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  • Une copieuse amende pour des recours abusifs

    Une copieuse amende pour des recours abusifs

    Un requérant qui bombarde le tribunal administratif de Marseille de centaines de requêtes toutes irrecevables, s’est vu infliger une nouvelle amende particulièrement salée pour le sanctionner et enrayer son délire processif.

    Le tribunal administratif de Marseille a rejeté la semaine dernière dans une même ordonnance un lot de 14 requêtes émanant d’un même administré marseillais et lui a infligé 21 000 euros d’amende – 1 500 euros par requête – pour ce que le président qualifie de recours abusifs. Ces derniers mois, le tribunal avait déjà écarté comme étant manifestement irrecevables des lots identiques de requêtes fantaisistes. Plus de 200 décisions ont déjà rejeté ses requêtes. Le serial requérant avait déjà été condamné en février 2023 à 10 000 euros d’amende pour recours abusif.

    Point commun à toutes ces demandes, ses demandes rejetées de communication par la ville de Marseille mais aussi par celle d’Aix-en-Provence d’enregistrements vidéo des caméras de surveillance. Ce singulier administré mitraille depuis plusieurs années de courriels les centres de supervision urbaine de ces communes, lesquelles lui opposent soit un silence valant refus implicite, soit en lui expliquant qu’il n’est pas une « personne intéressée » au sens que donne le code de la sécurité intérieure pour lui permettre de consulter les vidéos. Ce refus est pour le requérant une « atteinte grave et manifestement illégale au droit d’accès à des données à caractère personnel et à la liberté d’aller et venir ».

    Le syndrome de quérulence processive

    Dans sa dernière ordonnance du 17 septembre 2025, le président du tribunal administratif de Marseille énonce que « depuis le 1er janvier 2024, M. A. B. a déposé plus de 1 000 requêtes toutes rejetées pour irrecevabilité ». Ce même tribunal n’a pourtant eu de cesse de lui rappeler que les contestations de refus de communication d’enregistrements vidéo des caméras de surveillance, doivent d’abord obligatoirement faire l’objet d’une saisine préalable de la commission d’accès aux documents administratifs.

    Qui est donc ce mystérieux procédurier qui ne semble pas être militant d’une organisation ? C’est en réalité un avocat du barreau de Marseille que des confrères disent atteint du syndrome de « quérulence processive », un délire paranoïaque. « Les requêtes revêtent un caractère abusif, il y a lieu, en conséquence, de condamner M.A. B. au paiement d’une amende 1 500 euros pour chaque dossier, soit un total de 21 000 euros », s’est borné à trancher le tribunal.

    L’article R. 741-12 du code de justice administrative confère au juge le pouvoir propre d’infliger une amende pour recours abusif. Cela concerne le plus souvent des demandes réitérées d’un même requérant qui ont le même objet ou des requêtes manifestement non fondées ou qui remettent systématiquement en cause les mêmes questions déjà tranchées. Un avocat interrogé nous dit connaître le phénomène de quérulence qui peut frapper des clients. « Cela fragilise notre légitimité à faire nos recours car cela décrédibilise nos actions qui elles ont un sens. »

  • Martine Vassal reçoit l’investiture officielle des Républicains

    Martine Vassal reçoit l’investiture officielle des Républicains

    Si ce n’est pas une surprise, c’est un jalon essentiel dans la campagne. Dix jours après l’officialisation de sa candidature aux municipales pour Marseille, la commission nationale d’investiture des Républicains a apporté officiellement son soutien à Martine Vassal ce mardi soir. « Femme de droite, elle porte des valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons pleinement et elle a tout notre soutien dans ce combat débuté il y a maintenant quelques jours », se félicite la présidente du parti dans le département, Laure-Agnès Caradec. Après avoir quitté le parti en 2022, elle sera de nouveau présente à la rentrée des Républicains des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir, à la Maison de la Mer de la Pointe-Rouge.

    Tandis que les représentants de la droite et du centre affichent leur union, malgré la candidature annoncée du professeur Frédéric Collart, il lui reste à obtenir notamment l’investiture de Renaissance. Alors qu’une commission d’investiture doit se tenir prochainement, rien n’est arrêté, indique-t-on dans les rangs des macronistes, les négociations se poursuivant avec le président (Ren.) de Région Renaud Muselier.

