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  • OM : Himad Abdelli se fait une place au milieu

    OM : Himad Abdelli se fait une place au milieu

    Contexte plus bénéfique, vrai regain de forme ou simple illusion ? Cette préparation pas comme les autres à l’Olympique de Marseille a permis à certains joueurs de sortir du bois. Mis à la cave ou envoyer en prêt, ils sont nombreux à avoir retrouvé le maillot olympien durant l’été. Himad Abdelli, Angel Gomes, Neal Maupay, Amine Harit, Derek Cornelius, ils ont tous participé à la solide victoire, vendredi dernier, face à Strasbourg (4-0). Qui plus est en étant impactants et en réussite pour les titulaires.

    Himad Abdelli symbolise bien ce début de renouveau d’éléments dans l’ombre depuis le début d’année. Transfuge d’Angers, le milieu de terrain a rejoint son club de cœur, l’OM, en janvier dernier. Les cinq premiers mois ne se sont pas déroulés de la meilleure des manières, mais l’intéressé n’a pas baissé les bras. « Mentalement, c’était très dur. Je pense que tout le monde le sait maintenant, Marseille, c’est mon club et peut-être que les émotions, je les ai un peu trop prises sur moi. Maintenant, je les ai mises de côté et c’est à moi de faire mon jeu pour que ça réussisse », appuyait le joueur lors d’un micro tendu après la rencontre face au Racing.

    De son côté, Bruno Genesio ne voulait pas s’attribuer les mérites de ce sursaut : « Peut-être qu’il y a un contexte qui est plus favorable, pour l’instant en tout cas, pour que certains joueurs s’expriment ». Sans vouloir particulièrement cibler une individualité par rapport à une autre, l’entraîneur olympien a accepté de pointer les réussites d’Abdelli durant l’affrontement de la 1re journée. « Chez Himad, ce qui m’a beaucoup plu, c’est son agressivité. On connaît ses qualités techniques, mais ce soir [vendredi], il a aussi montré qu’il était capable de récupérer des ballons et de donner le tempo dans l’agressivité. Je pense qu’au milieu de terrain, c’est très important. »

    « Mon objectif,

    c’est que l’OM gagne »

    Le milieu de terrain de la sélection algérienne a beaucoup cité son coach comme élément ayant apporté de la sérénité. Mais il a également fait preuve de lucidité sur ses débuts marseillais. « Pour ma part, j’ai eu besoin d’un temps d’adaptation. Peut-être que l’étape était importante et que je ne m’en suis peut-être pas rendu compte directement. Et comme je l’ai dit, la préparation m’a fait du bien. Je vais essayer de montrer toutes mes qualités tout au long de la saison », a-t-il simplement raconté.

    Himad Abdelli ne se met pas spécialement d’objectifs durant cette saison, plaçant la réussite de l’équipe avant tout. « Moi, mon objectif, c’est que l’OM gagne. Après, que je marque, que je mette des buts, des passes décisives, ça, je m’en fous un peu, entre guillemets. Moi, si l’OM gagne, ça me va. »

    Il est encore trop tôt pour connaître la nature exacte de ce regain de forme, mais si certains signes ne trompent pas. Dire que cela va se poursuivre jusqu’au printemps prochain est bien trop prématuré, mais ces améliorations de la vie de groupe sont bénéfiques à tous. Même pour les joueurs moins utilisés la saison dernière.

    Contexte plus bénéfique, vrai regain de forme ou simple illusion ? Cette préparation pas comme les autres à l’Olympique de Marseille a permis à certains joueurs de sortir du bois. Mis à la cave ou envoyer en prêt, ils sont nombreux à avoir retrouvé le maillot olympien durant l’été. Himad Abdelli, Angel Gomes, Neal Maupay, Amine Harit, Derek Cornelius, ils ont tous participé à la solide victoire, vendredi dernier, face à Strasbourg (4-0). Qui plus est en étant impactants et en réussite pour les titulaires.

    Himad Abdelli symbolise bien ce début de renouveau d’éléments dans l’ombre depuis le début d’année. Transfuge d’Angers, le milieu de terrain a rejoint son club de cœur, l’OM, en janvier dernier. Les cinq premiers mois ne se sont pas déroulés de la meilleure des manières, mais l’intéressé n’a pas baissé les bras. « Mentalement, c’était très dur. Je pense que tout le monde le sait maintenant, Marseille, c’est mon club et peut-être que les émotions, je les ai un peu trop prises sur moi. Maintenant, je les ai mises de côté et c’est à moi de faire mon jeu pour que ça réussisse », appuyait le joueur lors d’un micro tendu après la rencontre face au Racing.

