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  • [Entretien] Isabelle Régner : « Les femmes sous-représentées à haut niveau »

    [Entretien] Isabelle Régner : « Les femmes sous-représentées à haut niveau »

    L’Algérie, la Tunisie, le Liban, l’Espagne, l’Italie et la France se sont réunis pendant ces trois dernières années au service d’un même objectif : augmenter le nombre de femmes à hauts postes dans les universités. Au cours de cette conférence de clôture, Isabelle Régner a présenté le protocole ainsi que les résultats obtenus.

    En quoi consiste ce projet ?

    Isabelle Régner : Aujourd’hui, presque tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut former sur les biais implicites de genre. Et ensuite ? Comment faire ? Avec We4lead, nous avons étudié le problème pendant trois ans et proposé, notamment, un protocole basé sur les résultats de la recherche, pour contrer les automatismes stéréotypés dans les jurys de recrutement. La première étape permet de prendre conscience que nous sommes tous et toutes porteurs de biais stéréotypés. Ensuite, il reste à comprendre comment ces biais sont stockés en mémoire à long terme et influent nos jugements. Enfin, il est nécessaire d’apprendre à maîtriser ces idées bien souvent indépendantes de nos convictions.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à mettre en place ce projet ?

    I.R. : L’université de Marseille rassemble plus de 52% de femmes. Si on s’arrête là, il n’y a pas de problème. Mais lorsque l’on se concentre sur les postes de rang A, les femmes sont sous-représentées. Dans les secteurs scientifiques, cette faible présence féminine est massive à tous les niveaux, sauf dans quelques pays du Maghreb comme la Tunisie mais qui concentre malgré tout plus d’hommes sur les plus hauts postes. Et ces inégalités, on les retrouve aussi dans les disciplines réputées féminines comme les lettres, les langues, ainsi que les sciences humaines et sociales. Dans tous les corps de métier, lorsque l’on monte en grade, vers des postes à salaires plus élevés, on perd les femmes. Pourtant, les compétences sont là. Donc le problème existe. Encore faut-il le montrer pour légitimer les actions que l’on met en place.

    Quels résultats avez-vous obtenus à ce jour ?

    I.R. : À Marseille, le nombre de femmes recrutées professeurs des universités au sein de la faculté des sciences a augmenté de manière significative. Nous sommes passés de 14 à 50% en cinq ans. Donc tout est possible. À condition de mettre en place des actions adaptées. Connaître les systèmes d’efficacité à travers des recherches scientifiques. Il ne suffit pas d’être militant et engagé pour mettre en place les bonnes actions. Nous avons besoin de recherches scientifiques. Se reposer sur des données factuelles, validées.

  • Vingt ambassadeurs invités à découvrir le Grand Port

    Vingt ambassadeurs invités à découvrir le Grand Port

    Une vingtaine d’ambassadeurs étrangers établis en France sont, jeudi et vendredi, de visite à Marseille. Invités dans le cadre du programme AMB-EC0, imaginé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) pour présenter aux représentants diplomatiques l’attractivité des territoires français, ils sont venus découvrir l’écosystème du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). « Lidée est de leur montrer, à travers des immersions dans les territoires, qu’il y a de l’excellence française un peu partout, dans différents domaines, fait valoir Damien Loras, directeur de la diplomatie économique du MEAE. On a choisi Marseille pour son économie maritime et portuaire, car la ville est vraiment un centre névralgique dans ce domaine. »

    Au programme de ces deux jours en terres provençales : rencontre avec les acteurs économiques et institutionnels en lien avec le GPMM. « Il est important de retenir que notre ambition n’est pas seulement de montrer, poursuit Damien Loras. Nous voulons que ces gens-là, qui sont le relais de leur pays en France, se fassent un peu le relais de notre pays dans le leur, qu’ils puissent vendre la France à l’étranger. » L’occasion de témoigner d’une France « innovante », pour attirer « des investissements étrangers producteurs d’emplois ». La délégation d’ambassadeur sera accueillie vendredi par Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du GPMM et rencontrera dans la foulée ses représentants et des opérateurs portuaires.

