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  • Total s’immisce sur les bancs de l’université

    Total s’immisce sur les bancs de l’université

    Nous avons été surpris et un peu étonnés. » Mathieu Romagny, enseignant-chercheur et élu au conseil de la fac de sciences de l’Université de Montpellier a eu la surprise de découvrir – comme d’autres élus – que l’Université était sur le point de signer une convention avec Total Énergies, à destination des étudiants du master mention énergie de la faculté. « Cette convention de partenariat pédagogique a pour objectif de renforcer l’insertion professionnelle des étudiants avec des interventions de professionnels – pour une soixantaine d’heures de cours – et des visites de sites », soutient Jean-Michel Marin, doyen de la faculté des sciences.

    Mais cette convention en laisse plus d’un sceptique, à l’heure où le géant pétrolier est régulièrement taxé de greenwashing. « Les mots dans cette convention sont trompeurs. Total se présente comme un acteur majeur de la transition énergétique avec une ambition zéro carbone en 2050. Mais Total a été condamné par la justice pour avoir employé ces mots-là en décembre dernier. On ne comprend pas bien », reprend Mathieu Romagny. Des accusations balayées par l’Université. « Total a été condamné dans le cadre d’une relation commerciale, ce qui n’est pas le cas ici. Cette convention est un partenariat pédagogique et en aucun cas un soutien politique », se défend Jean-Michel Marin, mettant en avant le poids que représente l’entreprise dans le secteur. « Total a 490 sites d’énergie renouvelable en France, des champs d’éoliennes offshore. On peut être dogmatique mais quand on regarde de plus près, on se rend compte que c’est rationnel. Tous les efforts pour le renouvelable sont bons à prendre », reprend le doyen. Oubliant néanmoins au passage que le groupe prévoit d’augmenter sa production d’hydrocarbures d’environ 3% par an jusqu’en 2030.

    « Fabrique de l’ignorance »

    « On aurait pu choisir un autre acteur plus petit et plus éthique, engagé dans la transition écologique », soutient l’enseignant-chercheur, regrettant le fait que « les grandes entreprises nouent des accords et ce faisant, pénètrent dans les structures d’enseignement. L’Université de Montpellier sert de caution scientifique. Total est présenté comme un acteur respectable de la transition énergétique. Cela peut s’apparenter à de la fabrication de l’ignorance par les industriels ». À l’instar de celle du tabac qui a semé longtemps le doute sur la nocivité des cigarettes.

    « Je ne suis pas naïf, je ne défends pas Total, ça leur profitera. Mais aussi à mes étudiants », fait valoir Jean-Michel Marin. Des arguments qui n’ont pas convaincu les élus critiques, qui demandent l’annulation de la convention.

  • Un nouvel espace d’art ouvre ses portes à Sommières

    Un nouvel espace d’art ouvre ses portes à Sommières

    Voilà plus de 40 ans que la maison d’édition Anagraphis, basée dans l’Hérault, près de Montpellier, réalise des sérigraphies d’art originales numérotées et signées par de grands noms de l’art contemporain, du street art et de la BD. Elle accompagne aussi, dans toute la France, des projets culturels.

    Aujourd’hui, elle a décidé, en plus, d’ouvrir un espace dédié à l’art contemporain à Sommières, dans le Gard. « Anagraphis a cette particularité de ne pas seulement valoriser les grandes villes, qui n’en ont pas forcément besoin », souligne Apolline Montfraix, la responsable du lieu. « Il ne s’agit pas d’une galerie d’art classique. On est plutôt en soutien des artistes, pour leur offrir un espace où ils puissent exposer et vendre leurs œuvres, mais ce lieu n’a pas une vocation commerciale », insiste-t-elle.

    Trois expos estivales

    « L’idée est de dynamiser la culture et l’art sur Sommières », en collaboration étroite avec le voisin direct : la galerie Art Fresque Povera, dédiée à l’art contemporain depuis plus de 15 ans. « Ce lieu est le premier, mais l’idée serait d’en ouvrir d’autres un peu partout », confie Apolline Montfraix.

