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  • L’impact essentiel des avants aixois

    L’impact essentiel des avants aixois

    Avec un pack comme celui-ci, Provence Rugby est armé pour affronter la meilleure équipe de Pro D2. Lors de la demi-finale, vendredi dernier, sur la pelouse de Colomiers, les avants aixois ont réalisé un véritable chantier. Leurs homologues de la banlieue toulousaine ont explosé en route, accumulant les pénalités à leur encontre. Dès l’entame de la seconde période, Alexandre Etchebehere, le pilier gauche local, a reçu un carton jaune suite à une faute en mêlée.

    Même dans les rucks, les premières lignes provençales ont été agressives, parasitant les sorties de balles de Colomiers. Il est vrai, parfois à la limite de la légalité, mais ils n’ont finalement pas été tant sanctionnés que ça. « Je leur tire mon chapeau ce soir, mais il ne faudra pas trop leur dire parce que ce n’est pas fini », lâchait Arthur Coville à l’issue de la demi-finale.

    Faire dérailler le plan vannetais

    Une pression et une agressivité qu’il faudra conserver encore 80 minutes. Ajouter du désordre à la mécanique bien huilée de Vannes est l’objectif des hommes en noir. Instaurer un combat de tous les instants sera essentiel pour tenter de bousculer le vainqueur de la phase régulière. Pour cela, Philippe Saint-André ne se privera pas de faire des changements tôt dans la partie. Comme lors du match précédent, le banc sera en 6-2, soit 6 avants et 2 arrières. Un renouvellement indispensable des forces pour espérer vaincre une formation bretonne archi favorite de la finale. « On est un sport de passes, on est un sport d’évitements, mais on est aussi un sport de combat. Je suis très content parce que mes joueurs ont grandi », rappelait le manager aixois. Comptez sur Provence Rugby pour instaurer un combat permanent et ne laisser aucun ballon facile à son adversaire.

  • Les rugbymen aixois sont à 80 minutes du Top 14

    Les rugbymen aixois sont à 80 minutes du Top 14

    L’adage dit : « Une finale ça ne se joue pas, ça se gagne. » Mais pour l’emporter, il faut déjà jouer. Et le faire le mieux possible. Ce samedi à 18h, Provence Rugby découvre un monde nouveau. Un rendez-vous en terre inconnue pour des Aixois atteignant pour la première fois de tels sommets. Une altitude pareille ne les affecte pas plus que ça, puisque leur adversaire endosse avec aisance le costume de favori. Cet adversaire, Vannes, a survolé la saison régulière avec 116 points au compteur, soit 21 de plus que son dauphin, Colomiers. Un mastodonte fait pour remonter en Top 14, deux ans seulement après sa première accession.

    Cette situation sied parfaitement aux Provençaux. « La bonne chose, c’est qu’on n’était pas favoris contre Brive, on n’était pas favoris contre Colomiers et on ne sera pas encore favoris face à Vannes. Continuer à dire qu’on est outsiders, ça nous va très, très bien. On est des outsiders ambitieux », déclare Philippe Saint-André. Une approche qui apporte de la sérénité à des joueurs qui ne sont pas tombés dans l’euphorie suite à leur victoire à Colomiers. Apparus en conférence de presse d’après-match, vendredi dernier, le héros de la demi-finale Charly Gambini et Arthur Coville se sont montrés calmes, posés, déjà focus sur l’objectif du club : la montée. « On ne va pas sortir en boîte de nuit ce soir [vendredi dernier, Ndlr]. On a un énorme match qui nous attend samedi. Le match que tout le monde veut jouer, le match pour lequel on s’entraîne. On va jouer Vannes qui est ultra-favori, qui a été dominant toute la saison. C’est pour ça que ce soir, on n’est pas non plus ultra-festif, parce qu’on sait que le chemin n’est pas fini », détaille le frère du navigateur breton Thomas Coville.

    Avant cette finale, les joueurs de Provence Rugby ont pu découvrir leur terrain de jeu. Ce vendredi après-midi, l’entraînement du capitaine s’est déroulé au stade Ernest-Wallon, antre habituel du Stade Toulousain. L’occasion de prendre de premières marques, le pouls de cette enceinte emblématique du rugby tricolore.

