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  • Le Front populaire, quand la grève fait la force

    Le Front populaire, quand la grève fait la force

    Congés payés, réduction du temps de travail, augmentation des salaires, droit syndicaux… Il y a 90 ans, la coalition de gauche du Front populaire remportait, le 3 mai 1936, les élections législatives françaises. Son gouvernement, par la pression de la rue et d’un mouvement de grève massif, a voté des avancées sociales considérables. Cet élan progressiste n’a pas duré, mais a marqué l’imaginaire des mouvements sociaux et façonné le système social français instauré après la Seconde Guerre mondiale.

    Une alliance pas si évidente, puisque le mouvement ouvrier est divisé, avec la scission en 1920 entre communistes et socialistes et en 1921 de la CGT, avec la création de la CGTU. Mais la crise économique de 1929, qui fait exploser le chômage, et la crainte de la montée du fascisme pousse vers une union des gauches. Le 6 février 1934, une manifestation de ligues d’extrême droite, à Paris déclenche un sursaut dans les forces antifascistes et une alliance commence à se dessiner.

    Des forces locales unies

    à l’appel de la CGT puis de la CGTU, une grève contre le fascisme est organisée le 12 février dans toute la France. Alors qu’à Paris, deux cortèges s’organisent, à Marseille les syndicalistes et militants décident de n’en former qu’un seul. « C’est un défilé important, le deuxième après Paris, avec 100 000 personnes si l’on en croit Rouge midi [quotidien communiste, Ndlr], moitié moins si l’on s’en tient aux rapports de police », rapporte l’historien Jean Domenichino, dans son ouvrage Les communistes des Bouches-du-Rhône en Front populaire (éditions Des Fédérés).

    à l’échelle locale, de nombreux rapprochements se font avant le niveau national. Ainsi, la section communiste et la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) des Bouches-du-Rhône et du Var signent un pacte dès juin 1934, un mois avant les partis nationaux. De même, dans le Var, le rapprochement entre la CGT et la CGTU est entamé dès septembre 1934, alors qu’il n’est acté au niveau national qu’en 1936. Ce qui fait dire à Jean Domenichino, dans son livre, que « la région marseillaise semble jouer un rôle moteur dans le processus, voire précurseur en raison de la vitalité des luttes sociales ».

    Au niveau national, la coalition des partis de gauche se complète en juin 1935, après le ralliement du Parti radical au Front populaire. Les trois grands partis s’associent autour d’un programme assez vague. Le 3 mai, c’est la victoire pour le Front populaire, qui remporte les élections législatives. Les partis de cette coalition totalisent environ 386 sièges à l’Assemblée nationale, une large majorité.

    Mais, après cette victoire, les salariés « sont partagés entre l’espoir et la crainte : voir s’améliorer leurs conditions de travail et de vie, mais crainte que les changements promus par la gauche au pouvoir ne se heurtent au “mur d’argent” », précise l’historien. Un immense mouvement de grève se déclenche donc dans toute la France. Il débute le 11 mai, dans l’usine Bréguet au Havre et est suivi dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Une période de grève marquée par une ambiance festive : on danse, on joue aux boules ou on se baigne tout en prenant soin de l’usine, pendant qu’elle est occupée.

    Victoire syndicale

    Ce sont souvent des exigences très locales qui enclenchent ces mobilisations, mais elles s’accompagnent de revendications plus larges. Sur tout le territoire français, ce sont plus de 2 millions de grévistes qui obligent les patrons et le gouvernement de Léon Blum, formé le 4 juin, à signer avec la CGT les accords de Matignon, la nuit du 7 au 8 juin. Cet accord historique garanti l’augmentation des salaires, protège le droit à se syndiquer et créé les délégués du personnel pour les entreprises de plus de 10 salariés. Quelques jours plus tard, ce sont les lois des deux semaines de congés payés et de la semaine de 40h qui sont votées, alors que la majorité des mesures ne figuraient pas au programme du Front populaire.

