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  • [Entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    [Entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement en tournée pour votre dernier album, « Charlotte ». Un album intimiste où vous vous dévoilez. C’était un besoin pour vous à ce stade de votre carrière ?

    Vitaa : Oui, complètement, cet album est celui où je suis allée le plus loin. Déjà par le titre de l’album, je révèle mon vrai prénom et c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire pendant ces années de carrière, tellement je me suis attachée à créer une armure derrière Vitaa. Pour cet album, je me suis dit qu’il était temps de tout révéler. Mes failles, les doutes, les complexes. C’est mon dernier album solo et j’avais besoin de cette mise au point, de vider mon sac. Je suis en train d’organiser la suite, on me verra moins sur le devant de la scène, mais je me mettrai davantage au service des autres tout en continuant à faire ce que j’aime.

    Montrer votre vulnérabilité, vos failles au grand public, est-ce aussi un moyen d’aider les femmes
    à s’accepter
    ?

    Vitaa : J’ai réalisé, avec le temps et quand je suis sur scène, que j’ai la chance d’avoir un public qui a grandi avec moi. Ce sont essentiellement des femmes de ma génération qui sont devenues mamans parfois, qui font 5 000 choses en même temps, qui travaillent, qui sont éprouvées et c’est aussi ce que je raconte dans cet album, en tournée et dans un documentaire disponible sur TF1+ . En fait, je veux dire que je suis une femme comme tout le monde. Personnellement, je ne m’aime pas. J’essaie d’être la meilleure des mamans possibles, mais je suis en tournée tout le temps, j’ai une culpabilité énorme de rater des moments avec mes enfants… Je sais qu’on ressent toute la même chose.

    Vous ne cachez
    plus vos échecs,
    vous racontez votre parcours et les remarques qui
    ont été faites
    sur votre physique notamment, au-delà de la chanson. C’est quoi être une femme dans l’industrie musicale
    ?

    Vitaa : C’est très dur d’être une femme dans ce métier. On vieillit, et je crois que les regards portés sur nous sont cent fois plus durs que sur les artistes masculins. On est dans une ère de viralité violente, cruelle, et je me dis que si j’avais dû démarrer ma carrière dans cette ère-là, je n’en aurais pas été capable. Je n’aurais pas eu les épaules pour subir les critiques permanentes des gens sur les réseaux. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on passe notre temps à se regarder le nombril, à critiquer et je crois que ce n’était pas comme ça il y a 20 ans. Ce qu’il y a de plus compliqué, c’est de durer dans le temps en tant que femme, artiste et moi, j’ai décidé de le faire. Je ne voulais plus dépendre de personne, alors avec mon mari, on a décidé de lancer notre propre label, c’est un immense chemin que nous avons parcouru. J’ai vécu tant de traversées du désert et quand je vois mon public qui me suis depuis toutes ces années, qui chante mes chansons par cœur comme Confessions nocturnes, je ne peux être que pleine de gratitude, donc je m’arrête à ça et je laisse les méchancetés derrière, parce que la finalité est de faire ce qu’on aime.

    Vous répétez souvent que vous
    faites de la musique populaire,
    c’est important pour vous
    ?

    Vitaa : Pour certains, le populaire, c’est presque une insulte malheureusement. Nous, artistes populaires, nous faisons des chansons pour toucher les gens, on ne fait pas des chansons pour être branchés et aimés des médias. Je peux vous dire que quand vous faites une chanson qui raconte votre vie et que 8 000 personnes en concert la reprennent, c’est le plus beau des cadeaux. Je n’ai jamais fait de la musique pour les chiffres, j’ai fait de la musique pour partager avec les gens, alors je suis très fière d’être une artiste populaire aujourd’hui et j’en aurais jamais honte !

    Vous avez toujours raconté votre vie dans vos chansons. Pensez-vous que c’est l’une des raisons qui fait votre succès et votre longévité ?

