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  • « Il faut recommencer à se protéger du virus du Sida »

    « Il faut recommencer à se protéger du virus du Sida »

    À l’issue de la semaine d’action hors les murs du Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), organisée début décembre dans le cadre du Sidaction, le Dr Erika Kurzawa revient sur les enjeux de la prévention et du dépistage en matière de santé sexuelle.

    La Marseillaise : Quelles ont été les actions du Cegidd, début décembre, à l’occasion du Sidaction ?

    Dr Erika Kurzawa : Sur l’espace d’une semaine, nous avons proposé des consultations au sein du Cegidd sur plusieurs jours, mais aussi auprès des étudiants de l’Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi), ainsi qu’auprès du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) de Martigues. Nous sommes aussi allés en intervention aux lycées Brise-Lames de Martigues et Mongrand de Port-de-Bouc, jusqu’au CFAI et à l’Espace pluriel Jeunes d’Istres.

    Pour quelle raison est-ce important d’aller au contact
    du public pour votre service
     ?

    Dr. E.K. : Car la région Paca est la deuxième région de France métropolitaine la plus touchée par le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Sur le territoire, à l’ouest des Bouches-du-Rhône, cela pose particulièrement problème par rapport à la désertification médicale, notamment à cause des départs de médecins traitants non-remplacés. Le territoire est d’ailleurs peu fourni en matière de services comme ceux du Cegidd, en dehors du nôtre, à Martigues. Il existe certes une consultation avancée à Port-Saint-Louis-du-Rhône, ainsi qu’une vacation à Arles et une autre à Salon-de-Provence, dépendantes du Conseil départemental.

    Qui peut venir vous consulter ?

    Dr. E.K. : Nous sommes un Cegidd généraliste, ouvert à toutes et tous, que l’on soit mineur ou plus âgé. Chez nous, il n’y aura jamais de problème de genre, de papiers, ni jamais de jugement et tout se fait dans le secret absolu. On aimerait que consulter soit une routine de la même manière que pour se brosser les dents.

    Quels sont les principales problématiques auxquelles vous êtes confrontée ?

    Dr. E.K. : Nous observons des contaminations autochtones au VIH, surtout par voie sexuelle et notamment chez les jeunes, mais aussi chez des plus de 50 ans qui refont leur vie, mais qui ont oublié le préservatif. Il existe aussi un tout petit rebond causé par l’usage de drogues, mais qui reste minime. C’est souvent causé par le manque de matériel stérile dans des soirées un peu sauvages. Mais, surtout, j’insiste sur le fait qu’il faut continuer à se protéger, recommencer même. On observe beaucoup moins de protection par préservatif chez les moins de 26 ans. Il y a un manque criant d’éducation à la vie affective et sexuelle, mais l’accès à ces populations dans les établissements scolaires est difficile. Conséquence de l’absence d’éducation : les jeunes apprennent avec le porno et les messages de prévention en santé sexuelle se sont pas relayés.

    Quel message, par exemple ?

    Dr. E.K. : J’aimerais que chacun se sente légitime à avoir sa vie sexuelle, sans aucune honte dans ses pratiques ou non-pratiques. Si on est a l’aise de pas avoir de sexe, par exemple, on n’a pas à se justifier. Le Cegidd est aussi là pour proposer une écoute bienveillante si on se pose des questions. Qu’on sorte des discriminations et des jugements.

    Vous semblez presque offensive dans votre discours…

    Dr. E.K. : Oui, car les discours masculinistes ont pris des proportions dramatiques, notamment sur les réseaux sociaux. Certains affirment que si on met un préservatif, on est pas un vrai homme, et les associations de lutte contre le VIH nous remontent beaucoup ce message. Moi je crois au contraire qu’être un vrai homme, c’est prendre soin des autres et c’est pour cette raison que l’éducation à la santé sexuelle et affective doit être menée. Car, sinon, on se prend de fausses informations alors qu’il suffisait de nous ouvrir la porte des collèges.

    Y a-t-il des conséquences concrètes de ces dérives ?

