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  • Marcegaglia investit 600 millions d’euros dans son projet Mistral

    Marcegaglia investit 600 millions d’euros dans son projet Mistral

    Après l’échec du projet Carbon, c’est une nouvelle qui met du baume au cœur au secteur industriel. En marge du sommet Choose France, qui s’est ouvert ce lundi à Versailles, Marcegaglia annonce un investissement de 600 millions d’euros supplémentaires pour son projet Mistral, à Fos-sur-Mer. Le montant total mobilisé atteindra ainsi environ 1,2 milliard d’euros sur le site.

    L’aciériste italien, qui a repris le site Ascometal en juin 2024, entend moderniser l’outil de production historique pour passer d’environ 100 000 tonnes à 150 000 tonnes d’aciers spéciaux par an (activité historique de l’usine), et construire une nouvelle unité de production pour produire 2 millions de tonnes d’aciers standards bas-carbone par an, d’ici 2028.

    Cette dernière « intégrera l’intelligence artificielle et sera alimentée par une électricité décarbonée, visant des performances de référence en sobriété énergétique et en empreinte carbone », souligne le groupe, qui a conclu, il y a un an, un accord partenarial de fourniture d’électricité d’origine nucléaire d’au moins dix ans avec EDF.

    La nouvelle unité de production fera partie des toutes premières de ce type en Europe et permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% par rapport à une production en cycle complet. « En France, on avait pas vu de projet de cette envergure depuis 50 ans », note François Barges, délégué syndical CGT à Fos. Elle couvrira environ 35% des besoins du groupe Marcegaglia en coils et brames, avec pour objectif d’approvisionner principalement ses installations en aval, en Italie, pour ses différents clients.

    Les voyants au vert

    Si, pour le moment, la décision finale d’investissement n’a pas encore été rendue, l’élu du personnel assure qu’il y a « des signaux positifs et des voyants au vert » concernant ce projet. « On est en phase de recrutement », confie-t-il. Alors que l’usine emploie 320 salariés, les effectifs devraient atteindre 700 employés une fois « Mistral » opérationnel. Fin avril, Marcegaglia avait déjà annoncé la signature d’un accord stratégique de 450 millions d’euros avec Danieli, portant sur la fourniture d’équipements sidérurgiques et de pièces de rechange destinés à sa future aciérie de brames à faible empreinte carbone. Néanmoins, François Barges nuance : « En termes de modernisation, on y est pas du tout. Au contraire, le marché est atone, on court après les volumes, notamment pour le fil. » Le délégué syndical résume : « L’acier chinois inonde le marché et nousn on en pâtit. »

    En avril dernier, les institutions bruxelloises ont trouvé un accord ambitieux de sauvegarde de l’acier européen, qui devrait apporter un peu de répit au secteur industriel.

    Le texte européen, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, assurera une meilleure traçabilité des produits et introduira une limitation des volumes d’importation en franchise de droits à 18,3 millions de tonnes par an, soit une réduction de 47% par rapport aux quotas de 2024. Ces nouveaux quotas sont calés sur les niveaux d’importation de 2013, avant que le marché ne soit déséquilibré par la montée en puissance des surcapacités chinoises. Un droit de douane de 50% s’appliquera aux importations dépassant le contingent et aux produits sidérurgiques non-couverts par celui-ci. Actuellement, cette taxation s’élève à 25%.

    En attendant, à Fos-sur-Mer, « pour l’année 2026, ça va devenir compliqué, déplore François Barges. Il y a des réorganisations de secteurs en cours et des périodes conséquentes de chômage partiel. (…) Entre ce qu’on nous annonce et ce qu’on vit, il y a deux mondes, et la problématique est là. »

  • Conseil départemental des Bouches-du-Rhône : Martine Vassal exige la démission des ralliés au RN

    Conseil départemental des Bouches-du-Rhône : Martine Vassal exige la démission des ralliés au RN

    La passe de trois. Après les ralliements des vice-présidentes (ex-LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec et Marie-Pierre Callet, c’est au tour de la présidente de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) Valérie Guarino, troisième vice-présidente de la collectivité, de rejoindre les bancs de l’extrême droite.

