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  • [Entretien] Carlos Tunon, Filpac-CGT : « L’État doit s’engager pour défendre Fibre Excellence »

    [Entretien] Carlos Tunon, Filpac-CGT : « L’État doit s’engager pour défendre Fibre Excellence »

    La Marseillaise : L’arrivée de Matthieu Pigasse est une première victoire mais il y a toujours urgence ?

    Carlos Tunon : Il va falloir approfondir pour transformer cette lettre d’intention en reprise ferme. Mais on a déjoué le scénario prévu, qui était la mise en liquidation des entités, ça nous a été confirmé. « Prévu » par un certain nombre de personnes, dont le Ciri, le comité interministériel de restructuration industrielle.

    Sophie Binet explique que le Ciri
    a soufflé le chaud et le froid, comment analysez-vous la position du gouvernement ?

    C.T. : Depuis un certain temps, quand on fait des rencontres à Bercy, ils essaient de nous rassurer. Mais le lendemain, il y a des déclarations où il est dit quasiment l’inverse de ce qui était raconté la veille. C’est forcément difficile d’avancer avec cette façon de faire.

    Ça reflète la politique industrielle menée depuis deux mandats ?

    C.T. : Tout à fait. L’impression qu’on a, c’est que le Ciri n’est pas en capacité de prendre de certaines décisions alors qu’il devrait. Idem pour le Premier ministre et le ministre de l’industrie. Un exemple : la réintégration de l’usine de Saint-Gaudens dans les quotas carbone [Marché des quotas carbone européens, ndlr]. C’est une décision qui dépend de l’État mais elle n’est pas prise. Alors que c’est seulement une application des textes de loi et qu’il n’y a pas de difficultés particulières.

    Outre les quotas carbone, il y a d’autres « conditions suspensives » qui dépendent de l’État…

    C.T : L’État doit s’engager clairement et lever de ces conditions suspensives. Outre les quotas carbone, il y a la fameuse question du prix de revente du mégawatheure. Aujourd’hui, la formule de calcul n’est pas très claire et il faut que l’État éclaircisse cette question. Pour l’approvisionnement en bois, autre condition suspensive, c’est pareil : il n’y a pas l’application d’une directive européenne qui permettrait une restructuration de la filière avec une priorisation des utilisations des bois pour ainsi fournir plus de volumes pour les fabricants de pâte à papier. On voit là l’échec de la politique de soi-disant réindustrialisation de l’État. À une époque, l’État nous avait assuré que si l’on trouvait un investisseur fiable, il mettrait tout en place pour aider à la reprise. Il va devoir passer des paroles aux actes. Surtout au regard des 211 milliards d’euros d’aides aux entreprises qui profitent beaucoup aux multinationales et aux grands groupes.

    Justement, l’ancien actionnaire indonésien de Fibre Excellence
    a eu un soutien financier public…

    C.T. : Il a largement bénéficié d’argent public et il a bénéficié d’effacements de dettes, notamment en 2022 quand il avait mis Tarascon en redressement judiciaire. De mémoire, on était autour des 170 millions d’euros, payés par l’état et donc les contribuables.

    Vous portiez l’idée d’une nationalisation, comment passe-t-on de cette proposition à un soutien d’un investisseur privé ?

    C.T. : On portait l’idée d’une nationalisation temporaire pour avoir du temps pour trouver des investisseurs et pouvoir travailler avec eux, sur un projet pérenne. Avec l’arrivée de Matthieu Pigasse, on peut s’exonérer de ce sujet là pour l’instant. Mais si l’État souhaite entrer au capital, pourquoi pas ? Il y a déjà les régions.

    Quel impact sur la filière si Fibre Excellence disparaît ?

    C.T. : En France, on dépense 1 milliard d’euros pour acheter de la pâte à papier dans d’autres pays, en comptant la production de Fibre Excellence. Cela veut bien dire qu’il y a un marché pour ce produit sur le territoire. Si l’entreprise disparaît, on doublerait cette somme pour acheter ailleurs. Le déficit serait énorme, la balance commerciale ne s’arrangerait pas et cela poserait des questions de dépendance. Quand on voit la situation géopolitique actuelle, en cas de blocage, on peut se retrouver sans pâte à papier. Reconstruire une capacité industrielle comme celle de Fibre Excellence, c’est un coût astronomique et prendrait des dizaines d’années. Refaire l’usine de Saint-Gaudens, c’est environ 1 milliard d’euros.

