Category: societe

  • La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    La Marseillaise dans les Hautes-Alpes, un moment de convivialité et de lutte

    Ce samedi à la salle 750 à la Bâtie-neuve, la Fête de La Marseillaise était presque aussi attendue que le retour du journal lui-même. Une table ronde en compagnie de journalistes du Dauphiné Libéré, de Ram05 et de BFMDICI a animé la matinée, avant l’ouverture de la restauration à midi.

    En parallèle, plusieurs associations tenaient des stands sur place, de Terres de lien, association qui acquiert des terres agricoles pour installer les jeunes paysans, à France Solidarités Palestine et Solidarité Madagascar en passant par la coopérative Scop-Ti, célèbre pour son mouvement social de 1336 jours et ses thés. « Cela montre la symbiose entre un certain nombre d’associations et de mouvements et ces moments de retrouvaille, de convivialité, sont importants pour créer de la solidarité entre nous », a souligné Frédérique Lainé, présidente du comité alpin des Amis de La Marseillaise, qui a beaucoup œuvré pour que notre journal parte à la conquête des Alpes.

    « L’envie de rencontrer les acteurs de la presse, c’est quelque chose qui revient beaucoup dans les discussions ici, pour qu’ils puissent parler de leurs contraintes, des pressions, des réalités des médias qui ne sont pas aux mains des milliardaires », rapporte-t-elle.

    L’occasion était aussi de se serrer les coudes dans une période politique inquiétante qui vire au brun, et de s’appuyer sur les conseils des anciens. « La Marseillaise porte une ligne éditoriale précieuse, surtout dans cette période où l’on nous met en condition de concevoir et d’accepter la guerre comme une nécessité, où l’on fournit des milliards d’euros pour des armes, pour tuer, alors qu’on refuse d’allouer des crédits à la santé, à l’éducation, pour tout le service public », a affirmé Antoine Mignemi, survivant de la rafle du Vieux-Port à Marseille en 1943 et infatigable militant communiste.

    De la musique qui secoue pour une fête engagée

    L’après-midi a été rythmée par les Fralibos, groupe formé par des ouvriers de l’usine à thé Fralib durant leurs 1336 jours de grève, une musique aux accents de solidarité et de progrès social qui résonne avec les valeurs de La Marseillaise. Pour la soirée, la scène du 750 a vu défiler la musique punk du groupe Red Shift de Chorges, puis le rock haut-alpin de De Mist et le néo-métal montagnard de Spit on that thing, avant de conclure avec Airain, groupe de métal Embrunais.

    Fatigués mais heureux, les artisans de la Fête, pensaient déjà à l’année prochaine.

  • La nouvelle base nautique d’Ubaye-plage ouvre ses portes

    La nouvelle base nautique d’Ubaye-plage ouvre ses portes

    Parkings, bâtiment, plages, ponton, cale de mise à l’eau, espace de restauration et commerces. « L’ensemble constitue désormais un véritable pôle de loisirs et d’accueil au service des visiteurs, des habitants et des acteurs locaux », explique les initiateurs de ce projet d’importance, destiné à « moderniser » et rendre plus attractif du lac de Serre-Ponçon.

    Jean-Michel Tron, le maire d’Ubaye-Serre-Ponçon, Victor Bérenguel, le président du syndicat mixte d’Aménagement et de développement de Serre-Ponçon ainsi que Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région et la présidente du conseil départemental, Eliane Barreille, ne tarissent pas d’éloges pour cette réalisation qui a demandé près de 5 millions d’euros d’investissements cofinancé par les différentes collectivités ainsi que le Fonds Vert.

    L’enjeu est « considérable », soulignent les élus, « Serre-Ponçon constituant un atout central de la vallée, et l’adaptation de ses infrastructures au changement climatique est une priorité pour le territoire ».

    Un projet qui en appelle d’autres

    « Ubaye plage » constitue « l’un des tout premiers sites finalisés dans le cadre du plan de résilience de Serre-Ponçon, il s’agit d’un aménagement exemplaire visant à être progressivement décliné sur l’ensemble des pôles nautiques de la retenue, notamment pour sécuriser l’accès à la baignade et aux activités nautiques en cas de baisse importante du niveau de remplissage de la retenue », est-il précisé dans le communiqué.