  • Plus de 300 séances de sport gratuites pour les seniors marseillais

    Plus de 300 séances de sport gratuites pour les seniors marseillais

    C’est une nouvelle saison de sport qui démarre pour les seniors. La 11e édition du dispositif « Sport santé séniors », un programme d’activité physique proposé gratuitement à un millier de personnes chaque année, a été lancée ce mardi 23 septembre au stade nautique Florence Arthaud (8e). Nouveauté de cette édition : l’ouverture du dispositif à partir de 60 ans (contre 65 pour les éditions précédentes).

    Chaque semaine, les sportifs pourront se retrouver sur l’un des 9 sites de pratique mis à disposition par la Ville de Marseille pour 1h30 de mouvement à l’air libre. Au programme : renforcement musculaire, danse, jeux de coordination, ou encore exercices d’équilibre. « Les activités, encadrées par des coachs formés au sport adapté, sont conçues pour faire travailler l’entièreté des muscles, mais aussi pour développer l’expression du corps et la mémoire », explique Aurélien Saujat, membre de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), qui intervient dans ce dispositif depuis 2015.

    Un rendez-vous social

    Au-delà de la pratique sportive, cette initiative portée par la Ville a pour vocation de lutter contre l’isolement des personnes âgées. « Rester jeune, ce n’est pas seulement rester souple dans ses articulations, c’est aussi maintenir un lien social », souligne Hervé Menchon, adjoint au maire présent lors de la journée d’ouverture. Pour Marie-Hélène et Marc, qui fréquentent le dispositif depuis des années, c’est mission accomplie. « C’est un moment convivial, nous avons rencontré des copains », raconte le couple.

    Information et inscription auprès d’Allô Mairie.

  • Le maire assume ses « choix » dans un contexte tendu

    Le maire assume ses « choix » dans un contexte tendu

    L’ombre des élections municipales plane déjà lors du premier conseil municipal de la rentrée. L’ordre du jour avait beau être mince, les débats ont été houleux. Et ce, dès le deuxième point de la séance portant sur une décision modificative du budget principal due à 449 843 euros de recettes supplémentaires, dont 352 843 euros issus de revenus immobiliers. Ces recettes s’équilibrent avec de nouvelles dépenses de fonctionnement, notamment des charges de personnel et des prélèvements fiscaux.

    L’opposition a saisi l’occasion pour pointer la mauvaise appréciation du prévisionnel et le manque d’anticipation de la majorité communiste. Suspicieux, Pascal Spanu (RPR), a partagé un « constat » : « Chaque année vous prévoyez 2% d’augmentation de fonctionnement, cette année vous avez prévu 0,2%. Comme par hasard, cette somme qui rentre en plus s’équilibre avec de nouvelles charges et correspond exactement à ce qui manquait. C’est extraordinaire. »

    Un sous-entendu peu apprécié par l’adjoint au maire délégué aux finances (PCF) Akrem M’Hamdi. « En réalité c’est 3% et on travaille sur une pyramide des âges en fonction du personnel qu’on va avoir et des départs en retraite, a-t-il répondu. L’année dernière on avait prévu 18,5 millions d’euros et on était à 18,2 millions d’euros de dépenses réelles. On s’est dit qu’on allait rester sur 18,5 millions d’euros. »

    Gestion des effectifs

    Plus tard, c’est à propos des effectifs de la Ville et singulièrement de ceux de la police municipale que les visions se sont confrontées. « Sur les agents qui sont partis, vous allez faire l’appel d’offres quand ? » a interrogé Pascal Spanu. « C’est fait, a affirmé le maire. La police municipale bouge énormément selon les primes. (…). Très peu de gens passent les concours donc il y a une rareté du policier. On a une fonctionnaire qui est arrivée, on en attend un second. » La Ville a également recruté deux ASVP dans l’espoir qu’ils passent ensuite l’examen.

    « Les policiers qu’on avait ici sont partis sur Martigues ou sur Istres. Il faut se poser la question : mais que se passe-t-il chez moi ? » a rétorqué l’élu d’opposition qui souhaite le recrutement de cinq policiers municipaux supplémentaires, soit un budget de 350 000 euros selon la majorité communiste. Claude Bernex (DVD) a proposé : « Au bout de trois ans, on aurait une trentaine de départs à la retraite, on pourrait compléter les effectifs de police comme ça. »

    Une suggestion inaudible pour le maire Laurent Belsola (PCF) : « Le service public local est sur la corde raide. On estime qu’il nous faudrait 80 agents supplémentaires pour avoir un service optimal, mais nous faisons avec notre budget. (…) Si vous faites le choix de prendre des policiers municipaux en plus, vous devrez trancher autre part, dans les structures culturelles, éducatives ou sportives. C’est un choix politique. »

  • TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    La bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) franchit une nouvelle étape avec le démarrage de sa production de carburants aériens durables (SAF) à partir d’huiles de cuisson usagées et de graisses animales. Une première en Provence.

