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  • Le week-end de la gastronomie d’Avignon fête ses 20 ans

    Le week-end de la gastronomie d’Avignon fête ses 20 ans

    L’église des Célestins d’Avignon sera, à partir de ce vendredi 14 novembre, le lieu de pèlerinage des fines bouches de la région avec la 20e édition du week-end de la gastronomie, « pour mettre en lumière l’histoire et l’agriculture, deux patrimoines emblématiques du Vaucluse », pousse dans un communiqué la Chambre d’agriculture de Vaucluse, qui organise l’évènement.

    Jusqu’à ce dimanche 16 novembre, les journées seront animées par pas moins de 46 stands de spécialités des terroirs français, de 70 agriculteurs, dont 35 exploitations vauclusiennes. En tout, sept régions de France seront représentées, dont la Nouvelle-Aquitaine ou encore le Grand Est. Des stands de vêtements en laine mohair et d’alpagas bio sont également à retrouver.

    Des dégustations sont également prévues à travers sept stands sur le parvis du lieu saint, avec au menu, entre autres, aligot-saucisse, pommes de terre au foie gras, saucisse de foie gras, crêpes ou encore des vins IGP de Vaucluse.

    Mais aussi des animations plus folkloriques, à commencer par la grande parade des vieux tracteurs et des confréries le samedi à 11 heures sur la rue de la République. Mais surtout des moments de convivialité et de fête avec la Bodega des saveurs, le vendredi de 18 heures à 21 h 30 sur la place des Corps-Saints. Puis, le lendemain, une « soirée cosy d’automne », comprenez une soirée plus détendue avec jeux pour enfants, dans une ambiance plus familiale.

    Un programme qui peut faire espérer aux organisateurs d’attirer encore plus de visiteurs. En effet, depuis 2021, la fréquentation augmente à chaque édition et est passée de 12 000 à 15 000 visiteurs en trois ans.

    Programme complet sur paca.chambres-agriculture.fr

  • Repenser ensemble les politiques autour de la drogue

    Repenser ensemble les politiques autour de la drogue

    Alors qu’il y a moins d’un mois, le procès du point de deal du Ponzo, dans le quartier de Monclar à Avignon, rappelait la violence, l’ampleur et la professionnalisation du trafic de drogue, la LDH de Vaucluse organise ce samedi 15 novembre une journée de débats afin de « repenser les politiques des drogues », de 8h30 à 17h30, à La Scierie à Avignon.

    « Force est de constater que la France continue de traiter les conséquences visibles du trafic de drogue sans s’attaquer à ses causes profondes, alors que la France figure parmi les plus gros consommateurs de cannabis », précise Fabienne Haloui, vice-présidente de la section LDH Avignon Orange Carpentras et membre du comité national de la LDH, lors de la présentation de cette journée. Localement, il y a eu en 2025 quinze fusillades liées au trafic, qui ont causé la mort de huit personnes.

    Une journée qui sera partagée en 4 tables rondes animées par des intervenants de tous milieux. Comme par exemple Anthony Caille, secrétaire général de la CGT Intérieur et enquêteur à la Police judiciaire de Paris, Christian Ben Lakhdar, professeur d’économie à l’université de Lille et spécialiste de l’économie des drogues et des conduites addictives, ou encore Michel Antoni, médecin addictologue. « Nous voulons traiter le sujet dans sa globalité », précise Fabienne Haloui. La LDH avance ainsi plusieurs propositions sur le sujet : concentrer les moyens répressifs sur le haut du spectre de la criminalité ou en ouvrant le débat sur la légalisation encadrée du cannabis.

    Inscription souhaitée mais non obligatoire sur urlr.me/xUTPdE. la Scierie 15 boulevard
    Saint-Lazare, Avignon.

  • Le diagnostic des insoumis sur les quartiers prioritaires d’Avignon

    Le diagnostic des insoumis sur les quartiers prioritaires d’Avignon

    Sans être encore un meeting, la réunion publique, organisée samedi soir par la France insoumise dans le cadre des municipales, constituait le premier acte fort de campagne pour Mathilde Louvain, désignée tête de liste il y a un peu plus d’un mois. Au complexe social de Saint-Jean, aux côtés de Carol Alarcón, référente départementale du mouvement et coordinatrice du programme, Mathilde Louvain a restitué 10 mois de travail de terrain des militants insoumis. Des ateliers participatifs ont suivi, autour des mobilités, des services publics, du logement et de la tranquillité publique. Les préoccupations majeures ressorties de l’enquête.