    Et au président de la Région de souligner qu’au-delà de l’aspect récréatif et de loisirs le nouvel équipement permet de « soutenir les activités touristiques et économiques locales et d’adapter les infrastructures et de lutter contre le dérèglement climatique ».

  • Une pluralité médiatique unique mais menacée

    Une pluralité médiatique unique mais menacée

    Avec deux quotidiens, le Dauphiné Libéré et La Marseillaise, plusieurs radios dont Alpes1 et Ram05 mais aussi une chaîne d’info, BFMDICI, le département des Hautes-Alpes, de seulement 140 000 habitants, présente un pluralisme médiatique rare, pour autant en danger. Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise est revenu sur les difficultés rencontrées par le journal durant la période Covid, finalement sauvé par « la mobilisation des salariés et des Amis de la Marseillaise » tout en conservant « sa ligne éditoriale et ses valeurs issus du Conseil National de la Résistance et en allant à la conquête de trois départements supplémentaires », a-t-il rappelé.

    « BFMDICI cessera d’émettre au 31 décembre si elle n’a pas de repreneur d’ici là », a alerté Loïc Guerringue, rédacteur en chef de la rédaction, actuellement en grève. Pour autant, chaque média ne doit pas mener seul la lutte pour sa survie : « C’est un combat collectif selon moi, c’est-à-dire que nous tentons tous de pérenniser un média local. Les médias sont complémentaires, personne ne fait mieux que la PQR (presse quotidienne régionale) localement, très précisément dans les territoires », a-t-il rappelé. Des difficultés partagées par Simon Becquet, journaliste à Ram05 : « On est de plus en plus boudés par les annonceurs y compris dans les territoires où on est très implantés. Sauf qu’en faisant vivre les médias locaux on fait vivre un écosystème local dont ils bénéficient ».

    De son côté, Lionel Arce-Menso directeur de la rédaction des Hautes-Alpes du Dauphiné Libéré, a rappelé que son journal, principal titre local, était loin de « vouloir écraser les autres » et mis en avant « le panorama formidable » qu’offre ce pluralisme « à l’échelle d’un petit département », confiant avoir eu envie de devenir journaliste en écrivant pour La Marseillaise une chronique sportive avec son père qui fut correspondant. Pour lui « se battre pour le pluralisme, c’est aussi se battre pour qu’on puisse offrir un regard et une information objectifs ». D’autant que le pluralisme a des effets positifs pour tout l’écosystème médiatique : « L’étude menée par la Fondation Jean Jaurès montre que plus il y a d’offre médiatique locale, plus les gens s’informent et en demandent. À l’inverse, il peut y avoir un cercle vicieux, moins il y a de médias plus les gens les délaissent pour d’autres canaux d’info », a argumenté Simon Becquet. Or, la disparition du pluralisme médiatique a des effets très concrets a rappelé Lionel Arce-Menso : « Les études faites aux États-Unis montrent que là où il y a des déserts journalistiques, des endroits où la presse locale a totalement disparu, c’est là où l’on vote le plus pour Trump ».

    Mener la bataille culturelle

    Mais il n’y a pas que la presse qui est en danger : « La culture est en difficulté, le monde scientifique aussi », menacés notamment par « des gens qui dominent aujourd’hui la pensée en France, qui rachètent tous les médias, et qui impriment des récits faux ou qui servent leurs intérêts », a prévenu Lionel Arce-Menso. Or, cette situation relève d’un choix politique, qui peut être contrecarré selon Léo Purguette : « Quand il y a des baisses de ressources pour la science, pour les communes et les collectivités, c’est un choix de société, le choix de l’austérité qui prépare les victoires politiques de l’extrême droite. Quand il n’y a plus de services publics, de médias de proximité, ce sont eux qui avancent (…) », a-t-il alerté. Tout en rappelant que si La Marseillaise porte cette lutte « avec ses valeurs », l’action à mener est selon lui « plus large qu’un combat droite-gauche, c’est un combat pour la République ». Avant de conclure par la célèbre citation de Bertold Brecht publiée chaque jour à la Une de notre journal : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

  • Faron : votre point de vue pour prendre de la hauteur

    Faron : votre point de vue pour prendre de la hauteur

    Comme pour préfigurer l’application Toulon & Vous prochainement disponible, qui doit permettre de recueillir les propositions des habitants et les associer davantage aux réflexions qui façonnent en amont les grands projets qui vont forger l’avenir de la ville, la maire (SE) de Toulon Josée Massi vient de lancer une grande consultation citoyenne consacrée au Mont Faron, le patrimoine naturel des Toulonnais. Un thème qui ne devrait pas manquer de les inspirer. L’occasion de leur rappeler sinon que c’est justement grâce aux combats d’une poignée de défenseurs de la nature regroupés en association que le site a été soustrait aux appétits des promoteurs et des élus corrompus. Ce qui prouve l’intérêt de prendre la parole lorsqu’on nous en donne comme ici la possibilité de défendre le bien commun.