    Vitaa : Je pense que la clé, c’est d’avoir toujours été une artiste qui ne triche pas. J’ai commencé dans ma chambre à raconter mes histoires chaotiques, la rupture la plus difficile de ma vie, c’est ce que raconte À fleur de toi et l’album est un journal intime, les chansons ont traversé le temps et, aujourd’hui, c’est toujours le cas, j’ai toujours raconté ce qui me touchais, ce que je vivais et je continue au-delà des rapports hommes-femmes, qui est un peu mon thème de prédilection, avec mes enfants, ma vie en tant que mère, etc. Ce n’est pas un choix, c’est juste parce que je ne sais pas faire de la musique autrement qu’en étant moi-même.

    Les premières images du reportage
    de TF1 parlent de l’acceptation de la différence, alors que votre fils raconte une poésie. Vous aviez repris, aux côtés de Camélia Jordana et Amel Bent, la chanson «
    Marine » de Diam’s. Que pensez-vous de la montée des extrêmes en France et de la situation politique actuelle ?

    Vitaa : Je pense que les extrêmes ne seront jamais la solution, c’est ce que je pense du plus profond de mon cœur. C’est une priorité pour moi d’apprendre à mes enfants que le but dans ce monde, c’est le respect et la tolérance, donc le jour où ces valeurs-là seront respectées, le monde ne s’en portera que mieux.

    Est-ce que Marseille est une ville
    que vous appréciez particulièrement
    ?

    Vitaa : Marseille est ma ville de cœur, ma famille est à Marseille, on va souvent au Vélodrome et le public est mon préféré en France parce qu’il y a une ferveur particulière. Je me sens très bien dans le Sud et je ne m’en cache pas.

  • [Sciences] « Lier covid long et troubles menstruels ouvre des perspectives thérapeutiques »

    [Sciences] « Lier covid long et troubles menstruels ouvre des perspectives thérapeutiques »

    La Marseillaise : Vous montrez que le covid long peut perturber le cycle menstruel, et inversement. Est-ce une spécificité de cette maladie ?

    Alexandra Alvergne : Quelques études montrent que les phases du cycle menstruel peuvent influencer la sévérité de certaines pathologies : épilepsie, maladies cardio-vasculaires, asthme… Mais cela reste des études compliquées avec des petits échantillons. Et nous ne savons pas si d’autres maladies dérèglent le cycle menstruel. Dans les jeux de données existants, ces informations manquent. Il faudrait collecter des données spécifiques.

    Cette relation est-elle vraie pour tous les variants
    du covid-19 ?

    A. A. : Difficile d’être catégorique, mais les résultats sont les mêmes pour tous les variants rencontrés lors de l’étude qui a duré plusieurs années. Ce qui compte est le déclenchement d’une réaction inflammatoire, qui a potentiellement un impact sur le cycle menstruel. Mais il n’est pas exclu que de nouveaux variants entraînant une réaction immunitaire plus importante aient un effet différent.

    Peut-on envisager des traitements ?

    A. A. : Il est encore tôt. Mais ce lien entre covid long et troubles menstruels ouvre des perspectives de recherche thérapeutique contre les saignements anormaux. Il existe des traitements hormonaux. Mais nous pourrions envisager des traitements plus spécifiques ciblant mieux les molécules pro et anti-inflammatoires ou la chaîne des androgènes. Ces derniers sont souvent associés aux hommes, mais les femmes en ont aussi et ils sont importants pour la santé reproductive.

    Propos recueillis par X.B

  • Covid long et perturbation du cycle menstruel : un lien confirmé

    Covid long et perturbation du cycle menstruel : un lien confirmé

    Au départ, il y a des témoignages sur les réseaux sociaux. « Au début de la pandémie de covid-19, des femmes indiquaient avoir des règles plus longues, ou plus abondantes, voire absentes, suite à une infection par le virus ou une vaccination, se souvient Alexandra Alvergne. En parallèle, il y avait une incompréhension et un déni du corps médical, incapable d’expliquer le phénomène ». La chercheuse CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier se penche alors sur la littérature : « Depuis 1905, seuls cinq articles traitaient des liens entre vaccination et cycle menstruel… »

    Avec ses collègues des universités d’Oxford et d’Édimbourg, au Royaume-Uni, elle montre alors en 2023 que la vaccination anti-covid et le covid aigu peuvent entraîner des perturbations du cycle menstruel. Cette fois, c’est le lien entre covid long et troubles du cycle menstruel qui est établi dans une nouvelle étude parue dans Nature Communications. « Cela confirme que cette relation existe, insiste Alexandra Alvergne, qui a dirigé les travaux. Et dans les deux sens ».

