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  • Retrouver le chemin du progrès

    Retrouver le chemin du progrès

    La rentrée sociale et politique s’annonce explosive alors que François Bayrou et les composantes du « socle commun », minoritaire à l’Assemblée nationale, cherchent à faire passer un budget prévoyant près de 44 milliards d’euros de coupes.

    Quelle est leur feuille de route ? Infliger recul social sur recul social, serrer la vis des dépenses publiques pour toujours mieux préserver la poignée de possédants qui s’est enrichie à une vitesse exponentielle depuis la première élection d’Emmanuel Macron.

    Budget inacceptable

    Inacceptable pour la majorité des Français. C’est dans ce contexte que s’organise confusément la riposte. L’intersyndicale se retrouve le 1er septembre pour examiner la situation. L’appel informel à « tout bloquer » le 10 septembre est désormais soutenu par toutes les composantes de
    la gauche politique.
    La perspective
    d’une censure du gouvernement se rapproche…

    En tout état de cause, il faudra un rapport de force construit dans la durée pour imposer de nouveaux choix au sommet de l’État. Et pour mettre l’extrême droite face à son imposture : elle qui prétend défendre les intérêts populaires n’a toujours pas annoncé qu’elle censurerait le budget Bayrou.

    Elle constitue une impasse pour toutes celles et ceux qui cherchent un nouveau chemin de progrès.

    L’histoire de notre pays, qu’une stèle de la honte tente de falsifier à Saint-Raphaël, nous enseigne que ce sont dans les pires situations que les plus grandes avancées peuvent être arrachées.
    À condition de courage et d’opiniâtreté.

  • L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique

    L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique

    Face au coup politique du maire LR de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, l’indignation dépasse largement la seule sphère communiste. Dans le camp progressiste la condamnation comme on l’a vu tout au long de la semaine est unanime. Personne n’est dupe des réelles motivations de l’édile très droitier qui a parrainé Marine Le Pen en février 2022 à l’élection présidentielle. « Sans la soutenir », se défendait-il aussitôt.

    « Nous ne pouvons pas accepter la réécriture de l’histoire et le parallèle fait par cette municipalité », souligne sans détour Michel Albenga, pour la fédération varoise du Parti socialiste. Pour le responsable politique, il est « impossible d’oublier tous ceux qui partageant cet idéal, qui se voulait universel et libérateur, ont payé de leur vie le combat contre le nazisme ». Et de poursuivre : « Nous ne pouvons oublier que le Parti communiste français et ses militantes et militants ont participé activement à la résistance intérieure pendant la Seconde Guerre mondiale. » Des propos sans équivoque suivi d’un appel à la mobilisation pour rappeler aussi à tous ceux qui cultivent l’amnésie collective « l’apport du PCF après la Libération ; notamment dans le cadre du Conseil national de la Résistance, et les progrès sociaux qui s’en sont suivis pour les citoyennes et citoyens de notre pays ». Tout est dit. Et pas par des communistes, cette fois.

    Le président de la Ligue des droits de l’homme de la section de Toulon-La Seyne, Roland Biache, met tout aussi clairement les points sur les « i ». Et précise : « Autant une journée contre les totalitarismes, tous confondus, ne pose pas de problème majeur, autant aborder la question du communisme ici, en occultant complètement la dimension de la résistance communiste, est une insulte à l’Histoire, une façon de la réécrire qui est scandaleuse. ». Et ce d’autant plus, insiste-t-il, que « cela rajoute un facteur de division dans notre société déjà un peu fracturée, alors qu’il faut refaire du lien. » Pour le militant associatif, « il y a suffisamment de dangers ! »

    Et de poursuivre : « Il oublie la collaboration des bons français avec les nazis, ça n’a pas de sens sur le plan historique, je le répète. Et c’est même une malhonnêteté intellectuelle, une falsification de l’histoire. » Il ne s’agit pas pour autant, pour la LDH, d’oublier ce qui s’est passé au Goulag. « Mais faire l’amalgame avec ce qui se passe en France et viser les communistes français, c’est aller au-devant du Rassemblement national et des idées d’extrême droite », prévient-il.