    « Quand on arrive à Toulon, il y a deux choses que l’on remarque immédiatement : notre rade et notre Faron », explique la 1ère magistrate, en précisant que « son avenir comme son potentiel sont de vrais enjeux et leviers ».

    Il s’agit donc d’imaginer collectivement comment jouir plus encore de ce poumon vert stratégique qui veille sur le Port du Levant tout en continuant à préserver cet espace protégé qui abrite une riche biodiversité. Un lieu d’évasion très prisé des Toulonnais qui participe aussi à faire vivre le devoir de mémoire en abritant un musée du Débarquement et de la Libération de Provence.

    Une aventure collective pour le bien commun

    Pour s’impliquer donc sur son devenir, un questionnaire est en ligne sur le site Internet de la Ville depuis mercredi dernier et va y rester jusqu’au 15 août. Il est également disponible sous format papier au sein des Comités d’intérêts locaux (CIL), des mairies annexes, offices du tourisme, ou directement au pied du Faron à la gare du téléphérique.

    « Préparé par les services de la Ville, il a vocation à nourrir la feuille de route du mandat en recueillant idées, attentes et propositions autour de cinq grands thèmes », est-il précisé.

    L’occasion d’interroger et préciser le rapport que l’on entretient avec le site, son attachement, la façon que l’on a d’y grimper, à pied, en voiture ou en téléphérique. Mais aussi comment mieux le défendre, du feu entre autres. Et de dire si l’on est satisfait de l’accueil et des services proposés. Ou encore quelles activités on voudrait voir s’y développer, ou pas. Et surtout comment mettre davantage en avant ce patrimoine naturel.

    À travers cet espace de contribution collective chacun est invité à s’exprimer « afin d’imaginer et construire ensemble, une vision partagée du Faron de demain ».

    Libre à tous de prendre un peu hauteur et d’apporter sa pierre à l’aventure collective. Pour inviter à prendre soin de sa biodiversité, améliorer les accès et les mobilités, ou encore envisager qu’y prennent racine des événements culturels ou scientifiques. L’invitation à de quoi séduire.

    L’occasion aussi de porter la réflexion autour de l’avenir du zoo, et ses futures missions d’éducation, de conservation et pourquoi pas de recherche.

    « C’est le point de départ d’une vie politique inclusive, dans laquelle tous les habitants peuvent s’inscrire », conclut Josée Massi.

    Lorsqu’on sait à quoi on a échappé avec les projets fous du début des années 1980, du gigantesque parc de loisirs avec hôtellerie et restauration appelé « Le Faron, an 2000 »; ou encore « Le Faron d’Eole », jusqu’à l’érection d’une « Vierge noire » façon Christ rédempteur, mieux vaut rester aux aguets.

    Ou mieux encore faire entendre sa voix en participant à la consultation.

  • Une première braderie pour un grand commerce convivial à Aubagne

    Une première braderie pour un grand commerce convivial à Aubagne

    « C’est la première fois que je vois une grande braderie comme celle-là. C’est bizarre qu’il n’y en ait jamais eu avant. Quelle bonne idée. Ça met de la vie dans le centre-ville et ouvre un peu les esprits. J’ai l’impression que le nouveau maire apporte un autre élan », exprime en ce dimanche 28 juin Alain, habitant d’Aubagne depuis 16 ans, un sachet rempli d’habits chinés sur place qu’il offrira à sa petite-fille. Il est 10h et le cours Foch bruisse de monde, aussi bien sur ses terrasses que devant des stands et étals en tous genres. « Ça amène du monde, ça fait travailler les commerçants de la ville et c’est aussi l’occasion de revoir des copines », exprime quant à elle Marie, sexagénaire au sourire fleuri, tout comme le « joli haut » bigarré qu’elle vient d’acheter.