  • Au travail, le manque de protection et de contrôles tue

    Au travail, le manque de protection et de contrôles tue

    Face à ce nouveau drame, « la fédération CGT des métiers de la construction a demandé l’ouverture de discussions avec tous les acteurs, organisme de prévention au travail et patronat. On n’a toujours pas de réponse », explique Pascal Maestracci, secrétaire régional CGT construction bois et matériaux, un secteur qui cumule à lui seul 4 des 9 morts au travail en France dû à la chaleur en 2024.

    Depuis 2024, le BTP bénéficie d’un encadrement légal particulier. La canicule est entrée dans la liste des intempéries considérées comme un motif de chômage technique. « Mais les ouvriers sont partiellement payés et toutes les entreprises ne sont pas inscrites à la caisse, c’est sans compter les intérimaires », tempère le syndicaliste. Si l’Institut national de recherche et de sécurité fait des recommandations, le Code du travail ne fixe pas de niveau de températures. « On reste dans une logique d’adaptation des conditions de travail. La rentabilité l’emporte sur la mise en danger du salarié, déplore Pascal Maestracci, et l’administration n’a pas les moyens de contrôle ».

    Exposés, moins visibles

    Le BTP, l’agriculture et les travaux publics sont les secteurs les plus évidents lorsqu’on parle de fortes chaleurs. Mais d’autres travailleurs sont exposés dans le secteur de la logistique, la livraison, la restauration, l’industrie, la voirie, l’entretien urbain, la sécurité, ou dans le secteur hospitalier où le syndicat SUD santé sociaux vient d’adresser la demande d’un « véritable plan de rafraîchissement » au conseil de surveillance de l’hôpital Édouard Toulouse. Sonia, salariée en droit de retrait à la blanchisserie Pamar dans le 15e arrondissement de Marseille rappelle les conditions dans lesquels l’entreprise les a fait travailler. Des locaux mal adaptés, en particulier à la calandre, la seule ouverture, un « skydome » faisait office d’aération. Effet de serre garanti l’été avec le soleil au zénith. « On l’avait signalé, on a eu droit à un parasol de plage accroché à un chariot de linge. » Quand le mercure grimpait, accentué par la chaleur des machines, « on suffoquait, lâche Sonia, on avait droit à une bouteille d’eau uniquement en cas de canicule ».

    Dans les plateformes logistiques, la situation n’est pas plus enviable. En 2022, ID logistics avait investi un hangar dans le 15e arrondissement, avant de le liquider trois ans plus tard et tous ses salariés. Porte-parole des anciens salariés qui ont porté l’affaire aux prud’hommes, Alexandre Regnault se souvient également de conditions indignes : « Pendant des mois il n’y avait même pas de toilettes, d’accès à l’eau. L’été, c’était l’étuve, certains étaient au bord du malaise, mais on avait tous besoin de ce travail ».

    Le droit de retrait reste une possibilité de pression sur les entrepreneurs, mais là encore « la perte des CHSCT a fortement atténué le contre-pouvoir des syndicats qui subissent aussi de lourdes attaques », souligne Pascal Maestracci.

  • Les quatre infos principales du week-end autour de l’OM

    Les quatre infos principales du week-end autour de l’OM

    Arsenal et Tottenham s’intéressent à Greenwood

    L’ailier anglais Mason Greenwood attirait jusqu’ici principalement les convoitises de l’AS Rome. Mais des clubs anglais aux moyens financiers quasi illimités seraient désormais entrés dans la course pour s’attacher les services de la pierre angulaire de l’attaque olympienne.

    Les deux rivaux londoniens, Tottenham et Arsenal, s’intéresseraient de près à l’attaquant, dont la valeur est estimée à 55 millions d’euros. Une information à prendre toutefois avec précaution compte tenu du passé judiciaire de l’ancien prodige de Manchester United. Outre-Manche, la simple évocation de son nom demeure un sujet sensible.

    Un transfert vers la Premier League n’est néanmoins pas à exclure, notamment du côté des Spurs. L’arrivée de Roberto De Zerbi à la tête de l’équipe, lui qui a fait de Greenwood son principal atout offensif à l’OM, pourrait faciliter les discussions entre les deux parties.

    L’AS Rome pourrait cependant revenir rapidement à la charge pour tenter de recruter l’ailier anglais. En effet, le Borussia Dortmund s’intéresserait de près à Matías Soulé et préparerait une offre avoisinant les 30 millions d’euros. Une vente qui permettrait au club romain de disposer des liquidités nécessaires pour se rapprocher des 50 millions d’euros réclamés par l’OM.

