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  • Deschamps révèle une liste pour le Mondial

    Deschamps révèle une liste pour le Mondial

    À 26 pour conquérir l’Amérique. Ce jeudi soir, à l’issue du JT de TF1, Didier Deschamps a révélé sa dernière liste à la tête de l’équipe de France. Le sélectionneur a couché 26 noms pour cette dernière campagne avec les Bleus.

    Peu de grandes surprises avec la présence de Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Mike Maignan, William Saliba, les frères Hernandez ou encore Aurélien Tchouameni. Mais alors qui sont les grands absents ? En premier lieu, le milieu de terrain du Real Madrid Eduardo Camavinga paie sa saison en dents de scie, faite de blessures et de méformes. Autres noms n’apparaissant pas sur cette liste, ceux de Lucas Chevalier, le gardien du PSG, Randal Kolo Muani (Tottenham) ou encore le meilleur buteur de Ligue 1 Esteban Lepaul (Rennes).

    La première de Risser

    Crystal Palace a eu les faveurs du sélectionneur français avec deux joueurs convoqués. Maxence Lacroix et Jean-Philippe Mateta sont récompensés de leur saison et de leurs apparitions intéressantes lors de leurs premières sélections avec les Bleus. Le gardien lensois Robin Risser est pour la première fois appelé par Didier Deschamps, lui qui était encore avec les Espoirs lors du dernier rassemblement. La France jouera son match d’ouverture le 16 juin, face au Sénégal.

    La liste des 26

    Gardiens : Mike Maignan, Robin Risser, Brice Samba

    Défenseurs : Lucas Digne, Malo Gusto, Lucas Hernandez, Théo Hernandez, Ibrahima Konaté, Jules Koundé, Maxence Lacroix, William Saliba, Dayot Upamecano

    Milieux de terrain : Ngolo Kanté, Manu Koné, Adrien Rabiot, Aurélien Tchouameni, Warren Zaire-Emery

    Attaquants : Maghnès Akliouche, Bradley Barcola, Rayan Cherki, Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Jean-Philippe Mateta, Kylian Mbappé, Michael Olise, Marcus Thuram

  • À bord d’un trimaran de course en mer Méditerranée

    À bord d’un trimaran de course en mer Méditerranée

    Ressentir ce que vivent les navigateurs sur les courses au large, c’est ce que l’écurie Sodebo a proposé à des clients privilégiés et aux médias. Leur trimaran de 15 mètres de long et de large est actuellement à Marseille pour quelques entraînements en Méditerranée, afin de préparer au mieux la Route du Rhum. L’attente est encore longue jusqu’au 1er novembre, mais cette mer du sud offre des conditions nouvelles. « On est hyper contents, parce que c’est une autre manière de naviguer. Les modèles météo sont différents, l’état de la mer est différent… Ce n’est pas de la houle longue comme on a en Atlantique, c’est une mer assez haute, assez courte, qui n’est pas toujours facile à naviguer, du coup, ça rend le truc intéressant », détaille Léonard Legrand, le skipper qui réalisera en solitaire la Route du Rhum 2026.

    Le multicoque étant déjà en mer depuis le petit matin, c’est en zodiac que les invités le rejoignent. Sur le bateau, ils sont quatre membres d’équipage. Outre Léonard Legrand, toujours la main sur le gouvernail, Philippe Legros est le routeur de l’équipe – « le monsieur météo » – et s’occupe aussi des voiles. Charles Defontaine est en quelque sorte le capitaine et Elie Canivenc est le directeur technique, l’homme à tout faire.

    C’est ce dernier qui s’occupe des invités à bord et explique le fonctionnement d’un navire comme celui-ci. En quittant le Vieux-Port, le moteur se coupe et les multiples voiles débutent leur travail. Le temps est gris, ce jeudi, le mistral souffle plus qu’à l’accoutumée. Après quelques instants, le cadran placé au pied du mât affiche déjà près de 20 nœuds. Le bolide fonce vers les îles du Frioul, et l’équipage prévient que les secousses vont arriver. Elles ne se sont pas fait attendre. Le Sodebo Ocean Fifty floqué du numéro 73 transperce à merveille les vagues, mais l’eau vient percuter les visages. Le sel se dépose rapidement sur les joues de chacun, un vent d’ouest aigu siffle dans les oreilles. Léo, lui, porte un masque de ski sur les yeux, accessoire idéal pour contrer l’eau de mer. « Sur la Route du Rhum, c’est comme ça pendant 10 jours ! », lâche ensuite Elie Canivenc.