    De son côté, Bruno Genesio ne voulait pas s’attribuer les mérites de ce sursaut : « Peut-être qu’il y a un contexte qui est plus favorable, pour l’instant en tout cas, pour que certains joueurs s’expriment ». Sans vouloir particulièrement cibler une individualité par rapport à une autre, l’entraîneur olympien a accepté de pointer les réussites d’Abdelli durant l’affrontement de la 1re journée. « Chez Himad, ce qui m’a beaucoup plu, c’est son agressivité. On connaît ses qualités techniques, mais ce soir [vendredi], il a aussi montré qu’il était capable de récupérer des ballons et de donner le tempo dans l’agressivité. Je pense qu’au milieu de terrain, c’est très important. »

    « Mon objectif,

    c’est que l’OM gagne »

    Le milieu de terrain de la sélection algérienne a beaucoup cité son coach comme élément ayant apporté de la sérénité. Mais il a également fait preuve de lucidité sur ses débuts marseillais. « Pour ma part, j’ai eu besoin d’un temps d’adaptation. Peut-être que l’étape était importante et que je ne m’en suis peut-être pas rendu compte directement. Et comme je l’ai dit, la préparation m’a fait du bien. Je vais essayer de montrer toutes mes qualités tout au long de la saison », a-t-il simplement raconté.

    Himad Abdelli ne se met pas spécialement d’objectifs durant cette saison, plaçant la réussite de l’équipe avant tout. « Moi, mon objectif, c’est que l’OM gagne. Après, que je marque, que je mette des buts, des passes décisives, ça, je m’en fous un peu, entre guillemets. Moi, si l’OM gagne, ça me va. »

    Il est encore trop tôt pour connaître la nature exacte de ce regain de forme, mais si certains signes ne trompent pas. Dire que cela va se poursuivre jusqu’au printemps prochain est bien trop prématuré, mais ces améliorations de la vie de groupe sont bénéfiques à tous. Même pour les joueurs moins utilisés la saison dernière.

    Ugo Lamare El Kadmiri vers un contrat pro

    L’information est dans les tuyaux depuis plusieurs jours, le prochain Marseillais à signer son contrat professionnel devrait être Ugo Lamare El Kadmiri. L’attaquant de 19 ans pourrait parapher un bail jusqu’en juin 2029. De nationalités marocaine et suédoise, il devrait cette saison être à la disposition de l’équipe Pro 2.

    Ugo Lamare El Kadmiri a effectué une année 2025-2026 pleine en U19 avec pas moins de 14 buts inscrits en 15 matches. Il a activement participé à l’aventure Youth League des Minots, marquant à deux reprises en six rencontres européennes. L’attaquant a également réalisé trois bouts de matches en Ligue 1, lors de la période Habib Beye.

  • À la Busserade les familles organisent leur départ forcé

    À la Busserade les familles organisent leur départ forcé

    Le vague espoir de gagner un délai permettant d’assurer une rentrée scolaire à leurs enfants, le temps d’une conférence de presse organisée en urgence sur le site le 18 août dernier, s’est totalement évaporé. Alors que ce collectif s’interroge sur une mobilisation à organiser, ce lundi 24 août les familles qui le pouvaient chargeaient leurs affaires sur les camions pour éviter la confrontation avec la police, annoncée mardi matin.

    Beaucoup d’abattement à l’intérieur de l’ancienne caserne du 3e arrondissement dans cet après-midi caniculaire de la fin août. Les hommes ont déjà démonté ce qui pouvait l’être, embarqué le maximum de matériaux pour reconstruire des abris et les appareils indispensables à la cuisine et la lessive. Ils s’apprêtent à réaménager un nouvel espace abandonné de la ville en un lieu viable. Découragé, mais fataliste, un père de quatre enfants explique la situation : « on sait qu’il n’y aura que des places d’hôtel pour les malades et les quatre femmes enceintes. Alors, comme d’habitude, on a tourné un peu partout pour chercher un autre endroit où s’installer ».

