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  • [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    La Marseillaise : Pourquoi les missions locales se mobilisent aujourd’hui ?

    Claude Fournet : Dès la parution du projet de loi de finances 2026, nous avons vu qu’il était prévu une baisse significative de 13%, qui représente 77 millions d’euros de moins sur l’ensemble des missions locales. C’est énorme, d’autant que l’an dernier nous avions déjà eu une baisse, le tout arrivant à 20%. Les organisations syndicales de la région organisent notamment ce rassemblement à la préfecture. C’est complémentaire avec la mobilisation nationale impulsée par les présidents et conseils d’administration des missions locales notamment pour mobiliser les élus contre cette baisse.

    Quelles conséquences de ces baisses ?

    C.F. : Les premiers touchés seront les jeunes et les salariés des missions locales. On estime à 13 000 jeunes qui seront peu, mal ou pas accompagnés, seulement pour notre région si ce budget passe. Ce sont aussi 120 emplois menacés. Et donc des points d’accueil qui vont fermer ou qui seront moins longtemps ouverts.

    Quelle est votre analyse de cette politique de l’emploi ?

    C.F. : Il y a quelque chose d’antinomique. Il y a trois ans, le Président a fait une loi du plein-emploi et donne des moyens et des mesures pour l’accompagnement des jeunes. Les missions locales ont donc recruté, accueilli beaucoup plus de jeunes. Mais depuis, les financements diminuent ! Alors qu’on est au moment où on en a le plus besoin : le chômage remonte, et c’est celui des jeunes qui remonte le plus fort, avec plus de 20% sur un an.

    Pourtant, vous défendez un modèle d’accompagnement bien spécifique…

    C.F. : Nous sommes un exemple de décentralisation. Nous avons une mission de service public de proximité qui répond aux besoins des jeunes et aux exigences des territoires. Je rappelle qu’on travaille avec 12 000 entreprises dans la région pour les jeunes, nous sommes donc aussi une forme de développement économique. Il faut aussi avoir en tête qu’on propose un accompagnement global. Parfois, avant de parler d’emploi à un jeune, il faut qu’on parle de mobilité, de logement, de santé, de famille. On a une série de dispositifs qui aident à avoir une certaine autonomie, laquelle participe à l’entrée dans le monde du travail. On fait un travail de formation citoyenne, et même plus : culturelle, civique… Nous ne sommes pas une structure d’emploi bis de France Travail. On a une certaine vision de l’emploi pour les jeunes.

    Au niveau du calendrier parlementaire, il y a encore de l’espoir d’amoindrir la baisse prévue ?

    C.F. : Il y a une forte mobilisation des parlementaires, grâce à notre pression, et un certain nombre d’amendements, qui ont été retenus en commission des finances contre cette baisse. Et ça a été relativement transpartisan. Il y a donc des chances.

  • « Investir » pour la jeunesse

    « Investir » pour la jeunesse

    Dans le « musée des horreurs » du projet de loi de finances 2026, en débat à l’Assemblée nationale, la baisse de l’engagement de l’État dans les missions locales tient une place de choix car c’est l’avenir d’une grande partie de la jeunesse qui y est une nouvelle fois traitée par le mépris. Alors que le chômage des 16-24 ans atteignait 19,2% au premier trimestre, c’est en toute conscience que le projet de budget contient un recul de 13% des crédits de l’État aux missions locales qui viennent s’ajouter au recul des financements des collectivités locales.

    Vent debout

    Côté État, les financements étaient déjà en berne en 2025 (moins 6,8%) et, en 2024, le financement du Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PCAEA) a été divisé par deux avec une baisse de 5% des crédits de paiement. C’est-à-dire l’argent sonnant et trébuchant qui permet concrètement aux 430 missions locales du pays de mener leur mission auprès des jeunes de 16 à 25 ans. Vent debout, l’Union nationale des missions locales appelle à la mobilisation ce mardi. Leur légitime inquiétude et leur appel à bloquer un tel projet ont déjà payé, partiellement, auprès de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Le 9 novembre, les députés qui la composent ont limité la casse en adoptant un amendement pour rétablir les crédits de 2025. C’est un minimum mais qui ne sera pas au niveau des nouveaux besoins tant le nombre de jeunes venant taper aux portes des missions locales est en hausse. Un budget devrait « investir » pour la jeunesse. Pour l’heure, la Nation lui tourne le dos.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Marc Pietrosino