    Malgré ces avancées importantes, c’est la désillusion en 1938, face à des patrons qui ne respectent pas les conquis sociaux et des grèves qui se soldent par des échecs. Mais la philosophie et l’espoir que le Front populaire ont fait naître ne disparaîtront pas et influenceront le programme du Conseil national de la résistance qui a façonné le système social français, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

    Des grèves dans la région

    Les métallurgistes marseillais ouvrent le bal

    À Marseille, ce sont les ouvriers de l’usine de tramway Coder qui entament la vague de grève départementale, le 29 mai. Ils se mobilisent d’abord contre le licenciement de sept employés ayant chômé le 1er mai et étant très impliqués dans la vie syndicale de l’usine.

    Une grande partie des salariés suit le mouvement de grève.

    Les fileuses italiennes de la Capelette sur le front

    Le mouvement national de grève a été suivi sur tout le territoire, et même par les travailleurs et travailleuses étrangères.

    C’est le cas des ouvrières italiennes de l’usine de filature La Marseillaise, située à la Capelette. Elles occuperont leur usine 20 jours. La reprise du travail créa des tensions, et en août, malgré les accords de Matignon, certaines ouvrières sont licenciées.

    Les dockers contre l’extrême droite

    Le 6 juin, ce sont 66 dockers permanents de la compagnie Fraissinet qui entrent en grève, dans les Bouches-du-Rhône. Ils réclament le licenciement de 6 dockers membres de l’association nationaliste Croix de feu. Jusqu’au 27 juin, les dockers occuperont les hangars de la compagnie.

    Les chantiers navals varois embrayent le mouvement

    Dans le Var, ce sont les forges et chantiers de la Méditerranée qui seront les premiers à débrayer au début du mois de juin. Plus de 2000 ouvriers occuperont les chantiers navals et de nombreuses grèves suivront dans l’ensemble du département.

    Vaucluse : une grève utilisée pour nourrir les divisions

    Le 10 juillet, le Syndicat des ouvriers du bâtiment lance une grève générale à Avignon. Le mouvement provoque des incidents avec des maraîchers dont les marchandises sont bloquées.

    Trois jours après, une rencontre a lieu, où les paysans auraient approuvé les revendications ouvrières.

    Mais elle est récupérée par la droite pour affirmer l’opposition paysans-ouvriers.

  • Le boulevard des Dames, à Marseille, se prépare à se refaire une beauté

    Le boulevard des Dames, à Marseille, se prépare à se refaire une beauté

    C’est un axe emblématique du centre-ville marseillais, qui court de la Joliette à la porte d’Aix, qui va enfin être rénové. Ce 16 décembre, la Métropole Aix-Marseille a lancé les dernières consultations d’entreprises pour achever le réaménagement du boulevard des Dames, dans le 2e arrondissement.

    Un chantier qui avait été chiffré, au début de l’année, à 4,4 millions d’euros, pour ce tronçon de quelque 620 mètres qui court de l’avenue Schumann à la place Jules-Guesde, et considéré comme « un axe structurant », comme le rappelle le cahier des charges : « Il se présente comme un axe collecteur, en cas de fermeture des tunnels de la Major, du Vieux-Port et du Prado Carénage ».

    Rattraper le retard du plan vélo métropolitain

    Avec cette remise à neuf, les piétons pourront profiter de trottoirs plus larges, de nouveaux arbres doivent aussi être plantés pour compléter les alignements existants, l’occasion de retirer un peu de bitume pour absorber l’eau de pluie. Le stationnement, lui, ne sera cantonné que sur le côté sud du boulevard pour le tronçon qui court de l’avenue Schumann à l’avenue de la République, et aménagé sur deux bandes de deux mètres de large de chaque côté de la voirie, pour le reste du boulevard, jusqu’à la place Jules-Guesde.

    Mais, surtout, ce réaménagement est l’occasion de créer une véritable piste cyclable, à la place de la simple bande discontinue actuelle, dont la peinture disparaît au plus grand profit des véhicules qui stationnent dessus. Ces pistes cyclable bidirectionnelle, séparées de la route, doivent constituer un tronçon de la ligne 3 « Sud » du Plan Vélo métropolitain, reliant le quartier de la Joliette à Luminy. De quoi rattraper en partie le retard pris : alors qu’il devait s’achever en 2024, moins des deux tiers des 130 km projetés ont été réalisés. Pour accueillir cette piste cyclable, la voirie sera réduite à une voie descendante, et à deux voies montantes.

