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  • Gardanne pleure Jeannot Menfi, l’ouvrier devenu adjoint au maire

    Gardanne pleure Jeannot Menfi, l’ouvrier devenu adjoint au maire

    Son nom est souvent revenu dans nos colonnes : Jeannot Menfi, ancien mineur, militant communiste et cégétiste, élu aux côtés du maire communiste Roger Meï, comme conseiller municipal en 1983, puis adjoint au maire jusqu’en 2020 notamment en charge, selon les mandats, de l’urbanisme, les travaux, le logement, le patrimoine, le cimetière et les anciens combattants.

    « Jeannot » comme tout le monde l’appelait, s’est éteint dimanche. Et nombreux sont ceux à le pleurer. La section de Gardanne du Parti communiste français tout d’abord, qui salue la mémoire d’un militant qui « avait un profond attachement à sa ville et à son histoire », qui au cours de ses mandats, « a toujours fait preuve d’une profonde humanité et d’un souci constant de l’intérêt des habitants de Gardanne et de Biver ». « Il nous laisse le souvenir d’un homme humble qui a contribué à faire notre ville la ville solidaire et active qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être », conclut le communiqué.

    La municipalité également lui a rendu hommage, saluant une « figure emblématique de la ville », un « homme humble et reconnu pour son engagement constant et son sens du travail au service de la commune ».

    La Marseillaise adresse ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches.

  • Cinq nouveaux bus pour renforcer la ligne Aixpress

    Cinq nouveaux bus pour renforcer la ligne Aixpress

    Afin de poursuivre la dynamique engagée par la ligne de bus Aixpress, la Métropole Aix-Marseille met à disposition cinq nouveaux bus articulés de 18 mètres de long, soit six mètres de plus que les treize bus actuellement en service. Cette acquisition devrait permettre de désengorger l’axe routier principal de la ville, reliant l’arrêt Saint-Mitre et le parking relais Krypton plus au Sud.

    Une trentaine d’agents métropolitains étaient conviés pour le premier trajet de ce bus XXL. Catherine Pila, présidente de la Régie des transports métropolitains (RTM), a pris la parole pour se féliciter de cette nouvelle mise en service : « C’est une nouveauté, une innovation. » Cette inauguration s’est déroulée en présence de Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole Aix-Marseille-Provence et de Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence.

    Faciliter les déplacements des habitants

    Les bus existants seront progressivement remplacés au profit de ces très grands bus (TGB), équipés d’une climatisation adéquate, d’un éclairage 100% LED ainsi que de deux caméras de vidéosurveillance. Un des cinq nouveaux bus est en phase d’homologation, le quintette devrait être déployé dans les prochaines semaines.

    Avec une capacité de 135 places contre 85 pour les bus actuellement en service, ces nouveaux véhicules « permettront de mieux absorber la fréquentation et d’offrir ainsi plus de confort aux voyageurs », explique la Métropole dans un communiqué. La ligne A est quotidiennement empruntée par les étudiants de la faculté d’Aix. Pour Angelina, étudiante en licence cinéma à la faculté : « Le bus étant régulièrement plein, il m’est arrivé de renoncer à le prendre. Si la capacité des bus augmente, cela améliorera mon quotidien », espère-t-elle.

    Inauguré en 2019, l’Aixpress est une ligne de BHNS (Bus à haut niveau de service) 100% électrique qui s’étend sur 7,2 km et qui dessert 19 stations, dont le secteur universitaire, en passant par le centre-ville, avec une fréquence de passage de 7 minutes. La ligne connaît un succès notable, avec plus de 20 000 passagers quotidiens, et revêt aujourd’hui un rôle central dans les déplacements des habitants.

    « L’acquisition des bus de 18 mètres a été financée par la Métropole à hauteur de 4 millions d’euros. Les travaux d’aménagements nécessaires à leur circulation ont bénéficié du soutien financier de l’État grâce à la dotation de soutien à l’investissement global pour un montant de 412 000 euros », détaille la Métropole.