    D’abord celui d’une intensification des perturbations du cycle menstruel pendant un covid long chez la moitié des femmes souffrant de la maladie. « C’est plus que les 30% attendus et constatés dans le groupe contrôle [sans covid long, Ndlr] », précise Alexandra Alvergne. Les troubles en question ? Des saignements au milieu du cycle menstruel, des règles plus abondantes et surtout plus longues : plus de huit jours. « C’est ça qui est considéré comme anormal », souligne la chercheuse.

    Mais la relation existe aussi dans l’autre sens : les symptômes du covid long – fatigue, maux de tête, douleurs musculaires – sont plus sévères pendant les règles, quelques jours avant et après. Ils le sont moins dans les 14 jours qui suivent l’ovulation.

    Réponse immunitaire

    Des prélèvements sanguins et des biopsies sur la muqueuse utérine de quelques femmes souffrant de covid long dessinent deux pistes biologiques. D’abord une sur-abondance de cellules immunitaires – des cytokines pro-inflammatoires – pendant les règles. Cela pourrait expliquer les symptômes plus sévères du covid autour des règles. Ensuite une sur-abondance d’androgènes – des hormones impliquées dans la création et la migration des cellules de la muqueuse utérine – qui pourrait conduire aux saignements prolongés et plus abondants. Il reste à comprendre ces corrélations. « Est-ce que le covid long déclenche ces abondances ou est-ce que des personnes ayant ces caractéristiques particulières à la base développent un covid long ? », se demande Alexandra Alvergne. Aucune différence n’a été observée dans les niveaux d’hormones ovariennes. « C’est rassurant », ajoute-t-elle. Tout revient-il à la normale à la fin du covid long ? « Nous ne savons pas, admet-elle. Il faudrait suivre ces femmes plus longtemps. Et cela demande des moyens ».

  • [Cancer du sein, toutes concernées 1/3] Le dépistage, une étape essentielle quel que soit l’âge

    [Cancer du sein, toutes concernées 1/3] Le dépistage, une étape essentielle quel que soit l’âge

    C’est un constat, froid. Le cancer du sein est le cancer qui touche le plus de femmes en France et dans le monde. Un cancer qui, s’il est dépisté rapidement, se soigne très bien avec des traitements spécialisés. Au sein de l’Institut Paoli-Calmettes, le docteur Isabelle Oddou exerce depuis quatre ans. Du haut de ses 36 ans, cela fait déjà 6 ans qu’elle a décidé de ne travailler que dans des centres de lutte contre le cancer. « C’est une profession qui me parle, j’aime être présente pour les patients qui en ont le plus besoin », confie la radiologue.

    La mammographie, indispensable tous les deux ans

    à partir de 50 ans et jusqu’à 74 ans, chaque femme reçoit tous les deux ans, à son domicile, une convocation pour ce que l’on appelle un dépistage organisé et gratuit. « En plus du dépistage organisé qui se fait dans un centre agréé et qui sera suivi par une deuxième lecture faite par un radiologue, il existe le dépistage individuel, qui est fait sur ordonnance de la part de votre médecin traitant ou gynécologue », explique Isabelle Oddou. « Le but même du dépistage, c’est de détecter les cancers asymptomatiques, c’est-à-dire sans aucun signe clinique chez la femme. C’est ce qui permet une augmentation de l’efficacité thérapeutique », poursuit la professionnelle.

    Attention aux facteurs
    risques modifiables

    Un examen conseillé officiellement par les autorités de santé publique à partir de 40 ans. Pourtant, la spécialiste note, depuis quelques années, une hausse des cas de cancer du sein chez des femmes de plus en plus jeunes. « Une étude menée entre 1990 et 2023 a montré que ce cancer a doublé chez la femme de moins de 40 ans, ce qui est inquiétant. » Ce qui l’est encore plus, c’est la patientèle de moins de 30 ans davantage présente dans les centres d’imagerie de la femme. D’où l’importance de la palpation « chez soi, sous la douche avec du savon, pour plus de facilité », conseille Isabelle Oddou, ou auprès d’un professionnel de santé.