    Un ralliement qui est tout sauf une surprise : l’ex-adjointe au maire de Carry-le-Rouet s’était déjà alliée avec le candidat soutenu par le RN, lors des dernières municipales. Sans réussir à battre l’édile (LR) sortant, René-Francis Carpentier. « Valérie Guarino a successivement trahi Roland Mouren, Eric Diard aux législatives, Francis Carpentier à Carry et aujourd’hui Martine Vassal, persifle un proche du groupe majoritaire, Provence Unie. Lorsqu’on construit son parcours politique sur la trahison, on le paye un jour ou l’autre dans les urnes. La preuve récente avec sa défaite à Carry. »

    Mais avec ces ralliements, commencés déjà en 2023 avec le maire de Marignane Eric le Dissès, le RN, qui n’avait initialement que deux élus dans l’hémicycle départemental – Cédric Dudieuzère et Sandrine D’Angio – annonce dans les colonnes de La Provence, ce lundi, qu’il va désormais y constituer un groupe, fort de ces six membres. « Il a fallu du temps pour que les hommes et les femmes qui ne se sentaient pas bien dans cette majorité finissent par en tirer les conclusions », tente le responsable du RN dans le département, Franck Allisio.

    Taper au porte-monnaie

    Du côté de la majorité de droite, la réplique n’a pas tardé. « L’exercice de fonctions exécutives au sein de notre collectivité suppose une adhésion claire à la majorité et à son action. à la demande de la présidente, il a donc été demandé aux vice-présidentes concernées de remettre leur démission », a réagi, dans l’après-midi, le groupe Provence Unie. En menaçant : « À défaut, leurs délégations seront retirées, entraînant la cessation des indemnités attachées à ces fonctions. » Un ton qui s’est considérablement durci au fil de l’eau. L’entourage de la présidente Martine Vassal (DVD) parlait d’un « non-événement » après le ralliement de Laure-Agnès Caradec, et celle-ci avait obtenu que Marie-Pierre Callet rende sa délégation « dans un souci de clarté ». « L’heure est au travail, à l’action et aux résultats pour les habitants de notre territoire, elle n’est pas aux manœuvres politiciennes, ni aux stratégies individuelles qui font passer les ambitions personnelles avant l’intérêt général », cingle aujourd’hui la majorité, à deux ans des départementales.

  • Nouvelle grève des assistants d’éducation, la colère monte

    Nouvelle grève des assistants d’éducation, la colère monte

    Ils s’étaient déjà retrouvés en juillet dernier devant les grilles du rectorat pour dénoncer la précarité de leurs emplois. Ce mardi, huit organisations syndicales appellent les assistants d’éducation (AED) à une grève nationale. Dans les Bouches-du-Rhône, ces agents chargés de « l’encadrement et de la surveillance des élèves » se mobiliseront sur le parvis du rectorat d’Aix-en-Provence, dès 11h, dans le cadre d’un rassemblement organisé par la CGT Éduc’Action. Une délégation sera reçue par le recteur.

    Parmi les principales revendications à l’origine de ce mouvement, figure le non-renouvellement de postes, que la CGT Éduc’Action juge « arbitraires ». « Dans les Bouches-du-Rhône comme partout en France, des AED se retrouvent sans emploi après six ans de service pour des motifs flous, illégaux ou inexistants (…), estime le syndicat. C’est par la menace permanente du non-renouvellement que les hiérarchies imposent des conditions de travail bien au-delà du cadre légal. Les AED ne veulent plus se laisser faire et s’organisent. »

    Pas de grille salariale

    De ce fait, les agents exigent « saisine systématique de la CCP [Commission consultative paritaire, Ndlr] en cas de non-renouvellement » des contrats. Autre motif de colère : des rémunérations jugées trop peu revalorisées et l’absence d’une grille salariale dans l’académie, selon le syndicat.

    « La question des grilles salariales, c’est l’une des raisons pour lesquelles on avait fait grève, l’année dernière. Il ne s’agit pas de les modifier, mais les mettre en place. La Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) nous avait dit que le sujet était sur le bureau de la direction des ressources humaines du rectorat ; on pensait avoir gagné. Sauf qu’à la rentrée de septembre, le recteur a dit non, expliquant attendre des directives nationales », rapporte Stephan Cremades Raffi, pour la CGT Educ’action 13. Cette grille, qui permettrait aux agents de bénéficier d’augmentations de salaire, existe pourtant déjà dans d’autres académies. « L’académie d’Aix-Marseille est à la traîne », estime le syndicat.