    D’une capacité de 15 000 tonnes par an, cette production est destinée à l’aéroport Marseille-Provence. Elle permettra notamment d’alimenter les vols d’Air France, dans le cadre d’un contrat de fourniture signé en 2024. « Le carburant aérien durable de TotalEnergies n’impose aucune modification ni sur les avions ni sur les infrastructures logistiques ou les opérations d’avitaillement », précise le communiqué de l’entreprise. Les SAF permettent une réduction de 75% à 90% des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie du carburant.

    « Nous nous réjouissons de produire localement des carburants aériens durables, qui contribuent avec l’aéroport Marseille-Provence à la construction d’une filière de production et de distribution de SAF porteuse de croissance et de développement pour la région », y explique Guillaume Eveno, directeur de la plateforme de La Mède.

    Le chantier de transformation du site a mobilisé plus de 1 200 emplois équivalents temps plein, avec 65% des marchés confiés à des entreprises locales. Une convention de développement économique et social dotée de 5 millions d’euros a permis de soutenir 14 projets industriels dans le bassin de Fos-Berre, contribuant à la création de plus de 400 emplois.

    Avec cette nouvelle étape, TotalEnergies renforce son ancrage en Provence, où il est déjà actif dans les énergies renouvelables, la mobilité électrique, le GNL maritime et le soutien aux PME locales.

    Ch.C.
  • Des pilleurs présumés de palourdes devant le tribunal

    Des pilleurs présumés de palourdes devant le tribunal

    Ils étaient sept et une société à devoir se justifier d’une « pêche illicite » de palourdes, mais aussi pour « travail dissimulé en bande organisée » et « mise sur le marché de denrées préjudiciables à la santé » et « blanchiment ». Entre 2022 et 2024, ce sont près de 24 tonnes de coquillages d’une valeur marchande estimée d’environ 576 000 euros que le groupe a récoltées illégalement sur les pourtours de l’Étang de Berre. La totalité du butin, elle, est estimée à une valeur entre 600 000 et 700 000 euros. D’un côté, Jean-Michel et Séverine Z., époux dirigeants d’une société héraultaise, « Cap Horn », détenteurs d’un étal aux halles de Sète. De l’autre, des pêcheurs suspectés d’avoir exercé sans licence et au-delà des normes et périodes imposées.

    Une vaste enquête de la gendarmerie maritime, ouverte en février 2023, a notamment permis de faire le lien entre les deux parties. Motivée par le constat de l’intensification de la pêche dans l’Étang de Berre, donc de la suspicion de pêcheurs illégaux, l’enquête débouche en novembre 2024 par l’arrestation de 25 personnes. À cette heure, ce sont 28 personnes qui sont poursuivies. Rendus plusieurs fois sur les lieux, les gendarmes repèrent à plusieurs reprises des véhicules chargés de plusieurs dizaines de kilos de marchandises.

    Pêcheurs désargentés

    En octobre 2024, l’épouse, présidente de la société Cap Horn, est photographiée en pleine vente de palourdes, disposées sur un étal, en pleine période d’interdiction préfectorale de pêche de palourdes. C’est finalement une mise sur écoute et une géolocalisation dans le cadre de l’enquête qui permet de faire le lien entre les dirigeants de la société et les pêcheurs illicites. Cap Horn rachetait à hauteur de 6,50 euros au kilo le butin de particuliers ni déclarés, ni homologués, pour les revendre 10 euros le kilo à des restaurateurs sans que leur origine ne soit mentionnée. « On l’a connu sur la plage, explique Mercedes C., l’une des pêcheuses présumées, admettant par ailleurs que le butin pouvait atteindre les 40kg jour. Je savais que 2 kilos par jour étaient autorisés [pour les pêcheurs amateurs, en période autorisée, Ndlr.]… mais j’étais dans le besoin. »