    Sept succès de suite

    En dehors de tout ce qui a été évoqué précédemment, l’autre avantage de Vannes porte sur sa connaissance de la finale de Pro D2. Pas plus tard qu’il y a deux ans, le RCV s’était imposé 16 à 9 face à Grenoble. Un match ultra-défensif, permettant aux hommes du Morbihan de faire monter leur club dans l’élite pour la première fois. Après le Top 14 en Bretagne, le Top 14 en Provence ? « La phase finale, c’est un championnat différent. La logique voudrait que ce soit Vannes, mais, sur un match, tout est possible », argumentait Léo Drouet, ce vendredi.

    Philippe Saint-André l’a largement mis en valeur, semaine après semaine, la série de victoires des Provençaux a apporté un tas de confiance à ses joueurs. Ces derniers en sont à sept succès consécutifs et ont affronté tous types d’adversaires depuis deux mois. À commencer par Vannes. Une rencontre absolument renversante où Provence fut mené 0-24 à la pause avant de s’imposer 34-31. Une soirée qui avait des airs de phases finales. « On est dans une bonne dynamique, on a engrangé de la confiance donc on tente et réussit plus de choses », disait Romain Latterrade.

    Provence Rugby a rendez-vous avec son histoire. Le club d’Aix-en-Provence est maintenant à 80 minutes d’aller chercher le bouclier le plus prestigieux de son histoire. Et de faire son entrée parmi les 14 meilleures équipes de France.

    Finale de Pro D2

    Stade Ernest-Wallon, Toulouse (18h)

    Arbitre : Benoît Rousselet

    VANNES : Bouthier – Benmegal, Taccola, Boudehent, Surano – Lafage, Ruru – Kalamafoni, Gorrissen, Augry – Desjeux, Marks – Medrano, Beziat, Vunipola

    PROVENCE : Vareiro – Cellio-Zwiler, Bituniyata, Finau, Drouet – Muntz, Coville – Jalagonia, Gambini, Tuisue – Rodda, Zafra – Francis, Latterrade, Wegrzyn

  • Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes ont rendez-vous avec les urnes dans chacune de leur section jusqu’à ce dimanche.

    Objectif choisir le texte qui deviendra la base commune de discussion de l’ensemble des adhérents durant les congrès de section les 13 et 14 juin, puis départementaux les 19, 20 et 21 juin et enfin le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet.

    Quatre textes sont soumis au choix des communistes. Il y a d’abord le projet de base commune adopté à 77% par le conseil national, intitulé « Un communisme de conquêtes » que le secrétaire national Fabien Roussel soutient de même que les porte-parole Léon Deffontaines ou Ian Brossat.

    Les statuts du PCF prévoient que si ce projet ne convient pas à au moins 300 adhérents répartis dans plusieurs fédérations, il est possible de présenter des textes alternatifs.

    C’est le cas de « communistes à l’offensive », un texte soutenu notamment par la députée Elsa Faucillon ou dans notre région les élus Pierre Dharréville, Jean-Marc Coppola ou Audrey Garino.

    Débat pluraliste mais pas de tendances

    Mais aussi du texte « Stratégie communiste » signé par plusieurs jeunes responsables départementaux dont Fanny Chartier, secrétaire à l’organisation de la fédération de Paris.

    Et enfin le texte « Résister et construire, une nouvelle page du communisme », signé notamment par plusieurs membres de la commission économique du PCF dont Frédéric Boccara.

    En débat entre les différentes orientations proposées : la question de la présidentielle et des législatives à venir mais aussi la notion de socialisme.

    Les textes sont disponibles en totalité et en résumé sur le site congres2026.pcf.fr

    Selon les règles de fonctionnement du PCF qui prévoient un débat pluraliste mais rejette le fonctionnement en tendances propre aux organisations social-démocrates, c’est le texte qui recueillera le plus de voix qui deviendra ensuite celui de l’ensemble des communistes.

    Seuls les adhérents à jour de leurs cotisations sont susceptibles de prendre part au vote.

    Les communistes auront ensuite la charge de l’amender pour l’améliorer et en faire un texte qui les rassemble le plus possible.

