Category: societe

  • Sensibiliser les festivaliers à la santé des femmes

    Sensibiliser les festivaliers à la santé des femmes

    Bingo des règles, quiz sur les stéréotypes liés aux menstruations, cartographie des appareils génitaux, présentation du violentomètre… Au festival Marsatac les 12, 13 et 14 juin derniers, la mutuelle marseillaise Solimut, en partenariat avec l’association Règles élémentaires, a sensibilisé les festivaliers aux différents enjeux autour de la santé des femmes et son inégal accès. Un stand qui se tiendra aussi du 23 au 26 juillet, lors du Delta Festival.

    « L’idée est de faire de la prévention autour de la santé menstruelle avec des activités un peu ludiques », explique Florence Lépine, responsable de l’antenne Paca de l’association Règles élémentaires. L’association, créée en 2016 pour l’égalité, l’éducation et la justice menstruelle, participe pour la première fois à un stand de prévention aux côtés de Solimut. L’objectif est également de rediriger des personnes vers des associations de référence sur d’éventuelles pathologies ou des troubles liés aux règles.

    Inégal accès à la santé

    Si la thématique de la santé menstruelle est centrale, le stand de sensibilisation de Solimut permet également d’aborder le sujet plus large de la santé des femmes. « à Marsatac, avec le violentomètre [outil permettant de mesurer le degré de violence] on a pu voir que tout le monde n’a pas la même échelle de valeurs sur les violences ce qui a permis de discuter et d’ouvrir la discussion à ce sujet », relate Magali Planas, coordinatrice prévention et promotion de la santé chez Solimut.

    La mutuelle a également distribué un questionnaire sur les inégalités genrées de la prise en charge médicale, et en particulier des maladies cardiovasculaires. De nombreuses études montrent en effet que les infarctus sont moins bien pris en charge chez les femmes que chez les hommes, car les symptômes les plus connus sont moins fréquents chez les femmes.

    Sensibiliser les plus jeunes

    Un travail de sensibilisation des festivaliers important pour Solimut. « Si on vient dans ces deux festivals, c’est parce qu’il y a un public cible : ce sont des jeunes », soutient Pierre Méry, vice-président de Solimut Mutuelle France. Ce dont témoigne Florence Lépine : « on a pu échanger avec pas mal de préados ou d’ados qui avaient très peu de connaissances sur les règles. »

    Des stands de préventions sur les inégalités entre hommes et femmes au niveau de la santé qui s’inscrivent dans une ambition plus large de la part de la mutuelle. « Ces actions sont la continuité de notre approche politique et féministe de la santé », affirme Pierre Méry, vice-président de Solimut Mutuelle France.

    Déjà au niveau de leur structure, Soli mut a mis en place « l’arrêt menstruel », qui permet aux femmes souffrant de règles particulièrement douloureuses de bénéficier de jours de repos. Mis en place l’année dernière, la société a été accompagnée pour cela par l’association Règles élémentaires. « C’est une mesure qui fonctionne bien pour les personnes qui en ont besoin, mais aussi avec les managers, car il y a eu un bon accompagnement », se félicite Pierre Méry qui ajoute cependant « même si on peut sans doute progresser ». Une expérimentation d’autant plus importante qu’elle pourra servir d’exemple pour élargir le dispositif au niveau national. « ça nous permet d’avoir des exemples concrets et qui fonctionnent pour porter des plaidoyers », explique la responsable de l’antenne Paca de l’association Règles élémentaires.

    Un engagement politique et féministe en lien avec le rôle social que veut porter Soli Mut pour « agir sur les inégalités d’accès et sur la santé des femmes », rappelle Pierre Méry.

    « Ces actions sont la continuité de notre approche politique
    et féministe
    de la santé »

  • Une instance de suivi sur l’éolien offshore

    Une instance de suivi sur l’éolien offshore

    Les pales des trois immenses éoliennes de la ferme pilote « Provence grand large » sont visibles depuis la côte Saint-Louisienne. À l’horizon 2032, 12 à 19 nouvelles infrastructures flottantes seront mises en service un peu plus loin, à 25 km du rivage, pour une puissance installée comprise entre 230 MW et 280 MW, l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 450 000 habitants. C’est donc naturellement que les pouvoirs publics ont choisi la commune rhodanienne pour l’installation de l’Instance de concertation et de suivi de ce projet, ce lundi 29 juin. En décembre 2024, la société « Éoliennes Méditerranée Grand Large » a remporté l’appel d’offres n°6 pour assurer la conception, la construction et l’exploitation du premier parc commercial flottant de Méditerranée.