    La première grande braderie d’Aubagne prend la forme d’une vide-grenier XXL qui s’est également déployé sur les rues Rastègue et Martinot, dont l’affluence a aussi été décuplée par le marché alimentaire de l’Esplanade de Gaulle et une exposition de voitures anciennes sur le Cours Voltaire. Le Cours Barthélémy ne fait lui non plus pas exception à la règle avec son lot d’objets décoratifs et de bonnes affaires textiles disposés sur des tables de fortune et parfois à même le sol. « Cette grande braderie, c’est super. Ça redonne un aspect populaire à Aubagne qu’elle avait perdu. Ça fait revenir du monde dans le centre-ville, un dimanche qui plus est », s’enthousiasme Christelle, qui tient un stand devant le numéro 16 du Cours Barthélémy, là-même où un certain Marcel Pagnol est né le 28 février 1895. « Par les temps qui courent, c’est une bonne idée d’acheter d’occasion. Pour les porte-monnaie de tout le monde, vu le coût de la vie, mais aussi pour la planète. La seconde main, c’est l’avenir », dit-elle devant ses jouets et vêtements qui partent comme des petits pains.

    Rendez-vous en octobre

    « L’idée est de donner à tous les Aubagnais l’envie de se réapproprier le centre-ville, de le fréquenter », contextualise Clémentine Fardoux, 1ère adjointe au maire. « Ce matin, j’ai vu la joie des habitants de voir de la vie dans leur centre-ville, un mélange de populations, de générations et de catégories sociales. C’est tout ce dont je rêve pour ma ville : retrouver enfin un Aubagne qui vit et permet aux gens de se rencontrer », déclare cette élue notamment en charge des ressources humaines et de l’urbanisme à propos de cette grande braderie, dont la prochaine édition se tiendra « début octobre ».

  • À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    Ils sont moins d’une dizaine à avoir bravé la canicule pour aller jusqu’au centre socioculturel la Rose des Vents. Organisé par le pôle infos seniors du CCAS, animé par le Creedat 13, association spécialisée dans l’adaptation et le réaménagement de logements, tenait un deuxième atelier permettant aux plus âgés, ou aidants, de réfléchir à des alternatives pour qu’un senior reste plus longtemps chez soi. Proposer d’autres options que l’Ehpad, ou l’emménagement chez un proche. « L’idée de la société en ce moment, c’est de favoriser le maintient à domicile le plus possible, rappelle Aline Baccon, responsable coordination du pôle infos seniors du CCAS. Il y a tout un panel de dispositifs qui permettent de rester à son domicile le plus longtemps possible. C’est un coût, mais il y a quand même beaucoup d’aides (….) ». Déjà le 17 juin dernier, le même atelier était organisé, au centre socioculturel La Provence.

    Des rencontres régulières

    Et sera réitéré dans les mois à venir. « On essaie d’en faire plusieurs par an sur différentes thématiques, poursuit Aline Baccon. L’intérêt de ces rencontres, c’est de faire de la prévention, d’anticiper et faire en sorte que les gens aient l’information au plus tôt pour éviter des situations dégradées, éviter les chutes, les risques… Mais aussi faire en sorte que les gens ne se disent pas que (rester chez soi) n’est pas une option, faute de moyens ». Au cours de l’atelier, Lucille Besson Papin, ergothérapeute au sein de la Creedat 13, animatrice de la rencontre pour la journée, expose les chiffres. Chez les personnes âgées, les chutes représentent 130 000 hospitalisations par an. 70% d’entre elles ont lieu au domicile, et 10 000 d’entre elles par an sont une cause de décès. « La population en France est vieillissante, vit de plus en plus longtemps, il y a donc de nouveaux besoins chez les seniors. Ici, on vient faire de la prévention pour lutter contre les risques de chute, d’aggravation des problématiques de santé, dans le but qu’on puisse intervenir avant même qu’il y ai des soucis au sein du logement des bénéficiaires », déroule Lucille Besson Papin. Parmi le petit groupe présent, les raisons de venues varient. « J’ai des amis qui ont eu des problèmes de santé, ça peut leur être utile », résume Réjane. « De mon côté, j’ai fait plusieurs chutes sur le dos, j’ai besoin de pouvoir aller mieux au quotidien. Il faut que je puisse adapter mon logement par rapport à cette pathologie. C’est une kinésithérapeute qui m’a envoyée ici », explique de son côté Marie-Laure. D’autres ateliers sont à venir, dans les centres sociaux.