    Au niveau national et académique, la CGT éduc’Action revendique notamment, pour tous les AED, « un statut de fonctionnaire de catégorie B à 32 heures par semaine », une augmentation de salaire « immédiate de 400 euros par mois avec une grille salariale sur le modèle des AESH » et le respect, dans l’académie, d’un ratio 80 élèves par agent, nécessitant donc la création de postes. La CGT estime actuellement qu’il n’y a qu’un AED pour 120 élèves. Le syndicat réclame également « la prise en compte de la totalité des heures de nuit en internat ». à ce stade, le syndicat n’est pas sûr de reconduire la grève : « Le CDD et le chantage à la reconduction des contrats sont un frein à la mobilisation, sans compter le salaire qu’on perd : sur un Smic, ça joue. »

  • Après 46 ans à régaler les papilles sur le port, Loury bouillabaisse le rideau

    Après 46 ans à régaler les papilles sur le port, Loury bouillabaisse le rideau

    « Les petits restaurants comme le mien, avec un patron et deux ouvriers qui font des spécialités du terroir, sont amenés à disparaître », observe Bernard Loury, en ce samedi 30 mai, pendant qu’un flot de passants, victimes consentantes des attrape-touristes et enseignes de restauration guindées, inonde le Vieux-Port. Prenant quelques minutes à l’heure du café en cette dernière et ultime journée de service, ses souvenirs jaillissent, goûteux et raffinés comme la bouillabaisse qui participe à sa renommée depuis 1980, lorsque ce Bourguignon a établi son restaurant Chez Loury au 3, rue Fortia, avec sa femme Ghislaine. « J’aurais aimé passer la main, mais ce n’était pas possible », confie-t-il, les mains posées sur une nappe en tissu blanc, non loin d’un tableau figurant un matelot étreignant sa belle à l’heure du départ. Ce cuisinier aussi chevronné que sa si reconnaissable moustache avait démarré il y a 46 ans « avec une carte de spécialités de Bourgogne. Mais ça n’a pas marché. J’ai changé au bout de deux mois car j’ai compris qu’il fallait que je me mette dans le moule du quartier, en faisant du poisson et des coquillages ».

    « Ici, on aime les gens »

    Mais au-delà des rascasses et autre faune méditerranéenne dont il s’approvisionne chaque matin auprès des pêcheurs du Vieux-Port, la terre s’ancre aussi dans sa carte avec daube provençale et pieds paquets que l’acteur Philippe Noiret aimait venir déguster, se remémore-t-il entre autres. « Je ne le connaissais même pas et un jour, alors que je revenais du marché aux poissons, Loury m’a demandé si je savais les mettre en filet. Il m’a appris à le faire dans la cuisine du restau. Je suis triste qu’il parte », témoigne Laure, jeune habitante du quartier. « Tellement tu es connu ici, il y a des cartes postales avec toi dessus », s’adresse-t-elle en direction du restaurateur, tout en pointant l’objet qui orne des murs tapissés d’œuvres et souvenirs d’épopées culinaires de Loury.

    « Ici, on aime les gens. Quand on leur fait du bien, ils vous le rendent », dit, ému mais serein et le sentiment du devoir accompli, cet homme « issu d’une famille communiste. Ma grand-mère, Eugénie Loury, a été l’une des premières femmes à se présenter sur une liste communiste en 1946. Et mon frère est élu en Bourgogne », précise Loury, compagnon de route du journal La Marseillaise dont les lecteurs ont vu pendant des décennies les encarts et articles imprimés sur ses pages. De beaux souvenirs qui ne le rendent pas pour autant nostalgique. « ça tourne, la vie avance. Je m’aperçois juste que j’ai pris un coup de vieux », plaisante-t-il, entre une photo prise avec groupe achevant son déjeuner et l’étreinte de son petit filleul.

    « Ce que je retiens de lui, c’est la rigueur. Il m’a transformée », se souvient Dania, apprentie serveuse il y a 20 ans chez Loury.