    Dr. E.K. : L’injonction à la performance chez les hommes est catastrophique. Des hommes de 25 ans viennent me réclamer du Sildénafil [Viagra, Ndlr], car ils ne « tiennent pas assez longtemps ». Des femmes nous demandent le blanchiment de l’anus, des épilations intégrales ou de la chirurgie des petites lèvres pour correspondre aux standards du porno. Ça va très loin. Il faut parler de l’estime de soi, du respect de l’autre et réaffirmer qu’il n’y a pas besoin de répondre à des injonctions esthétiques pour être respecté. Ces valeurs ne sont plus à la mode et elle doivent le redevenir.

  • Dominique Bucchini, figure majeure de la vie politique corse, s’est éteint

    Dominique Bucchini, figure majeure de la vie politique corse, s’est éteint

    L’émotion est vive. Dominique Bucchini est décédé ce vendredi 2 janvier. Cette figure du PCF local a notamment été président de l’Assemblée de Corse de 2010 à 2015 et maire de Sartène pendant 23 ans.

    Né le 23 janvier 1943 à Sartène, en Corse-du-Sud, Dominique Antoine Bucchini grandit dans le quartier populaire de Borgo, marqué par une culture politique où le souvenir de la Résistance est encore très vif. Fils de Jean‑Simon Bucchini, convoyeur devenu cafetier, et de Catherine Andréani, tous deux sympathisants communistes — sa mère en particulier — il forge dès l’enfance une conscience sociale nourrie par la parole des anciens.

    Son voisin, l’ancien maire résistant Joseph‑Pascal Tramoni, lui transmet une injonction fondatrice : « N’oublie jamais qui nous sommes et d’où nous venons ». Très tôt engagé, Dominique Bucchini adhère aux Jeunesses communistes en 1959 et diffuse le quotidien La Marseillaise dans sa ville. Après un baccalauréat philosophie en 1961, il entame des études à Aix‑en‑Provence avant de s’orienter vers l’École normale d’instituteurs. Les places en Corse étant réservées en priorité aux rapatriés d’Algérie, il est affecté en Vendée, où il devient instituteur en 1964. Il y enseigne trois ans, s’investit dans la défense de l’école laïque, organise des actions sociales et se distingue comme footballeur dans plusieurs clubs locaux.

    Engagement et fidélité aux valeurs communistes

    En 1967, il part effectuer son service militaire sous la forme d’une coopération au Sénégal, à Thiès, où il enseigne l’histoire‑géographie et le français. Il y entraîne également une équipe de football composée d’élèves, engagée en deuxième division sénégalaise. Une inspection favorable lui ouvre la perspective d’une promotion au grade de PEGC. Rentré en France, il reprend l’enseignement à Montreuil puis au lycée agricole de Sartène.

    Son engagement politique s’intensifie : il adhère au Parti communiste en 1972, et débute une carrière élective marquante. Bucchini devient maire de Sartène en 1977, charge qu’il occupera jusqu’en 2001. Il est également député européen de 1981 à 1984, conseiller général de 1988 à 2001, puis conseiller territorial de 1982 à 2017. Son influence culmine lorsqu’il préside l’Assemblée de Corse entre 2010 et 2015, consolidant son rôle central dans la vie politique insulaire.

    Militant opiniâtre, profondément attaché à la justice sociale et à la mémoire résistante, Dominique Bucchini demeure une figure emblématique du communisme corse, marqué par une fidélité constante à ses origines populaires et à l’idéal collectif transmis dès son enfance.

    Des hommages appuyés

    Les hommages se multiplient depuis l’annonce de sa disparition. Le porte-parole du Parti communiste français, Ian Brossat, déclare sur ses réseaux sociaux : « L’amour de la Corse, la révolte contre les injustices : deux fils rouges que Dominique Bucchini aura tissés tout au long de sa vie. Hommage à l’ancien maire et président de l’Assemblée de Corse, au grand communiste, à l’homme remarquable qu’il fut jusqu’au dernier souffle. »

    Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, confie : « Président de l’Assemblée de Corse, maire de Sartène, sa ville qu’il aimait tant, militant infatigable au service de ses convictions communistes, homme de dialogue et de paix imprégné de culture corse et universelle, Dominique Bucchini est, et restera une figure majeure de l’histoire contemporaine de l’île. Il est parti mais nous conservons de lui son sourire, son regard empreint de détermination et de bonté, et les conseils en forme de proverbe dont il savait illustrer ses discours et ses propos : “À chì pesa a petra, à chì trova l’anguilla…” ».