    Même son de cloche avec Daniel Saadoun (Les Écologistes) pour qui « tout cela est complètement aberrant, surtout à Saint-Raphaël ». « Ça dénote une méconnaissance totale de la situation locale puisqu’ici nombre de rues portent le nom de résistants communistes qui se sont battus pour la libération de la ville », s’insurge-t-il.

    Sur la forme, pour Emmanuelle Cocusse (Les Écologistes) élue d’opposition à Saint-Raphaël, c’est aussi grave. Avec « un manque total de respect de l’institution, c’est-à-dire du conseil municipal » : « Il va nous demander de voter à 11h30 la délibération portant sur la stèle qui sera déposée à 18h ; les journalistes et polémistes de CNews, qu’il présente comme des historiens, seront déjà en route » ; s’indigne-t-elle.

    Stéphane Sacco, le coordinateur régional de gauche républicaine et socialiste, résume : « Encore une fois la droite montre sa capacité à faire de l’œil à l’électorat du RN. Le maire de Saint-Raphaël bafoue les valeurs républicaines élémentaires et le respect des opinions politiques de chacun. Cela nous laisse présager du niveau des campagnes pour les municipales 2026. » En effet.

  • Les cheminots CGT veulent aller plus loin pour le triage ferroviaire

    Les cheminots CGT veulent aller plus loin pour le triage ferroviaire

    Maintenant qu’on a l’infrastructure, il faut aller chercher les clients », lance le secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca Robin Matta. La visite ce jeudi matin du PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou à la gare de triage de Miramas s’est faite sans la presse, deux mois après les deux semaines d’arrêt du tri suite à une panne de télécommande le 12 juin.

    À la recherche de marchés

    « Après avoir investi cinquante-sept millions d’euros pour le triage, il faut le faire vivre », estime le secrétaire des cheminots CGT de Miramas. Car au-delà de vouloir récupérer les vingt-trois flux logistiques retirés à Fret SNCF lors de la privatisation imposée par la Commission européenne, Robin Matta pense qu’aujourd’hui « toute la question pour nous est de nous outiller pour effectuer le tri ferroviaire à la carte des petits trains assemblés en wagons isolés », comme c’est le cas au Terminal ouest Provence de Clésud où seul un train contenant de l’eau est géré par la SNCF. « Nous avons posé la question au président pour savoir quelle démarche commerciale a été entamée pour aller chercher les marchés », abonde le cheminot.

    Dans le même temps que la recherche de marchés supplémentaires, les cheminots interpellent également Jean-Pierre Farandou sur l’infrastructure. Comme l’indique Robin Matta, « nous avons dit au président que nous considérons devoir aller plus loin dans la rénovation et l’amélioration technologique du triage de Miramas », s’appuyant sur les 57 millions d’euros déjà déboursés combinés au débat public sur l’industrie actuellement instruit dans la région, et dont le rendu est le 18 septembre.

    À ce titre, le secrétaire régional des cheminots l’affirme, « la CGT se tient à disposition de la SNCF pour travailler ensemble à un véritable projet global pour le fret ferroviaire ». « On est plus dans la situation de 2020 où plus rien ne fonctionnait. Il nous faut accélérer pour ne plus se retrouver dans la situation de juin, où nous n’avions plus de télécommande », conclut-il.

    L’investissement de SNCF Réseau a déjà permis « l’accomplissement de la 1ère phase du grand plan de rénovation de la gare de triage amorcé en 2025 », détaillé dans le dossier de presse idoine. Treize voies de formation de train sur les quarante-huit au total ont été régénérées, en même temps que vingt aiguillages et quatre freins de voie pour le tri ont été remplacés. Le système informatique de protection du personnel a également été modernisé.

    Une usine ferroviaire pour décarboner la logistique

    La seconde tranche du plan de rénovation du triage se déroule entre cette année et 2027, et concerne « le renouvellement de 24 freins de régulation pour le triage et la régénération d’une quinzaine de voies » d’après la SNCF. L’entreprise publique considère que « cette remise à niveau intervient dans un contexte encourageant de hausse du trafic fret sur la zone et les perspectives de réindustrialisation du golfe de Fos qui portent des enjeux de décarbonation propices au développement du mode ferroviaire ». Avec 2 430 arrivées et départs confondus par mois, cette gare trie, relaie et remise des wagons pour tout le grand sud de la France. Une position « stratégique en amont de la Zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer » pour la SNCF.

