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  • La FSU s’alarme des coupes budgétaires à la Métropole

    La FSU s’alarme des coupes budgétaires à la Métropole

    Le syndicat FSU des agents territoriaux de la Métropole Aix-Marseille ne veut pas que les personnels et les services à la population payent le prix du déséquilibre budgétaire de la Métropole.

    Dans un long communiqué très détaillé, le syndicat considère que « la menace » qui pèse sur les personnels et services de la Métropole pourrait se concrétiser dans le mois : le président de la Métropole devait rencontrer ce vendredi les magistrats de la Chambre régionale des comptes, ces derniers devraient délibérer et transmettre leurs préconisations au préfet pour équilibrer un budget marqué par un déficit de 123 millions d’euros de sa branche transports, tandis que le préfet devrait arrêter « un budget à l’équilibre » d’ici fin juin.

    « La première menace concerne les agents contractuels, qui pourraient être les premiers touchés par les ajustements budgétaires », estime le syndicat. La FSU s’inquiète également « des hypothèses de réduction des effectifs par le non-remplacement d’une partie des départs ». Dans ce cas de figure, « les services opérationnels seraient les premiers impactés : collecte des déchets, nettoiement, entretien et réparation des bennes », ainsi que « les services administratifs » qui subiraient eux aussi « une dégradation des conditions de travail et de leur capacité à répondre aux besoins des usagers », indique le syndicat. À ce titre, « la Ville de Marseille serait la plus impactée » car « elle dépend fortement de l’institution métropolitaine à la fois pour la collecte des déchets et pour le nettoiement. Toute réduction significative des moyens humains aurait des conséquences directes sur la propreté et le quotidien des habitants », poursuit-il. Un tel choix serait « catastrophique pour ses habitants comme pour les agents qui assurent ces missions essentielles de service public ». Aussi, la FSU demande que « les agents ne deviennent pas la variable d’ajustement du budget métropolitain et restera pleinement mobilisée pour défendre l’emploi, les conditions de travail et la qualité du service public ». Bref, elle ne laissera pas faire.

  • Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé poursuit son tour de la région. En visite à Avignon, pour l’inauguration des nouveaux locaux dédiés à l’accueil des femmes victimes de violences, puis à Briançon, pour celle d’un banc symbolique contre les violences faites aux femmes, jeudi, la ministre déléguée à l’Égalité homme-femme était à Toulon, vendredi après-midi. Plus précisément à l’hôpital Sainte-Musse, pour découvrir le parcours patients dédié aux violences intrafamiliales.

    Première étape : la Maison des femmes. Depuis sa création en 2024, ce dispositif dédié à l’accueil, l’évaluation des besoins et l’orientation des victimes de violence, a déjà accueilli plus de 330 patientes. Il participe aussi à la diffusion des bonnes pratiques en milieu hospitalier, avec plus de 300 membres du personnel – médical comme administratif – formés, et mène son action en lien avec d’autres structures, telles que le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Var (CIDFF 83), qui apporte un soutien juridique.

    Il sera possible de déposer plainte à l’hôpital

    Sur l’aspect médical, les services d’urgences gynécologiques et obstétricales incarnent un lieu déterminant pour les cas de violences sexuelles. Là aussi, le personnel est formé pour repérer et prendre en charge les victimes, reçues ensuite par un référent violence.

    Le volet juridique, lui, est assuré par l’Unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) et l’Unité d’accueil pédiatrique enfants en danger (Uaped). Lancées en 2023, elles accueillent des victimes de violences mineures et majeures engagées dans une procédure judiciaire à travers une prise en charge globale (médico-psychologique, médico-légale et judiciaire), en regroupant tous les acteurs concernés (médical, police, gendarmerie, justice, services sociaux).

