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  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • Municipales sous le signe de l’austérité

    Municipales sous le signe de l’austérité

    À moins de deux mois des élections municipales, la crise politique nationale initiée par la dissolution
    de l’Assemblée nationale par le président de la République n’en finit pas de s’approfondir.

    Après les échecs de Michel Barnier et de François Bayrou à la tête de gouvernements minoritaires, Sébastien Lecornu avait promis de « changer de méthode » et de « renoncer à l’emploi
    du 49-3
     ». Il a péniblement réussi à faire adopter
    le budget de la sécurité sociale sans y recourir. Pour celui de l’État, le Premier ministre a décidé de jeter sa promesse à la poubelle.

    Dans notre démocratie, empoisonnée par les désillusions successives
    et la défiance envers la parole publique, cette décision du moine-soldat d’Emmanuel Macron, ce revirement, abîme encore un peu plus le débat public.

    « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », disait Jacques Chirac. La macronie qui a bien du mal à marcher dans ses pas pour faire entendre la voix de la France au plan international, lui emprunte volontiers son cynisme démocratique.

    Le nerf
    de la guerre

    À quelle sauce seront mangées les collectivités dans ce budget ? Elles qui
    -malgré leurs budgets équilibrés- marinent depuis trop d’années dans l’austérité et les baisses
    de dotation devront encore revoir leurs moyens
    à la baisse même si, pour satisfaire le Sénat, le gouvernement semble ne vouloir leur prendre « que » 2 milliards d’euros.

    Les élus et les citoyens qui croient à l’action publique dans la proximité ne trouveront pas d’alternative du côté du RN qui a voté, quant à lui, un amendement privant de près de 5 milliards d’euros les collectivités de notre pays.

    Pour bâtir des programmes ambitieux
    et changer la vie quotidienne, les moyens sont pourtant le nerf
    de la guerre.

  • Le Secours populaire cultive la solidarité

    Le Secours populaire cultive la solidarité

    Une centaine de personnes se sont réunies ce lundi 19 janvier à la Galerie, située rue de la République, pour la traditionnelle cérémonie des vœux du Secours populaire des Bouches-du-Rhône, dans une ambiance festive. La soirée a débuté par la prise de parole de Farida Benchaa, secrétaire générale de la fédération des Bouches-du-Rhône : « Cette année nous avons un objectif, celui d’agir pour ceux qui en ont le plus besoin », s’exclame-t-elle. Le ton est donné et au regard de l’accroissement des besoins, de fixer la barre plus haut : « Nous irons plus loin », campe Farida Benchaa. Le Secours populaire, c’est remettre l’humain au centre, à travers de nombreuses actions, aussi « nous allons encourager les initiatives et faire ensemble, pour un impact encore plus fort », promet la secrétaire générale. « Aujourd’hui faire de la solidarité, c’est un engagement au quotidien, de tous et de toutes », lance-t-elle.

    Dans l’action et l’éducation populaire

    Farida Benchaa est revenue sur le bilan des actions menées par l’association au cours de l’année 2025, de quoi se féliciter : « Nous avons programmé la journée des oubliés à Paris en août dernier, ce qui a permis à 700 jeunes de l’ensemble du Département, d’assister à un concert », se réjouit-elle. L’action culturelle du Secours populaire revêt différentes formes, de l’accompagnement scolaire en passant par la lutte contre l’illettrisme et le franchissement des portes des institutions culturelles. « Parce que nous sommes une association d’éducation populaire, nous contribuons, à l’occasion de la semaine de la poésie par exemple, à découvrir des œuvres et des artistes et cela permet de découvrir d’autres cultures », rappelle à son tour, Mireille Faure, bénévole au Secours populaire.

    Une soirée placée sous le signe de la solidarité et du partage, à cette occasion et pour la troisième année consécutive, le Secours populaire organise une exposition qui mêle art et solidarité visible jusqu’au 24 janvier.