    Une douzaine de quartiers dits populaires ont été sondés via une trentaine de porte-à-porte et d’entretiens avec différents acteurs associatifs. Un état des lieux qui permet de cibler les attentes des quartiers, généralement très favorables aux insoumis. Lors des dernières législatives de 2024, Raphaël Arnault (LFI-NFP) avait notamment recueilli jusqu’à 90% des voix aux Grands-Cyprès. Un mois plus tôt aux européennes, Manon Aubry y écrasait aussi la concurrence avec 74% des suffrages. Est-ce une stratégie de s’adresser en priorité à un électorat fertile ? « Un tiers de la population vit dans ces quartiers, 30 000 habitants, c’est quand même énorme, répond Mathilde Louvain. C’est une urgence liée malheureusement à des conditions de vie difficiles, les questionnements sur les aménagements urbains, le logement ou la tranquillité publique concernent tellement de personnes, que c’était une nécessité d’aller les rencontrer. »

    Logement indigne :

    être « plus combatif »

    Et de les convaincre aussi de retourner aux urnes. « Loin d’une ambition électorale, il faut pour comprendre pourquoi ces personnes ne votent plus, il y a clairement un découragement, de la détresse, c’est ce qui s’est beaucoup entendu, relève la tête de liste insoumise. Parfois, on ne sait pas exactement à qui s’adresser, ou alors on sait très bien à qui s’adresser, mais il n’y a pas de répondant. » Pas de formule magique en retour pour l’heure, mais « de l’écoute ».

    Sur la tranquillité publique, « on tient à ce terme, dont la sécurité est juste une petite face », précise Mathilde Louvain, 48,3% des sondés estiment que la municipalité peut faire mieux. « Il faut plus d’humain sur le terrain, pas que des patrouilles en voiture, mais des policiers municipaux à qui l’on donne des missions de proximité, de prévention », estime Mathilde Louvain. LFI projette aussi « une municipalité plus combative dans la lutte contre le logement indigne » et instaurer « plus de contrôle sur Grand delta habitat qui a la mainmise sur le logement social ». La France insoumise est pour l’organisation de référendums d’initiative citoyenne (RIC).

  • Le film « Le convoi sacrifié » veut résoudre une énigme

    Le film « Le convoi sacrifié » veut résoudre une énigme

    La date est symbolique. Le 30 octobre, Régis Michel, journaliste et réalisateur installé dans la région, a lancé la campagne de financement participatif pour son film sur Ulule, qui s’achèvera mi décembre.* Le même jour, en 1942, le Président-Doumer, paquebot de luxe construit en 1933 dans les chantiers navals et réquisitionné par les Anglais en 1940, est torpillé par les sous-marins allemands. Les 260 hommes à son bord, dont une vingtaine originaire de Marseille et sa région, périrent. Le Président-Doumer faisait partie du convoi SL 125, 42 navires arrivés de Sierra Leone pour rallier Liverpool. « Cette attaque d’un convoi civil est la plus meurtrière de toute la guerre », souligne Régis Michel. 11 navires sont coulés et 407 marins tués (dont les 260 du Doumer). Voilà pour le cadre. « Le sujet du film, c’est réellement résoudre cette énigme, révéler ce secret, que ce convoi a bel et bien été sacrifié, pour la grande cause », déclare Régis Michel. « Le convoi SL 125 a été sacrifié pour que l’opération Torch réussisse. Et Torch, c’est le tournant de la guerre », avance-t-il.

    « L’appât »

    Selon lui, le convoi aurait servi « d’appât ». Pendant que les sous-marins allemands s’acharnent sur ces navires, 200 bâtiments de guerre et 140 navires de transport vont, quelques jours plus tard, débarquer 107 000 hommes sur les côtes de l’Algérie et du Maroc. Il s’agit de l’opération Torch, « le plus grand débarquement de tous les temps, avant celui de Normandie ». Si ce « sacrifice » n’a jamais été prouvé, Churchill aurait par exemple qualifié, dans ses mémoires, d’« accident acceptable » le sort du convoi. « C’est toujours une hypothèse que les historiens ont évoquée mais on n’a jamais eu la preuve exacte. On veut aller chercher les preuves dans les archives en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni », lance le réalisateur. Celles-ci viennent d’être déclassées secret-défense. «Les descendants des victimes n’ont jamais su réellement ce qui s’était passé. On veut leur rendre hommage », dit-il. Régis Michel, qui travaille sur ce projet depuis dix ans, le mène de concert avec Romain Legras, océanographe. Il a été mis sur la piste de ce sujet par Marius Fayard, le grand-oncle de l’ex-femme de Legras, qui lui a raconté l’histoire du Président-Doumer. Le film sur Le convoi sacrifié devrait être présenté dans un an en avant-première au cinéma Eden-théâtre à La Ciotat.