    Un terrain a été identifié dans le 10e arrondissement. « Il faudra réinscrire les enfants qui étaient à l’école ici dans de nouvelles écoles, ça va retarder leur rentrée. Mais les assistantes sociales vont nous aider pour ça », se rassure-t-il. Quelques-uns y sont déjà et ont « reçu la visite de la police. Ils ont vérifié nos identités et compté le nombre de personnes », complète un autre homme qui fait une pause à l’ombre d’un des bâtiments après avoir hissé une commode en bois sur un diable.

    Un référé liberté déposé

    « Depuis 16 ans que je mène des actions culturelles avec les enfants de ces familles, c’est la même histoire, on déplace la misère, on n’y apporte pas de solution », déplore Framboise Robert, d’arte Chavalo. Pourtant pour les quelques-unes avec qui un travail d’intégration a été réalisé et suivi, « ça a bien fonctionné ». La Ville de Marseille avait engagé un suivi social de ces familles roms dont les enfants ont été scolarisés dans les écoles de la Belle de Mai depuis deux ans. Un accompagnement mené en coordination avec les services préfectoraux qui devaient assurer leur relogement.

    Sept familles étaient identifiées. « D’autres sont venues s’installer sur le site au fil des mois », témoigne Sétif, riverain de la caserne dont les fenêtres donnent sur la cour. « Le souci, c’est qu’ils faisaient des feux. Je comprends qu’ils vivent d’une activité de ferraille. Mais on n’en pouvait plus d’être intoxiqués et du tapage le soir ». Les services municipaux ont été alertés. « Des efforts ont été faits avec des associations, mais bon, ça a recommencé », regrette le jeune père de famille de ce quartier populaire qui souhaite que « l’État trouve une solution pour ces gens et leurs enfants ».

    Le travail sur l’expérimentation d’un village d’insertion porté par l’ancien préfet délégué à l’égalité des chances, Laurent Carrié, et l’adjointe au maire en charge de la solidarité, Audrey Garino (PCF), a été abandonné par la préfecture. Maitre Adam Borie a déposé ce lundi un référé liberté pour ces familles : « Le concours de la force publique a été accordé sur une décision judiciaire de juillet 2025 et depuis la situation a changé », précise-t-il. Sollicitée, la préfecture n’a pas souhaité communiquer.

  • Le Provençal revient et se réinvente

    Le Provençal revient et se réinvente

    Une 108e édition placée sous le signe de la nouveauté. Cette semaine, du 27 au 30 août, a lieu Le Provençal, tournoi emblématique marseillais. Après un an d’absence, l’épreuve centenaire revient au Parc Borély et sur dix autres sites des 8e, 9e, 10e et 12e arrondissements de la cité phocéenne.

    Une conférence de presse s’est tenue lundi matin à l’hôtel du département, partenaire historique du Provençal. Plusieurs personnalités étaient présentes comme Gérard Poncié, directeur du concours, Joël Cantona, frère d’Eric et coorganisateur, Olivier Biscaye, directeur de la rédaction de La Provence, et le volet politique avec la Ville et le Département, représentés par Romain Pastor, Thierry Santelli et Martine Vassal, la présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

    Plus de ralentissement pour Le Provençal

    Assis au premier rang, l’humoriste Patrick Bosso est désormais ambassadeur à vie de l’événement et parrain de l’édition 2026. Il participera, samedi et dimanche, au trophée des légendes, en compagnie de Basile Boli, Éric Cantona, Jean-Marc Ferreri, Sabri Lamouchi, mais pas Michel Platini, indisponible ce week-end.

    Le premier lancer de bouchon se fera dès 8h30, ce jeudi. Ensuite, deux à trois parties par jour seront jouées avant la phase finale, disputée entre samedi et dimanche. La couverture médiatique sera importante autour du tournoi, comme l’a souligné Eric Breton, journaliste de La Provence et président de l’UJSF local : « Il ne faut pas oublier que ce sont deux journaux qui organisent les deux grands concours marseillais. La Marseillaise comme Le Provençal sont des sources inépuisables d’histoires pour nos lecteurs ».

    « C’est une évidence d’être partenaire, ce sont nos racines. On a bataillé pour maintenir Le Provençal et cette continuité est fondamentale », pointait Martine Vassal. La présidente affirmait déjà que les 109e et 110e éditions étaient dans les cartons. Le Provençal est bel et bien de retour.