    « Nous constatons à notre échelle que ces femmes qui se présentent n’ont, pour la plupart, aucun antécédent familial. Ce qui prouve bien qu’il y a un facteur externe qui entre en jeu. » C’est ce que le docteur appelle les facteurs risques modifiables. Ils sont en opposition avec les non modifiables que sont l’âge, les antécédents familiaux, les mutations génétiques ou encore les pubertés précoces et ménopauses tardives. « Il y a un facteur modifiable qui, selon moi, est encore trop sous-estimé et qui risque de prendre encore plus d’ampleur dans les années à venir. C’est l’exposition aux polluants environnementaux que sont les perturbateurs endocriniens », poursuit-elle. « Il faut éviter l’eau en bouteille, car présents en grande quantité dans les plastiques. Seulement, pour réduire cette présence dans l’environnement il faudrait un changement de politique, donc on se sent impuissant. »

  • [On passe à table] Le crémeux de carottes et ses Saint-Jacques snackées

    [On passe à table] Le crémeux de carottes et ses Saint-Jacques snackées

    Rendez-vous cette semaine dans la toute récente cuisine du Marius Bar, une institution familiale qui perdure depuis des années rue Méry. Avec Bastien et Moad, vous apprendrez à réaliser un crémeux de carottes au cumin accompagné de carottes anciennes rôties, de Saint-Jacques snackées et d’une crème de corail. Un délice à reproduire sans attendre.

    Des couleurs de saison

    Commencez par éplucher les carottes et coupez-les en tronçons grossiers. Gardez-en deux avec les fanes que vous ne coupez pas. Faites cuire dans une eau froide au départ et salée. Pendant ce temps, ôtez à la main les coraux des noix de Saint-Jacques. Réservez les noix au frais.

    Ciselez l’oignon, faites chauffer un peu d’huile dans le fond d’une casserole, faites suer les oignons, quand ils sont dorés, ajoutez une petite cuillerée de purée d’ail ou une gousse hachée, mélangez bien et ajoutez les coraux avec le bouquet de thym. Restez bien devant la casserole et mélangez sans arrêt, un peu comme un risotto. Quand le corail commence à changer de couleur, déglacez au vin blanc. Laissez-le s’évaporer, ôtez le thym et couvrez à hauteur avec la crème fraîche. Mixez le tout pour obtenir une crème bien lisse. Remettez sur feu et faites réduire.

    Quand les carottes sont fondantes, vous pouvez d’une part mixer celles coupées en tronçon avec du cumin, de la crème, de la fleur de sel et du poivre et un peu d’eau de cuisson pour avoir une belle purée. Celles qui sont restées entières à la cuisson, coupez-les en tronçon et massez-les avec de l’huile d’olive, de la fleur de sel, un tour de moulin à poivre et du piment d’Espelette, avant de les mettre au four à 180° pendant une dizaine de minutes.

    Reprenez maintenant vos noix de Saint-Jacques assaisonnez avec du sel, du poivre et de l’huile d’olive. Sur une poêle à feu fort, avec de l’huile, déposez les Saint-Jacques 2 minutes de chaque côté pour qu’elles soient nacrées. Dressez avec le crémeux de carottes, entourez de crème de corail, trois noix par assiette, disposez quelques carottes rôties. Bon appétit.

    Pour deux personnes, il vous faudra :