    * www.sl125.com

    Conférence sur le sujet le 13 novembre à 18h à l’Institut
    de la mer à Marseille.

  • Le Port du Levant mise sur l’inclusion sociale

    Le Port du Levant mise sur l’inclusion sociale

    Deux acteurs engagés dans la solidarité au sein du Port du Levant se sont retrouvés avec l’ambition de renforcer leur partenariat. Le CCAS qui met en œuvre de nombreux dispositifs d’aide et d’accompagnement destinés aux publics vulnérables, notamment les personnes âgées ou (et) isolées, ou encore en recherche d’insertion ainsi que les familles en difficulté. Et le Cedis qui intervient lui, depuis de nombreuses années auprès des allocataires de minima sociaux afin de favoriser leur insertion sociale et professionnelle.

    Pour mémoire, l’association gère entre autres trois établissements d’accueil de la petite enfance et un Relais petite enfance, avec un soutien spécifique aux familles bénéficiaires de ces minima sociaux. Mais également l’entreprise d’insertion les Mamans cuisinières du monde (MCM) qui emploie et forme des mères de famille peu ou pas qualifiées, issues des quartiers prioritaires, dans le domaine de la restauration collective. La convention de partenariat porte notamment sur la création des « Ateliers pour tous » destinés à accompagner et remobiliser ces publics afin de leur « redonner confiance » en mettant avant leurs compétences.

    Mais aussi sur le projet « Mieux manger pour tous – Seniors ». Une expérimentation portée par le CCAS visant à offrir à des seniors allocataires de minima sociaux la possibilité de bénéficier gratuitement de repas équilibrés dans les restaurants des résidences autonomie.

    L’objectif étant tout à la fois de promouvoir de meilleures habitudes alimentaires, de renforcer le lien social et de lutter contre l’isolement, mais aussi de promouvoir la transmission et la convivialité entre les générations. Et dans ce domaine des actions partagées entre jeunes enfants accueillis dans les structures du Cedis et personnes âgées résidant dans les établissements du CCAS vont être également développées.

    Une signature qui confirme la volonté commune d’agir ensemble pour une solidarité basée sur la coopération et l’innovation sociale.

  • Toulon en Commun promeut le droit à la tranquillité publique

    Toulon en Commun promeut le droit à la tranquillité publique

    Pas de sujets tabous pour les progressistes de Toulon en Commun, qui entendent défendre tous les droits des habitants, y compris celui à la tranquillité publique, trop souvent récupéré à des fins idéologiques par la droite et l’extrême droite. Avec des résultats, qui plus est, pas vraiment satisfaisants.

    Après les transports, le logement ou encore la pollution, la tête de liste Magali Brunel (PS) invite mercredi à s’emparer de cette problématique à l’aide des expériences menées dans d’autres communes que vont venir exposer des élus, comme Yannick Ohanessian (PS), adjoint à la prévention et à la sécurité à la mairie de Marseille, Sébastien Cote son homologue de Montpellier et Leanic Biero, de Rennes. Des politiques à l’épreuve de la réalité qui permettent de mettre en avant les leviers efficaces sur lesquels agir pour améliorer la vie de tous.

    Tout aussi important l’éclairage que va pouvoir apporter le secrétaire général de la CGT Police Anthony Caillé qui rappellera en autre la première mission de ce service public qui est la protection.

    De quoi assurément enrichir la réflexion et faire vivre le débat dans la salle.

