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  • Réparer et transmettre l’histoire du Cambodge après les Khmers rouges

    Réparer et transmettre l’histoire du Cambodge après les Khmers rouges

    Cinquante ans après la prise du pouvoir de Pol Pot pour installer un régime criminel au Cambodge de 1974 à 1979, la Ville de Martigues accueille une exposition de photographies de Micheline Dullin réalisées entre 1958 et 1964.

    Avant le vernissage samedi dernier, une table ronde fut organisée au sujet de la réparation et de la transmission de cette histoire du Cambodge, animée par Françoise Verna, rédactrice en chef adjointe de La Marseillaise.

    Méas Pech Métral y était, à 14 ans. Aujourd’hui écrivaine, elle estime que le travail de mémoire est « difficile quand il faut réparer une déchirure telle que celle du peuple khmer ». Mais est-ce qu’aujourd’hui les jeunes générations ont réussi à s’approprier leur histoire ? « Très peu », affirme l’autrice, prenant l’exemple d’« un journaliste de 27 ans qui croyait que le Cambodge n’avait jamais connu le protectorat français, les Khmers ou les Vietnamiens ». « En Europe, il y a des parents qui n’en parlent pas. Ça fait 50 ans mais la cicatrice reste à jamais. Pour pouvoir témoigner, écrire, il faut des psys, mais on n’a jamais eu tout ça », complète Méas Pech Métral.

    La culture comme vecteur

    Dara Thong, entrepreneur français d’origine cambodgienne, souligne le rôle du film La Déchirure de Roland Joffé dans sa découverte de la période. « Ça m’a traumatisé, j’étais enfant quand je l’ai vu. C’est trop dur à accepter, surtout à cet âge. » « C’est important de connaître son histoire, surtout quand on est Cambodgien. Car au pays comme en dehors, on peut être assimilé à ce régime. Certains effacent ce passé, d’autres ont besoin de se réapproprier son histoire et sa culture. »

    À chacun sa manière de recoudre la plaie.

  • La pollution de l’air diminue mais il reste encore beaucoup à faire

    La pollution de l’air diminue mais il reste encore beaucoup à faire

    À l’échelle régionale, les émissions annuelles de polluants dans l’atmosphère sont en baisse. C’est là le principal enseignement de l’inventaire des émissions publié en ligne ce 6 novembre par l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud. Cet outil permet de suivre sur chaque commune l’évolution des polluants atmosphériques, les consommations et productions d’énergie en région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Plus précisément, les émissions de particules fines (PM 2,5), produites notamment par le chauffage au bois, ont réduit de 15%, les oxydes d’azote (Nox), principalement issus du trafic routier et maritime, de 7,6%, les gaz à effet de serre (GES) de 5%. Mais « malgré ces progrès, notre territoire reste loin de ses objectifs : 97% de la population vit au-dessus des seuils de l’OMS, 11% au-dessus de la valeur limite 2030, et loin de la neutralité, puisqu’il ne compense encore que 12% de ses émissions de GES », analyse AtmoSud.

    Un outil pour anticiper

    Cette année, les particules ultrafines ont été intégrées dans l’inventaire communal, une « première mondiale », se félicite AtmoSud. Ces dernières sont principalement émises par le trafic routier mais si la contribution de l’aérien est faible, il reste le premier contributeur des particules les plus fines des ultrafines, comprises entre 10 nanomètres et 13 nanomètres, en étant responsable de 35% de ces émissions.

    Le calcul des émissions maritimes a aussi été revu « grâce au partage des données réelles avec les acteurs portuaires ». Les résultats sont sans appel : « À Marseille, le secteur maritime demeure un contributeur majeur aux émissions de polluants atmosphériques. Il représente 37% des émissions d’oxydes d’azote (1 456 tonnes), juste derrière le transport routier (45%). » À Fos-sur-Mer, ce secteur reste le premier émetteur, avec 6 212 tonnes de NOx, soit 57% des émissions totales de la commune. Les axes routiers secondaires sont également pris en compte et le calcul de « la séquestration carbone » amélioré « avec la prise en compte de la mortalité des végétaux ».