    Le maire, Martial Alvarez (DVD), souligne : « Nous sommes alignés sur la volonté d’accompagner cette nouvelle filière (…) pour assurer la souveraineté énergétique de la nation, mais nous sommes attachés à ce que puissent être mises en place des compensations. (…) On est sur un périmètre où on peut se dire : on nous a déjà préempté la terre avec la plus grosse zone industrialo-portuaire d’Europe, on est en train de nous enlever la mer, qu’est-ce qui va nous rester ? » Avec un enjeu particulier : celui de la pêche, qui représenterait localement entre 100 et 300 emplois. Un comité de liaison a été mis en place par EDF Power solutions pour « construire, anticiper les travaux et partager les résultats des études d’impacts » avec les acteurs du secteur.

    Chargée de projet, Amélie Cuba assure que l’énergéticien a à cœur de « travailler avec des acteurs du territoire sur des thématiques transverses, parce qu’on est sur des projets qui sont à l’interface en lien avec la question de la biodiversité, du tourisme, de l’emploi ». Dans le budget global d’un milliard d’euros environ, 5 millions d’euros seront alloués à ces actions. La filiale renouvelable d’EDF participe déjà au projet Fishwind, en partenariat avec l’organisation Sathoan (une coopérative de pêcheurs méditerranéens), sur la notion de co-activité de pêche et de récifs écoconçus destinés à être posés au sein des futurs parcs commerciaux.

  • Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Alors que le débat se poursuit à l’Assemblée nationale, dès ce mardi, sur le projet de loi sur la justice criminelle, l’ensemble des barreaux de France, rejoint par les syndicats de magistrats, ont appelé à une nouvelle journée « justice morte », ce lundi 29 juin.

    La mobilisation a déjà permis « de conduire au retrait de la “CRPC criminelle”, sa mesure phare », pose en préambule Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau phocéen, face à une bonne cinquantaine de robes noires rassemblées sur les marches du Palais Monthyon. Mais pas question de se « satisfaire » de la disparition du plaider-coupable, estime-t-elle, pointant le délai de recours aux nullités de procédure réduit de 6 à 3 mois et un texte qui « permet de régulariser des détentions pourtant irrégulières ». Comme le projet de loi Ripost, « le texte vise à entraver le contrôle du juge », poursuit le vice-bâtonnier Jean-Michel Ollier, pointant un « changement de paradigme » qui « fragilise gravement une protection essentielle dans un État de droit ».

    Surtout, cette mobilisation intervient dans un contexte « assez chargé du point de vue judiciaire », rappelle Laurence Blisson, déléguée du Syndicat de la magistrature à Marseille.

    Une procédure pénale « faite d’équilibres »

    Au-delà d’une loi Sure (Sanction utile, rapide et effective) qui oublie « le fait que la procédure pénale est faite d’équilibres » et facilite « le recours aux cours criminelles départementales contre lesquelles on s’est élevé dès le départ en disant que juger les crimes, ça nécessite du temps, la présence des citoyens », estime-t-elle, au-delà d’un projet de loi Ripost qui pénalise « toute une série d’actes d’une gravité tout à fait dérisoire par rapport aux questions de protection de l’enfance qui sont aujourd’hui au cœur des débats », la juge aux affaires familiales inscrit aussi ce rassemblement dans « les suites de l’affaire Lyhanna ».

    Pour la responsable syndicale, « au plus haut niveau de l’État, Gérald Darmanin, comme le président de la République, ne peuvent ignorer l’état dans lequel se trouvent les services de police judiciaire et ne peuvent pas dire qu’ils ont fait de la protection de l’enfance une priorité. C’est factuellement faux ». Elle cite le communiqué de l’Association nationale de police judiciaire, selon laquelle il manque 12 000 officiers de police judiciaire pour réellement prioriser les faits criminels touchant à la protection de l’enfance.