  • Châteauneuf-les-Martigues : Total produira son hydrogène sur place pour décarboner la bioraffinerie

    Châteauneuf-les-Martigues : Total produira son hydrogène sur place pour décarboner la bioraffinerie

    La plateforme industrielle de La Mède va encore évoluer. Mercredi dernier, Air liquide et TotalEnergies ont présenté leurs projets SMR et HVO Gas plant dans le cadre d’une réunion publique à la salle Blasco de La Mède.

    L’idée pour ces deux acteurs est de créer une nouvelle installation de production de 70 tonnes d’hydrogène par jour pour alimenter la bioraffinerie en marche depuis 2019. « On génère du biodiesel et du biokérozène [450 000 tonnes/an, Ndlr] à partir d’huile de cuisson usagée et de graisse animale », explique Guillaume Eveno, directeur du site Total, « ce qui change c’est l’hydrogène », nécessaire à la fabrication, qui serait produit sur place dès 2028.

    Le directeur détaille : « Notre projet avec Air Liquide est d’utiliser les hydrocarbures générés durant le processus de création du biocarburant pour en tirer de l’hydrogène au travers de l’unité SMR d’Air Liquide ». Jean-Noël Houtmann, représentant d’Air Liquide, précise qu’il s’agit d’une « démarche circulaire et d’une technologie mature dont on opère 50 unités dans le monde ».

    Une première étape

    Ces nouvelles installations soulèvent des questions dans l’assistance. Déjà, sur les nuisances sonores. « Il n’y en aura pas en plus », promet Guillaume Eveno, et « la tendance sera à la baisse ». Idem quant aux émissions de CO². « On annonce une réduction d’au moins 130 000 tonnes en 2028 », avance François Wioland, responsable de projet chez Total. D’autres interrogations ont porté sur la présence de monoxyde de carbone (CO) dans les fumées. Jean‑Noël Houtmann précise qu’il n’y a « pas de combustion, le CO est présent lors du procédé pour augmenter la production d’hydrogène. Il peut y avoir des traces en sorties qui se comptent en millionièmes ». « Nous ne rejetons que de l’eau et du CO² », complète-t-il.

    Sur le sujet sensible des rejets, nous avons demandé quelle surveillance serait mise en place pour les agents cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). « C’est au cœur de l’étude sanitaire » répond François Wioland, « la présence de tous les éléments CMR, comme le benzène, a été modélisée et le pire scénario révèle un impact en particule par million ».

    Ce projet est une première étape avant d’envisager l’installation de deux électrolyseurs à hydrogène de 20 et 50 mégawatts après 2030 sur la plateforme.

  • Le trafic des pesticides interdits face à la justice à Marseille

    Le trafic des pesticides interdits face à la justice à Marseille

    Saisi par le procureur de la République, le tribunal de Marseille a ouvert, ce lundi, l’examen d’un dossier complexe sur un trafic de produits phytopharmaceutiques interdits, importés d’Espagne, et utilisés dans les Bouches-du-Rhône ainsi que dans la Drôme (lire notre édition du 12/01). Sept prévenus et six sociétés sont poursuivis dans ce dossier pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non-élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture ». Ils sont présumés innocents.

    Dès l’ouverture des débats, la défense a engagé une offensive sur la régularité des perquisitions menées lors de l’enquête. Maître Roubaud, avocat de Didier C., un des agriculteurs soupçonnés, dénonce une perquisition entachée de nullité en raison d’horaires illégaux et d’une contradiction entre l’ordonnance du juge des libertés (JLD) et les saisies effectuées. Il martèle que « les choses n’ont pas été faites à la hauteur des textes et de leur esprit ».

    Le procureur de la République, ayant répondu point par point, affirme que « rien ne permet de remettre en cause les procès-verbaux ni les perquisitions ». Après un premier retrait de la cour pour délibérer sur ces potentiels « vices de procédure », elle déclare que « selon l’article 459 du Code de procédure pénale, les nullités et le fond de l’affaire seront tranchés dans un même jugement ». La cour se prononcera donc sur ces éventuelles irrégularités à la fin du procès.