    Initialement annoncés pour le deuxième trimestre 2026, les travaux sont prévus pour durer dix-huit mois, pendant lesquels la circulation sera réduite à une voie dans chaque sens. Le chantier viendra ainsi accompagner la transformation du secteur, entre les travaux de la place Jules-Guesde et la livraison d’un hôtel aux 49-53, annoncée pour cette fin d’année 2025.

  • 90 ans du Front populaire : des conquis sociaux considérables

    90 ans du Front populaire : des conquis sociaux considérables

    Renforcement des libertés syndicales

    Les accords de Matignon réaffirment, dans son article 3, le droit à tous travailleurs d’adhérer à un syndicat. Cet article pose les débuts de l’interdiction de discrimination liée à l’engagement syndical des salariés. Une grande victoire pour les grévistes de mai et juin 1936, qui pour la plupart réclamait la réintégration de collègues licenciés en raison de leur engagement syndical.

    Augmentation des salaires

    L’accord prévoit une augmentation des salaires ouvriers, jusqu’à +15% pour les rémunérations les plus faibles, et jusqu’à +7% les plus élevées. De quoi répondre à l’une des principales revendications des ouvriers face à la crise économique.

    Création du délégué du personnel

    L’article 5 issu des accords de Matignon met en place les délégués du personnel pour toutes entreprises de plus de 10 salariés. « Ces délégués ont qualité pour présenter à la direction les réclamations individuelles qui n’auraient pas été directement satisfaites », précise l’article. Une mesure permettant de développer un meilleur dialogue social.

    Réduction du temps de travail

    Dans des lois votées quelques jours après les accords de Matignon, les députés du Front populaire ont acté la réduction du temps de travail, passant de 48h par semaine à 40h. Une réduction qui oblige les patrons à payer en heures supplémentaires les dépassements de ce temps légal.

    Congés payés

    C’est l’un des conquis sociaux les plus emblématiques de cette période. Bien que non présent dans le programme du Front populaire, les mouvements de grève ont poussé la loi des deux semaines de congés payés. Une réforme qui a permis le développement du tourisme pour les classes des travailleurs, autrefois réservé aux classes aisées.

  • Poupée pédopornographique : un acheteur inquiétant jugé à Aix-en-Provence

    Poupée pédopornographique : un acheteur inquiétant jugé à Aix-en-Provence

    L’acheteur de 56 ans d’une poupée pédopornographique proposée sur une plateforme de vente en ligne comparaît libre, ce vendredi, devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, pour « détention ou acquisition d’images ou de représentations de mineurs à caractère pornographique ». Il encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

    Le quinquagénaire, domicilié à Bouc-Bel-Air, avait reconnu en garde à vue avoir « commandé cette poupée à des fins sexuelles ». Il a été déféré le 5 novembre au parquet d’Aix-en-Provence et placé sous contrôle judiciaire jusqu’au procès. Le procureur avait précisé que le colis n’était pas de la plateforme Shein.

    Deux jours plus tôt, des employés d’une société de livraison avaient alerté la gendarmerie de la découverte d’un colis plutôt lourd et en partie ouvert qui contenait une poupée pédopornographique en silicone de 1,30 mètre, expédiée par la société chinoise Zech. Le destinataire est tout sauf inconnu, étant déjà inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’agressions sexuelles (Fijais), à la suite d’une condamnation pour agression sexuelle sur mineur.

    Prison ferme et obligation de soins

    Le scandale de la vente en ligne décomplexée de ces poupées remonte au 3 octobre, quand la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a alerté la justice sur la présence de ces produits sur plusieurs plateformes asiatiques de e-commerce, d’abord sur le site chinois Shein, puis ensuite AliExpress, désormais sous enquête.

