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  • [Entretien] Gaby Charroux : « J’interpelle le président pour protéger nos industries »

    [Entretien] Gaby Charroux : « J’interpelle le président pour protéger nos industries »

    Le projet Carbon de giga-usine de panneaux solaires à Fos-sur-Mer, avec les 3 000 emplois promis, est abandonné par son porteur, qui dénonce l’absence de protectionnisme de l’Europe sur ses marchés. Le vice-président de la Métropole chargé du développement industriel, réagit.

    La Marseillaise : Comment accueillez-vous cette nouvelle de l’abandon du projet Carbon ?

    Gaby Charroux : C’est un coup de massue. Ce projet suscitait des espoirs énormes dans les perspectives de développement industriel. Ma crainte est de voir, peu à peu, tout le monde reculer et que tout soit abandonné. Certains s’en réjouiront peut-être, mais la situation est plus que délicate. Il ne faudrait pas que d’autres entreprises ou projets soient affaiblis. Je pense notamment à Marcegaglia, qui a des industriels à sa tête, avec des préoccupations industrielles, à la différence de financiers.

    Pensez-vous à une remise en cause du contournement autoroutier de Port-de-Bouc ?

    G.C. : Celui de Port-de-Bouc, comme la liaison Fos-Salon, j’espère qu’ils n’auront pas de plomb dans l’aile. Le dynamisme apporté par ces nouvelles entreprises a montré une nouvelle considération de notre territoire, une quasi-presqu’île avec un seul chemin pour accéder à la zone industrialo-portuaire. C’est pour ça que le contournement autoroutier a été envisagé. J’espère qu’il n’y aura pas de recul, pour l’instant et définitivement. Ce serait un renoncement terrible pour le territoire, mais aussi pour la France.

    Les porteurs du projet dénoncent la politique libérale de l’Europe et ses nombreux accords de libre-échange. Est-ce le cœur du problème ?

    G.C. : On nous présentait cette entreprise comme un fleuron, qui allait montrer la puissance de la France face à la concurrence internationale. Je suis quand même surpris que des libéraux parlent comme ça. Ces acteurs veulent l’exclusivité, le contrôle et l’argent public. C’est comme si un pizzaïolo s’installait à Jonquières et se plaignait de ne pas pouvoir travailler à cause de la concurrence. Ma foi, c’est un marché concurrentiel qu’ils ont choisi !

    Alors, on laisse faire ?

    G.C. : Parlons franchement : si on nationalise Arcelor Mittal alors, oui, il faut protéger son marché. Aujourd’hui, on est dans un monde concurrentiel, tant que les lois sont celles du marché, on aurait tort de s’apitoyer. Il ne faudrait pas faire les chevaliers blancs quand cette façon de faire nous met dans le mur. Je remarque quand même que l’Europe se défend moins bien que les États-Unis ou la Chine sur le plan économique.

    L’État a-t-il encore un rôle à jouer pour défendre son industrie existante et en projet ?

    G.C. : L’Opération d’intérêt national sur la zone se cantonne à l’industrie et la mobilité, c’est une question d’indépendance nationale et je compte sur le rôle prépondérant de l’État et sur son influence européenne. C’est lui qui doit défendre cette position. Je pense justement interpeller le président de la République à ce sujet. Nous, sur le plan local, ne pouvons pas grand-chose face aux va-et-vient de l’Union européenne. Il faut rappeler que le rôle de l’état a été déterminant dans ces sujets. Lors de sa visite en 2023, le président déclarait que, pour la décarbonation et le maintien de l’industrie existante, il fallait pouvoir disposer de source d’énergie indispensable – l’électricité – pour ce faire. Je pense à l’indispensable ligne Très haute tension, la THT, même si je regrette l’absence de recherche de solution alternative pour préserver le patrimoine exceptionnel de Camargue.

    Quid de l’attractivité du territoire après un tel rétropédalage ?