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Marc Pietrosino

    Actualité sociale, réforme des retraites, budget, mobilisations à venir, enjeux industriels, emploi…

    À vous la parole⬇️

  • 13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    Dix ans se sont écoulés, mais l’émotion demeure intacte. Ce jeudi 13 novembre, à midi, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Nîmes pour honorer la mémoire des victimes des attentats de Paris et Saint-Denis. Autour du maire Jean-Paul Fournier, des élus et du préfet, une minute de silence a d’abord été observée, « un silence où se mêlent la peine et l’espérance », a-t-il déclaré, rappelant la gravité de ces attentats qui ont « fait vaciller tout un pays », marqué une génération entière et transformé durablement l’approche nationale face au terrorisme. S’en est suivi l’hymne national, en mémoire des 132 morts et des centaines de blessés.

    Le maire a insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire collective : « Dix ans ont passé, mais la France n’oublie pas. Elle se recueille et elle tient debout. Et ici comme ailleurs, nous faisons vivre ce qui a été attaqué : la liberté, la fraternité, la laïcité. » Le préfet Jérôme Bonet, présent à ses côtés, a salué l’engagement des forces de secours mobilisées en 2015 et la responsabilité de chacun dans la défense des valeurs républicaines.

    Se souvenir ensemble

    À Montpellier, un hommage s’est tenu à 14h30 au Monument aux morts, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Élus, habitants et représentants des institutions y ont participé, dans la continuité des commémorations organisées dans tout le pays. Là aussi, la sobriété et le recueillement ont dominé. Le maire Michaël Delafosse a rappelé que « le 13 novembre 2015, le fanatisme islamiste arrache les vies humaines au Bataclan, sur les terrasses ». Pour lui, l’hommage est aussi un engagement : « Notre pays affronte l’épreuve, en se tenant debout pour protéger nos valeurs de liberté et de fraternité. Les victimes sont indéfectiblement dans nos mémoires. Elles nous obligent, Montpellier se souvient. »

    À Nîmes et à Montpellier comme partout dans l’Hexagone, l’émotion était la même : une douleur encore sensible, mais aussi la nécessité de rester vigilant face à la menace et la volonté de rester unis. Dix ans après le 13 novembre, la région a réaffirmé une certitude : la mémoire continue de rassembler.

  • Élections municipales : la probité, un argument de campagne ?

    Élections municipales : la probité, un argument de campagne ?

    Après avoir été montré du doigt dans les années 80 et 90 comme un territoire gangrené par les réseaux mafieux, le Var et ses personnalités politiques continuent aujourd’hui de défrayer la chronique judiciaire, même si c’est en se distinguant dans un tout autre registre. Des actes commis davantage sous l’empire d’un sentiment d’impunité. La quasi-hégémonie de la droite aux manettes pendant très longtemps a probablement contribué à favoriser ce type d’ivresse des sommets. Tout comme les liaisons dangereuses.

    Reste que ce département conserve obstinément ses mauvais penchants avec des élus de cette famille politique qui se relaient dans les tribunaux en payant un lourd tribut en terme de peines prononcées par la justice. Des premiers magistrats pris pour beaucoup la main dans le pot de confiture mais pas même conscients d’abuser de leurs prérogatives. Alors, malédiction ou système ? Est-ce que le clientélisme et les petits arrangements entre amis hérités d’une autre époque participent à faire vaciller leur propre vigilance démocratique ? Pour y répondre, on ne peut faire l’impasse sur tout ce qui se passait ici même il n’y a pas si longtemps.

    Ça ramène à l’époque du règne de celui qui se réclamait patron du Var dont la chute a été provoquée par l’assassinat de la députée du Var Yann Piat le 25 février 1994, à Hyères. L’ancien maire de Toulon puis président du conseil général Maurice Arreckx (UDF). Un homme affable qui enchaînait les bises et les poignées de main amicales le dimanche à Mayol. Le bon vieux Maurice, comme tout le monde l’appelait dans le Port du Levant, terminera son parcours d’homme public aux Baumettes, reconnu coupable de recel d’abus de confiance, et condamné à 2 ans de prison, 1 million de francs d’amende et 5 ans de privation des droits civiques en 1996. Mais ça faisait très longtemps que les Toulonnais connaissaient sa grande proximité avec le parrain de la côte varoise Jean-Louis Fargette (dit savonnette) qui a même occupé un bureau en mairie de Toulon lorsque Maurice était aux manettes. Plus tard il prendra presque légitiment sa dîme sur tous les marchés publics du Département.