    Léger comme un 3 tonnes

    Cette machine véloce atteindra, ce jour, 27 nœuds au maximum. Multipliez ce nombre par 1,8 et cela équivaut à une vitesse de 50 km/h. À cette allure, il est difficile de communiquer et de se déplacer. La marche en crabe est conseillée, alors que tous ont un casque sur les oreilles, pour échanger correctement. « Les journées comme aujourd’hui, on fait des allers-retours de travers au vent. Donc on a toujours quelqu’un qui regarde la mer devant et qui annonce les potentielles rafales qu’on va recevoir. C’est beaucoup ce genre d’informations là pour qu’on soit prêt à réagir. C’est quand même des bateaux un peu légers, un peu volages », décrit Léonard Legrand.

    En effet, difficile de croire que l’engin pèse trois tonnes, tant sa sensibilité est forte. Assis sur les trampolines placés de chaque côté de la coque, ressentir la mer est naturel. Cette mouvementée découverte se termine, Sodebo va retourner à Lorient dès lundi prochain, à cinq mois du départ de la Route du Rhum.

    La Route du Rhum, objectif de l’année 2026

    S’il est accompagné lors de ses entraînements en Méditerranée, Léonard Legrand va rapidement se retrouver seul sur ce grand trimaran. Au cœur de l’été, il participera à la Dream Cup, une compétition en solitaire au départ de Cherbourg, allant en Irlande et revenant vers Lorient. Elle est qualificative pour la Route du Rhum et il suffit de la terminer pour obtenir son ticket pour l’événement.

    Léonard Legrand l’attend avec impatience puisque ce sera sa première transatlantique en solo. « C’est tous les 4 ans, c’est un peu notre Coupe du monde ! » Surtout que la course part, comme d’habitude, de Saint-Malo, sa ville de naissance. Un moment « spécial » qui l’attend.

  • La Villa M veut remettre les Marseillais en mouvement

    La Villa M veut remettre les Marseillais en mouvement

    Faire du sport pour être en meilleure santé. La formule n’est, certes, pas révolutionnaire, mais davantage devraient la prendre au pied de la lettre. Selon une étude de l’Anses en 2022, 95% des adultes sont exposés à un risque pour la santé du fait d’un manque d’activité physique ou d’un temps trop long passé assis.

    Ainsi, la Villa M, en étroite collaboration avec la SCO Sainte-Marguerite, veut combattre ce fléau en sensibilisant les Marseillais à ces pathologies chroniques. « Le mouvement, c’est la santé », lance Pascal Chamassian, porte-parole de la Villa M et célèbre organisateur de la course pour la mémoire, en citant le slogan de la première édition de la Villa M Run Santé Marseille. Cet événement se tiendra le samedi 23 mai au parc Borély, au travers de trois courses : une populaire de 5 km, qui pourrait dès l’année prochaine être labellisée par la Fédération française d’athlétisme et qualificative pour les championnats de France, une accessible de 2,5 km adressée aux marcheurs ou aux patients qui souhaitent courir aux côtés de leurs soignants, puis une petite d’un kilomètre à destination des enfants.

    Prémices d’une maison sport-santé ?

    « Le sport santé, ça n’a rien à voir avec la performance. C’est surtout pouvoir faire du sport, se faire plaisir, chacun son rythme, et puis aussi trouver du lien social à travers tout ça. Et je pense que c’est important, surtout malheureusement quand on arrive à nos âges certains », souligne Claude Ravel, président de la SCO Sainte-Marguerite, sous le regard d’André Giraud, ancien président de la Fédération française d’athlétisme et créateur du très prisé semi-marathon Marseille-Cassis.

    Cinq euros par inscription seront reversés au Fonds de dotation de Villa M, qui accompagne et promeut « des actions de sport-santé auprès de soignants en difficulté », comme l’a expliqué le Dr Bertrand Mas-Fraissinet, président du Groupe Pasteur Mutualité. Ce dernier verrait d’un bon œil la création d’une maison sport-santé au sein de la Villa M dans un avenir proche. « Je vais essayer de porter ce projet », promet Jean-Michel Leclercq, délégué régional de la Drajes de la région Sud-Paca, conscient qu’il pourra mettre en avant ce lieu « hybride », avec la présence d’un partenaire privé, pour lequel la mission d’intérêt général est « évidente ».