    Accord verbal entre Traoré et le Genoa

    Recruté par l’Olympique de Marseille à Bournemouth pour un peu moins de 10 millions d’euros l’été dernier, Hamed Junior Traoré ne semble pas avoir convaincu la nouvelle direction de le garder. Selon Calciomercato, le Genoa aurait trouvé un accord verbal avec le milieu offensif ivoirien.

    Les négociations sont en cours entre le club italien et l’OM sur les modalités de ce transfert. Avec un salaire d’environ 320 000 euros par mois, l’OM va donc baisser un peu sa masse salariale, ce qui n’est pas négligeable compte tenu des finances actuelles.

    Grenier dans le futur staff de Genesio ?

    Alors que l’arrivée de Bruno Genesio sur le banc olympien semble se préciser, malgré les derniers obstacles administratifs et financiers, un nouveau nom circule avec insistance pour intégrer son futur staff technique : celui de Clément Grenier. Récemment diplômé de l’UEFA A, l’ancien international français est désormais habilité à intégrer un staff professionnel en Ligue 1 ou en Ligue 2. Mais l’OGC Nice serait également sur le coup.

    Malang Sarr ciblé

    L’Olympique de Marseille continue d’explorer plusieurs pistes pour renforcer sa défense cet été. Parmi les noms qui circulent ces dernières semaines figure celui de Malang Sarr, auteur d’une saison convaincante sous les couleurs du RC Lens.

    Benoît Payan fixe ses exigences à la nouvelle direction

    Une nouvelle page de l’histoire de l’OM s’apprête à se tourner avec la future nomination officielle de Stéphane Richard comme président du club phocéen. Celle-ci surviendra le 3 juillet. Invité sur le plateau de BFM Marseille Provence, le maire de Marseille (PM), Benoît Payan, s’est exprimé sur la prise de fonction de l’ancien PDG d’Orange. « Il prend la présidence de l’OM dans un moment très compliqué. C’est très courageux de sa part. Il va falloir avoir une équipe rapidement performante et qui ne nous fasse plus honte. Qu’elle soit constante », a-t-il lancé. Le maire en a également profité pour exprimer son souhait de voir le logo actuel être revu et a réaffirmé son attachement au nom du stade Vélodrome.

  • Marché du Soleil, le procès de la face occulte

    Marché du Soleil, le procès de la face occulte

    Le Marché du Soleil, c’était depuis 1987 un vaste bazar populaire de 3 500m2 dans le quartier de la Porte d’Aix. Il est fermé depuis six mois après une vaste opération des Douanes qui ont démantelé dans ce quadrilatère labyrinthique compris entre la rue du Bon Pasteur et la rue Fauchier, « une organisation structurée associant production, stockage et commercialisation massive de contrefaçons ».

    En tête d’affiche du procès qui s’ouvre pour la semaine à la caserne du Muy, Georges Dahan, 81 ans, et cinq membres de sa famille. Le patriarche, interpellé le 12 novembre 2025 avec 24 000 euros en espèces sur lui, présidait la société AMG Promotion qui durant des années a défié les autorités, se fichant des arrêtés municipaux de fermeture pour non-conformité aux règles de sécurité. Sa fidèle gestionnaire Leïla H. est jugée aux côtés des deux gardiens du marché, Abdelhamid D. et Abdelmalek E. Un commerçant résume le rôle central de cette femme : « Il y a une loi en France, une à Marseille et une au Marché du Soleil. En gros là-bas, c’est que des illettrés sans-papiers. Si les commerçants font pas ce qu’elle veut, elle envoie la police pour leur créer des problèmes avec les papiers. Elle clôture le bail, elle empêche les gens de travailler. »

    « Une organisation criminelle sophistiquée »

    Début février, la Douane fouillait 108 des 182 boxes commerciaux de vêtements, de quincaillerie et deux zones de stockage. 99 boxes contenaient des contrefaçons. L’opération menée sous l’égide de la loi Narcotrafic a entraîné la fermeture par la préfecture du marché. Après des années de cécité sur ce trafic de notoriété internationale, l’État se vante d’avoir mis à bas « une organisation criminelle sophistiquée, constituant un modèle économique intégré allant du stockage, à la confection et la commercialisation de contrefaçons à grande échelle, dispositif installé au cœur même de la ville de Marseille ».