    De l’art et des artistes

    Ce sont huit artistes qui sont venus exposer et vendre leurs œuvres au profit de l’association, l’objectif est de verser 50% des bénéfices à cette dernière. Pour Christophe Ymer, artiste marseillais, c’est une évidence d’être présent : « C’est une double occasion pour moi, à la fois de proposer une exposition et de la faire au bénéfice du Secours populaire », se réjouit-il. L’année dernière, l’artiste à vendu six de ses œuvres.

    Élise Gabassi expose pour la deuxième fois ses créations. « C’est une cause qui me tient à cœur, et si l’art peut y participer c’est encore mieux », confie-t-elle. Cette exposition c’est aussi l’occasion de revenir sur la quintessence même de l’association : un intérêt pour l’être humain dans sa globalité, dont l’accès à la culture.

    Farida Benchaa rappelle sur la place qu’occupe l’action culturelle au sein de l’association : « Nous sommes dans une démarche culturelle avec un grand C, c’est-à-dire l’accès aux cultures et Marseille en est la preuve. » C’est donc permettre un regard croisé grâce à un ensemble de dispositifs qui permettent de faire foisonner la richesse de cette pluralité. « La culture appartient à tout le monde, l’idée de cette exposition c’est d’avoir un lieu ouvert à tous sans cette barrière de “ce n’est pas pour moi” », décrit la secrétaire générale. Rendre la culture accessible au plus grand nombre donc, la culture c’est « l’affaire de tous ».

    L’année dernière, la vente des œuvres a permis de récolter 1 200 euros au profit du Secours populaire. L’association espère que cette nouvelle exposition permettra de lever davantage de fonds.

  • Passage en force d’un budget taillé à la serpe

    Passage en force d’un budget taillé à la serpe

    Ce mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu va recourir au 49-3 pour faire adopter la partie recettes du projet de loi de finances (PLF). Lundi, à la sortie d’un Conseil des ministres au palais de l’Élysée, il acte : « Nous avons décidé d’engager la responsabilité du gouvernement avec regret et amertume. » Prêt à tout pour éviter la censure, le gouvernement prévoit d’ajuster sa copie jusqu’à la dernière minute. Reste à savoir s’il reviendra par exemple sur la réduction de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement (DGF) versée aux régions et aux 1 254 intercommunalités, que les troupes lepénistes et leurs alliés ciottistes ont fait adopter mercredi, profitant d’un faible taux de présence dans l’hémicycle. Une mesure qui inquiète et ulcère -à juste titre- les élus locaux (lire ci-contre).

    Malgré les semaines de tergiversations, nul n’a oublié que le 3 octobre dernier, sur le perron de l’hôtel de Matignon, le Premier ministre promettait : « J’ai décidé de renoncer à l’article 49-3 de la Constitution (…) dans un Parlement qui fonctionne, qui a été renouvelé il y a un peu plus d’un an, qui ressemble aux Français, on ne peut pas contraindre les oppositions. » Un vœu pieux, auquel peu ont cru. Le RN et les insoumis ont déjà annoncé le dépôt d’une motion de censure dans la foulée. « Sébastien Lecornu impose donc le 49-3 pour passer en force son budget de malheur. Comble du ridicule pour les socialistes qui se vantaient de l’abandon de ce 49-3 », tacle Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale. Pour les communistes, il s’agit d’« un nouveau déni de démocratie pour faire passer un budget de guerre et une politique toujours plus favorable aux ultra-riches, contre l’intérêt général et le pouvoir d’achat de nos concitoyens », conspue le PCF sur X. Cyrielle Châtelain estime que le gouvernement est le seul fautif : « En refusant de présenter un nouveau budget début janvier, le gouvernement a créé l’impasse dans laquelle il se trouve », refusant « d’accepter que sa politique au profit des ultra-riches n’a pas de majorité », tance la cheffe des députés écologistes.