    Rigueur et humanité

    « Moi qui venait de Frais-Vallon, travailler chez lui m’a fait rencontrer un autre monde. ça m’a donné confiance en moi. Et ensuite, il ne m’a pas lâchée, s’est même porté garant pour que je loue mon appartement », rappelle-t-elle sur le toit-terrasse du Rowing club, au Pharo, où Bernard Loury a organisé dimanche un apéro d’au revoir avec ses proches et une cinquantaine d’anciens collègues de travail qui se retrouvent chaleureusement après tant d’années. « C’est le seul restaurateur qui a bien voulu m’employer. À l’époque, on n’embauchait pas les femmes dans ce secteur. Il est rigoureux dans le travail mais toujours très humain », fait part Carine, première apprentie femme en cuisine chez Loury. « Moi qui partais de zéro, il m’a tout appris : la découpe du poisson, le respect du client. Il m’a donné un espoir et m’a fait renaître », va même jusqu’à dire son ultime serveur, Ayoub, qu’il convie à chaque mois de novembre pour la récolte des olives. « Chaque fois que je remonte un Saint-pierre ou un chapon, je pense à toi », lui promet Achraf, l’un de ses fournisseurs. Autant de membres de la grande famille enfantée depuis 46 ans par Loury qui regrettent tous « la fin d’une époque », mais comptent bien continuer à cultiver les liens qui les unissent à leur chef.

  • Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    « Si les élus ne prennent pas leurs responsabilités, des associations comme ALT TGV pourraient faire un recours. » Tandis que le sujet devait être évoqué lors du Conseil de Sète Agglopôle, jeudi 28 mai en soirée (après que ces lignes ne soient écrites), Christophe Aucagne annonce la couleur.

    Pour ce membre de l’association Bancs Publics opposé à l’actuel tracé de la LGV Montpellier-Perpignan qui passe par le site protégé d’Issanka situé entre Poussan et Balaruc-le-Vieux, il est hors de question de rester les bras croisés. Or, si aucun recours juridique n’est déposé d’ici le 8 juin, l’arrêté préfectoral du 8 avril deviendra effectif. Celui même qui autorise les forages exploratoires au niveau de la source d’Issanka qui « abreuve la ville de Sète à 60% sauf en cas de sécheresse », rappelle Christophe Aucagne.

    Selon l’activiste, les sondages prévus en vue de fixer les futurs piliers du Viaduc de Poussan censé faire enjamber le Bassin de Thau à la future ligne à grande vitesse (LGV), ont « 90% de chances d’engendrer une rupture du captage ». Parmi les opérations prévues figurent trois sondages de 80 mètres de profondeur, deux forages carottés à 20 mètres et une quinzaine d’autres à 1,5 mètre maximum.

    Marche samedi 6 juin

    Autant d’investigations à risques autorisées à titre dérogatoire par la préfecture de l’Hérault dans l’intérêt général du projet LGV. Problème : un autre arrêté préfectoral de 1988 sacralise justement la source d’Issanka déclarée d’intérêt public. « La préfecture n’a aucun argument pour aller à l’encontre. Une étude d’Antea Group dit clairement que ce site n’est pas compatible avec des forages », alerte Christophe Aucagne.

    Au-delà de la ressource en eau, le militant ajoute qu’un tel chantier serait une « aberration » pour la biodiversité. « Le site a des arbres bicentenaires et compte une vingtaine d’espèces d’oiseaux, des hérons, des poules d’eau… Pierre Maigre, le président de la LPO, est venu faire une reconnaissance. Ce serait un gâchis. »

    En espérant que le maire de Sète Hervé Marquès (DVD) et que le président d’Agglo Loïc Linarès (PS) ne se positionnent, les défenseurs d’Issanka appellent à une marche entre Frescaly et Issanka, samedi 6 juin à 9h30.

  • Lancement de la campagne d’été du Secours populaire

    Lancement de la campagne d’été du Secours populaire

    « Les vacances, ce n’est pas du luxe », un slogan pour lequel le Secours populaire français (SPF) continue de se battre chaque année. Selon un sondage de l’Ipsos, parmi les foyers qui ne partiront pas cet été, 43% citent le budget comme principal frein, malgré une légère amélioration par rapport à 2025, et c’est pour cette raison que la fédération héraultaise du SPF se mobilise une année de plus.

