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  • Les agents des cimetières de Marseille au tribunal

    Les agents des cimetières de Marseille au tribunal

    Un boucan à réveiller les morts. Ce mercredi matin, devant le tribunal administratif de Marseille, la CGT n’a pas lésiné sur la sono et les fumigènes pour défendre les agents des cimetières de Marseille. Ces derniers contestent les sanctions reçues suite à une série de scandales sur fond de différents manquements, allant de la présence d’alcool sur le lieu de travail à des corps perdus ou entassés dans des sacs-poubelle, en passant par des soupçons de trafic de dents en or et de ferraille. Quatre ont été révoqués et mis à la retraite d’office, le dernier ayant été suspendu pendant deux ans, en avril 2024.

    In fine, l’audience posait la question de la responsabilité des « dysfonctionnements » dans le service funéraire de la Ville de Marseille. La CGT jugeant qu’ils sont « les boucs émissaires » d’un service acculé par les « carences et manques de moyens ». Quand la Ville de Marseille défend des sanctions justifiées et proportionnées au regard des fautes constatées. Notons qu’une enquête administrative a été rendue, en juillet 2024, et détaille la situation plus que tendue dans le service, entre manquements déontologiques et manque global de formation au droit funéraire. Si la CGT a fait entendre ses arguments avec force devant le tribunal, une décision sera rendue le 3 décembre prochain.

    Le rapporteur public a analysé les situations au cas par cas, mais il arrive globalement à des conclusions similaires pour les cinq agents : il préconise le rejet de toutes les demandes d’annulation de sanctions et de réintégration dans le service. Il juge, comme la Ville, que les sanctions sont « proportionnées ». Il rappelle que « certains faits constatés étaient susceptibles de qualification pénale », mais note également que le « trafic de dents en or ne semble pas établi ». Même principe pour le supposé trafic de ferraille, où il n’y a « pas d’éléments suffisants » pour l’établir. Reste qu’il précise également que d’autres « manquements sont établis ». Et notamment les diverses négligences et le manque de respect pour les défunts.

    Des « défaillances structurelles » ?

    Par exemple, pour le coordinateur des fossoyeurs, le rapporteur estime qu’il « ne pouvait ignorer les dysfonctionnements et qu’il n’a pas averti sa hiérarchie ». Le tout aboutissant à « des manquements répétés dans la considération pour les défunts ». Pour un autre agent, il relève « des négligences dans ses fonctions » et juge que les « arguments du manque d’organisation ne sont pas convaincants ». L’absence de tenue d’un registre de consignation des corps revient comme grief.

    Autant dire que Me Shirley Leturcq, avocate qui défendait trois agents via la CGT, n’était pas vraiment de son avis. Elle a rappelé « une situation effective d’encombrement » dans les concessions marseillaises et que « les agents ne savaient plus où déposer les corps ». Et de questionner : « Pourquoi l’on cristallise sur ce service ? (…) La division fossoyage n’agit jamais de sa propre initiative. » Sur l’absence de tenue de registre comme la supposée l’absence d’alerte de la part des agents, elle répond que « les problématiques étaient connues publiquement dès 2018 », en renvoyant à divers articles de presse et alertes lancées en interne. Et pointe un paradoxe : « La situation était parfaitement publique, mais ça serait des agents de catégorie C qui devait la faire remonter ? » Avant de développer : « Ce sont les agents eux-mêmes qui ont dit qu’il n’y avait pas de registres. » Elle pointe surtout « des dysfonctionnements beaucoup plus larges », en citant l’enquête administrative sur les « défaillances structurelles du service ». Reste à savoir si cela a convaincu la justice administrative.

  • Gérald Passedat devra raboter sa villa d’Endoume

    Gérald Passedat devra raboter sa villa d’Endoume

    Le tribunal correctionnel de Marseille a déclaré, vendredi, Gérald Passedat et sa SCI coupables de démolition et exécution de travaux non autorisés. Le chef avait fait bâtir, en 2023, une villa, impasse du Riff (7e), dans le quartier d’Endoume, avec un permis de construire de 2018 périmé.