  • La vente des Trinitaires une nouvelle fois dénoncée par l’opposition

    La vente des Trinitaires une nouvelle fois dénoncée par l’opposition

    Ce sont deux délibérations en date du 2 avril 2025 que la liste citoyenne Lambesc en tête, menée par François Berga (SE) dépose auprès du tribunal administratif de Marseille. Voilà des années que les Trinitaires, bâtiment public patrimonial, font l’objet de polémiques. Deux fois par le passé le maire, Bernard Ramond, a tenté de vendre ce bout de patrimoine, à l’abandon depuis le départ d’une agence immobilière, il y a vingt ans. La commune ne peut, selon lui, assumer les coûts de son entretien. Première tentative, la délibération actant la vente est retirée en conseil municipal.

    La deuxième fois, la vente est annulée à la suite d’un recours gracieux déposé en 2021 par l’opposition, qui pointait, entre autres, un oubli de « déclassement » du public au privé du bâti. « Et en avril 2025, on est prévenus, cinq jours avant en recevant l’ordre du jour, on découvre une nouvelle délibération de vente à la société immobilière Prométhée », rapporte François Berga. Le projet prévoit la vente des deux étages et des annexes du bien.

    « On perd une carte forte »

    Le rez-de-chaussée devrait rester sous le giron de la commune. Rencontrés ce lundi, les élus de Lambesc en tête, retracent l’histoire des Trinitaires. Mobilisés, de nouveau, contre la vente du bien public, les élus ont d’abord déposé un recours gracieux, notifié fin mai, rejeté fin juillet 2025 par la commune. Un recours a donc été déposé par les élus de Lambesc en tête, auprès du tribunal administratif de Marseille. Si les services du Domaine « avaient estimé la valeur du bien à 542 000 euros, la délibération procédera à la cession pour la somme de 252 000 euros, soit une baisse de la valeur de 53% », indique le recours. Une réduction légale, motivée par la volonté de réaliser des logements sociaux type bail réel solidaire. Le maire a « fait un rabais de 290 000 euros. Il estime qu’en faisant du logement social, il aura une baisse de pénalité [imposées par la loi SRU, Ndlr] estimées au même prix. Les efforts de l’État, c’est le promoteur qui en bénéficie », ajoute François Berga. Pourtant, le recours indique que si les logements BRS sont bien des logements sociaux, ils ne sont « en aucun cas des logements locatifs sociaux, destinés au plus précaires ». À cette vente, s’ajoute la cession d’une parcelle de 732 m², proche de la caserne des pompiers, à moindre coût, 190 000 euros « afin d’y réaliser 631 m² de logements libres », indique le recours. Or le même document indique plus loin que dans l’« opération mixte comportant des logements locatifs sociaux (…) rien dans la délibération ni même dans l’offre d’achat reçue de la Sarl Prométhée ne permet de retenir qu’une opération mixte devra être réalisée sur la parcelle cédée ». « On perd une carte forte de faire 100% de logements sociaux, pointe Jean-Michel Carretero, issu du groupe (UDPL). Aussi, la réhabilitation est financièrement dans les cordes de la commune. Il y a une possibilité de la planifier au cours d’un mandat, sans douleur. »

    « Il y a des recours sur tout ce que nous faisons actuellement. Ça fait 25 ans qu’on essaie de trouver une solution pour les Trinitaires, il ne se passe rien », rapporte de son côté Bernard Ramond, le maire. L’édile maintient l’argument d’un bâti en « vrai péril ». « Nous n’avons pas l’utilité de ce bâtiment. La commune garde le rez-de-chaussée, le niveau le plus noble », poursuit le maire. Quant à l’achat de la parcelle : « Aucun bailleur social ne s’intéresse aux vieux bâtiments. Il faut avoir quelque chose pour équilibrer l’opération générale. L’opposition, de gauche, veut du logement social et quand on en crée, ils font un recours. C’était l’occasion, sur les deux unités, il y avait près d’une vingtaine de logements sociaux. »

  • [Entretien] Alain Granelli : « Les marchés solidaires du PCF sont utiles à la population »

    [Entretien] Alain Granelli : « Les marchés solidaires du PCF sont utiles à la population »

    La Marseillaise : Pourquoi organiser un marché quand on est un parti politique ?

    Alain Granelli : Déjà, pour rendre service ! Le Parti communiste français n’est pas là juste pour donner des tracts, mais aussi et surtout pour être utile à la population. On y vend en ce moment des légumes d’hiver, comme des courges, des choux, des oignons ou des pommes de terre à prix coûtant, que nous achetons auprès d’un maraîcher local qui est partenaire.

    Depuis combien de temps menez-vous cette initiative ?