  • Ces officiers pompiers formés au cœur de l’Arbois

    Ces officiers pompiers formés au cœur de l’Arbois

    Sur le plateau de l’Arbois, à proximité immédiate de la D9 et du Stadium de Vitrolles, un drôle de carrefour se trouve en pleine pinède. Plusieurs bâtiments en béton, à l’allure plus de bunkers que de gais foyers, se dressent aux quatre coins, avec une laverie d’un côté, ou un hall d’immeuble de l’autre. Une station-service à la pompe désuète termine l’ensemble.

    Une infinité de scénarios

    Tout autour, des pompiers et leurs véhicules terminent leur exercice, encore possible ce mercredi 24 juin au matin avant de subir les chaleurs de la journée. La boucle passant par cette ville factice du plateau technique de l’École nationale des officiers sapeurs-pompiers (Ensosp) forme un parcours-type pour les escadrons de combattants du feu placés sous les ordres des élèves officiers en formation. « Ici, on n’apprend pas à ouvrir une lance. On apprend à de futurs lieutenants chefs de groupe à gérer 4 engins », explique le commandant Frédéric Puel directeur du plateau technique.

    Sur les 24 hectares du centre, plusieurs simulateurs permettent d’aborder presque toutes les situations du quotidien du pompier. « Nous avons une base de 130 scénarios différents avec une possibilité de variation quasi infinie : une, deux, cinq victimes, avec ou sans propagation du feu », illustre le commandant. Tout est question d’évolution pédagogique : « On travaille sur trois niveaux de difficulté. La première mise en situation comporte une seule évolution » prévue dans le scénario, comme par exemple une victime en plus de ce qui était prévu. Le deuxième échelon prévoit jusqu’à trois évolutions. Enfin, le troisième échelon prévoit « une situation complexe de plusieurs évolutions pour forcer l’élève officier à réorganiser son chantier » indique Frédéric Puel.

    Chaque exercice est simulé en conditions proches du réel. Une alerte est créée par un formateur, envoyée par le centre de traitement et réceptionnée à la base opérationnelle sous forme d’un ticket comprenant les infos essentielles. Dans le hangar attenant, sept centres de secours sont simulés, chacun disposant d’une voiture de commandement, d’une ambulance et de deux pompes. « Chaque officier doit produire une stratégie et prendre des décisions, seul. La finalité est qu’il ressente la solitude du chef », détaille Frédéric Puel. Tout est prévu pour accueillir entre 6 et 7 000 élèves officiers par an en formation initiale ou complémentaire sur site, sur des périodes de quinze jours en moyenne.

  • Les Bouches-du-Rhône renoncent à l’uniforme dans les collèges

    Les Bouches-du-Rhône renoncent à l’uniforme dans les collèges

    En cette rentrée 2024, au moment de remettre leurs nouveaux uniformes scolaires aux élèves du collège Château-Forbin dans le 11e arrondissement de Marseille, la présidente (DVD) du conseil départemental, Martine Vassal, se réjouissait d’une expérimentation qui allait « renforcer le sentiment d’appartenance à l’établissement scolaire, de répondre aux problématiques de harcèlement scolaire et d’améliorer le pouvoir d’achat des familles ». Mais deux ans plus tard, celle-ci tourne court. Ce 22 juin, la collectivité a brusquement résilié le marché signé avec la Quincaillerie aixoise pour fournir ces tenues uniques testées par 1 200 élèves à Château-Forbin et au collège Mont-Sauvy à Orgon. Officiellement, le conseil départemental estime que l’envolée du prix des uniformes proposée le 22 avril -plus de 31,90% en moyenne- remet en cause le contrat. Mais cette résiliation vient surtout mettre discrètement un terme à l’expérience largement médiatisée à son lancement.

    « Nous arrêtons effectivement l’expérimentation », confirme la conseillère départementale (DVC) déléguée aux collèges, Béatrice Bonfillon-Chiavassa, reconnaissant que les coûts de fabrication « avaient significativement augmenté ». Mais tandis que le collège d’Orgon comptait bien poursuivre l’expérience, le conseil d’administration de Château-Forbin s’est prononcé contre sa poursuite le 30 mars. « La gestion quotidienne des élèves ne respectant pas le port de la tenue représente une charge de travail trop importante », explique la conseillère départementale. Surtout, « l’État a décidé après ces deux ans d’expérimentation d’y mettre fin et donc d’arrêter la subvention qui l’accompagnait. C’est la raison pour laquelle nous avons arrêté cette expérimentation, avec regret », indique Béatrice Bonfillon-Chiavassa.