    Tarifs : 1 km enfants : gratuit – 2,5 km : 12 euros / 10 euros pour les inscriptions en groupe – 5 km : 19 euros / 17 euros pour les groupes

  • Les rugbymen aixois peuvent encore rêver d’une place dans le dernier carré

    Les rugbymen aixois peuvent encore rêver d’une place dans le dernier carré

    Avec six longueurs d’avance sur Oyonnax, cinquième, les rugbymen aixois ont validé la semaine passée, lors de leur exploit monumental face aux leaders vannetais, le droit de recevoir à domicile le barrage d’accession en Top 14. Mais les protégés de Philippe Saint-André pourraient obtenir un bonus inédit lors de cette dernière journée de saison régulière, ce vendredi (21h), à Valence-Romans : en cas de succès, puis surtout en cas de défaite de Colomiers, deuxième, en déplacement à Grenoble, Provence Rugby serait directement qualifié pour les demi-finales d’accession.

    En dehors de l’échéance sportive, le club aixois en a profité pour faire un premier point sur les départs et les futures recrues. Si dix-sept pensionnaires vont faire leurs valises dans quelques semaines, huit joueurs sont susceptibles d’arriver dans la cité du Roi René. Pour le moment, seule l’arrivée de Raphaël Portat, deuxième ligne prêté par le Stade Toulousain, a été officialisée.

    30e journée de Pro D2

    À 21h, au stade Georges-Pompidou, à Valence

    Arbitre : Ludovic Cayre

    VALENCE-ROMANS : (compo probable) : Rozière – Lane, Idrissi, Neiceru, Marsan – Méret, Lhuséro – Réal, Bholi, Roux (cap) – Goumat, Suaud – Vial, Marco-Pena, Aléo.

    Manager : Fabien Fortassin

    AIX-EN-PROVENCE (compo probable) : Vareiro – Lapègue, Bituniyata, Finau, Cellio-Zwiler – Muntz, Coville – Jalagonia, Gambini, Tuisue – Rodda, Van Eerten – Yemsi, Sauveterre (cap.), Taofifenua.

    Manager : Philippe Saint-André

  • Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques

    Des fouilles archéologiques à la Base Navale de Toulon mettent au jour des vestiges antiques

    À Toulon, l’histoire antique continue de s’écrire. En vue de la construction du France Libre, le porte-avions nouvelle génération qui stationnera à la base navale de Toulon dès 2035, et de ses infrastructures, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) mène, depuis septembre 2025, des fouilles archéologiques sur une zone de 11 500 m² correspondant à l’emprise partielle de l’ancienne île de Milhaud.

    Y ont ainsi été découverts les vestiges d’un établissement antique dédié au commerce. Les objets et infrastructures retrouvés (vaisselle, fours, parures…) témoignent d’habitations, activités artisanales (production de farine et vin ou huile) et commerciales entre le IIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle.

    Une découverte unique sur le littoral provençal

    Rattachée au continent depuis 1935 dans le cadre de l’élargissement de la base navale, l’île fut autrefois un pôle commercial stratégique, dès le IIe siècle avant J.-C., avant et après la fondation de Telo Martius (cité antique romaine ancêtre de Toulon, fondée au Ier siècle avant J.-C.). Les grandes quantités de fragments d’objets retrouvés montrent que l’établissement mis au jour, dont la découverte est sans équivalent sur le littoral provençal, a occupé une place significative dans les échanges commerciaux maritimes. Leur qualité et leur origine témoignent de l’empreinte romaine, avant la naissance de Telo Martius, malgré l’emprise grecque en Méditerranée à l’époque. Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que le site devient une emprise militaire, avec, notamment, l’édification d’une poudrière.

    D’autres fouilles devraient commencer dans la Rade, sur les fonds marins, qui devront être creusés pour permettre le passage du porte-avions.

  • La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé

    La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé

    Avec le printemps, c’est un plaisir évident de boire un verre en terrasse au soleil. Pour autant certains commerçants poussent tables et chaises sans autorisation obstruant les trottoirs pour leur business. Un phénomène chronique que les collectivités qui se partagent les secteurs, peinent à juguler en dépit d’une « charte des terrasses » visant à harmoniser l’esthétique et garantir un cheminement piéton minimal. L’association nationale Sites et Monuments alerte depuis des mois les autorités sur ces violations frontales en site patrimonial remarquable (SPR) et sur le site classé du Vieux-Port.