    Le samedi 6 juin à Mèze, le lancement officiel de la campagne est prévu de 15h30 à 23h et pour l’occasion, une grande guinguette est organisée dans un esprit « festif et populaire ». « Dès 15h30, les familles sont accueillies », annonce le SPF, « pour que tout le monde y trouve son bonheur et le sens de la fête ».

    Avec des activités tous publics : stands de maquillage, tournoi de pétanque, mini-foot, présentation de témoignages de bénéficiaires, exposition Vacances pour tous, concerts Cette journée gratuite, ouverte à tous, est imaginée comme un avant-goût de vacances.

    Colonies de vacances, villages Copain du Monde, la journée des Oubliés des vacances qui réunit chaque année plusieurs centaines de bénéficiaires, des séjours en famille, l’accueil chez des familles de vacances bénévoles, des vacances pour les seniors ou les personnes en situation de handicap… Le SPF propose des séjours variés qui s’adaptent aux envies, aux situations et aux possibilités de chacun et tente ainsi de pallier cette précarité qui empêche un enfant sur trois de partir en vacances. L’an dernier, ce sont 208 000 personnes qui ont été aidées pour partir en vacances.

    Pour fêter l’anniversaire des congés payés.

    Avant 1936, les vacances étaient un privilège réservé aux classes aisées, tandis que la majorité des ouvriers et employés travaillaient sans interruption. Les congés payés, instaurés par le Front populaire, accordent pour la première fois deux semaines de vacances payées à tous les salariés.

    « En 1936, les congés payés ont représenté une conquête sociale majeure. Quatre-vingt-dix ans plus tard, ce droit reste hors de portée pour trop de familles », rappelle la fédération du Secours populaire de l’Hérault. « Les demandes d’aide au départ n’ont jamais été aussi nombreuses. » Une crise qui « frappe de nouveaux publics », selon l’organisme qui a choisi de mettre les bouchées doubles à l’occasion de cet anniversaire.

    L’antenne héraultaise du Secours populaire français annonce déjà un planning bien rempli avec notamment, du 20 au 27 juin, un séjour à Vic-sur-Cère proposé aux personnes âgées accompagnées par la fédération ainsi que la Journée des oubliés des vacances qui réunira, le 20 août, 300 enfants de 6 à 12 ans venus de toute la fédération pour une journée au bord de l’eau.

    Programme complet sur SPF34.fr

  • La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    « C’est un sujet sur lequel on s’est très vite penché parce qu’en plus ça faisait partie de notre projet électoral », confirme Pierre-Édouard Detrez, le nouvel adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire à Nîmes. Pour cela, il a rapidement lancé une étude de toutes les écoles pour connaître les besoins. Et depuis l’augmentation des températures fin mai, il reçoit un bilan quasiment quotidien de la situation dans les écoles et des problèmes rencontrés. Depuis la semaine dernière, les services techniques sont ainsi mobilisés, notamment sur quatre écoles (Marguerite-Long, Edouard-Vaillant, Georges-Bruguière et Langevin) où les climatiseurs étaient en panne dans les dortoirs.

    « Nous avions prévu que tous les dispositifs soient en place le 10 juin sauf que la vague de chaleur est arrivée plus tôt que prévu. Même s’il y avait la feria la semaine dernière, les services sont tout de même intervenus pour vérifier chaque classe de chaque école. Des ventilateurs ont aussi été distribués. 200 ventilateurs neufs sont prévus pour répondre à la situation et 1 100 brumisateurs vont aussi être distribués dans les jours à venir », promet l’ancien joueur international de rugby. Un rappel sur les bonnes pratiques a également été effectué auprès des directeurs d’école, des enseignants et des parents.

    Outre ces mesures d’urgence face à la canicule la plus précoce de l’Histoire, la municipalité a mis en place un service pour profiter des périodes de nuit pour rafraîchir les classes. « Pour l’instant, ce sont mille et une petites actions pour essayer de limiter la chaleur. Mais nous avons aussi entrepris un travail avec les services des bâtiments sur la climatisation. Nous souhaitons aussi remplacer les ventilateurs sur pied par des ventilateurs au plafond pour éviter que le matériel scolaire s’envole tout en baissant la température de 3 degrés. Il y a aussi des classes où les stores sont à l’intérieur et ça, ça n’empêche pas la chaleur d’entrer donc il faut les changer », explique Pierre-Édouard Detrez.