  • Chiens intoxiqués au lac : la cyanobactérie hautement suspectée

    Chiens intoxiqués au lac : la cyanobactérie hautement suspectée

    Une cyanobactérie, voilà le très probable responsable de l’intoxication de cinq chiens, dont trois en sont décédés, en mars et avril, après s’être baignés dans le lac de Pelleautier. C’est ce qu’indique l’ASA du Canal de Gap, qui gère le plan d’eau et qui y a interdit l’accès à la baignade. Pour Philippe Combrouze, hydrologue spécialiste de ces micro-organismes, leur présence anormalement élevée vient d’un apport excessif de phosphore et d’azote. « Cela provient soit de nos eaux usées, insuffisamment traitées, soit d’une certaine forme d’agricultrice, que je n’appelle plus agriculture mais agro-industrie, qui conduit à déverser dans les milieux beaucoup de nutriments, sous forme de lisier ou d’engrais. »

    Chaque année, avec le retour des beaux jours et des baignades, des dizaines de cas d’intoxications ont lieu dans l’hexagone.

    Or, les concentrations de cyanobactéries ne sont pas près de s’arrêter selon Philippe Combrouze : « Le réchauffement climatique favorise leur développement. On a de plus en plus de périodes de sécheresse. En agriculture par exemple, on va avoir un épandage de lisier sec, qui ne circule pas sur le bassin-versant. Ces périodes de sécheresse se terminent souvent par des orages et inondations. D’un coup, vous avez un lessivage du bassin-versant qui amène ces nutriments vers un milieu aquatique récepteur. Cet apport brutal va y créer ces concentrations de cyanobactéries. » Sans solution connue pour les éliminer, la prévention reste le seul remède selon l’hydrologue.

  • Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    La guerre est déclarée entre la communauté de communes et la crèche Hakuna Matata, ouverte en janvier à Saint-Maime : la direction et les parents craignent une fermeture, faute de subventions. Ce sont 37 familles qui risquent de se retrouver sans mode de garde et neuf salariés sans emploi. Cette crèche est « la plus remplie de l’intercommunalité », selon ses gérants. « Elle n’est pas en concurrence avec les autres, mais complémentaire : on ouvre plus tard le soir, si besoin le samedi », avance son président, Guillaume Santacreu. Selon lui, « un groupe de personnes a tout fait pour faire exploser le projet ». « Les personnes concernées font un blocage et nous mettent des bâtons dans les roues », affirme-t-il. Si la situation ne s’arrange pas, lui et sa sœur Victoria, directrice de la crèche, redoutent de devoir fermer à la fin du mois.

    « Comme j’avais peur que la crèche ferme, je me suis renseignée à celle de Saint-Michel-l’Observatoire, et la directrice m’a dit que la communauté de communes leur avait demandé de garder des places au cas où notre crèche fermait », affirme Léa, mère d’un des enfants gardés à la crèche Hakuna Matata. La majorité des enfants qui y sont gardés ont été refusés dans les autres crèches du territoire. Les listes d’attente sont longues pour réussir à décrocher une place. « Son père a dû arrêter de travailler pendant un an parce que la nounou a arrêté de le garder », témoigne Sarah Didierlaurent, mère du petit Sorën gardé à Hakuna Matata. « J’espère ne pas avoir à enlever mes enfants de cette crèche. J’en suis très contente : les horaires sont formidables pour ceux qui travaillent tard à Manosque. C’est pour ça que j’ai mis mes enfants ici », avance Léa.

    Un élan de solidarité

    Un véritable élan de solidarité a été initié par les parents d’enfants gardés à Hakuna Matata. L’une des mamans, qui a réussi à obtenir un rendez-vous avec le président de la communauté de communes, propose « une opération escargot dans son bureau », ou encore « une pétition en ligne à pousser sur tous les canaux possibles et imaginables ».

    Jeudi, les gérants de la crèche ont réussi à obtenir un rendez-vous le 30 juin avec la CAF, le Département et la communauté de communes. Les gérants de la crèche demandent 180 000 euros, puis 150 000 euros par an à l’intercommunalité.