    – 1kg de carottes anciennes

    – 1/2 oignon

    – 6 Saint-Jacques fraîches avec leur corail

    – Une brique de crème fraîche liquide entière

    – Purée d’ail ou gousse, 1 bouquet de thym frais

    – 1 verre de vin blanc

    – Du cumin en poudre et du piment d’Espelette

  • La Fête des alternatives de Roquevaire prône d’autres modèles

    La Fête des alternatives de Roquevaire prône d’autres modèles

    C’est à nous de créer la société et non dépendre de directives gouvernementales sur le modèle d’une économie libérale débridée », donne le ton Erwan Bouisseren, de l’Union locale CGT d’Aubagne. « Avec cette fête, nous voulons montrer que des alternatives existent pour créer un autre monde non pas régressif, mais qui respecte l’humain et la planète », déclare-t-il. « Sensibles à l’impact de l’activité humaine sur notre environnement, soucieuses de la santé des travailleurs dans leur entreprise, inquiètes de l’évolution productiviste et capitaliste de notre économie et des restrictions de nos libertés que cela engendre, 25 associations se sont mobilisées pour organiser cet événement autour des alternatives possibles et nécessaires pour répondre à l’urgence écologique, économique et sociale », présente-t-il. La fête se déroule de 9h à 17h au boulodrome, sur le cours Négrel-Féraud, prêtés par la municipalité. L’expo Durance 360 degrés est à voir à la salle l’Univers du cigalon.

    Marché paysan

    De 9h à 13h, un marché paysan sera installé cours Négrel-Féraud. Le matin et l’après-midi, des tables rondes nourriront, elles, les réflexions. De 10h à 12h, Christian Ollivier, élu à Roquevaire et spécialiste de l’eau, participera, avec Marina Mesure (FI), élue au Parlement européen, un ex-cadre de la SPL Eau des collines, la référente biodiversité France Nature Environnement, à celle intitulée « Eau, bien commun ». De 14h à 16h, conférence et débat autour de « alimentation, production, consommation », avec par exemple le secrétaire de la Confédération paysanne 13. Sur place, le public retrouvera les stands des assos, un bar et une restauration engagés, et de la musique, avec les groupes Los Fralibos et le collectif Kalapech.

  • #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ?

    #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ?

    Après trois semaines de publications quotidiennes, c’est aujourd’hui le dernier « Dis moi pourquoi ? ». Un grand merci aux enfants petits et grands, aux chercheurs de tous les labos qui se sont portés volontaires et aux Petits débrouillards, partenaires essentiels de cette opération. À l’an prochain !

    Emma, 11 ans, en 6e au collège Marie-Rivier à Sorgues

    C’est une bonne question ! Les IA ont appris ce qu’elles savent sur des bases de données. Ces bases paraissent immenses, les temps d’apprentissage sont longs et l’énergie associée à l’apprentissage très importante, par exemple pour de la reconnaissance dans des images ou des IA génératives. Mais en réalité, ces bases sont toutes petites par rapport à l’expérience d’un humain qui apprend chaque jour sur des millions de données qui lui sont présentées en permanence, avec des circuits d’apprentissage qui sont également transmis de génération en génération et qui évoluent depuis la nuit des temps. Au final, les IA arrivent à très bien faire des tâches précises, mais les bases d’apprentissages sont infiniment moins générales et fines que celles des humains, ce qui engendre parfois des erreurs absurdes. »

  • « Pour l’honneur de Gaza », un documentaire poignant projeté dans l’Hérault

    « Pour l’honneur de Gaza », un documentaire poignant projeté dans l’Hérault

    Réhumaniser les Palestiniens. Voilà le mantra du réalisateur gazaoui Ilyad Allastal. C’est ce qu’il a entrepris de faire avec son documentaire Pour l’honneur de Gaza, qui sera projeté du 17 au 23 octobre dans plusieurs villes héraultaises*, une tournée organisée avec l’Association France Palestine (APFPS) du Biterrois, aboutissement d’un long cheminement commencé en 2019. « J’avais décidé de lancer une web série, Gaza stories. En Occident, on considère toujours les Palestiniens comme des chiffres, on n’a pas une idée sur la vie quotidienne des Gazaouis. Certains imaginent Gaza comme une zone occupée, c’est une réalité mais il y a aussi une culture, un patrimoine », rembobine Iyad Allastal. Au total, 250 épisodes ont été réalisés.