    La Répression des fraudes a rendu public la découverte et rappelé aussi aux diffuseurs qu’ils engageaient leur responsabilité pénale : la diffusion, via un réseau de communications électroniques, de représentations à caractère pédopornographique, est passible de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Le communiqué fustigeait en particulier Shein, « un site et une marque pour lesquels des pratiques commerciales trompeuses et des allégations mensongères, ainsi que plusieurs non-conformités, ont déjà été largement constatées et sanctionnées précédemment ».

    En France, une vingtaine d’acheteurs âgés de 20 à 70 ans ont été interpellés et certains déjà traduits en justice. Le 15 décembre, un homme de 41 ans a été condamné à Tarbes à 2 ans de prison ferme avec mandat de dépôt, ainsi qu’à un suivi socio-judiciaire de 5 ans avec obligation de soins pour cet achat, mais aussi pour une agression sexuelle sur une fillette de 8 ans. « Il n’y a pas de doute dans ce dossier. Les jouets sexuels évoquaient clairement des enfants. Il a reconnu l’agression sexuelle. C’est un passage à l’acte pédophile. Nous sentons que ses pulsions prennent clairement le pas sur sa raison », avait lancé le procureur, cité par La République des Pyrénées.

  • L’esprit de 36

    L’esprit de 36

    90 ans après, le Front populaire reste un moment singulier de notre histoire, à la confluence d’une victoire électorale des forces de progrès et d’un mouvement social d’une ampleur sans précédent.

    À la source du Front populaire, rappelons-le, il y a un sursaut démocratique et antifasciste. Deux ans plus tôt, le 6 février 1934, un coup de force fasciste visant l’Assemblée nationale, orchestré par des ligues d’extrême droite, a fait vaciller la République tandis qu’en Allemagne, Hitler a pris le pouvoir l’année précédente, 10 ans après Mussolini en Italie.

    L’événement fait l’effet d’une déflagration chez les démocrates, les républicains et dans le mouvement ouvrier. C’est la base qui pousse à la réunification de la CGT et à l’union du PCF, de la SFIO et des radicaux. Bien au-delà, le Front populaire fut aussi un grand moment d’engagement des forces associatives, culturelles, citoyennes…

    En actes

    Ce sont les grandes grèves, les occupations d’usine qui ont permis d’arracher au patronat, en plus des augmentations de salaires, des conquêtes sociales inimaginables avant cela : les congés payés, la semaine de 40h, les libertés syndicales…

    Si l’on n’oublie pas le refus des socialistes et radicaux de porter secours à la République espagnole, l’expérience historique du Front populaire demeure une source d’inspiration à gauche. Ainsi, après la dissolution, lorsque le risque de voir le RN entrer à Matignon était maximal, les gauches se sont entendues dans un Nouveau front populaire. Barrant la route à l’extrême droite, il n’aurait pas tenu longtemps face aux ambitions présidentielles qui empoisonnent la Ve République.

    Il y a besoin, dans la France d’aujourd’hui, non pas d’une référence verbale, mais d’un Front populaire en actes, poussé par un monde du travail conscient de ses intérêts. C’est le meilleur remède
    à l’extrême droite.

    Puisse l’esprit de 1936 souffler sur l’année 2026.

  • Cécile Helle souhaite la rupture dans la continuité

    Cécile Helle souhaite la rupture dans la continuité

    Il y a pile un an, au moment d’adresser ses vœux pour 2025, Cécile Helle parlait d’une « année de curiosités », en écho au riche programme consacré à Terre de culture pour célébrer les 25 ans d’Avignon capitale européenne de la culture et les 30 ans de l’inscription du palais des Papes et du pont d’Avignon au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais 2025 a aussi été une curieuse année politique où, très tôt début février, la maire (PS) annonçait sa volonté de ne pas briguer un 3e mandat pour les municipales des 15 et 22 mars.

