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  • À Marseille, plus de service du soir au resto universitaire Galinat

    À Marseille, plus de service du soir au resto universitaire Galinat

    « Les moyens que nous pouvions mettre sur ce dispositif étaient fragiles », reconnaît le directeur général du Crous Aix-Marseille-Avignon, Marc Bruant. En cette période de rentrée, c’est par hasard que les étudiants marseillais ont découvert que le restaurant universitaire Galinat fermait désormais ses portes en soirée, un an et demi après la mise en place de ces services, le 2 décembre 2024. De quoi susciter l’indignation d’une partie des étudiants concernés.

    « Cette décision honteuse illustre le mépris latent envers la condition étudiante », réagissent vivement, dans un communiqué commun, Jeunes socialistes, Jeunes écologistes et le syndicat étudiant « Internationale étudiante », en rappelant qu’« en France, 66% des étudiants sautent des repas chaque semaine ». Même réaction, pour l’Union étudiante qui y voit « le résultat de neuf ans de macronisme et de sous financement du Crous ». « Sous prétexte de renforcer les autres restaurants universitaires le soir, la direction du Crous prive des milliers d’étudiants de repas à 1 euro », déplore le syndicat étudiant.

    « Les moyens que nous pouvions mettre sur ce dispositif étaient fragiles et faisaient peser sur les équipes en place un poids particulier, nous n’avions pas assez de personnel », justifie le directeur général du Crous. L’inquiétude était d’autant plus forte avec la généralisation du repas à 1 euro : « Une fréquentation supplémentaire n’était pas gérable sur ce site », reconnaît Marc Bruant. Le choix a donc été fait de déployer les équipes du RU Galinat sur le site de Canebière, à vingt minutes de là, déjà ouvert en soirée, « permettant d’accueillir largement plus que les deux restaurants », promet-il. En concédant : « Nous avons sans doute manqué de qualité dans la communication. »

  • Ultime week-end gourmand pour le Kouss Kouss festival

    Ultime week-end gourmand pour le Kouss Kouss festival

    Parmi elles, le traditionnel marché alimentaire du Vieux-Port a une nouvelle fois mis l’événement à l’honneur, réunissant producteurs, artisans et démonstrations culinaires. De quoi attirer un public nombreux. Cet ultime week-end a été riche en rendez-vous, de la Friche la Belle de Mai aux Aygalades. Pour cette 9e édition, le Kouss Kouss Festival mettait à l’honneur les herbes aromatiques et sauvages afin de célébrer la diversité des patrimoines culinaires méditerranéens.

  • [Entretien] Olivier Marchetti : « La région a tout sur place, elle peut cocher toutes les cases »

    [Entretien] Olivier Marchetti : « La région a tout sur place, elle peut cocher toutes les cases »

    La Marseillaise : Ce Sommet Lumière interroge la souveraineté audiovisuelle française. Quel rôle joue, dans cet écosystème, une infrastructure régionale comme Provence studios ?

    Olivier Marchetti : C’est un des maillons de la chaîne et ils sont tous importants. Aujourd’hui, recevoir un film en décor naturel et en studio, avec des bureaux de préparation, c’est colossal. Et la région Sud a tout sur place, outils, techniciens, paysages, elle peut cocher toutes les cases pour répondre à toutes les offres sans qu’on dise : « Vous n’avez pas ça, je vais ailleurs. » Parce que, la concurrence est mondiale. On négocie des projets internationaux face à des États, des pays de l’Est, d’Afrique, d’Europe et les plateformes de production internationale ont un scoring qui analyse tout de A à Z : compétence des équipes, niveau de sécurisation, crédit d’impôt international…

    Et la France se situe comment ?