    « Montée en épingle »

    Maître Babouin est l’un des avocats de Didier C., cet agriculteur chez qui 1 174 litres de produits phytopharmaceutiques interdits ont été retrouvés, dans les Bouches-du-Rhône. Il affirme que son client « conteste fermement l’accusation de l’utilisation de tout produit interdit sur l’exploitation ». Selon lui, l’absence de prélèvements sur les sols et sur les récoltes confirme « l’innocence de son client ». L’avocat dénonce une « montée en épingle » d’un dossier « sans colonne vertébrale » et instrumentalisé « comme règlement de compte par un certain nombre d’associations qui sont parties civiles ».

    Par ailleurs, cette première journée d’audience s’est attelée à l’audition de Alain H., désigné par Judith Sebert, juriste et représentante de France Nature Environnement Paca, comme le « chef d’orchestre » de cette affaire. Onze faits lui sont reprochés, notamment ceux d’avoir importé d’Espagne des produits falsifiés interdits en France ou d’avoir distribué des produits neurotoxiques et dangereux pour la santé humaine et les organismes aquatiques alors qu’ils étaient interdits dans l’Union européenne (UE). Cet homme, déjà condamné pour l’affaire similaire des « carottes de Coutances » (*), reconnaît devant la presse « avoir mis des clients français en relation avec des fournisseurs espagnols », tels que Agronaqui, pour qu’ils puissent acheter des produits quatre fois moins cher qu’en France. Dans un contexte de remise en question du traité UE-Mercosur et de mobilisation nationale des agriculteurs, Alain H. soulève un problème de législation dans l’UE entre les pays. Plus encore, il dénonce ce procès comme « du grand n’importe quoi » puisque « les carottes espagnoles que vous bouffez et qui sont vendues au centre Leclerc sont traitées avec ces mêmes produits. Mais les paysans français n’y ont pas le droit. Où est la logique ? ».

    Il dénonce une concurrence déloyale : « Les produits qui sont à 18 euros là-bas [en Espagne Ndlr], sont à 50 euros ici. En plus, le Smic espagnol est à 825 euros alors que le français est à 1 450 euros. Les pauvres paysans français sont pénalisés sur la main-d’œuvre en plus des produits. »

    Le procès se poursuit jusqu’à mercredi.

    La cour d’appel de Caen (Calvados) a condamné, en 2021, douze agriculteurs à la suite de traitement de parcelles par des pesticides non autorisés

  • Le barreau de Marseille fustige sur les réseaux la lenteur judiciaire

    Le barreau de Marseille fustige sur les réseaux la lenteur judiciaire

    En 2025, 5 300 dossiers relevant du juge aux affaires familiales ont été enregistrés à Marseille, dont 80% conflictuels. « Les délais de procédure de divorce, par exemple, sont de 11 à 12 mois pour une première audience, et peuvent atteindre 18 mois avant une décision de justice », alerte Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau. Des délais dont « les premières victimes sont les justiciables et les enfants, ajoute-t-elle. À partir de cette première rencontre avec le juge, d’autres peuvent avoir lieu, avec la possibilité d’entendre les enfants, de mettre en place des médiations familiales… »

    Message « coup de poing »

    Cette vidéo publicitaire met en scène une famille qui joue à un faux jeu de société avec des cartes aux intitulés peu attrayants : « audience reportée », « insomnie », « disputes ». Un « message coup de poing », lancé sur les réseaux ce mardi, destiné à alerter d’un côté les pouvoirs publics, qui ont la main sur les budgets alloués à la justice, et de l’autre le grand public, des conséquences de cette lenteur judiciaire, notamment sur les enfants. En effet, « 51% des Français n’ont pas confiance en la justice à cause de délais excessifs », déplore la bâtonnière.

    Après des alertes restées sans réponse auprès de Gérald Darmanin, garde des Sceaux, le barreau dénonce un engorgement : « On parle peu de la justice civile et beaucoup de la justice pénale, surtout à Marseille », regrette Marie-Dominique Poinso-Pourtal. Cet engorgement de la justice civile « peut avoir des conséquences directes sur la justice pénale puisque ces délais vont entraîner des violences intrafamiliales qui vont entraîner toujours plus de violences ». Pour les justiciables, « l’absence de cadre légal », qui s’étale sur plusieurs mois, peut en effet voir naître des « crispations ».