    Tout l’esprit de la nouvelle convention signée, ce vendredi, par la ministre, la direction du centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) et les services de police et de gendarmerie. Celle-ci va plus loin puisqu’elle permettra désormais les prises de plaintes de femmes victimes de violences au sein des hôpitaux de Toulon, La Seyne et de Hyères. Celles-ci n’auront plus à se déplacer : c’est un agent qui viendra directement à l’hôpital.

    Une avancée qui a pour but « d’éviter que la victime ne revienne en arrière sur la décision courageuse de déposer plainte et donc de quitter de manière définitive le conjoint violent », affirme Aurore Bergé. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un couteau sous la gorge. La convention permet désormais aux victimes de conserver les procès-verbaux de leurs examens médicaux pendant trois ans. « C’est important parce que la parole met parfois du temps à se libérer », appuie Aurore Bergé.

    Sur la formation des policiers et gendarmes, et alors que le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, ciblé par une plainte pour viol sur mineur en août 2025, n’avait jamais été interrogé dans ce dossier par les enquêteurs (lire page 20), la ministre assure que « celle-ci existe, avec un guide d’entretien pour prendre la plainte », celles pour violences sexuelles demeurant « prioritaires sur tout autre motif quand on vient au commissariat ». Mais il faudra aller plus loin eu égard à l’évolution de la « définition pénale du viol, avec l’intégration de la notion de non-consentement, la question de la soumission chimique… »

    L’objectif est désormais d’étendre ce type de convention à « 100% des hôpitaux », indique Aurore Bergé. Avec, espère-t-on, un effet rapide. Rappelons que moins d’une femme sur cinq ose déposer plainte pour violence conjugale, et que 63 ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année.

  • Relever le défi de l’unité du monde du travail

    Relever le défi de l’unité du monde du travail

    Le congrès confédéral de la CGT s’est achevé vendredi dans l’unité et la combativité.

    C’est une bonne nouvelle pour le monde du travail dans sa globalité qui a besoin d’organisations fortes et en ordre de bataille pour défendre ses intérêts.

    À Tours, les débats ont été francs, parfois vifs, mais l’ambiance tranchait avec celle du précédent congrès qui avait eu à gérer la succession complexe de Philippe Martinez.

    Sophie Binet qui avait alors été élue pour trouver un point d’équilibre en dehors des candidats qui s’opposaient pour prendre la tête de la CGT a gagné en légitimité et s’est pleinement installée dans son rôle de dirigeante syndicale à la fois dans les rangs de la CGT mais aussi plus largement dans l’opinion publique.

    Rapprochement avec la FSU

    Sans nier les obstacles que la CGT a pu rencontrer depuis 2023, la centrale syndicale a retrouvé sa dynamique collective et donc sa capacité à en découdre avec le patronat, le gouvernement libéral et l’extrême droite. Un courant politique qui prospère sur la division des travailleurs selon leur origine, leur religion ou leur couleur de peau dont le syndicat combat énergiquement la progression dans les classes populaires.

    La CGT qui sort renforcée de son congrès amorce un rapprochement historique avec la FSU, au sein d’une « maison commune », un cadre de coordination permanent entre les deux organisations, qui permettra de peser plus fort face au pôle de syndicats réformistes emmené par la CFDT.

    De nombreux défis restent devant elle : mutations du travail, IA, précarisation, ubérisation. Pour les relever, la CGT devra décupler ses efforts pour unir le monde du travail et faire progresser la conscience de classe.

  • Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Six entreprises innovantes et « positives » mises à l’honneur

    Près de 200 personnes se sont réunies ce jeudi au Stade marseillais université club (Smuc) à Marseille à l’occasion de la 12e édition des trophées des entrepreneurs positifs organisés par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) des Bouches-du-Rhône. Sur 75 TPE et PME candidates, six entreprises du département ont été récompensées selon 6 catégories pour leur engagement social ou environnemental et représenteront le département lors de la finale régionale en novembre. Parmi les lauréats figurent Benmecheta à Martigues, distinguée pour sa préservation des écosystèmes marins, bAAM! à Marseille pour son engagement pour une nutrition bio, Tiers-Lab des transitions à Marseille pour sa coopération avec des associations locales, VB Tech à Marseille pour son innovation sur les maladies neurologiques, Ma petite fraterie à Tarascon pour son travail sur le bien commun, ou encore Jouga à Aix-en-Provence pour son modèle de réemploi de jouets.