    L’enquête estime que 70% des loyers perçus proviennent d’une activité non déclarée. Depuis 2021, plus de 5 millions d’euros ont été encaissés par la société de Georges Dahan venant de sociétés n’ayant aucune existence légale. L’opacité dans la gestion locative des cellules commerciales est criante avec un système de sous-locations à des personnes introuvables. En tout, 206 875 articles contrefaits ont été saisis pour une contre-valeur totale de plus de 42 millions d’euros, « ce qui atteste du caractère massif d’économie souterraine liée à la contrefaçon au sein du Marché du Soleil à Marseille », décrit l’enquête des Douanes qui parle d’« un processus sophistiqué reposant sur la réalisation à flux tendus de contrefaçons sur la base d’articles génériques notamment textiles ».

    « Recours à la corruption »

    « Le recours à la corruption d’agents publics qu’ils soient fonctionnaires de police municipal ou agent de préfecture donne à cette organisation les caractéristiques s’apparentant à une organisation mafieuse », analyse l’enquête. Un membre de la famille Dahan a ainsi reconnu avoir corrompu une agent de la préfecture, Zoubida K., 66 ans, adjointe administrative à l’intercommunalité, pour qu’elle intercède en faveur de la réouverture du marché. Une première somme de 1 500 euros en espèces lui a été remise à son domicile le 6 février 2026. « C’est une somme tellement faible que cela ne me paraît pas être de la corruption. C’est un service rendu », a minoré Michel Dahan, 69 ans, en audition.

    Sont jugés enfin le brigadier-chef principal Ali T., 45 ans, l’agent Yanice E., 35 ans, et le brigadier Grégory P., 34 ans. Ces trois policiers municipaux affectés à la Brigade de tranquillité publique sont accusés de s’être fait remettre des contrefaçons en échange de services rendus à Leïla H., la femme de confiance de Georges Dahan, qui se servait d’eux pour diriger des contrôles sur des sans-papiers ou bien fermer les yeux sur des vendeurs.

  • Chaîne humaine sur la corniche en soutien à SOS Méditerranée

    Chaîne humaine sur la corniche en soutien à SOS Méditerranée

    Corniche Kennedy, samedi, 11 heures. Au pied de l’œuvre murale de l’artiste Mahn Kloix représentant une sauveteuse et au-delà du monument aux morts, une chaîne humaine se forme. Des centaines de personnes sont vêtues d’orange, couleur des gilets de sauvetage à bord mais aussi de l’Aquarius, le premier navire de SOS Méditerranée. Ce happening était organisé pour célébrer les dix ans d’opération de l’association de recherche et de sauvetage en mer, en cette journée internationale des réfugiés.

    « On ne peut pas laisser mourir les gens en mer »

    En une décennie, l’organisation a secouru plus de 43 000 rescapés, malgré les nombreuses entraves, politiques pour la plupart. Baya, donatrice, s’indigne : « Tous les États répressifs qui refusent d’accueillir les bateaux de SOS, la finalité c’est quoi ? De laisser mourir tous ces migrants dont on a pourri la terre ? », s’emporte-t-elle. « La planète n’appartient à personne ! », renchérit à ses côtés son amie Diana. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), depuis 2014, plus de 35 000 exilés ont péri dans les eaux méditerranéennes en tentant de rejoindre le continent européen.

    Sous les applaudissements, une flottille de 19 bateaux parade sur la mer. Sur l’un d’entre eux est accrochée une banderole : « 10 ans, toujours là ». Les bénévoles de l’association rythment l’événement. à leur signal, les participants dégainent des jumelles ou en forment en ramenant leurs mains à leurs yeux. Une image rappelant la fresque qui trône au-dessus de l’eau.

    Des enceintes diffusent au même moment des sons enregistrés à bord. Les participants sont ainsi immergés dans le quotidien des sauveteurs à bord de l’Ocean Viking. « SOS Méditerranée existe grâce à la mobilisation des citoyennes et des citoyens. En France, nous avons désormais plus de 1 000 bénévoles », se réjouit Anaïs, salariée de la structure, rappelant qu’une seule journée de navigation est estimée à plus de 24 000 euros.

    Cherchant un coin
    d’ombre, François, longtemps militant au sein d’Amnesty International tempête : « On ne peut pas laisser mourir les gens en mer, ce sont des choses élémentaires, quelles que soient les conditions politiques ! Et c’est, de toute façon, ce que dit le code de la marine : on porte toujours assistance à quelqu’un qui est en danger en mer », pousse-t-il. Le retraité regarde autour de lui et esquisse un sourire, « ça fait du bien de voir tout ce monde, surtout dans des moments où la vie politique est difficile. En venant j’étais un peu inquiet de ce que pouvait faire l’extrême droite mais dans un sens, c’est aussi ça qui m’a motivé à venir. » Selon les organisateurs, 730 personnes ont répondu présentes à ce rassemblement, sous le regard curieux des passants.