    « La vraie question, aujourd’hui, est de parler des problèmes de moyens », martèle le délégué syndical de l’Union syndicale des magistrats à Marseille, pour qui « on doit aux justiciables une justice de qualité, qui permette aux gens d’avoir des réponses rapidement ». Avec quatre fois moins de procureurs que dans le reste de l’Europe, et deux fois moins de juges du siège, le chemin risque d’être encore long…

  • Viols et prostitution d’enfants : le coup de gueule de maître Amas

    Viols et prostitution d’enfants : le coup de gueule de maître Amas

    De bon matin, devant le palais de justice de Marseille, ce lundi 29 juin, Michel Amas est en croisade, comme il le reconnaît volontiers. Face à ce qu’il considère comme l’inaction du gouvernement, l’avocat au barreau de Marseille s’appuie sur son expérience de terrain pour sensibiliser à « l’absence de politique, en France, de lutte coordonnée contre les pédophiles ».

    Bien avant l’affaire de la petite Lyhanna, il a alerté sur la prostitution des mineures, particulièrement dans les foyers de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Au nom de familles, il avait déjà assigné, en avril 2025, la présidente du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal (DVD), en charge de l’ASE, pour faute lourde. Des foyers « ouverts » déplore-t-il, permettant aux enfants placées de sortir et de tomber sous la coupe de proxénètes.

    Selon lui, c’est tout un système à revoir quand 40% des agressions sexuelles sont le fait aussi d’« un mineur sur un mineur ». « Au foyer, on ne prend pas en charge l’agresseur, on le déplace. Pas plus que la victime, qui n’est pas traitée sur son traumatisme », s’indigne-t-il. Résultat, « on a des gamins qui se constituent sur une adolescence entière de viols, d’agressions sexuelles », pousse-t-il.

    Autre cheval de bataille, un « site internet repéré depuis juin », l’année dernière, sur lequel des « enfants sont commercialisés », selon lui. Il indique que le ministère de l’Intérieur et de la Justice lui avait promis de le fermer. Il revient sur son quotidien, « des enfants de 11 ans, 12 ans, 13 ans, 14 ans, 15 ans, prostituées, vendues jour et nuit sur ce site ». Des gamines qui pourraient « faire jusqu’à 12 passes par jour » à raison de 1 000 à 1 500 euros, balance l’avocat.

    « J’accuse »

    Il affirme : « Bruno Retailleau était tout feu tout flamme, mais il est parti un mois après que nous ayons eu le rendez-vous. Depuis, ils ont fait une plateforme interministérielle Justice, Enfance, Intérieur et Santé et puis plus de son, plus d’image. »

    À la façon d’un Émile Zola, maître Amas s’enflamme : « Moi, j’accuse le ministre de la Justice d’inaction. Je l’accuse de ne pas avoir fermé le site sur lequel des enfants sont vendues. Je l’accuse de ne pas avoir mis en place immédiatement un suivi médical de ces enfants, une procédure pour suivre leur addictologie. » Pour lui, le ministre de la Justice ne réagit que « par rapport aux faits divers ». Le seul acte posé, retient-il, « ça a été de faire une liste noire des agresseurs sexuels et de mettre les enfants chez les grands-parents. Mais ça existe déjà ».

    L’avocat explique avoir travaillé, avec plusieurs magistrats de Vienne, Marseille et Avignon, à une proposition de directive qui aurait pu être mise en œuvre rapidement. Elle visait notamment, selon lui, à mettre fin au principe des foyers ouverts.

    L’avocat revient aussi sur l’impunité de ceux qui ont recours à ces services abjects. « En France, ça coûte moins cher d’avoir une relation sexuelle tarifée avec un enfant – la plupart des gens qui [les] violent prennent 500 euros – plutôt que d’avoir une relation sexuelle avec une chèvre », compare-t-il, rappelant qu’un violeur de caprin a été condamné, la semaine dernière à Marseille, à 30 mois de prison.

    Contacté par nos soins, le ministère de la Justice n’a pu réagir.