    Depuis, la curiosité politique s’est étoffée avec trois à quatre actuels élus de la majorité sortante qui se sont positionnés pour prendre la succession. Ce mercredi, dans ses vœux 2026 aux Avignonnais, Cécile Helle ne prend toujours pas parti officiellement pour l’un ou l’autre. « L’année qui s’annonce constituera donc assurément une nouvelle étape, dont je souhaite personnellement qu’elle s’inscrive dans la continuité de ce qui a été impulsé depuis 2014, avec une ville qui place, en son cœur, l’émancipation dès le plus jeune âge, la bienveillance envers nos aînés et les plus fragiles, l’invention de moments fraternels qui font du bien à tous », écrit l’édile.

    Rendez-vous tout

    le mois dans les quartiers

    Dans nos colonnes, il y a deux semaines, la première magistrate implorait à ce qu’une « dynamique de rassemblement se mette absolument en place au risque de perdre la ville », assurant avoir « une préférence » parmi les prétendants.

    Cécile Helle formule deux autres vœux, comme continuum de sa politique : « Espérer que les services publics municipaux et celles et ceux qui l’incarnent chaque jour continuent d’être présents en nombre auprès de vous » et également « que la ville nature et d’eaux continue de grandir », écho au développement d’îlots de fraîcheur de végétalisation. Cet ultime message de vœux permet aussi à Cécile Helle une introspection sur le rôle de maire, quelqu’un qui « plus que jamais croit en sa ville et en éveille ses forces et ses atouts, qui loin des discours et des postures, rêve, imagine, invente et propose à ses habitants d’incroyables voyages ». Et de donner rendez-vous aux diverses cérémonies de vœux dans les quartiers en janvier, des moments qu’elle affectionne. Les deux premières auront lieu quartier Nord, le mardi 6 (18h30, maison commune Nord), puis, le lendemain, à destination des îles Piot et de la Barthelasse (18h30, société Nautique d’Avignon).

  • Les pompiers et le Samu réveillonnent sur le qui-vive

    Les pompiers et le Samu réveillonnent sur le qui-vive

    Samu bonjour. » Une réponse au bout du fil entendue au moins une dizaine de fois, mercredi après-midi, en à peine un quart d’heure, au centre d’appels du Samu à Avignon, au sein des locaux du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Vaucluse. C’est là que le préfet, entouré du premier adjoint d’Avignon ou du président du Grand Avignon, entamait sa tournée des services de santé et de sécurité mobilisés en cette Saint-Sylvestre.

    « C’est un moment traditionnel qui permet de jeter un regard sur l’année passée et avoir des projections pour celle à venir », brosse Thierry Suquet au moment de remercier les quelque 310 pompiers en poste ce jour-là, comme une journée classique. Un service pour qui, le 31 décembre, ne rime pas « avec jour de fête », constate-t-il. « On reçoit un peu plus de 400 appels ce jour-là, un quart de plus que d’habitude », chiffre le colonel Christophe Paichoux, directeur du Sdis. En effet, cette nuit du Nouvel an a été chargée pour les pompiers de Vaucluse, avec 14 feux de poubelles, 15 de voitures et des incendies d’habitations. 17 sapeurs-pompiers sont intervenus dans le quartier Monfavet, à Avignon, pour un incendie de toiture dans une maison inhabitée. Un entrepôt de stockage de 500 m² a aussi pris feu à L’Isle-sur-la-Sorgue, mobilisant 22 soldats du feu.

    Côté Samu aussi, les appels sont en « accroissement en raison d’une activité de médecine de ville en retrait ». Le préfet s’est ensuite rendu à l’hôpital d’Avignon, mais aussi en gendarmerie et dans les polices nationale et municipale d’Avignon.

  • [Cap sur 2026] Ensemble, emmenons «La Marseillaise» aux sommets

    [Cap sur 2026] Ensemble, emmenons «La Marseillaise» aux sommets

    Chère lectrice, cher lecteur,
    nous vous adressons, ainsi qu’à vos proches, nos meilleurs vœux pour l’année 2026 qui s’ouvre.