  • L’UE durcit ses règles migratoires

    L’UE durcit ses règles migratoires

    Le Parlement européen serait-il en train de se trumpiser ? L’adoption du règlement retour, grâce à l’alliance entre la droite et l’extrême droite, le 26 mars, semble donner raison à cette tendance. En effet, le texte prévoit un net durcissement d’une politique migratoire déjà plus que répressive. « Il aura des conséquences dramatiques pour les personnes étrangères et pour les personnes qu’on accompagne. C’est effectivement un développement très inquiétant », soupire Olivia Carniel, responsable des questions européennes à la Cimade.

    Le texte prévoit notamment la possibilité d’externaliser des centres de retour dans des pays hors de l’Union européenne afin d’y enfermer les personnes exilées ou des demandeurs d’asile déboutés. « Ce qui est vraiment problématique, c’est que le texte pose uniquement les bases légales pour créer ces centres mais il ne précise rien. On ne sait pas pour combien de temps les personnes pourraient être enfermées dans de tels centres dans des pays qu’on ne connaît pas, ni dans quelles conditions », reprend Olivia Carniel. Et ainsi criminaliser un peu plus les exilés en les plaçant dans des conditions de détention sans avoir commis de crime ou de délit. « Il n’y a pas de mécanismes pour vérifier si les droits des personnes sont respectés. Les États s’exonèrent de toutes les responsabilités », abonde Titouan Cady, membre de la LDH à Montpellier.

    Les renvois accélérés

    La détention semble d’ailleurs être devenue la norme puisque les délais d’internement pourraient aller jusqu’à 24 mois. « Il y a aussi une logique d’accélérer les renvois sans passer par des recours juridiques. Alors qu’aujourd’hui, on pouvait contester et ainsi suspendre le renvoi », note Titouan Cady. Des renvois pourraient se faire sans que le juge n’ait besoin de statuer. Tout est fait pour déshumaniser des personnes déjà épuisées par un exil forcé. En ce sens, la « décision de retour européenne » est inquiétante. « On généralise le fichage. Toute personne soumise à une procédure d’éloignement dans un pays sera expulsable d’un second pays de l’UE même si elle respecte toutes conditions d’asile. On pousse ces personnes dans une plus grande précarité », se désole Olivia Carniel.

    Un texte xénophobe qui met un coup au respect des droits fondamentaux, pourtant érigé comme une valeur cardinale d’une Union européenne de plus en plus marquée à droite. Si le Parlement lui est acquis, il en est de même à la tête des États membres : seuls trois pays sont gouvernés par la gauche dont le Danemark, connu pour ses positions anti-migrants. « C’est une rupture dans l’histoire du Parlement européen, qui avait toujours été une institution progressiste. Mais depuis 2024 [date des dernières élections, Ndlr], on voit se former une majorité de droite et d’extrême droite sur les sujets liés à l’immigration et l’environnement. Cette alliance est néfaste pour l’UE et affaiblit sa souveraineté », fait valoir Chloé Ridel, députée PS européenne, qui a voté contre le texte, s’inquiétant des dérives trumpistes de l’institution strasbourgeoise. Le texte va maintenant faire l’objet de négociations en trilogue avec la Commission européenne et le Conseil de l’UE, avant d’être définitivement adopté.

  • Après le passage de la tempête Nils, l’ONF à l’œuvre pour sauver la forêt

    Après le passage de la tempête Nils, l’ONF à l’œuvre pour sauver la forêt

    Des rafales à 140 km/h, environ 1 800 hectares de forêts sinistrés… La tempête Nils, qui s’est abattue le 12 février au nord de l’Hérault, a fait beaucoup de dégâts – notamment sur le massif de l’Espinousse. Après son passage, les forêts endommagées avaient été fermées par arrêté préfectoral, le temps de les sécuriser.