    Le PS n’entend

    pas censurer

    Mais le PS a lui assuré qu’il ne censurerait pas Lecornu, estimant avoir obtenu des « victoires » : hausse de la prime d’activité, repas à un euro pour les étudiants, hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert, ainsi que la surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises. C’est peu, au regard des 20 milliards de coupes budgétaires que prévoit ce budget. Après des mois de tensions, de négociations, de reniements, la séquence budgétaire touche à sa fin par un passage en force, dans la tradition macroniste. Le « moine-soldat », tente de justifier ce revirement qui n’étonne personne : « Pour le budget, les choses se sont gâtées depuis Noël », avance-t-il, pointant « certains parlementaires [qui] ont acté que l’on n’irait pas jusqu’au bout ». « La représentation nationale doit maintenant prendre ses responsabilités », tonne le chef de gouvernement.

    Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 69% des Français interrogés rejettent l’utilisation du 49-3, estimant qu’il faut « laisser les débats se poursuivre à l’Assemblée nationale même si cela retarde davantage l’adoption d’un budget et qu’il y a un risque que celui-ci ne soit pas adopté ». C’est pourtant ce qu’ont réclamé -et obtenu- les socialistes après avoir conclu un pacte de non-censure avec Sébastien Lecornu sur la promesse qu’il ne l’utiliserait pas… Dans le détail, le Premier ministre activera trois fois l’arme constitutionnelle. Une première fois ce mardi après-midi, puis quelques jours plus tard sur le volet « dépenses » du PLF, avant un passage au Sénat et un retour à l’Assemblée nationale où il dégainera un troisième et ultime 49-3 sur le texte dans son entièreté. Le budget pourrait donc être promulgué à la mi-février. Si le gouvernement n’est pas renversé d’ici là.

    « Comble
    du ridicule pour les socialistes qui se vantaient
    de l’abandon
    de ce 49-3»

  • À Marseille, premiers pas des salariés d’ID Logistics aux prud’hommes

    À Marseille, premiers pas des salariés d’ID Logistics aux prud’hommes

    Le 15 octobre 2025, maître Mathilde Lanté versait 20 litiges aux affaires du Conseil de prud’hommes. C’est avec cette séance de conciliation que la bataille démarre pour ces vingt salariés, qui refusent de faire les frais à si bon compte de la mesure de licenciement peu cavalière de leur employeur. ID Logistics sélective 3 a usé d’une clause de mobilité lui permettant de proposer un poste à plus de 100 km de leur domicile aux 47 préparateurs de colis employés sur le hangar ouvert à Saint-Antoine (15e), deux ans plus tôt.

    « On veut retrouver nos droits, notre dignité. Et, au-delà, on souhaite que ce procès serve à d’autres. Il faut mettre un terme à cette pratique de licenciements déguisés », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés. Pour ces contractuels précaires du géant de la logistique, qui ont travaillé sans relâche dans des locaux délabrés et mal équipés, cette clause qui excluait tout dédommagement de transport, était « innacceptable. Et elle a été le prétexte à des licenciements pour faute grave. Ce qui a permis à la direction de masquer un motif économique, d’éviter un plan de sauvegarde de l’emploi », estime-t-il. Un terme brutal est mis à leur contrat la veille des fêtes de Noël, après une lutte de plus d’un mois, avec une grève et des d.ébrayages pour conserver leur travail.

    Travail qui consistait en grande partie à décharger des camions, étiquetter des centaines de paquets par jour. « On manipulait des colis, certains pesaient plus de 55 kg », témoignent les salariés. Un travail difficile dans des conditions souvant extrêmement éprouvantes. « Il pleuvait à l’intérieur de l’entrepôt. En hiver, on avait les mains gelées, un été, on étouffait ». Exploités, ils ont tenu jusqu’au bout : « Parce qu’on a besoin d’un travail, pour vivre, se loger, élever nos enfants ».

    6 000 de plus en 2026

    La méthode de l’employeur, leader international de la logistique contractuelle, blesse d’autant plus profondément ces licenciés qu’ils n’ont pas ménagé leurs efforts. « On s’est senti trahi. Et une faute grave, ça vous poursuit sur un CV », lâche Alex. Ce mardi matin, c’est la tête haute et sur le terrain judiciaire qu’ils passent à l’offensive, espérant faire jurisprudence. En menant la lutte à Marseille, Zaïr, Leila, Abdul, Robert, Mohammed ou Alex ont réalisé « que d’autres salariés subissaient le même sort sur d’autres sites et qu’il y avait une bataille collective à mener ».