    De nouveaux défis se présentent à nous après une année très riche en événements pour La Marseillaise, puisqu’au-delà de nos traditionnels rendez-vous sportifs et festifs qui ont battu tous les records de participation en 2025, nous avons inauguré la place du journal La Marseillaise devant notre siège à Marseille, le collège Jean De Bernardy, du nom de l’un de nos cofondateurs, résistant communiste tombé face à l’ennemi, puis nos locaux historiques rénovés et enfin le nouveau siège de La Marseillaise Hebdo d’Occitanie à Montpellier.

    Un défi de développement d’abord. En 5 ans, depuis la reprise de La Marseillaise à la barre du tribunal de commerce après la liquidation de sa précédente société éditrice, emportée par la crise covid, nous sommes allés au-delà du projet défendu par les Amis de La Marseillaise, les salariés et leur syndicat CGT. Nos effectifs ont augmenté : nous étions 49, nous sommes plus de 60, 70 en comptant nos amis de Zébuline. Nous avons maintenu notre zone de diffusion et nous sommes revenus en Vaucluse. Notre offre éditoriale s’est densifiée avec La Marseillaise week-end, Zébuline le mercredi et dans l’hebdo, nos magazines thématiques et historiques… Nous avons lancé une application mobile tout en continuant de miser sur le papier. Nous avons progressé de 10% en ventes en kiosques dans la dernière période. Un chiffre qui détonne dans une presse en crise et qui nous rend fier en témoignant des efforts accomplis par la rédaction. Nous avons fait progresser notre chiffre d’affaires de 48% entre 2020 et 2025, preuve du dynamisme du service commercial et du pôle événementiel. Si ces résultats nous donnent du courage et de l’ambition pour l’avenir, nos finances restent aussi fragiles que de la porcelaine. C’est dans ce contexte qu’une mobilisation, sans doute inédite dans le monde de la presse, se développe dans les Alpes pour que La Marseillaise étende sa zone de diffusion au 04 et au 05. La création d’un comité des Amis de La Marseillaise et un banquet très réussi en novembre, aux Mées, nous obligent. Ils démontrent une envie de Marseillaise, de pluralisme et une confiance qui nous honorent dans un territoire situé au cœur des enjeux des Jeux olympiques d’hiver de 2030, propice au développement de nouveaux événements La Marseillaise. Pour relever ce défi sur lequel nos instances de décision auront très prochainement à se prononcer, nous avons absolument besoin de votre soutien. Il sera déterminant à la fois pour l’arrivée de notre journal dans ces départements, mais aussi pour l’avenir de l’ensemble du groupe La Marseillaise qui dépend de sa capacité à rayonner et à avancer. Pour cela, nous faisons appel à votre mobilisation pour verser à la souscription déductible à 66% de vos impôts.
    Ensemble, nous avons déjà soulevé des montagnes depuis 5 ans. À présent, j’en suis convaincu, nous allons les gravir.

    En 2026, il nous faudra relever également un défi éditorial : celui des municipales. Un rendez-vous essentiel pour un journal régional comme le nôtre. La Marseillaise mettra toute son énergie à vous informer, à décrypter les enjeux, confronter les idées et faire avancer les débats. Elle organisera des « face aux lecteurs » auxquels vous serez appelés à participer, testera l’opinion et contribuera au débat public, fidèle à ses valeurs de progrès héritées du Conseil national de la Résistance, à son attachement aux intérêts du monde du travail et à son refus des projets politiques mûs par la haine.

    Enfin, un défi démocratique est devant nous. Il est à la croisée des deux précédents. Dans une France où le pluralisme de la presse est en danger de mort, où la plupart des médias sont détenus par des milliardaires dont certains affichent une feuille de route au service de l’extrême droite, l’existence de La Marseillaise est une bataille de chaque instant et un enjeu démocratique considérable. Une Marseillaise dynamique, offensive, qui trouve la force de regarder l’avenir est un point d’appui pour toutes celles et ceux qui, dans le sud de la France, aspirent à une information libre et à une société plus juste. Dans cet esprit, nous développerons des coopérations avec nos amis du Travailleur Catalan dans les Pyrénées-Orientales et du Patriote Côte d’Azur dans les Alpes-Maritimes, avec lequel nous partageons notre tout premier fondateur, Pierre Brandon. Soyez sûrs, chère lectrice, cher lecteur, de notre détermination à porter votre journal toujours plus loin, toujours plus haut. Avec votre confiance et votre engagement, j’en suis convaincu, nous y parviendrons.