    Le juge a ajourné le prononcé de la peine au 4 septembre 2026, laissant le temps au chef cuisinier de mettre en conformité la construction qui excède de 50 cm la hauteur maximale autorisée par le nouveau PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal).

    Alertée par des habitants du quartier, La Marseillaise avait révélé (notre édition du 9 janvier 2023) cette situation singulière, le service de l’urbanisme ayant, en effet, formellement rejeté, fin 2020, sa demande de prorogation du permis qui expirait alors en mars 2021, refus motivé par le fait que le projet n’aurait pas respecté les exigences du nouveau PLUi sur la hauteur de l’ouvrage.

    à l’audience du 3 octobre, Gérald Passedat avait dénoncé, par la voix de son avocat Julie Savi, « le comportement non coopératif » de la Ville de Marseille et dit son sentiment d’être « traqué », ce à quoi le procureur Guillaume Bricier avait répondu que M. Passedat était « jugé comme tout le monde ».

    Des travaux avaient débuté une dizaine de jours avant la caducité du permis. Mais, suivant une jurisprudence constante, le service de l’urbanisme et le tribunal ont considéré ces travaux préliminaires comme insuffisants et non significatifs pour valoir « commencement d’exécution » du projet. En effet, à la date de la péremption, « seuls des travaux préparatoires avaient été entrepris (études de sol, installation du chantier, dépôt de matériel de démolition, dépose du portail et de la maçonnerie d’entrée) », énonce le jugement rendu.

    Gérald Passedat avait ensuite passé outre l’arrêté interruptif de travaux délivré par la Ville de Marseille et poursuivi l’édification de sa villa jusqu’à son achèvement avec une hauteur à l’égout de la construction de 7,54 m. Pour régulariser, il lui est demandé de réduire sa hauteur à 7 m.

  • [Entretien] Hervé Cilia : « Nous voulons maintenir l’activité de l’Entraide »

    [Entretien] Hervé Cilia : « Nous voulons maintenir l’activité de l’Entraide »

    La Marseillaise : Le tribunal des affaires économiques a placé l’Entraide en redressement judiciaire, le 15 octobre dernier. Quelle est la suite pour vous ?

    Hervé Cilia : Il faut remonter au début. Il y a d’abord eu une conciliation qui n’a pas fonctionné. Ce que nous demandions, c’était de vendre notre établissement du Roy d’Espagne pour une somme aux alentours de 12 millions d’euros, afin de sauver L’Entraide et de pouvoir effectuer tous les investissements qu’il fallait. Si cela avait marché, nous n’en serions pas là maintenant. Nous avons basculé sur une procédure de sauvegarde de justice qui aurait pu aller jusqu’au mois de janvier 2026, mais nous ne l’avons pas souhaité. Le fait que le Département des Bouches-du-Rhône et la Ville de Marseille nous empêchent de vendre notre bien au Roy d’Espagne, et des visites de l’Agence régionale de santé (ARS) sur certains de nos établissements qui nous ont obligés à réduire notre activité tout en maintenant les personnels, ont fait qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Cela avait un deuxième intérêt, de pouvoir renouer un dialogue avec nos autorités de tutelle, l’ARS et le conseil départemental. D’après ce que nous avons cru comprendre, ces deux autorités auraient une « perte de confiance » vis-à-vis de l’Entraide. Je ne comprends pas pourquoi. Nous sommes historiquement un partenaire, nous nous occupons d’un service public de santé vis-à-vis de nos seniors. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’un appel d’offres a été fait, soit pour assurer un partenariat avec notre association et redresser l’Entraide, soit pour pouvoir racheter tout ou une partie de notre activité. Ce qui nous importe, c’est de maintenir les 900 résidents sur place et les 700 salariés, de pérenniser leurs emplois. Que ça s’appelle Entraide ou autre, peu nous importe : nous voulons maintenir l’activité, qui est nécessaire et utile au département. C’est pour cela que nous ne comprenons pas la position du Département.