    Des coups de pression

    À la barre, chacun des cinq pêcheurs amateurs dépeint une situation de grande précarité. Pour certains un RSA, des nécessités… « On savait qu’il ne refuserait pas », souligne Me Ludovic Dupatureaux, avocat d’un des prévenus, insistant sur le profil de son client bénéficiaire de l’aide handicapée, ne sachant ni lire ni écrire et « ne roulant pas sur l’or », Jean-Michel Z. lui, assure « qu’il n’y avait pas d’aspect pécunier ». « Mon client (…) reconnaît avoir commis quelques irrégularités dans la façon de fonctionner, provoquées par une conjoncture économique à laquelle il a fallu qu’il résiste. Il conteste faire partie d’une organisation structurée dans laquelle les gens travaillent pour lui », appuie son avocat Me Jean-Marc Darrigade. Une certaine autorité de Jean-Michel Z. sur les pêcheurs a également été pointée par le tribunal. « Dis-leur d’arrêter de faire les feignasses, il nous faut 300 kilos », lit dans un des échanges entre Gaby C, pêcheur et Jean-Michel Z. « Je les encourageais à travailler (…) La relation que j’ai avec eux est celle de collègues », assure le dirigeant de société. Les parties civiles insistent-elles, sur l’impact écologique. Me Josée Israël pour le Comité régional des pêches réclame 10 000 euros de préjudice d’image et 50 000 euros pour les dommages écologiques. Me Isabelle Vergnoux pour la FNE Paca, l’Aspas, et la LPO demande 20 000 euros pour chaque association.

    Le parquet de son côté requiert pour les pêcheurs des jours-amendes allant de 50 à 100 euros, des interdictions d’activités liées à la pêche et des restrictions d’accès aux plages du Jaï et de Chateauneuf-les-Martigues jusqu’à plusieurs années. Pour les dirigeants de Cap Horn : deux ans de prison avec sursis probatoire, dissolution de la société, confiscation de la saisie des comptes de celle-ci et indemnisation des parties civiles. Le délibéré sera rendu le 18 novembre.

  • Incendie, délinquance, routes… l’État fait son bilan estival

    Incendie, délinquance, routes… l’État fait son bilan estival

    Au crépuscule de la saison estivale, l’heure est au bilan pour les services d’État décentralisés du Var. « Nous avions plusieurs enjeux : un exercice de transparence et de volume sur les contrôles, et des sanctions effectives et rapides », retrace le Préfet, Simon Babre. Et ses exigences ont été satisfaites sur plusieurs plans.

    Tout d’abord, celui de la sécurité routière. Le nombre de morts sur la route reste stable : 12 décès contre 11 l’été passé. « On est à 44 décès sur les routes cette année » note la directrice de cabinet du Préfet, Joséphine Guigliano-Boutonnet, mettant en exergue que ce chiffre correspond à la moyenne en cours (5,5 décès sur les routes par mois). Plus de 28 000 contrôles ont été effectués (environ 4 000 stupéfiants, 17 000 alcoolémies et 7 000 excès de vitesse), pour 657 suspensions de permis, soit une augmentation de 37% par rapport à 2024, dont 24,6% liés à l’alcool, 90,5% liés aux stupéfiants…

    En ce qui concerne ces derniers, 950 amendes ont été infligées. Les services des douanes annoncent par ailleurs la saisie de 198kg, dont 34kg de cannabis et 158kg de cocaïne, substance « en plein développement dans le Var » alertent-ils. Le tabac de contrebande n’est pas en reste avec 391kg saisis.

    La délinquance recule

    Si la délinquance routière a malheureusement progressé, celle du quotidien, elle, connaît un net recul selon la préfecture : entre autres,
    -4,24% de délinquance sur la voie publique, -21,12% de cambriolages, dont -37% à Toulon, -18% de vols avec violence,
    -9,7% des atteintes aux biens, -15% des violences sexuelles ou encore de -42,5% d’atteintes à l’environnement. « Ce sont de vrais résultats sur des faits qui ont l’été comme période propice », se satisfait le Préfet. Autre invité estival malencontreux : les feux de forêts. 183 incendies ont été relevés, pour 152 hectares brûlés. Une nette augmentation par rapport à l’an dernier (65 hectares), maîtrisée grâce à des moyens renforcés : 26 151 interventions des sapeurs-pompiers, quatre hélicoptères bombardiers d’eau (deux en 2024) pour 900 largages. Des renforts de départements voisins ont été mobilisés à hauteur de 12 journées. La carte d’accès aux massifs cessera d’ailleurs ses mises à jour le 29 septembre. En mer, 57 personnes ont été convoquées pour comportements dangereux suite à des contrôles, avec à la clé des suspensions de permis. On déplore 114 victimes de noyades, avec 9 décès après réanimation. 112 416 appels au Smur ont été décomptés (pour 2 153 sorties), et 1 812 appels par jour au Samu.