    À noter que, dans sa lettre en date du 10 avril 2026 sur le système prostitutionnel en France, l’Observatoire national des violences faites aux femmes recense 704 victimes, dont 94% sont des filles. Se basant sur les chiffres du service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger, le 119, le rapport indique que « la majorité des victimes dont l’âge était connu avait entre 15 et 17 ans (70%). Une sur cinq avait entre 12 et 14 ans (20%) ».

  • Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    C’est une rengaine dont on se passerait volontiers. Chaque été, le Var figure parmi les territoires français les plus exposés au risque d’incendie. Entre les fortes chaleurs, une population estivale multipliée par deux, le vent et ses 388 000 hectares de forêts, le département présente tous les ingrédients propices aux départs de feu. Avec 67 % de sa superficie boisée, il est d’ailleurs le troisième département le plus forestier de France en proportion.

    Un cocktail encore plus explosif cet été que les autres, avec un mercure qui a atteint des niveaux jamais enregistrés dans le pays, entraînant « trois semaines d’avance en termes de sécheresse », alerte Eric Grohin, directeur du Sdis du Var. « Des conditions de feu » rendues d’autant plus préoccupantes par « le vent important » attendu dans les prochains jours, et « une saison qui rappelle beaucoup l’année 2003 », s’inquiète-t-il.

    C’est dans ce contexte que la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a rendu visite au 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (Riisc) de Brignoles, qui appuie les services de sécurité civile dans la lutte contre les catastrophes naturelles, jeudi dernier. Et annoncé le déclenchement avancé de l’opération Héphaïstos, mission estivale de vigilance contre les incendies.

    « Le meilleur feu, celui

    qui ne se déclenche pas »

    Alors que l’on déplore déjà cinq fois plus de départs de feu et de surfaces parcourues qu’à la même période l’an dernier, même si les incendies sont restés de taille modeste, la prévention demeure le premier levier d’action. Car « le meilleur feu est celui qui ne se déclenche pas », martèle le préfet du Var, Simon Babre.

    Outre le rappel des obligations légales de débroussaillement, des campagnes de sensibilisation contre les jets de mégots et les feux de camp ont été déployées. À cela s’ajoutent 44 patrouilles de surveillance et d’intervention présentes dans les massifs forestiers. La carte d’accès aux massifs est actualisée quotidiennement pour informer les usagers des restrictions. Si la prévention ne suffit pas, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1 000 euros pour un mégot jeté en forêt, voire à des peines de prison en cas d’incendie.

    Sur le terrain, jusqu’à 1 150 pompiers pourront être mobilisés chaque jour, renforcés, si besoin, par des moyens militaires. Côté matériel, le Sdis s’appuye sur quatre hélicoptères bombardiers d’eau, 100 camions-citernes feux de forêt moyens, 37 fourgons pompe-tonne de 3 000 litres de capacité, de véhicules tout-terrain et drones. « Chez nous, la réponse, c’est les grandes capacités d’eau et la capacité à l’acheminer dans les zones reculées », soutient le préfet. Des moyens actés par quatre conventions signées entre Département et État, « avec une aide au Sdis passant de 51 à 63 millions », souligne Jean-Louis Masson, président du Département.

  • L’émancipation des femmes des quartiers populaires à la loupe

    L’émancipation des femmes des quartiers populaires à la loupe

    « Ni invisibles, ni silencieuses. » Tel est le nom de la journée d’études organisée au Musée d’Histoire de Marseille, ce mercredi. Ce rendez-vous a rassemblé chercheurs, sociologues, géographes et militantes associatives. Organisé par le Comité d’histoire de la politique de la ville, en partenariat avec la Ville de Marseille, l’événement a permis d’apporter une analyse des trajectoires des femmes issues des quartiers populaires.

    « La jeunesse féminine, notamment les femmes des quartiers populaires de Marseille, est généralement réduite à des figures imposées du patriarcat, celles des mères », introduit Philippe Mejean, représentant de la coordination marseillaise du Comité d’histoire de la politique de la Ville.

    Souvent considérées comme apolitiques et invisibilisées dans la société, l’histoire et de nombreux travaux de recherche démontrent pourtant que ces femmes se sont engagées, ont porté de nombreuses mobilisations et ont créé des associations. « Quand on commence un mouvement où la classe traditionnelle et celle des travailleurs sont en crise, les femmes sont le public cible d’un certain nombre d’associations, appelées à les rejoindre et à en être actrices », raconte Michel Peraldi, sociologue.