    O. M. : Cette année, la France a augmenté l’assiette pour redevenir compétitive face aux autres pays. C’est surtout ça je pense, même si je ne suis pas dans le secret des dieux, que la France veut présenter à ces majors. Par contre et c’est important de le dire, parce que les niches fiscales, ça peut donner des boutons à beaucoup et moi compris, que c’est le crédit d’impôt qui nous laisse en compétition. Une production américaine on lui rend un peu, mais elle dépense beaucoup. Et si elle ne le fait pas ici, elle le fera ailleurs. C’est une petite contrepartie au regard de tout l’écosystème que ça fait travailler dans tous les pans de l’économie. Les États-Unis, par exemple, se sont endormis sur leur compétitivité et, aujourd’hui, il n’y a plus de tournages à Los Angeles. Les productions américaines se portent bien, mais ça tourne ailleurs.

    Tout n’est qu’une question de coûts ? On donne souvent la lumière du Sud et ses paysages comme recette magique.

    O. M. : Bien sûr, mais la faisabilité du film est surtout financière. On peut avoir les meilleurs décors, acteurs et techniciens, le film ne se fera pas s’il n’est pas financé. Et on parle des films étrangers, mais par exemple, La Comtesse de Monte Cristo a été tournée… à Malte. Même nos productions françaises, de temps en temps, partent à l’étranger s’il y a de meilleurs coûts.

    L’intelligence artificielle (IA) est l’un des sujets du sommet. Vous avez un studio extrêmement technologique. Comment vous situez-vous ?

    O.M. : Très clairement, on utilise l’IA comme un outil pour améliorer nos process, faire des dépouillements de scénarios par exemple, mais pas l’IA générative. Nous la maîtrisons, l’IA pour nous n’est pas créative. Tant que les questions juridiques sur la gestion des droits ne seront pas tranchées, on n’utilisera pas l’IA pour créer des films de A à Z.

    Quand on pense IA, on pense moins d’activité humaine sur les plateaux…

    O. M. : Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Ça pourra arriver et ça arrive dans d’autres secteurs comme l’animation ou la post-production. Mais pour l’instant, l’IA, on la regarde tous, on la travaille, on s’y intéresse, mais même les plateformes refusent d’utiliser l’IA générative : un scénario à base d’IA n’est pas validé. C’est assez particulier de dire que Netflix, Amazon, n’utilisent pas l’IA, mais c’est pour des raisons de respect des droits. Ils ne veulent pas être pris à défaut, qu’on dise « c’est mon scénario, l’IA m’a volé ».

    Un autre aspect du sommet touche à la « décarbonation » de la filière

    O. M. : On a été élus par nos pairs, il y a quelques années, studio le plus écologique au monde. On a 28 000 m² de panneaux photovoltaïques, de l’économie circulaire, on travaille avec les ressourceries… Aujourd’hui, l’écologie entre dans les critères de choix des producteurs. Depuis peu de temps, un tournage écolo peut avoir une aide financière, donc c’est très motivant, même si certains y croient vraiment.

  • Pour les comédiens, la loi comme rempart face à l’IA

    Pour les comédiens, la loi comme rempart face à l’IA

    Et si l’intelligence artificielle (IA) finissait par remplacer les acteurs ? Alors que les réseaux sociaux pullulent déjà de vidéos générées artificiellement et parfois difficiles à identifier, la perspective d’un nouvel écosystème cinématographique, entièrement produit par des lignes de code, émerge progressivement. De quoi inquiéter les comédiens qui, soucieux de conserver le contrôle de leur image, cherchent à renforcer leur protection juridique.

    « Les entreprises d’IA sont les plus féroces et les plus gourmandes en matière d’images. Le problème, c’est qu’on n’a pas de recours juridique comme on en a eu jusqu’à présent pour se protéger des plagiats, des copies…, s’inquiète Catherine Lecoq, comédienne et déléguée de la CGT spectacle. On se bat donc pour que le pillage des IA génératives n’ait pas la main sur nos vies. C’est dans ce cadre qu’on a porté, avec l’Adami [organisme français qui gère et défend les droits des artistes-interprètes, Ndlr], une loi à l’Assemblée nationale. » Cette proposition de loi, n° 2634, a été adoptée par le Sénat en avril, est examinée par l’Assemblée nationale. Elle doit permettre « l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Autrement dit, lorsqu’un indice rend vraisemblable que le fournisseur d’une IA a utilisé une œuvre protégée, cette utilisation est présumée établie jusqu’à preuve du contraire.