    « Ça fait 10 ans que SOS Méditerranée sauve des personnes en mer. On veut montrer qu’on n’est pas indifférents, que les citoyens se mobilisent », explique Vanessa, venue accompagnée ses fils, Isidor et Maxim. Et quand ce dernier, lycéen, est interrogé sur la mission de l’association, il répond du tac-au-tac : « Ils sauvent des vies. » Tout simplement.

  • Un nouvel épisode de canicule démarre

    Un nouvel épisode de canicule démarre

    Des jours chauds et des nuits tropicales… Un peu épargnée jusque-là, notre région rentre à son tour dans la séquence canicule qui sévit déjà dans une bonne partie de la France. Alors que 49 départements sont placés « en vigilance rouge canicule » lundi, un record, à partir de midi, les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse sont placés en vigilance orange.

    Une période de chaleur « longue, intense » avec « en début de semaine, les températures les plus chaudes jamais observées », a prévenu dès ce vendredi Sophie Voirin, permanencière à la direction de Météo France lors d’un point de situation. Dès le dimanche, « des pointes à 40 degrés dans l’intérieur de la Provence » seront atteintes précise-t-elle. Un épisode similaire à celui de juillet 2019 et août 2003 ajoute-t-elle en termes d’intensité pour les températures, aussi bien la nuit que le jour.

    Plus précisément ce sera chaud dans le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Bouches-du-Rhône, indique Paul Marquis, météorologue indépendant, qui assure des prévisions locales avec son application « La météo du 13 ». Un épisode dont la fin reste pour le moment incertaine, mais pourrait durer au moins toute la semaine. « Des modélisations voient la canicule perdurer jusqu’au 28 juin, d’autres jusqu’au 3 juillet », précise-t-il.

    « étant donné la masse d’air chaud, le dôme de chaleur qui va s’inviter à partir de ce week-end sur le pays, est un élément météorologique qui, une fois qu’il est en place, met du temps à bouger, à évoluer », confirme François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

    Un impact sanitaire

    Cette chaleur va peser lourd sur les organismes. « La santé de la population dans son ensemble peut être affectée », alerte Sophie Voirin, rappelant qu’un numéro vert a été mis en place* par le ministère de la Santé. C’est d’ailleurs quand on prend en compte l’impact sanitaire qu’on utilise le mot canicule détaille François Gourand.

    Pour ce qui est des alertes météo, des départements classés orange pouvant passer au rouge cette semaine, « les critères se basent sur les seuils de température par département qui tiennent compte des canicules passées et leurs impacts sur la mortalité et le niveau d’acclimatation du territoire » poursuit Sophie Voirin. Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée en 2025, avec la mortalité attribuable à la chaleur la plus importante de l’hexagone, note dans son bilan publié en février 2026, Santé publique France. Soit plus de 710 décès attribuables à la hausse des températures. Concernée par 3 des 4 épisodes de canicule cette année-là, la région a vu grimper le recours aux soins d’urgence. Près de 2 800 pour canicule enregistrés pendant l’été, dont 27% pendant les épisodes météo, deux-tiers de ces passages étant suivis d’une hospitalisation poursuit l’agence nationale. Toutes les classes d’âges étaient concernées mais les personnes de 75 ans ou plus ont été les plus touchées précise-t-elle.

    Parmi les populations fragiles, on retrouve aussi les personnes à la rue. « Elles meurent de chaud, l’accès à l’eau est vital en période de canicule, plus encore pour les personnes sans abri, particulièrement exposées », alerte Médecins du Monde ce jeudi 18 juin, qui « demande une mise à l’abri immédiate » et « l’accès à un accueil et à un logement dignes ».

    Avec cette fournaise, le risque incendie sera également élevé prévient Sophie Voirin, la « météo des forêts » passant à l’orange pour la semaine, et même rouge dans le Vaucluse depuis vendredi dernier. Le taux d’humidité de 20% rendant ce département et le nord des Bouches-du-Rhône particulièrement exposés.