    Contacté, le président de la communauté de communes explique que l’intercommunalité « compte déjà quatre crèches publiques ». « On savait qu’une telle activité était vouée à l’échec. Je refuse toute participation », explique-t-il. Selon lui, il y a assez de places pour accueillir les enfants dans les autres crèches. Le sujet est inscrit à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, qui aura lieu mardi à 14h30.

  • Un pique-nique revendicatif aux Vieux Salins

    Un pique-nique revendicatif aux Vieux Salins

    L’histoire est assez délirante. Un projet de construction dans les cartons depuis 2021 qui a obtenu contre toute attente un permis de construire, mais toujours au cœur d’une bataille juridique. Le promoteur aurait semble-t-il profité d’un tas de coïncidences rendant possible l’inconcevable.

    D’abord, la non-réponse de la Ville dans les temps ce qui a entraîné un accord tacite du permis de construire. Première incohérence.

    La deuxième concerne les manques évidents dans le Plan de préventions des risques inondation (PPRI). Comment, en effet, celui-ci peut-il indiquer un risque fort d’inondation sur une rive et pas sur l’autre, pourtant pas plus élevée.

    « C’est une zone blanche, pas bleue, parce que non évaluée, l’autre côté est rouge », souligne Caroline Moulin pour Hyères Écologie citoyenne, qui considère que « c’est vraiment du foutage de gueule ».

    En attendant, la construction de 140 logements et d’un parking en silo de 260 places à l’embouchure du Gapeau, aux Vieux Salins, soumis à des crues, est toujours d’actualité. Et ce malgré les procédures lancées pour faire annuler ce permis par la municipalité et la préfecture. Mais rien n’est joué, puisque des recours sont toujours en cours.

    Pour la maire de Hyères Véronique Bernardini (SE), autant opposée que son prédécesseur à ce projet, « les Salins ne sont pas un terrain à bétonner. Ils sont un patrimoine à protéger ».

    Ayant autorisé la manifestation citoyenne, elle considère que les habitants ont toute leur place dans ce débat et que leur mobilisation traduit l’attachement profond des Hyérois à l’avenir de leur territoire.

    Rendez-vous est donc donné dès 11h au 2 000 boulevard du Front de mer, aux Salins.

  • Les opposants à la ligne THT s’organisent

    Les opposants à la ligne THT s’organisent

    Une Zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-St-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser la Camargue.

    Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 Volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet.

    Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres

    Mais l’État a tout de même lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force. « Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits. Ce samedi 6 juin, une action est également prévue à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent la possibilité de créer une ZAD. Des contacts ont déjà été noués avec des associations qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts », confirme Luc Perrin.

  • À quand la fin du calvaire de la « dame de fer » de Borély ?

    À quand la fin du calvaire de la « dame de fer » de Borély ?

    C’est l’Arlésienne du patrimoine en péril. Depuis plus de vingt ans, on annonce, on promet, on applaudit sa restauration prochaine. Les délibérations, les appels d’offres, les communiqués se succèdent annonçant études préliminaires, diagnostics et plans de sauvetage de la grande serre en péril du jardin botanique du parc Borély, avenue Clot Bey (8e). Cette fois, c’est bon mais, encore un petit peu de patience.

    Cette pyramide de métal et de verre de 200m² est un témoignage précieux des techniques de ferronnerie puddlée de la fin du XIXe siècle. L’ouvrage gracieux de style Baltard, surmonté d’un chapiteau central avec des lanterneaux était à l’origine le jardin d’hiver du château de Montcalm près de Vauvert en Camargue, l’espace de réception de la richissime famille Noilly-Prat. C’est Edmonde Charles-Roux qui souffla l’idée à Gaston Defferre de la sauver du château en ruine. Ce fut fait en février 1982 avec un chèque de 500 000 francs. Démontée, transportée à Marseille, remontée et surtout adaptée en serre tropicale, la « dame de fer » a été inaugurée en mars 1984 avec une exposition d’orchidées.