    Un cataclysme qui va profiter à l’extrême droite qui prétend alors laver plus blanc que blanc. Un argument qui a fait long feu vu les affaires qui sont dévoilées. A Fréjus notamment, avec son maire et vice-président du RN David Rachline a comparu le 20 septembre devant le tribunal correctionnel de Draguignan pour prise illégale d’intérêt. Le parquet a requis une amende de 30 000 euros et une peine d’inéligibilité d’un an. La décision du tribunal sera rendue le 27 janvier à 8h45, soit deux mois avant les municipales. Il a également été mis en cause dans l’enquête réalisée par notre consœur de l’Obs Camille Vigogne Le Coat. Dans son livre elle met en avant des liquidités abondantes circulant autour du premier magistrat, un train de vie luxueux, et une grande proximité avec le milieu des affaires.

    Les mauvais penchants ont largement gagné l’extrême droite

    Le maire d’extrême droite de Cogolin Marc-Etienne Lansade a été, lui, condamné, entre autres, en appel au mois de juillet à une peine d’inéligibilité de 3 ans pour abus de faiblesse. Et a perdu aussitôt son mandat. Nous pourrions aussi parler du député de la 2e circonscription Frédéric Boccaletti condamné en 2000 à un an de prison dont six mois ferme pour « violence en réunion avec arme ».

    Mais la droite n’a pas pour autant abandonné au parti à la flamme cofondé par un SS sa place dans les prétoires. Avec des élus qui continuent de tomber comme des mouches même si les affaires ont beaucoup moins de panache que celles de leurs aînés. Des bêtises qui montrent en tout cas que le pouvoir obstrue quelque peu leur clairvoyance. On peut citer la condamnation à 15 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêt de Jean-Louis Masson, le président LR du conseil départemental du Var, le 7 novembre dernier pour laquelle il a jusqu’à ce lundi pour faire appel. Ou l’affaire du frigo d’Hubert Falco (DVD), du permis de construire de Nathalie Bicais (LR) tout deux respectivement maire de Toulon et La Seyne et démis de leur fonction en plein mandat. La seconde a fait appel de sa condamnation alors que le premier a épuisé tous ses recours. Mais aussi de Ferdinand Bernard (DVD), l’ancien maire de Sanary-sur-Mer, qui a vu sa peine d’inéligibilité de cinq ans confirmée en décembre 2024 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, reconnu coupable de détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et favoritisme pour emploi fictif.

    On pourrait continuer avec Élie Brun, l’ancien maire de Fréjus (alors UMP) condamné en 2014 à cinq ans de privation des droits civiques pour prise illégale d’intérêts, après avoir attribué une concession de plage à un proche. Puis en 2016 à 18 mois de prison avec sursis pour délivrance frauduleuse d’un permis de construire.

    De quoi pour les électeurs plaçant l’ordre en tête de leurs priorités de perdre leurs petits ? D’autant que le panorama dressé ici est très loin d’être exhaustif et de nouveaux dossiers pourraient venir ternir encore le tableau avant le mois de mars. Ici une nouvelle enquête pour prise illégale d’intérêt, là pour fraude électorale en bande organisée… Des investigations seraient en cours de source autorisée.

    Rappelons que la chute de Maurice Arreckx avait propulsé le FN aux manettes de la mairie de Toulon en 1995. Ce recours n’ayant produit nulle part les remèdes escomptés, les mêmes effets ne devraient logiquement pas produire les mêmes conséquences. Et pourtant l’incertitude reste de mise.

    De son côté, interrogé, le conseiller municipal de Toulon en Commun André De Ubeda (PCF) propose une méthode pour se prémunir de la tentation : « Pour que le pouvoir ne corrompe pas, la solution ne peut être que dans la démocratie participative, le contrôle citoyen et la transparence ».

    En attendant, la question, encore une, est de savoir, qui va pouvoir utiliser sans sourciller la probité comme atout dans cette campagne électorale ? Pour certains ce serait plus qu’osé.