    G.C. : La question de l’attractivité dont on se glorifie est soumise à des critères qui nous dépassent largement, que ce soit la commune, la Métropole, le Département ou la Région. La preuve en est avec Carbon : ils parlent de l’Europe. Ça se joue ailleurs.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • La mise en service du Val’tram repoussée à 2027

    La mise en service du Val’tram repoussée à 2027

    Un parcours de 14,4 km qui dessert 12 stations, voilà la promesse initiale de la Métropole Aix-Marseille Provence. Pourtant, cela fait « 3 ans que la ville est éventrée » selon la municipalité d’Aubagne. Les habitants ne pourront donc toujours pas monter à bord du tram cet été. Selon un communiqué de la Métropole, « le Val’tram entrera en service au début de l’année 2027. En parallèle, la livraison progressive des rames, débutée dès la fin 2026, se poursuivra pour permettre une mise en service totale de l’ensemble du matériel roulant à l’été 2027 ».

    Contactée par La Marseillaise, la Métropole reste évasive pour expliquer ce nouveau délai : « Comme tout travaux, il y a du retard. » Toutefois, le déroulé du projet est confirmé : « La ligne entrera bien en phase de marche à blanc durant le dernier trimestre 2026 (…) afin de tester les procédures d’exploitation et de finaliser la formation des conducteurs. » Des éléments trop vagues pour l’entourage du maire, Jean-Pierre Squillari : « On sait que ces essais ont repris, mais on n’a toujours pas d’éléments pour la suite. On attend ne serait-ce qu’un courrier. »

    Défense de la gratuité

    des transports

    « On a eu aucun élément de communication de la part de la Métropole, ni sur les raisons du retard, ni sur la date de livraison. On a tout appris grâce à la presse », déplore la Ville d’Aubagne. « Déjà qu’on était opposés au passage du tramway dans le centre-ville parce qu’il a lourdement peiné les commerçants, on aurait aimé avoir plus d’éléments sur la livraison finale du projet », ajoute la municipalité, qui regrette un manque de dialogue.

    La Ville craint qu’un problème de fond soit à l’origine de ce silence : « Il y a une bagarre autour de la gratuité des transports. Peut-être que cela participe à compliquer les échanges. » La gratuité des transports instaurée depuis 2009 dans la commune est, selon l’entourage du maire, au cœur du débat : « Comme on n’a pas d’éléments, on sait pas si le tram sera gratuit ou non. Dans un communiqué, il a été fait mention de ticket, ce qui impliquerait un transport payant. On espère que c’était un message générique qui a oublié de prendre en compte les spécificités de la commune. »

    Une journée de défense de la gratuité des transports est organisée le mercredi 27 mai à 18h, à Aubagne. Pour le maire Jean-Pierre Squillari, « la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne n’est pas négociable. C’est notre ADN, notre bouclier social et écologique et nous ne laisserons personne y toucher ! » Le maire invite tous les Aubagnaises et Aubagnais à se joindre aux élus aux côtés de l’Association Se déplacer en liberté afin de « faire bloc face aux menaces de nos services publics ».

  • Une régate pour porter la voix des jeunes éloignés de l’emploi

    Une régate pour porter la voix des jeunes éloignés de l’emploi

    Les pas sont parfois hésitants, parfois assurés pour monter sur les sept voiliers amarrés devant le Mucem, ce mercredi. Pour la plupart des cinquante jeunes venus de tout le bassin méditerranéen, c’est une grande première. Organisée dans le cadre de la saison Méditerranée 2026, cette régate permet notamment à des jeunes éloignés de l’emploi de découvrir la navigation et cette mer qui les sépare.

    Parmi les participants, Yussef Achour est élève à l’école de la seconde chance, qui aide les jeunes sans emploi ou sans diplôme. Le Marseillais a rejoint, il y a deux mois, la filière des métiers de la mer proposée par l’association. « C’est notre première sortie en mer aujourd’hui. J’espère devenir sapeur-pompier », confie le jeune majeur. Ils sont une dizaine de jeunes de l’école de la seconde chance, de Marseille et du Var, a avoir fait le déplacement pour participer à cette régate.