    Après celle déjà vécue fin mai, cette nouvelle vague de chaleur ne surprend pas. « On l’a vu venir il y a une semaine » commente Paul Marquis. « Nous nous attendons à observer des canicules de plus en plus précoces, intenses, fréquentes et tardives », analyse Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. De là à dire que l’été sera brûlant, il n’y a qu’un pas que ce dernier se refuse à franchir. « Il n’y a pas de lien entre la canicule que nous connaissons et la suite de l’été. Les événements sont indépendants. La canicule que nous connaissons, aussi intense soit-elle, ne présage en rien de l’été qui arrive », assure le scientifique.

    Mireille Roubaud

    * Canicule info service
    au 0800.06.66.66

  • Michel Loy : « Le seul grand monument qui me manque »

    Michel Loy : « Le seul grand monument qui me manque »

    La Marseillaise : Vous venez d’obtenir votre qualification pour votre 94e championnat de France, égalant ainsi Christian Fazzino. Vous avez également remporté très récemment les Nationaux
    de Bourbon-Lancy et de Firminy. Comment jugez-vous votre saison actuelle ?

    Michel Loy : Déjà, au niveau des championnats, quand tu arrives à en gagner quelques-uns, ça te met forcément en confiance pour la suite. Et puis, quand tu joues le triplette mixte avec un Yohan Cousin en grande forme au milieu, ça donne envie de reprendre le tir. Les résultats suivent, notamment à Firminy où l’on bat l’équipe de France, puis les Espoirs, avant de s’imposer contre Dylan Rocher en finale. Donc pour l’instant, je ne peux pas me plaindre : j’arrive encore à tenir un bon niveau au tir. Pourvu que ça dure le plus longtemps possible.

    Le Mondial La Marseillaise
    n’est pas votre concours de prédilection, mais y avez-vous retrouvé du plaisir lors de votre retour il y a deux ans dans
    les allées du parc Borély ?

    M.L. : J’ai pris du plaisir, oui, mais je suis surtout resté avec un petit goût d’inachevé. Roby [Stéphane Robineau] et [Mayron] Baudino, tenant du titre, m’avaient appelé la veille pour que je sois pointeur avec eux. Forcément, quand tu joues avec deux phénomènes comme ça, et sur un concours qu’ils maîtrisent parfaitement, ça change tout. En huitième, j’avais vraiment bien joué, avec de très bonnes sensations au point. À ce moment-là, je me suis mis à rêver un peu, parce que, sans prétention, c’est probablement le seul grand monument qui me manque. Je n’y ai participé que huit fois. Je l’ai découvert jeune, j’ai perdu deux fois en quart, et j’ai mis du temps à y revenir. Et puis, quand on te propose ce type d’équipe, tu ne refuses pas. En huitième, on perd 13 à 10… mais c’est le jeu.

    Comment expliquez-vous cette absence de 22 ans au Mondial ?

    M.L. : Je me souviens notamment d’une année où on avait battu Marco Foyot et Passo au championnat de France, à Melun, pas loin de chez moi. Et eux, le dimanche, ils avaient déjà pris la route pour aller jouer La Marseillaise. À cette époque, avec Didier, on s’était qualifiés treize ans de suite en doublette. Donc forcément, quand ça tombait sur la doublette, ça nous empêchait d’y participer. Il y avait aussi les terrains. Ce n’étaient pas forcément ceux que je préférais. Tirer dans les cailloux, ce n’est pas la même chose que jouer sur les terrains de La Marseillaise. Honnêtement, je ne saurais même pas dire précisément pourquoi, mais ce n’était pas une compétition vers laquelle j’allais naturellement. Cela dit, les premières fois où j’y suis allé, j’ai pris beaucoup de plaisir. Même si j’étais tireur à l’époque, aujourd’hui on me perçoit différemment. Alors que j’ai commencé comme tireur de tête. Et c’est vrai que ce ne sont pas des terrains où l’on se dit spontanément : « Tiens, Michel Loy va être à l’aise là-dessus. »

    Vous évoluerez lors de cette 65e édition de La Marseillaise
    à pétanque avec votre partenaire habituel Yohan Cousin et le double vainqueur du Mondial, Patrick Messonnier. Comment s’est formée cette triplette ?