    « Au sein des couples, tant qu’il n’y a pas de décision de justice, c’est l’anarchie, chacun fait ce qu’il veut, étant donné qu’il n’y a pas de cadre légal, notamment pour la garde des enfants », se désespère-t-elle.

  • [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite s’inscrit dans un match à deux

    [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite s’inscrit dans un match à deux

    Le vent est porteur. Et ce n’est pas le soutien de Marine Le Pen, attendue vendredi en meeting à Marseille, en plein procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, pour laquelle elle a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, et cinq ans d’inéligibilité en première instance, qui devrait le contrarier.

    « Franck Allisio est le seul rempart face à la gauche et l’extrême gauche à Marseille » martelait, ce lundi, l’extrême droite dans un communiqué, saluant les 30% d’intention de vote accordée à leur candidat dans le sondage La Marseillaise / Experts et territoires / Ipsos-BVA. « Tout cela est conforme à ce que nous vivons sur le terrain. En mars prochain, les Marseillais auront le choix entre un candidat qui souhaite remettre Marseille en ordre et un qui souhaite accélérer son déclin », fanfaronne la liste « Marseille en ordre avec Franck Allisio », affichant une réelle satisfaction à l’idée de distancer Martine Vassal, la candidate de la droite républicaine, et de s’inscrire dans un match à deux avec le maire (DVG) sortant de Marseille, Benoît Payan.

    À la manœuvre, Olivier Rioult, ancien membre du cabinet de Martine Vassal au Département et collaborateur des groupes majoritaires de droite au Département et à la Métropole, aujourd’hui directeur de campagne et porte-parole d’une candidature d’extrême droite qui n’hésite plus à marcher sur les pas très libéraux de son ancienne famille, défendant un « projet pro-business, pro-entreprise, pro-travail donc pro-pouvoir d’achat pour les Marseillais ! ». La Macronie n’aurait pas dit mieux. Mais la crédibilité à ses limites.

    Le soutien de l’ancien patron de l’extrême droite dans le département, ex-lepéniste et zemmouriste, Stéphane Ravier, déjà condamné pour prise illégale d’intérêts (six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité) et injure publique, interroge sur la capacité de Franck Allisio à rassembler « une majorité de Marseillais afin de remettre Marseille en ordre et de rebâtir une cité phocéenne propre et heureuse ».

    Et que penser de ses soutiens plaidant sur les réseaux sociaux le « chaos » en cas d’élection de Benoît Payan et promettant abusivement un Sébastien Delogu (LFI) en 1er adjoint « en charge de l’insertion des dealers ». Sans trop de surprise, la campagne municipale de l’extrême droite nous replonge rapidement le nez dans le caniveau.

    Erwan Davoux : « Vassal finira au même niveau que Delogu »

    S’il regrette d’avoir été sondé (2%) comme liste DVD et considère mener avec Nora Preziosi une liste citoyenne défendant « la dignité humaine et l’égalité entre tous les Marseillais », Erwan Davoux espère encore voir la dynamique s’enclencher suite à l’inauguration, samedi, de son local de campagne. « Globalement, on voit bien toutefois que cela va se jouer entre le RN et Benoît Payan. Martine Vassal est durablement décrochée, elle finira au même niveau que Sébastien Delogu, si ce n’est derrière », estime l’ancien agent du Département à l’origine de l’enquête pour détournement de fonds publics ouverte contre sa présidente, Martine Vassal.

  • [Sondage La Marseillaise] Le Printemps marseillais s’érige en rempart face à l’extrême droite

    [Sondage La Marseillaise] Le Printemps marseillais s’érige en rempart face à l’extrême droite

    Dès son lancement de campagne ce samedi matin, Benoît Payan avait désigné l’extrême droite comme son principal adversaire. Le sondage La Marseillaise – Experts et territoire – Ipsos-BVA, dévoilé dans nos colonnes ce lundi, qui place le maire sortant (DVG) au coude à coude avec le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote au premier tour, ne peut que conforter son discours.