    Les cheminots dès lors demandent « un cap » à leur direction, alors qu’une rumeur persistante annonce le changement de présidence du groupe public pour l’ancien premier ministre Jean Castex (Ex-LR) à l’automne. Contactée jeudi soir pour réagir, SNCF Réseau n’a, pour l’heure, pas donné suite à nos sollicitations.

  • La Guinguette sonore,un festival rock et inclusif

    La Guinguette sonore,un festival rock et inclusif

    La Guinguette sonore, un festival de rock indépendant avec une programmation « exigeante et engagée » revient à Istres pour une huitième édition. Rock, Indie, post-punk, garage… autant de styles qui seront à écouter dans le cadre idyllique de la plage de la Romaniquette.

    Créé en 2017 par l’association Les oreilles en face des Trous, La Guinguette sonore est déterminée à proposer un festival fidèle à ses valeurs. Malgré les coupes budgétaires dans la culture, le festival promet un week-end suspendu fait « de chaleur humaine, de musique sincère, de bonheur partagé sous un soleil rock » !

    Au programme : dix groupes de qualité venus de France et d’ailleurs et qui comportent un nombre important de chanteuses. Comme l’année précédente, le festival est adapté aux familles (entrée gratuite pour les moins de 16 ans) et propose des activités ludiques pour les enfants. L’entrée est à 16 euros pour un jour, 24 euros pour le week-end (tarif réduit : 10 euros par jour et 16 euros le week-end).

    Un dispositif spécifique

    La nouveauté de cette année : « Proposer de la musique à des personnes sourdes », explique Sébastien Dreyer, président de l’association Les Oreilles en face des Trous et directeur artistique du festival. Un nouvel univers à découvrir pour les organisateurs, qui « se sont renseignés pour savoir quels sont les écueils à éviter, et au contraire, ce qu’il faut faire ». En partenariat avec la ville d’Istres, ils ont créé le dispositif OctoPulse, qui comporte deux volets.

    OctoPulse, c’est d’une part la mise à disposition de gilets vibrants qui impulsent la musique en vibrations (réservation par mail adminisatration@laguinguettesonore.fr ou au 06. 21. 86. 02. 85). Les gilets vibrants sont à destination des personnes atteintes d’un handicap auditif, mais également des personnes avec un symptôme autistique.

    OctoPulse, c’est aussi, chaque soir, un concert performé en chansigne par Laëty ChanSigne et Théo Gauliard. L’objectif ? « faire en sorte que le public sourd puisse autant profiter et kiffer que le public entendant », déclare Laëty.

    Un concert en chansigne, ce n’est pas seulement une traduction des paroles, mais un véritable travail de création. Pour préparer les deux concerts, il aura fallu trois mois de travail, environ 20h à 30h par titre. Après l’étape de traduction, les artistes LSF (langue des signes française) vont travailler le rythme, la tonalité puis la mémorisation et, enfin, les répétitions. Un travail de longue haleine pour aboutir à un spectacle chansigné salutaire !

    « L’idée de potentiellement pouvoir attirer une famille avec quelqu’un qui est sourd et qu’ils puissent se retrouver et vivre le moment ensemble, c’est notre volonté », confie Sébastien Dreyer, animé par des valeurs de partage et de convivialité.

    Pour assister à ces performances « chansignées », rendez-vous le vendredi 29 août à 20h30 pour le concert de Crache (rock’n’roll absolu) et samedi 30 août, toujours à 20h30, pour le concert de Irnini Mons (indie/ post punk). Laëty invite le public « à venir nombreux pour qu’on puisse tous faire la fête sous les signes du rock’n’roll ! »

    Vendredi 29 août : Le Bien, 111, Ramkot, NastyJoe et Crache.
    Samedi 30
    août :
    Curtism, Treaks, Projector, Péniche et Irnini Mons.
    Dès 18h30, plage de la Romaniquette
    Tarif : 16
    euros(10 euros réduit) pour un jour ; 24 euros (16 euros réduit) pour deux jours. Gratuit moins de 16 ans