    En juin, le conseil départemental évoquait des solutions, et au mois d’octobre, il ne veut rien d’autre qu’un repreneur. Que s’est-il passé entre-temps ?

    H.C. : Rien justement. Les réunions prévues n’ont jamais eu lieu. Nous avons fait un plan avec nos administrateurs judiciaires, avec différentes options à proposer. Ce n’est que la veille de la séance que le Département nous a envoyé un courrier pour nous dire qu’ils réfutent toutes les options proposées et refusent de nous parler. Et on arrive comme ça au tribunal des affaires économiques. Le président était furieux, le procureur encore plus !

    Comment l’expliquez-vous, ce revirement ?

    H.C. : Je pense que le Département des Bouches-du-Rhône se ment à lui-même et n’a pas les moyens. En revanche, ce qu’ils peuvent faire, c’est nous autoriser tout simplement à augmenter le prix de journée. Non seulement on nous interdit de vendre nos propres biens, mais en plus, c’est le Département et l’ARS qui nous fixent nos tarifs, et à chaque fois qu’on demande une augmentation, ils refusent.

    Vous avez aussi évoqué la situation de l’Ehpad de Pélissanne, dont l’ARS demande la fermeture…

    H.C. : Nous avons appris la nouvelle par une publication Facebook du maire de Pélissanne qui, lui, a prévu un Ehpad privé dans son plan local d’urbanisme. Nous avons des résidents qui sont là depuis plus de vingt ans, nous avons une résidente de 104 ans ! Est-ce que vous pensez vraiment qu’on peut déplacer une dame de 104 ans sans qu’il n’y ait des conséquences dramatiques ? Personne n’a compris. L’ARS dit qu’il y a une urgence à fermer, mais on se donne six mois. Alors, je ne vois plus le caractère d’urgence ! Ils parlent de maltraitance institutionnelle, parce que le jour où ils sont venus, il y avait moins de personnel avec les vacances et des arrêts maladie. Mais les soins étaient assumés dans la journée. Et ils se basent sur cette unique journée pour nous faire fermer six mois reconductibles !

    L’ARS parlait quand même de trois décès « potentiellement évitables » en un été…

    H.C. : Nous ne sommes pas en prison, nous ne fliquons pas les résidents ! Le fils d’un autre résident a ouvert le portail et l’a laissé partir. Quand on s’en est aperçus, on a immédiatement appelé la gendarmerie, ils ont fait une battue et ils l’ont retrouvé le lendemain, décédé. Pour le deuxième, est-ce que c’est évitable un suicide, quand une personne l’a décidé… Ceux-là, on n’a pas pu les éviter, mais il n’y a pas eu de négligence ou de maltraitance de notre part. En revanche, ce qui va être entraîné par le déplacement des personnes, là, c’est évitable ! Les familles sont remontées et nous sommes main dans la main avec les syndicats, nous sommes dans la même galère.

    Que va-t-il se passer après l’audience du 7 janvier ?

    H.C. : Le redressement court jusqu’en juillet. En janvier, on verra les offres sur la table. Elles vont être soumises à l’agrément du conseil départemental. Même là, on ne peut pas choisir qui va reprendre ! Si tout était refusé, le bout du bout, c’est une liquidation. Mais nous avons 50 millions d’actifs, nous serions les morts les plus riches du cimetière ! Si le conseil départemental et sa présidente souhaitaient mettre 700 personnes au chômage du jour au lendemain, ils auraient affaire aux syndicats. En pleine campagne des municipales, ce serait maladroit.

  • La si belle rage de vivre de Sébastien Besatti, otage arlésien du Bataclan

    La si belle rage de vivre de Sébastien Besatti, otage arlésien du Bataclan

    « Qu’est-ce qui a fait, dans notre société, que le sens de la vie de certains soit de la prendre à d’autres ? Une question qu’il serait bon d’aborder avec des lycéens. Pour leur dire que si ça leur parait incroyable, c’est qu’il y a de bonnes raisons, car c’est totalement absurde. » Ce que Sébastien Besatti, Arlésien, otage lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, assure vouloir raconter aux jeunes qui douteraient de la véracité de cette nuit d’horreur. Qu’est ce que je faisais là ?, titre-t-il son livre témoignage, en référence à la première phrase que lance son père après les attentats.