  • [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    [C’est l’été] Météo France, l’art de mesurer le climat et la météo

    Cet été, il fait chaud. Beaucoup trop chaud. « Mais c’est tout à fait courant dans le monde dans lequel on va », affirme pourtant, un brin fataliste, Stéphane Roos, directeur adjoint de Météo-France sur la zone sud-est. Car il faut s’y résoudre : « De notre vivant, on ne retrouvera jamais la planète telle qu’elle était. On voit cet été comme exceptionnel par rapport à des références qui, aujourd’hui, n’existent plus. Dans 15-20 ans, il sera tout à fait normal ».

    Cela fait « des dizaines d’années » que l’institution, devenue grande contributrice du GIEC, prévient « d’un réchauffement climatique majeur. On en a la confirmation, et on se rend compte que ça arrive en temps et en heure, même un peu avant. Là, pour l’instant, on est encore dans les scénarios décrits par la TRACC, la trajectoire régionale d’adaptation au changement climatique », appuie Stéphane Roos. Ceux-ci sont utilisés par la France pour produire des politiques d’adaptation et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En ligne de mire : +3°C à horizon 2100 au niveau mondial, 4°C en France « et peut-être même +0,8°C de plus sur l’arc méditerranéen », met-il en garde.

    Avec tous les changements globaux que cela induit : « Il ne s’agit pas juste de 3°C en plus : 3,6°C, c’est ce qui nous sépare du mammouth laineux. Il y a 120 000 ans et 60 000 ans, plus des deux tiers de l’hémisphère nord étaient recouverts par 1 à 2 km de glace. Ça a mis 20 000 à 30 000 ans pour se réchauffer ». À l’inverse, 3°C supplémentaires auront pour conséquence une sécheresse accrue des sols : « Ces températures jouent sur l’hydrométrie. De plus, même s’il y a presque toujours autant de pluies, au lieu d’être étalées dans le temps et de recharger les nappes, elles sont concentrées sur des épisodes très courts et dévastateurs, et au lieu de rentrer dans le sol, elles ruissellent vers la mer, ce qui limite la recharge des nappes phréatiques. C’est aggravé par l’évapotranspiration : quand les plantes reçoivent des gouttes d’eau, elles les captent et transpirent parce qu’il fait chaud, les rejetant dans l’atmosphère ».

    « D’une logique d’observation à une logique de prévision »

    Pour établir ces prévisions à long terme, il faut regarder derrière. C’est ce que s’attelle à faire, depuis le Moyen-Âge, la climatologie. « Au XVIIe siècle, on a découvert la pression atmosphérique. Petit à petit, on invente les moyens de mesurer la force du vent, le pluviomètre… On s’est mis à noter de manière de plus en plus rigoureuse, et on s’est servi de ces données pour caler les modèles d’évolution climatique : on les utilise pour ajuster les modèles », explique Stéphane Roos.

    Dans le même temps, il faut aussi avoir un œil sur le temps à venir. C’est le sujet de la météorologie, qui trouve ses racines dans un événement historique : le siège de Sébastopol par les troupes franco-anglaises en 1854. Une violente tempête décime la flotte française en Mer Noire. « Napoléon III charge l’équivalent du ministre de l’Enseignement et de la Recherche de l’époque, l’astronome Urbain Le Verrier, qui relevait les paramètres météo heure par heure, d’essayer d’anticiper les tempêtes », raconte Stéphane Roos. Le Verrier recueille les données de ses confrères européens, notamment la pression atmosphérique et sa tendance. Il observe que la tempête suit un minimum dépressionnaire, et qu’on peut, par ce biais, évaluer sa direction. Le Verrier fut ainsi à l’origine de la Veille météorologique mondiale – un réseau européen mis en place dès 1874 pour passer « d’une logique d’observation à une logique de prévision » – et du Service météorologique français en 1854, ancêtre de Météo-France.

    Depuis, l’observation météo a beaucoup progressé : stations automatiques, satellites, radars, supercalculateurs… « La prévision météo est liée à la modélisation physique, c’est-à-dire traduire en expression mathématique ce qui se passe dans l’atmosphère », synthétise Stéphane Roos. Avec une précision parfaite ? « Non. Par exemple, il est très difficile de prévoir la position exacte de la supercellule orageuse dévastatrice qui va donner 60 mm/heure pendant deux heures », reconnaît-il. Il en va de même pour les prévisions saisonnières : « Il s’agit de tendances basées sur des modèles et des éléments macros comme les masses d’air. On passe de prévisions déterministes (le temps qu’il va faire demain), à de la probabilité ».