    Un territoire qui regorge de talents

    Cette cérémonie a récompensé des dirigeants qui ont choisi d’entreprendre « autrement », en conciliant performance économique et impact positif. « Être entrepreneur aujourd’hui n’est pas un long fleuve tranquille. Face aux tensions, ils prennent des risques (…) Ces trophées sont la preuve que notre territoire regorge de talents, d’énergie et d’engagement », a souligné Corinne Innesti, présidente de la CPME 13.

  • Grèves à Decathlon pour un meilleur partage des bénéfices

    Grèves à Decathlon pour un meilleur partage des bénéfices

    Alors que l’enseigne prévoit de célébrer ses 50 années d’activité, les employés ne sont pas à la fête. Ils revendiquent une revalorisation des salaires pour tous.

    « Decathlon fait 910 millions de bénéfices, mais oublie ses salariés », dénoncent les syndicats Unsa-Snad, CFTC, CFDT, CGT et CFE-CGC, rappelant que « ces objectifs sont possibles grâce à l’engagement quotidien des salariés ». Depuis le 1er juin, le Smic est revalorisé de 2,41%, mais « la direction a décidé de limiter cette revalorisation aux seuls salariés concernés par le minimum légal », déplorent-ils dans le cadre d’un mouvement social national.

    Les employés de l’enseigne Decathlon à Marseille et en Vaucluse se mobilisent ce samedi 6 juin. Un rassemblement est prévu à 15h devant le magasin de Bouc-Bel-Air, accompagné d’actions variées (débrayages, grève), afin d’ouvrir des négociations concrètes sur le pouvoir d’achat. Les salariés rappellent leur attachement à l’entreprise, mais refusent d’être les oubliés des performances économiques de l’enseigne. Ils demandent l’ouverture immédiate de discussions concrètes. De même, à Ensuès-la-Redonne, un rassemblement est prévu le 8 juin devant l’entrepôt logistique. Les personnels soulignent que « l’inflation, le coût de la vie et les exigences toujours plus fortes » sont le lot de l’ensemble des salariés et revendiquent « la reconnaissance concrète du travail fourni dans les entrepôts et plateformes logistiques, ainsi que des NAO à la hauteur des résultats exceptionnels de l’entreprise ».

    50 ans d’activité

    Réunis le 2 juin, les syndicats ont précisé : « Les salariés constatent chaque jour une augmentation de leur charge de travail, des effectifs insuffisants dans de nombreux magasins et entrepôts, ainsi qu’une pression toujours plus forte pour atteindre les objectifs commerciaux. »

    En 2025, le bénéfice net de l’entreprise a augmenté de 16% et son chiffre d’affaires de 4%. Distinguée en 2026 comme « 2e entreprise préférée des Français », et pour célébrer ses 50 ans, la marque donne rendez-vous au public, le 24 juin dès 15h, sur l’esplanade du Mucem à Marseille, « pour un après-midi placé sous le signe du partage ». Une invitation qui tranche avec la crise au sein de ses effectifs.

    Contacté, le groupe indique poursuivre un dialogue social « direct, régulier et constructif » et se dit « particulièrement attentif aux questionnements ainsi qu’aux revendications exprimées ». Samedi, la continuité de l’activité sera « assurée dans nos magasins partout en France », précise la direction.

  • Une peine de 12 ans de prison pour Félix Bingui

    Une peine de 12 ans de prison pour Félix Bingui

    Ce sera finalement 12 ans d’emprisonnement pour le chef présumé du clan Yoda, Félix Bingui, Alésien de 35 ans, condamné ce vendredi 5 juin pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment par le tribunal correctionnel de Marseille. Une peine assortie de 200 000 euros d’amende et de cinq ans d’interdiction de paraître dans les Bouches-du-Rhône. Son appartement de Dubaï est également saisi ainsi que 40 250 euros d’avoirs.

