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  • Badminton : Emma Reymond sur deux tableaux

    Badminton : Emma Reymond sur deux tableaux

    Ils sont sourds ou malentendants, sportifs de haut niveau, mais ne peuvent pas participer aux Jeux olympiques, ou Paralympiques.

    Néanmoins, ces athlètes ont « leurs » jeux mondiaux. Les Deaflylimpics, une épreuve internationale réservée aux sportifs souffrant de ce handicap. Pour pouvoir intégrer ce circuit particulier, la personne doit avoir une perte auditive supérieure à 55 décibels. Et en compétition, elle ne peut pas avoir ses prothèses auditives.

    Cette année, c’est à Tokyo que se retrouvent les 3 000 athlètes, représentants 70 nations. Parmi eux, dans l’épreuve de badminton, figure Emma Reymond. La Vitrollaise est une habituée des grands rendez-vous internationaux. Elle est engagée sur deux tableaux. En individuel et en double mixte, avec son complice Xavier-Guillaume Valledor.

  • Coupe de France de football : Carnoux et Istres peuvent encore rêver d’une épopée

    Coupe de France de football : Carnoux et Istres peuvent encore rêver d’une épopée

    Trois clubs des Bouches-du-Rhône étaient encore en lice dans le 7e tour de la Coupe de France.

    Aubagne, pensionnaire de National, semblait en mesure de poursuivre l’aventure. Après avoir confirmé leur qualification face à Avignon, dans un match rejoué du 6e tour gagné 3 – 0, les Santonniers sont tombés de haut. Samedi, ils se déplaçaient à Seyssinet-Pariset. Le voyage dans la banlieue de Grenoble a été synonyme d’énorme désillusion.

    Face à un adversaire évoluant en Régionale 3, les Aubagnais ont été tenus en échec (0 – 0). Avant de céder dans la séance des tirs au but (4 – 3).

    Istres, in extremis

    Cette élimination va peut-être sourire au FC Istres. Les violet et noir, qui évoluent en Nationale 2, ont évité, de peu, la sortie de route. Les hommes de Zaki Noubir ont dû batailler ferme face à Allinges. Car, le petit Poucet haut-savoyard (évoluant en Départemental 1) a fait mieux que se défendre.

    Menés 1 – 0, réduits à dix, les Chablaisiens ont égalisé à la 83e minutes. Mais, à l’approche du temps additionnel, Simon Cara a libéré les Istréens. Ils seront opposés à Seyssinet-Pariset au prochain tour.

    Carnoux ira à La Duchère

    Carnoux, seul club évoluant à domicile, a quant à lui connu une soirée tranquille. Face aux Tahitiens de Piraé, les hommes de Samir Tarhat ont su se faciliter les choses. « Les gars ont respecté le plan de jeu à la lettre et ont été efficaces », souligne l’entraîneur.

    Avec trois buts en moins de vingt minutes, dont un doublé de Jems Vacher, les Carnusséens ont assommé leurs adversaires. « Nos têtes étaient sur le terrain, mais nos étaient encore dans le vestiaire », a regretté Heimano Bourebare. Le capitaine tahitien aurait « espéré un autre scénario. Mais nous sommes tombés sur un adversaire bien organisé ».

    Le succès, 5 – 1, fait du bien au moral. « C’était le match parfait. Il n’y a pas eu d’avertissement, pas de blessé et j’ai pu donner du temps de jeu à des jeunes qui le méritaient » enchaîne Samir Tarhat. Pour lui, «c’est un résultat qui fait du bien. Obtenu contre un adversaire qui avait des intentions de jeu et que nous avons su assommer en marquant très vite deux buts. »

    Carnoux, comme la saison dernière, atteint donc le huitième tour. Avec un adversaire qui sera La Duchère, qui évolue comme le CFC en Nationale 3. En terres lyonnaises, les Carnusséens auront fort à faire s’ils veulent atteindre les 32e de finale. Ce qui constituerait une première dans l’histoire du club.

    Toutefois, avant ce rendez-vous, Carnoux va se déplacer à Alès, pour la reprise du championnat. « Nous sommes en manque de points et ce déplacement chez les leader est peut-être le moment de renverser les choses », espère l’entraîneur. La qualification pourrait servir de déclic.