    Cette étude sert également de base pour « comprendre les phénomènes de pollution, mieux anticiper la pollution de l’air et évaluer la performance environnementale de notre territoire ».

    Pour en savoir plus : cigale.atmosud.org

  • Les Soudanais exilés appellent à l’arrêt des massacres

    Les Soudanais exilés appellent à l’arrêt des massacres

    « La communauté internationale, elle est où ? » Rassemblés aux Réformés, à l’appel de l’Association des Soudanais des Bouches-du-Rhône, du Var, ou encore de l’association de la Cantine soudanaise en France, ils sont venus rendre visible « le massacre. »

    « On essaie de faire en sorte que le monde tourne ses yeux vers le Soudan pour trouver une solution de paix car les victimes sont des femmes, des enfants, ce n’est pas une guerre mais un génocide », alerte Tamzain, un des manifestants. Pas plus tard que vendredi, l’ONU a mis en garde contre des « préparatifs en vue d’une intensification » des hostilités dans un Soudan déchiré par une guerre entre l’armée et les paramilitaires, malgré l’annonce par ces derniers de leur accord à une proposition de trêve humanitaire.

    Le troisième plus grand pays d’Afrique est ensanglanté depuis avril 2023 par une lutte pour le pouvoir opposant l’armée du général Abdel Fattah Al-Burhane aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de son ancien adjoint, Mohamed Hamdane Daglo, tous deux accusés d’exactions.

    Des milliers de morts

    « En juin 2023, 15 000 membres de la population masalit d’El Geneina, dans l’Ouest du Darfour, ont été tués et des milliers d’autres ont été contraints de fuir vers le Tchad voisin », indiquent les manifestants marseillais, rapportant le récit d’une humanitaire sur place, en date du 6 novembre. Depuis le 26 octobre, la FSR a pris le contrôle de la ville d’El Fasher après un siège complet de 18 mois empêchant l’entrée de toute nourriture, ajoutent-ils évoquant des viols, tueries de civils, de journalistes, d’activistes. Des « horreurs » constatées dans des vidéos postées par les combattants de la FSR eux-mêmes. Sur leurs pancartes, les Soudanais exilés ont d’ailleurs apposé des images terribles d’enfants pendus, de corps ensanglantés. Des atrocités auraient été aussi commises dans la ville de Bara, dans la région du Nord-Kordofan.

    Le conflit a déjà fait des milliers de morts, forcé le déplacement de 12 millions de personnes et plongé le pays dans la plus grande crise humanitaire au monde selon l’ONU.

    Pour les manifestants marseillais, le soutien des Émirats arabes unis à la FSR lui permet de disposer d’« armes en nombre et récentes » en échange d’accès aux richesses du sol, « de l’or dans l’Ouest ». Pour Tamzain, les Émirats visent une scission du pays pour s’emparer définitivement de cette manne économique. Des mobilisations ont été organisées aussi à Paris ou Mulhouse, toujours « pour faire parler du conflit. » D’autres rassemblements ne sont pas exclus, « il faut que ça s’arrête, qu’on envoie des vivres et des médicaments », intime-t-il.

  • L’OM s’est rassuré et reste dans le sillage du PSG

    L’OM s’est rassuré et reste dans le sillage du PSG

    Lorsque vous lirez ces lignes, Roberto De Zerbi en aura terminé de sa courte parenthèse.

    Interrogé sur ce qu’il allait faire pour célébrer la victoire de l’OM, samedi, face à Brest, l’entraîneur devait passer en mode Jack Kerouak. « Je vais aller à la Commanderie, fumer quelques cigarettes. Ensuite, c’est voiture, bonne musique et cap sur l’Italie ! » Tout en avouant « que j’aurai déjà en tête la réflexion pour Nice ».

    S’il a profité de la trêve pour aller se ressourcer « alla sua casa », il avait déjà en tête le programme qu’il imposera à ses joueurs. « Du jeu, du jeu, du jeu. » Car, malgré la démonstration face aux Bretons, sur le score de 3-0, il a toujours en travers de la gorge les prestations précédentes.

