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  • Florian Grill vient appuyer l’ovalie dans les quartiers des Bouches-du-Rhône

    Florian Grill vient appuyer l’ovalie dans les quartiers des Bouches-du-Rhône

    Dans les Bouches-du-Rhône, Provence rugby est la locomotive de la pratique du ballon ovale.

    Mais le club aixois n’est que la partie émergée de l’iceberg rugby. Son existence n’est possible « que parce que des petits clubs sont là pour former les professionnels de demain ». C’est à la rencontre de ces clubs formateurs que Florian Grill est allé. Durant quatre jours, le président de la Fédération française de rugby (FFR) a pu ainsi toucher du doigt le quotidien de ces clubs.

    À Marseille, où il a assisté au match Smuc – Digne dimanche, il a aussi vu dans quel état se trouve sa discipline. « Dans une ville d’un million d’habitants, il n’est pas normal qu’il y ait si peu de clubs » regrette-t-il. Comme il a pu constater « le manque de structures adaptées pour une pratique correcte ».

    S’il a conscience « que le football écrase tout », il estime « qu’il y a du potentiel pour développer le rugby, à condition d’en avoir la volonté ». Du côté du Smuc, Florian Grill a trouvé un club qui a cette volonté de diffuser la pratique en allant à la rencontre des pratiquants potentiels.

    Une académie se précise

    « Nous avons lancé une collaboration auprès d’une école et d’un collège, en misant sur les valeurs sociales de notre sport. Que le président de la FFR vienne voir comment nous agissons, c’est valorisant », confie Stéphane Tollet. Le président du club du 8e arrondissement de Marseille évoque les actions menées au sein de l’école primaire de La Soude, et de la convention signée avec le collège de Provence pour l’ouverture d’une classe de rugby.

    « Il s’agit d’un projet social et sportif qui permet de développer les compétences des enfants que l’on nous a signalés », précise Jimmy Courtial. Le directeur sportif du Smuc a carte blanche pour mettre en route ce que le président Florian Grill présente comme « une antenne de rugby de proximité dans les quartiers ».

    Le club marseillais a ciblé deux autres collèges, Marseilleveyre et Honoré Daumier. « À terme, nous souhaitons créer une véritable académie, avec des bourses pour aider les joueurs à mener de front études et pratique sportive », détaille Jimmy Courtial.

    Les dirigeants marseillais se sont donné quatre ans pour que la dynamique s’enclenche. « Il y aura des retombées auprès des jeunes, mais aussi des bénéfices pour notre équipe fanions, que nous aimerions amener en Fédérale 1 », souligne Stéphane Tollet. Mais, pour aller au bout, il faudra avant tout obtenir des structures adaptées. « Je constate qu’à Marseille, les installations sportives ne sont pas à la hauteur des besoins du rugby » déplore Florian Grill. « Nous avons touché du doigt ce problème avec la montée en puissance de nos féminines, qui sont freinées par ces manques », confirme Stéphane Tollet.

    Les deux présidents espèrent que leurs efforts ne seront pas bridés par ces carences. « Nous avons besoin du soutien des institutions pour mener à bien nos missions. Mettre en place nos antennes de développement du rugby au plus près des gens, afin qu’ils puissent pratiquer sans contraintes », insiste Florian Grill. Quitte à partager les stades avec les cousins du football.

    Pour lui, le jeu en vaut la chandelle. « Car, en plus des essais, le rugby transforme les personnes. Il est un acteur majeur dans l’éducation. J’aime à rappeler que plus de rugby, cela amène une société meilleure et des relations apaisées. »

  • Le RC Toulon retrouve les 8e de finale de la Champions Cup

    Le RC Toulon retrouve les 8e de finale de la Champions Cup

    Ils devaient tout faire pour ne pas repartir du nord-ouest de l’Angleterre avec une défaite, sous peine de voir leur aventure européenne s’arrête précipitamment. Les pensionnaires du Rugby Club Toulonnais ont réussi leur mission samedi soir sur la pelouse de Gloucester, lors de la 4e et dernière journée de poule. Ce troisième succès dans cette compétition leur permet de décrocher leur qualification pour les 8e de finale, où ils sont assurés de recevoir le futur adversaire au stade Mayol.

