locales. Ils seront par exemple ce mardi, aux Milles, pour tracter et encourager les salariés de la zone commerciale à rejoindre le mouvement.

  • Le terminal des croisières de luxe prend encore l’eau

    Le terminal des croisières de luxe prend encore l’eau

    La croisière ne s’amuse plus. Sept mois après la publication par le Grand port maritime de Marseille d’un avis de concession pour aménager l’esplanade du J4, qui jouxte le Mucem, afin d’y installer un terminal dédié aux croisières de luxe, aucun candidat ne s’est présenté avant la date butoir, le 15 septembre dernier. Malgré la promesse d’accueillir 90 escales cette année, puis 126 en 2026, soit quelque 90 000 croisiéristes en deux ans, l’avis de résultats publié mercredi dernier n’a pu que constater : « Aucun lauréat n’a été choisi et la mise en concurrence est close. »

    Comme un goût de déjà-vu. En décembre dernier, en effet, le Grand port maritime avait été contraint de revoir sa copie. Un consortium pourtant s’était formé suite à un premier appel d’offres publié en décembre 2021, pour y aménager cette gare maritime haut de gamme au pied de la Major, sur un terre-plein de 20 000 m². Celui-ci avait même déjà obtenu l’avis de l’architecte des bâtiments de France. Mais l’Américain Royal Caribbean, engagé à travers sa filiale Silversea, a finalement jeté l’éponge, pour des raisons économiques. De quoi décourager ses partenaires Ponant et Viking Cruises, qui à leur tour avaient abandonné le projet, ne pouvant assumer la centaine d’escales réclamées et les 15 millions d’euros nécessaires d’investissements. Sans rebuter les autorités du port, qui promettaient déjà un nouveau projet dans la même veine, garantissant de « rendre le projet plus attractif aux yeux des investisseurs ».

    Coûte que coûte

    Ainsi, au-delà de la seule gare maritime haut de gamme projetée sur l’esplanade, le bâtiment de 1 000  m² prévoyait « des activités liées à l’hospitalité, à la culture et à l’événementiel » qui « assureront la viabilité et la rentabilité du projet présenté ». Le tout « en cohérence avec la clientèle des navires de croisière haut de gamme accostés au J4 ». Si l’investissement de 8 millions d’euros minimum devait être porté par le délégataire, celui-ci pouvait occuper le site pour une durée allant de dix-sept à vingt-cinq ans, reversant cependant 3 % de son chiffre d’affaires au Port. Des conditions qui n’ont pas suffi à convaincre.

    Le Grand port maritime, malgré tout, souhaite maintenir ce projet. « Nous voulons qu’il y ait une activité économique liée à la croisière sur cet espace », fait-on savoir auprès du site. Un autre appel d’offres, donc, devrait être lancé dans le même sens. « Nous verrons sous quelles modalités dans la prochaine semaine », nous précise-t-on.

  • Victoire juridique pour les ex-intérimaires de la Sad

    Victoire juridique pour les ex-intérimaires de la Sad

    Marseille

    C’est le terme d’un combat de longue haleine pour les droits des travailleurs précaires. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a rendu justice, le 26 septembre dernier, à 18 intérimaires qui travaillaient à la Sad, filiale régionale de Presstalis, la messagerie de presse française, après plus de cinq années de procédure.

    Rappelons que la filiale avait été liquidée judiciairement, en 2020, privant la région de distribution de la presse pendant de longues semaines et mettant sur le carreau plus de 130 salariés, dont une partie d’intérimaires. « On était sur des CDI déguisés, il y avait une vraie exploitation de la précarité. On l’avait combattu à l’époque, avec un travail syndical pour l’embauche de 35 intérimaires en plusieurs vagues. Mais on n’avait pas pu finir ce qu’on avait commencé à cause de la liquidation, d’où la poursuite du combat via la justice », campe Nicolas Guglielmacci, ancien délégué syndical de la Sad, aujourd’hui secrétaire général de l’Union Locale CGT Vitrolles et figure de la CPMM, Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne. Cette dernière a repris l’activité de la Sad suite au combat des ex-salariés de la filiale pour le maintien de l’emploi après la liquidation.