  • Le stade Vélodrome est en route pour un sacré record

    Le stade Vélodrome est en route pour un sacré record

    Pour accueillir Brest, avant la trêve, ils étaient 66 279 à vivre la victoire de l’OM (3 – 0).

    Il s’agissait de la vingt-deuxième rencontre consécutive à guichets fermés, pour un Vélodrome qui, alors que la Ligue 1 n’est pas encore à la mi-championnat et qu’il reste, a minima, deux matches de Ligue des Champions (Newcastle, Liverpool), le nombre de spectateurs vient de franchir la barre du demi-million.

    Si l’on ajoute les deux rencontres amicales du mois d’août, contre Seville et Aston-Villa, ce sont 650 000 visiteurs qui ont assisté aux diverses prestations de l’OM. Ce qui donne une moyenne de 65 000 spectateurs par match.

    Montpellier, le record

    Trouver un billet pour assister à un match de l’OM est donc devenu une véritable chasse au trésor. Sur les deux dernières saisons, l’affluence a largement dépassé le million, voire le million et demi. Y compris l’exercice 2024/2025 pourtant privé de coupe d’Europe.

    À l’heure actuelle, le record d’affluence, pour un match de football, est un derby. Celui contre Montpellier, la saison dernière. Ils étaient en effet 66 319 à vivre le retour de Jean-Louis Gasset au Vélodrome. Ce dernier était allé au chevet des Héraultais, après avoir aidé l’OM à sauver les apparences sportives, avec une participation à la demi-finale de la Ligue Europa.

    Ces chiffres font du stade Vélodrome une des enceintes les plus fréquentées d’Europe. Sans surprise, elle est numéro 1 en France, car l’OM possède le stade à la plus grande capacité d’accueil. Au niveau européen, le jardin des Olympiens est en bonne position dans le top 10.

    Les cinq stades qui le devancent sont le Westfallenstadion de Dortmund, l’Allianz du Bayern, San Siro, hôte des deux clubs milanais de l’Inter et de l’AC, Santiago Bernabéu du Real Madrid et Old Trafford de Manchester united.

    À quand une finale européenne ?

    Il est surprenant que le stade Vélodrome n’ait pas encore été choisi par l’UEFA pour accueillir une finale de Ligue des Champions, ou de Ligue Europa. Alors qu’il a le label 5 étoiles nécessaires et a accueilli celles de rugby.

    Ainsi, si l’OM tutoie les records d’affluence, ce n’est pas avec le football que l’enceinte du boulevard Michelet a enregistré ses plus fortes affluences. Elle accueille périodiquement des matches de rugby, et ce sont deux « classiques » du Top 14 qui figurent ainsi en tête.

    Il s’agit des deux dernières réceptions de Toulouse par Toulon. Le 10 mai 2025, avec 66 818 personnes, qui devance la finale du championnat de France, le 28 juin 2024, où ils étaient 66 760 à assister au sacre de Toulouse sur l’UBB.

    Retour à la Commanderie pour Nayef Aguerd

    Malgré une blessure, Roberto De Zerbi redoutant une pubalgie, Nayef Aguerd avait été appelé en sélection marocaine par Walid Regragri.

    Le défenseur de l’OM a été laissé au repos lors du premier match du Maroc face au Mozambique et a été libéré par le manager du Maroc avant le second match contre l’Ouganda.

    Nayef Aguerd est donc rentré en France et a retrouvé la Commanderie pour y suivre un protocole de soins. Le défenseur avait dû céder sa place à CJ Egan-Riley au cours du match de championnat contre Brest, avant la trêve, après avoir tiré sur la corde en Ligue des Champions contre l’Atalanta Bergame.

  • [Entretien] Aram Karim : « Documenter le Kurdistan d’avant les accords Sykes-Picot »

    [Entretien] Aram Karim : « Documenter le Kurdistan d’avant les accords Sykes-Picot »

    La Marseillaise : Vous avez exhumé des documents du début du XXe siècle aux archives de La Courneuve à propos du Moyen-Orient. En quoi sont-ils précieux ?