    à l’époque dans une passe difficile, fraîchement licencié de La Marseillaise à la suite d’un plan social – où il confesse avoir passé ses « sept plus belles années professionnelles » -, le « journaliste militant » de 34 ans est de passage à Paris pour un week-end chargé, qui fera définitivement basculer sa vie. Réfugié sur l’une des façades du Bataclan, quelques minutes après l’entrée des assaillants dans la salle de concert, Sébastien se fera le sauveur de Charlotte, femme enceinte elle aussi suspendue à une fenêtre, appelant à l’aide de peur de lâcher prise. Une scène filmée par un journaliste du Monde qui fera ensuite le tour de la planète.

    Rencontrer ses « potages »

    Une jeune femme avec qui le rescapé se lie ensuite d’amitié. « Dès que je l’ai revue, j’ai de nouveau éprouvé cette faim de vie que j’avais ressenti, ce soir-là. J’avais envie de donner la main à tout le monde comme je l’ai fait avec elle. Je débordais d’amour, de joie et d’espoir », s’émeut Sébastien.

    Mais cet heureux sauvetage ne sonne pas, pour le jeune homme, la fin de l’horreur. Alors qu’un assaillant vient d’être abattu par la Brigade anticriminalité au rez-de-chaussée, les deux djihadistes restant dans le Bataclan basculent dans la prise d’otage de 11 personnes, alors entassées dans un étroit couloir. Sept de ces onze destins, demeurés sous la menace des terroristes pendant 2 heures, resteront en contact. C’est ce que raconte la série Des vivants, en ce moment diffusée sur France TV et retraçant une partie de l’après pour Marie, Arnaud, Caroline, Grégory, Stéphane, David et Sébastien. « Les revoir a été la meilleure décision de ma vie. C’est une thérapie à très haute dose. Quand on se voit, on a une explosion de vie », s’enthousiasme Sébastien. Des rescapés désormais « potages » – contraction de « pote » et « otage » – qui se fréquentent toujours régulièrement, mais « pas assez », selon l’Arlésien.

    « La meilleure version

    de moi-même »

    Des amitiés qui auraient pu s’abîmer suite au témoignage de l’Arlésien au procès des attentats, ouvert en septembre 2021 et clôturé en mai 2022. à la barre, l’ex-otage abordera la potentielle responsabilité de l’état français dans les attaques, évoquant notamment les bombardements orchestrés par l’Hexagone en Syrie la même année. « Lorsque je me suis retrouvé dans la fosse, il m’est arrivé un sentiment étrange d’être la victime sacrificielle de mon pays. J’avais l’impression de subir les représailles qu’on voulait infliger à la France », explique Sébastien. Et c’est ce qu’aborde une partie de son livre. « J’avais la sensation que l’état ne parvenait pas à mesurer la conséquence ses actes. Car quand on fait la guerre, il faut s’attendre à des représailles. C’est l’enquête que j’ai menée en partie derrière mon ordinateur, et que je raconte dans mon livre », poursuit-il.

    Le 13 novembre 2015 a finalement été, pour Sébastien, « un mal pour bien » : « Ca m’a permis de démêler des traumas préexistants au Bataclan, ça m’a donné un incroyable élan de vie, pour devenir la meilleure version de moi-même. » Pour l’avenir, Sébastien espère continuer à incarner une mémoire, « dans les lycées peut-être ». « Pour prévenir les racines de la haine. Et inciter tout le monde à prendre ses armes pour défendre la paix ». Dans nos colonnes hier comme dans son livre aujourd’hui, il a choisi la plume.

  • Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Il y a 10 ans, la France est victime du plus important attentat terroriste de son histoire. Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes dans plusieurs attaques simultanées revendiquées par l’organisation état Islamique. Mais, si le temps referme les plaies, les cicatrices sont toujours visibles. à Paris et dans d’autres villes en France, des commémorations s’organisent, en hommage aux victimes et en soutien aux survivants.

    Tout commence par une détonation, entendue en direct lors du match France-Allemagne, le 13 novembre 2015 à 21h16, au Stade de France. Puis, une deuxième quelques minutes après. Ce que le public du match ignore encore, c’est que ce sont deux terroristes qui, ayant échoué à pénétrer à l’intérieur du stade, se sont fait exploser devant l’enceinte. Un troisième islamiste se fait exploser une demi-heure plus tard. Le coup d’envoi d’une nuit macabre.

    Dix minutes plus tard, c’est en plein cœur de Paris que trois autres terroristes ouvrent le feu. Ils visent des terrasses de café, bar ou restaurant dans les quartiers animés des 10e et 11e arrondissement de Paris, tuant 39 personnes. À 21h40, le dernier commando, composé de trois terroristes, pénètre le Bataclan, où se déroule un concert, en tirant dans la foule. Jusqu’à 00h58, le public vit un calvaire dans l’enceinte de cette salle de spectacle parisienne. 90 personnes perdent la vie dans cette attaque commanditée par l’état Islamique. Une soirée de chaos qui laisse de nombreux traumatismes aux rescapés : deux se sont suicidé plusieurs années après, faisant monter le nombre de victimes de ces attaques à 132 morts.

    Des commémorations partout en France

    Une nuit macabre qui a marqué la France entière, par son bilan meurtrier et la multitude des attaques. Une décennie plus tard, la France se recueille et rend hommage à toutes ses victimes. Des commémorations qui ont débuté ce week-end, avec de nombreuses bougies, mots ou fleurs déposées aux pieds de la statue de la place de la République, à Paris. Ce jeudi, le président de la République visitera chaque lieu visé lors de ces attaques, en commençant par le Stade de France à Saint-Denis, puis les bars attaqués et enfin le Bataclan. Des minutes de silence seront observées devant chaque plaque commémorative.

    à 18h, une cérémonie d’hommage aura lieu dans le nouveau jardin du souvenir pour les victimes du 13 novembre 2015, inauguré le jour même à Paris et retransmis en direct sur France 2. Plusieurs discours sont attendus, dont celui d’Emmanuel Macron, mais également de Philippe Duperron et Arthur Dénouveaux, respectivement présidents des associations 13onze15 et Life for Paris. Nombre d’autres villes se joignent à cet hommage national comme Martigues, Avignon ou Aix.

    Justice restaurative

    pour les terroristes ?

    Quelques jours avant cette journée, le dernier terroriste de ces attentats en vie, Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, a annoncé, par le biais de son avocate Me Olivia Ronen, lors d’une interview à France info, vouloir rencontrer et échanger avec les familles des victimes. Sur X, le président de l’association de victimes Life for Paris, répond à cette proposition : « La justice restaurative, plusieurs victimes des attentats s’y intéressent. » Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, dénonce quant à lui une technique perverse du terroriste pour faire de ces attaques des crimes comme les autres. Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours « radicalisé ».

    Introduite en 2014 par la loi Taubira, la justice restaurative n’a encore jamais été expérimentée en France dans le cadre d’attaques terroristes. Elle permet à des auteurs de crime ou de délit, qui reconnaissent les faits et qui sont volontaires, de rencontrer leurs victimes ou celles d’autres affaires similaires, pour « trouver l’apaisement par le dialogue », précise le site du ministère de la Justice.

    Les rendez-vous

    Avignon

    À 18h, la municipalité organise sur le parvis de l’hôtel de ville un rassemblement où ceux qui le désirent pourront déposer une bougie.

    Aix-en-Provence

    La mairie organise une minute de silence à 12h sur la place de l’hôtel de ville, pour les victimes.

    Martigues

    La Ville organise un rassemblement à 17h30 dans le hall de l’hôtel de ville pour s’unir aux hommages nationaux.