    Marie Antoinette Maupertuis, présidente de l’Assemblée de Corse, déclare : « Bienveillant à mon égard depuis mon élection, je retiens son engagement pionnier en matière de lutte contre la violence et sa prise de position en faveur de la co-officialité de la langue corse. Je salue avec respect l’homme au franc parler, l’inlassable militant, l’élu devenu une des figures politiques emblématiques de notre île. »

    L’association Kallisté salue la mémoire de Dominique Bucchini, « grande figure de la vie politique et démocratique corse, qui vient de nous quitter. »

  • Un espace naturel en ville avec l’écoferme de la Barre

    Un espace naturel en ville avec l’écoferme de la Barre

    Adossé au rempart rocheux de la Barre qui serait, paraît-il, une prolongation géologique du massif des Maures, l’Espace naturel sensible (ENS) accueille au calme les visiteurs, à deux pas de l’autoroute urbaine A57. Bienvenue à l’écoferme* située en plein cœur du Port du Levant. Et en ces derniers jours de vacances, de nombreuses familles sont venues profiter du site pédagogique, en accès libre et gratuit. Malgré le froid de cette matinée, les petits ont l’air ravis d’être là. Tout spécialement près du cheptel et de la basse-cour. Même si Tino, 4 ans, semble un peu impressionné par l’âne de Provence venu à sa rencontre. L’idée est de montrer toute la richesse d’un écosystème fragile et presque partout menacé, mais aussi d’initier à des pratiques vertueuses.

    « C’est l’occasion pour les citadins de renouer avec le milieu naturel, de mieux le connaître et d’être ainsi sensibilisés au développement durable, sous son aspect environnemental, à travers diverses activités », précise l’un des éco-jardiniers, qui dispensent ses conseils aux visiteurs. Par exemple, l’intérêt de ne pas mettre à nu la terre de son potager. Un parcours initiatique qui permet à la structure départementale d’accueillir plus de 11 000 personnes par an.

    Le domaine comprend également une fromagerie, une cuisine pédagogique et une salle couveuse. Tout cela pour permettre aux jeunes d’apprendre en mettant la main à la pâte et en s’amusant.

    À l’Est s’ouvre la partie forestière sensible, qui donne à voir la diversité de la végétation méditerranéenne. Avec ici et là quelques surprises protégées des pas des visiteurs. Comme ici un buis des Baléares vieux de 300 ans.

    * Ouvert toute l’année, du lundi au vendredi, de 9h à 17h.

    Tél. 04.98.00.95.70

  • L’île Piot en chantier pour se prémunir des crues du Rhône

    L’île Piot en chantier pour se prémunir des crues du Rhône

    À quelques mètres du pied d’une arche du pont Daladier, un panneau jaune typique des enquêtes publiques a sacrément jauni. Il annonce toujours l’enquête publique réalisée il y a quatre ans, début 2022, en vue de travaux d’amélioration des systèmes d’endiguement et de protection contre les crues du Rhône, sur les îles Piot et Barthelasse. À l’époque, la consultation avait beaucoup mobilisé, soulevant de vives oppositions sur l’impact environnemental. Un avis favorable avait été donné au projet que la préfecture a fini par acter en avril 2024.

    « Les travaux de protection de l’île Piot ont été autorisés dans un premier temps, ce qui permet de débuter les travaux de protection au droit de la zone la plus densément peuplée », nous indique le Grand Avignon qui a démarré le chantier fin novembre. Celui-ci, d’un montant de 3,4 millions d’euros (avec l’aide de l’État, de la Région, du Département, de la Ville d’Avignon et de la Compagnie nationale du Rhône), doit durer jusqu’à la fin du printemps.

    Quiconque se rend actuellement le long de l’allée Marie-Josée-Roig à proximité du camping ne peut que constater des grilles et chaussée en friche. Les travaux concernent les secteurs de Bagatelle, le chemin de l’île Piot, la RD 228 et le chemin de la Barthelasse.

    « Rehaussement des murs existants, construction de nouveaux murs [notamment jusqu’aux escaliers menant sur le pont] et merlons et réalisation de protections amovibles » sont prévus par le Grand Avignon. En parallèle, un réaménagement paysager, mené avec la Ville, sera réalisé : végétalisation, modification de la circulation et des revêtements de sols, installation d’équipements de loisirs et de repos sont annoncés.