    « On est très content de la victoire, ça faisait un moment qu’on ne gagnait pas à l’extérieur », reconnaît Andréa Masi, entraîneur de l’attaque varoise. « On a dominé, mais il y a un peu de frustration, parce qu’on a manqué de précision. Pendant la période de Noël, on ne s’est pas trop entraînés, il y a un manque de repères collectifs et de rythme. Mais nos avants ont dominé physiquement, même si on n’est pas encore au top. Ça nous tenait à cœur de gagner à l’extérieur, ça va nous faire du bien pour la confiance. Maintenant, on veut aller le plus loin possible. On veut jouer des gros matches, il faut les vivre pour gagner de l’expérience », poursuit le technicien italien.

    Un plein de confiance

    « C’était un match très dur, c’est toujours difficile ici, contre une équipe qui se bat. Le plus important, c’était de gagner », martèle Lewis Ludlam, le troisième ligne toulonnais, conscient que ce genre de succès rebooste les troupes. « Nous, les avants, on devait donner une bonne plateforme à nos trois-quarts. On doit rester comme ça chaque semaine. On a beaucoup perdu à l’extérieur, là c’était important de gagner, ça donne confiance à l’équipe. L’ambition, c’est les trophées ! On veut en gagner un. On est contents, on a l’occasion de le faire maintenant », ajoute l’international anglais, auteur de l’un des quatre essais inscrits à Gloucester, aux côtés de Mathis Ferté et d’un grand Gaël Dréan. Les Rouge et Noir peuvent désormais se concentrer sur la réception de Montpellier, samedi 24 janvier (à 16h35).

    GLOUCESTER 14 (7)

    TOULON 31 (21)

    4e journée de Champions Cup

    Kingsholm Stadium, à Gloucester

    Arbitre : Eoghan Cross (IRL)

    Gloucester : 2 essais (Clement 31’ ; Williams 68’), 2 transformations (Barton 32’, 69’)

    Toulon : 4 essais (Dréan 9’, 80+1’ ; Ferte 13’ ; Ludlam 37’), 4 transformations (Domon 10’, 14’, 38’, 80+2’)

    GLOUCESTER : Barton – Hathaway, Butler, Atkinson, Cotgreave – Atkinson, Williams (cap.) – Clement, Ludlow, Trenholm – Alemanno, Eite- Laulala, Crane, Bleuler. Remplaçants : Knowles (65’), Ruskin (44’), Knight (44’), Gwynne (64’), Venter (55’), Austin (79’), Byrne (60’), Morris (60’).

    Manager : George Skivington

    TOULON : Domon – Dréan, Brex, Cowie, Ferté – Albornoz, White – Mercer, Ollivon (cap.), Ludlam – Ribbans, Alainu’uese – Sinckler, Baubigny, Gros. Remplaçants : Toevalu (78’), Ametlla (68’), Priso (47’), Javakhia (55’), Abadie (60’), Serin (55’), Garcia (78’), Sinzelle (68’).

    Manager : Pierre Mignoni

  • Les supporters de l’OM ont fait leurs adieux au Coach Courbis

    Les supporters de l’OM ont fait leurs adieux au Coach Courbis

    Un grand silence accueillait les supporters marseillais, samedi lors du rendez-vous donné par les groupes de supporters à 14h45, au croisement du cours Belsunce et de la Canebière, venus rendre un dernier hommage à Rolland Courbis, natif de la cité phocéenne, ancien défenseur de l’OM et coach du club phocéen entre 1997 et 1999, décédé lundi à l’âge de 72 ans. « C’était un entraîneur à l’ancienne, comme on en voit plus aujourd’hui, avec des méthodes de la vieille époque », estime Thierry Suavet, fin connaisseur du football olympien, triste de la disparition de cette « grande gueule sympathique ».