    Végétaliser à tout va

    Au-delà de ces mesures à court terme, la nouvelle municipalité prévoit de végétaliser un maximum de cours d’école durant les six ou sept années du mandat. « Il y a une partie des cours d’école déjà végétalisées mais pour le reste, nous avons pris pour modèle la ville de Marguerittes où ils ont entrepris ces travaux de “cours oasis” depuis plusieurs années. Nous souhaitons aussi créer des îlots de fraîcheur, installer progressivement des dispositifs d’ombrage, améliorer l’isolation thermique des bâtiments scolaires et renouveler les systèmes de ventilation. Nous travaillons aussi sur la climatisation mais pas celle d’il y a dix ans. Il faudra prendre le temps parce que ça fait beaucoup mais nous allons engager des travaux dès cet été dans certaines écoles. C’est nécessaire parce que c’est un sujet récurrent », ajoute Pierre-Édouard Detrez.

    Après les 81 fermetures d’école l’an dernier sur les 83 que compte la ville, la nouvelle municipalité espère donc qu’à la fin du mandat, les vagues de chaleur ne soient plus un problème dans les écoles nîmoises.

  • À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    « Marcel Pagnol est un peu le fil conducteur de cette édition du festival Molière. » Armand Rivière annonce la couleur. À l’aune de la manifestation culturelle – qui se tiendra du 1er au 7 juin – le maire PS de Pézenas entend faire du festival une sorte d’hommage à l’écrivain provençal. En effet, un des points forts de la manifestation sera à n’en point douter la représentation de Marius, de la Compagnie Le grenier de Babouchka, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre, lauréat de 5 Molières 2025 pour Du charbon dans les veines (2 juin, à 20h au théâtre de Pézenas). Ce dernier est par ailleurs parrain de l’édition. Le lendemain, sera projeté le biopic Marcel et Monsieur Pagnol, film d’animation réalisé par Sylvain Chomet (14h30).

    L’auteur de La gloire de mon père ne sera pas le seul à être mis en lumière puisque l’on retrouve également une adaptation du Capitaine Fracasse, héros du roman éponyme de Théophile Gautier (6 juin, 21h30 au théâtre de la Verdure). Encore, la Compagnie Dinamo théâtre présentera La folie d’Isabelle, écrite au XVIe siècle pour la comédienne Isabella Andreini (7 juin, 17h30, place Canabasserie). Aux côtés de ces classiques, on retrouve des pièces traitant de sujets sociétaux, à l’instar de L’homme qui plantait des arbres par la Compagnie Théâtre des turbulences, fable écologique sur la déforestation et la raréfaction de l’eau (3 juin, 19h, aux jardins familiaux). « C’est une volonté globale du festival et de la saison culturelle en général de Pézenas, à savoir voir des pièces classiques, revisitées ou non, qui sont des invitations à réfléchir et d’autres qui posent des enjeux de société pour amener le débat », fait valoir Armand Rivière.

    Balade nocturne

    Si les professionnels ont leur rond de serviette au festival, les amateurs et élèves ne sont pas oubliés. « Pézenas compte de nombreuses compagnies professionnelles et amateurs, nous voulions ouvrir nos scènes, nos salles à ceux qui participent à la création toute l’année. Nous faisons aussi le choix de semer des graines en jouant devant des publics scolaires », poursuit l’édile socialiste. En ce sens, sont prévues deux cartes blanches : pour les amateurs (6 juin, 10h, place Canabasserie) et pour les lycéens (1er juin, 17h, auditorium Bobby-Lapointe).

    Une programmation alléchante pour attirer un public plus ou moins familier des planches de théâtre. Et pour aller chercher ces derniers, la mairie mise sur ses scènes en plein air, réparties aux quatre coins de la ville. Comme le château du parc où se jouera Croire aux fauves, de la Compagnie Les arts oseurs (5 juin, 22h15). Une aventure nocturne entre musique et récit, au cœur d’un espace boisé (compter 20 minutes de marche pour s’y rendre). Pour ceux ne trouvant toujours pas chaussure à leur pied, le festival ne se restreint pas au théâtre. « Nous ne voulions pas être fermés sur un seul art mais mêler différentes formes, avoir plusieurs canaux tournés vers la culture. Nous travaillons par exemple avec les Éditions Domens, créées à Pézenas. Nous souhaitons les promouvoir et les soutenir en en leur ouvrant un lieu le temps d’une journée [5 juin, 18h, gare du Nord, Ndlr] », souligne Armand Rivière. Théâtre, cinéma, photos, lecture, expos, le public va être comblé.