    Redonner sa destination de serre botanique

    Par manque d’entretien, l’édifice s’est lentement dégradé. Depuis 22 ans, il est interdit au public pour des raisons de sécurité. En mars 2006, le conseil municipal avait voté un budget, porté en 2010 à 350 000 euros. Puis rien ne s’est passé comme prévu. L’appel d’offres n’a pas eu de suite. La Ville a alors déposé en douce en octobre 2015 un permis de démolir, stoppé net par les Affaires culturelles. La Ville a ensuite vite promis aux crédules que sa restauration serait vite achevée en novembre 2019. Six mois plus tôt, l’agence Fabrica Traceorum avait rendu un sérieux rapport de diagnostic sur son piteux état. Une ligne budgétaire de 2 millions d’euros lui a été consacrée pour la recycler en halle pour des expositions temporaires. Vu le montant de l’ardoise pour la sauver, l’adjointe aux parcs et jardins, Nassera Benmarnia, a revu le projet pour lui redonner sa destination originelle de serre botanique et l’ouvrir pleinement au public toute l’année. Une maîtrise d’œuvre a alors été lancée en mars 2023 confiée à un groupement d’entreprises piloté par l’atelier d’architecture Ugo Nocera, primé pour son projet de restauration et aménagement du phare de l’Espiguette. Un permis de construire a été délivré en février 2026 pour la « restauration complète » de la serre, validé par la Conservation régionale des monuments historiques, l’ouvrage bénéficiant de la protection attachée depuis septembre 2024 à la totalité du domaine Borély. C’est ce qui la sauve.

    Parcours de valorisation des plantations

    Quarante-trois ans après son remontage à Borély, « le cœur du projet, c’est le démontage intégral de la structure métallique. Elle sera nomenclaturée, traitée, renforcée et remontée sur de nouvelles fondations », explique l’architecte du patrimoine Ugo Nocera conscient des aléas et de la complexité de l’opération. « C’est un ouvrage très intéressant, bien dessiné, très proportionné. Il ne fait aucun doute que d’un point de vue historique, on est vraiment dans les premières structures en fer puddlé très pur, obtenu à partir de fonte brute, une période qui n’a pas duré longtemps avant de passer à l’acier. » 90% de cette charpente à valeur patrimoniale avec ses douze colonnettes en fonte seront conservés, décapés, renforcés et traités contre la corrosion. Les éléments irrémédiablement détériorés seront recréés. Toute l’opération vise à lui restituer « son intégrité architecturale, structurelle et fonctionnelle » tout en assurant sa mise aux normes, son accessibilité PMR avec désormais deux entrées et sa pérennité.

    Un nouveau système de chauffage par pompe à chaleur assurera une température stable toute l’année. Le sol en terre cuite sera constamment mouillé par un système d’arrosage qui maintiendra une ambiance humide. Les façades vitrées seront reconstruites à l’identique. L’espace intérieur sera réaménagé par l’architecte scénographe Flavio Bonuccelli afin d’offrir aux visiteurs un parcours de valorisation des plantations disposées autour d’un espace central de pleine terre. Ainsi après neuf à douze mois de chirurgie, la belle endormie renaîtra. Faudrait-il encore que le marché public de travaux sorte un jour. Encore une année ou deux de patience.

  • Le mur de la peste ausculté par les géomètres-experts

    Le mur de la peste ausculté par les géomètres-experts

    Ne touchez pas les pierres à la main. Camus disait que la peste dort et qu’elle se réveille si on les retourne », lâche à moitié sérieuse Danièle Larcena, présidente de l’association Pierre Sèche en Vaucluse et géographe, en s’engageant dans les premiers mètres des 28 kilomètres du mur de la peste ce vendredi 5 juin sur les hauteurs de Lagnes.

    Elle présentait à une cinquantaine de géomètres-experts et des apprentis l’ouvrage historique, construit en 1720, pour empêcher la peste d’atteindre le Comtat Venaissin qui était alors indépendant. La maladie venait de réapparaître à Marseille et la papauté, à qui appartenait ce territoire, voulait mieux contrôler les passages de la Provence à ses terres.