    Les audiences s’ouvrent à Marseille alors que le groupe, qui a généré un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros en 2024, annonce sur son site vouloir pour 2026 « recruter environ 6 000 collaborateurs pour soutenir sa dynamique internationale », dont « 2 000 aux états Unis et 1 500 en France ». Cette augmentation des effectifs répond « au lancement de nouvelles plateformes et à l’intensification des flux ». Gare aux clauses scélérates !

  • Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Pour la troisième année consécutive, Doc Cévennes, réseau de diffusion de cinéma documentaire sur 4 départements (Gard, Hérault, Aveyron et Lozère) participe à la journée de l’amitié franco-allemande, en référence à la signature, le 22 janvier 1963 par le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, du traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande après des décennies de conflits. Le projet vise à « créer un dialogue culturel entre la France et l’Allemagne » à travers une circulation de films documentaires.

    2 films, 2 invitées, 6 projections

    Durant 5 jours, du 19 au 24 janvier, Doc Cévennes va donc diffuser, dans 4 départements occitans (le Gard, l’Hérault, l’Aveyron et la Haute-Garonne) deux films documentaires contemporains et indépendants sélectionnés en partenariat avec le Festival DOK Leipzig, « un des plus anciens et des plus prestigieux festivals allemands de documentaires », souligne Marion Blanchaud, co-présidente de l’association Champ Contrechamp et responsable du réseau DOC-Cévennes.

    Dans le premier film, Lichter der strasse (littéralement Les lumières de la rue), la réalisatrice Anna Friedrich suit quatre femmes nomades et s’interroge sur la façon dont la société perçoit leur mode de vie. Dans le second, Sedimente, la Laura Coppens nous plonge, à travers les conversations qu’elle entretient avec son grand-père, dans différentes époques de l’Histoire allemande. Un film sur la mémoire et la responsabilité individuelle en temps de dictature.

    Chaque documentaire fera l’objet de trois projections*, à l’issue desquelles interviendront, pour l’un, la réalisatrice Anna Friedrich et pour l’autre, la programmatrice du festival DOK Leipzig Jana Kraft.

    * Lichter der Strasse sera diffusé lundi 19 à 18h15 au Sémaphore de Nîmes (30) ; mardi 20 à 19h au Goethe Institut de Toulouse (31) ; et mercredi 21 janvier à 19h à Trèves (30), petit village sur le Causse.

    Sedimente quant à lui sera projeté jeudi 22 janvier à 19h à la salle Pelloutier à Montpellier (34), précédé d’un cocktail ; vendredi 23 janvier à 19h à Valleraugue (30) ; et samedi 24 janvier à 18h à Nant (12).

  • Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Pour que la forte croissance démographique reste soutenable autour de Montpellier, il est indispensable que les conditions d’accueil suivent. Le phénomène impose aux décideurs de penser le développement à long terme dans plusieurs domaines.

    Côté logement, seul le parc social de la Ville de Montpellier respecte la loi SRU (25% d’habitat minimum). Parce que les loyers privés sont souvent hors de prix, la majorité de Michaël Delafosse a créé en 2021 son Organisme foncier solidaire (OFS). Dans toutes les ZAC publiques, il permet 22% de logements abordables via le Bail réel solidaire (BRS). « Cela permet à des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter une villa à 800 000 euros de devenir propriétaires », résume Claudine Vassas-Mejri (PS). Sous conditions de ressources (plafond haut), il est ainsi possible d’acheter des murs et de payer une redevance à la collectivité (1,3 euro/m²) pour la location du foncier. « Cela permet aussi d’éviter la spéculation », précise la vice-présidente. Encore méconnu, cet outil privilégie les travailleurs essentiels, les familles avec enfants venant du logement social. Un millier d’habitats en BRS sont programmés, 4 000 à terme.