    Le ministère public avait requis 16 ans de prison avec maintien en détention et sûreté des deux tiers de la peine, une amende de 500 000 euros avec saisie de son bien immobilier dubaïote. « Le tribunal a fait le choix d’enlever la sûreté et de condamner M. Bingui à 12 années de prison, ce qui signifie que M. Bingui a un avenir pour lui », a réagi son avocat Maître Philippe Ohayon après que le délibéré a été prononcé en fin d’après-midi. La défense qui avait estimé le réquisitoire très politique, « sous pression gouvernementale » s’est félicité « que cette juridiction, il n’y avait aucune raison d’en douter, ait encore une fois démontré son indépendance ». Pour l’homme de loi, « c’est un bijou, d’avoir des juges indépendants, des pressions politiques, des pressions parfois du ministère public. Ils nous ont rappelé que, certes, la politique pénale fait partie intégrante d’une décision, mais qu’elle ne peut pas monopoliser l’ensemble du jugement. »

    Un prévenu

    qui n’a cessé de nier

    Et de marteler que lorsque Félix Bingui a été extradé du Maroc, le ministre de la Justice d’alors, Gérald Darmanin, s’était « permis de [le] qualifier d’un des plus gros trafiquants de drogue de France, ce qui aurait pu sévèrement écorner l’image de la justice ».

    Durant deux ans entre 2021 et 2023, les enquêteurs se sont attachés à démonter les rouages d’un trafic de stupéfiant « lucratif » alimentant la cité de la Paternelle (14e) au cœur duquel le point de deal de la Fontaine estampillé « la frappe à Yoda ».

    Ils ont tenté de déterminer les rôles précis de chacun entre collecte de l’argent, ravitaillement, go-fast, nourrice, prête-nom pour organiser la venue de Bingui à Marseille qui se sentait menacé. Les policiers évoquent aussi la guerre avec la DZ Mafia, source d’assassinats en nombre. Pas moins de 14 personnes tuées en 2022 à Marseille, 52 en 2023 détaillait le procureur de la République dans son réquisitoire. Autant d’éléments que « le Chat » comme les 19 autres prévenus de l’affaire, n’a cessé de nier au cours de trois semaines de procès.

    Celui désigné comme son bras droit, Mohamed H. dit « Pirate », absent à la lecture du délibéré, a écopé de 9 ans de prison et de 50 000 euros d’amende. Un soulagement pour son conseil, Maître Gaëtan Poitevin, au regard des 12 ans requis. « Sur l’échelle des valeurs, vous avez parfois des violeurs qui sont retenus sous contrôle judiciaire et en liberté. Nous, on a des dossiers de résine de cannabis où on a des peines d’emprisonnement au-dessus de 10 ans requises et prononcées. C’est plutôt un bon résultat pour M. H. parce qu’il sera aménageable rapidement », a-t-il commenté. Si son client a déserté le tribunal, désormais sous mandat d’arrêt, c’est qu’il a « eu peur de partir immédiatement en détention », assure l’avocat. Il ne veut « pas se soustraire à la justice » mais « avoir le temps de se préparer ».

    Pour le présumé numéro 3 de la bande, toujours en fuite, dit « Zino », 8 ans ont été prononcés avec une amende à 50 000 euros et 5 ans d’interdiction de paraître dans le département. Dix prévenus ont été relaxés sur tout ou partie de leurs chefs d’accusation, les autres peines s’étalant au total de 12 mois à 6 ans.