    Aram Karim : La France est une grande maison pleine de patrimoine archivistique précieux. L’importance de posséder ces documents et écrits que nous avons numérisés réside dans le fait qu’ils racontent l’histoire de manière scientifique dont nous pouvons tirer des leçons, car certaines pièces sont antérieures aux accords Sykes-Picot qui découpent le Moyen-Orient selon des frontières qui ignorent le Kurdistan.

    Nous avons découvert que parmi ces document se trouvaient des cartes contenant les informations les plus précises et scientifiquement détaillées de la période, alors que la démographie de toute la région était en train de changer. Encore aujourd’hui nous ne connaissons pas bien, en termes d’informations géographiques, une nation comme le Kurdistan et nous ne savons pas comment étaient les données démographiques de cette nation ! J’ai donc approfondi mes recherches dans les documents et les écrits de La Courneuve. J’ai découvert des informations méconnues qui renvoient à un siècle en arrière.

    Pourtant, leurs auteurs tournent vers l’avenir tout en retraçant les frontières du Kurdistan et leurs transformations – de la région du Caucase jusqu’à Mossoul et Kermanshah – comme le montrent certaines cartes, dont quelques-unes n’avaient jamais été publiées auparavant. La fatigue que ce travail provoque devient finalement une source de plaisir, car elle permet d’attirer l’attention des historiens et des lecteurs.

    Alors qu’un processus de paix est engagé à l’initiative d’Abdullah Öcalan, pourquoi est-ce important d’éclairer le présent par le passé ?

    A.K. : Dans le cadre de l’appel lancé par le leader Abdullah Öcalan le 27 février et du 12e congrès du PKK tenu du 5 au 7 mars, une nouvelle déclaration historique a été publiée le 26 octobre, annonçant le retrait des forces armées du PKK vers les monts Qandil.

    Cette décision s’inscrit clairement dans la continuité de l’appel d’Öcalan. En réalité, cet appel s’enracine dans une histoire ancienne de la pensée d’Öcalan : depuis près de cinquante ans, il plaide pour une résolution pacifique et la construction d’une société démocratique. Dans ses écrits, notamment dans son Manifeste pour la libération démocratique ou dans l’ouvrage intitulé De l’État sumérien des prêtres à la société démocratique, Öcalan souligne depuis le début du mouvement révolutionnaire la nécessité de résoudre les problèmes par le dialogue, d’instaurer la paix et de faire progresser la démocratie sociale.

    Cependant, l’État turc a toujours répondu à ces appels par des accusations et des conflits internes. En 1991, sous la médiation de Jalal Talabani, une rencontre a eu lieu entre le gouvernement turc et Turgut Özal pour discuter d’une possible solution politique. Mais ce processus a rapidement échoué : Özal a été assassiné, la guerre interne au Kurdistan s’est intensifiée, jusqu’à la capture d’Öcalan et son transfert dans la prison d’Imrali. Durant les 26 années d’emprisonnement d’Öcalan, le projet de reconstruction nationale kurde s’est structuré à travers l’enseignement, la participation au Parlement turc et la figure de Selahattin Demirtas, lui aussi détenu depuis plusieurs années. En outre, la pensée d’Öcalan a donné naissance à de nombreuses organisations culturelles et à la révolution « femme-vie-liberté ». Il a sans cesse pris position pour les droits des femmes, la culture, l’émancipation, l’éducation et un journalisme éclairés et démocratiques, ainsi que pour des médias libres.

    Malheureusement, plusieurs de nos journalistes ont été assassinés et beaucoup d’autres sont en prison. L’État turc doit avancer sérieusement, ne pas nous laisser dans l’attente, et cesser d’imputer au PKK l’étiquette de « terrorisme ». La communauté internationale devrait, de la même manière, mettre fin à cette accusation de terrorisme.

    Envisagez-vous de poursuivre
    vos recherches sous la forme
    d’un documentaire
     ?

    A.K. : Ce serait un rêve qui deviendrait réalité. J’adorerais réaliser un film documentaire et j’aimerais beaucoup avoir de l’aide et du soutien pour y parvenir.