    Un événement qui permet aussi à ces jeunes de porter leur voix. Élève à l’école de la seconde chance à Marseille et ambassadrice du réseau Méditerranée nouvelle chance, Shaden Boughattas le rappelle : « Notre but est de briser les mythes. On nous appelle les NEETS, ni en emploi, ni en études, ni en formation, mais on ne se résume pas à ça. »

    Mais si la régate a attiré beaucoup de jeunes, c’est avant tout pour participer au quartier général des jeunesses méditerranéennes que la plupart des participants ont fait le déplacement jusqu’à Marseille. Du 19 au 22 mai, ces jeunes éloignés de l’emploi pourront suivre des workshops et participer à des assemblées. « Le but est que les jeunes échangent entre eux sur les bonnes pratiques. Qu’ils apprennent aussi les clés du plaidoyer pour qu’ils choisissent eux-mêmes ce qu’ils veulent dire et comment le dire », explique Sabine Bécard, coordinatrice du réseau Méditerranée nouvelle chance, qui rassemble des structures de réinsertions pour les jeunes méditerranéens éloignés de l’emploi.

    « Construire des ponts »

    Pour Ayoub Maskaoui, ambassadeur marocain de ce réseau et membre de l’association el Jisr, venir était une évidence : « On est ici pour trouver des solutions pour nous, les jeunes, et pour porter la voix de ceux ne peuvent pas le faire. » Pour Hicham Naime, venu également du Maroc, c’est aussi un moyen « de découvrir d’autres points de vue sur nos problématiques propres à chaque pays ».

    Michèle Rubirola (EELV), première adjointe au maire déléguée aux relations internationales en est sûre, ces rencontres permettront « de construire des ponts là où certains construisent des frontières ».

  • L’OM battu en finale du Challenge Espoirs

    L’OM battu en finale du Challenge Espoirs

    Les tirs au but auront eu raison de l’Olympique de Marseille. Les joueurs de Romain Ferrier disputaient, ce mercredi après-midi, la finale du Challenge Espoirs 2026 contre le FC Nantes. Habitués à jouer les trophées en catégories de jeunes, les Nantais n’ont pas su faire la différence en 120 minutes. Mais ils ont inscrit plus de tirs au but que les Olympiens pour remporter cette compétition regroupant les réserves des clubs professionnels.

    Favoris, les Canaris ont montré de l’aisance et de la maîtrise lors de la première période, sans pour autant se créer pléthore d’occasions. Certaines individualités ont été mises en valeur, dont Klaus Camara, attaquant guinéen de 18 ans. Les Marseillais ont tenté de bousculer les locaux avec plusieurs ballons dangereux dans la zone de vérité, mais sans réussite. Tadjidine Mmadi et Kelyann Bezahaf ont été les plus remuants.

    En seconde période, bis repetita. Nantes s’est montré plus dangereux, mais les actions nettes ont manqué pour faire réellement basculer la rencontre. Les deux formations se sont dirigées vers la prolongation et le FCN a bien failli marquer d’entrée avec Sanah Camara, touchant le poteau d’une frappe de l’extérieur de la surface.

    Ensuite, plus rien jusqu’aux penalties. Sofiane Sidi Ali, 30 ans, joueur ajouté à cette équipe de moins de 23 ans, est le seul à manquer son tir au but. L’entrée du gardien remplaçant Ibrahim Gomis n’a rien changé pour l’OM, qui a chuté en finale sur le score de 5 tirs au but à 3.

    NANTES 5 (0) OM 3 (0)

    Finale du Challenge Espoirs

    Stade Marcel-Saupin

    Arbitre : Félicien Gazon

    Nantes : Zeze – Gauthier, Lamy, Mongo, Fall – David, Duff – Raiani, Ziani, Camara – Ondo

    Entraîneur : Stéphane Ziani

    OM : Van Neck – Doubal, Pambani, Hamzaoui, Daubenfeld – Kamissoko, Bezahaf, Sellami, Mmadi – Lago, Tunkadi

    Entraîneur : Romain Ferrier

  • Départs de l’OM, Benjamin Pavard premier de cordée

    Départs de l’OM, Benjamin Pavard premier de cordée

    Alors que les supporters marseillais étaient encore sonnés par le départ soudain d’Adrien Rabiot, l’annonce du recrutement de Benjamin Pavard a d’abord suscité de nouveaux espoirs.

    Le buteur providentiel du quart de finale du Mondial 2018 contre l’Argentine allait-il prendre le leadership d’un vestiaire orphelin de son « Duc », un des principaux artisans du retour des Olympiens en Ligue des Champions, envoyé au Milan AC ?