    Il a notamment pu le voir en action à Moscou, lors de la finale de la Coupe de l’UEFA en 1999, perdue face « au Parme des Buffon, Cannavaro, Boghossian et Thuram ». « On lui a souvent reproché de ne pas avoir de titres en France, mais c’est quelqu’un qui ne laissait personne indifférent », poursuit Thierry, en observant plusieurs dizaines de personnes se réunir autour de Rachid Zeroual, leader historique des South Winners et présent en tête de cortège aux côtés d’élus de la majorité municipale comme Samia Ghali, Ahmed Heddadi et Hedi Ramdane. « En tant que supporter et ami de Rolland, il a laissé une belle image. C’était notre Marcel Pagnol, il avait ses mots à lui et sa manière de vivre. Mais on n’oublie pas ce qu’il a été avant tout, un homme », insiste Rachid Zeroual, au cœur du peloton qui a accompagné le cercueil tout au long du trajet entre la Canebière et l’église des Réformés, où s’est tenue la messe à 16h. « Il était comme un père pour moi », lâche Olivier, supporter de l’OM et fidèle suiveur d’Endoume les Catalans, deuxième club qu’a entraîné Courbis. « Il a failli nous faire monter en Ligue 2 en 1992, mais on a perdu le dernier match décisif contre Grenoble au stade Vélodrome », ajoute celui le voyait quotidiennement venir au stade Paul-Le-Cesne à bord d’une Porsche.

    « On a tous un peu de lui »

    Devant le corbillard, ses enfants Stéphane et Olivia, son fils adoptif Amine et sa femme Clara ont été les premiers à être accueillis par les supporters et les proches de la famille qui ont directement rejoint l’église des Reformés. Une pléiade de célébrités du ballon rond qui ont côtoyé Coach Courbis, à l’instar de Laurent Blanc, Éric Di Méco, Bryan Dabo, Alain Giresse ou encore Pascal Olmeta, a assisté à la cérémonie. « On voulait être présents parce qu’on a tous un peu de lui en nous », souligne Laurent Paganelli, le célèbre commentateur bord-terrain de Canal+ qui fut l’un de ses anciens coéquipiers au SC Toulon. « Le monde du football a perdu l’une de ses légendes », glisse Benoît Payan, le maire de Marseille, présent dans les tribunes du stade Vélodrome lors de la fameuse victoire (5-4) contre Montpellier, le 22 août 1998, où l’OM était mené quatre buts à zéro à la mi-temps. « Il était unique et irremplaçable par sa façon de relever la tête », martèle Guy Cazadamont, ancien directeur de la sécurité de l’OM, présent à ses côtés ce jour-là.

  • L’OM prend un bon élan avant sa semaine capitale

    L’OM prend un bon élan avant sa semaine capitale

    Est-ce l’air du Koweit et d’avoir flirté avec un titre ?

    Toujours est-il que l’OM qui a fait voler en éclats la dalle angevine, samedi, était à des années-lumière de celui qui s’était éteint face à Nantes au Vélodrome, pour la reprise du championnat. « La première mi-temps est la meilleure depuis mon arrivée à l’OM, en termes de qualité de jeu. » Le propos de Roberto De Zerbi est clair.

    Dans la foulée de leur démonstration offensive en Coupe de France contre Bayeux (9-0), ses Olympiens ont assommé une formation angevine dépassée par les événements. Chaque accélération marseillaise amenait le danger sur le but de Henri Koffi qui, à quatre reprises, est allé chercher le ballon dans son filet.

    Toutefois, des bémols viennent tempérer la joie de l’entraîneur marseillais. Car sa défense a encore offert deux buts, dans le temps additionnel de chaque mi-temps. « Le but d’Angers en fin de période nous a plus énervés qu’inquiétés. Le deuxième but est différent du premier. O’Riley n’aurait pas dû mettre le ballon dans l’axe. J’insiste souvent sur le fait qu’une passe en plus peut tout changer. »

    Pourtant, le festival de samedi aurait pu ne pas avoir lieu. Car la délégation marseillaise a eu du mal à rejoindre le stade Raymond Kopa. « Comme les supporters, nous sommes arrivés deux heures avant le coup d’envoi », plaisante Roberto De Zerbi. La cause de ce retard ? Le brouillard dense qui a empêché l’avion des Olympiens d’atterrir sur l’aéroport d’Angers. Déroutés sur Rennes, c’est en bus qu’ils ont rejoint la cité du Roy René.