  • « Marseille & friends » : galette hip-hop à l’ancienne dans les bacs

    « Marseille & friends » : galette hip-hop à l’ancienne dans les bacs

    À Marseille, les bonnes idées naissent souvent autour d’une bonne « pizze ». Il y a un an « presque jour pour jour », c’est autour d’une ronde à la marseillaise que le beatmaker Excès Zbraa lance à Olivier Gilles, taulier de Galette Records, disquaire implanté dans le quartier du Cours Julien : « ça te brancherait pas de faire un maxi qui s’appellerait Galette and friends, dans lequel on réunirait les rappeurs qu’on connaît ? », se remémore le dernier cité, avant d’embrayer : « Je lui ai répondu oui sur le principe. Mais ça s’appellerait plus Mars & friends car Galette, ça fait trop égocentrique », rappelle avec humour celui qui se retrouve alors propulsé directeur artistique d’un projet prenant rapidement le tour d’un vrai album. En ligne sur les plateformes de streaming, mais aussi et surtout en vente dans son échoppe de la rue des trois frères Barthélémy depuis vendredi 14 novembre.

    Le résultat ? 10 titres qui fleurent bon le hip-hop à l’ancienne, comme on les aime. « Ce que les gens écoutent actuellement, c’est du pop rap, pas du vrai hip-hop », constate Olivier Gilles, du haut de son œil d’expert mais aussi d’après le retour de ses clients. « De plus en plus de gens veulent un retour au hip-hop qu’on a connu dans L’école du micro d’argent [l’opus mythique du groupe IAM, sorti en 1997, Ndlr], à ce qu’on appelle le boom bap ».

    Internationale marseillaise

    « On a demandé à 38 artistes de donner leur vision de Marseille depuis chez eux », situe-t-il à propos de Marseille & friends. De Gino 1313, qui a « grandi entre le Panier et l’Opéra, et traîné jusqu’à l’heure où les requins côtoient les rats » à Nejma Nefertiti, tout droit venue de Brooklynn, qui clame qu’« elle adore New York, mais que Marseille est dans ses rêves », un panel réjouissant qui fait renouer les auditeurs avec les bons vieux rythmes à quatre temps ainsi que les samples chiadés. Que dire encore du Mc américain installé à Marseille, Napoleon Da Legend, qui répand son flow sur Marseille la nuit, ou encore du rappeur Inoki, « l’équivalent d’Akhenaton en Italie », dixit Olivier Gilles, qui triture avec jubilation La langue du rap aux côtés du Mc du Panier, Costello… Le tout, sur des instrus signées par le jazzeux Fred Spider, le plus funky des Marseillais, Mofak, et même Imhotep d’IAM.

    N’en jetez plus, Marseille & friends sonne comme une madeleine de Proust de l’âge d’or d’un hip-hop hélas englouti par une industrie qui l’a dénaturé aux oreilles du grand et jeune public. Mention spéciale pour Ronin de Mars, son tour à tour héroïque et lyrique, ponctué d’un couplet de Faf Larage, déplorant avec verve : « Quand l’amitié devient un mirage cruel, que les promesses sont bafouées et les sourires balafrés, quand la bienveillance de ceux qu’on a aimés s’effrite sous la semelle, la douleur nous plante sa dague affutée et le mode sombre dans le soupçon et l’anxiété ». Autant de titres estimables qui appellent une « release party, en préparation », et même une suite « à laquelle on est déjà en train de réfléchir », confie avec fierté Olivier Gilles. « Il est même possible qu’on y trouve Shurik’n », fait-il déjà languir.

    Vinyle disponible chez tous les bons disquaires, surtout chez Galette Records, et sur www.galette-records.com

  • [Théâtre] « Le misanthrope » pas insensible au genre humain

    [Théâtre] « Le misanthrope » pas insensible au genre humain

    Dur de s’attaquer à un classique tel que Le misanthrope, adapté et décliné à l’infini par quiconque se dit homme ou femme de théâtre. Un défi relevé avec une ardente rigueur par le metteur en scène Georges Lavaudant, comme pourront le constater les nombreux spectateurs aixois ayant déjà répondu présent, entre le mardi 18 et le samedi 29 novembre, sur la scène du Jeu de Paume. Dans son costume noir cintré, Eric Elmosnino campe le personnage d’Alceste avec flamboyance pour en extraire tout son registre tragi-comique. Il en faut pour se soustraire à des mondanités qui l’obligent malgré tout, face aux courtisans de sa Célimène dont il sonde les sentiments.