    Les intérimaires « étaient indispensables, certains étaient à temps complet, sur des postes fixes ». Pire, « ils étaient en intérim depuis des années, le plus ancien depuis décembre 2013, le moins ancien depuis 2017 », selon Me Léa Talrich, avocate en charge du dossier, qui pointe des recours « abusifs ». D’où la victoire jugée « plus que symbolique » par la CGT et les ex-salariés de la Sad grâce à la décision de la cour d’appel d’Aix. « Elle reconnaît le besoin permanent de main-d’œuvre et requalifie les contrats à l’encontre de PSI, entreprise d’intérim, et de la Sad. Ils obtiennent donc des rappels de salaires sur la base du CDI qu’ils auraient dû avoir », développe Léa Talrich.

    « Certains travaillent actuellement chez nous »

    En clair, « la décision vient reconnaître qu’ils auraient dû être en CDI et qu’ils ont fait l’objet d’un licenciement abusif au moment de la liquidation judiciaire ». Et ils bénéficient « d’une reconstitution de carrière sur les trois dernières années avec les rappels de salaires, les cotisations… ». Comme le résume Nicolas Guglielmacci : « Ils ont enfin été rétablis dans leurs droits après des années de bataille. » De quoi boucler la boucle avec la reprise de l’activité de la Sad par la CPMM : « On a oublié personne ! Symboliquement, c’est peut-être le dernier combat sur la partie Sad Marseille. On a récupéré l’ensemble des travailleurs qui voulaient venir avec nous, de même que l’ensemble des prestataires, certains intérimaires travaillent actuellement chez nous. » Reste que Léa Talrich dénonce « des délais excessifs » pour le jugement et prévoit « un recours en responsabilité de l’État » sur le sujet.

  • « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    « On n’est pas venus en grands sauveurs d’emplois »

    La Marseillaise : En 1999, vous cofondez l’entreprise Ipsogen de diagnostic in vitro, qui devient HalioDx, avant d’être rachetée en 2021 par Veracyte. Lorsqu’en 2025, cette entreprise américaine lâche le site, que se passe-t-il pour vous ?

    Stéphane Debono : Avec l’autre cofondateur d’Ipsogen, Vincent Fert, on voulait créer une société pour aider les innovateurs du diagnostic en santé humaine à concevoir, industrialiser, produire et expédier à leurs clients leurs innovations. On avait ce projet en tête quand on a vu que Veracyte cherchait un repreneur pour le site marseillais. Ça nous semblait une très bonne idée de reprendre une partie de l’activité de notre ancien site. On n’est pas revenus en grands sauveurs d’emplois, mais parce qu’on a un projet qui fait sens. Avoir pu récupérer une équipe avec 25 ans de réalisation nous permet de démarrer avec des fondations solides.

    Ce sont donc 38 postes, sur les 164 que comptait Veracyte, que votre offre a permis de préserver ?

    S.D. : Oui, c’est l’offre faite au tribunal : 38 immédiatement avec un engagement d’embaucher six personnes supplémentaires et créer deux postes de direction.

    Pourquoi ne pas avoir repris toute l’activité ?

    S.D. : Après le rachat en 2021 par Veracyte, les activités sur le site à Marseille ont évolué. Notamment avec une grosse activité de développement de produits pour des sociétés pharmaceutiques ou spécifiques à cette entreprise. Ce sont ces activités qu’on ne reprend pas parce qu’elles sont trop formatées pour Veracyte. Le projet d’Hélio Diagnostics, c’est de proposer notre savoir-faire de 25 ans d’expérience pour aider à développer des diagnostics en oncologie, mais aussi en maladies infectieuses, dans le domaine du vétérinaire ou l’agroalimentaire. Il n’y a pas de limite à ce projet.

    Pourquoi reprendre le site marseillais ?

    S.D. : D’abord, pour hériter d’une expérience de 25 ans. Puis, c’est bien de pouvoir renforcer l’image européenne de l’innovation et de l’industrie du diagnostic. On est impliqués dans l’écosystème marseillais depuis 25 ans et cet impact local est important. Et puis c’est beau ce qui a été construit à Marseille, cette dynamique du pôle santé régional. Si on peut contribuer à tout ça, on en est fiers.