    Depuis le Covid, la crise du logement fait rage. L’actuel Plan local de l’habitat prévoyait la construction de 5 000 logements dans la métropole « mais on n’y arrivera pas », regrette l’élue. La faute à l’inflation, au désordre national, à la fin des incitations fiscales (type Pinel) et à la rareté du foncier. Sans compter que la loi Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) freine l’appétit des promoteurs. « Dans les villages, le moindre projet de ZAC suscite une levée de boucliers alors que la plupart des gens qu’on reçoit cherchent un logement », témoigne C. Vassas-Meijri.

    Dès 2020, le président M. Delafosse (PS) a doté la Métropole de nouveaux outils. La régulation des locations AirBnB (déclaration obligatoire) vise à lutter contre la concurrence déloyale. Les loyers encadrés à Montpellier permettent d’éviter les abus. Et le permis de louer (à Celleneuve, Figuerolles, Saint-Martin et aux Cévennes) traque les marchands de sommeil.

    Le Service express régional…

    Dans un monde qui s’accélère, les mobilités sont aussi essentielles. Avec la 5e ligne de tramway et la connexion entre les deux gares, Montpellier est désormais bien maillée. Ce n’est pas le cas des territoires aux alentours. C’est la raison d’être du Service express régional métropolitain (Serm), sorte de RER métropolitain promis par Emmanuel Macron. « À Montpellier, 20% des trajets viennent d’en dehors de la métropole, où la dépendance à la voiture est forte », résume Julie Frêche. Elle a beau adorer le vélo, la vice-présidente sait que les pistes cyclables ne peuvent pas tout quand on se déplace aussi loin.

    Avec 8 intercommunalités de l’aire d’attraction de Montpellier, de l’agglo de Sète à celle de Lunel en passant par la vallée de l’Hérault et le Pic-Saint-Loup, un réseau de transports en commun est en cours d’élaboration pour connecter ces territoires qui concentrent 73% de la population héraultaise et accueillent 12 000 habitants de plus par an. Il y a bien sûr le grand projet de Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Le premier tronçon vers Béziers (horizon 2032) aura vocation à désengorger la ligne ferroviaire du littoral. La Région pourra ainsi renforcer son offre de TER.

    Du côté de la Métropole de Montpellier, on travaille déjà sur les futures lignes de bustram ou cars dits « à haut niveau de service ». Ils seront non polluants et éviteront les bouchons grâce à des voies réservées. Trois études sont déjà en cours pour des cars vers le Cœur d’Hérault (Gignac, Clermont, Lodève…), Balaruc depuis Garcia Lorca et Saint-Mathieu-de-Tréviers depuis le rond-point de Girac. Deux autres lignes verront le jour : l’une depuis Castelnau vers Castries, l’autre vers Lavérune, Pignan, Cournonsec voire Poussan. Des liaisons vers Saint-Gély-du-Fesc ainsi qu’entre Baillargues et Mauguio sont aussi dans les tuyaux. Au total : 267 millions d’euros d’investissement qui créeront des emplois. Mais « l’État doit jouer son rôle », presse Julie Frêche.

  • Gard : Vauvert, une gauche unie face au RN

    Gard : Vauvert, une gauche unie face au RN

    Soutenue par de nombreux démocrates et des représentants de LFI, la gauche citoyenne socialiste et communiste s’est unie dès le premier tour (prévu le dimanche 15 mars) pour mettre en échec cette menace qui diviserait un peu plus la ville gardoise et pour poursuivre une politique solidaire dans une commune en pleine mutation.

    À quelques semaines des municipales, un froid mordant traverse Vauvert. Dans le quartier prioritaire des Costières, qui rassemble près de 2 700 habitants (sur 11 700 au total), on vit avec le spectre de l’extrême droite comme avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

    « Si Nicolas Meizonnet (RN) passe, ça craint… Nous, on n’a jamais eu de problème avec les élus actuels. Je suis de nationalité hollandaise, mais je vais aller voter pour les municipales, parce que la situation est très compliquée. On sent tous ces regards sur nous », confie Hoda, très inquiète à l’idée que le RN puisse prendre le pouvoir, et s’acharne sur un quartier déjà en proie à la stigmatisation. Non loin de là, immergé dans l’odeur douce-amère des tonnes d’agrumes empilées sur les étals du primeur, un client acquiesce.