    « Avoir
    des juges indépendants, c’est un bijou. »

  • La CPMM mise à l’honneur au 54e congrès de la CGT

    La CPMM mise à l’honneur au 54e congrès de la CGT

    Faire rayonner la CPMM. » C’est l’objectif de la présence d’une délégation de la coopérative, en charge de la distribution de la presse sur une partie de la Région Sud, et issue d’une lutte de haute volée, au 54e congrès de la CGT à Tours. « On voulait interpeller les délégués au congrès sur les risques pour la démocratie en lien avec la pérennité de notre coopérative », résume Maxime Picard, président de la CPMM, aux côtés de Nicolas Guglielmacci et d’Hélène Honde. Tous trois chevilles ouvrières de la reprise par ses salariés de l’ancienne société SAD, liquidée judiciairement en 2020 avec la fin de Presstalis (ancienne messagerie nationale de presse), leur présence est plus que symbolique. « Avec la CGT, il y a une histoire commune : les anciens salariés ont monté un projet de reprise avec leur syndicat et d’autres organisations CGT », rappelle le président.

    Une histoire qui se poursuit : « Il y a actuellement un combat mené par l’ensemble de la CPMM. Sur les 24 millions d’euros d’aides exclusivement fléchées sur la distribution de la presse, les dépositaires dont la CPMM, ne reçoivent absolument rien », dénonce Maxime Picard. De quoi mettre en péril son modèle économique, et donc l’accès à une presse pluraliste. D’où la volonté de « sensibiliser sur les enjeux politiques autour de la distribution de la presse et l’accès à l’information ». Leur présence avec un stand a donc fait coup double puisqu’une palette d’offres était mise à disposition des congressistes, dont une participation Mondial La Marseillaise des CSE. En clair, permettre d’aider à « l’équilibre économique de la coopérative » tout en prônant les valeurs de la structure sociale et solidaire.

  • Un pacte pour aider les travailleurs pauvres du monde agricole

    Un pacte pour aider les travailleurs pauvres du monde agricole

    Le constat est sans appel : dans le Pays d’Arles, « 20 à 23% des exploitants agricoles sont sous le taux de pauvreté », affirme Yolande Eskenazi, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « En même temps, on a du dynamisme dans ce secteur, avec 1 600 entreprises, 10 000 salariés permanents…, poursuit-elle. Il y a une richesse, mais il ne faut pas qu’elle masque des situations de précarité. » Alors, devant la volonté des acteurs et collectivités du territoire, la Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, en partenariat avec la FNSEA et la caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (MSA), a lancé le Pacte des solidarités du Pays d’Arles.

    « Le chiffre 13 porte-bonheur : 13 signataires dans le département 13 », se réjouit Anne Rubinstein, en charge de la mission gouvernementale, qui rappelle : « Aucun acteur n’a la réponse à lui seul, nous sommes obligés de travailler ensemble. »

    Concrètement, ce Pacte a pour objectif de faciliter l’accès aux droits et de lutter contre le non-recours, de repérer les situations de fragilité et d’isolement grâce au travail de terrain de la MSA et du réseau des Sentinelles agricoles, mais aussi d’accompagner la viabilité des exploitations avec la mise en place d’un diagnostic économique et technique proposé par la Chambre d’agriculture, pour une dizaine de concernés. « On passe aussi par la formation pour sécuriser les trajectoires professionnelles des salariés en mutualisant les dispositifs et en créant une offre pour la poly-activité », détaille Yolande Eskenazi. Ce pacte met aussi en place de nouveaux espaces de dialogue pour le secteur et expérimente des solutions de logement adaptées aux besoins des salariés saisonniers.

  • La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    La CGT rassemblée derrière Sophie Binet

    J’ai une très mauvaise nouvelle pour Patrick Martin et Sébastien Lecornu : nous sommes en pleine forme, nous sommes rassemblés ! ». Tout juste réélue comme secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a chauffé à blanc les plus de 1 000 militants qui étaient réunis ce vendredi à Tours pour la conclusion du 54e congrès de l’organisation.

