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  • Une nouvelle année de projets pour l’hôpital psychiatrique

    Une nouvelle année de projets pour l’hôpital psychiatrique

    La santé mentale, une cause nationale 2025. « Et pourtant, l’année qui s’achève a encore été exigeante pour l’hôpital public, particulièrement pour la psychiatrie. Par la tension persistante sur les ressources humaines, le départ de médecins, par l’augmentation et la complexité des besoins de soins, par les injonctions parfois contradictoires… Pourtant, malgré ces difficultés, vous avez continué à soigner », félicite le Docteur Isabelle Boudier, présidente de la Commission médicale d’établissement. Aux vœux de Montperrin, adressés ce vendredi au 3 Bis F, le bilan de l’année passée a été tiré. À noter que Montperrin « a été trois fois cité dans le classement des dix meilleurs hôpitaux de France », rappelle Marie-Pierre Sicard Desnuelle, présidente du Conseil de surveillance. Certifiée par la Haute autorité de santé en mars, signatures de diverses chartes et rencontres avec le grand public, nombreuses inaugurations, dont l’accueil de jour adolescents sur le site de Montperrin, le développement de la politique « allers vers » avec la création de deux équipes mobiles supplémentaires en psychiatrie adulte, incluent le palmarès… « Notre plateau technique à nous est exclusivement humain, ce sont nos 1 300 professionnels répartis sur ce site et dans nos 50 structures extra-hospitalières », rappelle Gaëlle Dufour, directrice de l’établissement, qui l’assure : 2026, s’ouvre sur de « belles perspectives ». À commencer par le déploiement du projet de prise en charge des adultes autistes, dès janvier.

  • Le maire de La Cadière René Jourdan tire sa révérence

    Le maire de La Cadière René Jourdan tire sa révérence

    Après une longue réflexion, parce que j’aime cette commune dans laquelle je suis né, en raison de mon âge, il me semble plus sage de ne pas solliciter à nouveau votre confiance jamais démentie depuis 55 ans. » C’est en ces termes que le maire de La Cadière, René Jourdan, longtemps adhérent du PCF, a annoncé aux citoyens de ce village de 5 600 habitants qu’il ne briguerait pas un autre mandat le 15 mars prochain. Il faut souligner qu’à 93 ans, le deuxième maire le plus âgé de France, peut être satisfait de son parcours. Il avait d’ailleurs été réélu en 2020 avec 64% des suffrages dès le premier tour. René Jourdan fut viticulteur de profession. En plus d’un demi-siècle de mandat il a su, avec son équipe, faire évoluer La Cadière tout en préservant son caractère rural et provençal.

    Une population diverse

    Aujourd’hui, résident dans cette commune 67 agriculteurs, 434 artisans, commerçants et chefs d’entreprise mais aussi 461 cadres et professions intellectuelles supérieures, 596 salariés de professions intermédiaires, 631 employés et 312 ouvriers. Si les retraités représentent 35,4% de la population avec 1 393 habitants, la commune est aussi forte de sa jeunesse avec quelque 1 850 enfants selon l’Insee. Elle est d’ailleurs « ville amie des enfants ». Un label mérité qui offre aux plus jeunes (comme à toute la diversité de la commune) des services publics de qualité.

  • [Chroniques méditerranéennes ] Le cliquetis des menottes : Voilà la « solution »

    [Chroniques méditerranéennes ] Le cliquetis des menottes : Voilà la « solution »

    Si le dissensus est le sel de la démocratie, la répression en est le poison. Depuis longtemps, l’Italie est anesthésiée par des slogans et des clichés qui alimentent une haine toujours plus grande. Le gouvernement recourt à un vieux sport national : la démonstration de force. La répression s’effectue par un recours au droit pénal qui bafoue les libertés constitutionnelles.

    Le décret sur la sécurité, entré en vigueur le 11 avril 2025, a transformé les actes de dissidence en infractions pénales. C’est ce qui est arrivé à Marco Rovelli, écrivain et musicien, et à 36 autres personnes, fichées comme suspects. Ils avaient participé à la grande manifestation de solidarité pour Gaza et la Flottille de la Liberté à Rome en octobre dernier.