    35 portraits de Gazaouis

    Puis vient octobre 2023 et les massacres qui s’en suivent. « Tout ce que j’avais connu, la vie quotidienne que j’avais filmée, tout a disparu. Ce n’était pas facile de rester là sans rien faire. J’ai pris alors la décision de retourner voir ceux que j’avais filmés mais aussi d’autres, de parler de ces déplacés. » Pendant cinq mois – il a été rapatrié en février 2024 – Iyad Allastal a suivi le quotidien de 35 Gazaouis afin de montrer la diversité de la société palestinienne. Musiciens, peintres, marionnettistes, cuisiniers, aînés, enfants, tous poursuivent leur vie sous les bombardements incessants. « C’est le paradoxe du peuple à Gaza : il se déplace tous les jours. Quand ils sont déplacés, ce sont des moments où les gens essaient de respirer en pratiquant leurs activités, leurs passions », poursuit Iyad Allastal. En tentant d’oublier la guerre. « Il y a beaucoup de théâtre pour les enfants à Gaza, à travers des initiatives des artistes. Je suis par exemple un artiste qui anime un atelier de théâtre, deux heures de joie pour les enfants, un moment très important pour eux pour essayer d’oublier l’impact de la guerre. » Ou encore un musicien cheminant entre les tentes afin de jouer pour les autres. Un documentaire qui apporte une vision humaine de Gaza.

    *à Sète le 17 à 20h30 au cinéma Comedia, à Lamalou-les-Bains le 18 à 20h30 au cinéma Imperial, à Pézenas le 20 à 20h au cinéma Molière, à Béziers le 22 à 18h à la Cimade et à Clermont-l’Hérault le 23 à 20h30 au cinéma Alain-Res

  • Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Plus les jours passent, plus les solutions pour sauver la verrerie à Vergèze s’amenuisent. Bien conscientes qu’un éventuel sauvetage de l’usine n’est désormais plus de leur ressort, les organisations syndicales négocient les conditions les plus favorables pour les futurs licenciements. Pendant de longues semaines, la CGT, la CFE-CGC et FO avaient pourtant travaillé à la recherche d’un repreneur et plusieurs pistes étaient apparues, mais elles sont tombées à l’eau les unes après les autres.

    La solution était donc de se tourner vers Perrier pour que Nestlé reprenne la Verrerie dans son escarcelle, comme c’était le cas avant 2006. « Le remplacement d’un four obsolète serait la cause de la fermeture. Nous pouvons logiquement nous poser la question : pourquoi avoir aussi attendu pour effectuer des travaux pour le remplacement d’un four ? Le groupe Perrier a les moyens de financer son remplacement. À ce jour, la verrerie produit toujours 75% de bouteilles Perrier, les dirigeants de cette entreprise ont une responsabilité à l’égard des salariés de la verrerie », explique Christian Bastid, vice-président (PCF) du conseil départemental.

    La nationalisation évoquée

    L’autre solution avancée au vu de l’urgence de la situation, c’est la nationalisation du site. Comme l’usine gagne de l’argent, il pourrait ainsi passer dans le giron de l’État, au moins le temps de trouver un repreneur. « Le problème c’est que c’est le boxon au niveau national. Mais la nationalisation est une solution. Nous avons relancé notre groupe à l’Assemblée nationale et son président Stéphane Peu pour que la question de la nationalisation soit reposée », poursuit Christian Bastid même si le préfet a fermé la porte à cette solution lors de sa rencontre avec les syndicats.

    Laurent Nunez, très présent sur le site depuis l’annonce de la fermeture du site, abonde : « Quand l’État envoie plus de 100 milliards d’aides aux entreprises sans contrôle, il est tout à fait possible que l’État s’engage pour le rachat de l’entreprise. Pour la France, ça n’est qu’un investissement. » Le secrétaire de la section communiste de Camargue-Vidourle souhaite aussi rapidement organiser une grande rencontre pour réfléchir à l’avenir de ce territoire industriel : « Ça ne va pas bien à Éminence, chez Perrier et chez Royal Canin. Il faut trouver des solutions pour ce territoire. Pour cela, il faut que l’on ait une réflexion collective. »

    Autre élu départemental présent devant la préfecture, Vincent Bouget regrette la faiblesse de l’État dans ce dossier : « S’il n’y a pas une intervention des pouvoirs publics et de l’État ça devient très compliqué. Mais aujourd’hui, que fait le gouvernement ? La solution est forcément de côté là. On entend réindustrialisation à tout bout de champ, mais quand on est devant un cas concret il n’y a pas de réaction », fustige le candidat à la mairie de Nîmes dont le cousin travaille à la verrerie.