    Marseille

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, rendra hommage aux victimes sur le parvis de la gare Saint Charles, à 14h15.

  • Tenir bon

    Tenir bon

    10 ans après les attentats du 13 novembre 2015, comment va la société française ?

    Elle est toujours debout, mais force est de constater qu’un venin à action lente fait son chemin en elle.

    Le repli sur soi, l’extrémisme, la suspicion, la haine progressent dans les têtes et dans les faits. C’est le but que recherchaient les terroristes islamistes. Une polarisation de la société sur les questions identitaires.

    Les fascismes se nourrissent, ils se renforcent

    Au lendemain du 13 novembre 2015, nous écrivions : « Oui, décidément les fascismes d’aujourd’hui, au crâne rasé ou au visage barbu, ne sont pas antagonistes. Ils se nourrissent, ils se répondent, ils se renforcent l’un l’autre. Face à cet étau qui menace la société française et le monde dans son ensemble, il y a urgence à résister. Résister à la peur comme à la haine. Tenir bon. Le peuple français a de la ressource, il l’a montré en janvier. Il a la force de décréter l’état d’intransigeance. Intransigeance face aux terroristes, intransigeance face aux semeurs de divisions de tous bords, intransigeance face aux tentations liberticides. »

    Des mots qui n’ont malheureusement pas pris une ride.

    Dans notre République affaiblie, à bout de souffle, les repères s’estompent, les boussoles s’affolent.

    Il est toujours temps de dire non à tous ceux qui veulent nous prendre la liberté, l’égalité et la fraternité. Il est toujours temps de rejeter les assignations identitaires. Il est toujours temps de construire la vie et l’avenir. Ensemble.

  • Renaissance officialise son soutien à Martine Vassal, à Marseille

    Renaissance officialise son soutien à Martine Vassal, à Marseille

    Et de trois. Un mois et demi après avoir reçu l’investiture des Républicains (notre édition du 24/09) et une semaine avoir reçu celle du parti Horizons, la commission nationale d’investiture de Renaissance a officialisé, ce mercredi soir, à l’unanimité, son soutien à la candidature de Martine Vassal (DVD) pour les municipales à Marseille.

    « La dynamique d’unité de la droite, du centre, des écologistes raisonnables et des sociaux-démocrates se renforce », célébrait dans la foulée le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, qui a mené le travail de négociation en tant que pilote municipal pour le parti présidentiel.

    Les instances locales de Renaissance avaient déjà apporté à la candidate leur soutien, tandis que celle-ci avait approuvé, le 1er octobre dernier, l’essentiel des 26 propositions soumises par les militants ainsi que leur charte des valeurs, interdisant toute alliance avec l’extrême droite. « J’aurais pu l’écrire », jurait-elle alors (notre édition du 02/10).

    « Un engagement a été pris par la candidate pour une bonne représentation de nos candidats dans les équilibres de la liste centrale, comme dans les listes de secteur », souligne le communiqué national de Renaissance, qui indique que Renaud Muselier, président du comité de soutien de Martine Vassal, « sera le garant de cet engagement politique ».

    « Ce sont les cadres de Renaissance à Marseille qui ont beaucoup œuvré pour ce soutien, souligne le porte-parole de la candidate, Romain Simmarano. Nous avons travaillé sur le fond avant les places, pour que ce ne soit pas un accord opportuniste. » S’il assure que le temps de la constitution des listes n’est pas encore venu, « le poids électoral de Renaissance se retrouvera de façon équilibrée », défend le président du collectif Une Génération pour Marseille. Alors que cette investiture intervient après des frictions au sein des composantes de la droite, il insiste : « Dans tout mariage, il faut du respect. » Reste désormais notamment au Modem et à l’UDI d’apporter leur soutien.

  • Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Des séries à gogo avec le festival CréaTVty à Sète

    Mettre en lumière la création audiovisuelle. Tel est le leitmotiv du festival CreaTVty, qui revient à Sète pour une seconde édition du 12 au 15 novembre. Au programme, neuf projections de séries ou films de télévision en compétition. Et tous en avant-première, pour le plus grand bonheur des cinéphiles. Parmi les plus attendus, Après la fin, réalisé par Frédéric Lopez, qui revient sur l’histoire vraie de la reconstruction de Louis Derungs, amputé des deux bras et que le présentateur avait reçu dans une de ses émissions, en 2017. Mais également la série italienne Mussolini, le fils du siècle, revenant sur la création du fascisme (12/11, à 15h) ou encore la série très attendue Un Prophète (15/11, à 19h30). Si les personnages ne sont pas les mêmes que dans le film d’Audiard, on retrouvera néanmoins la patte du film puisque ce sont Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, scénaristes du film d’Audiard, qui sont à l’écriture. « Comme dans le film, on suit un jeune qui se retrouve en prison et comment il organise sa lutte dans le monde carcéral », détaille Stéphane Caput, président de CreaTVty.

    Si des comédies sont également au programme, « on note le caractère très social du festival. Nous sommes à une époque de bouleversement. Il y a beaucoup de films autour des luttes, des combats, des gens qui se battent dans les associations », poursuit Stéphane Caput. À l’instar de L’Affaire Laura Stern, créée par Marie Kremer et Frédéric Krivine, revenant sur les violences faites aux femmes (14/11, 17h).

    Un festival 100% gratuit

    Pascal Elbé, président du jury, aura la lourde tâche de départager les films en compétition. Ce dernier présentera également – hors compétition – son prochain film, La bonne étoile avec Benoît Poelvoorde (14/11, 20h). Le festival met également à l’honneur la jeune création puisqu’est organisé un prix du meilleur court-métrage, le 13 novembre. « On met en lumière des jeunes réalisateurs qui n’ont jamais été diffusés. Ce sont souvent des étudiants qui sortent des écoles, c’est la première compétition pour certains », précise Stéphane Caput. Une aubaine également pour ces réalisateurs en herbe puisqu’un des objectifs affichés de CreaTVty est de mettre en relation producteurs et réalisateurs.

    Avant-premières, rencontres avec réalisateurs et acteurs, le tout entièrement gratuit. Le public sétois va être ravi.

    Programme complet à retrouver sur creatvty.fr.

  • Montpellier enfile ses habits de lumière

    Montpellier enfile ses habits de lumière

    Du 13 au 15 novembre, « le centre-ville de Montpellier va vibrer au rythme des prouesses techniques, de la créativité et de la magie du son et lumière. Trois soirées pendant lesquelles les visiteurs vont découvrir ou redécouvrir Montpellier et son patrimoine comme ils ne l’ont jamais vu », promet le maire Michaël Delafosse. Montpellier la culturelle, la sportive, la verte, la festive… : chaque projection illustrera en effet une facette de la capitale héraultaise. De 18h30 à 22h33, 13 sites emblématiques du centre-ville* seront mis en lumière à travers 22 scénographies, « tour à tour produites par cinq artistes de renom de la production monumentale et par quelque 200 étudiants issus de 8 écoles créatives du territoire », indique Michaël Delafosse. Les projections, comprises entre 3 minutes 30 et 8 minutes, seront diffusées en boucle, avec un temps d’attente entre 5 et 10 minutes pour laisser aux visiteurs le temps de se rendre d’un site à un autre. Quatre formats différents seront proposés à l’occasion de cette édition anniversaire : des mappings architecturaux, qui habillent les façades d’images en mouvement et redonnent vie au patrimoine par la projection ; des jeux vidéo mappés, qui invitent le public à interagir avec les bâtiments ; une performance son et lumière, spectacle vivant au cours duquel le DJ CNL compose en direct un dialogue entre la musique, la lumière et l’architecture (hôtel Saint-Côme) ; et des structures lumineuses, qui ponctuent la ville d’ambiances poétiques.