    « Ces noms, m’explique Marco Rovelli, ne sont pas choisis au hasard, mais triés sur le volet. On leur reproche d’avoir bloqué les voies en gare, malgré des négociations entre le syndicat CGIL et la police. »

    Mais le clou du spectacle, c’est le « paquet sécurité », actuellement examiné par le Parlement, qui vise les pouvoirs répressifs de l’État. Il prévoit des « zones rouges », des quartiers urbains interdits d’accès aux personnes jugées dangereuses, même non condamnées, ayant commis des « délits » lors de manifestations.

    Les « indésirables » sont de nouveau sous les feux des projecteurs : exil administratif pour tout étranger jugé dangereux, même sans avoir commis de délit. Un ensemble de mesures qui permettra de bloquer les navires de migrants si le ministre de la Ligue du nord, Matteo Salvini, actuellement ministre des Transports, le juge nécessaire. Ce dernier avait été acquitté alors qu’il était poursuivi pour séquestration et manquement à ses obligations professionnelles lorsqu’en août 2019 il avait empêché le débarquement de 147 migrants secourus par le navire de l’ONG espagnole Open Arms, avec de nombreux mineurs non accompagnés à bord.

    Mais la persécution des mineurs ne se limite pas aux arrivées par bateau. La liste des délits pour lesquels des jeunes peuvent être arrêtés en flagrant délit et les amendes infligées aux familles, allant de 200 à 1 000 €, pour défaut de surveillance, s’allonge.

    Le gouvernement Meloni ne se contente pas de lois ; il va plus loin : il instrumentalise les médias.

    Il y a quelques jours, dans un lycée de La Spezia, un élève marocain, Zouhair Atif, a poignardé son camarade d’origine égyptienne, Abanoud Youssef, par « jalousie ». Une photo d’Abanoud avec son ex-petite amie, publiée sur les réseaux sociaux, serait à l’origine du meurtre. Ultime mesure répressive : l’installation de portiques de sécurité dans les établissements scolaires. Des mesures qui, au vu des faits, se sont révélées inefficaces. Ceux qui se définissent comme immigrés de deuxième génération, nés en Italie de parents non italiens ou arrivés enfants, représentent un quart des jeunes de 15 à 35 ans. Les premiers à être confrontés et à subir la discrimination. Des familles vivant dans la crainte de l’immigration clandestine, avec des emplois précaires et des logements insalubres. Des jeunes contraints d’ignorer leur culture au nom d’un semblant de lien social, ou prêts à la reconquérir par la force. C’est dans ce contexte que se cache la tragique histoire de Zouhair Atif et Abanoud Youssef.

    Mais poser des questions n’est pas de mise. La « solution » ? Le rapatriement, des mesures de sécurité renforcées, des détecteurs de métaux dans les écoles, des arrestations. Oubliant que Zouhair et Abanoud sont les enfants de cette Italie-là. Les contrôles dans les écoles ou le bruit des menottes témoignent de la fragilité d’une société décomposée. Comme le disait Piero Calamandrei : « Là où il n’y a pas de liberté, il ne peut y avoir de légalité. »

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome.

  • Les Marseillaises face à un énorme défi en Coupe

    Les Marseillaises face à un énorme défi en Coupe

    Marseillaises contre Lyonnes, l’affiche des huitièmes de finale de Coupe de France a de quoi faire saliver les amateurs de beau jeu.

    Néanmoins, ce duel entre des Fenottes hyper favorites et des Olympiennes qui rêvent d’un exploit pour signifier leur retour au plus haut niveau, aura été promené entre Martigues, lieu habituel où évoluent les Marseillaises cette saison, et l’OM Campus, où la rencontre avait, un temps été programmée.

    Mais pour des raisons de sécurité, c’est l’enceinte martégale qui a été finalement confirmée. Une décision qui provoque un changement de date, puisque la rencontre, programmée dans un premier temps le dimanche, se jouera finalement samedi. Avec un coup d’envoi à 16h.

    Revanche ou confirmation

    Les deux Olympiques se sont déjà affrontés cette saison. En début de championnat de Ligue 1 féminine, les Lyonnaises s’étaient imposées 3-1, déjà dans l’enceinte martégale. Cette fois, les Marseillaises tenteront de prendre leur revanche. Et arracher leur premier exploit de la saison du retour au plus haut niveau du football féminin.