    Difficile de comparer le rôle que peut avoir un meneur de jeu avec celui d’un défenseur axial, souvent appelé à évoluer piston de couloir. Néanmoins, la première apparition de Benjamin Pavard au Vélodrome, ponctuée d’un but face à Lorient, a suscité tous les espoirs. D’ailleurs, sa présence au coup d’envoi a longtemps été associée aux rares clean shit réussis par la défense marseillaise jusqu’au départ précipité de Roberto de Zerbi.

    En perdition

    S’il a été le ciment défensif lors de cette première séquence de la saison olympienne, dans la seconde, Benjamin Pavard a aussi été le symbole du naufrage collectif. S’il n’a pas été le seul élément à perdre pied durant l’hiver, son statut de champion du Monde a fini par se retourner contre lui. Alors que plusieurs de ses coéquipiers, cadres du club, étaient également à la dérive.

    Celui qui aurait pu devenir un nouveau chouchou du Vélodrome s’est finalement retrouvé dans le même panier que Léo Balerdi, autre défenseur emporté par le maelström des humiliations marseillaises, notamment à Lorient ou Nantes. En témoigne la bronca qui a accompagné son entrée en jeu et ses dernières minutes lors du match contre Rennes, en clôture de la saison.

    Première conséquence d’une campagne éprouvante pour le Nordiste, il a définitivement perdu sa place dans le groupe France. Déjà sur la sellette du fait de ses prestations en demi-teinte à l’Inter, il a fini par ne plus intéresser Didier Deschamps et ne sera pas à la Coupe du Monde qui débute le 11 juin.

    Autre conséquence, qui était prévisible, l’OM ne lève pas l’option d’achat auprès de l’Inter. Le joueur a annoncé lui-même qu’il quittait le navire marseillais. « Porter ce maillot restera une expérience forte dans ma carrière et dans ma vie. J’ai toujours essayé de tout donner sur le terrain et de représenter ce club avec respect et engagement », a-t-il confié sur son compte Instagram. « Je pars avec beaucoup d’émotions, des leçons et le souvenir d’un vestiaire resté uni jusqu’au bout. Merci au club, au staff, à mes coéquipiers et à toutes celles et ceux qui ont été derrière nous cette saison. »

    Benjamin Pavard est donc le premier Olympien à officiellement quitter l’OM. Mais s’il va retourner à l’Inter, son avenir ne devrait pas être du côté de Milan. Il pourrait rebondir du côté de Stuttgart, où il s’est révélé. Le club souabe retrouvant la Ligue des Champions.

    Trois autres départs presque certains

    Benjamin Pavard n’était pas le seul joueur prêté à l’OM.

    Ethan Nwaneri était sûr de ne pas prolonger son bail. Car Arsenal l’avait envoyé à Marseille pour s’aguerrir. Malheureusement, la greffe n’a pas pris et le milieu offensif va donc retourner à Londres sans avoir progressé.

    Arthur Vermeeren a été prêté par le Red Bull Leipzig, où il risque de retourner. Ses débuts ont été prometteurs. Mais le carton rouge face à Nantes, début janvier au Vélodrome, a stoppé net sa saison et il n’a jamais retrouvé son niveau.

    Bilal Nadir est en fin de contrat. Mais son entourage se montre trop gourmand pour espérer un nouveau bail.

  • Jours de fête à Félix-Weygand

    Jours de fête à Félix-Weygand

    Le long week-end de l’Ascension a été sportif pour les Minots de Marseille.

    Encadrée par près de 70 bénévoles et arbitrée par 4 arbitres officiels, la « Minots star league » a pu rassembler 2 400 personnes au cours des quatre tournois qui ont vu les victoires de l’Olympique de Marseille en U9, du FC Septème en U10, de La Garde en U11 et de Gémenos en U12.

    Une idée originale a été proposée lors des finales U11 et U12 : les parents des joueurs des deux équipes finalistes ont été invités à accompagner leurs enfants lors de l’entrée des équipes, à la manière des formations professionnelles accompagnées par de jeunes pratiquants.

    Une attitude exemplaire

    Cette initiative a été particulièrement appréciée par les parents, les éducateurs et les joueurs eux-mêmes. L’ensemble des parents, souvent émus par la situation, ont adopté une attitude exemplaire en assistant à la finale au bord de la pelouse. Une démarche qui laisse entrevoir une lueur d’espoir pour la pratique du football, que les Minots de Marseille souhaitent promouvoir comme festive, respectueuse et comme un véritable moment de partage.