    À l’angle de la Canebière et du quai des Belges où le flux touristique est particulièrement intense, l’établissement Cappuccino a ouvert il y a six mois dans les anciens locaux des Eaux de Marseille. « Il a progressivement colonisé les arcades du Club Pernod. On ne peut plus circuler », proteste Josiane une riveraine. « Et là regardez toutes ces tables et ces chaises qui débordent maintenant devant les arcades. Ils privatisent le trottoir. Ils en ont mis tout le long et depuis quelques jours, ils ont monté des palissades en bois pour leur crêperie. C’est parfaitement intolérable. Un automobiliste se prend 135 euros s’il monte sur un trottoir et ici c’est Marseille bébé ! » Contacté, l’exploitant n’a pas donné suite.

    La Ville de Marseille, déjà saisie de la reconstruction sans permis de la terrasse couverte de la Samaritaine, nous répond que « ce commerce est titulaire d’un arrêté uniquement côté Canebière » autorisant une terrasse de 30 m² (7,5mx4m) détachée du commerce et délimitée hermétiquement par des jardinières contre la piste cyclable. « Pour la partie sous les arches, nous n’avons pas autorité. Le pourtour du Vieux-Port est à ce jour sous l’égide de la Métropole. »

    « Une occupation illégale »

    La Métropole reconnaît la situation. « L’absence d’AOT pour cet établissement est parfaitement identifiée par nos services. Une facturation majorée pour occupation sans droit ni titre a d’ores et déjà été émise à l’encontre de l’exploitant. Cette mesure financière marque la détermination de la Métropole à ne tolérer aucune forme de régularisation tacite de cette situation », explique la collectivité décidée à aller au contentieux. « Face au maintien de l’occupation illégale, la Métropole prépare actuellement la saisine du tribunal administratif afin d’obtenir la libération de l’espace public. La Métropole réaffirme sa volonté absolue de faire respecter les règles d’occupation du domaine public dans ce secteur. »

    La Ville se borne souvent à des signalements au parquet, sans plus. Les contraventions de 5e classe à 1 500 euros sont indolores au regard des profits tirés. D’où cette culture ancrée à Marseille de privatiser la rue. C’est d’ailleurs le cas du portique à arcades du Club Pernod : il a été édifié en 1970 non seulement sans permis mais en empiétant sur le domaine public qui doit rester inaliénable et imprescriptible car à l’usage de tous.

  • Au MAC Marseille, « AFRICA », théâtre antique de l’Algérie

    Au MAC Marseille, « AFRICA », théâtre antique de l’Algérie

    Sitôt franchi le seuil de la [Macroom], l’espace expérimental du Musée d’art contemporain de Marseille, trois pièces provenant du Musée d’archéologie méditerranéenne. Parmi celles-ci, une stèle du IIe siècle qui représente le dieu Saturne. « Mais a-t-il la même morphologie que le dieu romain ? Et qui l’a réalisée ? Un Romain berbérisé ou Berbère romanisé ? », interroge Louisa Babari. L’une des amorces d’« AFRICA », du nom d’une déesse berbère ayant donné son nom au continent, grande œuvre sonore et plastique accessible au public dès vendredi.

    « Temps immémoriaux »

    Dans une pénombre délimitée au loin par un rideau façon « scène de théâtre », situe Stéphanie Airaud, directrice du MAC Marseille, tintements d’épées, chevaux au galop et « flûtes qui embrassent le vent des Aurès » rythment la plongée dans cette Algérie antique. Réalisée par les élèves de la classe d’électroacoustique du Conservatoire de Marseille, une bande-son qui accompagne une décolonisation des esprits, illustrée notamment par huit impressions sur bâches qui réunissent influences romaines et berbères. Un cheval, des chaouis, des drapés, une statue romaine qui semble caresser des équidés… Montages, collages et photographies viennent rappeler des « temps immémoriaux » dont Louisa Babari stimule « intuitions et imaginaires ». L’interpénétration de deux civilisations subtilement balisée par des colonnes en marbre, avant qu’un diaporama d’objets issus de l’Antiquité algérienne nous enveloppe dans une « rêverie », imagine la plasticienne et photographe. De la statuette du Cavalier de Canosa, « parmi les seules représentations d’un Numide retrouvée en Sicile » jusqu’à des bustes d’empereurs, un souffle épique et méconnu. « C’est aussi cela, l’histoire de l’Algérie », commente-t-elle.