    A.G. : Ça fait 3 ans qu’on fait les marchés solidaires. Au départ, on en faisait qu’un seul dans une cité de Martigues. Aujourd’hui c’est dans trois cités différentes, à Notre-Dame-des-Marins, Mas de Pouane et Canto-Perdrix comme jeudi matin. Il faut noter que beaucoup plus de camarades se sont impliqués au fur et à mesure des années. Les gens nous connaissent, d’ailleurs on a des clients réguliers et ils nous réclament ! Demandez aux copains sur place dans les quartiers, on leur demande toujours quand est-ce qu’on revient.

    Ne faites-vous que de vendre des légumes ?

    A.G. : Bien sûr que non ! Mais il faut dire que les gens y côtoient le PCF en toute décontraction. On a pu parler de la vie chère la 1ère année, de la santé l’an dernier et de la réindustrialisation cette année. Ce qui est irremplaçable dans ces moments c’est la convivialité. C’est un moment agréable car il y a une vraie vie de quartier autour de notre étal. Les gens se rencontrent, se demandent des nouvelles de leurs enfants. Nous sommes des colporteurs de joie autant que d’idées. Après tout, c’est une manière de faire de la politique autrement, comme disent d’autres !

  • La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    Une opération expresse de modernisation des équipements a été menée par SNCF Réseau samedi et dimanche dernier. Pendant l’après-midi puis toute la nuit, la centaine d’ouvriers mobilisés ont préparé les postes d’aiguillages de Rognac, Berre-l’Étang, Les Roques, Miramas et Saint-Martin-de-Crau à leur informatisation.

    L’objectif pour SNCF Réseau est de moderniser tout l’aiguillage de Marseille à Avignon, passant de l’ancienne technologie électromécanique à une télécommande totalement informatisée. Le pilotage de l’aiguillage s’effectuera à terme, à horizon 2031, depuis la tour de contrôle ferroviaire de la région Paca, située à Marseille et inaugurée le 7 mai 2025 (voir notre édition du 9/05). « La modernisation du réseau ferré est déjà en marche », s’enthousiasmait à ce titre le PDG de SNCF Réseau, Matthieu Chabanel.

    Chez les cheminots, cette opération de modernisation est également bien accueillie. « On voit ces travaux d’un bon œil car il s’agit d’une augmentation technologique de nos infrastructures », considère Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Miramas et aiguilleur de métier. « Le fait de passer aux commandes informatiques, qu’on utilise déjà pour les TGV et qu’il faut généraliser, permet en même temps de rénover le rail et les appareils de voirie, comme les aiguillages et les signaux qui permettent aux trains de rouler », ajoute le syndicaliste.

    300 millions d’euros

    L’ensemble du chantier de mise en télécommande de l’aiguillage courant jusqu’en 2031 est financé à hauteur de 300 millions d’euros au total par SNCF Réseau, dont 46,5 millions mobilisés pour l’année 2025.

    Les cheminots restent pour autant vigilants quant aux conséquences de l’informatisation. Robin Matta souligne que « les métiers liés à l’aiguillage informatisé sont des postes de niveau maîtrise, alors qu’à l’aiguillage mécanique ce sont des exécutants. La formation et la rémunération doivent suivre cette montée en compétences. »

    Selon le syndicaliste, les petits postes d’aiguillage comme celui de Rognac seront supprimés à terme. « Avec le syndicat CGT, nous suivons le processus de reclassement en cours pour que les agents restent sur le bassin d’emploi et puissent monter en compétences » sur les nouveaux postes.

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    Ils ont tous 16 ans, des envies et des propositions. Et mieux : les défendent. Autour de la table, au centre social de la Martine (15e), Hadidja, Soulayman, Zayan et Iqbal font partie des jeunes que Kader Allem, coordinateur du service jeunesse, comptent bien voir intégrer officiellement un futur « conseil des jeunes », d’ici janvier.

    Sur l’idée qu’ici « on ne consomme pas des loisirs », explique Kader, qui insiste sur le rôle éducatif du centre social. « On doit vous apporter ce que vous n’allez pas proposer », insiste-t-il face aux jeunes, rappelant la sortie au musée d’histoire de Marseille, le matin même. « Génial », reconnaît Zayan. Il faut dire que sur le passage de Kader, ça déménage. En poste depuis 10 mois, il dynamite les idées reçues. Les presque jeunes adultes participent déjà aux réunions avec les responsables du centre. « C’est bien qu’on nous entende », se félicite Hadidja. Cet été, ils ont par exemple pu organiser une sortie bouée tractée. Cela peut paraître anecdotique, mais il a fallu argumenter et débattre pour y arriver face à une équipe de responsables pas convaincue. Une expérience de démocratie bien concrète.