    Enfin, sur l’aspect sanitaire et environnemental, un cas de dengue a été relevé à Sanary et 71 cas de chikungunya. Au sujet de l’eau, 2 360 prélèvements ont été effectués en piscines (85% conformes), 2 650 en sites naturels (98% conformes). Des alertes renforcées ont été émises à la mi-août sur les zones Siagne, Arc Amont et Huveaune Amont. Le Gapeau, placé en alerte sécheresse, s’est quant à lui renfloué grâce aux récentes pluies et va voir les restrictions levées.

  • Ces millions issus des trafics de drogue transformés en or

    Ces millions issus des trafics de drogue transformés en or

    Fin décembre 2024, l’enquête débute à Milan, autour d’une une importante organisation criminelle spécialisée en blanchiment d’argent. Un vaste réseau international, décrivent les enquêteurs, piloté par des individus kosovars et moyen-orientaux qui centralisaient en Italie des sommes de numéraires très conséquentes, avant de les convertir en or et de les exporter sous cette forme vers le Kosovo puis la Turquie. La récupération du numéraire en France et son transport vers l’Italie étaient assurés par des équipes composées de Syriens et de Maghrébins utilisant des voitures avec des caches aménagées très sophistiquées. Ces collectes, dont le montant total pour la période d’octobre 2024 à août 2025 était estimé à plus de 30 millions d’euros, avaient lieu chaque semaine, principalement à Marseille et ses environs, mais aussi à Lyon, paris et en Italie.

    Une équipe commune d’enquête était créée pour l’occasion entre la France et l’Italie, pour découvrir l’origine des dons. Les investigations menées en France révélaient un réseau de collectes composé de nombreuses personnes, ayant effectué les remises d’argent aux Syriens. Certaines d’entre elles, connues notamment pour trafic de produits stupéfiants apparaissaient comme étant directement liées à la DZ Mafia marseillaise.

    Lors d’un premier coup de filet, le 7 septembre, sept personnes ont été interpellées lors d’une opération déclenchée suite à la détection d’un convoi entre l’Italie et l’Espagne. Les perquisitions effectuées permettaient de saisir 55 kg d’or 24 carats sous la forme de 55 lingots de 1 kilo et de plus de 2 400 000 euros en espèces, pour un montant total de huit millions d’euros. Ces sept personnes étaient mises en examen des chefs de blanchiment aggravé de stupéfiants, association de malfaiteurs en vue de la préparation de délits punis de 10 ans d’emprisonnement et placées en détention provisoire.

    Ce 23 septembre 2025, en lien avec le parquet anti-Mafia de Milan, une seconde opération était lancée à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône (Vitrolles, Marignane, Martigues et Berre-l’Étang), ainsi qu’en Italie. Huit personnes étaient interpellées et placées en garde à vue sur le territoire français, ainsi qu’une neuvième en Italie. Les dix-sept perquisitions réalisées amenaient à la découverte de 219 000 euros en numéraire, de 5 véhicules et de nombreux éléments de maroquinerie et de joaillerie de luxe. Dans le même temps, côté italien, 4 personnes étaient interpellées et de nombreuses saisies réalisées.

  • Gilbert Marcelli reconduit à la présidence de la CCI

    Gilbert Marcelli reconduit à la présidence de la CCI

    Fin de tutelle renforcée à la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84). L’institution consulaire avait vu sa gestion des affaires être provisoirement confiée par la préfecture de région aux bons soins des services de l’État (notre édition du 21/08), suite à une vague de démissions au sein du bureau. Et ce, le temps qu’une nouvelle assemblée générale se réunisse pour élire un nouveau bureau et président. Celle-ci s’est tenue ce mardi soir et a confirmé Gilbert Marcelli dans ses fonctions, à l’issue d’un vote qui l’opposait au secrétaire démissionnaire, Bruno Delorme.

    Le président sortant a été confortablement réélu à main levée par les 33 élus, récoltant plus du double des suffrages de son concurrent, à la tête d’un groupe de BTP (21 à 9 pour Gilbert Marcelli et 2 abstentions). Sébastien Maggi, secrétaire général adjoint de la préfecture, était notamment présent pour procéder ensuite à l’installation du nouveau bureau. Qui est profondément renouvelé. Des sept membres initiaux, seuls demeurent Gilbert Marcelli et Dominique Damiano, qui reste vice-président. Les nouveaux entrants sont : Florence Duprat (vice-présidente), à la tête d’un cabinet d’ingénierie sociale et qui fut éphémère présidente de Nextech avant son rachat par la CCI ; François Granjon de Lépiney (trésorier), du cabinet d’audit KPMG ; Roselyne Macario (trésorière adjointe), dirigeante d’une société de fabrication de portes et fenêtres ; Eugène Hermitte (secrétaire), fleuriste à Pertuis ; Thierry Clota (secrétaire adjoint), directeur de Provence taxis.