    La Marseillaise, c’est vous !
    Léo Purguette

    Des événements pour toute l’année à venir
  • Nice Métropole Côte d’Azur veut bousculer la hiérarchie à Marseille

    Nice Métropole Côte d’Azur veut bousculer la hiérarchie à Marseille

    Frédéric Doutre se considère comme « le Petit Poucet des équipes professionnelles en France ». Nice Métropole Côte d’Azur est une formation nouvelle dans le paysage du cyclisme tricolore. Cinq années d’existence, quatre en tant que pro et peu de moyens pour concurrencer les géants de la discipline. Le directeur sportif rappelle le contexte lié à son collectif : « Nous sommes une équipe créée en 2021, qui a passé le cap chez les professionnels l’année suivante. Nous sommes alignés au niveau continental, c’est-à-dire le troisième et dernier échelon mondial. »

    Cette équipe vit grâce aux soutiens de quatre institutions que sont la Ville de Nice, la Métropole Côte d’Azur, le conseil départemental des Alpes-Maritimes ainsi que la Région Sud. L’objectif reste donc le maintien à ce rang avant d’espérer voir plus haut. En effet, obtenir un plus gros sponsor permettrait de passer un cap supplémentaire dans le professionnalisme. « Se maintenir, ce sera déjà très bien dans le climat actuel. Aujourd’hui, on voit de grosses équipes fusionner pour survivre. Dans un coin de notre tête, on a l’idée de trouver un gros partenaire, qui pourrait nous suivre pour basculer en Pro Teams [le 2e niveau mondial, Ndlr.]. Pour nous, ce serait le Saint Graal, comme le fait de participer à Paris-Nice », détaille longuement Frédéric Doutre.

    Objectif top 10

    Nice Métropole Côte d’Azur possède 10 coureurs sous contrat pour la saison à venir. Là aussi, ils ne combattent pas avec les mêmes armes que les plus grandes équipes du monde. Prenons UAE-Team Emirates, la formation de Tadej Pogacar. Cette dernière compte 29 cyclistes et un staff à rallonge pour encadrer les athlètes. Malgré les différences, même avec d’autres écuries françaises de niveau moyen, les Azuréens jouent leur va-tout. Ils ont ciblé des coureurs pouvant les aider à glaner de précieux points UCI. « Il y a Victor Papon, un excellent finisseur. Alexander Konijn, qui a déjà fait sept ou huit top 10, est un sprinteur régulier. Puis, il y a nos petits grimpeurs Laurens Huys, tout juste arrivé d’Arkea-B&B Hôtels, et Jaakko Hänninen », liste l’ancien patron du pôle France ultra-marins, basé à Hyères.

    Les tuniques bleu azur, en hommage à la Méditerranée, affichent leurs ambitions pour ce Grand Prix cycliste 2026. Ceux qui n’ont pas manqué une édition depuis leur passage professionnel souhaite aller chercher un gros résultat : le top 10. « A minima, car on a renforcé l’équipe, dit Frédéric Doutre. Le parcours a changé avec l’absence des crêtes et sa descente, c’est un facteur important, même si ça ne rend pas la course plus facile. Ce que l’on souhaite, c’est surprendre et être le plus efficace possible avec nos moyens. On aimerait bien chatouiller le top 5. »

    Cette saison, l’encadrement sportif souhaite éviter les blessures – « on touche du bois » – pour faire progresser l’équipe. « On a eu des blessés assez régulièrement avec un passage à vide entre mars et mai. On espère ne pas revivre ça et gagner en régularité sur la Coupe de France, avec plus de top 10. Ce serait déjà un bel axe de progression. » La première manche, à Marseille, pourrait donc servir de tremplin à cette jeune équipe cherchant à déjouer les pronostics.