    Depuis, les agents de l’Office national des forêts (ONF) se plient en quatre pour les réparer. Prospection de terrain par les forestiers, vol par drones et utilisation d’images satellites ont permis de localiser les zones les plus sinistrées. Selon les dernières estimations, près de 250 000 m3 de bois ont été balayés. « Nous avons réalisé une première vente de 30 000 m3 de bois renversé par la tempête le 3 avril. Une prochaine vente de 110 000 m3 aura lieu le 17 avril », précise Guylaine Archevêque, directrice des agences ONF du Gard et de l’Hérault. Plus ou moins 100 000 m3 restent encore à récupérer et seront vendus à des entreprises de première transformation, sous contrat avec l’ONF. « Sur ces premiers 140 000 m3, si on s’amusait à faire un tas de bois de 1 mètre de haut sur 1 mètre de large, on pourrait aller du centre-ville de Montpellier jusqu’à la frontière espagnole », illustre la directrice.

    Preuve du ravage de la tempête, ces premiers 140 000 m3 de bois équivalent à « la récolte annuelle des forêts domaniales des départements du Gard et de l’Hérault ». Selon les estimations de l’ONF, 750 ha de forêts sont touchés à plus de 50% et dans les zones les plus sinistrées, les dégâts peuvent représenter pas moins de six années de récolte. Au premier rang des accusés, le dérèglement climatique. « L’intensité des dégâts et la concentration sur une petite partie du territoire peuvent s’expliquer par la conjugaison de précipitations importantes entre la mi-décembre et la mi-février, avec les coups de vent qui ont poussé des arbres dont les systèmes racinaires n’étaient plus aussi bien maintenus parce que les sols étaient complètement gorgés d’eau », fait valoir Guylaine Archevêque. Des épisodes climatiques intenses qui sont appelés à se répéter sous l’effet du dérèglement climatique. Il n’y a pas que les arbres qui ont été impactés, la faune en a également pris un coup, les animaux ayant été contraints de déménager.

    Risque incendie

    Mais pour le moment, l’heure est à la récupération. Car, à l’aune de la saison estivale, de nouveaux ennuis pourraient pointer le bout de leur nez. « Nous espérons enlever tout ce bois très vite car les risques d’incendie vont commencer à se faire jour rapidement. Il y a également le risque de voir se développer des maladies à proximité des peuplements touchés par la tempête et des problèmes d’ordre sanitaire véhiculés par des insectes ravageurs. Nous ne sommes pas encore sortis de nos peines », développe Guylaine Archevêque.

    Viendra ensuite la question de la reconstruction de la forêt. L’occasion de changer des pratiques d’un autre temps. « Énormément de peuplements renversés étaient monospécifiques. C’est le genre de choses que nous évitons aujourd’hui, on travaille beaucoup sur la diversification d’essences. Il est probable que l’on travaille sur des essences à introduire dans les Hauts cantons que l’on n’avait pas l’habitude de voir : des espèces susceptibles de résister à de gros écarts de température, à des sécheresses à répétition. »

  • L’Antiquité s’embrase aux couleurs de Combas

    L’Antiquité s’embrase aux couleurs de Combas

    Il y a des rencontres qui relèvent de l’évidence. Celle entre Robert Combas et le Pont du Gard en fait partie. Du 29 mai au 1er novembre, le site classé à l’Unesco accueille « Guerre et paix », une exposition d’envergure consacrée au chef de file de la figuration libre.

    Une soixantaine d’œuvres y sont présentées, traversées par les thèmes chers à l’artiste : batailles antiques, figures mythologiques, héros grecs et romains. Chez Combas, l’Histoire n’est jamais figée. Elle explose en couleurs, en formes et en récits foisonnants, nourris autant par les livres d’Histoire que par la culture populaire. Au cœur du parcours, une toile monumentale consacrée à la guerre de Troie, longue de près de neuf mètres, s’impose comme pièce maîtresse. Une œuvre à l’image de l’exposition : spectaculaire, dense, presque débordante.