    Tout au long de l’été, trois artistes seront invités à présenter leur travail. La première exposition, dont l’inauguration, le 27 juin de 19h à 21h, coïncidera avec l’ouverture officielle de la galerie Anagraphis, sera consacrée au peintre Jean-Paul Bocaj. Établi à Montpellier depuis 1985, il est devenu une figure incontournable de la scène artistique locale, exposé en France comme à l’international. « Son travail est très reconnaissable, notamment par ses femmes inspirées de la pop culture », commente Apolline Montfraix.

    À partir du 25 juillet, l’artiste plasticienne Claire Dodin prendra le relais. « Son univers est inspiré par la nature, la couleur et la recherche d’harmonie. Son travail comporte beaucoup de feuillages, de fleurs ou de formes organiques. On est dans quelque chose de vivant, poétique, délicat », décrit la responsable de la galerie.

    Enfin le jeune artiste plasticien et sérigraphe franco-guinéen Bella Bah, formé aux arts graphiques et décor au lycée Frédéric-Mistral de Nîmes puis à l’atelier Anagraphis, où il découvre et perfectionne les techniques de l’édition d’art, fermera la marche du 22 août au 20 septembre, de retour de la biennale de Venise où il a été invité pour représenter la Guinée. « Nourri par ses origines guinéennes, son travail se distingue par des portraits vibrants aux couleurs multiples devenues sa signature artistique. En s’affranchissant des représentations conventionnelles de la couleur de peau, il propose une vision universelle de l’humanité dans laquelle chacun peut se reconnaître. »

    Peintures et dessins de chacun des artistes seront proposés à la découverte et à la vente. « L’idée est qu’il y en ait pour tous les budgets. Pour Bocaj, par exemple, j’ai fait une sélection qui va de 100 à 6 000 euros », indique Apolline Montfraix. « Il y aura également, sur place, une partie boutique Anagraphis dans laquelle les visiteurs pourront acheter des sérigraphies originales ». Pour débuter, le lieu accueillera le public trois jours par semaine, les jeudis (15h-19h), vendredis (10h-13h ; 15h-19h) et samedis (10h-13h ; 15h-19h).

    *Espace Daniel Heitz, 244 boulevard Ernest François,

  • Ancelle veut prendre le virage « quatre-saisons »

    Ancelle veut prendre le virage « quatre-saisons »

    En 1969, quand a ouvert ce camping, il y avait deux cents caravaneiges pour l’hiver, les gens montaient tous les week-ends faire du ski. Petit à petit, la tendance s’est essoufflée, c’est l’été qui a pris le dessus sur l’hiver. » Pour Laure Pellissier, gérante du camping des Auches à Ancelle, c’est clair, l’avenir du tourisme dans les Hautes-Alpes, c’est la saison l’été.

    D’après les données départementales, les Hautes-Alpes accueillent trois millions de visiteurs de plus l’été que l’hiver, un écart qui se creuse chaque année. Laure Pélissier explique cela par deux raisons : « D’abord, le portefeuille, la semaine de ski dans les grandes stations, plus grand monde ne peut se la payer. Ensuite, il y a une vraie demande d’activités de pleine nature. Il y a vingt ans, la montagne faisait peur, maintenant il y a des randonnées accessibles aux enfants de cinq ans. » Elle rapporte que la tendance aujourd’hui est clairement aux activités de pleine nature : rando, accrobranche, via ferrata, canyoning… « La saison d’été est bien plus diversifiée en activités », rappelle-t-elle. Contrainte économique, dérèglement climatique et diminution de la neige en montagne… De plus en plus, pour les stations de neige, le ski n’a plus le monopole.