    « C’est la première fois en France qu’une ville comme Marseille peut demain être dirigée par l’extrême droite », alerte ainsi l’adjoint (PCF) aux solidarités, Audrey Garino, à l’occasion d’une conférence de presse organisée dans le local de campagne du Printemps marseillais. « Martine Vassal décroche, Sébastien Delogu qui patine, complète le président (G.s) du groupe au conseil municipal, Pierre Huguet. Nous pouvons le regretter, mais le match qui se joue, c’est nous contre l’extrême droite. »

    Face à ce risque, le message de la liste d’union de la gauche est clair. « Nous appelons les électeurs de gauche et toutes celles et ceux qui refusent que cette ville tombe dans les mains de l’extrême droite à se rassembler dès le premier tour », lance Pierre Huguet. « Au-delà du vote utile que nous appelons de tous nos vœux dès le premier tour, c’est un vote d’honneur pour notre ville », insiste après lui Hanifa Taguelmint, figure des luttes antiracistes à Marseille.

    « Un vote d’honneur »

    « Nous avons travaillé pendant six ans à recoudre cette ville, à redonner de la dignité à ses habitants. Ce n’est pas pour aujourd’hui accepter de voir ce travail balayé au profit d’une candidature qui viendrait, demain, la fracturer et s’en prendre aux plus vulnérables », appuie Audrey Garino. Rappelant que le RN s’est opposé dans l’hémicycle municipal au plan pauvreté, à des logements sociaux, à l’implantation de services publics. « Pour que le RN soit battu, il doit arriver très loin derrière nous au premier tour », argumente l’adjointe.

    Le visuel publié par le directeur de campagne de Franck Allisio ce dimanche, imaginant des adjoints « à la préférence algérienne » ou « des relations avec les islamistes », rappelle ce qu’est le discours du RN. « Ce n’est pas sans rappeler les tracts de l’extrême droite des années 30, c’est extrêmement grave », s’alarme Pierre Huguet. « Ce parti n’a pas changé, son ADN est toujours le même », abonde Hanifa Taguelmint. Et d’interpeller les Insoumis, qu’elle a quittés fin novembre : « On ne joue pas les sénatoriales ou la présidentielle, on joue l’avenir d’une ville. »

    Audrey Garino déplore les prises de position de Martine Vassal : « À se droitiser, elle perd les électeurs du centre et de l’extrême droite, qui préféreront toujours l’original à la copie. ». Et de souhaiter « qu’ils ne restent pas demain le marche-pied de l’extrême droite ».

    « Chaque voix compte »

    « Rien n’est joué et chaque voix compte », a réagi le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi, face au sondage. Soulignant que « plus la participation est forte dans les quartiers populaires, dans le monde du travail et parmi l’électorat de gauche, plus le RN recule ». « En construisant le bonheur commun, le progrès social, l’écologie populaire et l’égalité, nous ferons reculer les forces obscures », appuie le chef de file PCF aux municipales Anthony Gonçalves.

  • Pour 2026, le Mouvement de la paix mise sur la solidarité

    Pour 2026, le Mouvement de la paix mise sur la solidarité

    « Cette année 2026 exigera de nous des efforts considérables pour préserver le monde du terrible fléau de la guerre. » Ce lundi soir au sein de la Maison des associations à Marseille, Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix 13, entend envoyer un message aux militants et partenaires de l’organisation à l’occasion des vœux pour la nouvelle année. « Notre seul bouclier est fait de l’alliage du droit et de la solidarité. Mais ce bouclier est aujourd’hui ébréché », tonne-t-il. Avant de faire référence au « génocide perpétré par Israël et soutenu par ses alliés en Palestine, l’agression contre le Venezuela » ou encore « la guerre en Ukraine ». Il dépeint l’année 2025 comme un temps de « deux poids deux mesures à l’application du droit international ». Et s’inquiète « des ouragans de rage qui détruisent 80 années d’efforts pour bâtir les défenses de la paix ». Un terrible mais factuel constat qui pousse les militants du Mouvement à l’action pour 2026. « Elle doit être l’année d’un sursaut pacifiste, qui débutera ici à Marseille », martèle-t-il. Un sursaut qui s’appuie sur le triptyque « désarmement, progrès du droit international et promotion de culture de paix ». De quoi faire face aux « idéologies d’extrême droite qui prospèrent, le racisme et la xénophobie qui progressent » en France.