    L’entraîneur marseillais a reconnu que jusqu’au match, « nous avons vécu une journée de merde, oui. Nous avons gagné, ça aide à faire passer le reste. Le mauvais temps a perturbé notre voyage, on est arrivés deux heures avant le coup d’envoi, comme les supporters. Ça nous a permis de comprendre ce qu’ils vivent. Ça m’a rappelé ma jeunesse. »

    Dix à la suite

    Dans la foulée d’un trophée des champions qui a révélé le potentiel du groupe, avec une attaque qui vient de marquer quatorze buts en deux matches. Avec les retours en forme de Hamed Traoré et Amine Gouiri, buteurs samedi, Roberto De Zerbi peut envisager sereinement la semaine qui s’annonce.

    « Mon équipe est très forte. Mais elle doit être à tous les matches comme aujourd’hui. Nous devons toujours être l’équipe telle qu’elle a été ce soir pendant les 90 minutes et dans le championnat pendant les 38 matches d’une saison » a-t-il confié. Avant d’évoquer le prochain rendez-vous, mercredi en Ligue des Champions. « Nous pouvons très bien jouer contre Liverpool, mais si nous ne sommes pas dans le match, nous pouvons perdre contre n’importe qui. L’objectif, comme je l’ai dit aux joueurs à la mi-temps, c’est d’enchaîner dix matches de ce niveau avec moi sur le banc. C’est notre grand défi. »

    Liverpool n’arrive toujours pas à gagner

    Adversaire de l’OM, mercredi en Ligue des Champions, Liverpool stagne dans le championnat anglais.

    Samedi, les Red ont été une nouvelle fois tenus en échec. Burnley est venu prendre un point (1 – 1) à Anfield road, S’ils restent invaincus depuis leur défaite à domicile face au PSV (1 – 4) le 26 novembre en coupe d’Europe, les hommes d’Arne Slot restent sur une série de quatre nuls consécutifs.

    Le score final ne reflète pas la physionomie d’un match, largement dominé par les Liverpuldians. Dans lequel l’international français Hugo Ekitiké, recrue hivernale, a été particulièrement actif. Il a même inscrit un but, refusé, après l’égalisation de Burnley.

  • [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    [Passerelle interculturelle] Paris sans filtre ? Réflexions croisées sur le regard et le quotidien

    Ces derniers jours, des photos de Paris ont largement circulé sur les réseaux sociaux chinois. On y voit un homme âgé, venu de Chine, posant simplement devant la tour Eiffel, sous le ciel d’hiver parisien. Rien d’exceptionnel : pas de ciel bleu éclatant, pas de mise en scène. Juste un instant ordinaire. Autour de ces images prises au fil de son voyage, les commentaires se sont multipliés. Une expression est revenue avec insistance : « Ces photos ont enlevé le filtre de Paris. »

    Cette formule m’a fait sourire, puis réfléchir. Car elle en dit autant sur Paris que sur notre manière de regarder le monde. Paris, comme beaucoup de grandes villes, vit sous un filtre collectif. En Chine, elle est souvent associée au romantisme et à une certaine idée idéalisée de l’Europe, façonnée par le cinéma et la littérature. Les photos de cet homme âgé ne cherchaient ni à confirmer ni à contredire cette image : elles montraient simplement une ville telle qu’elle se vit, au quotidien.

    Vivant aujourd’hui en France, un pays que j’aime profondément et où je me suis installée depuis une dizaine de mois, je découvre cette réalité concrète, faite de nuances, parfois différente de ce que l’on imagine depuis la Chine. Ces dernières semaines, quelques jours d’intempéries ont suffi à rappeler que même une grande capitale repose sur des équilibres sensibles : déplacements ralentis, habitudes bousculées, et, un jour, une pénurie d’œufs au supermarché. Rien de dramatique, mais assez inhabituel pour inviter à regarder autrement le fonctionnement du quotidien.

    Quelle image de Beijing

    ont les Français ?