  • Verrerie : le préfet du côté des salariés mais sans solution

    Verrerie : le préfet du côté des salariés mais sans solution

    Demi-teinte. À la sortie de leur entrevue avec le préfet, l’intersyndicale, qui était également accompagnée de la maire de Vergèze Pascale Fortunat-Deschamps (SE) et des sénateurs Denis Bouad (PS) et Vivette Lopez (LR), était rassurée sur un point : le préfet a confirmé les avoir soutenus face à la direction d’Owens Illinois (OI). « Nous avons eu confirmation qu’OI avait demandé des réquisitions pour envoyer des gendarmes sur le site par exemple et il a refusé. Il était complètement contre l’arrêt de ce four dans l’urgence. Il a demandé à OI de faire les choses dans les règles, mais OI ne l’a pas respecté. Il va aussi mettre la pression à OI vis-à-vis des agents de sécurité qui nous sont envoyés pour nous mettre la pression », a souligné Yvon Pallier, délégué syndical FO.

    Mais au-delà de ce soutien, Jérôme Bonet a confirmé son incapacité à pouvoir s’opposer à un groupe privé. Il a tout de même assuré qu’il contacterait la nouvelle équipe gouvernementale comme il l’avait fait avec les ministres de François Bayrou, pour les pousser à trouver une solution pour les salariés.

    Le four est en cours d’arrêt

    Depuis début octobre, les salariés oscillent entre tristesse et colère. En effet, le 9 octobre, la direction d’Owens Illinois a envoyé un communiqué de presse (sans avertir l’intersyndicale de son contenu) pour annoncer la fermeture prochaine du four à cause de la mobilisation des salariés qui occupent l’entrée du site depuis une quinzaine de jours. « Il s’agit de la seule option permettant de rétablir la sécurité des personnes et des installations, tout en préservant l’intégrité du four », écrit la direction. L’intersyndicale, composée de la CGT, de la CFE-CGC et de FO, a immédiatement réagi en organisant un rassemblement avec les salariés et les élus locaux le lendemain pour dénoncer « les mensonges de la direction d’OI ». « Ce sont des menteurs », a martelé Yohan Goupille, délégué syndical CGT.

    « Les prétextes cités ne sont pas justifiés. Pendant plus de dix jours, ce sont les salariés qui ont maintenu l’activité et la sécurité en l’absence totale de direction sur le site. Un accord de méthode a été signé stipulant la fin du PSE au 31 octobre. Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI, ce sont des voyous », fustige Yohan Goupille qui affirme que si le four est arrêté, il ne pourra pas redémarrer, contrairement à ce qu’avance la direction. Les syndicats ont également mis en avant les risques de sécurité d’un arrêt décidé à la hâte. Car la manœuvre est complexe. Pour stopper le four, il faut notamment le percer, faire couler 300 tonnes de verre liquide au sol et le refroidir.

    Lundi 13 octobre, du personnel de sécurité extérieur a été dépêché par OI à Vergèze pour s’assurer que les salariés n’allaient pas s’opposer à l’arrêt du four. Mais les syndicats ont rapidement contacté l’inspection du travail face à des manquements à la sécurité. « Il y a des risques humains et environnementaux », précise le délégué syndical CGT Bruno Santiago. « Ils étaient en costumes et chaussures de ville et n’avaient pas les équipements de protection. Y compris l’huissier. Et ils ont demandé à ce que le personnel ne s’approche pas. »

    Le lendemain, le four a finalement bien été percé, lançant la première phase de l’arrêt du four. Trop éprouvés, certains salariés n’ont pu contenir leurs larmes. « Maintenant, la direction nous annonce que nous ne sommes pas en indisponibilité totale mais partielle. Ils veulent qu’on vienne nettoyer le site. Ils disent que c’est pour présenter un site propre s’il y a un repreneur. C’est se foutre de nous. Pour attirer un repreneur, il aurait fallu lui montrer un site avec un four qui fonctionne et des salariés au travail. Pour moi, c’est de la torture psychologique », fustige Bruno Santiago.

    Les négociations autour du Plan de « sauvegarde de l’emploi » doivent en parallèle se poursuivre jusqu’au 31 octobre.

    « Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI,
    ce sont des voyous »