    Nul doute que le succès de ces tournois, organisés sur quatre jours, donnera des idées pour proposer une nouvelle édition lors de la prochaine saison sportive.

  • Les Marignanaises dans le grand bain à Martigues

    Les Marignanaises dans le grand bain à Martigues

    Deux podiums et une belle prestation collective, tels sont les résultats du MAC obtenus le week-end dernier.

    À Martigues, où se déroulaient les championnats régionaux N3, les nageuses de Marignane ont su hausser leur niveau et récolter deux médailles. Dans la catégorie « avenirs », une compétition rassemblant 7 équipes, le MAC décroche une belle 3e place. Performance d’autant plus remarquable que pour plusieurs d’entre elles, il s’agissait de toute première année de compétition.

    En duo juniors, Charlyne et Chloé ont su s’imposer dans un tableau de 12 duos pour conquérir la 3e marche du podium, avec le soutien de leur remplaçante, Kessy.

    Rendez-vous à Istres

    Enfin, face à une concurrence relevée de 12 équipes en catégorie Jeunes, les nageuses du MAC se sont illustrées avec engagement et détermination, terminant à la 8e place. Une expérience précieuse pour Maëlle, Mallaury, Romane, Marley, Alyzéa, Luciana, Lucille et Kessy.

    Toutes les équipes du Marignane Aquatic Club sont désormais qualifiées pour les N2 Challenges, qui se tiendront à Istres les 30 et 31 mai. Le club aborde cette prochaine échéance avec confiance, porté par ces belles performances régionales. L’ensemble de ses membres, nageurs, dirigeants et bénévoles, se mobilise pour soutenir ses athlètes.

    Le club a pour objectif de développer la pratique de la natation artistique dans un esprit de partage, de progression et de passion du sport. Tout au long de l’année, les athlètes participent à différentes compétitions régionales et nationales, ainsi qu’à des événements et spectacles mettant en valeur cette discipline artistique et sportive.

  • Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    « On a abordé la réunion sous le prisme de la méfiance, il y a eu des moments houleux où les habitants en souffrance ont exprimé leur amertume », résumait Yoann Titous devant la salle archi-comble du centre social d’Air Bel, ce mardi. Porte-parole des 130 pétitionnaires, locataires et copropriétaires de Bel Ombre, il reconnaissait : « à la sortie, on avait une opinion plus favorable des institutions publiques, mais il reste qu’AJA pourrait faire un effort de communication. »

    Pour rappel, en 2023, les dettes cumulées de la copropriété du 11e arrondissement, des travaux urgents, mais impossibles à financer sur la remise en état des ascenseurs qui desservent 16 étages, la dégradation du béton sur les balcons et divers autres dysfonctionnements, avaient conduit le tribunal à en confier la gestion à l’administrateur judiciare AJA. Pour autant, en juillet 2025, confrontés à l’installation d’un point de deal, à la dégradation continue du bâti, à un seul des huit ascenseurs en état de marche et à des charges à la hausse, les copropriétaires et les locataires avaient alerté les pouvoirs publics.

    En octobre, une nouvelle séance de travail avait débouché sur des engagements. « L’Agence nationale de l’habitat (Anah) financera à hauteur de 50% les travaux urgents, notamment la modernisation et les réparations des ascenseurs. L’administrateur provisoire s’engage à solliciter d’autres devis permettant l’amélioration pérenne des conditions de vie des occupants », avait annoncé la préfecture.

    Vers un calendrier

    Plus de six mois ont passé, les impayés de charges s’élèvent encore à 750 000 euros, augmentés d’une « dette fournisseurs d’environ 250 000 euros », indique l’arrêté préfectoral. « Les comptes sont bloqués donc rien n’avance », déplorent les copropriétaires et locataires, qui se sont organisés en association et craignent de s’enfoncer encore. « On n’obtient aucune réponse d’AJA qui a décidé de remplacer les ascenseurs sur la base d’un seul devis alors qu’il s’agissait d’une modernisation », déplore Mohamed Ramdani, représentant de Préservons Bel Ombre. Les copropriétaires ont demandé d’autres évaluations et notent « des factures bien moindres ». Quant à la demande de transparence des copropriétaires, le représentant d’AJA a balayé : « Nous gérons 500 mandats sur le territoire français. nous n’avons de comptes à rendre qu’au tribunal. » Au regard des situations dans lesquelles les habitants des Rosiers, du Mail, du Parc Corot, de la Maurelette, de la Mazenaude, de la Sauvagère ou de Benza s’enlisent, un membre du collectif intercopro Marseille interroge : « Mais ils en sauvent combien ? »