    La partie Barthelasse

    dans un second temps

    C’est « un moyen de protéger plus de 5 000 habitants durablement contre d’éventuelles crues et sorties de lit du Rhône jusqu’à une crue vicennale (probabilité de 1/20 par an) », assure le Grand Avignon. Si la dernière immense crue remonte à 2003, il n’a pas été rare de voir le fleuve se montrer moins tranquille en mars ou octobre 2024. Outre cette première phase, le Grand Avignon continue de concerter quant au second axe du projet sur les digues de la Barthelasse. « Une étude approfondie de solutions variantes en vue de limiter l’impact des travaux sur la ripisylve [bois, buissons en bord de cours d’eau] et sur les milieux aquatiques et semi-aquatiques a été lancée », précise la collectivité. Des échanges avec « les structures associatives de l’île regroupant les riverains et usagers » ont lieu mais n’ont pas encore permis d’aboutir « à des solutions conciliant la protection des populations et des activités économiques avec la préservation du patrimoine naturel de la Barthelasse ».

  • L’équipe du Rouet à un match d’une qualification historique

    L’équipe du Rouet à un match d’une qualification historique

    Certains ont cru à une farce, lorsqu’elle a été créée en septembre.

    Or, depuis qu’elle s’est engagée dans les éliminatoires de l’Euro de la Conifa, équivalent de l’UEFA chez les micro-nations, le parcours de la sélection nationale de la Principauté du Rouet a gagné ses lettres de noblesses. « Il n’y a pas de champion chez nous. Juste quelques vétérans du FC Côte Bleue qui ont toujours envie de taper dans le ballon » indique Jérôme Baboulet.

    Si la sélection rouégasque a pris le train en marche des qualifications pour le prochain Euro des micro-nations, « notre arrivée a été saluée par la Conifa, car il manquait un représentant de la Provence dans ses compétition » poursuit-il.

    Trois exploits à la suite

    C’est pourquoi cette sélection joue sous le nom de Rouet – Provence. Régulièrement, ils sont 90 à prendre part aux entraînements, sous la houlette de Lucien Jaserne, qui s’est pris au jeu et assume le rôle de sélectionneur national. Et lorsqu’est venue la première sortie officielle, avec un match de qualification à Locarno face aux Suisses du Tessin, les hommes au maillot jeune et bleu ont frappé fort. « Nous avons joué sans complexe, juste pour le plaisir. Et, à la clef, nous avons battu 5 – 2, dans son fief, une des sélections les plus expérimentées. Nous étions 65 à faire le voyage, et je vous laisse imaginer l’ambiance qu’il y avait au retour » se souvient -il.

    Depuis l’équipe du Rouet – Provence a enchaîné deux autres déplacements, en Italie. Avec autant de succès. Sur le terrain de la Basilicate (3 – 0) et dans la région de Naples, contre le duché des Deux Sicile (4 – 2), numéro 1 du classement de la Conifa.

    Ces trois victoires offrent des perspectives intéressantes aux Rouégasques. « Elles nous ont permis de nous mêler la course pour une place dans le tournoi final de l’Euro 2026 » remarque Jérôme Baboulet. « Nous sommes encore 17 à pouvoir y aller, et il n’y aura que 10 sélections qualifiées pour le tournoi final, qui se déroulera au Cilento, près de Naples, du 6 au 13 juin » précise-t-il.

    Le Rouet est au coude-à-coude avec le Groenland et la Laponie dans cette course à la qualification. Et les joueurs de la Côte Bleue espèrent que, pour leur premier match à domicile, samedi sur le stade Michel Hidalgo, ils termineront le travail. « La tâche est difficile, car nous accueillons la Rhétie, qui est numéro 2 mondiale » prévient Jérôme Baboulet. Mais, avec cette fois le soutien de supporters qui devraient bien remplir les travées de l’enceinte de Sausset-lès-Pins, le dirigeant rouégasque voit bien son équipe réitérer l’exploit du Tessin, face à un adversaire qui vient lui aussi de Suisse.

    Rouet-Provence – Rhétie.

    Samedi stade Michel Hidalgo. Coup d’envoi à partir de 15h30. Entrée gratuite.