    Sur ce petit bout de Camargue, qui fait office d’exception politique comparée au territoire environnant, le socialiste Jean Denat l’a toujours emporté d’une courte tête. Une avance fragile puisque le politique sait d’ores et déjà qu’il n’arrivera jamais à s’attirer la sympathie de la frange la plus réactionnaire de sa commune. Mais dans ce quartier populaire, quadrillé par un entrelacs d’immeubles bas où le chômage atteint les 35%, il est clairement la seule option.

    « Quand on est jeune,

    on se mélange… »

    Du plus loin qu’il s’en souvienne, Hicham a toujours baigné dans cette atmosphère fracturée. « à Vauvert c’est flagrant. Il y a deux mondes dans la même ville. Quand on est jeune on se mélange, et puis quand on grandit, chacun se remet à sa place… », souffle ce natif du cru, un gobelet de café fumant entre les mains. « De nombreux employeurs du coin préfèrent embaucher des gens de l’extérieur plutôt que des personnes d’origine immigrée. “Les arabes, avec les arabes”, ça on nous l’a déjà dit », poursuit encore le trentenaire, qui envisage désormais de quitter la ville. « Ici on a grandi dans le racisme. C’est fou, mais on l’a accepté. On vit avec des gens qui ne nous supportent pas ».

    Une résignation réelle, et des dérives que Katia Guyot, première adjointe au maire et conseillère régionale (PS), met sur le compte de la « méconnaissance ». « La société de Vauvert est ancrée dans une logique qui est nationale : elle est en butte à un discours de division. Mais quand les populations se rencontrent, les fantasmes et les tabous sont levés… »

    Engagé dans la campagne aux côtés de Jean Denat, le communiste Samuel Pabion partage ce diagnostic. « De nombreux médias ressassent les discours d’extrême droite en boucle ; or il ne faut pas confondre l’insécurité et le sentiment d’insécurité. À Vauvert, il y a les mêmes problèmes qu’ailleurs, mais il n’y en a pas davantage », affirme le colistier en réaction aux marottes sécuritaires du candidat RN qui alimentent la division.

    La confiance par l’action

    En 2024, le quartier prioritaire de Vauvert a été étendu jusqu’aux artères les plus paupérisées du centre-ville. Mais à la différence des Costières, à deux mois du scrutin, ici la présence de l’extrême droite s’affiche en grand. Dans le Bar des Halles, Hali les côtoie de loin. Il les sert et les salue poliment, mais quand il est en service, son enceinte crache du Tryo à pleine balle. Ce jour-là justement, il écoute La Misère d’en face et fredonne son refrain comme un mantra tombé à point nommé. « Peuple d’Occident, réveille-toi… »

    « La confiance, nous

    la gagnons petit à petit »

    Une façon d’assumer ses idéaux malgré le déferlement réactionnaire qui s’abat sur sa ville. « Samedi matin, Nicolas Meizonnet a inauguré son local de campagne dans la rue d’à côté. Quand ils sont passés devant le bar, il m’a serré la main, mais sans jamais me regarder dans les yeux parce qu’il connaît mes convictions. Ici on se connaît tous, j’étais en classe avec son frère », assure Hali, convaincu néanmoins que l’extrême droite ne passera pas. « Les gens ne sont pas si cons », balaie le quadragénaire, blindé d’enthousiasme.

    Si elle l’exprime en d’autres termes, Katya Guyot partage pour partie son sentiment. « Quand on regarde les élections nationales, on voit que le RN est largement en tête, mais sur les scrutins locaux la situation est moins manichéenne. Je crois qu’une des raisons des fractures de notre société, c’est l’inquiétude », analyse l’élue, qui estime qu’en 12 ans, la municipalité actuelle n’a eu de cesse de pallier l’injustice et de créer des ponts.

    « Travailler une société universaliste »

    « Je crois que par l’action culturelle et les spectacles gratuits pour les enfants, nous avons réussi à provoquer un vrai mélange des populations. Mais aussi via l’action sur l’habitat social, la rénovation, l’entretien des espaces verts… Ces politiques illustrent une volonté de traiter les quartiers et les populations de la même façon », assure encore Katya Guyot, qui estime que cette ambition s’inscrit forcément dans un temps long.