    Intime et social

    Comme l’explique Georges Lavaudant dans sa note d’intention, « l’intrigue a deux versants. L’un et social, l’autre est intime. Les deux sont inextricablement liés et se rejoignent dans la personne d’Alceste ». Et le metteur en scène de développer : « D’un côté, nous suivons les péripéties d’un duel entre un homme et une femme. Lui veut la faire parler une fois pour toutes. Elle refuse cette parole qui l’engagerait ». Quant à l’aspect social, il se matérialise notamment par la formule d’Alceste : « Je hais tous les hommes ». « S’il est fou », estime-t-il, « sa folie est très sérieuse et cohérente. Il n’est pas un misanthrope de salon, ses idées ne sont pas de la théorie pure, elles se traduisent concrètement en humeurs et passions qui le tourmentent. Il ne peut pas vivre dans un monde sans vérité ».

  • Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Sapins et guirlandes de Noël sont déjà de sortie devant les Galeries Lafayette du centre commercial Cap Sud d’Avignon en ce jeudi 13 novembre, mais pas de foules à l’image de celles vues le 16 octobre dernier pour la première journée de liquidation des Galeries du centre Bourse, à Marseille.

    Dans les allées, sous un éclairage aux lumières blanches et entre les produits de marques plus ou moins connues des férus de mode, une douzaine de clients flânent en regardant parfois un produit qui attire l’œil. Parmi eux, des habitués comme Marcelle et Anita, retraitées avignonnaises du groupe Monoprix, pour qui ce « serait dommage » de voir disparaître « ce genre d’endroit symbolique qui porte un peu de chic dans la ville ». Tout en regrettant « des prix qui ont rendu inaccessibles ces produits à la plupart des gens ». « Franchement, une fermeture ne me ferait absolument rien », rit, après avoir fait les gros yeux devant les étiquettes de prix d’une veste, Nathalie. Venue avec son fils Tom, 17 ans, car ils passaient dans le coin, « c’est la première fois en 15 ans que je viens ». « Il y a presque trop de choses. À l’heure des plateformes de seconde main, je ne comprends pas ce type de magasin. Même si je conçois que ça manquera aux personnes qui ont l’habitude de s’habiller ici », abonde Tom, sac d’une enseigne de prêt-à-porter à bas prix en main.

    « Il n’y a pas de craintes de fermeture », assure Olivier Bernardi, directeur du site. Et ce, car le magasin a été affilié en 2021 par le groupe Retail Avignon, qui est aussi propriétaire des Galeries Lafayette de Béziers et Nîmes. « Les finances sont totalement dissociées. Et tout se passe bien à Avignon. En 2025, nous avons fait entrer plusieurs nouvelles marques, par exemple, et en 2024, on était en progression de 5 points », détaille le responsable.

    Un rachat qui a réorganisé le fonctionnement du magasin et chamboulé certains employés comme Jérôme*, plus de trente ans d’ancienneté et en arrêt maladie depuis plus d’un an. « Suite au rachat, la charge de travail a augmenté et on nous a supprimé nos primes alors qu’on a un salaire minable. Je ne reconnais plus mon magasin. Après tant d’années de joie, je ne peux plus approcher du centre commercial sans ressentir de l’angoisse », soupire-t-il.

    *Prénom modifié à sa demande

  • [Entretien] Sophie Delfino : « Les propositions de l’Union pour Gap sont toutes chiffrées »

    [Entretien] Sophie Delfino : « Les propositions de l’Union pour Gap sont toutes chiffrées »

    La Marseillaise : Qui rassemble la liste « Union pour Gap », conduite par Elie Cordier ?

    Sophie Delfino : C’est une liste qui regroupe des partis de gauche avec une large place pour une participation citoyenne, de telle sorte qu’au départ c’était une liste de partis mais qui est devenue une liste de Gapençais soutenue par le PS, le PCF, les Écologistes, Génération.s, Place publique, ainsi que des groupes d’opposition au conseil municipal dont fait partie Elie Cordier.