    « Cela m’a fait mal de voir l’équipe jouer mal. J’assume la responsabilité de ne pas avoir réussi à lui donner de la sérénité, peut-être de ne pas lui donner le goût, le plaisir de jouer, peut-être de ne pas avoir donné aux joueurs des consignes claires à suivre, et donc cela me pèse beaucoup, encore plus que la défaite [contre l’Atalanta, Ndlr]. » Alors, il va revoir certains détails, avec un groupe plus étoffé que d’habitude.

    Certains internationaux vont en effet rester à la Commanderie. À l’image de Timothy Weah, Leo Balerdi ou encore Facundo Medina. Les blessés de l’automne quittent petit à petit l’infirmerie. Et les deux semaines sans matches vont leur permettre de terminer leur convalescence et retrouver le rythme.

    Roberto De Zerbi aura aussi à se projeter sur la dernière ligne droite avant le changement d’année, qui verra son équipe disputer le Trophée des Champions face au PSG, dans un endroit improbable. « Je ne comprends pas pourquoi le Koweït », souffle-t-il. En n’oubliant pas non plus que le succès de samedi n’efface pas les affres traversées ces derniers jours.

    « Il me faut déjà me préparer à la prochaine tempête, car elle arrivera. Je ne sais pas quand, mais elle arrivera. Alors, si vous vous préparez, vous savez déjà que c’est comme ça, et c’est ce qui est beau à Marseille », confesse-t-il. Cette particularité locale est un des ingrédients qui l’a attiré. Et « j’ai dit aux joueurs de ne pas manquer cette opportunité unique, de rester ici, parce que, si c’est plus facile ailleurs, mais, ailleurs, ce n’est pas aussi beau. J’espère qu’ils me suivront, car je ne suis pas un héros, je ne suis pas plus fort, c’est difficile pour moi aussi, mais je suis peut-être plus âgé et j’essaie donc d’apprécier ce que Marseille nous offre de beau ».

    Attaque prolifique

    Après trois mois de compétition, Roberto De Zerbi estime que, « nous faisons de bonnes choses, pas parfaites. Et je pense que nous mériterions d’avoir plus de points, aussi bien en championnat, qu’en Ligue des Champions ». L’OM en totalise 25 qui lui ont permis d’occuper deux fois provisoirement la tête de la Ligue 1 et d’être à deux longueurs du PSG.

    De quoi susciter des espoirs. Mais l’entraîneur prévient. « Le championnat est long. Ce sera difficile, mais pas impossible. Même s’il est trop tôt pour affirmer quoi que ce soit. »

    L’OM s’inquiète au sujet de Nayef Aguerd

    Depuis plusieurs jours, Nayef Aguerd tire sur la corde. Le défenseur central olympien avait renoncé à Auxerre, mais a débuté face à l’Atalanta et Brest. Néanmoins, il a dû se résoudre à quitter le terrain avant la fin, samedi. « Il a senti que ça s’était aggravé, il va faire des examens. C’est nécessaire qu’il s’arrête un peu, sinon ça va empirer. Il pourrait rater la CAN » a indiqué Roberto De Zerbi, qui redoute que « ce soit une pubalgie ».

    L’OM va demander au Maroc de ne pas le convoquer durant la trêve internationale. Le joueur doit passer des examens pour déterminer son mal. Et sera mis au repos à la Commanderie.

  • [Entretien] Sandrine Maljean-Dubois : « L’enjeu principal est le relèvement de l’ambition »

    [Entretien] Sandrine Maljean-Dubois : « L’enjeu principal est le relèvement de l’ambition »

    La Marseillaise : Dix ans après l’Accord de Paris, cette COP30 semble s’ouvrir sur un constat d’échec…