    « La confiance, nous la gagnons petit à petit. Mais il faudra encore beaucoup de travail et de présence sur le terrain pour la rétablir, et rappeler que chaque citoyenne et citoyen a droit de cité. Je crois qu’on a intérêt à travailler à une société universaliste, c’est le fondement de la République française », résume-t-elle.

  • « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    Succès croissant pour le concours Reporters en herbe en Vaucluse. Un dispositif, mis sur pied par le club de la presse Grand Avignon-Vaucluse et le Département. Il vise à la fois à présenter le métier de journaliste, et plus largement le monde de l’information à des collégiens, tout en leur donnant des conseils pour la réalisation de leur projet. Cette année, 19 collèges et 22 classes participent à Reporters en herbe, contre 12 collèges et 14 classes en 2025.

    Comme l’an dernier, La Marseillaise est impliquée dans le concours. Après une première intervention début décembre au collège Jules-Verne du Pontet, nos deux journalistes de la zone se sont rendus tout récemment aux collèges Saint-Exupéry de Bédarrides, Barbara-Hendricks d’Orange et Champfleury d’Avignon. La thématique du concours cette année est le Vaucluse en 2050. À Bédarrides, la classe média s’est tournée sur la construction d’installations sportives. À Orange, la classe de 6e s’est penchée sur le traitement des déchets, en particulier ceux agricoles. Enfin, la 5e Obama du collège Champfleury d’Avignon a choisi le thème de la relation entre la ville et les arbres dans 100 ans. La classe vainqueure sera invitée à Marseille dans les locaux de France 3.

  • Le rugby des montagnes s’accroche

    Le rugby des montagnes s’accroche

    Rugby des villes, rugby des villages. Mais aussi rugby des montagnes.

    Dans le cadre de son tour de France des Ligues, Florian Grill est allé à la rencontre des clubs de Sud – Paca. Le président de la Fédération française de rugby (FFR) a surtout passé deux jours dans les départements alpins, où il a rencontré « des dirigeants héroïques, qui font vivre le rugby dans des conditions qui ne lui sont pas favorables ».

    Ainsi, lors de son étape à Briançon, il a assisté au tournoi de snow-rugby, organisé par le club local. « C’était incroyable. J’ai vécu des moments comme seul le rugby sait en faire. Je tiens à saluer le travail des dirigeants de ce club, qui font vivre le rugby dans les Alpes. »

    Il salue « le travail des bénévoles sans qui notre sport serait absent dans ce territoire. Il est nécessaire de se souvenir aussi que c’est grâce à eux que le rugby professionnel existe et qu’il est primordial de valoriser leur investissement ». Côté club, « avoir la visite du président de la FFR, c’est une première pour Briançon et nous l’apprécions », confie Loïc Pons. Pour le président du RCB, « c’est reconnaître le travail de nos bénévoles qui font vivre le rugby dans des conditions très difficiles depuis 56 ans. Florian Grill a été surpris de découvrir notre tournoi de rugby sur la neige. Un rendez-vous qui permet d’ouvrir le sport à d’autres pratiques. Notre ADN de montagnards fait que ça marche ! » Florian Grill a aussi rendu visite au club de Digne-lès-Bains. « Il y a dans cette structure une dynamique exceptionnelle. Ce qui a été fait ici, à l’occasion du Mondial des clubs amateurs, mais ce qui se fait au quotidien, avec notamment les ateliers de rugby adapté, doit être encouragé et servir de modèle », apprécie-t-il.

    Le président de la FFR a pris le temps de discuter avec les représentants des clubs des deux départements alpins de Haute Provence. « Nous allons mettre en place des antennes locales, afin de réduire les distances et permettre aux clubs de poursuivre leur développement », détaille-t-il. Florian Grill a aussi touché du doigt les contraintes du quotidien. « Pour ces clubs, un déplacement est une véritable expédition. Surtout en hiver. Leurs mérites n’en sont que plus grands », souligne-t-il.