    Comment le programme de la liste « Union pour Gap » reflète-t-il cette participation citoyenne ?

    S.D. : Le programme est ancré à gauche, il laisse une large place aux questions sociales. Par exemple, la gratuité de toutes les activités pour les maternelles et les primaires. Mais les propositions ne descendent pas d’en haut, elles sont le résultat d’un travail collectif. Il y a une grosse dynamique de travail qui intègre des gens rencontrés lors des porte-à-porte et qui sont d’accord pour participer à l’élaboration du programme : 140 personnes ont participé à 12 commissions, à ce jour.

    De quelle manière se concrétise cette démarche ?

    S.D. : La commission qui a attiré le plus de participation et qui témoigne d’une grande préoccupation locale, c’est l’écologie. Il y avait 28 personnes à chaque réunion et énormément de propositions qui vont de la végétalisation des cours d’écoles jusqu’à la rénovation des logements publics en passant par le tri des déchets verts. Nous avons par ailleurs créé une commission « Sécurité et tranquillité » car nous avons constaté cette préoccupation importante lors des rencontres avec les habitants. De là, émergent des propositions telles que l’augmentation des effectifs de police municipale, un projet de lieu rassemblant police nationale et police municipale pour une meilleure coordination, des médiateurs pour éviter les incivilités. Beaucoup de mesures sont envisagées.

    Les rencontres, l’écoute et le dialogue nous permettent d’avancer des propositions. Ainsi pour l’implantation d’entreprise dans le bassin gapençais, un gros travail est en train de se faire avec des entrepreneurs de PME qui sont déjà en dialogue avec nous. Il faut favoriser l’implantation de start-up. De même, on est à l’écoute des gens qui travaillent dans la ville, sur le territoire. On a fait des réunions avec les syndicats d’employés municipaux, avec les représentants territoriaux, le CCAS aussi. Cela nous permet de comprendre la grande souffrance des employés municipaux aujourd’hui et d’envisager des aménagements positifs pour la ville et les employés.

    Pouvez-vous citer quelques points importants du programme ?

    S.D. : Nous envisageons de garder et d’améliorer ce qui fonctionne et d’autre part de répondre à des besoins par des créations. Tout d’abord, on a dit qu’on faisait un état des lieux de ce qui marche à Gap. Dans un premier temps, notons que Gap n’est pas une ville endettée. Nos propositions sont toutes budgétisées. On a des gens qui travaillent pour le chiffrage, un expert-comptable et autres professionnels, on sait combien ces réalisations vont coûter.

    Par exemple, nous allons créer une ferme municipale avec des produits bio pour la restauration scolaire et les établissements publics. Le chiffrage est fait, selon qu’il y aura des employés municipaux ou des producteurs locaux. Ce sont des chiffres différents. Autre exemple à Gap : il y a des transports gratuits depuis plus de 20 ans. C’était un combat gagné par des élus communistes d’opposition. C’est resté et ça fonctionne. Mais tout l’aménagement urbain n’a pas évolué. Par exemple, en centre-ville, rue Carnot, je ne sais pas où je suis : sur une piste cyclable, piétonne ? C’est dangereux, il y a des accidents. Nous avons donc un gros projet de réaménagement pour faire vivre ensemble, vélos, piétons et voitures. Avec des règles claires et connues. Nous voulons faciliter la mobilité. Améliorer l’existant, c’est par exemple favoriser le développement d’une pépinière d’entreprise qui actuellement vivote. Il n’y a pas assez de facilitation de la mairie sur les locaux pour l’implantation et le développement d’entreprises. C’est le volet d’emploi du bassin gapençais qui est en jeu. Le maire actuel est fâché avec tout le monde au niveau de la région, c’est un gros problème. Or il faut travailler avec toutes les instances régionales de manière plus active pour désenclaver, pour le tourisme, et l’implantation d’entreprises. À cet égard, un des enjeux des JO est le réaménagement routier et ferroviaire. La mairie, la communauté de communes et le département doivent travailler ensemble sinon on est perdant. Il faut penser au niveau intercommunal, les gens des communes environnantes viennent à Gap. Il faut travailler avec les autres communes, créer du dialogue, leur permettre d’avoir l’initiative au lieu de tout faire descendre de la ville de Gap.