  • [Entretien] Robert Guédiguian : « Je raconte ce qui est préoccupant »

    [Entretien] Robert Guédiguian : « Je raconte ce qui est préoccupant »

    La Marseillaise : Présentez-nous les grandes lignes de votre prochain film…

    Robert Guédiguian : Comme toujours, je cherche à raconter ce qui est le plus préoccupant aujourd’hui. Et ce qui nous préoccupe aujourd’hui, ce sont souvent des questions ignorées ou minorées en tout cas. Pendant deux générations, on ne s’est pas trop occupé d’identité, d’ethnie, de féminisme, de violences sexuelles. C’étaient des questions qui existaient, certains y travaillaient évidemment, mais ça apparaissait très secondaire quelque part dans le débat public. Par exemple, en politique, dans la prise en compte de ces questions dans les programmes, on en parlait très peu. Bien sûr, les uns et les autres avaient des propositions plus ou moins féministes, plus ou moins anticoloniales, plus ou moins antiracistes. Cela existait, bien entendu. Mais on ne mesurait pas à quel point ces questions demeuraient capitales, et pas secondaires du tout. Et aujourd’hui, on se prend une explosion suite à plusieurs dizaines d’années de sous-estimation de ces questions.

    Vous dites, dans le synopsis, que les questions d’origine, de religion, de genre ou de couleur de peau semblaient dépassées mais qu’on s’aperçoit que nous avions tort…

    R.G : C’est-à-dire qu’il faut prendre ces questions à bras-le-corps. Ce sont des questions auxquelles il faut apporter des réponses, qui peuvent être d’ordre institutionnel, politique, sociétal… Mais il faut les traiter car elles déterminent la vie des gens autant que leurs conditions matérielles d’existence, à mon sens. On s’est peut-être trop préoccupé des questions matérielles, je pense. La vie ce n’est pas qu’avoir le Smic qui augmente… C’est évidemment très important mais la vie n’est pas que matérielle. D’un point de vue anthropologique, elle est aussi spirituelle. Et dans le spirituel, il y a les mœurs, les rapports hommes-femmes, les rapports amoureux, les questions de genre… Ces questions développent des clivages assez fous dans les pays occidentaux. Trump a été élu sur une base « anti-changement civilisationnel ». Je ne dis pas « anti-progrès »

    Vous partez quand même d’une femme qui se pense « émancipée » mais qui change suite une agression ?

    R.G : Le film essaie de parler de toutes ces questions évoquées précédemment. Mais comment le faire ? C’est toujours la problématique : Parler du monde contemporain dans un film de fiction. Théoriquement, je pourrais écrire un texte, faire une conférence et avoir un discours rationnel sur ces sujets, sur la forme des luttes aujourd’hui. Mais dans un film, il faut que cela s’incarne dans des actions, des événements. Donc je pars d’une femme qui pense que tout va bien. Elle gagne bien sa vie, elle est heureuse et émancipée, y compris sexuellement. Elle a une très bonne situation mais elle vient d’un milieu populaire. Cette situation génère quelques frictions avec sa famille : les parents sont modestes et habitent dans une cité, alors qu’elle habite dans une villa au Roy d’Espagne. Elle est le stéréotype de la réussite. On ne précise pas sa profession dans le détail mais on suppose qu’elle est dans les fusions-acquisitions, des actions de boursicotage. C’est lié au capitalisme financier… Assez vite, elle est agressée sexuellement. Évidemment, cela l’atteint physiquement et psychologiquement. À tel point que cela va remettre peu à peu en cause son rapport au monde. Et pour faire de la fiction, elle va avoir un accident, par hasard, devant un foyer de jeunes mineures enceintes… On passe donc des bureaux de la tour Nouvel à une maison qui accueille des filles mineures de toutes origines. C’est là qu’elle va rencontrer d’autres mondes, d’autres univers, d’autres pauvretés, d’autres rapports sexuels. Il y a aussi le décès d’un oncle qui implique des révélations familiales, puisque la mère de notre personnage est née en Algérie. Elle découvre des choses difficiles sur ce qui s’est passé là-bas. À travers tout cela, on parle d’immigration, de mineures enceintes, on parle de notre rapport aux colonies… Ce n’est pas un film sociologique mais on fait attention à ne pas être en contradiction avec le réel.