    L’histoire de l’institution

    Établissement public fondé en 1855, le Service météorologique français, devenu Météo-France en 1993, a pour mission d’observer et prévoir le temps, étudier le climat, faire progresser les savoirs et fournir des données et services voués, notamment, à assurer la sécurité des biens et des personnes.

  • Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Repérer les zones froides, refuges de la faune aquatique

    Mesurer la température du Buech en le survolant. C’est l’opération de « cartographie thermique infrarouge », qu’ont réalisée, en juillet, les techniciens du Département et de l’entreprise Scimabio, bureau d’experts pour la conservation de la biodiversité aquatique. « Ça consiste à emporter une caméra thermique et un appareil photo numérique dans un ULM (engin aérien motorisé ultraléger), et de réaliser une acquisition d’images en suivant le cours d’eau, en général entre 300 et 500 m d’altitude », explique Arnaud Caudron, cofondateur de Scimabio. Le système infrarouge offre une précision à 0,3 degré, et la résolution d’image est à un pixel tous les 20 à 30 cm de rivière. En parallèle, des sondes thermiques sont placées dans la rivière pendant le survol, afin de comparer les deux sources de données et améliorer la précision des relevés. La finalité est d’identifier les variations de température de la rivière pour mieux préserver les milieux aquatiques.

    « Ça permet d’établir une gamme générale de la température de la rivière et de dégager des anomalies thermiques. Soit des réchauffements, des effets de seuil liés à des plans d’eau, l’eau stagne à cause d’un barrage par exemple, ou des rejets d’eau chaude, comme ceux d’une centrale électrique par exemple, détaille Arnaud Caudron. À l’inverse, on va voir les anomalies d’eau froide qui apparaissent dans la rivière, plutôt d’origine géologique, des affluents froids, des résurgences, des adoux, des sources… Ça permet de définir des zones où on a encore des apports d’eau froide important dans ces périodes de canicule pour la sauvegarde de la faune aquatique. » Des zones refuges pour la truite par exemple, très dépendante de la température.

    Établir des zones refuges pour la biodiversité

    Scimabio réalise ce type de diagnostics depuis près de cinq ans, et totalise une quinzaine de projets de ce type, pour 1 000 km de rivière diagnostiqués. « On voit beaucoup de choses qui peuvent être réglées en termes de réchauffement, affirme Arnaud Caudron. Car, souvent, les zones de réchauffement qu’on voit sur les rivières sont dues à des impacts locaux, comme des barrages, des stagnations d’eau liées à des seuils, des rejets d’eau chaude ou des débits réservés. Quand il y a une usine électrique, par exemple, l’eau est dérivée, et la partie où la rivière a moins d’eau se réchauffe. »

    Si le Département n’a pas de compétence d’action sur ce domaine, cette opération permet de produire des données pour les acteurs de la gestion des milieux aquatiques, comme les syndicats de gestion, les services de l’État comme l’Office National de la Biodiversité. « Ce relevé thermique permet aussi de comprendre tous les échanges entre les écoulements de la rivière et les eaux souterraines, voir là où l’eau s’infiltre et là où elle revient. S’il y a un endroit où on voit qu’il y a une arrivée d’eau fraîche en berge alors c’est un endroit qu’il va falloir préserver, il ne va pas falloir faire un enrochement bétonné par exemple. », Explique, Pascal Krieg-Rabeski, technicien au service Eau du Département. Si l’opération de survol ne prend qu’une heure, le traitement des données, lui, va nécessiter six à huit mois de travail.

  • Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    L’ONG SOS Méditerranée a déploré ce lundi 24 août dans un communiqué une « intensification des menaces » en Méditerranée centrale, pointant des interceptions « de plus en plus violentes » d’embarcations de « personnes en détresse » et des poursuites des navires de sauvetage, qu’elle attribue à des « acteurs libyens » et des « groupes armés ».

    Voilà un an, son bateau l’Ocean Viking avait essuyé « des tirs des garde-côtes libyens » assure-t-elle alors qu’il transportait 87 personnes rescapées même si « les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés », convient l’ONG.

    SOS Méditerranée estime que « cet environnement opérationnel, de plus en plus hostile en Méditerranée centrale, n’aurait pas pu perdurer sans l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire ». « Un phénomène nouveau et préoccupant » a également été recensé par l’ONG entre juin et juillet. Cette dernière affirmant qu’à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens », certains « non identifiés », se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant – des « poursuites » jusque dans les eaux internationales.