  • Le port d’Hyères fait son cirque !

    Le port d’Hyères fait son cirque !

    Les enfants sont à l’honneur

    Petits et grands y sont invités tout au long du week-end pour plonger dans l’univers à la fois joyeux et poétique du cirque, à travers de nombreux spectacles et animations dédiés majoritairement au monde circassien.

    Un village des enfants est ouvert de 10h30 à 17h avec au programme, pour les petits de 2 à 12 ans, des ateliers découverte des arts du cirque, de la magie, mais aussi un stand de maquillage, des jeux de fête foraine et jeux gonflables ainsi qu’un carrousel.

    Des spectacles de cirque seront également proposés sur les deux jours, à 14h et 15h30, alliant illusions, animations comiques et acrobaties aériennes à couper le souffle, sans oublier la Boum des petits où les minots pourront se défouler sur la piste de danse avec des chorégraphies pensées spécialement pour eux dans une ambiance festive et conviviale de 17h à 18h, chaque jour.

    Un espace dédié au monde maritime

    Enfin, l’un des temps forts du week-end tournera autour des bateaux et de la découverte maritime. Accessible sur les deux jours, cette zone réservée offrira aux familles des démonstrations de maquettes de bateaux et proposera une initiation au pilotage de bateaux radiocommandés. Sans oublier une présentation des divers navires de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), avec l’objectif de sensibiliser le grand public au monde maritime et au sauvetage en mer.

    Samedi et dimanche, de 10h30 à 18h. Entrée et animations gratuites dès 2 ans.

  • Drôle de quête au Muséum d’histoire naturelle de Marseille

    Drôle de quête au Muséum d’histoire naturelle de Marseille

    Au deuxième étage du musée se trouve un véritable cabinet de curiosité, où le temps semble s’être arrêté pour laisser place à l’imagination. Sculptures difformes, potions et théiers insolites : les petits aventuriers sont tombés dans le terrier du lapin blanc. La mission est de le retrouver. Tous sont accompagnés de leurs parents ou grands-parents pour découvrir les mystères du pays des merveilles. Rien ne semble les perturber, ou presque. « On dirait un œuf au plat raté », s’exclame l’un deux en voyant une réplique d’un œuf de Dodo.

    Découvrir autrement

    Au-delà de la découverte des collections, le public est invité à interagir et prendre la parole pour s’approprier les différentes œuvres. Pour introduire l’animation, le médiateur du musée enfile son chapeau bleu. « Que trouve-t-on habituellement dans un musée d’histoire naturelle ? », demande-t-il. « Des animaux ! », répondent en chœur plusieurs enfants.

    Les petits comme les grands se lancent à la poursuite du lapin blanc à travers les œuvres du plasticien Bernard Briançon. Les enfants s’attroupent autour de la table, c’est l’heure du thé. A tour de rôle, les minots plongent leur nez dans les petites tasses aux parfums renversant : poudre de riz, mimosa ou encore cassis. Au total, ce sont sept senteurs qui fusionnent pour concocter le fameux parfum « Mirlando » inventé par Briançon lui-même.

    La quête touche à sa fin, les enfants sont sur le point de retrouver le lapin blanc. Un obstacle se dresse sur leur chemin : une partie de cartes avec la reine rouge s’impose pour s’échapper. Une main innocente tire la première carte… c’est raté, mais pas de panique, il reste une devinette. « Quel est le nom de l’artiste plasticien de l’exposition ? », questionne le médiateur. Les enfants scandent en chœur « Bernard Briançon ! ». Les jeunes sont alors sauvés.

    Le Muséum d’histoire naturelle propose une dernière animation samedi 3 janvier à 15h. Palais Longchamp. Gratuit.

  • Le cirque Medrano fait rêver petits et grands

    Le cirque Medrano fait rêver petits et grands

    « C’est une histoire universelle que l’on découvre à travers les différents arts du cirque et cette mascotte, l’oiseau bleu en fil rouge », explique Sébastien Azema du cirque Medrano. « Toute la diversité des peuples présentés pendant le show vont réunir pour défendre la cause de cet oiseau symbole de liberté. »

    « Le spectacle populaire par excellence »

    Et de poursuivre : « Chaque année nous voulons nous renouveler en proposant un spectacle nouveau et inédit tout en gardant les codes du cirque traditionnel, sans animaux évidemment. » Acrobates audacieux, jongleurs virtuoses ou encore clowns poétiques et numéros d’équilibristes « un peu particuliers », c’est tout un monde de rêve et de magie qui s’offre aux enfants et à ceux qui le sont restés dans un spectacle familial qui mêle prouesse technique, poésie et sensibilité.