    Sandrine Maljean-Dubois : Elle s’ouvre dans un contexte difficile, entre conflits géopolitiques, crise du multilatéralisme et le départ des États-Unis pour la deuxième fois de l’Accord de Paris (qui sera effectif au mois de janvier). Après l’adoption de l’Accord, il y a 10 ans, l’enjeu des COP suivantes a été d’adopter ce qu’on appelait le « rulebook », soit une série de décisions qui ont précisé les détails d’application nécessaires pour la mise en œuvre de l’accord. Maintenant que cela est fait, l’objectif des COP est de favoriser cette mise en œuvre. De ce point de vue, 2025 est une année clé parce que l’année prochaine débute un nouveau cycle de cinq ans pour les contributions nationales. Les États devaient normalement envoyer au printemps leur nouvelle contribution nationale, révisée, toujours vers plus d’ambition. Seule une grosse soixantaine d’États l’avaient fait mi septembre, c’est très loin de l’ensemble des parties. L’Union européenne et la Chine viennent tout juste de le faire, et l’Inde, troisième émetteur mondial, toujours pas. L’enjeu principal de cette COP est encore une fois le relèvement de l’ambition.

    Depuis Belém, Emmanuel Macron
    a appelé à choisir le «
     multilatéralisme face au repli sur soi ». C’est la principale menace face au combat climatique ?

    S.M.-D. : C’est une menace. La principale, je ne sais pas. Mais ça participe de la difficulté à faire coïncider les objectifs de l’Accord avec la réalité des trajectoires, de la production, de la consommation de fossiles. On n’a même pas à l’ordre du jour l’idée de changer de mode de vie… Alors que sans ça on n’y arrivera pas. La question des fossiles et de comment on en sort est un sujet que le Brésil voudrait bien faire monter. C’est la même chose sur les financements. L’an dernier, les pays se sont mis d’accord sur un objectif annuel de 300 milliards de financements climatiques et non plus 100 milliards. C’est l’objectif posé pour 2035, qui est assez ambitieux. Mais quelle est la feuille de route pour y arriver et même aller au-delà car c’est bien loin des besoins ? C’est une demande forte des pays en développement. En juillet, la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis très ferme sur le sujet, en disant notamment que l’assistance financière, ce n’est pas une question de choix. La coopération en la matière est une obligation juridique. La difficulté, c’est qu’il n’y a pas inscrit dans l’accord de partage de l’effort entre les pays. Donc les 300 milliards, qui en prend sa part ? Ça, évidemment, on n’en discute pas, ce qui fait que ces objectifs collectifs, ambitieux, ne correspondent pas à la somme des contributions individuelles des États, et qu’ils sont durs à atteindre.

    Au regard du budget actuellement examiné à l’Assemblée nationale, l’écologie n’est toujours pas une priorité. Comment expliquez-vous cela ?

    S.M.-D. : On a vraiment sur ces sujets des régressions, beaucoup de tensions. Ça pourrait se gâter encore davantage dans le futur, selon comment les choses évoluent politiquement. On est dans le creux de la vague. L’argent est mis ailleurs, dans un contexte de tension budgétaire. Et puis politiquement, c’est peut-être moins porteur ou moins porté… On parlait tout à l’heure de désinformation, de mise en cause de la science, ces attaques se généralisent et ça fragilise tout. On l’a vu sur les pesticides, avec la loi Duplomb. La France n’est pas du tout la seule concernée. Cette période est ahurissante, je n’aurais pas pensé vivre ça. Bêtement et optimistement, j’ai imaginé qu’on allait toujours vers du mieux, mais non !

    Alors que les bilans de ces COP sont de plus en plus mitigés, l’avis
    de la CIJ peut contraindre les États à leurs obligations ?

    S.M.-D. : Il ne peut pas contraindre. Il dit simplement le droit. Mais c’est un argument supplémentaire au soutien des pays vulnérables, des pays du Sud, parce que c’est un avis qui revêt une grande autorité. Il a été demandé par l’Assemblée générale de l’ONU, par une résolution qui a été adoptée par consensus. Il a été rendu à l’unanimité des membres de la Cour, qui représentent les différents systèmes juridiques. C’est un avis qui pourrait nourrir des contentieux interétatiques à l’avenir, puisque la Cour dit clairement que si les États ne respectent pas leurs obligations -qui sont strictes- ils pourront voir leur responsabilité engagée par d’autres États. C’est aussi devant le juge national, que des requérants, par exemple des ONG qui voudraient saisir le juge contre leur État voire une entreprise peuvent utiliser l’avis pour consolider leur argumentation, parce qu’il est vraiment très progressiste.

  • COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    COP30 : un sommet sous le signe de l’urgence

    Alors que deux semaines de négociations s’ouvrent ce lundi 10 novembre à l’occasion de la COP30, à Belém, au Brésil, le « sommet des leaders » organisé en amont, où ont défilé des dizaines de ministres et quelques chefs d’État et de gouvernement, laisse déjà entrevoir des points d’achoppement. Le tout sur fond de climatoscepticisme assumé par certaines puissances parmi les plus gros pollueurs, comme les États-Unis de Trump qui a ouvertement boycotté le rendez-vous. Mais les chiffres sont têtus…

    Les décideurs ont été forcés de réconcilier leurs discours avec le fait que les onze dernières années sont les onze plus chaudes jamais mesurées, selon un rapport de l’ONU publié le 29 octobre. Et pour l’année 2025, de janvier à août, la moyenne était déjà de 1,42 degré au-dessus de la température pré-industrielle, ce qui devrait en faire la 2e ou 3e année la plus chaude de notre histoire, derrière 2024. Une chaleur dont on meurt.

    Selon The Lancet Coutdown 2025, publié également le 29 octobre par la revue médicale britannique éponyme, depuis les années 1990, le nombre de décès liés à la température a grimpé de 63%, atteignant en moyenne 546 000 morts par an entre 2012 et 2021, cite le Réseau action climat France. Soit une hausse de 23% si l’on tient compte de la croissance démographique mondiale. Les événements météorologiques extrêmes, canicules, inondations, tempêtes, et surtout le manque d’adaptation à ces derniers, ont causé au moins 16 000 morts et déplacé plus de 800 000 personnes en 2024.

    L’année 2025 marque aussi les dix ans de l’Accord de Paris, signé par 195 pays, qui posait des objectifs clairs et visiblement partagés, comme le maintien du réchauffement sous la barre des 1,5 degré. Tout le monde s’étant engagé à mettre en œuvre des plans climat plus ambitieux, au plus tard cette année, pour y parvenir.

    Une France pas

    très exemplaire

    Si les dirigeants ont aujourd’hui admis que le monde n’y parviendrait pas, sans pour autant se résigner à 2 degrés, l’autre limite négociée alors, selon les scénarios les plus pessimistes, le réchauffement serait contenu entre 2,6 et 2,8 degrés, contre 4 annoncés avant l’adoption de l’Accord, note néanmoins le réseau action climat France. L’accord « ne suffit pas encore mais il fonctionne », estime l’association Oxfam qui liste également des avancées juridiques comme la reconnaissance du principe de justice climatique ou une certaine prise de conscience ou pour le moins une réorientation du monde de la finance. Avec « des marchés désormais contraints d’intégrer les risques climatiques », qui « réorientent progressivement les investissements vers les énergies renouvelables et les solutions bas carbone ».

    Mais pour le reste, rien n’a vraiment été respecté, relevant d’autant les enjeux de cette COP30. Notamment en termes de financement. Les pays du Nord avaient accepté de mettre au pot 1 300 milliards supplémentaires lors de la COP29 à Bakou, pour convaincre les pays du Sud de mettre aussi la main à la poche. De quoi dégager 300 milliards de dollars par an, en théorie. La France, dont le président Emmanuel Macron s’est plu à positionner en véritable leader climatique, appelant encore ce 6 novembre à « l’action face au fatalisme », a vu stagner ses émissions depuis 2024. « Ses budgets verts sont en baisse et son gouvernement a reculé sur 43 mesures climatiques », pointe Oxfam. Alors que l’examen parlementaire du projet de loi de finances (PLF) 2026 a démarré, le budget du ministère de l’Écologie, de 24 milliards d’euros, s’affiche comme un parent pauvre quand les magistrats de la Cour des comptes ont estimé dans un rapport rendu public en septembre qu’« atteindre la neutralité carbone en 2050 suppose de doubler les investissements actuels d’ici 2030 », soit 110 milliards d’euros supplémentaires.