    Ressentir l’émotion,
    « d’humain à humain »

    « Ce qui nous rassemble nous, les humains, c’est l’empathie, défend la syndicaliste. Nous n’aurons jamais ça avec l’IA, car elle ne produit pas d’émotion réelle. (…) Or, je pense que les gens ont vraiment besoin de ressentir cette émotion directe qui n’est, en réalité, transmissible que d’humain à humain. » De quoi, selon elle, protéger encore un peu le monde du spectacle vivant.

  • La bénédiction des calissons toujours prisée 30 ans après sa relance

    La bénédiction des calissons toujours prisée 30 ans après sa relance

    Sur le parvis de l’église Saint-Jean-de-Malte, on se bouscule. Au centre, le cortège de groupes folkloriques et des membres de la Confrérie des calissons, portent la Vierge sur son brancard de procession. Autour, habitués de la cérémonie de bénédiction et touristes se massent pour apercevoir, ne serait-ce qu’un instant, les costumes et les toques de confiseurs qui composent le cortège. Les autorités locales se sont montrées aussi à la cérémonie de la bénédiction des calissons, qui fête ses 30 ans. « Je pense qu’on a autant voire plus de monde ! », a confié Richard Flopin, président de l’association Excalissons, moteur de l’événement.

    Cette année, exit les débats autour du label « Plus belles fêtes de France » attribué à l’événement depuis 2025. Une distinction dont le financement par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin suscite la polémique. « C’est déplorable, on nous remet toujours ça au-dessus du panier. Nous sommes apolitiques », a martelé Richard Flopin, rappelant qu’au moment de la candidature, l’association ignorait ce lien.

    L’origine de l’événement a inévitablement été rappelée par le frère Daniel, hôte de cérémonie. En 1630, alors que la peste frappait depuis un an le sud de la France, dont la capitale provençale, l’assesseur Martelly promettait de faire célébrer une messe en l’honneur de Notre-Dame-de-la-Seds, patronne d’Aix-en-Provence. Dans le même temps, les confiseurs proposaient de distribuer leur célèbre losange confit à l’occasion de ce rendez-vous. La cérémonie fut interrompue pendant la Révolution française et ne reprit qu’en 1996.

    Pour marquer cette troisième décennie de renaissance, dix nouveaux membres de la Confrérie des calissons ont d’ailleurs été intronisés.

  • OM : Jul, le retour

    OM : Jul, le retour

    Le D et le P enlacés du label de Jul ont changé de place. Il se retrouve désormais dans le dos des maillots, juste au-dessus du nom des joueurs. C’est là une nouvelle manière d’affirmer que Jul, et son label, D’or et de platine, sont toujours derrière l’Olympique de Marseille, au sens propre comme au figuré.

  • [Passerelle interculturelle] ZXMOTO : la compétition vitrine des motos chinoises en Europe

    [Passerelle interculturelle] ZXMOTO : la compétition vitrine des motos chinoises en Europe

    Lors de la manche française du WorldSSP cette saison, ZXMOTO a réalisé un week-end solide. Valentin Debise a obtenu deux troisièmes places lors des deux courses, tandis que son coéquipier italien Federico Caricasulo a signé comme meilleur résultat une cinquième place.

    Fabio Evangelista, team principal d’Evan Bros Racing, estime que les résultats de la moto de course, tout comme les performances de la ZXMOTO 820RR, démontrent que les produits chinois, notamment dans le secteur de la moto, ont atteint le niveau des modèles européens et japonais et peuvent même, dans certains domaines, se montrer supérieurs. Selon lui, le fait que l’équipe soit aujourd’hui engagée dans la lutte pour le titre mondial témoigne des performances et de la qualité de la moto. Il ajoute que cette appréciation est également partagée par de nombreuses personnes avec lesquelles il échange en Europe.