    À Marseille, la bataille Ravier

    Le 30 mars 2014, à une centaine de mètres du boulevard des Aygalades où le jeune Ibrahim Ali a été assassiné en 1995 par des colleurs d’affiche du Front national, Stéphane Ravier leur chef de file prend le pouvoir dans la mairie du 7e secteur. Le maire (PS) sortant, Garo Hovsepian, est arrivé en 3e position au 1er tour relégué par les affaires Guerini et Andrieux qui éclaboussent son camp, et les divisions d’une gauche représentée par cinq listes dont celles du Front de gauche et de Pape Diouf. Malgré le danger, « Garo » se maintient en triangulaire face à l’extrême droite et la droite représentée par Richard Miron arrivé 2e. Pari perdu. S’en suivront six années d’incurie et un mandat qui a laissé des traces. Ch. C.

  • COP30 : l’urgence à agir rappelée par les associations d’Occitanie

    COP30 : l’urgence à agir rappelée par les associations d’Occitanie

    « La survie de l’humanité est en jeu ». Dans un monde pourri par l’argent, où les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général, Simon Popy n’y va pas par quatre chemins. « On a besoin d’un changement radical. Sinon c’est la fin du monde tel qu’on le connaît », alerte le président de France nature environnement (FNE) Occitanie Méditerranée.

    La COP30 marquera-t-elle le début d’un tournant mondial salvateur ? Rien n’est moins sûr. Mais le militant espère a minima une « piqûre de rappel » sur l’inquiétante réalité d’un climat qui se réchauffe plus vite que prévu et l’urgence à réagir à l’échelle internationale. « Face au fake news, le minimum c’est qu’on nous rappelle au monde réel. On doit mettre de côté la logocratie, la voix de celui qui parle le plus fort ».

    En disant cela, Simon Popy pense notamment au retrait des USA sous la pression de Trump. Une absence de taille qu’il envisage comme une « opportunité » pour les Brics, les pays du Sud étant les premiers touchés par le réchauffement climatique. « Le Brésil est confronté à beaucoup d’enjeux environnementaux autour de l’Amazonie. Après Bolsonaro, ils ont une carte à jouer ». Quant à la Chine, qui a déjà pris le virage des énergies renouvelables au contraire des USA arc-boutés sur leurs énergies fossiles, « elle peut avoir le champ libre pour être moteur elle aussi », positive-t-il sans s’attendre à des miracles. Il s’interroge aussi sur les positions de l’Union européenne. Sera-t-elle plus « exemplaire » ? Là encore difficile d’être optimiste tandis « qu’elle détricote les droits sociaux, environnementaux et qu’elle contribue à accroître l’accaparement des richesses par une minorité prédatrice ».

    Pour le président de FNE Occitanie Méditerranée, il existe deux sujets majeurs dans cette COP30. D’abord la question du financement de la transition écologique. « 65% des financements passés étaient des prêts aux pays émergents ! On est quasiment sur du néocolonialisme. Il faut un financement réel. Sans quoi la suite logique sera l’aggravation de la dette ». Second axe majeur, celui de la justice environnementale. Entre « le nord et le sud » mais aussi entre « les populations les plus pauvres et l’oligarchie dominante ». Or, il estime qu’en France, on est loin du compte. « On voit bien avec la politique de la droite sur les carburants, les ZFE, que c’est toujours la faute des pauvres ». Selon Simon Popy, il faut « avoir le courage d’interroger la responsabilité des grandes entreprises qui poursuivent leur fuite en avant comme Total ou Bouygues ».

    Taxer le kérosène

    et les billets d’avion

    Du côté dAternatiba Montpellier, Cathy Valat « n’attend pas grand-chose et à la fois beaucoup » de cette 30e conférence sur les enjeux climatiques. Sans Bolsonaro, « Le Brésil n’est pas une dictature », observe-t-elle. De plus, le pays fait face à une « grosse mobilisation des peuples autochtones sur la déforestation ». Elle rappelle que le 28 septembre, une journée solidaire à leur appel avait mobilisé plus d’un millier de personnes à Montpellier. « Un sommet des peuples est prévu », positive la militante.