    À Ancelle, village-station de 1 000 habitants, à 1 300 mètres d’altitude, l’objectif est de diversifier les activités tout au long de l’année. Depuis 2023, la commune ouvre les remontées mécaniques sept jours sur sept en été. Elle a également créé des cartes d’activités d’été et des sentiers ludiques dédiés à la faune, à la flore dès le plus jeune âge. « On n’est pas les seuls mais il y a toujours eu beaucoup d’activités en hiver comme en été ici, avance Vincent Bouchet, directeur des remontées mécaniques d’Ancelle. Par contre, on n’a peut-être pas su les mettre en avant. Aujourd’hui, on travaille avec l’État et la Région pour structurer notre offre, la diversifier et la mettre en lumière. »

    Pour autant, il n’est pas question de remplacer les activités de neige par celles de l’été, les deux ne se pratiquent pas sur la même durée. « Il y a eu un vrai boom des activités vélo post-Covid. Mais pour autant, on ne vient pas faire du vélo toute une semaine comme on vient au ski, tempère Guillaume Boinet, cogérant de La maison du vélo, boutique de vente et location de cycles à Ancelle depuis 2021. C’est plus inscrit dans les mœurs de prendre un cours de ski pour son enfant que de bicyclette. Le vélo va plus être l’une des activités d’un séjour, à côté du canyoning, de la rando, etc. »

    Face au déclin du ski, diversifier les activités

    « Le ski n’est pas fini, ça reste en quelque sorte la base, le tronc de notre activité, sur lequel peuvent se développer et se diversifier les branches, c’est-à-dire toutes les autres activités », détaille Antoine Ceccaldi du service animation d’Ancelle. Le village-station souhaite aussi ne pas se concentrer seulement sur la clientèle d’hiver. Pour cela, la commune a notamment fait rénover il y a deux ans sa base de loisirs. « On veut aussi attirer nos administrés et une clientèle locale tout au long de l’année, insiste Antoine Ceccaldi. Notre clientèle gapençaise est très importante, on est à vingt minutes en voiture de Gap. Des bases natures gratuites aux alentours, il n’y en a pas tant que ça. » Une diversification qui atténuera peut être le choc du dérèglement climatique, périlleux pour un territoire encore très axé sur le tourisme de neige.

    Les projections de MétéoFrance anticipent une perte d’environ cinquante jours d’enneigement en moins d’ici à 2050 pour les massifs autour de 1 800 mètres d’altitude.

  • « Si je n’avais pas été secouru par l’Aquarius, je serais mort »

    « Si je n’avais pas été secouru par l’Aquarius, je serais mort »

    Quand on demande à Moussa Camara pourquoi c’est important pour lui de participer à la table ronde pour les 10 ans de l’association SOS Méditerranée, la réponse est évidente. « C’est un devoir pour moi. Car expliquer un peu mon parcours pourra peut-être sensibiliser les gens sur l’importance de cette ONG, explique le jeune homme. Car si je n’avais pas été secouru par l’Aquarius, je serais mort », soutient-il.

    Moussa Camara est né en Guinée. Encore adolescent, il se rend à Conakry, capitale du pays, pour ses études. Mais cela se passe mal et il part pour le Mali. Avec un ami ils décident ensuite de partir pour la Libye.

    Après avoir traversé le Burkina Faso et le désert nigérien, ils sont arrêtés par des milices sur la route pour Tripoli, capitale de la Libye, qui les vendent comme esclaves. Après six mois de travail gratuit, son ravisseur décide de les libérer. « Je pense qu’il a fait ça pour avoir bonne conscience, car de plus en plus de personnes mourraient. Alors il nous a tous mis sur un bateau pour traverser la Méditerranée. »

    Une centaine de personnes se retrouvent alors entassées sur cet esquif de fortune pour traverser la Méditerranée. Après deux jours de navigation, beaucoup de passagers ont déjà perdu la vie. C’est au cours de la deuxième nuit du périple que l’Aquarius arrive au secours des passagers à la dérive. « Ce soir-là, avec les personnes qui restaient, nous nous sommes dit au revoir, car nous n’avions plus l’espoir de passer la nuit », se souvient-il. Lorsque SOS Méditerranée parvient à les sortir d’affaire, ils ne sont plus que 40 survivants sur le bateau.