    Pour ZXMOTO, la compétition constitue à la fois un laboratoire et un moyen de gagner rapidement en visibilité. Sa moto de course, la 820RR-RS, permet de tester les performances du moteur, du châssis et des différents composants dans des conditions extrêmes. Les enseignements tirés sur les circuits peuvent ensuite contribuer au développement des modèles destinés au grand public, notamment la 820RR.

    Une nouvelle étape pour l’industrie chinoise de la moto

    Gregorio Lavilla, directeur exécutif de WorldSBK, estime que l’arrivée de nouveaux constructeurs internationaux, notamment chinois, contribue au développement et à la diversité du championnat. Selon lui, la participation des marques chinoises est également importante pour rapprocher WorldSBK du marché chinois et élargir son audience internationale.

    Cette présence attire aussi l’attention des entreprises européennes du secteur. Guido Acerbis, dirigeant de l’équipementier italien Acerbis, considère que la coopération avec les marques chinoises ouvre de nouvelles perspectives. Il estime que les marques chinoises sont appelées à occuper, à l’avenir, une place importante dans l’ensemble des compétitions motocyclistes.

    Le marché représente désormais la prochaine étape. Mais transformer les succès sportifs en succès commercial demandera du temps. Pour s’installer durablement en Europe, les marques chinoises devront construire un réseau de distribution, garantir le service après-vente, assurer la disponibilité des pièces détachées et gagner la confiance des consommateurs. Dans ce processus, les résultats obtenus sur les circuits constituent un argument concret : ils permettent de démontrer la fiabilité et les performances des motos au-delà des discours commerciaux.

    La saison 2026 marque ainsi une nouvelle étape pour l’industrie chinoise de la moto. Après avoir développé sa production et son marché intérieur, elle cherche désormais à se faire une place dans les compétitions internationales et sur le marché européen. À Magny-Cours, ZXMOTO ne joue donc pas seulement un classement : la marque tente aussi de changer le regard porté en Europe sur les motos chinoises.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Crise de Ceuta : une possible implication du Maroc

    Crise de Ceuta : une possible implication du Maroc

    La crise migratoire de Ceuta, marquée par l’arrivée fin juillet de 72 000 migrants (plus de 60 000 sont repartis), au-delà des aspects purement humanitaires, provoque d’importants remous politiques à quelques mois des élections générales qui, sauf scrutin anticipé, auront lieu à l’été 2027, précédé en mai par les élections municipales et autonomiques.

    C’est dire que le calendrier incite droite et extrême droite à faire monter la pression, aidées par cette crise à Ceuta qui permet au Parti Populaire (PP) et à VOX de harceler quotidiennement Pedro Sanchez et son gouvernement, dont la gestion de la crise et les prises de décision ont mis du temps à être actées. Il faut ajouter à cela la confirmation de la possible implication des autorités marocaines. Déjà, au moment du passage à Ceuta de milliers de personnes, de nombreux observateurs pointaient certaines complicités de la part de la police marocaine, plusieurs vidéos semblant montrer une aide logistique apportée aux migrants.

    Mercredi, un rapport de police a fuité dans la presse. Celui-ci indique clairement « la permissivité » des forces de l’ordre marocaines les 30 et 31 juillet. Devant les députés jeudi dernier, Pedro Sanchez, le chef du gouvernement, maintient n’avoir « aucune preuve » de l’implication du Maroc. « Aucun service, ni aucun organisme international, n’a remis au gouvernement espagnol de preuves solides que le Maroc ait planifié ou orchestré l’afflux de migrants », a déclaré Pedro Sanchez devant les députés, précisant : « Si ces preuves solides existaient, nous agirions en conséquence, avec toute la fermeté que la situation exige. » Ajoutant qu’« aucun rapport préalable n’avait anticipé l’ampleur ou la possibilité de ce qui s’est déroulé fin juillet à Ceuta ».