    Une « rencontre inouïe »

    Mais l’expérience ne s’arrête pas aux salles du musée. Dès le 4 juillet, chaque soir, le monument lui-même devient scène. Sous la direction de Christophe Berthonneau et du Groupe F, un mapping vidéo monumental transforme les 275 mètres de l’aqueduc en fresque vivante. Guerriers, batailles et figures mythologiques s’animent sur la pierre bimillénaire. Les images puisent directement dans l’univers de Combas, tandis que la bande sonore s’appuie sur les compositions de son groupe, Les Sans Pattes. Une hybridation totale entre peinture, musique et architecture.

    Ce dialogue entre patrimoine et création contemporaine s’inscrit dans une volonté affirmée : faire du Pont du Gard un lieu vivant, où l’Histoire continue de s’écrire. Pour les organisateurs, il s’agit d’une « rencontre inouïe » entre deux monuments : un site antique exceptionnel et un artiste majeur de la scène contemporaine.

    Tarifs : musée 8 € (réduit 6 €), gratuit pour les étudiants, moins de 18 ans et personnes en situation de handicap.

  • [Entretien] He Youlin : « S’offrir un voyage en Chine “sur un coup de tête” est à portée de main »

    [Entretien] He Youlin : « S’offrir un voyage en Chine “sur un coup de tête” est à portée de main »

    La Marseillaise : La Chine a annoncé la prolongation de la politique chinoise d’exemption de visa unilatérale pour les Français. Quel en est le but ?

    He Youlin : En 2024, la Chine a mis en œuvre une politique d’exemption de visa pour plusieurs pays européens, dont la France, attirant ainsi plus de 2 millions de touristes européens. Afin de faciliter davantage les échanges humains et de renforcer l’amitié sino-française, la partie chinoise a décidé de prolonger cette mesure jusqu’au 31 décembre 2026. Cette initiative offre une facilité sans précédent aux amis français souhaitant découvrir la Chine par eux-mêmes. Tout citoyen français titulaire d’un passeport ordinaire peut se rendre en Chine sans visa pour un séjour n’excédant pas 30 jours, que ce soit pour affaires, tourisme, visites familiales, échanges ou transit. Cette mesure réduit considérablement le temps de préparation et le coût du voyage. De plus, sous l’impulsion de notre consulat général, une ligne aérienne directe entre la Chine et Marseille a été ouverte. Avec trois vols hebdomadaires à des tarifs très compétitifs, il est désormais envisagé d’augmenter la fréquence des vols et d’ouvrir d’autres lignes. Pour les habitants du sud de la France, s’offrir un voyage en Chine « sur un coup de tête » est devenu aujourd’hui à portée de main.

    Pourquoi aller si loin alors qu’Internet nous permet de tout découvrir depuis chez soi ?

    H.Y. : À Beijing, une Marseillaise nommée Marie Derien (connue sous le nom chinois de Dai Mingxin) illustre parfaitement cette dynamique : ses partages sur les réseaux sociaux chinois ont déjà séduit plus d’un million d’abonnés. Mais la véritable Chine dépasse largement les images fragmentaires que l’on voit sur les réseaux sociaux. Rien ne remplace l’expérience directe. Il y a tant à découvrir : la profondeur de l’histoire, le dynamisme de la modernité, l’authenticité de la gastronomie…

    Récemment le hashtag #BecomingChinese, c’est-à-dire #DevenirChinois a fleuri sur les réseaux. Que signifie-t-il pour vous ?

    H.Y. : Le hashtag que vous évoquez, #DevenirChinois, ne doit pas être pris au sens littéral : il ne s’agit évidemment pas de changer de nationalité. Je crois qu’il reflète plutôt l’intérêt des internautes du monde entier pour le mode de vie des Chinois et les détails du quotidien que les Chinois considèrent comme naturels. Je pense que ce phénomène reflète l’attractivité croissante de la culture chinoise et est une illustration concrète des fruits de la modernisation chinoise. Il offre au monde une nouvelle fenêtre pour mieux comprendre la Chine.

    Quels aspects de la Chine suscitent l’intérêt dans le reste du monde d’après vous ?