    M.L. : C’est une équipe Toro. Je suis ambassadeur Team Toro MS, donc avec Patrick et Yohan, ça fait une très belle formation. Patrick va nous apporter son expérience du très haut niveau et nous aider à gérer ce genre de compétition, qui reste un concours à part. Moi, quand je commence un concours, j’ai toujours des ambitions. Peut-être que je l’ai fait moins souvent que d’autres, mais quand j’étais tireur, j’ai joué La Marseillaise trois ou quatre années de suite. Ensuite, je suis passé un peu au milieu, et je n’ai pas spécialement insisté pour monter des équipes, parce que ce concours fonctionne souvent avec des formations construites comme ça, un peu sur le moment. Mais aujourd’hui, si on vient, c’est pour jouer quelque chose.

    Avec Yohan Cousin, vous formez une doublette très performante. Comment est-elle née cette association ?

    M.L. : Je venais de quitter mon club de Décines. J’avais eu un désaccord qui m’avait vexé, et je m’étais dit que j’avais passé l’âge de ces histoires-là. Je suis donc parti sans équipe, sans savoir où j’allais atterrir. Dans mon esprit, j’avais repéré Yohan comme un joueur très intéressant, très fort, mais surtout avec une bonne mentalité. Je ne le connaissais pas vraiment, mais il m’avait fait cette impression. Et, une semaine, on se retrouve tous les deux en équipe de France à l’Europétanque de Nice. À l’époque, David [Le Dantec] m’avait demandé d’être parrain pour encadrer les jeunes après mon titre de champion de France en tête-à-tête. Avant le concours, Yohan m’apprend que son partenaire allait partir la saison suivante et qu’il se retrouvait donc sans solution. Je me dis qu’on va voir comment ça se passe. On joue ensemble, on fait une bonne Europétanque, on perd en demi-finale dans une partie qu’on pouvait gagner, avec Christophe Sarrio contre l’équipe de Patrick Laur, Lucas Desport et Sony Even. Et c’est comme ça que l’équipe s’est créée. L’année suivante, on est champions de France. J’ai toujours eu un peu de chance dans les rencontres et les joueurs qui se sont greffés à mon parcours.

    Vous avez récemment remporté
    le National de Firminy avec deux jeunes prodiges malgaches, Zigle, champion du monde en titre du tir de précision, et Yves, l’un
    des tenants en titre au Mondial La Marseillaise à pétanque. Quel regard portez-vous sur eux ?

    M.L. : Dans le jeu, ils sont naturels. Ma génération de Malgaches était un peu plus « vicieuse », dans le bon sens du terme. Ça permettait des confrontations où il fallait aussi s’imposer mentalement, pas seulement techniquement. Ils étaient moins « cool », mais pas moins forts à l’adresse, loin de là. Quand tu jouais contre Jacky [Randrianandrasana], avec Christian [Andriantseheno] et d’autres, tu comprenais vite le niveau. Et quand tu vois encore aujourd’hui des joueurs de ce niveau qui ne seront peut-être pas sélectionnés alors que ce sont des phénomènes, tu imagines le vivier qu’il y a à Madagascar. On les connaît peu ici, mais là-bas ils jouent en permanence sur des terrains durs, tout le temps.

    Vous avez été le sélectionneur qui a apporté la première médaille
    de l’histoire du Danemark lors des championnats du monde, à Karlslunde en 2022. Un retour comme sélectionneur, mais cette fois-ci avec les Bleus,
    vous intéresserait ?

    M.L. : Quand Didier [Choupay] a repris l’équipe de France, alors qu’il était sélectionneur de la Suisse, il m’a proposé de le remplacer. J’ai été très honnête avec lui : je ne me sentais pas capable d’assurer une telle charge, ni de passer autant de week-ends à gérer une équipe. Moi, ce qui m’intéresserait, c’est un autre rôle : une dizaine de week-ends par an pour suivre des joueurs, les observer, les accompagner, puis les coacher sur une grande compétition. Et forcément, si je dois choisir, je préférerais coacher la France plutôt qu’une autre sélection. Peut-être qu’un jour cela se présentera. Mais aujourd’hui, passer 30 week-ends sur 52 à suivre des joueurs et être en permanence sur une chaise… non. Je suis encore joueur, et j’aime ça. Mais le coaching, j’ai aimé l’expérience.

  • Pas un bulletin météo

    Pas un bulletin météo

    La Provence entre en épisode caniculaire. Des pointes à 40° sont annoncées, des records de températures aussi bien la nuit que le jour… Nul bulletin météo dans ces informations mais l’occasion de rappeler les impacts qu’ont ces hausses de températures liées au réchauffement climatique. Elles provoquent des décès au travail comme ce jeune couvreur de 19 ans mort d’hyperthermie dans la Drôme. La canicule tue aussi au quotidien. L’an dernier la Région Sud avait été la plus frappée par la mortalité attribuable à la chaleur. Si les plus de 75 ans sont les plus touchés, les personnes fragiles sont aussi dans la rue. La canicule est enfin synonyme de risques incendie accru ou de saturation des Urgences.