    Les filles de Corinne Diacre continuent d’alterner les bons matches et les sorties ratées. Leur dernière prestation à Francis-Turcan, où elles recevaient Saint-Étienne, en est l’exemple. Avec une défaite
    (0-1) qui a permis aux Foréziennes, alors lanterne rouge, de se remonter le moral. Elles ont ensuite rectifié le tir, en allant prendre un point à Fleury, cinquième du classement.

    Pour ce retour à la maison, les Marseillaises devraient compter sur leur dernière recrue. Marie-Morgane Sieber qui a rejoint le groupe en milieu de semaine. Gardienne de but, cette Alsacienne de naissance évoluait à Guingamp. Forte de 53 matches disputés en Première Ligue, Marie-Morgane s’est imposée comme une gardienne fiable et régulière. Passée par toutes les catégories de jeunes de l’Équipe de France, elle a connu sa première convocation avec les Bleues en octobre 2024, à seulement 22 ans.

    Elle pourrait connaître son baptême du feu face à Lyon. De quoi entrer dans le vif du sujet. Ce tour de Coupe de France sera une mise en bouche, car en championnat, vendredi, les Marseillaises enchaîneront sur la réception du Paris FC.

    8e de finale de la Coupe de France

    Samedi, 16h stade Francis-Turcan.

    Arbitre : Romy Fournier.

    MARSEILLAISES : Sieber (ou Shore) – Laplacette, Carro, Khélami, Kbida – Bourgouin – Herrera-Monge, le Mouel, Perret, Brown – Bourdieu.

    Entraîneuse : C. Diacre.

    LYONNES : Endler – Tarciane, Engen, Renard, Bacha – Egurrola-Wienke, Dumornay, Heaps – Diani, Hegerberg, Chawinga.

    Entraîneur : J. Giraldez.

  • [Lecture] On achève bien les chevaux

    [Lecture] On achève bien les chevaux

    Disons-le tout net : L’Ivresse de la violence est un roman terrible qui éprouve cœur et conscience et ferait douter de l’humanité. Un livre néanmoins indispensable dans une période de réécriture de l’Histoire. Qui s’inscrit à contre-courant du révisionnisme qui sévit en Lituanie, en Roumanie ou en Hongrie, où l’on réhabilite les anciens dirigeants fascistes et les collaborateurs du nazisme. Qui s’inscrit en faux contre le blanchiment idéologique du Régent Horthy, le Pétain hongrois, qui aurait, comme le maréchal français, sauvé des juifs, alors que les lois antisémites sont votées en 1938 et, qu’entre mai et juillet 1944, 437 000 juifs hongrois sont expédiés à Auschwitz.

    Mais le roman éclaire d’une lumière crue plus précisément les quatre mois, du 15 octobre 1944 au 13 février 1945, où, avec la complicité des nazis, le pouvoir tombe entre les mains des Croix-Fléchées de Ferenc Szálasi. Quatre mois d’une haine aveugle, totale, où l’on traque juifs, tziganes, communistes, socialistes, anglophiles, avec une violence débridée, dans un espace restreint, Budapest, devenu quasiment un huis clos. Dieu, naturellement, est aux côtés des Croix-Fléchées, en la personne du prêtre András Kun, à la tête d’un escadron de la mort, torturant, violant, exterminant tous les occupants de l’hôpital juif de Buda, 140 personnes, malades et soignants, dans une orgie barbare inimaginable avant d’organiser les noyades collectives quotidiennes.

    Briser le mur du silence

    Sidéré des découvertes qu’il a pu faire, l’auteur a choisi la forme romanesque pour traduire le choc qu’il a subi. Et, c’est par le truchement de Renner, petit patron marié à une juive, qui ne doit son salut qu’au camion dont les Croix-Fléchées ont besoin, que nous allons vivre ces mois d’horreur absolue.

    Navigant entre espoir et désespoir, témoin de violences inouïes, où « frères et sœurs » fascistes rivalisent dans la perversion et le sadisme, Renner n’a de cesse de retrouver sa femme et sa maîtresse, juives toutes deux. Obligé, à son corps défendant, de participer à d’ignobles besognes, il ne perdra jamais cependant une certaine humanité. Celle qui permet au lecteur de supporter l’atroce chemin de croix que suivent, pendant ces quatre mois, des salles de torture au bord du fleuve gelé, plus de 12 000 victimes.