    H.Y. : Ces dernières années, l’économie chinoise a su continuer à avancer malgré diverses pressions extérieures, démontrant une forte résilience. En 2025, le produit intérieur brut a progressé de 5%, atteignant plus de 17 530 milliards d’euros, ce qui renforce la place de la Chine en tant que deuxième puissance mondiale. Sa contribution à la croissance mondiale dépasse 30%, et fait l’objet de l’appréciation par de nombreux pays. Aujourd’hui, on n’oublie jamais la Chine quand on parle de l’économie : la Chine est devenue un acteur incontournable de l’économie mondiale. Dans le domaine de l’innovation scientifique et technologique, de l’envol du grand avion de ligne chinois C919 à l’achèvement complet de la station spatiale chinoise, en passant par des percées dans des domaines de pointe tels que l’intelligence artificielle, l’intelligence incarnée, les technologies quantiques et les communications 6G, la Chine voit sa capacité scientifique et technologique évoluer d’une position de « suiveur » vers celle de « co-acteur », voire de « leader ». Ces accomplissements ont non seulement renforcé la force nationale globale de la Chine, mais ont également apporté l’intelligence chinoise au progrès technologique mondial. La Chine est aujourd’hui un leader mondial des technologies d’énergie propre : en 2025, la part de l’électricité propre a atteint 42%, et le pays reste le premier producteur et marché mondial de véhicules électriques. En matière d’amélioration du bien-être de la population, la Chine a achevé en 2020 l’édification d’une société de moyenne aisance, avec un PIB par habitant dépassant les 10 000 dollars. Elle a ainsi éradiqué la pauvreté absolue et mis en place les plus grands réseaux d’éducation, de santé et de protection sociale dans le monde entier, qui bénéficient à plus de 1,4 milliard de personnes. À l’ère du numérique, de l’information toujours plus rapide, galopante, je crois que ces transformations gigantesques de la Chine interpellent les internautes du monde entier.

  • « Il faut des campagnes de sensibilisation grand public »

    « Il faut des campagnes de sensibilisation grand public »

    « Le climat est hostile en ce moment. Quelles que soient les discriminations, la montée des courants conservateurs et de l’extrême droite favorisent la libération de la parole », dénonce Stéphane Bernard, le coprésident de l’association organisatrice de la Pride à Marseille. Ce dernier fait le lien, comme l’adjointe à la Ville de Marseille déléguée aux luttes contre les discriminations, Marie Batoux, entre la libération de la parole et la hausse des violences : « Que ça soit de manière anonyme sur les réseaux sociaux avec une violence verbale ou des violences physiques comme on peut le voir, c’est en augmentation. »

    Côté terrain, il insiste sur un grand « manque de prévention » qui pourrait réduire ces violences. « Le gouvernement, via la Dilcrah [Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT Ndlr], a mis une certaine pression sur les différentes plateformes et sites de rencontre pour mieux protéger de ces actes. Mais il faudrait des campagnes qui s’adressent à un plus grand public, pour expliquer que les guets-apens dont on parle peuvent s’étendre à tout le monde », développe-t-il.

    Celui qui « intervient en milieu scolaire » insiste sur la nécessité d’une « sensibilisation » aux questions de harcèlement ou de consentement, par exemple via le programme Evars (Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité). « Il n’y a pas assez de volonté politique », martèle-t-il, visant « le rôle de l’État ».

  • « Il faut travailler sur toutes les formes de discrimination »

    « Il faut travailler sur toutes les formes de discrimination »

    Si elle note que « beaucoup de choses ont été réalisées lors de la 1ère mandature », citant notamment la mise en place du Centre LGBTQIA+ en 2023, elle souhaite en premier lieu « établir avec les associations une feuille de route pour définir les priorités » et veut faire un « gros travail de diagnostic à faire avec les acteurs concernés ». « Il faut accompagner, renforcer l’accompagnement et écouter l’ensemble du tissu associatif, que la Ville les accompagne sur leurs propres diagnostics », développe-t-elle. Sur les guets-apens homophobes spécifiquement, elle analyse : « Ce qui est très inquiétant c’est la libération de la parole que permettent la présence et les propos d’élus du Rassemblement national. Ce côté masculiniste qu’ils enclenchent ouvre la porte à ce genre de violences, de guets-apens qu’on a connus y compris à Marseille. »

    Une « libération de la parole » qui contribue à ses yeux, plus ou moins directement, à « légitimer des groupes masculinistes très actifs sur les réseaux sociaux et légitimer leurs paroles qui posent vraiment question, sur la place des femmes dans la société ou pour les minorités genrées… ». Concrètement, elle a dans le viseur deux points : « Permettre d’avoir des politiques éducatives qui travaillent sur les formes de discrimination » et « sanctuariser les lieux safe ».