    Pas de « conflit »

    Pedro Sanchez qui cherche à éviter toute confrontation avec Rabat, a expliqué ainsi sa position : « Nous n’avons pas la moindre intention de déclencher, dans un monde déjà particulièrement instable, un conflit diplomatique avec un pays voisin sans disposer de données solides pour le faire. » Rappelons que le Maroc revendique sa souveraineté sur les deux enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta, souveraineté non formulée auprès de l’ONU. Les derniers événements à Ceuta ne sont pas étrangers à la volonté du Maroc de faire pression pour régler la question du Sahara occidental en sa faveur, dont une partie est déjà contrôlée par le Maroc et revendiquée par ailleurs par le Front Polisario.

    À ce contexte tendu entre l’Espagne et le Maroc s’ajoute le contexte intérieur consécutif à cette crise, avec les nombreuses manifestations en soutien à Ceuta qui ont eu lieu la semaine dernière. Lesquelles ont largement été récupérées politiquement par le PP et VOX avec des slogans racistes et xénophobes. Dans le même temps, d’autres manifestations, à l’appel d’organisations, collectifs et partis de gauche, se sont déroulées affirmant la solidarité envers Ceuta et les migrants.

    À ce jour, quelque 5 000 migrants sont toujours présents à Ceuta, selon le gouvernement, 10 000 selon les autorités locales. Au-delà des mesures financières prises en Conseil des ministres (plus de 300 millions d’euros débloqués), le gouvernement a décidé, par décret, de prendre le contrôle du port de Ceuta pour installer d’immenses tentes, sur 16 000 m² de sol portuaire, qui permettront d’héberger une bonne partie des migrants. Le ministre chargé des Territoires a affirmé samedi que « le gouvernement cherche une sortie et veut trouver les solutions humanitaires, en dernier ressort, la loi s’appliquera ». Autrement dit, il sera procédé à des expulsions.

  • [Bande dessinée] Publié à Aix, « Le Jardin des Fées » revient avec le duo Alwett-Moretti

    [Bande dessinée] Publié à Aix, « Le Jardin des Fées » revient avec le duo Alwett-Moretti

    Des fées qui vivent en ruche, fabriquent un miel capable de soigner les maux et meurent lorsqu’elles exaucent un vœu : bienvenue dans l’étrange et merveilleux univers imaginé par l’autrice et scénariste Audrey Alwett et la dessinatrice Nora Moretti. Le duo s’était déjà fait connaître grâce à un travail commun ayant donné naissance aux quinze tomes de la réadaptation de Princesse Sara. La série avait dépassé les 600 000 exemplaires vendus.

    Ce chapitre étant désormais clos, c’est vers une autre série de bande dessinée que ce « couple » – ainsi se définissent-elles – se tourne. Un autre univers, celui du Jardin des Fées, dont le quatrième tome est paru ce 2 septembre et édité par Drakoo, maison d’édition aixoise, fondée par le scénariste Christophe Arleston. Déjà familières de l’esthétique de la fin du XIXe siècle, c’est précisément dans ce décor que le lecteur est plongé, dès le premier tome paru en juin 2022. L’histoire suit Lucie, une jeune fille envoyée par sa mère maltraitante chez son oncle, dans un château quelque part en Normandie. Seule à percevoir ce qui n’est pas visible à l’œil humain, Lucie rencontre un monde merveilleux et sa population de fées, dont la « ruche » est menacée, en quête d’un « berger », humain pouvant les guider vers un havre de paix. Le jardin devient alors le point de rencontre entre l’univers humain et celui des fées.

    « Les chasseurs de fées sont sur l’avoir et les bergers des fées sont sur l’être, sur le devenir, c’est pour cela qu’ils sont en permanence sur les routes, qu’ils ne possèdent quasiment rien d’ailleurs et qu’ils sont en quête d’un jardin, métaphore de l’intimité, de la construction de soi-même », déroule Alwett. La fée n’est donc pas ici une simple créature fantastique : elle devient une figure de la reconstruction, du cheminement intérieur et de l’émerveillement, au cœur d’une série qui entend faire du merveilleux autre chose qu’un décor.