    « L’Ivresse de la violence » de Gábor Zoltán Belfond 362p. 23€

  • Nîmes, la capitale des vies racontées

    Nîmes, la capitale des vies racontées

    Pendant trois jours, Nîmes va à nouveau battre au rythme des vies racontées. Du 23 au 25 janvier, la 24e édition du Festival de la biographie transforme Carré d’Art et plusieurs lieux culturels de la ville en vaste agora littéraire. Un rendez-vous devenu incontournable, qui attire chaque année près de 30 000 visiteurs et réunit une centaine d’auteurs venus de toute la France.

    Organisé par la Ville de Nîmes en partenariat avec l’association des libraires nîmois, l’événement revendique une identité forte : celle d’un festival populaire, exigeant et profondément ancré dans la cité. « En 25 ans, ce sont 2 500 auteurs qui sont intervenus », rappelle l’adjoint à la culture Daniel-Jean Valade, soulignant la fidélité d’un public qui dépasse largement les frontières du Gard.

    Cette année, le fil rouge s’intitule Le biographe, de l’importance des archives. Une thématique qui éclaire les coulisses du travail d’écriture. Car derrière chaque biographie se cache une enquête patiente, faite de documents parfois contradictoires, de silences à interpréter et de fragments à assembler. Comme l’exprime Anca Visdei, co-présidente du festival, « se pencher sur des archives, c’est triompher de notre condition mortelle ». L’autre co-président, l’historien Thierry Lentz, insiste sur cette dimension intellectuelle : la biographie a pleinement retrouvé sa place dans la recherche historique contemporaine, portée par la rigueur et l’intuition de celles et ceux qui fouillent les archives publiques et privées. Un travail que le festival entend rendre visible au public à travers rencontres, débats et lectures.

    Des auteurs pour tous
    les publics

    La programmation, dense, fait se côtoyer grandes figures médiatiques et auteurs plus discrets, historiens, journalistes, romanciers, spécialistes de littérature ou d’histoire politique. Parmi les invités attendus : Pierre Assouline, Sylvain Tesson, Irène Frain, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert, Gilles Kepel, Jean-Luc Barré, Kerwin Spire, Catherine Van Offelen, Christian Morin ou encore Susie Morgenstern pour le jeune public.

    Certains temps forts s’annoncent déjà très suivis : les rencontres d’ouverture au Théâtre de Nîmes, avec Anca Visdei autour d’Orson Welles et Thierry Lentz autour de Napoléon ; la venue de Sylvain Tesson à l’Atria ; ou encore les débats consacrés à Samuel Paty, à l’antiterrorisme, à Trump ou aux grandes figures de l’histoire de France. Sans oublier la remise du Prix de la biographie du Point à Amos Reichman, pour Les morts de Raoul Villain, lors de l’inauguration officielle.

    Le festival déborde aussi largement des murs de Carré d’Art. Projections au Sémaphore avec cartes blanches à Pierre Assouline et Colombe Schneck, rencontres à l’université, exposition à la galerie Courbet, promenade théâtralisée dans le quartier Richelieu, lectures dans les bibliothèques, ateliers jeunesse… Toute la ville se met au diapason. Gratuit, accessible, foisonnant, le Festival de la biographie est devenu un temps fort de l’hiver nîmois, à la fois événement culturel majeur et moment de respiration collective. Trois jours pour écouter, questionner, découvrir – et mesurer combien les vies racontées éclairent aussi la nôtre.

  • Dry January, pour « interroger ses habitudes »

    Dry January, pour « interroger ses habitudes »

    La Marseillaise : Un mois sans alcool peut-il réellement changer une habitude bien installée ?

    Hélène Donnadieu : Aujourd’hui qu’on entend enfin parler des prises de risque et de la consommation excessive, ça a une vertu pédagogique globale. À un moment donné, ça fera sens pour tout un chacun. On teste cette opération dans un pays où il y a une forte consommation et un manque d’éducation autour du « bien boire ».

    C’est essentiellement pédagogique et expérimental pour les personnes qui souhaitent le faire. Cela leur permet de s’interroger sur leurs habitudes, d’adopter une attitude très autocentrée. Il faut que chacun se positionne par rapport à lui-même, par rapport à sa propre consommation d’alcool.