    Y a-t-il des lignes directrices communes aux différents aspects du programme ?

    S.D. : Favoriser les rencontres et les échanges entre différents quartiers, entre différentes générations, c’est notre fil conducteur. Aujourd’hui à Gap, chacun reste dans son quartier. Donc on veut créer des moyens, des lieux, des événements, pour que les gens se rencontrent et créent du lien. Par exemple, dans la ferme municipale dont j’ai parlé, ce sera un lieu de rencontre. Ou encore, à la piscine : en faire à la fois, un lieu de compétition sportive officielle, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, mais aussi un lieu de loisir avec un restaurant, des espaces ombragés, pour les enfants, les jeunes et les familles où l’on puisse passer la journée. L’axe d’attaque du programme c’est que les gens puissent se rencontrer. Par exemple, il y a beaucoup de faits culturels mais on ne le sait pas. Il y a énormément d’associations culturelles mais on ne s’en rend pas compte. Chacun reste dans son coin. Ainsi les troupes de théâtre à Gap ne se connaissent pas entre elles. On pourrait créer un conservatoire de théâtre. Nous voulons créer une maison de la culture et des associations car il manque aussi beaucoup de petites salles.

    Nous sommes à 4 mois des municipales, pensez-vous que la liste « Union pour Gap » peut gagner ?

    S.D. : Oui, nous pensons que gagner est de l’ordre du possible. Tout d’abord, nous formons une alliance entre partis de gauches et écologistes avec des gens qui se connaissent et s’entendent bien. Même s’il peut y avoir des désaccords, on a une vision commune pour la ville et on travaille dans une ambiance cordiale. Ensuite, cette liste accorde une large place à une participation des habitants, à la citoyenneté. Il y a une dynamique, et nous sommes devenus une liste de Gapençais pour les Gapençais. Et ce n’est pas un slogan. Il y a en effet une forte sollicitation de la population pour l’élaboration du programme et si on est élu, on doit établir un fonctionnement où les gens auront un droit de regard et qu’on puisse s’appuyer sur un mouvement citoyen. Enfin, nous avons une tête de liste, Elie Cordier, qui arrive à fédérer tout le monde. Dans l’équipe de campagne, il y a tous les âges, différents milieux socioprofessionnels. C’est un atout considérable. Elie Cordier est à l’écoute, il est en phase avec les visées du programme et avec son esprit.

  • L’aéroport d’Avignon a entamé la mise aux normes de sa piste

    L’aéroport d’Avignon a entamé la mise aux normes de sa piste

    Depuis de nombreuses années, l’aéroport d’Avignon vit avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête : l’obligation de mettre aux normes de sécurité européennes [Resa, dans le jargon aéronautique, pour Runway end safety area] sa piste pour pouvoir continuer à tourner. Un dossier qui est en passe de se finaliser. Depuis trois semaines, à défaut d’avions de vols commerciaux, des engins de chantier sont entrés en piste.

    En bordure de la route de Morières, obligeant le golf à trouver un nouvel emplacement pour son trou numéro 6 (lire ci-dessous), des monticules de terre sont retournés. « On le répète et le martèle, il n’y a pas d’extension de piste parce qu’il y a toujours une crainte de la part des riverains de voir une déviation de la voie communale, ce sont des projets qui ne sont absolument plus à l’ordre du jour », assure Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport, qui a pris ce dossier brûlant à son arrivée il y a un an et demi. Sans trop avoir le choix puisque l’aéroport frisait la fermeture. La direction de l’aviation civile lui a accordé une dérogation le temps de finaliser les travaux d’ici à janvier.