    Cette visite s’est faite dans le cadre de la semaine de réunion de géomètres-experts, qui lors de cette matinée ont effectué des prises de vues par drone, des géoréférencements ou encore des relevés de terrain. Quelques-uns d’entre eux avaient déjà réalisé plusieurs mesures en avril dernier. « L’objectif est de redéfinir avec précision ce lieu sur 8 kilomètres. Ce travail va sans doute être transmis aux Archives départementales. Cela peut aussi avoir une valeur foncière car il délimite aussi plusieurs communes », explique Jean-Baptiste Aubert, membre de l’Union nationale des géomètres-experts (Unge). Une démarche qui était dans le thème de cette semaine, à savoir « préserver le patrimoine » et « mesurer » l’histoire, appréciez le jeu de mots, « en mettant les nouvelles technologies au service de la mémoire et du patrimoine ».

    Querelles de clocher

    Danièle Larcena a, au pied du début de l’édifice, rappelé l’histoire de cette construction qui a duré une centaine de jours seulement. Ce qui n’a pas manqué de créer la discorde au sein des quelques communes du coin. La papauté, qui dirigeait l’enclave, avait demandé à chaque commune d’envoyer leurs meilleurs maçons pour construire l’édifice. Mais ceux-ci étaient déjà employés pour renforcer les fortifications… de ces mêmes communes. « Les différentes communes, toutes assez pauvres, ont envoyé des personnes peu qualifiées ce qui a fait traîner le chantier. Puis, les villages se sont querellés entre eux pour savoir qui devait construire quelle portion du mur », détaille Danièle Larcèna. Mais les 1 000 soldats du Comtat Venaissin chargés de garder la muraille n’y seront postés que 20 jours. « Des cas de peste avaient été signalés à Avignon. En ayant cette information, les autorités françaises ont décidé que ce serait à eux de garder les fortifications. Ce qui avait à nouveau agacé les dirigeants du Comtat », poursuit la responsable associative. Un quart de la population de l’enclave va finalement mourir de la peste en 3 ans…

    À noter que le mur de la peste avait été longtemps oublié. Et ce serait Jean Garcin, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale et ensuite président du conseil général de Vaucluse, qui a soufflé l’idée de rappeler son existence. « Il m’a incité à défendre cet endroit car il y a passé son enfance. On s’y est penché en 1985 et c’était complètement recouvert par la végétation », explique la présidente de l’association des pierres sèches. À quelques dizaines de mètres de là, se trouve d’ailleurs le repaire du maquis du Chat où de nombreuses actions contre l’occupant nazi ont été organisées.

    En espérant qu’aucun géomètre n’a osé retourner l’une des roches lors de la randonnée. Une pandémie de peste noire se cache peut-être sous ces pierres blanches.

    « Les villages
    se sont querellés entre eux pour savoir qui devait construire quelle portion »

  • Une journée festive contre les croisières de luxe sur le J4

    Une journée festive contre les croisières de luxe sur le J4

    Le collectif Stop Croisières ne désarme pas avec une nouvelle journée contre les croisières de luxe sur le J4, ce samedi 6 juin. Alors que le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) prévoit d’y aménager un terminal, il dénonce une fuite en avant.

    Bis repetita

    L’activité de croisière « nuit au cadre de vie et à la santé des habitants, consomme des quantités insoutenables de ressources et d’énergie, et contribue au réchauffement climatique », estime-t-il. « Le Port en est à son 3e appel d’offres ! On ne lâchera pas », prévient-il.

    Le GPMM avait lancé, en 2021, un appel à projets pour un terminal dédié à la « petite croisière ». Projet qui avait avorté après la défection d’une partie du consortium qui avait remporté la mise.

    Le 9 février 2025, le Port a relancé un nouvel appel. Mais le 15 septembre, date butoir de l’offre, aucun candidat ne s’était présenté. Le GPMM assurait vouloir relancer l’affaire.

    De son côté, fin mai, l’association Marseille Provence Croisière s’est félicitée de son bilan 2025 avec 2,6 millions de passagers et 660 escales, une hausse de 8% en un an. Et prévoit 2,8 millions de passagers et 750 escales en 2026. Insupportable pour le collectif, qui promeut l’accès au littoral pour tous.

    Après une consultation citoyenne pour faire « émerger une proposition alternative », l’année dernière, il s’agit ce samedi d’exposer les idées. Trois mini-conférences seront données par des enseignantes d’Aix-Marseille Université et un capitaine de marine marchande. Après une manif colorée, une baignade collective est prévue avant un coucher de soleil en musique.

    De 16h30 à 22h.