    Votre traitement de ces questions est en lien avec la montée d’une internationale d’extrême droite dans le monde ?

    R.G : Par capillarité oui. Shakespeare disait que les auteurs sont des éponges de leur époque. Je suis surinformé, j’ai toujours aimé me préoccuper des autres, de ma rue ou du monde entier. Ce qui se passe en Ukraine, à Gaza, au Soudan ou au Congo m’intéresse. Quand j’écris, j’écris forcément avec tout ça. C’est de manière naturelle, je ne fais pas ça pour ça. Dans ce monde de confusion, avec Trump, Meloni, Erdogan, Orban, des figures émergent et ressemblent à des dictateurs élus. Évidemment, cela me préoccupe. Et ça nous pend au nez ici en France.

    Dites-nous en plus sur le casting, le tournage à venir…

    R.G : Il y a un petit décentrement. Le film s’appelle Une femme aujourd’hui. Pour rire, en général, j’ajoute : « Et ce n’est pas Ariane Ascaride ». Elle joue la mère, Gérard Meylan le père, Jean-Pierre Darroussin joue le voisin, les frères sont Robinson Stévenin et Adrien Jolivet. Il y a aussi Géraldine Loup et Sophie Payan. Il y a tout le monde, ou presque. Et le personnage principal est Marilou Aussilloux, de La Pie voleuse.

    Depuis « Twist à Bamako », vous êtes revenu à Marseille, c’est un retour aux sources naturel ?

    R.G : Je tourne des histoires à Marseille et pas sur Marseille. Pour moi, Marseille est une forme, c’est mon théâtre. On tourne rarement dans les mêmes quartiers, sauf à l’Estaque. Mais là, on n’est pas dans un conte comme d’habitude. On est dans un film beaucoup plus dur, plus « réaliste ». Et ce type de récits, je peux les tourner où je veux. Et où je veux, ça peut être ici. Je me dis que toutes les histoires du monde peuvent se passer n’importe où, y compris à Marseille. Je n’ai pas un regard sur la ville mais sur le récit. Toutes les histoires que je raconte peuvent se tenir ailleurs. Elles tiennent debout sans Marseille. Mais le film n’aura pas la même couleur, pas la même lumière, pas les mêmes matières. La forme change, mais le contenu reste. C’est mon regard sur le monde en général qui compte, pas sur Marseille. Et là, c’est les questions qui préoccupent l’occident dont je veux parler. Je pourrais en parler depuis Hambourg, Barcelone ou Liverpool.

    « Je tourne des histoires à Marseille et pas sur Marseille. Marseille est une forme, c’est mon théâtre »

  • Vingt-trois policiers municipaux marseillais menacés de sanctions

    Vingt-trois policiers municipaux marseillais menacés de sanctions

    Un nouveau coup de froid sur la police municipale à Marseille. Depuis vendredi, plusieurs policiers municipaux ayant participé à l’envahissement de la mairie centrale le 21 novembre dernier se sont vu remettre des courriers les informant qu’une procédure disciplinaire était envisagée contre eux. « Vous avez été formellement identifié parmi les agents s’étant introduit dans l’hôtel de ville, expliquent les missives signées par le directeur des ressources humaines et datées du 13 août. Ce comportement inapproprié constitue un manquement au devoir de réserve et à l’obligation d’exemplarité qui s’imposent à tout agent public. »

    Au total, vingt-trois d’entre eux sont menacés de sanctions selon nos informations, confirmées par la Ville. Ils ont quinze jours pour accéder à leur dossier et adresser leurs observations, avant que les procédures ne soient engagées. « Vous avez le droit de garder le silence pendant la procédure disciplinaire engagée à votre encontre car tout ce que vous pourriez dire pourra être retenu contre vous », se conclut maladroitement le courrier. Suscitant une vive émotion dans les rangs.