    Depuis cette nuit où il a échappé à la mort, Moussa s’est reconstruit. Arrivé en France en 2017, alors mineur, il parvient à obtenir un CAP d’électricien et travaille aujourd’hui à la citadelle Saint-Nicolas. Depuis l’année dernière, il a été naturalisé français et essaie du mieux qu’il peut d’aider les personnes qui connaissent la même situation que lui. Pour cela il a d’ailleurs fondé l’association Guinée à Marseille, où il accompagne des primo-arrivants, administrativement et humainement.

    Un climat anxiogène

    Bien que sa vie en France ne soit plus soumise aux aléas administratifs, il reconnaît que le climat politique est de plus en plus anxiogène. « Je n’ai jamais eu aussi peur pendant des élections que cette année. Pourtant je n’avais personnellement rien qui me mettait directement en danger, parce que j’avais mes documents, raconte-t-il. Mais je suis toujours touché par les politiques et les discours de l’extrême droite. »

    En accompagnant les jeunes avec son association, il se rend compte que les démarches sont de plus en plus difficiles et s’en inquiète. « Je voudrais que l’on voit que les arguments de l’extrême droite sont faux. Moi, j’accompagne des jeunes qui n’ont droit à aucune aide. Et moi-même je n’en ai jamais bénéficié. Mais je travaille, je cotise, je paie des impôts. Ce que l’extrême droite prône c’est l’égoïsme, alors que la France est un pays de mixité et d’humanisme. »

  • Montpellier à une marche de la finale du Top 14

    Montpellier à une marche de la finale du Top 14

    Le stade Vélodrome va accueillir, ce samedi soir (21h05), ce qui s’apparente à l’une des rencontres les plus dantesques de la saison. Bien sûr, la volonté de gagner cette demi-finale est immense pour les deux équipes, mais le duel risque d’être épique. Montpellier et le Stade Français, soit les meilleures formations du Top 14 en 2026. Des clubs quasiment invincibles, avec une confiance extrêmement élevée avant de jouer pour retrouver la finale du championnat. Le MHR est un récent finaliste, et même champion (2022), alors que les Parisiens patientent depuis 2015.

    Les deux entités se sont surtout relevées de la plus belle des manières après deux derniers exercices plus que compliqués. En 2024, Montpellier s’est retrouvé à une minute de tomber en Pro D2, lors d’un barrage renversant à Grenoble (20-18). L’an passé, les Héraultais ont terminé 9e, manquant les phases finales, alors que les pensionnaires du stade Jean-Bouin se sont sauvés pour un point. 12e juste devant Perpignan, ce qui leur a permis d’éviter le stress de l’access match.

    Depuis, le soleil brille de Montpellier à Paris. Le club propriété du milliardaire Mohed Altrad n’a connu la défaite qu’à deux reprises en 2026. Deux revers contre Toulon et Toulouse et pour le reste, une pluie de victoires, de Montauban à Lyon en passant par les provinces irlandaises. Car le MHR a survolé la Challenge Cup, éparpillant en finale l’Ulster, à Bilbao (59-26).

    Le Stade Français confiant après son barrage gagnant

    L’entraîneur Joan Caudullo évoquait ces six premiers mois de l’année hors-norme. « Je crois au fait que, quand on met un projet en place, il marche. Et quand il y a une continuité, il marche, quel que soit celui qui est à la barre. Là, on a de la stabilité, obligatoirement, ça marche, mais je ne pensais pas que ça allait marcher aussi vite. »

    Le duel s’annonce exceptionnel face au Stade Français, les soldats roses sortant d’un quart de finale de premier plan face à la Rochelle. 45-5, les hommes de Ronan O’Gara ont pris la leçon. Le deuxième ligne Paul Gabrillagues cite le changement d’état d’esprit du groupe cette saison. « Nous avons beaucoup de confiance en nous depuis quelque temps. On a réussi à créer ça tout au long de la saison, match après match. C’est ce qui permet ensuite d’être plus serein. On l’avait déjà vu sur certains matchs pendant la saison. Il faut être honnête, ce n’est pas le même visage que l’an dernier. » Le Vélodrome s’apprête à vivre une demi-finale bouillante et indécise.