    Bien qu’emmenée par un Lula volontariste, le président brésilien se pose comme un pont entre Nord et Sud, cette COP30 s’inscrit aussi dans un contexte de fortes tensions entre guerre en Ukraine, éradication du peuple palestinien ou conflits sur les tarifs douaniers. Une atmosphère de crise que les nations vont devoir dépasser…

    Les objectifs de la COP régionale

    Un an après son lancement, les principaux acteurs s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel de Région, fin octobre, pour un premier point d’avancement afin de bâtir « un plan régional de transformation énergétique et écologique ambitieux » et « atteignable ». Outre le diagnostic, les protagonistes ont fixé plusieurs enjeux visant à s’adapter au changement climatique : la baisse de la consommation énergétique pour atteindre la neutralité carbone en 2050, une baisse de 10% de la consommation d’eau, le développement d’une économie circulaire ou encore la protection forte d’espaces naturels.

    REPÈRES

    540000

    morts par an entre 2012
    et 2021, victimes d’effets du réchauffement climatique ont été recensés par la revue médicale « The Lancet ».

    2,3%

    d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre… Le monde continue à brûler avec toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon en 2024, selon l’ONU.

  • Au pied du mur

    Au pied du mur

    « Nous avons échoué » à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’Accord
    de Paris, a lancé jeudi
    le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avant le début de cette COP30. Un constat implacable et factuel,
    qui ne l’empêche pas
    de faire preuve de détermination, considérant que « nous n’avons jamais été mieux équipés pour contre-attaquer », au regard des énergies alternatives et des politiques pouvant être menées d’un bout
    à l’autre de la planète. Pour autant, l’augmentation en nombre et en intensité des catastrophes naturelles directement liées au dérèglement climatique est une réalité. Au-delà de l’aspect dramatique et du nombre de morts qui ne cesse d’augmenter.

    Une décennie d’atermoiements

    C’est une réalité d’ores et déjà chiffrée aussi par les assurances. Des vagues de chaleur qui ont quadruplé en quarante ans, des épisodes de sécheresse qui endommagent récoltes et bâti, tempêtes à répétition, inondations… Premier impact visible, la hausse des tarifs et des surprimes pour faire face aux dépenses… Avec un risque majeur à plus ou moins long terme, très redouté par l’État et les collectivités, celui de se retrouver avec des « déserts assurantiels », des territoires où les risques sont tellement importants et récurrents qu’ils ne seront plus couverts. Après
    une décennie d’atermoiements, de renoncement et de dénis, il reste à espérer, comme le fait le secrétaire général de l’ONU que les pays réunis au Brésil s’emparent de ce défi qui impactera chacun d’entre nous.

  • Fos-sur-Mer : Rémi Esnault inaugure son local de campagne

    Fos-sur-Mer : Rémi Esnault inaugure son local de campagne

    Notre Fos est là » pour Rémi Esnault. Ils sont près de 600, selon le candidat, à s’être déplacés ce samedi matin pour assister à l’inauguration du local de campagne, avenue Jean-Jaurès. L’actuel chef de cabinet de René Raimondi (DVG) est le candidat à la succession du maire, après « trente ans de travail et d’amour pour cette ville », comme ce dernier le résume.

    Rémi Esnault se présente en continuateur assumé de la politique menée par ses prédécesseurs. « Dans les doutes du monde et le chaos des institutions, tout le monde semble perdre sa boussole et la commune est le seul cap qui nous reste. On tient ce cap depuis plus de 20 ans. Le plébiscite à chaque élection nous honore », considère le candidat.