    Fin novembre, une partie des agents s’étaient mis en grève à l’appel de la CFE-CFTC et de la FSU, protestant contre des augmentations différenciées du régime indemnitaires entre ceux qui travaillent de jour ou de nuit. Jusqu’à envahir l’hôtel de ville, avec des intimidations contre l’agent de sécurité, qui a déposé plainte, les fils du standard téléphonique arrachés, pendant que les agents chantaient « on est chez nous ». La Ville avait déposé plainte contre X, trois premiers courriers étaient partis au mois de janvier, ciblant selon nos informations l’agent ayant usé de son badge pour faire entrer les manifestants, celui qui a intimidé la sécurité privée à l’entrée et un autre filmé alors qu’il ciblait la directrice de la police municipale avec des propos peu amènes. Seul problème : tous trois sont délégués syndicaux, l’un à la FSU, deux à la CFE-CFTC. Alors à la mi-juillet, la CFE-CFTC interpelle le directeur général des services. Et explique qu’ils accepteraient des sanctions si elles touchaient tous les agents concernés, et pas seulement les trois responsables syndicaux. Des rumeurs, proteste la secrétaire générale de la CFE-CGC, Pascale Longhi Nous avons seulement fait remarquer que ce n’était pas normal que ce soit les nôtres, et nous avons demandé qu’il y ait de sanctions pour personnes », réfute-t-elle. « Nous lui avons fait remarquer que nous pouvions les attaquer pour discrimination syndicale et entrave syndicale », précise Philippe Angelelli, le secrétaire général de la CFTC Marseille.

    Pas d’excuses

    Si les sanctions contre les trois responsables syndicaux ne sont pas encore tombées, ils ne sont plus les seuls à être concernés par les procédures en cours. Alors même que les relations s’étaient apaisées, surtout depuis que les agents, au début de l’année, ont constaté qu’ils étaient tous bien augmentés, loin de certains discours instrumentalisés. « Les agents nous appellent, on ne comprend pas cet acharnement », soupire Pascale Longhi. « On bafoue le droit de grève en sanctionnant des gens qui ont exprimé quelque chose dans ce cadre-là », reproche Philippe Angelelli. Tous deux refusent cependant de s’excuser pour l’envahissement de la mairie. Mais même au-delà de leurs rangs, ces procédures suscitent un tollé. « Certains avaient juste suivi le mouvement, d’autres qui ont fait des actes plus répréhensibles passent au travers des mailles », grince un militant syndical. Beaucoup regrettant une décision administrative plus que politique. Qui risque de remettre le feu aux poudres.

  • Répondre à la question sociale

    Répondre à la question sociale

    La justice sociale et la dignité des travailleurs sont la grande réponse progressiste, celle de la gauche, à la grande question sociale et son lot d’inégalités. Elle doit irriguer plus encore les propositions du camp du progrès. Elles doivent aussi représenter, aux yeux des citoyens, une alternative solide face au rouleau compresseur des politiques antisociales mises en œuvre depuis 2017. Jean Jaurès fit de cet enjeu la priorité et l’élargissait à la défense de la démocratie, de la République et des droits humains. Il fut, à ce titre, l’incarnation de
    la défense du Capitaine Dreyfus. Assassiné par un nationaliste en 1914, Jaurès n’a eu de cesse de combattre la réaction.

    Banalisation
    du mal

    Les héritiers des ultranationalistes de son époque ont, en 2025, pignon sur rue. La banalisation de l’extrême droite lui a permis de faire infuser ses idées de haine dans la société. Ainsi, le projet de l’irresponsable François Bayrou de supprimer deux jours fériés, dont le 8 mai, illustre cette banalisation du mal.
    À quoi bon commémorer la victoire sur le nazisme ? Cet effacement de l’histoire se produit au moment où nous devrions puiser dans les conquêtes sociales de l’après-guerre pour faire grandir notre modèle social né du programme du conseil national de la Résistance.

    Bayrou, Macron et consorts marginalisent
    la question sociale.
    Ils l’ignorent ou, quand ils y répondent, c’est par la répression. Quant à l’extrême droite, sa réponse est le racisme euphémisé : « la préférence nationale », machine infernale pour exclure. Aucune de ces réponses n’est acceptable. La responsabilité des gauches est immense pour porter haut et remettre au mitan
    la justice sociale et
    le combat contre
    les inégalités.

  • Un cinéaste artisan de notre époque

    Un cinéaste artisan de notre époque

    Les œuvres de Robert Guédiguian ne sont jamais anecdotiques même celles qui semblent les plus légères. Elles nous accompagnent et nous nourrissent, elles nous heurtent et nous saisissent. De Marius et Jeannette, – au succès populaire qui a permis au cinéaste de construire un parcours artistique solide, en amitié et en fraternité avec le public – on retient souvent l’histoire d’amour formidable, ce miracle de la vie. Mais aussi, en filigrane, en sachant saisir un regard ou des mains qui économisent le reste d’un tube de sauce tomate, l’âpreté de la condition des femmes ouvrières, leur pugnacité aussi. D’autres figures féminines seront au cœur de son prochain film intitulé Une femme aujourd’hui. Un titre simple pour nous raconter une réalité complexe.

    Guédiguian élargit la question sociale

    En se saisissant toujours de la question sociale, Robert Guédiguian l’élargit à nos enjeux contemporains. Ici, les questions d’identité, de féminisme, d’immigration. Il entend les révéler au grand jour, avec les outils qui sont les siens, ceux du cinéaste, de l’artiste : un scénario, des actrices, des acteurs, des costumes, des décors, de la lumière et des couleurs. Georges Simenon écrivait des « romans durs » au sens où il était le conteur de son époque et de sa réalité crue, invisible à ses contemporains. C’est la fonction de la culture : être révélatrice de notre vie et nous offrir des clés pour s’émanciper.

    Impossible de dire si Une femme aujourd’hui va s’inscrire dans les films « durs » de Robert Guédiguian. Une chose est sûre : ce film, son 25e, est attendu avec impatience.

  • Des incendies toujours hors de contrôle en Espagne

    Des incendies toujours hors de contrôle en Espagne

    L’Espagne vit une vague d’incendies inédite qui aura d’importantes conséquences, humaines, environnementales et économiques

    Le Nord-Ouest de l’Espagne et l’Estrémadure vivent l’enfer depuis début août. Le feu règne en maître sur plusieurs régions. Dès qu’un incendie est contrôlé, un ou plusieurs autres démarrent et rendent de plus en plus difficile la tâche des pompiers et des renforts arrivés de plusieurs pays de l’Union européenne.

    Le dernier bilan actualisé mercredi par le Système Européen d’Information sur les Incendies Forestiers (Effis) chiffrait à 391 581 hectares (dont la majorité depuis début août) brûlés depuis le début de l’année correspondant à 230 incendies. Quatre décès sont à déplorer ainsi que de nombreux blessés. Une vingtaine d’incendies au total est encore hors de contrôle. À Ourense en Galice, sept incendies sont actifs et huit en Castille-et-León.

    Au-delà de la catastrophe humaine et écologique, il y a aussi les conséquences économiques dont on ne mesure pas encore l’ampleur. On estime à 600 millions d’euros le préjudice sur les secteurs les plus touchés tels que l’élevage intensif et l’apiculture. Des aides des régions sont prévues : 500 euros par personne évacuée et 18 500 euros pour une maison détruite par le feu. Seul point positif mercredi, la liaison ferroviaire grande vitesse entre Madrid et la Galice a été rétablie après sept jours d’interruption. Le gouvernement a déclaré mardi « zone de catastrophe naturelle » toutes les régions impactées, ce qui permettra de mettre en marche les indemnisations.

    Actions de solidarité

    Cependant, le premier ministre socialiste Pedro Sanchez, qui était venu sur place pour annoncer un pacte contre le changement climatique, associant le gouvernement et les régions, n’a pas trouvé un écho favorable de la part des exécutifs de droite dans les régions impactées. Des positions guidées par une opposition systématique à tout ce qui vient du gouvernement de gauche. Mais côté population, il n’y a pas d’arrière-pensées politiciennes, les habitants affrontent ensemble cette catastrophe et mettent en place des actions de solidarité.