    Un premier trimestre meurtrier

    Elle souligne également une « augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye ». Des embarcations qui « ont été observées (…) percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger », poursuit SOS Méditerranée.

    Pour Soazic Dupuy, directrice des opérations au sein de l’ONG, « cette attaque aurait dû marquer un tournant ». Mais avec ce harcèlement, « le message envoyé est dangereux : la violence en mer peut se poursuivre en toute impunité », alerte-t-elle.

    SOS Méditerranée réitère également un appel pour « une enquête complète et indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque ». Et Soazic Dupuy réaffirme son intention de continuer à « sauver des vies, documenter les violations et veiller à ce que la Méditerranée demeure un espace où s’applique le droit international, la transparence et les principes les plus élémentaires d’humanité ».

    Dans le bilan de ses dix ans d’activité publié en juin, l’ONG s’inquiétait déjà d’un premier trimestre 2026, « le plus meurtrier jamais enregistré », la Méditerranée centrale étant « devenue un cimetière à ciel ouvert non par fatalité, mais du fait de choix politiques de non-assistance à personne en danger ».

    REPÈRES

    821

    C’est le nombre de personnes disparues ou décédées en Méditerranée centrale au cours des quatre premiers mois de 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations, soit une augmentation de 111 % par rapport à 2025.

    43 485

    C’est le nombre de personnes auxquelles SOS Méditerranée a porté secours depuis le 7 mars 2016. Un quart d’entre elles étaient mineures, dont 80 % non accompagnées. Dans le même temps, entre janvier et juin 2026, 35 000 personnes ont disparu en mer.

    27 116

    C’est le nombre de personnes qui ont été interceptées par les gardes-côtes libyens en 2025, d’après l’organisation internationale pour les migrations. Ramenés en Libye, les migrants font face à un système d’exploitation décrit par l’ONU comme brutal et profondément enraciné.

    75,7 %

    C’est la part des décès en Méditerranée qui ont eu lieu en Méditerranée centrale, sur cette route migratoire entre la Libye et l’Italie, une des plus mortelles au monde, du fait, notamment, de la très grande distance qui sépare les côtes des deux pays.

  • Notre mer, un océan d’inhumanité

    Notre mer, un océan d’inhumanité

    La Méditerranée n’est plus seulement un immense cimetière de migrants creusé par l’inaction des gouvernements européens, elle est devenue le théâtre d’une violence croissante.

    Il y a un an, l’Ocean Viking, navire de l’association de sauvetage en mer SOS Méditerranée, avait essuyé des tirs de la part de garde-côtes libyens, causant d’importants dégâts matériels et un grave traumatisme pour les personnes à bord. Depuis, l’association dénonce une multiplication des interceptions de plus en plus violentes de personnes en détresse en mer et des « poursuites » de navires de sauvetage jusque dans les eaux internationales par des groupes armés.

    Impunité et indifférence

    Tout cela dans l’impunité s’agissant des garde-côtes libyens et dans une indifférence complice des gouvernements européens. Ceux-là mêmes qui ont fait de la Libye une plaie ouverte dans la rive sud de la Méditerranée où les migrants subissent l’esclavage, les viols et la faim.

    Comment accepter que des mafias paramilitaires se développent dans notre mer commune en instrumentalisant la misère humaine et ses conséquences ?

    Tandis que SOS Méditerranée sonne l’alerte, d’autres violences ont éclaté en Grèce dans des centres de rétention où la police anti-émeute a été envoyée.

    Cette situation est intenable. Pourtant un autre chemin existe : le respect des droits humains, du droit de la mer, des conventions internationales et le codéveloppement pour faire de la Méditerranée un espace de prospérité commune plutôt qu’un océan d’inhumanité.

  • Avignon met un coup de règle sur le kit de rentrée scolaire

    Avignon met un coup de règle sur le kit de rentrée scolaire

    « On attend les élections de 2026 avec un peu d’inquiétude. On espère que le futur maire ne décidera pas de supprimer ce dispositif au nom des économies ». Il y a un an, Frédérique Corcoral, alors adjointe au maire en charge du quartier Ouest et des personnes en grande précarité, avait une vision prémonitoire. Le dispositif en question ? Un kit de fournitures scolaires fourni par la Ville à chacun des 8 750 élèves de maternelle et d’élémentaire. Une mesure instaurée à la rentrée de 2024, qui « permet de rétablir une forme d’équité : tous les enfants, quels que soient leurs milieux, arrivent à l’école avec le même matériel », défendait alors Frédérique Corcoral.

    Mais visiblement moins du goût de la nouvelle municipalité Galzi (DVD) qui a décidé de supprimer ce kit, « dans un contexte financier particulièrement contraint et une démarche de revue des dépenses ligne par ligne », répond-on en mairie, sollicitée par La Marseillaise. Elle juge le dispositif « coûteux » [81 000 euros] et peu efficace, « un kit sur 4 n’ayant pas été retiré, ce qui interroge le besoin réel des familles et la pertinence d’une distribution systématique à l’ensemble des élèves ». La municipalité estime que « les réponses existent déjà au plus près du terrain », entre allocation de rentrée scolaire et une « part importante » des fournitures « déjà achetées directement par les écoles grâce aux dotations versées par la Ville ». Des dotations en revanche maintenues, à 42 euros par élève de primaire et 45 euros en maternelle. « En résumé, la Ville fait le choix d’une gestion responsable de l’argent public : réserver ce qui fonctionne, recentrer les dépenses sur les besoins réels et garantir que l’effort éducatif demeure intact », conclut-on à l’Hôtel de ville.

    Pas d’augmentation des tarifs de cantine à ce stade

    Une décision, relevée et dénoncée par la section PCF d’Avignon : « Olivier Galzi choisit de sabrer dans les politiques sociales engagées par ses prédécesseurs, plutôt que de poursuivre les efforts qui permettaient de mieux protéger les familles et d’améliorer le quotidien des enfants avignonnais », poursuit, au nom de la section, Julien De Benito, ex-adjoint de Cécile Helle. Le PCF juge que cette mesure contribuait à « rendre effectif le droit à l’école publique, laïque et gratuite ». Notons par ailleurs, et pour l’heure, que les tarifs de la restauration municipale ne bougeront pas. Baissés par trois fois lors du précédent mandat, ils permettent à un enfant sur deux de déjeuner pour moins d’un euro.

  • [Passerelle interculturelle] Lijiang et Évian: deux villes façonnées par l’eau

    [Passerelle interculturelle] Lijiang et Évian: deux villes façonnées par l’eau

    En juin 2026, Évian-les-Bains a accueilli le sommet du G7. Pendant quelques jours, cette petite ville située entre le lac Léman et les Alpes s’est retrouvée au centre de l’attention internationale. Mais en arrivant à Évian, ce qui m’a le plus frappée n’était pas seulement l’importance de l’événement. C’était l’eau, présente partout dans le paysage et dans l’histoire de la ville.

    Le lac s’étend devant Évian, les montagnes apparaissent sur l’autre rive et les sources naturelles ont donné à la ville sa réputation mondiale. Cette présence de l’eau m’a fait penser à Lijiang, dans la province chinoise du Yunnan.

    Le Yunnan est l’une des provinces chinoises les plus appréciées pour la diversité de ses paysages et la douceur de son climat. On y passe des régions subtropicales du sud aux hauts plateaux et aux montagnes enneigées du nord-ouest. Grâce à cette diversité, il est possible d’y voyager presque toute l’année. Lijiang, située à environ 2 400 mètres d’altitude, bénéficie de nombreuses journées ensoleillées et de températures généralement agréables, même si les écarts entre le jour et la nuit peuvent être importants. Au nord de la ville s’élève la montagne enneigée du Dragon de Jade. Ses neiges, ses rivières et ses sources alimentent la plaine de Lijiang et le réseau d’eau de la vieille ville. La vieille ville n’a pas été construite selon un plan géométrique. Ses ruelles suivent la pente, le relief et le mouvement naturel de l’eau. Celle-ci ne sert pas seulement de décor. Pendant des siècles, elle a été utilisée pour boire, cuisiner, laver les aliments, nettoyer les rues et irriguer les jardins.

    Terre de culture ancestrale

    La culture naxi constitue une autre richesse de Lijiang. Elle se retrouve dans l’architecture en bois, la musique traditionnelle, les fêtes locales et la culture dongba, notamment connue pour son ancienne écriture pictographique. Dans les villages comme dans les quartiers anciens, cette culture donne à Lijiang une identité très différente de celle des grandes métropoles chinoises. Cette combinaison de paysages, de patrimoine et de douceur de vivre attire non seulement des touristes, mais aussi des personnes qui choisissent d’y rester plus longtemps. Lijiang est ainsi devenue un lieu de séjour prolongé pour ceux qui recherchent la montagne, la nature et une vie moins rapide.