    Le Dry January permet-il une prise de conscience durable, ou limite-t-il la réflexion sur l’alcool à un seul mois de l’année ?

    H. D. : Le Dry January permet d’être en capacité de dire non, dans un contexte où l’alcool reste fortement stigmatisant. On est confronté à de nombreuses formes de stigmatisation : une femme à qui l’on demande si elle est enceinte ou sous traitement parce qu’elle ne boit pas, un homme dont on questionne la normalité parce qu’il refuse un verre… Dans ce cadre, le Dry January peut devenir une forme de caution morale : il autorise à dire « je prends soin de moi », quelle qu’en soit la raison. Il existe différentes typologies de pression sociale autour de l’alcool. Le Dry January est alors un outil d’accession, un temps d’expérimentation de nos compétences psychosociales. Ce n’est qu’un exercice personnel sur un mois, mais c’est un travail indispensable pour apprendre à prendre soin de soi.

    Si une personne qui boit régulièrement se lance dans le Dry January, que lui conseillez-vous pour que cela ait un impact au-delà d’un mois ?

    H. D. : Il s’agit avant tout de faire, au quotidien, le constat des bénéfices liés au fait de consommer ou de ne pas consommer d’alcool. De repérer le plaisir que l’on peut éprouver à expérimenter des boissons non alcoolisées, et d’observer les effets positifs que cela apporte, afin de pouvoir prolonger ces changements dans le temps. La majorité des personnes savent ce qui leur fait du bien.

    Prendre conscience des effets bénéfiques du fait de ne pas être dans l’excès, dans les rituels ou dans les habitudes est essentiel. On peut faire confiance aux individus pour reconnaître et comprendre ce qui leur est bénéfique.

  • Lucien Molino. Le seuil décisif du printemps 1946

    Lucien Molino. Le seuil décisif du printemps 1946

    À la conférence du Palais Royal, réunie du 4 au 22 juillet 1946, la CGT défendit sa nouvelle revendication officielle. Mais les obstacles s’accumulaient en rangs serrés et le PC était entravé par sa participation au gouvernement désormais dirigé par les MRP de Georges Bidault. Celui-ci, appuyé par la SFIO qui avait décidé de garder le silence et refuser tout poste « économique », n’osant pas allumer son veto à la demande syndicale, fit savoir qu’il n’irait pas au-delà de 15%. Ce piège fut évité car, avec une tactique hardie, l’alliance de la CGT avec la Confédération générale de l’agriculture permit aux salariés d’obtenir, fin juillet, une augmentation légèrement supérieure à 20%. Notre contre-offensive entraîna une réplique efficace des classes dirigeantes, caractéristique des réorganisations consécutives aux engagements économiques pris à Washington.

    Une tornade
    des prix industriels

    L’acquis ouvrier, complété par l’arrêté Croizat du 30 septembre supprimant les abattements sur les salaires féminins, fut littéralement balayé par une tornade des prix industriels, consciencieusement préparée dans les milieux patronaux et les services ministériels. La même tornade sur les prix agricoles fit craquer l’alliance ouvriers – paysans qui mettait en échec la vigoureuse campagne anti-paysanne des minoritaires et du Parti socialiste.

    La situation générale éclaire nos difficultés de riposte, symbolisées par la passivité des CE que nous tentions de mobiliser contre la hausse des prix. À tous égards, le printemps 1946 représente un seuil décisif. Tant que la classe ouvrière avait accepté sinon le sacrifice total du moins, il faut le reconnaître, certains sacrifices impliqués par la priorité donnée à la production, l’expectative pouvait être officiellement respectée. À partir du moment où la CGT rejeta la règle du jeu qu’instituaient les dirigeants économiques et politiques, la guerre fut déclarée.

    C’est ainsi que, dans notre département comme ailleurs, j’ai interprété les grandes manœuvres de juillet-août 1946. Après la grève des PTT, Gaston Defferre vanta, dans son journal, les vertus du retour à « l’autonomie » contre « la mainmise du Parti communiste français sur le mouvement syndical ». Nul ne peut penser que ce mouvement, dont les archives au ministère des PTT ont curieusement disparu, ait eu pour ressort exclusif le mécontentement social. Certes, la profondeur de celui-ci, dont les Postes n’ont pas le monopole, contribue à rendre compte de l’ampleur d’un conflit aboutissant à une scission qui entraîna 15 000 syndiqués dans les rangs d’une Fédération postale autonome.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Le grand JT des territoires du 24 janvier

    Le grand JT des territoires du 24 janvier

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde

    Taxes de Donald Trump : la filière viticole s’inquiète de cette nouvelle annonce choc du président américain. Des explications à Bordeaux.