    C’est le cas à Valverde de la Sierra village, de vingt habitants (province de Léon) où 200 personnes, villageois, vacanciers et bénévoles, venues de toute la région ont travaillé sans relâche pour isoler le village du feu. Parmi ces volontaires, il y a José Manuel, un berger d’Estrémadure qui chaque été traverse la moitié de l’Espagne avec ses 2 000 moutons pour aller les faire paître à Valverde. Cette année, ses animaux sont devenus un outil inattendu contre le feu : « Les moutons mangent tout petit à petit et, avec leurs sabots, ils foulent le sol » explique Jose Manuel « vous verrez comment ils défrichent ! » le berger a donc mis ses moutons au service de la protection du village avec efficacité. Deux mille brebis et deux cents personnes ont travaillé jour et nuit pour construire une muraille invisible : un pare-feu qui protège la vie et les souvenirs d’un village qui refuse de brûler. La solidarité sur le terrain fait chaud au cœur.

    L’heure n’est pas encore à étudier avec précision les causes profondes de cette catastrophe. Cependant, il apparaît que les zones affectées sont les régions où le dépeuplement est le plus important. Selon certains experts, près de 90 % de la centaine de villages affectés par les incendies ont perdu pour certains plus de 50% de leurs habitants depuis une vingtaine d’années. La désertification et l’abandon rural favorisant le déclenchement et l’extension des incendies tout cela s’ajoutant aux facteurs climatiques.

    Mercredi, l’annonce d’orages et de pluies donnait quelques espoirs, mais rien n’est gagné et les jours qui viennent risquent d’alourdir un bilan déjà catastrophique.

  • L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    L’état écologique de l’étang de Berre s’améliore

    Le protocole signé avec EDF porte ses fruits. En septembre 2024, le Gipreb, syndicat mixte chargé de la surveillance de l’état écologique de l’étang de Berre, et l’électricien passaient un accord visant à restreindre les rejets d’eau douce de la centrale de Saint-Chamas durant l’été. Après une première saison, le directeur de l’instance scientifique Raphaël Grisel l’affirme : « Ce protocole donne raison à l’ensemble des parties : on a une centrale qui produit, essentiellement en hiver, et un étang qui profite de ces nouvelles conditions et semble moins fragile sur la période estivale. »

    « Actuellement, la salinité est la même de la surface au fond, dans les zones profondes, poursuit-il. On n’a plus de stratification depuis le mois de juin grâce à la limitation des rejets d’eau douce. » En 2018, l’eutrophisation et la stratification des eaux avaient mené à une crise d’anoxie, c’est-à-dire une pénurie d’oxygène dans l’eau conduisant à une mortalité massive des organismes vivants de l’étang.

    La recolonisation des zostères

    Même les deux périodes de canicule, en juin et en août, n’ont pas eu raison de l’équilibre de l’écosystème. « Les chaleurs n’ont pas eu d’incidence trop négative », assure Raphaël Grisel, qui pointe « de toutes petites situations dans des zones très confinées comme des ports », mais aucun épisode de malaïgue grâce au vent qui a fait baisser les températures. Pour garder une eau claire et équilibrer l’écosystème lagunaire, le Gipreb mène des campagnes de plantation d’herbiers de zostères qui limitent la remise en suspension des sédiments grâce à leurs racines, stockent la matière organique et permettent la production d’oxygène dans l’eau avec leur photosynthèse.

    « L’intérêt c’est d’accélérer leur recolonisation dans les zones où il devrait y en avoir, détaille Raphaël Grisel. Ces sites ont été ciblés en fonction de leur capacité à essaimer vers d’autres sites grâce à la circulation de l’eau. L’année dernière on en a planté 8m2, ce qui est très peu mais c’était un test opérationnel. Au bout de trois mois, ces 8m2 étaient devenus 400m2, donc on a une multiplication par cinquante des surfaces. Cette année, on a planté 30m2. »

    Autre avancée notable : cet automne, la réouverture des communications hydrauliques entre l’étang de Bolmont et l’étang de Berre permettra à la lagune située entre les communes de Marignane et de Châteauneuf-les-Martigues de sortir d’une « situation de confinement qui ne lui est pas favorable ».