    Pour la deuxième année consécutive, une game zone sera également installée au théâtre de l’Agora à l’occasion de deux soirées gaming, jeudi 13 et vendredi 14 novembre. Les visiteurs seront invités à tester des jeux vidéo grandeur nature conçus par les étudiants de différentes écoles.

    « À la veille des fêtes de fin d’année, nul doute que ces trois soirées contribueront également à lancer les achats de Noël », se réjouit le président de la CCI de l’Hérault, André Deljarry. « L’affluence est un levier puissant pour notre tissu commercial », assure-t-il, précisant que les commerçants du centre-ville enregistrent une augmentation de 30% de leur chiffre d’affaires durant cette manifestation qui a attiré l’an dernier plus de 430 000 visiteurs.

    * Aqueduc des Arceaux, musée Fabre, église Saint-Roch, Opéra Comédie, Hôtel Saint-Côme,Hôtel d‘Aurès, Arc de triomphe, cathédrale Saint-Pierre, Cour de l’Agora, théâtre de l‘Agora, place Notre-Dame-des-Tables , place de la Canourgue, kiosque Bosc.

  • La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La succession de Jean-Paul Fournier, après vingt-cinq ans de règne, vire à la guerre des droites. À cinq mois des municipales de 2026, les prétendants s’entre-déchirent sur fond de soupçons de glissement idéologique. Dernier épisode en date : le déplacement de Julien Plantier à Béziers, ville symbole du virage sécuritaire incarné par Robert Ménard. L’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier y a rencontré la nouvelle brigade municipale antistupéfiants, saluant « une initiative forte » et affirmant vouloir « s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs ». Une référence qui interroge, tant le maire de Béziers a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine et régulièrement critiqué pour sa gestion autoritaire. Plantier, de son côté, a assumé que le thème de la sécurité serait au centre de sa campagne : « Chaque Nîmois doit pouvoir se sentir en sécurité partout, tout le temps. Aujourd’hui, nous avons besoin d’autorité. Le maire doit incarner cette autorité », a-t-il déclaré suite à la rencontre.

    Ce voyage biterrois a fait bondir une partie de la majorité sortante, comme le dévoile Objectif Gard : « Quel signal envoie-t-il ? Ménard, c’est l’extrême droite. S’il pensait récupérer les voix du centre-gauche, il peut désormais se mettre le doigt dans l’œil », aurait taclé un proche de Franck Proust. Avant d’ajouter : « La sécurité, il est coresponsable du bilan de Fournier, il était premier adjoint jusqu’au début de l’année ». Un autre raille une « photo opportuniste » : « Le maire de Béziers ne l’a même pas reçu, il a juste échangé avec un adjoint et un responsable sécurité. C’est ridicule. »

    Un boulevard pour le RN

    Du côté de Franck Proust, une autre polémique enfle après l’arrivée du communicant Olivier Jalaguier dans son entourage. Ancien soutien d’Yvan Lachaud, le publicitaire revendique une « union des droites » jusqu’à Zemmour et Maréchal. Un positionnement jugé inacceptable par Jean-Paul Boré, président de l’association Tous pour Nîmes et son agglomération (TPNA), qui a aussitôt coupé les ponts avec Proust : « Ce serait rédhibitoire à toute possibilité de coopération, totalement incompatible avec notre refus de toute alliance avec des partis qui prônent l’exclusion. » Le candidat a tenté d’éteindre l’incendie, affirmant que Jalaguier n’était « qu’un prestataire de communication », et qu’il restait « fermement opposé à l’union des droites ». Trop tard, peut-être. Pour Boré (ex-PCF), cette confusion « offre un boulevard au Rassemblement national, qui se délecte de la division de la majorité sortante ».

    Dans une droite nîmoise éclatée entre Proust, Plantier, Rouverand et Lachaud, l’union rêvée par Jean-Paul Fournier semble hors d’atteinte. À force de rivalités personnelles et d’ambiguïtés stratégiques, la majorité sortante pourrait bien perdre la main sur la ville pour la première fois depuis un quart de siècle, au profit d’une gauche unie autour de Vincent Bouget.