    Demi-finale de Top 14

    Stade Vélodrome (21h05)

    Arbitre : Ludovic Cayre

    Montpellier : Banks – Ngandebe, Vincent, Cadot, Taofifenua – Miotti, Price – Vunipola, Bécognée, Nouchi – Duguid, Verhaeghe – Haouas, Uelese, Erdocio

    Stade Français : Barré – Dakuwaqa, Ward, Nene, Marchand – Carbonel, Kerr Barlow – Tanga, Briatte, Halaifonua – Pesenti, Gabrillagues – Alo, Nicotera, Iscaro

  • Linguine à la crème de chèvre, courgette croquante et pignons

    Linguine à la crème de chèvre, courgette croquante et pignons

    « Les choses simples sont souvent les meilleures », tel est le credo de Judith, la cheffe du Bistroquet qui vous propose une recette savoureuse, généreuse, gourmande et de saison.

    Une crème nappante

    Pour commencer, émincez l’échalote et faites-la revenir à la casserole dans du beurre et à feu doux. Pendant ce temps, coupez la bûche de chèvre en morceaux grossiers et réservez. Quand le beurre est fondu et que l’échalote a cuit quelques minutes, ajoutez le fromage et remuez. Attention, la cheffe vous conseille de ne pas mettre tout le chèvre dès le début pour pouvoir ensuite ajuster en fonction de vos goûts. Ajoutez ensuite un peu de crème liquide et assaisonnez avec du sel, du poivre moulu et un peu de piment d’Espelette en poudre. Remuez de nouveau et laissez cuire à feu doux toujours.

    Dans une poêle à feu très doux, faites torréfier les pignons. Quand ils sont dorés, ajoutez un filet de miel, remuez et éteignez le feu. Ils prennent un goût légèrement sucré sans pour autant les faire caraméliser.

    Des saveurs équilibrées

    Faites cuire vos pâtes dans l’eau et une fois qu’elles sont prêtes, égouttez puis déposez-les dans la sauce au chèvre lorsque celle-ci est épaissie et le fromage majoritairement fondu. Remettez la casserole sur feu très doux pour que les pâtes s’imprègnent bien de la sauce. Vient le moment de préparer vos tagliatelles de courgette. Pour cela, rien de plus simple utilisez un économe et faites comme si vous épluchiez le légume mais en entier. Déposez les lamelles dans une poêle avec un léger filet d’huile d’olive, du sel et du poivre, remuez quelques secondes sans les faire cuire, elles doivent rester croquantes.

    Une fois que tout est prêt, déposez les linguine dans le fond de l’assiette, ajoutez joliment les tagliatelles de courgette, les pignons torréfiés, quelques morceaux de feuille de menthe ciselées au ciseau et terminez avec des zestes de citron vert pour donner du peps à votre plat.

    Bon appétit.

    Pour 2 personnes il vous faudra :

    – Une belle bûche de chèvre, une noisette de beurre, une échalote

    – Une poignée de pignons, un citron vert, quelques feuilles de menthe fraîche

    – Du miel, de la crème liquide, une courgette jaune

    – Sel, poivre, piment d’Espelette et huile d’olive

    – Un paquet de linguine ou tagliatelle

  • Au boulodrome Carli, la pétanque fait battre les cœurs

    Au boulodrome Carli, la pétanque fait battre les cœurs

    Le claquement sec des boules résonne sous les arbres du conservatoire Pierre-Barbizet. Un instant, tout se suspend. Puis les voix reprennent, mêlées au tintement des verres, aux rires et à l’odeur de barbecue qui flotte entre les terrains. « T’as le point ou c’est moi ? ». Sur le sable ocre, les pas crissent. Les regards se concentrent. Puis se relâchent. Les mains se serrent, les épaules se tapent. Ici, l’entrée dans le cercle est immédiate. Le boulodrome Carli est un lieu emblématique de rassemblement pour les Marseillais.

    Treize terrains en libre accès, ouverts tous les jours de 14h à 21h. Et une règle simple : chacun participe à faire vivre l’endroit. « On les entretient nous-mêmes », explique Valérie Patissier, vice-présidente de l’association Carli, la Boule des Trois Mages. Un terrain public, tenu à bout de bras par ses joueurs. « Contrairement aux terrains de village, celui-ci s’inscrit dans un environnement très urbain, ce qui reste rare », souligne Romain Pastor, adjoint en charge des traditions, cultures et pratiques sportives provençales à la Ville.