    Gratuit. Ouvert du mardi
    au dimanche entre 9h et 18h.

  • Le Prado Carénage veut encore augmenter ses dividendes

    Le Prado Carénage veut encore augmenter ses dividendes

    Le tunnel du Prado-Carénage ne connaît pas la crise. Après avoir été sous le feu des projecteurs lors des dernières municipales à Marseille, la société gestionnaire du péage urbain le plus cher de France va proposer à l’assemblée de ses actionnaires, le 12 juin prochain, d’augmenter encore de 10 centimes le dividende par action, comme l’indique son rapport d’activité publié le 24 avril dernier. Au total, ce sont ainsi 13,4 millions d’euros de dividendes qui devraient donc être versés cette année. Les groupes Vinci et Eiffage seront les premiers à en bénéficier, qui détiennent chacun 34,15% du capital.

    Une hausse de 20% des dividendes en quatre ans

    Au mois d’avril 2025, la Chambre régionale des comptes avait déjà pointé que « les activités concédées dégagent une forte rentabilité ». Sur la période contrôlée, de 2016 à 2022, les résultats de la Société marseillaise du tunnel Prado-Carénage avaient permis de verser chaque année (sauf en 2019) quelque 11 millions d’euros de dividendes (notre édition du 07/04/2025). Depuis, le montant n’a eu de cesse d’augmenter, en même temps que le péage payé par les automobilistes marseillais. Après avoir versé 11,1 millions d’euros de dividendes au titre des résultats de 2022, ce sont 12,3 millions qui ont été versés pour les résultats de 2023, et 12,8 millions pour l’année suivante. Et donc 13,4 millions pour les résultats de l’année passée, une augmentation de 20% en quatre ans.

    Concessionnaire de la Métropole Aix-Marseille, la société peut se le permettre. En 2025, son résultat net a bondi de 11,4% pour atteindre 10,1 millions d’euros (notre édition du 01/04). Et cela même si le nombre de véhicules qui l’ont emprunté a légèrement diminué
    (-0,8%), avec plus de 39 000 passages quotidiens. Mais la baisse des taux d’intérêt et la hausse des tarifs, 10 centimes de plus à payer depuis le 1er janvier 2025, ont nourri les bénéfices de la société. Quand bien même celle-ci rappelle dans son rapport que pour 2026, le tarif « est resté inchangé par rapport au tarif pratiqué en 2025 », à hauteur de 3,30 euros pour le péage de base pour le seul tunnel Prado-Carénage.

    Si l’assemblée des actionnaires valide la proposition de dividende, cela pourra donner de l’eau au moulin municipal. Lors de la campagne, le maire (DVG) Benoît Payan s’en était pris aux tarifs pratiqués par la société, évoquant « du pseudo-vol, du pseudo-racket ». « Je n’ai pas envie que les Marseillais soient les vaches à lait de ces actionnaires », insistait-il en proposant de mettre en place un abonnement pour que chaque passage quotidien revienne à 1 euro pour ceux qui choisiraient cette formule. Avant que la question d’un retour dans le giron public ne se pose, à la fin de la concession, en 2033.

  • Résistances tunisiennes à La Citadelle

    Résistances tunisiennes à La Citadelle

    Depuis la partie haute du Fort Saint-Nicolas, construit sur ordre de Louis XIV pour mater la soif de liberté des Marseillais, la ville, la mer et l’horizon. Obstruction. Démantelée pendant la Révolution, transformée en prison et garnison militaire jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, c’est ici qu’un certain Habib Bourguiba, alors jeune leader indépendantiste voulant libérer la Tunisie du protectorat français, fut détenu entre 1939 et 1942. Le point de départ de « Résistances & Désobéissances », œuvre d’une résidence croisée entre un artiste tunisien et un français, inscrite dans le cadre de la Saison Méditerranée à partir du samedi 16 mai à la Citadelle. « Je savais qu’il était passé par ici mais on n’en trouve pas traces dans sa biographie officielle. Pourtant, il raconte toutes ses autres incarcérations. Il était détenu dans ce fort sous le régime de Vichy et a été ensuite libéré par les Allemands à Lyon. On trouve trace ensuite de Bourguiba avec des hommes de Mussolini. C’est pour ça qu’il l’a caché », tranche Saber Zammouri, vue sur une cour et d’anciennes cellules cernées par des murs de pierre d’un rouge et blanc d’une liberté contenue. Comme les couleurs estompées de la Tunisie et de celui qui en deviendra le président entre 1957 et 1987. Père de la Tunisie moderne pour les uns, dictateur pour les autres. Sur les portes des cellules du Fort Saint-Nicolas, fines alcôves, des ouvertures qu’on se surprend à vulgairement inspecter tel un maton. Une dizaine de lucarnes sur l’enfer d’où jaillissent dispositifs et archives sonores, objets en tous genres.