    Le sucre de betterave est un emblème du patrimoine culinaire français. Immersion dans la Marne, au cœur de l’une des plus grandes sucreries d’Europe, où rien ne se perd… tout se transforme !

    Images exceptionnelles du Château de Chantilly, dans l’Oise. Recouvert de neige, ce lieu rempli d’histoire se transforme en un endroit féérique. À ne pas manquer !

  • Montpellier accueille le grand rendez-vous du vin bio

    Montpellier accueille le grand rendez-vous du vin bio

    Le salon Millésime Bio accueille des exposants venus notamment d’Italie, d’Espagne ou du Portugal. Exclusivement réservé aux professionnels, ce rendez-vous met en relation producteurs et acheteurs, cavistes, importateurs, restaurateurs, grande distribution ou négociants.

    Dans un contexte difficile pour le vin bio, cette place de marché internationale reste un moment clé pour la filière, où les producteurs viennent chercher à la fois des débouchés et un soutien symbolique. Pour Julien Franclet, président de SudVinBio, sur le fond, la filière bio traverse aujourd’hui une phase de ralentissement, qu’il préfère qualifier de consolidation. Après une croissance très rapide au début des années 2020, la dynamique marque le pas. Les surfaces certifiées bio continuent de progresser, mais les nouvelles conversions reculent nettement. Un phénomène qu’il replace dans une logique cyclique : « Après des années de forte expansion, le marché a besoin de se stabiliser, d’absorber cette croissance et de retrouver un équilibre entre production et consommation », explique-t-il.

    Mais sur le terrain, la réalité est plus dure. En Occitanie comme ailleurs, le vin bio connaît une baisse de la consommation, des coûts de production élevés et une demande accrue de sobriété. Sur le terrain, ce constat est partagé par Jean-Noël Bergasse, vigneron au Domaine de Pouybet. Il observe un net retournement de dynamique. « Le bio se casse la gueule », tranche-t-il, convaincu que les nouvelles conversions ne se font plus pour des raisons commerciales.

    La crise du vin bio est quantifiable : recul inédit des surfaces viticoles certifiées (-4% en 2024, soit -6 724 hectares), chute brutale des conversions (-43%, à 22 702 hectares) et déconversions massives, qui représentent près de 59% des sorties du bio. « Il y a quelques années, le bio pouvait apparaître comme un levier économique. Aujourd’hui, le marché du vin se referme, et certains producteurs reviennent même vers le conventionnel, moins contraignant. À cela s’ajoutent des réalités territoriales. Dans le Sud-Ouest, la pression des maladies comme le mildiou ou l’oïdium rend la viticulture biologique exigeante. Et les contraintes réglementaires compliquent encore les choses », souligne-t-il, évoquant la limitation récente des produits à base de cuivre, pourtant essentiels en bio. « On nous interdit certaines molécules au nom de la protection de l’environnement, alors qu’elles sont indispensables », regrette-t-il.

    Sur le plan commercial, Julien Franclet et Jean-Noël Bergasse partagent le même constat : aujourd’hui, un vin se vend d’abord s’il est bon. Être bio est un plus, mais pas une garantie. Les chiffres de l’Agence Bio révèlent un basculement : le vin bio progresse fortement en cavistes (+58%) et en vente directe (+48%), mais recule en grande distribution (+14%, soit -7 points par rapport à 2023). Un recentrage vers les circuits courts qui demande plus d’efforts commerciaux aux producteurs. La difficulté reste que produire en bio demande plus de travail mécanique et physique, plus de passages dans les vignes, et entraîne souvent des baisses de rendement. « Même si on vend un peu plus cher, ça demande beaucoup plus de travail », résume le vigneron. À qualité équivalente, il devient de plus en plus difficile de trouver un prix juste qui prenne en compte à la fois le produit… et la personne derrière la bouteille.