    Et le travail de l’organisation est déjà lancé : une conférence sur « Quelle démocratie pour construire ensemble une société de paix » se déroulait ce lundi avant ses vœux. Animée par Jérôme Devillard, auteur de Repenser la démocratie, une réflexion commune pour un modèle commun, les militants questionnaient déjà « la notion de démocratie dans le cadre d’une culture de paix ». Le tout, en présence de plusieurs partenaires de l’organisation à l’instar de Naky Sy Savane, directrice du groupe d’action contre les mutilations féminines et les mariages forcés ou encore Charles Hoareau pour l’ANC.

    Une année chargée

    en initiatives

    Et le Mouvement entend passer à la vitesse supérieure avec une série d’initiatives. Dès avril, Michel Dolot évoque « une grande mobilisation marseillaise pour la paix » avec d’autres organisations. Cela sera suivi dans la foulée par « En mai, les arts en paix », la quatrième édition du festival « d’éducation populaire et de solidarité créative ».

    Côté interne, le congrès national se tiendra dans le département voisin du Var, en octobre. Et ce quelques mois après le congrès départemental dans une optique de « renouvellement et renforcement des instances et du mouvement ». De quoi bien préparer la Journée internationale de la paix, le 21 septembre. Laquelle aura forcément un écho bien singulier avec ce contexte de tensions mondiales.

  • Les postiers de SUD PTT au front contre les sanctions

    Les postiers de SUD PTT au front contre les sanctions

    « C’est le cinquième entretien, il y a une forme très claire d’acharnement. » Devant l’Hôtel des Postes, rue Colbert à Marseille, le postier et syndicaliste Yann Quay-Bizet de SUD PTT, va droit au but. « Il y a une grande solidarité, on peut être serein et droit dans nos bottes. Si ça finit en conseil de discipline, on sera 3 milliards sur cette place ! », tonne-t-il avec humour, devant des militants de l’organisation venus le soutenir. Habitué des « entretiens préalables à sanction » comme celui pour lequel il est convoqué ce jour, le syndicaliste n’en démord pas et peut compter sur le soutien de son organisation syndicale. « La nouvelle direction nationale vient pour taper fort. Elle table sur 5 à 6 000 emplois qui vont être supprimés à la Poste. Cette attaque contre Yann est télécommandée, il y a la volonté de couper les têtes de ceux qui disent que cette politique est néfaste », juge Yann Remblé, représentant de SUD PTT.

    Si le motif exact de la convocation n’est pas communiqué, les militants ont bien une idée : « On se doute qu’ils vont encore lui dire qu’il désorganise le service. Mais qui désorganise réellement ? Aujourd’hui, on fait face à des bureaux qui ferment, un management toxique, une charge de travail qui s’accroît et de la précarité », poursuit Yann Remblé. Logiquement, l’organisation dénonce une « répression et une discrimination syndicale ». D’autant qu’elle se targue d’une victoire aux prud’hommes qui contredirait largement la position du service public postal à son encontre : « Le conseil des prud’hommes a annulé toutes les précédentes sanctions, le 30 juin dernier. La liberté d’informer et d’expression à la Poste existe depuis des années. » Le député de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, Hendrik Davi était également présent en soutien.

  • Déchetterie de la Capelette : pourboires ou corruption ?

    Déchetterie de la Capelette : pourboires ou corruption ?

    Cinq agents de la Métropole, formant alors l’équipe de la déchetterie du boulevard Bonnefoy (10e) à la Capelette, ont comparu ce lundi pour corruption passive et vols aggravés de 2019 à 2021. Suspendus 18 mois et à demi-traitement, 4 ont été réintégrés dans d’autres services.