  • Le Club Alpin Français, toujours bon pied bon œil à 150 ans

    Le Club Alpin Français, toujours bon pied bon œil à 150 ans

    Marseille dispose dans son schéma associatif d’un club hors-norme.

    Imaginez qu’en un même lieu, il soit possible de se préparer pour une randonnée autour du Mont-Blanc. Planifier l’exploration d’une grotte ou d’un gouffre. Se renseigner sur les pistes permettant la pratique du VTT avec un peloton d’amis. Ou encore, tout simplement, trouver le bon conseil pour une randonnée exceptionnelle dans les Calanques.

    « C’est ce que nos adhérents peuvent faire et cela depuis plus d’un siècle et demi, dans notre local qui donne sur le Vieux-Port ». Cette précision est donnée par Michel Gauch. Il est une des chevilles ouvrières, « bénévole, c’est important », qui investit la moindre minute de son temps libre pour aider un maximum de personnes, jeunes et moins jeunes, afin qu’elles puissent profiter du bonheur d’une activité physique en plein.

    Dans le local du 14 quai de Rive-Neuve, il s’active afin de faire vivre la doyenne des associations sportives de Marseille, née le 4 novembre 1875 en tant que section locale du Club Alpin Français. Plus connue sous l’abréviation CAF, elle est un acteur connu et reconnu de tous les adeptes de sports de pleine nature. Car elle gère, entre autres, plusieurs refuges de montagne et s’occupe du balisage, les fameux traits rouge et blanc sur les arbres et rochers, qui jalonnent les sentiers de grande randonnée.

    Sept héritiers

    Jusqu’en 1935, Marseille rayonnait sur toute la Provence. Mais, à partir de 1935, des clubs ont été créés pour coller au plus près des besoins des pratiquants. D’abord à Avignon, puis à Aix-en-Provence et Toulon (1961), dans les Alpilles (1985), à Aubagne (1986), Cassis (1997), jusqu’au petit dernier, né en 2012 à Gardanne.

    « Notre cœur d’activité, c’est bien sûr l’alpinisme », rappelle Michel Gauch. Mais, au fil des décennies, le CAF s’est ouvert à d’autres pratiques. Que ce soit le ski de randonnée, le trail, le VTT, le canyoning, la spéléologie ou encore l’escalade, « nous enregistrons une progression constante de nos licenciés. Rien qu’à Marseille, nous en avons 1 500 ».

    Afin de célébrer les 150 ans, le club a imaginé plusieurs temps forts. Il y a eu la soirée de présentation du livre retraçant la longue histoire de l’association. « Le plus dur a été de résumer les choses en 300 pages », plaisante Michel Gauch. Mais, ce qui fait la fierté des dirigeants, c’est la mise en place d’une randonnée de 150 km, autour et dans Marseille, qui arpente les itinéraires historiques des pionniers et a permis de retrouver certaines traces oubliées, du côté de Roquevaire ou de l’Espigoulier.

    Ouvert à tous, dès l’âge de 4 ans, le Club Alpin Français propose des activités adaptées à toutes les conditions physiques et à toutes les morphologies. « Nous avons également la possibilité de prêter le matériel pour ceux qui souhaitent faire de l’escalade, de la spéléologie ou d’autres activités qui nécessitent un équipement spécifique », précise Michel Gauch.

    « Partage »

    Le club propose également des sorties collectives, des camps d’été dans les Alpes, des randonnées à thème pour découvrir le patrimoine d’une ville ou d’un site naturel, et s’occupe de l’entretien des refuges de montagne. « Le principe est basé sur le partage, avec la présence d’encadrant diplômés de la Fédération française des clubs alpins pour que toute sortie se fasse dans les meilleures conditions de sécurité », insiste-t-il.

    Les permanences du jeudi soir transforment le local en véritable ruche. « Les gens viennent partager leurs expériences, se renseigner sur les formations d’encadrants ou, simplement, pour passer un bon moment et retrouver des amis », poursuit Michel Gauch. Certains passent même leur temps dans la bibliothèque, qui est une véritable mine d’or pour tout amateur de randonnée.

    Renseignements sur le site https://www.ffcam.fr