    « Pas un gâchis »

    Au total, près de 210 000 euros ont été initialement consacrés à cette expérimentation, indiquait le conseil départemental lors de son lancement, soit 127 euros par élève pris en charge pour moitié par la collectivité. « On ne peut pas dire que c’est un gâchis quand on réalise une expérimentation pour aller vers le mieux, défend l’élue. S’entêter à aller dans ce dispositif quand une équipe ne souhaite plus le faire, ça, cela aurait été du gâchis. » Elle espère désormais en tirer le bilan avant de regarder plus en avant. « Pour les avoir rencontrés, c’était plutôt bien perçu par les parents mais aussi par les élèves », explique-t-elle, y voyant une manière de lutter contre le harcèlement et d’aider les familles. Une étude de l’Éducation nationale publiée le 12 mai montrait que si les directions d’établissement appuyaient la mesure, l’uniforme était vu comme « une contrainte inutile » par la moitié des collégiens.

  • [Entretien] Delphine Tisseyre, Secours populaire : « Derrière les chiffres, une réelle détresse humaine »

    [Entretien] Delphine Tisseyre, Secours populaire : « Derrière les chiffres, une réelle détresse humaine »

    La Marseillaise : La Banque alimentaire faisait état de 63 500 bénéficiaires en 2025. Quel constat faites-vous sur le terrain ?

    Delphine Tisseyre : Les chiffres sont une chose mais derrière il y a une réelle détresse humaine, un malaise qui est créé. On détecte dans nos familles, chez nos ados, de plus en plus de troubles psychiques et maintenant on n’arrive plus à les nourrir correctement. Aujourd’hui, on distribue des produits de l’Union européenne, des pâtes, du riz. Mais sans beurre ni légumes, ni fruits, c’est insuffisant. Pour les produits frais, il faut toute une logistique, surtout l’été. Peu d’associations en ont les moyens. Et le pendant de l’entrée dans l’ère de l’anti-gaspi, c’est qu’on nous fait payer, le recyclage des vêtements par exemple, et c’est un poids en plus sur le dos des bénévoles. Les associations sont la soupape de sécurité de notre société et on compte beaucoup sur elles, mais on a l’impression d’être abandonné des priorités de l’État.

    Où en est le Projet alimentaire départemental (PAD) mis en place en 2019 et destiné à promouvoir les produits locaux dans la lutte contre la précarité alimentaire ?

    D.T. : Mieux manger pour tous est une bonne chose et on est reconnaissant de l’aide au financement. Mais c’est insuffisant par rapport aux besoins. Le quotidien va vite. Et face au développement des discounters, nous ne sommes pas armés pour le rachat en gros volumes donc ce qui pouvait être donné l’est moins. Il y a aussi cette difficulté de coller à un cahier des charges des producteurs locaux. Les œufs par exemple, la quantité est un problème. Or nous ne sommes pas en mesure de garantir la commande si l’éleveur agrandit ses poulaillers car on ne sait pas à l’avance de quel budget on disposera l’année suivante. Ce système a tendance à se mordre la queue.

    L’été est-il plus cruel que l’hiver pour les personnes en grande précarité ?

    D.T. : L’hiver, on se couvre, on arrive à distribuer des vêtements chauds et des couvertures. L’été, on cherche des lieux climatisés, des points d’eau fraîche, c’est plus compliqué. Pour nos maraudes, il faut des équipements pour réfrigérer. Et du fait que de nombreux lieux ferment durant les vacances, les associatifs sont aussi moins nombreux sur le terrain durant cette période et le sentiment d’isolement des personnes démunies est plus important.

    Quelles demandes feriez-vous ?

    D.T. : On n’en est plus aux préconisations, mais à répondre à une véritable urgence sociale. Il y a l’inflation, mais pas seulement. Certaines mesures administratives créent des situations de pauvreté ou les aggravent. C’est bien de renforcer les contrôles contre les fraudes en tout genre, mais ceux-ci sont parfois faits sans aucune analyse fine. On s’est retrouvé avec une vague de coupures de RSA. Il a fallu démêler bien des erreurs. Et quelques mois sans revenus, ça plonge vite les gens dans la misère absolue. Souvent les mesures d’accompagnement pour le retour à l’emploi ou pour l’aide à la garde d’enfants ne suivent pas ou sont mises en place beaucoup trop lentement. On perd plus rapidement et facilement ses droits qu’on y accède.