    « Les échanges ont été très corrects, il faut être attentif aux gens qui ont élevé la voix, on vient tous de milieux très différents, il y a eu un creux de vague, à nous de trouver des rééquilibrages et aboutir à un consensus de travail », expose Dominique Damiano. Malgré des griefs sur des orientations prises et un fonctionnement trop vertical, la gouvernance de la CCI est donc confirmée a priori jusqu’à la fin du mandat en 2027. La chambre s’évite une nouvelle crise, après de longues tutelles en 2018 ou 2021.

  • Déserts cherchent médecins moyennant 200 euros par jour

    Déserts cherchent médecins moyennant 200 euros par jour

    La situation est trop sérieuse pour être tournée à la dérision. Mais voir l’Agence régionale de santé (ARS) lancer un appel à l’aide, presque désespéré, pour trouver des médecins généralistes, et « compter sur la presse régionale », en dit long sur la faillite de notre système de santé. Comme dans de nombreux coins de France, le Vaucluse est particulièrement touché par une démographie médicale en net repli (lire ci-contre).

    En avril, le Premier ministre annonçait le lancement d’un Pacte de lutte contre les déserts médicaux, dont le dispositif « Un médecin près de chez vous ». L’idée ? Instaurer une mission de solidarité en incitant les praticiens libéraux à consulter dans les zones les plus tendues, moyennant une indemnité de 200 euros par jour. Trois territoires vauclusiens ont été retenus parmi les 151 au niveau national : le plateau de Sault, l’enclave des Papes et Rhône Lez Provence (Bollène). Prévue pour démarrer en septembre, la mesure s’affiche désormais à partir du 6 octobre. « On est dans le flou, je ne vois pas trop comment ça peut fonctionner dès octobre, d’autant plus que le formulaire de volontariat ne nous est pas encore parvenu », doute Bernard Arbomont, président du conseil de l’ordre des médecins de Vaucluse. N’importe quel médecin en activité ou à la retraite depuis moins de 3 ans est éligible. « Les volontaires pourront se faire remplacer dans leur propre cabinet, car si c’est pour qu’ils le ferment pendant ce temps-là, cela revient à déplacer le désert médical », précise le Dr Arbomont.

    Des concertations ont eu lieu avec la Préfecture, les différentes communautés professionnelles de santé ou les collectivités. Pour l’heure, aucun médecin volontaire à l’horizon. « On est prêts à en accueillir dans nos centres de santé, quand il y a de bonnes initiatives d’où qu’elles viennent, il faut qu’elles voient le jour », appuie Dominique Santoni. La présidente LR du Département réfute toute concurrence avec son plan santé qui, depuis trois ans, vise à recruter et salarier des médecins généralistes. Rappelons qu’il y a un an et demi, acteurs politiques et sanitaires, ont lancé Vaucluse santé attractivité, visant à draguer les médecins et faciliter leurs démarches.

    Encore 5 ans de pénurie ?

    Max Raspail, maire (DVG) de Blauvac et président de la communauté de communes Ventoux sud, fait partie des trois territoires retenus. Depuis le début de l’année, il peine pourtant à attirer un médecin dans la nouvelle maison médicale construite sur le hameau de Saint-Estève. « Lors du dernier conseil municipal, on a voté une délibération pour faire appel à un chasseur de têtes et attirer un docteur », expose-t-il. Le cabinet dispose déjà « d’un kiné, d’un ostéopathe et il y a un appartement de 90m2 avec terrasse pour se loger », insiste Max Raspail. Si Blauvac n’a jamais eu de médecin, les habitants se tournaient jusque-là vers les villages voisins de Mazan ou Malemort. « Mais il y a eu des départs à la retraite, il faut aller à Carpentras, c’est compliqué. On aura beau faire 1 000 efforts, on ne va pas inventer l’eau chaude : la réalité, c’est qu’on manque de médecins », diagnostique le maire. Avant que la fin du numerus clausus se fasse sentir, « on a encore bien 5 années difficiles devant nous », conclut Bernard Arbomont.