    Jugeant « dramatique » le retrait des USA, elle craint toutefois une montée des discours climato-sceptiques. « Les intérêts financiers prennent toujours le pas. Avec le greenwashing, le capitalisme a plus d’une arme dans sa besace ». Sans la mettre au même niveau que celle de Trump, elle juge la politique d’Emmanuel Macron « erratique » en matière écologique. « Il n’y a aucune stratégie du gouvernement français. Macron se fait mousser mais Total continue de forer en Afrique. »

    Fidèle au slogan d’Alternatiba – Changeons le système, pas le climat ! – Cathy Valat refuse pourtant de baisser les bras. Membre du collectif Atterrissons d’urgence, elle persiste à dire qu’il existe des solutions raisonnables contre le réchauffement. « Taxons le kérosène des avions et augmentons les taxes sur les billets d’avion. ». Tandis que l’aviation reste « le seul secteur à qui on ne demande jamais d’efforts », elle déplore le fleurissement de publicités en faveur de vols européens à des prix attractifs juste pour un week-end. « Cela provoque des demandes qui n’existaient pas. »

  • Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Dans l’arrière-salle du Prolé, la soirée touchait à sa fin lorsque Vincent Bouget a pris la parole. Sans notes, le candidat de la gauche nîmoise a replacé le questionnaire citoyen dans une perspective plus large : « On ne transformera pas cette ville à quelques-uns. Si on veut la changer, il faut que les Nîmois se réapproprient leur vie, leur histoire, la politique, leur quartier ». Pour lui, l’objectif dépasse la collecte de réponses : il s’agit d’un processus de réappropriation démocratique. « Beaucoup de gens n’y croient plus, a-t-il reconnu. Ils ne pensent pas qu’on puisse faire autrement, ni qu’on puisse le faire ensemble. C’est ce doute qu’il faut combattre. » D’ici la restitution du 11 décembre, Bouget veut mobiliser « jusqu’au dernier jour » pour que chaque Nîmois puisse s’exprimer.

    « En face, les forces réactionnaires se mettent en marche »

    L’intervention a aussi pris des accents politiques plus combatifs. Le candidat de la gauche unie a dressé un constat clair : « L’extrême droite se met en ordre de marche, pendant que la droite court derrière elle » Face à cela, Bouget appelle à ne pas se démoraliser : « Oui, les forces adverses sont puissantes, mais notre réponse, c’est le travail de terrain. 160 points de contact en deux mois, des milliers de rencontres : c’est ça qui compte ». Il conclut sur une note d’humilité : même en cas de victoire, « rien ne sera facile ». Mais, dit-il, « notre force, ce sera cette réunion des habitants de tous les quartiers. Cette ville a des ressorts pour résister et reconstruire ensemble ».

  • Quel avenir pour les Halles de Bagnols-sur-Cèze ?

    Quel avenir pour les Halles de Bagnols-sur-Cèze ?

    Lors du vote du conseil municipal pour se porter garant du prêt contracté par Anthony Gazan pour rénover les Halles en 2022, les élus avaient voté pour à l’unanimité. Seule la gauche et notamment le Parti communiste s’étaient inquiétés de ce choix, tant le projet porté par un acteur privé semblait ambitieux. Trois ans plus tard, force est de constater que le pari a été raté.

    En 2022, ce projet porté par Anthony Gazan, professionnel de l’immobilier, avait en effet été labellisé par le programme Action Cœur de Ville dans l’objectif de redynamiser le centre-ville. Celui-ci a donc bénéficié d’un prêt à taux zéro de 1,15 million d’euros de la part de la Banque des Territoires, pour lequel la Mairie s’est portée garante à 50%, en optant pour l’hypothèque. « Condition indispensable à l’obtention du prêt », précise aujourd’hui la municipalité. Mais seulement seize mois après son ouverture, ces Halles ont fermé en catimini après le départ des deux derniers commerçants.

    « Nous n’avons jamais cru à ce projet déjà parce qu’il avait eu des précédents ratés dans les partenariats publics-privés comme par exemple le lotissement PUP de la route d’Orsan ou Bagnols plage », explique Elian Cellier, le secrétaire de la section communiste bagnolaise. « Il manquait aussi un parking pour accueillir les clients. Et quand ça a commencé, les loyers des commerçants étaient exorbitants donc ça n’a pas marché ». Depuis un an, le rideau est donc descendu sur ces Halles qui abritaient historiquement un cinéma.

    Mais fin octobre, une annonce est apparue sur le site Le Bon coin pour proposer à la vente le fonds de commerce à 215 000 euros pour cet espace de 550 m2. « Qui va vouloir investir alors que le centre-ville est un désert et que le trois-quarts des magasins sont fermées ? Je pense que c’est invendable. On se demande pourquoi la mairie ne s’est pas saisie de ce bien dont elle prétend avoir une garantie ? », interroge Elian Cellier.