    Tout cela m’a amenée à repenser à la vie quotidienne en Chine, si proche et si lointaine à la fois. Et je me suis posée une question simple : quelle image de Beijing ont les Français ? Existe-t-il, là aussi, un filtre, comme celui à travers lequel nous regardons Paris depuis la Chine ? D’après ce que j’ai pu observer au cours de ces dix mois en France, certains aspects très ordinaires de la vie en Chine restent encore peu connus ici.

    Revenons aux œufs. Ces derniers jours, le sujet faisait même l’objet de discussions à la télévision française. En Chine, avec un euro, on peut acheter environ seize œufs. Ce chiffre peut sembler anecdotique. Il dit pourtant quelque chose de l’organisation du quotidien dans un pays de 1,4 milliard d’habitants, où la stabilité de l’approvisionnement en produits de base est tellement intégrée à la vie ordinaire qu’on n’y pense presque jamais. Personnellement, je n’avais jamais imaginé me poser un jour la question des œufs. Il ne s’agit pas de comparer ni d’opposer. Ces différences rappellent simplement que chaque société construit ses propres équilibres, souvent invisibles tant qu’ils fonctionnent.

    C’est là que la question du « filtre » prend tout son sens. La distance entre deux pays n’est pas d’abord géographique. Elle est cognitive. Ce qui me touche dans cette histoire de photos, ce n’est donc pas l’idée d’un « Paris sans filtre », mais le regard de celui qui observe : calme, attentif, sans jugement. Les filtres ne disparaissent sans doute jamais complètement. Mais ils peuvent s’alléger, à mesure que l’on observe et que l’on accepte la complexité du réel.

    Entre la Chine et la France, les différences sont réelles. Mais ce sont souvent les regards patients et bienveillants, ceux qui prennent le temps de voir sans conclure trop vite, qui permettent de mieux se comprendre.

  • Le Fest’Hiver célèbre les scènes permanentes d’Avignon

    Le Fest’Hiver célèbre les scènes permanentes d’Avignon

    On entend dire parfois que le Fest’Hiver, c’est un Festival d’Avignon pour les Avignonnais. En tout cas, il est bien fait par des Avignonnais. Car depuis désormais 20 ans, celui-ci célèbre les théâtres permanents. Avec cette année 16 représentations au total, du vendredi 23 janvier au dimanche 1er février.

    Une célébration des planches ouvertes en dehors du seul mois de juillet, à savoir le Théâtre transversal, le Chien qui Fume, les Halles, le Balcon, le Chêne Noir, des Carmes ou encore l’Entrepôt, regroupés dans l’association des Scènes d’Avignon. « On grandit d’année en année et un jour le Fest’Hiver sera plus important que le Festival d’Avignon », lance avec ironie Serge Barbuscia, président de l’événement cette année et directeur du théâtre du Balcon. « Un premier temps fort qui lance l’année culturelle. Il faut rappeler que la culture à Avignon, c’est toute l’année et cela au travers des scènes permanentes », clame la première édile d’Avignon, Cécile Helle (PS). Une édition anniversaire qui sera lancée sur les chapeaux de roues ce vendredi 23 janvier en soirée avec le « Bain surprise » dans les Bains Pommer, musée qui se trouve dans les anciens bains publics de la Cité des Papes. Une déambulation participative « aux airs de cabaret » avec 11 artistes amateurs, coordonnés par la compagnie Sortie 23, qui vont donner trois spectacles successifs dans la soirée.

    Sujets forts

    Et le programme de cette célébration « du bel âge » comme l’évoque Cécile Helle, est pour le moins diversifié. Mais aussi avec des thèmes plus ou moins lourds. Le vendredi 24 janvier, Maëlstrom, de la compagnie MAB, conte l’histoire de Véra, une jeune fille née sourde rejetée pour son handicap.

    Tandis que la pièce suivante est une réadaptation modernisée du Horla de Guy de Maupassant. Avec l’intelligence artificielle pour fantôme qui hante le personnage principal et qui interroge sur la place qu’elle occupe actuellement dans la société. De la danse aussi, avec Colette au Soleil Levant de Judith Desse. La chorégraphe, ex-infirmière en maison de retraite, qui y met en scène le quotidien de son ancien métier, des « corps que j’ai côtoyés, lavé et trop peu visible dans le milieu artistique », confie-t-elle.