    Tous âges et cosmopolite

    Mais ici, ce n’est pas seulement le jeu qui retient. C’est l’ambiance « très conviviale. Il y a tous les âges, femmes, hommes. C’est très cosmopolite… On est vite adopté », sourit Valérie en suivant les parties qui s’enchaînent. Les accents se croisent, les générations se répondent. Les trajectoires aussi. « Le facteur d’attraction, c’est l’ambiance : tous les pays du monde sont représentés. » Au fil de la journée, le décor évolue. L’après-midi appartient aux retraités. Les gestes sont lents, précis, presque rituels. Puis, à mesure que le soleil décline, les actifs arrivent. Le rythme change. Le bruit aussi.

    « La pétanque devient une pratique d’afterwork », observe Romain Pastor. « Pour rencontrer des gens ou s’intégrer, il suffit souvent de prendre ses boules. » Un noyau d’habitués occupe les lieux, mais le terrain reste ouvert. Accessible. Vivant.

    Une place de village

    en plein centre

    Le week-end, les concours organisés par l’association deviennent même des portes d’entrée pour les nouveaux venus. À Marseille, « ville des 111 villages », rappelle Romain Pastor, le terrain de boules fait figure de place publique. À Carli, cette logique se glisse en plein centre. La poussière s’élève à chaque lancer. Les boules brillent dans la lumière qui tombe.

    Les conversations se superposent sans jamais s’annuler. « Je venais juste en divertissement au début puis j’ai accroché aux gens, puis à la pétanque », confie Valérie Patissier. Ici, on ne fait pas que jouer. On revient. On s’attarde. Et souvent, sans vraiment s’en rendre compte, on finit par y trouver sa place.

    « Je venais juste en divertissement au début, puis j’ai accroché aux gens puis
    à la pétanque »

  • Des petites secousses aux grands tremblements de terre

    Des petites secousses aux grands tremblements de terre

    Un tremblement de terre ne survient pas d’un seul coup sans prévenir. Il se passe des choses en amont. La faille se débloque à un endroit, commence à glisser puis tout devient instable et le glissement accélère jusqu’à générer un gros séisme. « C’est ce que dit la théorie et ce que montrent les expériences en laboratoire », pointe François Passelègue, chercheur CNRS au laboratoire Géoazur (Valbonne). Mais la réalité est plus complexe avec une grande variété de situations. Cette phase de préparation d’un séisme – appelée phase de « nucléation » – peut parfois durer quelques heures, quelques jours voire quelques mois. Elle a duré quelques jours avant le séisme de Tohoku-Oki qui a frappé durement le Japon en 2011, mais plusieurs mois avant celui d’Iquique au Chili en 2014. Et dans certains cas, cette phase de nucléation semble inexistante. Pourquoi une telle variété ? « C’est la grande question à laquelle nous avons voulu répondre », ajoute le chercheur.

    Dans un article paru dans Nature, il montre pour la première fois que des petites secousses précoces influencent la durée de la nucléation. Celle-ci sera d’autant plus courte que ces secousses – appelées « foreshocks » – sont fortes. « Quand elles sont vraiment fortes, la phase de nucléation est presque invisible », insiste Barnaby Fryer, post-doctorant à Géoazur et premier auteur de l’étude.