    Sous un tonnerre d’applaudissements et devant un parterre de drapeaux rouges, la syndicaliste a renvoyé l’image d’une CGT renforcée à l’issue de 5 jours de débats. « Ensemble nous avons participé à un congrès qui fera date. La CGT est debout, rassemblée, déterminée », martèle-t-elle lors d’un discours de clôture enflammé. Élue en 2023 au terme d’un 53e congrès pour le moins houleux et marqué par de fortes dissensions, Sophie Binet avait un « mandat de rassemblement » et entend bien faire savoir que l’objectif est atteint : « Ce n’était pas un mandat comme les autres mais le travail que nous avons conduit nous a permis de rassembler l’organisation ». Elle cite le vote sur le bilan d’activités, jauge d’appréciation du travail de la direction sortante, qui a été « voté à 82% ». « C’est la première fois qu’on atteint ce niveau de vote depuis 2013 », développe-t-elle en conférence de presse dans la foulée de son discours.

    Forte d’une stratégie pour les années à venir également largement validée par les congressistes (75% de votes favorables), Sophie Binet a envoyé une série de messages à l’égard des ennemis du monde du travail. Elle tacle « tous les rats qui veulent nous museler » et prévient : « Nous avons décidé d’un plan de bataille clair, nous avons adopté des orientations fortes. […] Ce congrès restera historique par ses décisions ».

    Des « enjeux structurels » entérinés

    En effet, les congressistes se sont accordés sur plusieurs « enjeux structurels » pour l’organisation. « On s’est doté d’un outil opérationnel pour lutter contre les déserts syndicaux avec les syndicats professionnels de territoire. Et d’une stratégie vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) pour progresser dans les entreprises du CAC 40 où l’on a un défi d’implantation », rappelle Sophie Binet, citant également « la construction de notre maison commune avec la FSU ». Si elle regrette tout de même des « petits rebondissements » lors du congrès, avec un envahissement de la tribune et des discussions parfois vives, l’essentiel n’est pas là pour la secrétaire générale. Elle loue « un congrès historique car il était profondément politique ». La syndicaliste revient évidemment sur « l’internationale ouvrière contre l’extrême droite » impulsée par la CGT via un meeting rassemblant « 109 syndicalistes venus de 71 pays différents ». Et dans la même veine, les prises de position contre l’extrême droite en France à moins d’un an des élections présidentielles (lire nos articles du 02/06 et 03/06). « On ne gagne pas contre l’extrême droite sans perspectives sociales. La recette du Front Populaire dont on fête les 90 ans c’est unité, mobilisation, alternative sociale. Voilà ce qu’il faut mettre à l’ordre du jour », tempête Sophie Binet. Laquelle entend bien que son organisation « se mêle des présidentielles » : « Nous avons fait de la défense de la sécurité sociale et des services publics une bataille stratégique pour les années qui viennent, notamment dans le cadre du débat présidentiel ». Une bataille peut-être victorieuse grâce à l’envie de « mieux coordonner nos luttes ».

    Autre grande victoire : « L’annexion à nos statuts de notre cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles ». Une décision bien plus que symbolique puisqu’elle concrétise « le féminisme de lutte des classes de la CGT » pour Sophie Binet. « Le deuxième message politique de notre congrès est sur l’égalité femmes-hommes », insiste-t-elle. De quoi lui faire hausser le ton : « Ce sont de mauvaises nouvelles pour ceux qui rêvent d’une CGT affaiblie. Nous avons mangé du lion ». Le patronat n’a qu’à bien se tenir.

    « Ce congrès restera historique par ses décisions »

  • Sophie Binet est officiellement réélue à la tête de la CGT

    Sophie Binet est officiellement réélue à la tête de la CGT

    Après le vote de la commission exécutive confédérale par les participants au 54e congrès, la veille, et son élection en son sein par le CCN (comité confédéral national), la réélection de la secrétaire générale sortante vient d’être proclamée. Elle rempile pour un second mandat de 3 ans, sous les applaudissements massifs des congressistes.

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué.