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  • Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Alors que le débat se poursuit à l’Assemblée nationale, dès ce mardi, sur le projet de loi sur la justice criminelle, l’ensemble des barreaux de France, rejoint par les syndicats de magistrats, ont appelé à une nouvelle journée « justice morte », ce lundi 29 juin.

    La mobilisation a déjà permis « de conduire au retrait de la “CRPC criminelle”, sa mesure phare », pose en préambule Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau phocéen, face à une bonne cinquantaine de robes noires rassemblées sur les marches du Palais Monthyon. Mais pas question de se « satisfaire » de la disparition du plaider-coupable, estime-t-elle, pointant le délai de recours aux nullités de procédure réduit de 6 à 3 mois et un texte qui « permet de régulariser des détentions pourtant irrégulières ». Comme le projet de loi Ripost, « le texte vise à entraver le contrôle du juge », poursuit le vice-bâtonnier Jean-Michel Ollier, pointant un « changement de paradigme » qui « fragilise gravement une protection essentielle dans un État de droit ».

    Surtout, cette mobilisation intervient dans un contexte « assez chargé du point de vue judiciaire », rappelle Laurence Blisson, déléguée du Syndicat de la magistrature à Marseille.

    Une procédure pénale « faite d’équilibres »

    Au-delà d’une loi Sure (Sanction utile, rapide et effective) qui oublie « le fait que la procédure pénale est faite d’équilibres » et facilite « le recours aux cours criminelles départementales contre lesquelles on s’est élevé dès le départ en disant que juger les crimes, ça nécessite du temps, la présence des citoyens », estime-t-elle, au-delà d’un projet de loi Ripost qui pénalise « toute une série d’actes d’une gravité tout à fait dérisoire par rapport aux questions de protection de l’enfance qui sont aujourd’hui au cœur des débats », la juge aux affaires familiales inscrit aussi ce rassemblement dans « les suites de l’affaire Lyhanna ».

    Pour la responsable syndicale, « au plus haut niveau de l’État, Gérald Darmanin, comme le président de la République, ne peuvent ignorer l’état dans lequel se trouvent les services de police judiciaire et ne peuvent pas dire qu’ils ont fait de la protection de l’enfance une priorité. C’est factuellement faux ». Elle cite le communiqué de l’Association nationale de police judiciaire, selon laquelle il manque 12 000 officiers de police judiciaire pour réellement prioriser les faits criminels touchant à la protection de l’enfance.

    « La vraie question, aujourd’hui, est de parler des problèmes de moyens », martèle le délégué syndical de l’Union syndicale des magistrats à Marseille, pour qui « on doit aux justiciables une justice de qualité, qui permette aux gens d’avoir des réponses rapidement ». Avec quatre fois moins de procureurs que dans le reste de l’Europe, et deux fois moins de juges du siège, le chemin risque d’être encore long…

  • Aux États-Unis aussi, la passion pétanque existe

    Aux États-Unis aussi, la passion pétanque existe

    Ils viennent d’Atlanta, New York, Los Angeles et seront les représentants américains lors du 65e Mondial La Marseillaise. Au total, quatre triplettes traverseront l’Atlantique pour vivre pleinement l’événement au parc Borély. Immense pays de sport, les États-Unis développent également la pétanque depuis maintenant plusieurs années. La FPUSA, Federation of Petanque USA, est affiliée à la Fédération internationale et compte 56 clubs, d’après des chiffres datant de 2022. 2 100 membres sont répartis à travers les quelque 9 millions de km² du territoire américain. Le nombre de personnes pratiquant la pétanque est estimé à 30 000.

    Cette année, au Mondial, Damien Hureau fera notamment équipe avec un joueur américain, Mark Greenberg. Le Français, qui a plusieurs fois voyagé chez l’Oncle Sam, détaille le profil type du bouliste made in USA. « Tout comme Mark, ce sont vraiment des acharnés. Ce sont des gens qui s’entraînent toutes les semaines, qui font un maximum de compétitions malgré la grandeur du pays. C’est un sport de gens qui ont un petit peu de moyens, mais qui, par contre, sont acharnés de ce sport. Je ne vais pas dire qu’ils s’entraînent plus que nous, mais pas loin. »

    « Captivés et studieux »

    Côté tricolore, l’emblématique Dylan Rocher reste un habitué des États-Unis. Le multiple champion du monde participe souvent à l’US Open, à New York, avec pas moins de 7 victoires à son compteur. Une autre personnalité bien connue du jeu de boules se la joue formateur aux USA : Marco Foyot. Le sextuple gagnant de La Marseillaise explique : « Ils sont captivés et studieux. Ils n’ont pas forcément l’adresse innée des familles du Sud mais ils ont une rigueur incroyable. Je leur fais faire des ateliers de tir. » De quoi voir des Américains rivaliser avec les stars de la discipline ? Cela reste à confirmer.

  • Des carreaux dans le métro avec les champions Bonetto

    Des carreaux dans le métro avec les champions Bonetto

    Une partie de pétanque en plein cœur d’une station de métro. L’idée peut surprendre, mais c’est bien le défi relevé, lundi, par la Régie des transports métropolitains (RTM), qui a transformé le hall de la station Joliette en boulodrome éphémère le temps d’une animation placée sous le signe de la convivialité. Pour l’occasion, Mickaël Bonetto, récent champion d’Europe en tête-à-tête, et son épouse Marine Bonetto, double championne de France en doublette mixte à ses côtés, ont échangé quelques carreaux sous le regard des voyageurs.

    Intrigués, de nombreux usagers se sont arrêtés autour du tapis rouge installé pour l’événement afin d’admirer les deux champions à l’œuvre. « C’est très impressionnant de les voir d’aussi près », sourit Laetitia, passionnée de pétanque, venue avec ses trois enfants. Tous licenciés au club des Amis de Saint-Julien, les jeunes boulistes n’ont pas laissé passer l’occasion de défier le couple star lors d’une partie de pétanque indoor, une variante disputée avec des boules souples en plastique.

    Jeunes invités de marque

    Une parenthèse conviviale, certes, mais où l’esprit de compétition n’a jamais vraiment disparu. « Je vais faire un carreau », annonce Mickaël Bonetto avant de joindre le geste à la parole. Le champion istréen a prouvé que son adresse ne dépendait pas du métal de ses boules, se montrant tout aussi précis avec les sphères en plastique utilisées pour cette version indoor. Si les plus jeunes avaient des étoiles plein les yeux, plusieurs adolescents se sont également prêtés au jeu. Parmi eux, Farid et Ryan ont particulièrement tapé dans l’œil de Maryan Barthélémy, directeur des événements du groupe La Marseillaise. Séduit par leur enthousiasme et leur aisance, le nouveau patron du Mondial leur a offert une inscription pour participer au prestigieux tournoi, dimanche matin, au parc Borély. Une récompense inespérée pour les deux néophytes, qui ont peut-être vécu, dans les couloirs du métro marseillais, le début d’une belle aventure. « Je n’arrive pas à réaliser que je vais participer au plus grand concours de pétanque au monde », s’enthousiasme Farid, convaincu, avec son acolyte, d’avoir les moyens de franchir le premier tour.

    Fascinées par la précision de Marine Bonetto à l’appoint, deux jeunes filles se sont, elles aussi, illustrées sur le tapis rouge. « Je n’avais jamais joué à la pétanque », confie Myriam, pourtant étonnamment à l’aise dans ses premières tentatives. Au point de donner du fil à retordre à Mickaël Bonetto, véritable métronome au tir. Comme Farid et Ryan, les deux adolescentes ont été récompensées de leurs performances par une invitation à participer, vendredi matin, au Grand Prix féminin Paprec.

  • [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    L’ancien cheminot était l’invité, jeudi, de l’assemblée générale de l’IHS CGT de Vaucluse, à Entraigues (lire ci-contre). Dans un département où le RN est bien implanté, il a animé un débat sur les combats de la CGT contre l’extrême droite.

    La Marseillaise : La CGT a toujours été hostile à l’extrême droite. Pourquoi et comment lutter contre sa progression dans le monde du travail ?

    Gilbert Garrel : L’institut est là pour démasquer l’extrême droite par l’histoire. Depuis toujours, ce que porte l’extrême droite est contraire à ce que défend la CGT : un syndicat internationaliste, pour des valeurs de solidarité, contre toutes les formes de nationalisme de l’extrême droite. On organise ce genre de débat et, surtout, sa diffusion pour démontrer la supercherie de l’extrême droite qui essaie aujourd’hui d’avoir un discours ouvriériste, social. Sur le côté plus présent, il faut mettre en évidence les votes du RN qui s’opposent au progrès social comme sur l’opposition à la revalorisation du Smic ou des retraites indexées sur l’inflation, à la création du Smic européen, à la nationalisation d’ArcelorMittal ou encore le RN qui a laissé passer la loi sur le travail le 1er-Mai.

    Cette dichotomie est-elle encore plus prégnante en regardant l’histoire ?

    G.G. : Historiquement, il y a eu des connivences entre le patronat et l’extrême droite. Dès le début du syndicalisme, le patronat crée les syndicats jaunes, les briseurs de grève. Dans l’entre-deux-guerres, il crée la Confédération française du travail, des nervis de l’extrême droite qui traquaient les syndicalistes, qui obligeaient par la force les travailleurs immigrés à briser les grèves. Dans cette continuité, sous Pétain, il y a l’interdiction des confédérations et du droit de grève. Pendant la guerre d’Algérie, l’OAS a été une force contre la CGT, avec notamment une attaque contre l’UD CGT à Pau. La naissance de Le Pen et du Front national sont promues avec le poujadisme, c’est-à-dire des forces d’extrême droite alliées au patronat. Chaque fois que le patronat se rend compte que la droite classique risque de perdre, que la gauche peut passer, il se tourne vers l’extrême droite pour garantir ses intérêts. La peur du rouge, c’est historique. On retrouve ça aujourd’hui avec le Medef qui reçoit Jordan Bardella. Historiquement aussi, il y a une connivence patronat/extrême droite sur le nationalisme : au lieu de chercher l’ennemi du côté du capital, on va le chercher du côté des travailleurs immigrés pour détourner le regard des ouvriers. L’extrême droite, dans son histoire, a toujours su se métamorphoser et adapter son discours pour gagner les classes populaires. Syndicalement, nous avons un rôle pour éclairer et montrer à miroir comment l’histoire peut se reproduire.

    Vous alertez aussi sur le fait que l’extrême droite se diffuse par plusieurs canaux médiatiques.

    G.G. : Oui, elle a cette capacité à revisiter l’histoire à sa manière. L’extrême droite s’accapare des réseaux, des médias pour permettre une large diffusion de son discours. Par exemple, si on prend la Cité de l’histoire sous l’arche de la Défense à Paris, c’est Amaclio productions qui la gère et la détient, dirigée par l’extrême droite [François Nicolas]. Et si vous allez dans ce musée, qu’est-ce que vous retrouvez ? Hitler a sauvé l’Allemagne du risque du communisme, Pétain a sauvé les juifs français… Tout cela avec le soutien de la Région Île-de-France où on envoie des lycéens. On aussi Pierre-Édouard Stérin, derrière son label des plus belles fêtes de France. Sous l’aspect traditionaliste, on dit qu’il y a les Français de souche, les bons Français, et puis il y a l’ennemi, l’étranger. Alors que l’histoire de France s’est construite dans le multiculturalisme.

    André Castelli reconduit président

    S’il fut le fondateur de l’Institut d’histoire sociale CGT de Vaucluse il y a 40 ans, André Castelli a laissé la présidence pendant ses années d’élu PCF avant d’en reprendre la tête il y a trois ans. Il a été reconduit président, jeudi, à l’issue de l’assemblée générale. « On compte près de 100 adhérents, c’est l’un des plus importants de la confédération », souligne-t-il. Parmi les rendez-vous de l’année, la préparation des 90 ans du club des cheminots de Vaucluse. « On envisage aussi de nouer un partenariat avec le secteur universitaire pour que les étudiants se nourrissent de l’histoire du travail et des travailleurs du département », projette André Castelli.

  • Viols et prostitution d’enfants : le coup de gueule de maître Amas

    Viols et prostitution d’enfants : le coup de gueule de maître Amas

    De bon matin, devant le palais de justice de Marseille, ce lundi 29 juin, Michel Amas est en croisade, comme il le reconnaît volontiers. Face à ce qu’il considère comme l’inaction du gouvernement, l’avocat au barreau de Marseille s’appuie sur son expérience de terrain pour sensibiliser à « l’absence de politique, en France, de lutte coordonnée contre les pédophiles ».

    Bien avant l’affaire de la petite Lyhanna, il a alerté sur la prostitution des mineures, particulièrement dans les foyers de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Au nom de familles, il avait déjà assigné, en avril 2025, la présidente du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal (DVD), en charge de l’ASE, pour faute lourde. Des foyers « ouverts » déplore-t-il, permettant aux enfants placées de sortir et de tomber sous la coupe de proxénètes.

    Selon lui, c’est tout un système à revoir quand 40% des agressions sexuelles sont le fait aussi d’« un mineur sur un mineur ». « Au foyer, on ne prend pas en charge l’agresseur, on le déplace. Pas plus que la victime, qui n’est pas traitée sur son traumatisme », s’indigne-t-il. Résultat, « on a des gamins qui se constituent sur une adolescence entière de viols, d’agressions sexuelles », pousse-t-il.

    Autre cheval de bataille, un « site internet repéré depuis juin », l’année dernière, sur lequel des « enfants sont commercialisés », selon lui. Il indique que le ministère de l’Intérieur et de la Justice lui avait promis de le fermer. Il revient sur son quotidien, « des enfants de 11 ans, 12 ans, 13 ans, 14 ans, 15 ans, prostituées, vendues jour et nuit sur ce site ». Des gamines qui pourraient « faire jusqu’à 12 passes par jour » à raison de 1 000 à 1 500 euros, balance l’avocat.

    « J’accuse »

    Il affirme : « Bruno Retailleau était tout feu tout flamme, mais il est parti un mois après que nous ayons eu le rendez-vous. Depuis, ils ont fait une plateforme interministérielle Justice, Enfance, Intérieur et Santé et puis plus de son, plus d’image. »

    À la façon d’un Émile Zola, maître Amas s’enflamme : « Moi, j’accuse le ministre de la Justice d’inaction. Je l’accuse de ne pas avoir fermé le site sur lequel des enfants sont vendues. Je l’accuse de ne pas avoir mis en place immédiatement un suivi médical de ces enfants, une procédure pour suivre leur addictologie. » Pour lui, le ministre de la Justice ne réagit que « par rapport aux faits divers ». Le seul acte posé, retient-il, « ça a été de faire une liste noire des agresseurs sexuels et de mettre les enfants chez les grands-parents. Mais ça existe déjà ».

    L’avocat explique avoir travaillé, avec plusieurs magistrats de Vienne, Marseille et Avignon, à une proposition de directive qui aurait pu être mise en œuvre rapidement. Elle visait notamment, selon lui, à mettre fin au principe des foyers ouverts.

    L’avocat revient aussi sur l’impunité de ceux qui ont recours à ces services abjects. « En France, ça coûte moins cher d’avoir une relation sexuelle tarifée avec un enfant – la plupart des gens qui [les] violent prennent 500 euros – plutôt que d’avoir une relation sexuelle avec une chèvre », compare-t-il, rappelant qu’un violeur de caprin a été condamné, la semaine dernière à Marseille, à 30 mois de prison.

    Contacté par nos soins, le ministère de la Justice n’a pu réagir.

    À noter que, dans sa lettre en date du 10 avril 2026 sur le système prostitutionnel en France, l’Observatoire national des violences faites aux femmes recense 704 victimes, dont 94% sont des filles. Se basant sur les chiffres du service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger, le 119, le rapport indique que « la majorité des victimes dont l’âge était connu avait entre 15 et 17 ans (70%). Une sur cinq avait entre 12 et 14 ans (20%) ».

  • Une « réforme de façade » sur le sport professionnel

    Une « réforme de façade » sur le sport professionnel

    Présentée comme une refonte destinée à moderniser la gouvernance du sport professionnel français, cette réforme, adoptée au Sénat il y a un an, divise entre promesses de compétitivité accrue et critiques d’un modèle jugé à bout de souffle.

    Cette proposition de loi, portée par les sénateurs Laurent Lafon (Union centriste) et Michel Savin (LR), a été adoptée en première lecture lundi à l’Assemblée nationale avec 75 votes pour et 2 votes contre.

    Elle vise notamment à adapter l’organisation du sport professionnel en lui donnant les outils nécessaires pour gagner en compétitivité dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

    Cette réforme entend également renforcer le rôle du ministère des Sports dans ses relations avec les Fédérations et les Ligues, et s’articule autour de quatre grands axes présentés, lundi matin, par la ministre Marina Ferrari : la lutte contre le piratage, la réaffirmation de l’architecture du modèle sportif français, le soutien au développement du sport professionnel féminin, ainsi que la réforme de la gouvernance du football professionnel.

    Sur le papier, le programme apparaît structuré et comporte plusieurs pistes jugées sérieuses à explorer. Mais pour Soumya Bourouaha, députée communiste de la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis et membre du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, le constat est bien plus réaliste. « Ce texte ne réforme rien de fondamental. Il y avait pourtant à faire, tant le modèle du sport professionnel est un échec », a-t-elle réagi.

    Chute de 80% en six ans

    Elle dénonce notamment une stratégie qu’elle qualifie de « locomotive », consistant, au sujet du football, à concentrer toujours davantage de ressources sur un seul club, le PSG. « Elle est inefficiente. Nous avons tout sacrifié : la solidarité entre les clubs, les liens entre le football professionnel et amateur, le sport féminin, les intérêts des supporters, au nom d’une prétendue compétitivité économique », ajoute Soumya Bourouaha.

    Pour quel résultat ? « Les inégalités ont explosé, l’aléa sportif a quasiment disparu, une partie des clubs professionnels est au bord de la faillite et les droits télévisuels sont revenus à leur niveau d’il y a trente ans. La théorie du ruissellement n’existe pas, le tout business n’a construit aucun business », affirme-t-elle. Des villes comme Auxerre, Sochaux ou Guingamp n’existent souvent plus qu’au rythme des fermetures d’usines ou des exploits de leurs clubs. L’élue francilienne revient également sur la crise profonde que traverse le football professionnel, malgré « l’apport d’oxygène » amené par le fonds CVC, en 2022. Selon elle, la baisse des droits télévisés et les conflits entre diffuseurs ont mis en lumière les limites du modèle économique actuel et les difficultés structurelles de gouvernance.

    Les droits audiovisuels, qui s’élevaient à 1,153 milliard d’euros en 2021, pourraient chuter à environ 205 millions d’euros en 2026, soit une baisse estimée de plus de 80% en six ans. Un effondrement qui, selon elle, illustre les fragilités d’un système arrivé à bout de souffle.

    Mais que contient réellement cette proposition de loi ? Un renforcement du contrôle exercé par les Fédérations sur les Ligues ? « Une mesure bienvenue, mais d’une portée limitée tant les Fédérations restent soumises aux mêmes logiques de marché », estime-t-elle. Un encadrement des droits télévisuels ? « Minimaliste et largement vidé de sa substance par de nombreuses exceptions. » Un renforcement des pouvoirs de la DNCG, le gendarme du football français ? « Souhaitable, mais fragilisé par le manque d’indépendance de cette instance. » Des engagements en faveur de la visibilité des compétitions sportives féminines ? « Nécessaires, mais insuffisants pour consolider durablement leur modèle économique », poursuit la députée communiste, en indiquant que ce texte « fait le choix de la répression ».

  • Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    C’est une rengaine dont on se passerait volontiers. Chaque été, le Var figure parmi les territoires français les plus exposés au risque d’incendie. Entre les fortes chaleurs, une population estivale multipliée par deux, le vent et ses 388 000 hectares de forêts, le département présente tous les ingrédients propices aux départs de feu. Avec 67 % de sa superficie boisée, il est d’ailleurs le troisième département le plus forestier de France en proportion.

    Un cocktail encore plus explosif cet été que les autres, avec un mercure qui a atteint des niveaux jamais enregistrés dans le pays, entraînant « trois semaines d’avance en termes de sécheresse », alerte Eric Grohin, directeur du Sdis du Var. « Des conditions de feu » rendues d’autant plus préoccupantes par « le vent important » attendu dans les prochains jours, et « une saison qui rappelle beaucoup l’année 2003 », s’inquiète-t-il.

    C’est dans ce contexte que la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a rendu visite au 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (Riisc) de Brignoles, qui appuie les services de sécurité civile dans la lutte contre les catastrophes naturelles, jeudi dernier. Et annoncé le déclenchement avancé de l’opération Héphaïstos, mission estivale de vigilance contre les incendies.

    « Le meilleur feu, celui

    qui ne se déclenche pas »

    Alors que l’on déplore déjà cinq fois plus de départs de feu et de surfaces parcourues qu’à la même période l’an dernier, même si les incendies sont restés de taille modeste, la prévention demeure le premier levier d’action. Car « le meilleur feu est celui qui ne se déclenche pas », martèle le préfet du Var, Simon Babre.

    Outre le rappel des obligations légales de débroussaillement, des campagnes de sensibilisation contre les jets de mégots et les feux de camp ont été déployées. À cela s’ajoutent 44 patrouilles de surveillance et d’intervention présentes dans les massifs forestiers. La carte d’accès aux massifs est actualisée quotidiennement pour informer les usagers des restrictions. Si la prévention ne suffit pas, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1 000 euros pour un mégot jeté en forêt, voire à des peines de prison en cas d’incendie.

    Sur le terrain, jusqu’à 1 150 pompiers pourront être mobilisés chaque jour, renforcés, si besoin, par des moyens militaires. Côté matériel, le Sdis s’appuye sur quatre hélicoptères bombardiers d’eau, 100 camions-citernes feux de forêt moyens, 37 fourgons pompe-tonne de 3 000 litres de capacité, de véhicules tout-terrain et drones. « Chez nous, la réponse, c’est les grandes capacités d’eau et la capacité à l’acheminer dans les zones reculées », soutient le préfet. Des moyens actés par quatre conventions signées entre Département et État, « avec une aide au Sdis passant de 51 à 63 millions », souligne Jean-Louis Masson, président du Département.

  • Avocats et magistrats font bloc contre la réforme

    Avocats et magistrats font bloc contre la réforme

    Les dysfonctionnements entourant l’affaire Lyhanna ont remis un coup de projecteur sur une institution en souffrance. L’Assemblée nationale examine, ce mardi, le projet de loi Sure (« Sanction utile, rapide et effective ») portant sur la justice criminelle et le respect des victimes, défendu par Gérald Darmanin, sur lequel le gouvernement a engagé une procédure accélérée.

    Voilà plus d’un an que le garde des Sceaux tente de faire passer ce texte, critiqué de toutes parts. Il a d’ores et déjà été contraint à retirer sa mesure phare et la plus controversée : le plaider-coupable criminel pour les infractions les plus graves. Mais les articles restants, comme l’allongement de la détention provisoire et la réforme des cours criminelles départementales, scandalisent.

    Avocats, magistrats

    et police judiciaire

    Des rassemblements se sont tenus partout en France, de Brest à Cayenne en passant par Angers, Paris, Toulouse, Montpellier, Aix-en-Provence, Marseille et Ajaccio, ce lundi devant les tribunaux (lire ci-contre), afin d’exiger le retrait du texte. Une large part des 78 000 avocats de France étaient en grève. « Abandon de la cour d’assises, éloignement du jury populaire, extension du fichage génétique, recul des droits fondamentaux, tel est le projet aberrant du garde des Sceaux », fustige, dans un communiqué, le Syndicat des avocats de France (SAF), qui dénonce un « projet dévastateur pour la justice et les libertés fondamentales ».

    De son côté, l’Union syndicale des magistrats (USM), qui représente 60% de la profession, a appelé à des débrayages. Son secrétaire général adjoint, Aurélien Martini, s’est livré vendredi à une violente charge contre son ministre de tutelle, lors d’une réunion à la Chancellerie : « Vous avez perdu la confiance des magistrats, elle est aujourd’hui brisée », a-t-il lancé en l’absence de Gérald Darmanin. Dans un long texte, le procureur adjoint de la République de Meaux prévient : « Nos moyens, vos directives, notre environnement institutionnel et juridique ne permettent pas à l’institution de prévenir de telles situations. Il y aura d’autres drames. Malgré tout l’engagement des magistrats, il y a dans les stocks de procédures, à l’évidence, des dossiers semblables. Et il faudra plus que des mesures démagogiques laissant croire que l’on peut traiter efficacement 70 000 procédures en un mois ou dématérialiser toutes nos procédures en six mois pour que le problème soit derrière nous. »

    L’association nationale de la police judiciaire (ANPJ) s’est jointe à la mobilisation : « Après avoir perdu la confiance des policiers quand vous étiez ministre de l’Intérieur, vous avez désormais aussi perdu celle des magistrats », écrit-elle dans une lettre. « Il est accablant d’éluder la question du manque de moyens (…) qui contraint les services de police et de la justice à fonctionner avec des process et des modes dégradés, au détriment des victimes, et sous la pression d’orientations politiques et opportunistes qui varient au gré de l’actualité », dénonce-t-elle.

    Gérald Darmanin

    en difficulté extrême

    À la fronde des professionnels s’ajoute celle des parlementaires. Le texte a été rejeté le 10 juin dernier lors de son examen en commission des Lois, par 16 voix contre, celles de la gauche, et 10 voix pour, celles du bloc central, tandis que le Rassemblement national s’est abstenu. Sur les 72 députés que compte cette commission, la plupart ont déserté, favorisant la mise en échec du texte. Un camouflet pour Gérald Darmanin, mis en extrême difficulté depuis le début de l’affaire Lyhanna. Les appels à sa démission s’enchaînent. L’avenir de ce texte pourrait remettre en question sa place au sein du gouvernement.

  • Un ministre sous pression

    Un ministre sous pression

    Gérald Darmanin présente sa réforme de la justice criminelle aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

    Elle est contestée un peu partout dans notre région, comme dans le reste du pays, par les professionnels de la Justice. Mais pas seulement : alors que ce texte devait étendre la procédure du plaider-coupable à des crimes alors qu’elle est aujourd’hui limitée à certains délits, les députés ont rejeté la mesure en commission, le 10 juin, obligeant le ministre à revoir sa copie et à reconnaître qu’il n’y avait « pas de majorité à l’Assemblée nationale » sur ce point.

    L’austérité est un poison qui tue

    Simultanément, la tragique affaire Lyhanna a soulevé un véritable sentiment de révolte dans la population vis-à-vis d’une Justice incapable de protéger les enfants des violeurs et des assassins.

    La décision du garde des Sceaux de sanctionner une magistrate comme victime expiatoire de cette faillite du système judiciaire a achevé de creuser un fossé de défiance entre les juges et leur ministre.

    Quant à sa circulaire ordonnant aux procureurs généraux
    le réexamen de 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs, elle est apparue aux Français comme déconnectée des moyens réellement mis à disposition de l’institution judiciaire.

    Plus que jamais depuis qu’il participe à un gouvernement de l’ère Macron, Gérald Darmanin est sous pression.

    Certains réclament sa démission, mais plus que d’un changement de ministre, c’est d’un changement de politique qu’a besoin notre Justice. L’austérité est un poison qui tue.

  • Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Chaud dedans et chaud dehors. Le conseil municipal se réunit ce mardi (18h, Hôtel de ville) avec 55 délibérations à l’ordre du jour. Un menu très chargé autour des différents bilans financiers 2025, le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la Ville, l’adoption du règlement intérieur ou les subventions aux associations revues à la baisse.

    Le tout alors que le maire a dévoilé, vendredi, un audit sur les finances municipales qu’il a commandé à son arrivée et dont l’analyse est déjà remise en cause par l’opposition de gauche. « Un champ de ruines », a pesté Olivier Galzi (DVD), accusant l’ancienne majorité d’avoir manipulé les comptes, préparant ainsi les esprits à la rigueur. Ce lundi matin, « face à l’état catastrophique des finances dont nous héritons » et « la nécessité de faire d’immenses efforts collectifs pour éviter le naufrage », il annonce revenir sur l’augmentation des indemnités de ses adjoints qui avait fait polémique en ouverture de mandat (+35%). De 1 200 euros bruts, les adjoints étaient passés à 1 700 euros. Selon nos calculs, ce revirement permet une économie de 120 000 euros par an. Soit la moitié de travaux pour végétaliser les cours d’écoles.

    Une comparaison loin d’être anodine puisque la Ville vient de geler le programme Fraich’ cours. Cet été, seule l’école Louis Gros sera végétalisée contre six prévues initialement. « Une seule a été budgétée. Donc aujourd’hui, les parents d’élèves qui vous disent “la mairie ne fait pas les travaux pour les cinq cours que vous avez promis”, oui, c’est vrai. Merci, Madame Cécile Helle [ex-maire], merci, Joël Peyre [ex-élu aux finances] », se dédouane Olivier Galzi. En amont du conseil municipal, des parents d’élèves sont attendus pour marquer leur désapprobation. Ils seront aussi accompagnés par plusieurs collectifs et associations opposés à la refonte du plan Faubourgs de circulation routière.