    La piste, d’une longueur actuelle de 1 880m, sera réduite de 5m tandis que le périmètre de l’aéroport sera agrandi. « Cela nécessite des travaux d’aplanissement du terrain en bout de piste donc c’est pour ça qu’il y a un petit mouvement de clôture périphérique, la Région [propriétaire de l’aéroport] récupère une partie du terrain qui lui appartenait déjà », souligne Guillaume Desmarets. Contactée, la collectivité n’a pas, « à ce stade », voulu nous répondre sur le détail et coût du dossier. Mais, selon le marché attribué pour les travaux, ce serait de l’ordre de 620 000 euros.

    Un recours au tribunal

    Dans un courrier adressé aux services de la Ville de Morières, consulté par La Marseillaise, la Région a, en revanche, été plus disserte pour justifier pourquoi les travaux n’ont eu besoin d’aucune autorisation d’urbanisme. Elle estime qu’ils relèvent « de la sécurité de la circulation aérienne » et que la loi et la jurisprudence ne nécessitent pas d’être mis en conformité avec le plan d’urbanisme local. L’Un-Adrac, association de riverains qui milite pour l’arrêt de l’aéroport, a une lecture tout autre. Elle a envoyé, le 4 novembre, une mise en demeure au préfet « pour faire cesser les travaux ».

    L’Un-Adrac soulève plusieurs motifs, comme « l’atteinte à des zones protégées et un risque environnemental immédiat ». Sont notamment évoquées « les nappes phréatiques du champ captant de la Saignonne, les zones humides de la Durance et la biodiversité locale ». « Ces atteintes seraient irréversibles », soutient la missive adressée au préfet. « L’aéroport s’affranchit des règles au motif d’un intérêt public, c’est un passage en force », dénonce Yves Marie-Cardine, président de l’Un-Adrac.

    Pas de quoi inquiéter le directeur de l’aéroport : « On est dans un cadre strictement légal, qui n’entre pas dans le champ d’un diagnostic. Il n’y a aucune atteinte à la zone de captage, les travaux se déroulent en dehors des zones interdites, défend Guillaume Desmarets. La biodiversité va même y gagner, car la zone sera dépourvue de toute artificialisation liée au golf, son bunker et l’herbe coupée à 3cm qui n’a rien de naturel ». Faute de réponse positive du préfet, l’Un-Adrac a saisi le tribunal administratif de Nîmes pour un référé-suspension. L’office français de la biodiversité s’est aussi saisi du sujet.

  • Du côté du golf d’Avignon, le parcours en voie de modification

    Du côté du golf d’Avignon, le parcours en voie de modification

    Arrivé à la tête du golf d’Avignon Châteaublanc en juillet dernier, Julien Rueda ne pensait pas à devoir gérer si vite le dossier de la mise aux normes de l’aéroport, véritable serpent de mer de son voisin de parcelles. « On m’a dit, t’inquiète pas, de toutes façons c’est un projet qui est dans les tuyaux depuis 25 ans, ça sort pas, et puis finalement ça s’est accéléré et bousculé », parvient à en sourire le directeur. « L’emprise du golf mordait sur une partie des terrains de la Région », détaille Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport. Un emplacement que le golf utilisait pour son trou numéro 6, désormais inaccessible.

    Entre golf et aéroport, au-delà de la proximité géographique, il y a des liens entre propriétaires : le golf est installé sur un domaine appartenant à la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), elle-même actuelle gestionnaire de l’aéroport. «On a une délégation de service public jusqu’en décembre 2030 », précise Julien Rueda, stipulant qu’à cause des travaux, un allongement de la concession « est en discussions ».

    En attendant, le golf, qui reste ouvert, a du parer au plus pressé. « On a été obligés de prendre une décision rapide pour pouvoir continuer à proposer à nos membres [750 licenciés] un parcours provisoire de 18 trous et accueillir des compétitions », fait valoir le directeur du golf. Concrètement, un nouveau trou a été aménagé autour du trou numéro 1, qui passe d’un par 5 en un par 4.

    En parallèle, un projet est en cours de finalisation pour que « dès janvier, on commence les travaux pour construire un nouveau trou en remplacement du trou n°6, sur un secteur derrière les trous n°7 et 8 », détaille Julien Rueda. Notons que la direction développe une politique de golf pour tous « pour casser les clichés ». Plusieurs initiations gratuites de deux heures sont proposées chaque week-end.