  • Julia Peironet poursuit son combat dans l’opposition à La Garde

    Julia Peironet poursuit son combat dans l’opposition à La Garde

    « Ces dernières semaines, je me suis faite discrète. Il m’a fallu finaliser les comptes de campagne, reprendre pleinement ma vie de famille, mise entre parenthèses pendant près de deux ans, retrouver mon activité professionnelle à temps plein et m’accorder une courte pause pour retrouver l’énergie nécessaire à la suite », commence celle qui a mené en tête de liste la bataille pour les municipales à La Garde. En soulignant que « la campagne a été particulièrement éprouvante, marquée par des contre-vérités et des attaques personnelles ».

    Julia Peironet tient à remercier toutes celles et ceux qui lui ont accordé leur confiance et leur soutien, ainsi que toute son équipe pour la loyauté et l’énergie exemplaires de chacun. « Dans les moments de doute comme dans ceux d’espoir, ils ont toujours été présents avec conviction et générosité dans cette aventure humaine », insiste l’ex-candidate, en se disant fière du chemin parcouru à leurs côtés. Et de poursuivre : « Je continuerai, avec énergie et passion, à exercer pleinement mon rôle d’élue d’opposition : contrôler l’action municipale, garantir la transparence et défendre l’intérêt général. »

    Puis en s’adressant à celles et ceux qui ont choisi de faire confiance à l’équipe sortante, qu’elle n’est donc pas parvenue à convaincre sur la pertinence du projet porté par les progressistes, elle déclare : « Vous apprendrez à me connaître lors des six prochaines années. L’engagement ne s’arrête pas à une élection. Il se poursuit chaque jour, ensemble, au service de tous. »

    Le combat plus que jamais va continuer, donc.

  • À Gap, un débat municipal marqué par de vifs échanges

    À Gap, un débat municipal marqué par de vifs échanges

    Ce lundi, le conseil municipal s’est tenu au Quattro, en attendant que la salle dédiée à l’hôtel de ville soit rendue accessible aux personnes à mobilité réduite comme l’exige la loi depuis 2005. Une mesure réclamée par les militants insoumis de Gap en marge du dernier conseil. Si ce déplacement a été salué par l’opposition comme le maire, la concorde fut de courte durée. l’atmosphère s’est vite tendue lorsqu’Elie Cordier, élu de l’opposition de gauche, a interrogé Roger Didier sur sa décision d’augmenter la somme des indemnités annuelles des collaborateurs de son cabinet, de 206 000 à 352 000 euros par an, doutant du bien-fondé de ce choix « au vu du contexte économique que nous connaissons. » Ce à quoi Roger Didier a répondu que cette somme était seulement un plafond permis par la législation.

    Des indemnisations qui scandalisent l’opposition

    Par la suite, Aurélie Allemand, conseillère d’opposition de gauche élue pour la première fois, s’est étonnée qu’à Gap les élus d’opposition ne perçoivent aucune indemnité de mandat. Une mesure justifiée par Roger Didier en raison du manque de présence de ces derniers dans les commissions électorales. Des absences que Charlotte Kuentz, élue d’opposition du mouvement citoyen Ambition pour Gap, a expliqué en raison de « de l’impossibilité totale de débattre » au sein desdites commissions. Elie Cordier a également questionné les augmentations décidées pour plusieurs élus de la majorité durant le précédent mandat et proposé l’idée émise plus tôt par Axel Berriaud, élu d’opposition de gauche, d’indexer les indemnités des conseillers sur leur taux de présence en conseil, proposition qui n’a pas été retenue par le maire.