    Autant dire que ce dernier tour de table initié, mardi, par la préfète déléguée pour l’égalité des chances, était nécessaire. Isabelle Epaillard a réaffirmé sa volonté de trouver des solutions, « il y a urgence à avancer ». Elle a proposé un diagnostic par un tiers afin d’avoir de quoi établir un calendrier des travaux. Pour sa part, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge du logement et nouvellement élue à la présidence du bailleur social métropolitain PML, précisant que « la Ville intervient au titre de son pouvoir de police lorsqu’un désordre est constaté », a prorogé pour la 4e fois, la phase contradictoire déjà engagée. Une décision « assise sur l’acceptation du plan de sauvegarde ». De quoi voir s’éloigner la crainte, chez les copropriétaires, d’un arrêté de mise en sécurité qui aurait de fait entraîné le gel des loyers, l’obligation de relogement et un endettement plus fort.

  • Laëtitia « traumatisée » et l’accusé « sadique », selon les experts psy

    Laëtitia « traumatisée » et l’accusé « sadique », selon les experts psy

    Les experts ont décrit, mercredi, pour le troisième jour du procès, une plaignante « anxieuse », « traumatisée », et un accusé « sadique » et « narcissique ». Le fait d’apprendre tardivement ne pas être le fils biologique de son père aurait provoqué chez lui une peur de l’abandon et un besoin de reconnaissance. « C’est un homme très amoureux dans le sens possessif du terme, du fait de son manque affectif », a déclaré son frère à l’enquêtrice de personnalité.

    L’accusé aurait par ailleurs connu un « désenchantement » dans son poste de directeur d’agence bancaire, souhaitant « se réorienter dans l’associatif, l’écologie et l’économie durable pour redonner un sens à sa vie ». à la grande surprise de la cour, il a même exprimé la volonté de créer une association contre les violences faites aux femmes « pour lutter contre les fondements de cette société patriarcale », mais a reconnu dire ce que l’on attendait de lui, questionné par l’avocat de Laëtitia. « C’était maladroit. Évidemment que je n’ai aucune crédibilité à dire ça », a admis Guillaume B. L’enquête a également démontré une « normalisation de la violence » chez l’accusé, qui a grandi à Toulon, fils d’un ancien militaire affecté à la marine nationale.

    Une docteure en psychologie a décrit une « intolérance à la frustration », une « sexualité pour s’imposer et pallier son sentiment d’infériorité » et une « vision très sexualisée et objectale » de la femme. « Si on devait retenir les faits qui lui sont reprochés, est-ce que le fait d’avoir réduit sa compagne à un statut d’objet au service de ses pulsions, un être à sa disposition qui répond à ses ordres, pourrait être une façon de se valoriser de façon inavouable ? », a questionné la présidente, ce que l’experte a confirmé. Cela lui « permet de se renarcissiser, de réparer son soi par ce sentiment de toute-puissance », a-t-elle expliqué.

    Le psychiatre qui a examiné Laëtitia a évoqué une enfance traumatisante, bercée par les violences sexuelles subies par toutes les femmes de la famille : la mère, la grand-mère et la plaignante, qui dit avoir été violée par son beau-père dans son enfance. Elle a fait plusieurs tentatives de suicide, dès ses 17 ans. Il est ressorti qu’elle avait peur de subir le même sort que sa grand-mère, brûlée au visage par son grand-père lorsqu’elle voulait le quitter, et restée « un an aux grands brûlés, les yeux cousus ».