    « Le message délivré dans “La légende de l’oiseau bleu” est très important pour nous en ces fêtes de fin d’année. C’est aussi une chose importante à rappeler dans les temps que nous vivons et la période actuelle », continue-t-il. « Le cirque a toujours été le spectacle populaire par excellence qui s’adresse à toutes les classes sociales parce qu’il est profondément ancré dans la vie de la société et l’actualité. Je pense que c’est ça qui fait que c’est un art qui perdure à travers les époques. » Le tout avec une mise en scène immersive, des costumes raffinés et un jeu de lumières envoûtant.

    Samedi à 14h, 17h et 19h30.

    Dimanche à 10h45, 14h et 16h30. Comptez entre 19 et 50 euros la place en plein tarif.

    Infos et réservations : www.cirque-medrano.fr

  • Grotte Cosquer, une seconde entrée révélée

    Grotte Cosquer, une seconde entrée révélée

    La Marseillaise : C’est en 1985 qu’Henri Cosquer dit découvrir la grotte dont il déclare officiellement l’existence en 1991. Une seule entrée semble exister. Quand et comment pressentez-vous la possibilité d’un autre accès ?

    Thierry Betton : Quand j’ai écho de la découverte de cette grotte, je ne sais pas qu’il y a des dessins à l’intérieur, mais ça pique mon intérêt de spéléologue. Je connais très bien l’anse de la triperie. Je pratique l’escalade depuis mon adolescence et j’y ai ouvert une voie d’escalade en 1976. Dès ma première plongée en solo, j’ai tout de suite l’intuition qu’il existe un deuxième réseau, dans le haut. Je cherche d’abord une ouverture terrestre. Je ne la trouve pas. Je plonge. Après une dizaine de tentatives, je découvre en mars 1992 ce deuxième accès, immergé dans seulement 3 mètres au lieu des 36 mètres. Une courte plongée me donne accès à une cavité dans laquelle je sens un courant d’air. En remontant, je découvre une chatière de 60 cm de diamètre sur 1,5 mètre de long, que j’arrive à franchir. Je débouche sur une galerie concrétionnée, féerique. Je la suis et ça me mène au sommet de la cathédrale qui donne accès au puits noyé. Ce qui confirme mon intuition : la présence de cette deuxième ouverture permet à la grotte de se maintenir en surpression.

    Que permet cette nouvelle porte d’accès ?

    T.B. : Elle a été utilisée par les équipes de recherche, mais aussi pour mettre en place toute la logistique qui a permis la construction de la via ferrata finalisée à l’automne 1998. La cheminée à l’extrémité de la galerie qui plonge sur le puits de la dernière salle est une partie dangereuse. Elle implique une progression spéléo technique. Mais, l’avantage de ce passage, c’est que la partie en immersion est bien plus courte. Cet aménagement inédit de via ferrata en milieu sous-marin a permis à des scientifiques non aguerris à la plongée, comme le préhistorien Jean Clottes, d’accéder au site. Une première mission d’expertise avait été menée, en 1991, par le ministère de la Culture. En 1994, avec Luc Vanrell, qui a découvert l’épave du P-36 de Saint-Exupéry, nous participons en tant que plongeurs à l’indication de Jean Courtin du CNRS à la mission scientifique pour effectuer les relevés topographiques. à ce moment, l’entrée haute n’est pas utilisée, car Cosquer avait dit que l’accès était quasi impraticable. Quand on fait les plongées et que je vois le matériel qui est amené et la logistique que ça demande, parce qu’il faut imaginer que là, il a fallu tirer l’électricité, un câble sur 150 mètres de long, à 36 mètres de profondeur, ce qui veut dire que tout le matériel qu’on passe est conditionné dans des caissons qui peuvent supporter la pression… Du coup, nous, on parle donc de l’accès haut, on dit qu’il est utilisable. à l’époque, je suis pompier volontaire à Cassis, membre du Groupe de recherche et d’intervention en milieu périlleux (Grimp) et je mesure le risque. En juin 1995, Courtin me recontacte pour sortir la centrale météo de la grotte. Elle avait cessé d’émettre. à cette époque, les crédits de l’état avaient été engloutis dans les recherches menées en parallèle sur la grotte Chauvet. On a le feu vert en proposant de réaliser l’opération de sauvetage moyennant quelques sandwichs et le plein d’essence. On peut sortir la centrale, la réparer et la remettre en place et on fait la démonstration qu’on peut accéder à la grotte par cette entrée.