    Les publics rencontrés sont-ils
    de plus en plus divers ?

    D.T. : Oui et on a aussi des situations de détresse qui ne sont pas toujours visibles. Des couples qui font la priorité du loyer et qui ne mangent pas à leur faim alors qu’ils travaillent. Une personne traitée pour un cancer à qui on ne peut pas donner n’importe quel aliment. Certains font le tour des associations pour trouver ce dont ils ont besoin et c’est douloureux d’avoir l’air de quémander mais heureusement qu’ils le font.

  • Noailles : les habitants se sentent esseulés suite à l’effondrement

    Noailles : les habitants se sentent esseulés suite à l’effondrement

    « On a cru qu’on allait mourir. Et en fait, non. Puis, il y a eu de l’incompréhension, de la sidération et de la colère. Ils nous ont niqués nos vies pour un bon moment », rappelle, les yeux embués mais le cœur vaillant, Jihane El Meddeb. Délogée de son appartement du 3, rue Vacon, suite à l’effondrement, jeudi 18 juin à 21h, d’un immeuble en chantier de la SPLA-IN situé sur la place Halle-Delacroix, elle ne cesse d’enrager contre cette société publique locale d’aménagement d’intérêt national. « J’ai demandé hier [vendredi] un point d’information au responsable des relations citoyennes de la SPLA-IN mais zéro retour. Tout est tombé mais comment peut-on savoir ce qu’il s’est vraiment passé ? », s’interroge-t-elle en ce samedi 27 juin, tandis que les deux passages vers la Halle-Delacroix, condamnés, ne font qu’entendre les engins des ouvriers qui s’y activent.

    « Je me sens méprisée. On est en France quand même. On attend toujours des informations sur la chaîne de responsabilités dans le chantier. J’ai très envie de retourner chez moi, mais j’ai aussi très peur. On ne sera jamais rassurés », ajoute Jihane El Meddeb, pendant que certains riverains participent à un point d’information tenu par le Collectif du 5 novembre et l’Assemblée des personnes délogées. « Il y a une fiche pour les habitants du quartier qui veulent porter plainte contre X, déjà pour avoir accès aux documents et savoir ce qu’il se passe pour l’enquête », indique au micro la militante Anissa Harbaoui.

    « Mutualiser nos infos »

    Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui. « Oui, il y a eu des erreurs, quelque chose d’anormal qui s’est passé. C’est un incident majeur dont je ne connais pas les causes réelles », expliquait il y a quatre jours à La Marseillaise Franck Caro, directeur général de la SPLA-IN. « Ce n’est pas possible de ne pas nous informer. La réunion de ce matin est un moyen de mutualiser nos informations », explique Jihane El Meddeb. Délogée elle aussi, Margaux rappelle que, « malgré qu’on ne puisse pas accéder à nos logements, nous devons quand même payer nos loyers. Nos propriétaires ou les agences immobilières s’en foutent et disent que ce n’est pas à eux de gérer cela. »

    Traumatismes

    Juste avant, Mona, enfant d’une petite dizaine d’années, témoigne de sa « peur » lors de la nuit de l’effondrement. « Depuis une semaine, nous sommes relogés dans un appart’hôtel et nous sommes toujours dans le stress », confie-t-elle. Autant de traumatismes ravivant le drame de l’effondrement des numéros 63 et 65 de la rue d’Aubagne qui avaient coûté la vie à huit Marseillais, le 5 novembre 2018, à quelques mètres de la Halle-Delacroix. « On a l’impression que l’histoire se répète », regrette Laurent, du Collectif du 5 novembre. « Le soir des effondrements, on a assisté à la même incohérence et au chaos des autorités qu’à l’époque. Dans un premier réflexe, très grave, les pompiers disaient aux gens d’aller chez des amis. Il existe pourtant à Marseille une charte du relogement pour laquelle on s’est battus. Les délogés doivent être pris en charge jusqu’à la fin du sinistre », dit cet habitant de Noailles et militant qui exhorte l’auditoire à se « monter en interassociations. On a vraiment besoin d’un accompagnement juridique pour répondre aux gens dans la panade. »