    Le Festival d’Avignon est à nouveau partenaire également, avec La lettre, ou la rencontre entre une mouette et Jeanne d’Arc, jouée à La FabricA. Un ton plus léger du côté des Petites et moyennes entourloupes le dimanche 25 janvier. Une « satire de l’entreprise et de l’ultra capitalisme » qui met du baume au cœur. Mais aussi des pièces plus « traditionnelles » avec Marcel Pagnol, variations d’amour, le jeudi 29 janvier, qui explore la vie intime de l’écrivain provençal. Ou encore le Cabaret des oiseaux le samedi 31 janvier. Une pièce mêlant obscurité et humour où l’on évoque la perte de l’être cher avec légèreté.

    Billetterie sur les sites internet
    de chaque théâtre. Programme complet sur scenesdavignon

  • Le diplôme de la langue française, preuve d’intégration

    Le diplôme de la langue française, preuve d’intégration

    « Vous entrez dans le club très sélectif des 300 millions de locuteurs français dans le monde. Je ne peux que vous féliciter », lance ce mardi 13 janvier Sébastien Maggi, sous-préfet de Vaucluse, à 50 diplômés de divers niveaux de la langue française.

    Pour l’occasion, une cérémonie était organisée en leur honneur en préfecture, où les diplômes leur ont été remis physiquement. « Cette réussite, c’est la vôtre et vous pouvez en être fiers », clame avec un grand sourire Fabien Coupon, président du centre social de la Croix des Oiseaux, avant d’appeler tour à tour les récipiendaires aux noms originaires des quatre coins du globe.

    Une fierté amplifiée par le nombre de personnes accompagnées par sa structure qui ont reçu le fameux sésame. En effet, ils étaient une quarantaine à suivre des cours au sein de l’établissement avignonnais, le reste étant passé par l’association Couleur Espoir, basée au Pontet. « Cela témoigne de la volonté de s’insérer en France. Derrière cela, il y a aussi l’accès à la culture et le fait de voir le monde avec des valeurs communes », explique Sébastien Maggi. À travers ces diplômes, ce sont surtout des parcours qui sont à mettre en valeur. En voici trois, passés par le centre social de la Croix des Oiseaux.

    Diego Jimenez

    Écarteurs verts réfléchissants dans les lobes et moustache noire fournie, son profil dénote au sein de la « promotion » 2026 des diplômés. Diego Jimenez, la trentaine passée, est arrivé du Mexique il y a quatre ans. « Car j’ai eu un fils avec une Française », confie-t-il, tout sourire, dans un français impeccable.

    Fabricant de bijoux dans son pays d’origine, il travaille aujourd’hui dans les vignes vauclusiennes. « Pour moi, c’est très important de bien parler la langue. C’est trop dur d’aller dans un nouveau pays sans pouvoir communiquer et c’est pour ça que, peu de temps après mon arrivée, je suis allé à la Croix des Oiseaux car je savais qu’il y aurait des cours là-bas », poursuit celui qui était parmi les mieux notés à l’examen. « Je suis très fier car après trois ans d’études, ce n’était toujours pas facile. La langue, c’est la base de la culture », conclut Diego, radieux.

    Helena Baeva

    C’est pour fuir la guerre en Ukraine qu’Helena Baeva est arrivée en France en septembre 2022. Un parcours sinueux pour la Moldave d’une quarantaine d’années. Elle a en effet vécu huit ans en Russie avant de déménager dans le pays voisin, où elle restera dix ans avant le début du conflit. « Je ne suis pas venue ici de ma propre volonté mais je suis très heureuse d’être arrivée en France », campe-t-elle. Pour elle, la maîtrise de la langue française va lui permettre « d’ouvrir tout un tas de portes sur le plan professionnel, avec la possibilité d’entrer dans certaines formations ». C’est surtout selon elle une certification « qui donne espoir car en arrivant dans un pays étranger dont on ne connaît pas grand-chose, maîtriser la langue, c’est essentiel, par exemple pour se construire un cercle social ».