    Éditée localement

    La scénariste explique s’être directement inspirée de l’affaire des Fées de Cottingley. Post Première Guerre mondiale, la fuite de photographies, rendues publiques, de deux jeunes anglaises posant avec des fées et défendant la véracité du cliché, déclenche un débat mondial sur leur existence. Le romancier Arthur Conan Doyle, convaincu par les clichés, les défend publiquement et contribue à populariser l’affaire. Dans un contexte marqué par le deuil national, l’écrivain venant lui-même de perdre son fils, « c’est le merveilleux qui vient contrecarrer le désespoir », souligne Audrey Alwett. « Réussir à s’émerveiller du quotidien est une lutte de tous les jours que moi je mène (…). Travailler une narration intérieure est quelque chose de très important », poursuit la scénariste. « C’est une manière de filtrer son passé, nos vies en général », conclut Nora Moretti, dont les dessins de ce quatrième tome, qui promet un scénario de désordre au sein de la ruche, continuent de travailler l’imaginaire du XIXe, fantastique, et colorimétrie minutieuse.

    « Le projet m’a beaucoup plu, on retrouve cette ambiance XIXe des bouquins pour enfants anglais, il y a un côté très british que j’aime bien(…). Il y avait pas mal d’éléments qui faisaient qu’il y avait une bonne histoire, avec ce côté polar, ambiance dans un château, avec un mystère caché, j’ai été séduit tout de suite. Le langage des fées, le fait d’avoir de la création dans la manière de les faire parler, c’est quelque chose que je trouvais très sympa, justifie Christophe Arleston. Quand on a l’habitude de la bande dessinée, on sent très vite quand il y a quelque chose à ne pas laisser passer. »

    Le prochain tome du Jardin des Fées est déjà attendu et devrait être un « one shot ».

  • Affaire Aramburu : deux anciens du GUD à la barre

    Affaire Aramburu : deux anciens du GUD à la barre

    Federico Martin Aramburu, 42 ans, était monté à Paris pour le match France-Angleterre du Tournoi des Six Nations. L’ancien international argentin n’est jamais rentré au Pays basque. Dans la nuit du 19 mars 2022, il tombait sous les balles de Loïk Le Priol, jugé à partir de lundi devant la cour d’assises de Paris pour assassinat. À ses côtés comparaîtra Romain Bouvier pour tentative d’assassinat. Tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité. L’ex-compagne de Le Priol est jugée pour complicité de tentative d’assassinat, tandis qu’un proche de la mouvance d’extrême droite comparaîtra notamment pour avoir aidé Bouvier dans sa fuite et dissimulé certains éléments.

    L’affaire constitue l’épilogue d’une algarade alcoolisée survenue à l’aube dans une brasserie du boulevard Saint-Germain. Aramburu et Shaun Hegarty, ancien équipier à Biarritz, s’y étaient attablés avant de regagner leur hôtel. À une autre table se trouvaient Le Priol, Bouvier et la compagne du premier. Les échanges, d’abord détendus, se tendent progressivement. Peu après 6h, Aramburu agrippe Le Priol par la capuche et le met au sol. Une bagarre éclate. Des témoins rapportent alors les menaces de Le Priol : « Je vais le tuer », « On va les trouver. » Quelques minutes plus tard, une Jeep s’arrête à hauteur des deux rugbymen. Armé, Bouvier tire plusieurs fois. Blessé, Aramburu se relève encore lorsque Le Priol accourt et ouvre le feu à six reprises. Cette fois, l’Argentin s’effondre. « Je vais mourir », dit-il avant d’expirer.

    Le procès examinera le passé des accusés, anciens membres de la galaxie du GUD, et l’état de stress post-traumatique invoqué par Le Priol, et les divergences entre experts sur ses éventuelles conséquences sur son discernement.