    Son premier soutien, le maire de Fos, René Raimondi, a quand même une « pensée très émue pour Jean Hetsch », élu maire en 2018 et disparu quatre ans après d’un cancer. « C’est pas moi qui devrait être là », juge-t-il, des larmes dans la voix. « J’ai fait de mon mieux. Au moment de partir, il faut quelqu’un capable de continuer le travail et cette personne c’est Rémi. Il m’accompagne depuis plus de dix ans. Comme Jean, il a agi avec moi sur tous les dossiers », conclut René Raimondi.

    « La participation doit être structurelle au mandat »

    Si le programme « se fera avec les Fosséens », Rémi Esnault confie en marge du meeting que « la façade littorale est extraordinaire mais sous-utilisée. L’enjeu ne sera pas de transformer mais d’améliorer », ces lieux, en même temps que de « revitaliser le centre-ville au niveau économique et humain pour en faire une vraie place de village car le lien social n’est pas du passé mais une nécessité », pense le candidat. Pour ce faire, Rémi Esnault compte sur sa « proximité avec les Fosséens, une richesse dont on s’abreuvera en permanence, la participation doit être une réalité structurelle du mandat ».

    Parmi ses soutiens présents, l’ancienne députée PS Sylvie Andrieux, le maire d’Istres (DVG) François Bernardini, les communistes Jérémy Bacchi, sénateur, le maire de Port-de-Bouc, Laurent Belsola et l’adjoint de Fos, Nicolas Féraud. Pour ce dernier, les communistes « œuvrent au rassemblement de la gauche ». « Rémi coche beaucoup de cases de notre projet et notre section décidera bientôt de sa position » indique Nicolas Féraud.

    Les deux prochains mois seront ceux « du bilan avec les habitants pour avoir leur retour et construire notre programme que nous présenterons d’ici fin janvier début février », promet Rémi Esnault.

    Permanence de Rémi Esnault
    au 39, avenue Jean-Jaurès, à Fos.

  • [Portrait] Nine Antico, virtuose de la bande dessinée avec « Une obsession »

    [Portrait] Nine Antico, virtuose de la bande dessinée avec « Une obsession »

    « Amour de la Méditerranée »

    Née il y a 44 ans à Aubervilliers d’un père italien venu des Pouilles et d’une mère française d’origine espagnole, Nine Antico vit à Marseille depuis dix ans et y travaille dans un vaste appartement du centre-ville transformé en atelier qu’elle partage avec onze autres femmes chacune créatrice dans son domaine, autrices, réalisatrices, traductrices ou graphistes, ce qui permet des confrontations d’idées et une ouverture d’esprit alors que le travail de la BD est « tellement solitaire ». Une zone non mixte « non voulue mais qui s’est faite toute seule ».

    C’est « par amour et amour de la Méditerranée » que cette « raconteuse d’histoire » a posé ses pinceaux et ses feutres dans la cité phocéenne en quittant Paris où elle avait débuté tout en ayant des boulots alimentaires en publiant des fanzines, une volonté de dessiner qui vient de l’enfance à laquelle s’est ajoutée celle de raconter des histoires, d’abord chez des éditeurs indépendants puis chez Glénat, Dupuis ou Dargaud. Ce qu’elle fait également à travers l’image puisqu’elle est réalisatrice de trois courts-métrages et d’un long Playlist et qu’elle en prépare un autour de sa ville d’adoption où elle anime également des ateliers à la maison d’arrêt des Baumettes. Une cité où elle retrouve des ambiances de vacances familiales dans le sud de l’Italie, évoquées dans Une obsession et le mélange qu’elle a connu et apprécié à Aubervilliers et qui est « le vrai visage de la France ». À Marseille, elle retrouve également avec le côté latin « un rapport au temps différent dans une ville qui pousse à se rendre disponible, à s’accorder plus de temps libre ». Tout en ayant une autodiscipline féroce pour s’atteler à la table à dessin, « être sa propre secrétaire » et mener plusieurs projets éditoriaux de front sur plusieurs années. Pour un lectorat intéressé par la BD d’auteur d’abord essentiellement féminin et qui aujourd’hui, comme elle le voit en dédicace, compte de plus en plus d’hommes et qui de façon générale « soutient à fond mon travail ».