    Khadija Boutta

    Arrivée en 2005 dans l’Hexagone depuis le Maroc, Khadija a enchaîné les petits boulots sans relâche. Mais que ce soit dans la restauration ou chez des exploitants agricoles, « ça n’aide pas du tout à apprendre la langue correctement », concède-t-elle. Après une dizaine d’années de galères, notamment administratives, elle en arrive à la conclusion que « sans maîtriser le français, tout se ferme devant nous ».

    Elle se décide alors à pousser les portes de différentes structures de formation, avant d’arriver à celle de la Croix des Oiseaux. C’est désormais en tant qu’auxiliaire ambulancière qu’elle s’épanouit à Avignon. Mais le tracas administratif demeure. Elle cherche maintenant à obtenir la nationalité française mais se heurte à un mur avec des changements de règles incessants. « On m’expliquait que je n’avais pas un revenu suffisant, je venais d’être mise au chômage à cause du Covid car je travaillais dans un restaurant. Maintenant, j’ai une situation stable avec mon métier et on me la refuse à nouveau. Je n’ai pas fini le parcours du combattant. »

  • Immigration illégale en Vaucluse : des chiffres qui interpellent

    Immigration illégale en Vaucluse : des chiffres qui interpellent

    Fin août, la préfecture avait communiqué sur les expulsions de ressortissants étrangers en situation irrégulière, détaillant les CV « dangereux » de 5 d’entre eux. Une communication également relayée sur les réseaux sociaux de la préfecture, faisant énormément réagir. Une situation qui vient de se reproduire. En milieu de semaine dernière, la préfecture a délivré un bilan annuel des interpellations d’étrangers en situation irrégulière.

    Ainsi, 1 069 étrangers irréguliers ont été interpellés, « soit une hausse de 28% », précise la préfecture. « Cette mobilisation a abouti à la prise de 1 265 mesures d’éloignement, type obligation de quitter le territoire français (OQTF), contre 891 en 2024 (+41%) », enchaîne la préfecture. 193 OQTF ont été réalisées. Cela « s’explique en grande partie par les difficultés d’identification et de délivrance de laissez-passer par les consulats », justifie la préfecture, en insistant sur le fait que 40 étrangers expulsés sortaient de prison.

    Des données qui font réagir diversement : « 1 000 interpellés, 193 expulsés… il en manque juste 807 qui sont retournés dans la nature », ou « Bravo mais on pourrait largement faire mieux ». D’autres sont plus mesurés, tel Pierre Platon, retraité CGT, soulignant que ce « bilan n’est que celui établi pour faire plaisir à la politique répressive du gouvernement ». Ou pointent des « OQTF prononcées sans aucun discernement, à l’encontre de gens qui sont intégrés depuis longtemps et exercent un métier difficile dans des secteurs en crise ». Cela rappelle le cas de Fatou, une Ivoirienne alternante (notre édition du 9/12). Conclusion ironique : « J’ai hâte de voir les Vauclusiens dans les champs ramasser les fruits à la place de ces personnes qui font le taf et dont ils ne veulent pas. »

  • Les vœux de Danielle Milon tournés vers les municipales à Cassis

    Les vœux de Danielle Milon tournés vers les municipales à Cassis

    « En 2025, Cassis a vibré toute l’année, ça bouge, non ? Eh bien ça va continuer », a promis Danielle Milon, 77 ans, maire de Cassis depuis dix-huit ans et candidate à sa réélection pour un quatrième et dernier mandat, selon ses mots. Dans un discours offensif, ponctué de « Je ne fais pas de politique » – assertion contredite par ses paroles – la maire de Cassis, 7 000 habitants aujourd’hui, a largement étayé ce qui a été réalisé dans la commune en 2025, et ce qui se poursuivra en 2026. Notamment « un choix fort, être à la pointe de la protection de l’environnement », a-t-elle lancé. Elle a par exemple annoncé pour 2026 « l’installation d’ombrières photovoltaïques au parking des Gorguettes pour alimenter en électricité 50 bâtiments communaux ».