    « Je parle aussi du colonialisme, de l’Empire français, des rapports historiques et actuels entre la France et la Tunisie. Pour un migrant et artiste comme moi, c’est une belle occasion pour dire quelque chose », prend à cœur cet artiste installé à Marseille depuis plus de trois ans. La dictature et le colonialisme, des prisons mentales qui s’entretiennent mutuellement. « Le colonialisme a facilité la tâche de Bourguiba à devenir ce personnage politique dominant, paternaliste et autoritaire », estime Saber Zammouri. Selon lui, deux « séquelles » d’une même pièce qui percutent sa propre histoire, lui le natif d’« un petit village dans la région de Médenine et Tataouine. Pendant la colonisation française, c’était une région militaire où il y avait même un bagne. Une gouvernance militaire très violente envers ma région, ma famille, mon village. Et après l’indépendance, c’était presque pareil. Le régime tunisien a continué à la négliger. Et dans le pays, il y avait des luttes armées et une opposition à Bourguiba qui a emprisonné beaucoup de jeunes, assassiné ses opposants comme ceux de l’Union générale des étudiants de Tunisie. C’était un dictateur, il s’est même déclaré président à vie en 1974 », ne peut qu’observer cet artiste.

    Ce dernier tisse le lien entre hier et nos jours, représentant dans son installation l’esprit de Gilbert Naccache, « l’un des fondateurs du Parti communiste tunisien, emprisonné arbitrairement par Bourguiba », mais aussi un jeune Tunisois d’aujourd’hui dont les portraits tapissent des murs du Fort Saint-Nicolas. Connue pour son esprit frondeur et révolté, sa région natale l’est aujourd’hui « beaucoup moins. 60% à 70% de sa jeunesse est aujourd’hui migrante en France », fait remarquer Saber Zammouri, barbe hirsute mais idées claires. Le fruit d’un « même système », perpétué à la suite de Bourguiba par Ben Ali et les régimes suivants. « Nous, les artistes, on a un rôle compliqué. Certains disent qu’on est instrumentalisés mais on essaye de détourner les choses et créer des espaces de dialogue. Mais je pense qu’on peut changer les choses. Peut-être même plus que les politiciens », espère-t-il.

    Gratuit sur inscription. Ouvert tous les samedis et dimanches
    à partir du 16 mai. www.citadelledemarseille.org

  • Un phare d’humanité

    Un phare d’humanité

    L’événement qui débute aujourd’hui à Marseille et va faire étape dans plus d’une soixantaine de villes jusqu’à fin octobre, doit faire date. Lancé par le président de la République lui-même il y a trois ans, celui-ci écrit aujourd’hui qu’avec cette manifestation : « Nous célébrons la richesse des liens exceptionnels qui unissent les populations de Méditerranée. »

    Effectivement, au travers de ces dizaines d’expositions, performances, concerts et rencontres, la culture fait aujourd’hui le lien entre les différents pays, les différents peuples et les différents artistes du pourtour méditerranéen. Elle encourage à la réflexion, la critique, à porter le regard au lointain, à tendre la main, à se questionner. Mais de là à « célébrer » ?

    Faut-il que le cœur y soit. Las, durant les trois années qui ont séparé l’annonce de la concrétisation du rendez-vous, la Méditerranée a pris une couleur rouge Vermeil, des pays, des territoires saignent, en premier lieu la Palestine, Gaza, le Liban aussi, dont l’existence même est menacée. Quand cette mer ne devient pas le linceul de milliers de personnes fuyant l’oppression et la guerre.

    Politique de la main tendue

    À l’immense espoir soulevé par le printemps arabe en 2010, a succédé une nouvelle chape de plomb, mettant à mal la liberté d’opinion, de penser, de militer… Sans compter certaines postures, privilégiant les discours démagogiques aux relents nationalistes et le repli sur soi plutôt qu’une politique fraternelle de main tendue. Et à naviguer à vue dans ses brumes menaçantes, les artistes et leurs œuvres qui prennent place à Marseille sont autant de phares guidant notre humanité.