    Programme complet à retrouver sur ville-pezenas.fr.

  • Rave et rodéos : le Sénat veut couper le moteur de l’impunité

    Rave et rodéos : le Sénat veut couper le moteur de l’impunité

    Dans la nuit des campagnes comme sur le bitume des parkings, il y a des colères qui montent au même rythme que les basses ou les moteurs. Celles de riverains privés de sommeil, d’élus locaux démunis, d’éleveurs qui voient leurs bêtes stressées par le vacarme, de gîtes ruraux sommés de rembourser des séjours gâchés. C’est cette France des nuisances concrètes, souvent loin des grands discours sécuritaires, que le sénateur socialiste de l’Hérault Hussein Bourgi dit avoir voulu faire entendre au Sénat.

    Avec Lauriane Josende, sénatrice LR des Pyrénées-Orientales, et Isabelle Florennes, sénatrice centriste des Hauts-de-Seine, l’élu héraultais a présenté un rapport transpartisan sur les rave parties illégales et les rodéos motorisés. 28 recommandations, adoptées à l’unanimité en commission des lois, doivent nourrir le projet de loi Ripost, examiné depuis le 18 mai au Sénat. Objectif affiché : « mettre fin au sentiment d’impunité » et donner aux pouvoirs publics des outils jugés plus adaptés aux réalités de terrain.

    Des vies bousculées

    « Je ne voudrais pas qu’on résume cela uniquement à des nuisances sonores », insiste Hussein Bourgi. Dans l’Hérault comme ailleurs en Occitanie, les rave parties illégales prennent parfois des proportions massives : 337 ont été recensées en France en 2025, pour plus de 100 000 participants. Moins nombreuses, mais plus imposantes, elles attireraient aussi davantage de teufeurs venus d’Espagne ou d’Italie, où les règles se sont durcies.

    Dans les garrigues, le vacarme laisse des traces bien au-delà de la nuit blanche : bêtes stressées, production laitière en baisse, gîtes contraints de rembourser des vacanciers chassés par les basses. Et quand 600 à 700 gendarmes sont mobilisés un week-end entier près de Bourges pour encadrer 20 000 teufeurs, c’est une facture que le sénateur juge indécente : « Il n’est pas normal que ce soit le contribuable français qui finance ce genre de manifestations illégales. » Le rapport propose donc d’abaisser de 500 à 250 participants le seuil de déclaration obligatoire, de faire de l’organisation d’une rave illégale un délit avec confiscation possible du matériel sonore et des véhicules ayant servi au transport, et de permettre à l’État de réclamer le remboursement des frais engagés (gendarmes, secours, remise en état).

    Sur les rodéos motorisés, le constat est tout aussi alarmant. Le phénomène, longtemps associé aux grands ensembles urbains, gagne les communes rurales : parkings de supermarchés, abords de caves coopératives, routes départementales. Les sénateurs avancent 4 724 rodéos constatés en 2025 et 38 500 interventions des forces de l’ordre en 2024. « C’est en moyenne une intervention toutes les quinze minutes », souligne Lauriane Josende. Le rapport préconise de faciliter la saisie et la destruction des engins non déclarés, de durcir les peines en cas de rodéo commis en réunion et de mieux caractériser l’infraction.

    Fermeté, mais jusqu’où ?

    Reste le point le plus sensible : les moyens technologiques. Drones, infiltration de messageries cryptées, expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique. Pour Bourgi, le drone peut éviter les courses-poursuites dangereuses, susceptibles de blesser participants, policiers ou simples passants. Mais à gauche, le recours à l’intelligence artificielle et à la surveillance algorithmique suscite des réserves, que le groupe socialiste a tenu à faire annexer au rapport.

    C’est là que se joue l’équilibre politique du texte. Répondre aux habitants sans glisser vers une surveillance généralisée. Protéger les riverains et les participants eux-mêmes, sans criminaliser indistinctement toute jeunesse festive. Dans ce rapport, le Sénat choisit la fermeté. Reste au Parlement à prouver que l’ordre public peut se défendre sans jamais perdre de vue les libertés publiques.

  • Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    À Marseille, enfreindre les règles d’urbanisme est un sport. À quelques dizaines de mètres du rooftop illégal d’un bar, un chantier est à l’arrêt depuis l’intervention du service de l’urbanisme de la ville de Marseille alertés par des habitants que des travaux avaient entièrement rasés l’ancien cabinet dentaire au 247, Corniche Kennedy, (8e), qui devait être conservé.

    Affiché sur la grille, le permis de construire délivré en accord tacite fin juillet 2025 et que nous avons pu consulter, ne prévoyait à l’origine aucune démolition, même partielle. L’opération était présentée sous un angle étonnement peu interventionniste. « Le projet est une demande de changement de destination pour l’aménagement d’un petit hôtel constitué de 12 chambres. Il comprend la surélévation des trois bâtis afin d’harmoniser les hauteurs et les volumétries, le tout articulé autour d’un patio » peuvent lire les passants sur le panneau d’affichage de ce projet hôtelier porté par un chef cuisinier.

    C’est en effet la société de restauration SOCOMREST de Christian Ernst, le chef cuisinier du Rowing Club de Marseille, qui se lance dans l’hôtellerie sur la célèbre corniche marseillaise. Baptisé « Le Kennedy by Mr Ernst », l’établissement « s’adresse à une clientèle simple et esthète qui souhaite découvrir la cité phocéenne, les ruelles du quartier de Malmousque et ses plages attenantes » en leur « offrant une expérience intime et confidentielle » dit la présentation annexée au permis.

    Décidément, les grandes toques sont meilleures à leurs fourneaux que devant des agglos. Son confrère étoilé Gérald Passédat a démontré récemment aussi sa difficile assimilation du code de l’urbanisme. Le tribunal correctionnel l’a reconnu coupable en novembre 2025 d’avoir édifié une villa à Endoume avec un permis périmé et en infraction au PLUi. Un permis pour régularisation lui a été délivré pour se conformer au nouveau PLUI avant le prononcé de la peine que le tribunal a fixé au 4 septembre prochain.

    « Il l’a fait à la marseillaise comme on dit, mais quand on démolit de façon aussi cavalière, on s’arrange au moins pour que ça ne fragilise pas les mitoyens » commente Alain, un riverain qui nous montre les désordres occasionnés sur le bâti voisin. Une partie d’un commerce a été endommagée du fait que les charpentes étaient solidaires du bâti rasé. Interrogée, la ville s’est bornée à nous confirmer pudiquement qu’« une procédure était en cours », sans préciser si un arrêté interruptif de travaux avait été pris, comme ce fut le cas pour le chantier en infraction de l’hôtel cinq étoiles Amédée Armand, au 11, rue Lafon. Il nous a été indiqué qu’il avait été demandé au maître d’ouvrage de mettre urgemment en sécurité l’immeuble mitoyen, ce qui a été fait : un mur a été remonté et la toiture voisine refaite. Depuis le chantier est arrêté.

    La parcelle litigieuse de 244 m2 a été acquise 650 000 euros en 2021. Elle comprenait un bâtiment principal d’un niveau et d’anciens petits bâtiments en retrait organisés en patio et un bâtiment ruiné en pierre conservé. Le dossier d’urbanisme ne comporte aucune photo du bâti démoli, ce qui est une anomalie. Le descriptif rédigé par un cabinet d’architecte présentait l’opération comme un simple « réaménagement (décoration) du bâtiment existant sans toucher aux structures et aux planchers ». Il décrivait « la création de trois ailes attenantes à R+1 d’une surface totale de 140,1 m2 (hors bâtiment existant) entourant un espace à l’air libre de 72 m2 ».

    S’agissant du traitement du bâtiment sur rue, l’Architecte des bâtiments de France avait émis un « avis favorable de principe » sous la réserve de la reprise du porche central et l’ajout d’un balcon ajouré sur le modèle des architectures des années 30. Le permis de construire accordé le 15 octobre 2025 a bénéficié d’une dérogation du préfet sur la non-accessibilité des personnes handicapées, après un refus initial. Contacté, Christian Ernst, n’a pas donné suite à notre demande.