    Alors que « tous les terrains de la commune ont été consacrés au logement social », a indiqué Danielle Milon, 2 programmes seront livrés cette année. « Nous subventionnons les bailleurs pour que 70% des logements réalisés soient réservés aux Cassidains », a-t-elle souligné. Elle a également sorti les griffes. « Mardi 16 décembre, mon domicile puis la mairie ont reçu la visite très matinale de la Brigade financière de Paris. J’ai vite fait le lien avec la saga de la Villa mauresque, qui dure depuis dix ans, véritable feuilleton Netflix préféré de mon opposition. C’était à trois mois des municipales. Je m’en réjouis car la vérité que j’ai toujours clamée va être mise au jour et les calomnies balayées. » Parmi ses autres chevaux de bataille : le centre culturel, projet qui date… de 1990. « L’opposition freine un équipement essentiel pour la commune, alors que 60% du projet est financé par le Département. Je continuerai à me battre pour qu’il voit le jour », a-t-elle assuré.

  • Le maire de La Ciotat a exhorté les habitants « à faire cité »

    Le maire de La Ciotat a exhorté les habitants « à faire cité »

    Il est près de 11h30 samedi, et, face au public assis dans le vaste bâtiment de l’armement, à l’exacte jonction entre la ville et les chantiers navals, le maire brandit, depuis la tribune, un petit flacon.

    « Cette identité ciotadenne, lance-t-il, entouré par les conseillers municipaux, j’ai voulu la matérialiser. Chacun repartira avec un flacon. C’est de l’eau de source, celle du Pré. » Les applaudissements crépitent. C’est autour de ce seul point d’eau douce que s’est formée la ville, depuis l’Antiquité… On dit : « Qui a bu la source du Pré ne quittera plus jamais La Ciotat. » « C’est un symbole fort, il est porteur de notre ambition de faire cité », reprend l’homme de 48 ans, élu maire à la majorité du conseil municipal le 24 juin 2023, après la démission d’Arlette Salvo.

    « Sans revenir sur le contexte sanitaire passé, l’environnement international et la crise politique en France, je veux rappeler que plus que jamais nous devons faire cité pour nous protéger, tenir debout, durer », a-t-il exhorté. « Faire cité, c’est tisser les liens invisibles mais solides qui nous rassemblent. C’est accepter nos différences car La Ciotat est une ville généreuse, ouverte, vivante. »

    Une eau « ni potable,

    ni bénie »

    Remplis de cette eau « ni potable, ni bénie », a précisé l’édile dans un sourire, trois flacons seront mis de côté, a-t-il annoncé. Un sera remis au dernier-né ciotaden, un à la doyenne de 109 ans, et un, estampillé 105, « remis à mon ami Pierre Tidda », a assuré le maire. Pierre Tidda prit la tête des « 105 irréductibles ». De 1988 à 1994, ils occupèrent jour et nuit les chantiers navals, et permirent la renaissance de ce poumon économique et « cœur battant de La Ciotat ».

    Rien n’a été laissé au hasard. La corne de brume pour conduire le public au site du discours, prononcé sans notes. Le lieu même des vœux « rappelle combien l’homme et la mer ont toujours avancé ensemble », a déclaré l’élu. Et de confier : « Oui je ne suis pas né ici, mais je suis devenu Ciotaden, j’en porte l’âme. » Dans le bâtiment voisin, le buffet de l’apéro offert par la Ville a été dressé. Le discours du maire ? Ses soutiens apprécient. Margarita, 77 ans, l’a trouvé « clair, encourageant. Quant à l’homme, il me semble honnête, direct, humain, accessible ». Mathilde, 65 ans : « C’est un maire qui a de l’empathie. Il est à l’écoute des habitants. Il fait avancer les choses, même si l’administratif, c’est du temps long. » Charlotte, également Ciotadenne, 28 ans : « Je l’ai trouvé très centré sur la ville et ses habitants. C’est important de savoir qu’il est là pour eux avant tout. » Stéphane, 36 ans, qui travaille aux chantiers : « Cela va dans le bon sens. Il défend les valeurs ciotadennes, les chantiers navals. Il essaie d’agir dans le sens de la cohésion, et il en faut aujourd’hui ! » Si le discours de l’élu a été brillant, son bilan, notamment sur la difficulté à se loger dans la ville, lui est régulièrement reproché par l’opposition au conseil municipal.