    Pourquoi a-t-elle été mise au secret si longtemps ?

    T.B. : Quand je trouve l’entrée, passée l’émotion, il y a cette question : à qui en parler ? La découverte avait déjà fait l’objet d’une polémique et les doutes sur une galéjade marseillaise avaient été écartés. Mais ce sont surtout la sécurité et le souci de préservation du site qui ont fait foi sur ce choix du silence. Car il y avait eu la noyade des trois plongeurs grenoblois en 1991. Et révéler cet accès risquait aussi d’attiser les curiosités. Or, le site, dangereux, venait d’être interdit, mais ça, on l’a appris plus tard. Aujourd’hui, il y a des grilles, le site est inviolable. Dans un tout premier temps, je parle de l’accès haut à Bernard Dinacera, le fondateur de l’Atelier de la Mer, à la Pointe-Rouge. On y retourne ensemble et on prend le temps d’explorer. C’est là qu’on voit le panneau des mains, les bisons… Puis j’avais besoin de communiquer et j’en parle aussi à mon frère Régis et à Luc Vanrell, qui prendra la suite de Jean Courtin, en 2001, à la direction des recherches scientifiques.

    Pourquoi la révéler aujourd’hui ?

    T.B. : J’avais déjà posé des jalons dès 2022. Il y a eu des articles sur « les oubliés », puis « les effacés » de cette histoire… Mais si j’y reviens, c’est parce que j’ai acheté pour mon petit-fils la BD qui vient de sortir sur « la rencontre de Barbu dans la grotte ». Elle est très belle, bien scénographiée et didactique. Mais il y a une page en particulier qui m’a interpellé, avec un encadré où il est dit qu’une autre entrée est découverte par Henri Cosquer. Or, cette publication ne peut ignorer les conditions de découverte du second accès. Ce que je souhaite surtout, c’est rétablir des faits, rendre leur place à tous les acteurs de cette aventure qui sont près de 80 en réalité à avoir œuvrer durant 30 ans pour que la réplique de la grotte puisse être réalisée. Ceux sans qui rien n’aurait été possible. S’ils sortent enfin de l’ombre, ce n’est pas pour polémiquer ni par intérêt financier, c’est juste pour dire que c’est une aventure collective, pas le fait d’un héros solitaire. Non seulement elle est collective, mais elle n’est que collective. Mieux, elle est paritaire dès les premières heures. Ils étaient quatre plongeurs, dont deux femmes, Cendrine Cosquer, la nièce d’Henri, et Pascale Oriol. Puis, il y a eu Sylvie Gouirand, Anne Delhomme, Orsane Vanrell, toutes les plongeuses, les chercheuses qui ont joué un rôle très important. Or, le rendu muséal met un seul homme sur un piédestal, tel un super héros. C’est dommage, car parler de tout ce travail d’équipe permettrait aussi à une petite fille de s’identifier, de rêver d’un destin de plongeuse, d’archéologue.

    L’histoire de ces « oubliés » et de ces « effacés » de la découverte a-t-elle vocation à intégrer la version officielle ?

    T.B. : C’est mon souhait de rendre visible la partie immergée de l’aventure pour qu’on saisisse toute la complexité de l’immense opération… Mais cette décision ne m’appartient pas. Je ne demande rien, pas plus que les quatre plongeurs à l’origine de la découverte, ni que les 80 personnes qui ont travaillé à la mise à jour des vestiges. C’est compliqué, car la grotte porte le nom de quelqu’un. Il y a des droits sur les entrées… Simplement, dans la narration, il serait bien d’ajouter quelques noms, des photos d’autres visages.