    Prédictions

    Ce résultat a été obtenu en laboratoire sur un dispositif expérimental simulant une faille avec du plexiglas, dans le cadre du projet européen Hope qui se termine en 2027. « Notre but est de déterminer quelles sont les informations minimales qu’il nous faut pour prédire la sismicité dans le temps et l’espace, résume François Passelègue. La conclusion actuelle est qu’il faut réussir à mesurer la contrainte sur toute la faille en temps réel ». Ce qui est faisable en laboratoire mais semble totalement impossible sur le terrain pour l’instant. « Cela impliquerait de faire des forages profonds pour installer des capteurs de contraintes et de pression, ajoute le chercheur. C’est beaucoup trop coûteux. »

    Maintenant que l’importance des secousses précoces dans la phase de nucléation est démontrée, les chercheurs aimeraient être capables de prédire où va commencer cette phase de nucléation. « Dans nos expériences de laboratoire, c’est très hétérogène », souligne François Passelègue. L’endroit où la faille commence à glisser change d’une expérience à l’autre. « Nous y travaillons depuis quelques années, ajoute-t-il. Cela serait une grande avancée dans la compréhension des processus de préparation des séismes ». Tout comme l’étude de scénarios plus complexes. « Jusqu’à présent, nous nous sommes limités au cas simple d’une seule secousse précoce située sur la faille », souligne Barnaby Fryer. Mais que se passerait-il s’il y en avait plusieurs et qu’elles se produisaient à distance de la faille ?

  • Un appel à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations

    Un appel à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations

    Zaïd, premier bébé de l’année à Avignon et déjà victime d’un déferlement de haine raciste en ligne. Des mamans déléguées de l’école des Grands-Cyprès visées par une vague de commentaires racistes car voilées. Depuis le début d’année, plusieurs cas de discriminations ont éclaté au grand jour. Il semblait donc impensable que le Vaucluse se tienne à l’écart d’un appel national à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations.

    Une quinzaine d’associations (LDH, Mrap, Attac Mouvement de la paix…) collectifs (No pasaran, Les Rési-liantes…), partis politiques (PS, LFI, PCF, G.s, EELV) et syndicats (FSU, CGT) appellent donc à une manifestation, place Pie (10h30), dimanche. « Parce que notre département connaît depuis de nombreuses années une implantation durable de l’extrême droite et que les discours de rejet, de stigmatisation et de division y trouvent trop souvent des relais, nous refusons la banalisation du racisme sous toutes ses formes », indique la LDH qui appelle à une autre facette du département : « Le Vaucluse est aussi une terre de diversité et de solidarité. Nous voulons affirmer une autre voie : celle de l’égalité des droits, du respect de la dignité humaine et de la fraternité. » Côté politique, le Parti communiste sera de la partie : « À un moment où, en l’absence de perspectives de transformation crédible, l’extrême droite progresse sur ces divisions, alimentées par un capitalisme en crise qui mène une attaque frontale contre les conquis sociaux et provoque la colère populaire, le PCF souhaite contribuer à l’émergence d’un grand mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations. »

  • Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Un événement placé sous le signe du partage. Dans une centaine de restaurants, du bistrot à l’étoilé, mais aussi dans les cantines solidaires, restaurateurs, artisans de la région et cuisiniers réfugiés se réuniront afin de concocter des plats du monde entier, du 20 au 27 juin à Marseille. Au menu : banquet afghano-provençal, cuisines marocaines, palestiniennes ou encore ukrainiennes. « À travers ces rencontres nous voulons défendre l’idée que l’exclusion, la défiance et la peur s’effacent lorsque l’on apprend à se connaître », témoignent les organisateurs du Festival.

    C’est dans le cadre de la Journée mondiale des réfugié.es que s’organise chaque année autour du 20 juin, le Festival. « Nous voulons parler de chacun des individus qui sont appelés “réfugiés”. De chacune de ces personnes qui font preuve d’une résilience et d’un courage exceptionnels pour tout réapprendre », expliquent-ils.

    « La cuisine porte

    la mémoire »

    Manon Fleury, cheffe étoilée, parraine cette édition aux côtés d’Aïssa Maïga, réalisatrice, autrice et productrice française d’origine sénégalaise et malienne. « La cuisine fait partie de ces espaces très puissants où tout devient concret. Elle porte la mémoire, l’exil parfois, mais aussi la transmission, la joie. Elle permet de recréer du lien, même loin de chez soi », souligne-t-elle. « C’est ça la France, dans ce qu’elle a de plus beau : un lieu où les cultures se croisent, se transforment et inventent ensemble. »

    Programmation à retrouver sur festival.refuge-food.org/marseille