    « À un moment donné, ça suffit ! La corruption, c’est la rupture d’égalité. C’est faire sa loi pour arrondir ses fins de mois », a fustigé la procureure Anne-Sophie Larrouy. L’affaire fait suite aux plaintes d’usagers ayant dû s’acquitter de 5 à 20 euros, un droit de péage à la barrière, pour un service public gratuit aux particuliers.

    En mars 2019, l’un d’eux s’était plaint de s’être vu refuser l’accès tout en voyant trois individus déverser après avoir glissé des billets. « Entre nous, cette fois je te laisse, mais si tu veux revenir c’est 200 euros la journée ou sinon tu vas dans une autre déchetterie », dira un agent à un usager qui était un policier en civil. « Si on ne donne pas les sous, on ne rentre pas », témoigne un autre usager.

    Des professionnels du BTP pas autorisés à déposer, y trouvaient leur compte pour déverser incognito et à peu de frais. Veolia s’était plaint à la Métropole de ce que depuis 2 ans les professionnels jetaient de plus en plus à Bonnefoy. « Ton gardien a pris 300 euros ce matin. Ils attendent que les agents de maîtrise partent et ils font rentrer les camions », avait dit un agent de Veolia. « C’est tellement devenu une habitude que les gâcheurs ont déjà le billet en main en arrivant », témoignait un autre. Contre un billet, des particuliers pouvaient même récupérer une porte, un frigo. Ce qui est interdit. Les agents ont admis revendre des déchets valorisables, un « chiffonnage » qui contourne un marché de récupération.

    « Je ne pensais pas commettre quelque chose d’illégal » explique Yves, 60 ans, qui comme ses autres collègues, admet « 100 euros par mois de pourboire » ajoutant que si la Métropole ne voulait pas que cela se produise « il faudrait mettre des agents manchots et aveugles ». André, 72 ans, soutient qu’il « aidait les clients ». Le mot d’« usager » ne lui vient pas. « On était sympathiques alors ils nous donnaient, ça servait pour déjeuner. » Quant au « chiffonnage » proscrit, « pour moi c’était naturel et logique comme dans toutes les déchetteries ».

    Pour Cédric, 43 ans, « c’était des pourboires pas systématiques pour l’équipe pour manger, boire, acheter des produits d’hygiène car on travaille au milieu des rats ». Il nie toute forme de racket. « Il y a 10 caméras en permanence et des contremaîtres avec nous toute la journée. » La présidente lui fait remarquer que les caméras étaient souvent débranchées et quand elles fonctionnent, « on ne voit jamais les agents aider à décharger et pourtant il y a des remises d’argent dès l’entrée à la barrière ».

    « Qu’on me présente une seule personne à qui j’ai demandé un centime ! » peste Marc « en colère » car pour lui, cette affaire est « une blague pour que la déchetterie passe au privé en disant c’est notre faute ». « On voit un fourgon à l’entrée vous tendre un billet que vous mettez dans votre poche. Eux disent que c’était la contrepartie sans quoi ils ne pouvaient pas décharger », oppose la juge. « On a pu me remettre mais c’est sans condition… » Tony, 37 ans, qui dit avoir été embauché après avoir « posé mon CV à un élu » admet « des pièces, quelques fois 5 euros ». « C’est un acte de gentillesse de gens qui sont contents, ça change de ceux qui vous prennent de haut. »

    « Un modus operandi a été instauré avec un petit manège en place à l’entrée » dénonce l’avocat de la Métropole qui après avoir estimé son préjudice à 527 701,14 euros, a réduit ses prétentions à 20 872 euros de préjudice économique et 10 000 euros de préjudice moral. De quoi outrer les avocats de la défense qui dénoncent « un dossier monté de toutes pièces ». Ils n’ont pas manqué de citer l’ordonnance de renvoi qui pointe « des glissements de pratiques professionnelles pour certaines manifestement tolérées et non explicitement dénoncées en interne (…) au sein de cette déchetterie au climat de travail délétère où les consignes fixées par la Métropole étaient floues, parfois contradictoires et sans cohérence entre les différents responsables d’équipes ».

    Délibéré le 10 février.