    L’expert a dit qu’il n’était pas sûr que la plaignante finisse par aller mieux et que c’était parfois même « pire avec les souvenirs qui reviennent ». « Les soins seront longs, le pronostic incertain et les séquelles irréversibles », a-t-il conclu. « Si je n’avais pas d’enfants, j’aurais mis fin à mes jours », lui a-t-elle déclaré. Laëtitia est « rongée par la culpabilité d’avoir incarcéré le père de sa cadette », a souligné une autre experte psychologue. Elle « présente le tableau clinique d’un état de stress post-traumatique chronique », a-t-elle ajouté.

    « Du sadisme pur »

    « Je disais que j’aimais ça parce que, quand il savait que j’aimais, il ne le faisait plus puisqu’il préférait m’imposer des choses que je n’aimais pas », a expliqué Laëtitia à l’expert. « Je pense qu’il tire du plaisir de la souffrance de l’autre et que c’est du sadisme pur », a avancé le psychiatre, qui a également examiné l’accusé. Laëtitia s’est rappelée avoir eu parfois « 14 clients en 24h ». « Je ne veux pas qu’une fille vive le quart de ce que j’ai vécu. J’étais son punching-ball, sa poupée gonflable, sa femme de ménage », a-t-elle déclaré. « Il m’a fait un lavage de crâne, tous les jours, il me disait que j’étais qu’une merde, une allumeuse, une nympho. Je me remettais en question sur tout, il mettait même mon rôle de mère en cause », a expliqué Laëtitia à la barre. Elle a également détaillé les privations de sommeil : « Il me laissait une nuit tous les dix jours ». « Moi qui travaille aux Baumettes, c’est une détention ce qu’elle a vécu », a réagi l’experte psychologue.

    Interrogée par la défense concernant un message dans lequel elle dit aimer se prostituer, Laëtitia a répondu : « Si je n’étais pas allée dans son sens, aujourd’hui, vous auriez un procès sans victime. Il fallait que je reste en vie, que je survive. »

    De vives tensions sont apparues entre les avocats de la défense et la présidente, à la fin de l’audience. Le public a réagi bruyamment à certaines questions de la défense et Laëtitia a éclaté en sanglots. « C’est contre-productif, cela n’apporte rien au débat, les jurés n’en peuvent plus. Cela prend des proportions qui ne sont pas normales », a estimé la présidente.

    Le public était encore plus nombreux que les deux journées précédentes, avec certains élus, notamment de la liste de gauche Demain Sisteron, sur les bancs de la salle d’audience. Laëtitia est apparue encore plus affaiblie que les jours précédents, semblant souffrir de douleurs importantes et ayant du mal à marcher. Elle doit régulièrement sortir de la salle et est accompagnée par ses enfants, présents pour la soutenir.

    Le père et le frère de l’accusé ont également été entendus, mercredi, et ont vanté les mérites d’un homme « extraordinaire », surnommé « le couillon du village ».

  • À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    Mettre la pression sur le patronat pour défendre l’emploi. C’est l’objectif de l’UD CGT 13, qui appelle ses militants au rassemblement sur la place du Général-de-Gaulle à Marseille, ce jeudi à 11h30, devant les locaux de l’Union pour les entreprises, déclinaison phocéenne du Medef.

    L’organisation met en exergue des inquiétudes pour l’emploi sur plusieurs sites majeurs du département. « Des milliers d’emplois sont menacés, que ce soit dans l’industrie, dans les pans de la fonction publique, dans le secteur social ou le commerce, notamment avec Arcelor, Kem One, la CPMM (Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne), Fibre Excellence… », énumère la CGT. Avant de résumer : « Dans notre département, nous sommes face à des urgences dans tous les secteurs. »

    Des urgences sociales dont le dénouement pourrait avoir un impact direct sur les ambitions de réindustrialisation du Golfe de Fos et du pourtour de l’étang de Berre. « Il y a des projets de décarbonation et de réindustrialisation, mais la situation actuelle remet tout en cause : on risque de perdre des emplois existants et de ne pas gagner les emplois futurs », pressentait Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, lundi, lors d’une conférence de presse annonçant la mobilisation syndicale à venir. Preuve que son organisation a le nez fin : le projet d’usine XXL de photovoltaïque, Carbon, qui devait s’installer à Fos-sur-Mer, a officiellement été abandonné, le lendemain… D’où le rendez-vous avec le patronat : « Plus de 210 milliards d’euros d’exonérations lui sont offerts chaque année ! »