    C’est en 2008 qu’elle bascule comme autrice professionnelle de bande dessinée, son style évoluant depuis « sans que je ne le décide ». « Mes inspirations sont autobiographiques, la chronique d’instants de vie autour de moi, le réel, des conversations, des phrases qui peuvent sortir de manière commune mais qui avec le travail prennent un autre sens », raconte-t-elle. « C’est ce décalage, cet humour qui m’intéresse. »

    La cause des femmes

    La cause des femmes et le point de vue féminin sont aussi au centre de son œuvre où les questions comme le désir, la sexualité, la représentation de soi et la difficulté plus grande de la liberté chez les filles que chez les garçons sont abordées de manière crue et frontale sans jamais sombrer dans la vulgarité ou le voyeurisme mais de façon politique sans avoir l’air d’y toucher. Elle va par ailleurs participer au boycott du prochain Festival d’Angoulême, la Mecque de la BD européenne mais dont la direction est aujourd’hui fortement contestée par les auteurs.

    « Ces questions étaient là à la base, cette interrogation sur la liberté que les filles devaient payer de quelque chose que les garçons ne payaient pas. C’était une rage, une envie irrépressible sur laquelle je revenais toujours », se souvient-elle. « Aujourd’hui, je suis un peu un tank et je sais que je suis chanceuse d’être publiée et d’avoir une résonance. J’aime bien dire les choses telles qu’elles sont, ce qui n’est pas déguisé, avec les gens qui m’entourent on a ce franc-parler. Mes BD sont à la fois très directes mais ont aussi une manière détournée, ce que l’on retrouve par l’utilisation du masque et de l’ellipse : je ne montre pas tout ce que je dis et les mots utilisés sont à la fois directs et très choisis. Le dessin vient ensuite finaliser l’envie de texte et d’histoire. »

    Évoquant des passages extrêmement durs de sa biographie qu’elle « n’aurait pas pu écrire sans masque », l’autrice reconnaît que mettre des mots lui a fait du bien. Même si la dimension artistique a pris le dessus sur l’aspect psychologique et que les difficultés ont été surmontées « avec de la distance dans le temps et une volonté de dénouer quelque chose ». « Ma mère m’a trouvée courageuse et ça m’a fait beaucoup de bien », résume-t-elle.

  • « Les adhésifs sont parmi les premiers matériaux de synthèse »

    « Les adhésifs sont parmi les premiers matériaux de synthèse »

    La Marseillaise : Quand sont apparus les matériaux adhésifs durant la Préhistoire ?

    Martine Regert : Ils sont parmi les premiers matériaux de synthèse fabriqués par les êtres humains – avec les pigments qui ont aussi pu être transformés. On en retrouve avec certitude en Europe entre -70 000 et -50 000 ans, témoignant de la fabrication de brai de bouleau par Neandertal. Dans d’autres endroits, ils pouvaient être réalisés avec d’autres matériaux : du bitume au Proche-Orient ou des résines en Afrique du Sud. C’est une innovation qui a permis d’emmancher des outils en silex et de gagner en performances techniques.

    Les retrouve-t-on facilement ?

    M.R. : Non car il s’agit de matériaux organiques qui se dégradent avec le temps. Nous en retrouvons au bord des lacs ou dans des environnements subaquatiques, là où il y a peu d’oxygène et donc peu ou pas d’attaque bactérienne. Cela dit, pour les adhésifs résultant d’un traitement thermique -comme le brai de bouleau-, une partie est minéralisée et aide à conserver la matière organique.

    Le bouleau est-il toujours très présent là où on retrouve du brai de bouleau ?

    M.R. : Pas forcément. Il faudrait que nous fassions une carte de répartition du bouleau et de l’usage du brai de bouleau. Nous nous demandons s’il y avait des circuits d’approvisionnement pour ce matériau avec peut-être certaines régions spécialisées dans sa fabrication. Nous voyons avec les ressources minérales qu’il existait des circuits d’échange entre certaines régions. Peut-être était-ce aussi le cas avec les matières biologiques.

    Propos recueillis par X.B.