    Et j’aimerais terminer cette petite série par une chanson de Barbara, Les Voyages : « Qui mûrissent nos cœurs, qui nous ouvrent au bonheur. »

    Lorsque l’on retourne chez soi, rien n’est tout à fait comme autrefois. Nos yeux ont changé, et nous découvrons avec étonnement que certains soucis qui nous semblaient autrefois si importants étaient finalement simples et petits. Bon voyage.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [C’est l’été] Depuis les Gilets jaunes, Sabine Raynaud n’a pas cessé de lutter

    [C’est l’été] Depuis les Gilets jaunes, Sabine Raynaud n’a pas cessé de lutter

    C’est « mains dans les poches » que Sabine Raynaud a rencontré pour la première fois un groupe de Gilets jaunes en 2018, sur le rond-point de la Lyre à Montpellier. « Ils m’ont tendu un tract et puis ils m’ont invitée à participer à une de leurs réunions, se souvient-elle. Ça a été le point de départ d’une prise de conscience accrue chez moi, et le début de mon militantisme. »

    À cette époque, à Montpellier, le mouvement social initié sur les réseaux sociaux pour protester contre l’augmentation de la taxe sur les carburants automobiles se structure autour du rond-point des Prés d’Arènes. Beaucoup de celles et ceux qui s’y retrouvent formeront par la suite un groupe de militants actifs dans plusieurs mobilisations, jusqu’à aujourd’hui. « Pendant longtemps, j’ai fait partie de ce collectif issu de la mobilisation de 2018, avec qui je garde des liens de fraternité », raconte Sabine Raynaud. C’est notamment à l’initiative des Gilets jaunes du rond-point des Prés d’Arènes qu’ont été organisées les premières assemblées de préparation du 10 septembre dernier.

    « À l’époque, le rond-point était un lieu où on se retrouvait pour tracter, mais aussi pour discuter, organiser des conférences et des assemblées », poursuit la militante, pour qui ces moments de lutte et de convivialité ont été formateurs à plusieurs niveaux. S’ils lui ont notamment appris à prendre la parole en public, Sabine Raynaud retient aussi que les Gilets jaunes ont permis de montrer qu’il était possible de se rassembler malgré certains désaccords. « Je retiens de cette période la soif de trouver des cadres permettant de se retrouver pour briser les divisions et regarder ensemble qui sont les vrais responsables. » Parmi les leçons apprises, la militante affirme que le mouvement a été la preuve que le peuple est capable de « s’extirper des pièges qui lui sont tendus », mais aussi que, pour cela, il faut s’organiser. « Nous ne sommes pas allés jusqu’au bout du cheminement concernant l’organisation collective. Il faut réfléchir désormais à la manière dont on peut s’organiser pour aller jusqu’au bout de ce type de mobilisation face à un gouvernement qui, de son côté, est très organisé et n’hésite pas à réprimer très violemment. »

    La colère n’a pas disparu

    Sabine Raynaud en est convaincue : « Tous les ingrédients qui ont conduit à la naissance des Gilets jaunes sont encore d’actualité. » Au premier rang desquels : le désaveu de la politique de Macron, contre laquelle la colère n’a fait que s’amplifier depuis. La militante ne tarit pas sur les exemples de crises successives qu’a connues le pays, lors de la réforme des retraites, mais aussi plus récemment avec l’explosion des prix des carburants. « Nous avons d’ailleurs assisté à une forme de réplique des Gilets jaunes lors du mouvement Bloquons tout, le 10 septembre 2025 », affirme-t-elle.

    Désormais, l’enseignante continue de militer sur plusieurs fronts. En plus de son combat syndical au SNUDI-FO 34, elle est membre d’un groupe d’action de la France insoumise. Son engagement a aussi pris une forme nouvelle qui n’était pas d’actualité lors du mouvement de 2018 : celle de la lutte contre la militarisation de la société française. Elle a notamment participé à deux meetings internationaux antiguerre, en octobre 2025 à Paris, puis en juin 2026 à Londres. « Je fais partie de ceux qui organisent une résistance active pour bloquer cette marche à la guerre. En tant qu’enseignante, j’assiste à une augmentation des partenariats entre l’armée et l’Éducation nationale. J’aimerais que la jeunesse ne tombe pas dans le piège. »