    Adaptation ?

    Les scientifiques martèlent que le dérèglement climatique va provoquer des canicules toujours plus fréquentes et intenses. On le constate déjà. Et pourtant, l’adaptation qui permettrait de dépasser les mesures improvisées dans l’urgence n’est pas au rendez-vous. Il y a bien un plan national et des ministres pour se féliciter régulièrement des progrès de la France. Mais dans les faits, le fonds vert qui permet de soutenir les collectivités territoriales pour la transition écologique a été divisé par deux entre 2024 et 2026 et est à nouveau menacé d’une coupe franche de 162,5 millions d’euros. Le Haut conseil pour le climat répète que différer les investissements entraînera une augmentation des coûts à long terme mais manifestement le gouvernement n’en a cure. Imaginer que c’est parce que ce sont les travailleurs et les plus fragiles qui en payent le coût le plus élevé serait paranoïaque ?

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    L’obscurité est grande, on aperçoit sous le bras droit de cette jeune femme le crâne sans âme d’une Vanité. Son extase et ses sensations sont intenses, irrésistiblement proches de la douleur. Sa bouche entrouverte reprend souffle. Cette apparition parmi les parois anonymes d’une grotte au milieu de la nuit, la solitude et les très vives émotions de Marie-Madeleine sont à la fois mystiques et charnelles, scandaleusement sensuelles. Un éclairage de théâtre, la lumière venue du crucifix, discernable à gauche, éclaire fortement son visage, le blanc et le rouge, les drapures et les plis de ses vêtements, son transport hors d’elle-même, un indissoluble mélange du sacré et du profane. Ses cheveux roux sont dénoués, ses mains se crispent. Sa surprise, son vertige et son tourment déclenchent un immense bouleversement. Sa beauté presque blafarde, sa tête, ses épaules et son buste se rejettent vers l’arrière afin de consentir à la violence de la sensation. Cette attitude dictée par l’inconscience du corps, elle l’aurait adoptée pour éprouver pleinement le choc de cette commotion. Après quoi, on peut imaginer qu’elle voudra se souvenir de ce soudain voyage jusqu’à l’extrême bout de la nuit et demander toujours plus.

    Un souffle abrupt et terriblement sacré, un choc clairement physique habitent les mouvements et l’immobilité de cette personne. Douleur et joie, Marie-Madeleine évoque Saint Jean de la Croix, préfigure les sensations complexes de jouissance et d’ignorance qui traversent un sommet de l’art baroque à Rome, le marbre où l’on découvre le sourire et la flèche d’or de l’Archange qui transpercent le sommeil de Thérèse d’Avila, la sculpture du Bernin qui fut commentée par Jacques Lacan. On pense aussi aux dessins d’Ernest Pignon-Ernest réalisés pour les portraits mystiques d’Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne et Madame Guyon.

    Les solides qualités de cette copie du Caravage, signée par le peintre flamand Louis Finson, expliquent les débats qui agitèrent les historiens de l’art. Avant de se rétracter, Roberto Longhi avait longtemps estimé qu’il s’agissait d’une œuvre du Caravage. Cette toile fut souvent sollicitée par les emprunteurs. Entre autres, en 2012 pour l’exposition du musée Fabre de Montpellier consacrée aux Corps et aux Ombres du Caravagisme européen. Récemment, pendant l’hiver 2025, afin de ponctuer l’exposition Georges de La Tour du musée Jacquemart-André.

  • [Maj] 5000 mètres carrés partent en fumée à Marseilleveyre

    [Maj] 5000 mètres carrés partent en fumée à Marseilleveyre

    Quatre canadairs et un hélicoptère bombardier d’eau loué par la ville de Marseille, ont été mobilisés, ainsi qu’une soixantaine de marins-pompiers.

    « La police municipale a également bloqué les accès routiers et les sentiers de randonnée », indiquait Arnaud Drouot, l’adjoint au maire de Marseille chargé du bataillon des Marins pompiers, rapidement présent sur place. L’alerte à été donnée à 16h45.

    Vers 19h, le foyer était fixé après avoir parcouru entre 4000 et 5000 mètres carrés. Les forces terrestres sont alors entrées en action pour se rendre sur site et définitivement maitriser le foyer.