    Nouveau sujet des prochaines Municipales

    Dans ce contexte, la municipalité se fait discrète rappelant « qu’aucune somme d’argent n’a été versée par la mairie, situation qui demeure inchangée » et que « la seule subvention versée est celle de la Région » dans le cadre du projet « reconquête des friches ». Mais elle ne dit rien sur sa volonté ou non de récupérer ce bâtiment ou sur l’avenir des Halles. Le maire, Jean-Yves Chapelet, ne souhaite pas s’exprimer dans ce dossier.

    « Même si la mairie récupère le bâtiment, on en fait quoi ? Le bâtiment est bien rénové mais s’il faut l’adapter à un nouveau projet, ça va demander des investissements », souligne le communiste avançant une idée volontairement provocatrice sur un territoire où l’extrême droite prospère : « On pourrait y mettre la mosquée comme elle risque d’être expulsée de son lieu [la Cour d’appel de Nîmes a mis sa décision en délibéré après une audience le 6 novembre, faisant suite à l’affaire de l’imam Mahjoub Mahjoubi, Ndlr]. Qu’est-ce qu’on fait avec les musulmans ? On les renvoie dans les caves ? Il faut leur proposer autre chose ».

    De son côté, le candidat aux élections municipales de mars prochain Jérôme Jackel (Debout!) souhaite également que la municipalité récupère le bâtiment. « Aujourd’hui, les Halles font office de verrue dans le paysage urbain. C’est une structure abandonnée qui ternit l’image de notre ville. Je propose donc de réutiliser cet espace pour le musée archéologique qui est aujourd’hui vétuste et ne répond pas aux normes d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite », avance l’ancien insoumis. À cinq mois des élections, l’avenir des Halles de Bagnols-sur-Cèze pourrait bien venir animer la campagne municipale.

  • JR joue les prolongations au Carré Ste-Anne, à Montpellier

    JR joue les prolongations au Carré Ste-Anne, à Montpellier

    Au cœur de Sainte-Anne restaurée, l’installation a déjà séduit plus de 225 000 visiteurs. Face à ce succès public, l’exposition est prolongée jusqu’au dimanche 4 janvier 2026 inclus.

    Avec cette installation participative et collaborative, JR explore la mémoire des lieux et des âmes à travers un arbre monumental et vivant dont les frondaisons, composées des mains des visiteurs mais aussi envoyées depuis le monde entier, ont évolué au fil des mois. En effet, grâce aux deux photocopieurs mis à la disposition du public au sein de l’ancienne église, chacun(e) pouvait laisser son empreinte et contribuer
    à la vie de l’installation. Aujourd’hui, ce sont plus de 45 000 mains qui emplissent la nef du Carré Sainte-Anne.

    * La visite est libre et gratuite

  • La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau est l’un des angles morts des COP car elle n’est que très peu abordée au sein des COP climat ou des COP biodiversité alors que c’est probablement l’un des tous premiers marqueurs du changement climatique », regrette Eric Servat. Depuis 2021, le chercheur et hydrologue dirige le Centre international français Unesco sur l’eau (Icireward) basé à Montpellier qui multiplie les partenariats de recherche avec les laboratoires africains.

    « Quasiment tous les projets que nous finançons sont des programmes qui se déroulent avec des partenariats du Maroc, de Tunisie, du Sénégal, de Côte d’Ivoire etc. Nous tentons d’avoir une réflexion partagée sur les questions liées à l’eau parce qu’on voit par exemple que dans certaines parties du Maroc, les précipitations sont extrêmement faibles et nous avons, nous aussi en France, un cycle de l’eau perturbé », précise l’auteur du « Grand défi de l’eau » sorti début septembre.

    Aujourd’hui, la plupart des projets sont menés en Afrique permettant ainsi d’acquérir un grand nombre de données qui permettent aux pays du nord de la Méditerranée de s’adapter plus rapidement au dérèglement climatique. « Nous cofinançons par exemple un projet au Maroc sur les mécanismes de recharge des aquifères qui nous permet d’étudier la vulnérabilité et le renouvellement des eaux souterraines dans les milieux karstiques. Or ces milieux, ce sont ceux que nous connaissons dans l’Hérault », détaille Eric Servat.

    Le centre, qui finance aussi des projets sur le bassin de Thau et plus largement sur le Languedoc, participe aussi au programme « Défi water Occitanie » financé par la Région dont l’ambition est de travailler sur la réutilisation de l’eau. « Plusieurs laboratoires travaillent sur ce projet avec des « living labs » qui sont des expérimentations à grande échelle sur un temps long », explique Eric Servat.