    « Il faut trouver une activité que tout le monde soit en capacités de faire, avec laquelle tout le monde soit d’accord », explique Zayan. « On met tout à plat, chacun donne son avis et on fait une synthèse », complète Soulayman. Déjà organisés en groupes sur les réseaux sociaux pour échanger, ils ont su porter la parole de la majorité. « On ne peut pas dire aux jeunes “vous avez le pouvoir d’agir” et leur dire non », estime Kader, qui espère les voir intégrer à terme le conseil d’administration du centre social pour leur donner la possibilité de s’exprimer sur les projets, le fonctionnement de l’accueil jeunes. Histoire de « co-construire » la vie du secteur jeunes en « trouvant un équilibre ».

    Question de confiance

    « On aimerait des heures plus adaptées », lance Soulayman quand, aujourd’hui, il faut concilier l’accueil des tout-petits avec celui des ados. Dans un grand sourire, Hadidja se souvient de cette rentrée tardive de rando qui a fini sur la plage avec jeux et pique-nique. Plus de séjours, aussi, seraient les bienvenus. « Cet été, on a fait trois voyages dans les Alpes, à Paris et Argelès », raconte Zayan, heureux que « Kader ait tenu parole ». La confiance restant aussi le maître mot de la démarche.

    Le conseil jeunes, c’est aussi l’occasion d’aborder concrètement la question du financement. Une grande injustice, estiment-ils. « On nous dit toujours, y a pas de sous, on trouve ça dommage », commente Soulayman. Kader ne leur cache pas les difficultés, les dossiers déposés dans le cadre de subventions pour les quartiers prioritaires, « on est obligés de jongler ». Et l’État qui diminue tout. « Cela nous inquiète », alertent les jeunes.

    Ils aimeraient aussi que le centre social s’équipe de minibus pour se déplacer plus facilement. Une priorité pour Kader. Dans la vie de tous les jours aussi, l’expérience porte ses fruits. « Cela nous apprend à être à l’aise, à mieux s’exprimer », reconnaît Hadidja. « On est capable d’avoir un avis et qu’il soit pris en compte », ajoute Soulayman. Même si Zayan reconnaît qu’il « n’y a pas moyen » d’aller contre l’avis de sa mère ou d’un professeur.

    « Le pouvoir d’agir »

    Le « pouvoir d’agir des jeunes », c’est bien là le leitmotiv de Kader, qui doit par la même occasion convaincre les adultes.

    « Je suis assez grand pour prendre des décisions, je suis mature, quelqu’un de construit. Avoir 18 ans ça veut rien dire. Je suis un grand garçon », embraye Iqbal. « Des gens de mon âge ont déjà assez de poids sur le dos, beaucoup de responsabilités. Ils travaillent, paient le loyer de chez eux. Je suis assez grand pour que, ma parole, elle compte quand je dis quelque chose. On a tous notre mot à dire, c’est ça la liberté d’expression », insiste-t-il. Et de revenir sur ce qui se passe dans son quartier la Simiane.

    « On a des loyers trop chers. On est au centre des quartiers Nord, mais on est oubliés. Le syndic ne fait rien pour nous. Alors qu’il y a un terrain, on pourrait en faire un vrai stade comme à l’époque de mon grand frère. Là, je sors, je fais quoi ? Je m’assois sur le banc, je regarde l’heure passer ? Alors qu’il y aurait beaucoup de choses à faire », s’indigne-t-il. « C’est vide », confirme Zayan. Les tentatives de dialogue, n’ont « rien donné », déplorent-ils. « J’ai bien pensé à faire une manifestation », confie Iqbal, « mais les gens s’en foutent, car on n’est pas assez de jeunes, on est des générations séparées ».

    De là à évoquer le droit de vote dans les quartiers, il n’y a qu’un pas, qu’il franchit sans souci. « Je parle beaucoup politique avec mon père, je serai capable. Je veux vraiment que ça change et pas que pour moi, aussi pour les plus petits ! », insiste Iqbal. « Je veux pas déménager, je suis né ici, je veux changer là où j’habite », assène Zayan.