    « Féminisme marxisme avenir (FMA), en 1967 [association devenue aujourd’hui Mouvement de libération des femmes, Ndlr.], a joué un rôle important dans le mouvement féministe maghrébin », souligne Louise Barbier, à l’origine de cette journée et doctorante travaillant sur l’état des connaissances et les controverses autour des figures féminines en milieu populaire urbain.

    Ces mouvements politiques féministes de l’histoire maghrébine ont permis aux femmes de poursuivre le combat et de construire leur place dans la société française. « Les femmes devaient être de bonnes épouses, faire six enfants… Le statut de mère, il n’est pas inné, il s’est construit », explique Yamina Benchenni, militante associative.

    Le passé impacte le présent

    La mémoire coloniale de la ville et son histoire politique sont étroitement liées. Pour Lela Bencharif, géographe et militante associative, il est essentiel de travailler sur la question coloniale, en l’articulant aux flux migratoires. « Aujourd’hui, il faut lutter contre la fabrique de stéréotypes, comme pendant le temps de la colonisation, pour éviter de créer des paniques identitaires », tranche-t-elle. C’est dans ce contexte que les démarches mémorielles prennent tout leur sens politique.

    Si les femmes sont invisibilisées, c’est parce qu’elles se trouvent à l’intersection de plusieurs dominations : elles subissent à la fois des rapports de domination masculine, du racisme et des stéréotypes sexistes. « On a soit la beurette émancipée, soit la voilée à sauver », déplore Louise Barbier, qui dénonce une vision culturaliste, voire islamophobe.

    Pour lutter contre ces stéréotypes, la Ville de Marseille souhaite développer des politiques publiques et renforcer le travail associatif auprès des jeunes femmes issues des quartiers prioritaires. « Elles ont des trajectoires complexes et il faut faire tomber ces barrières en mettant en place des dispositifs qui leur ouvrent des portes », affirme Anne-Sophie Sidani, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville.

    L’enjeu est ainsi de complexifier la vision des quartiers populaires et de sortir d’un certain nombre de clichés.

  • « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    Il y a ceux qui font la fête pour « oublier », pas nous. Nous, nous la faisons pour nous rassembler, nous organiser, réfléchir et lutter pour ne pas rester seul dans cette société où l’individualisme et la compétition entre les citoyens sont érigés en valeurs suprêmes. Cette société où la culpabilité est renvoyée à celui qui est en difficulté. Tu ne trouves pas de travail ? C’est de ta faute. Tu n’arrives pas à boucler ton budget, c’est de ta faute. Ton gamin ne s’en sort pas, c’est de ta faute. La planète brûle, c’est de ta faute…

    Si les services publics, la santé, la justice dysfonctionnent, c’est sûrement de la faute de certaines personnes et on ne remet jamais en cause ce système ultralibéral.

    Alors non, ce n’est pas notre faute à nous si la société va mal, très mal. En revanche, c’est notre responsabilité collective de faire face. Ce ne sera jamais une réponse individuelle qui pourra résoudre quoi que ce soit.

    Voilà pourquoi nous sommes communistes et pas populistes et que nous luttons depuis toujours contre les forces d’extrême droite.

    Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour faire la fête, une fête qui crée de l’intelligence collective, une fête de luttes, une fête de fraternité. »

  • Belle de Mai : le parc de la Maternité renaît avec du chien

    Belle de Mai : le parc de la Maternité renaît avec du chien

    « Avant, on passait devant sans faire attention. On allait plutôt au parc Longchamp, mais ici, ça nous change et c’est moins loin de chez nous », font part Camille et Samuel, jeune couple à poussette et en goguette qui vient du boulevard Guigou voisin. « C’est bien, il y a pas mal d’arbres », observent-ils, soulagés de voir renaître le parc de la Maternité au milieu de la jungle de béton de la Belle de Mai. Situé traverse Séry, sur un petit promontoire offrant une vue sur le massif de l’Étoile et le Nord-Est de Marseille, 5 000 m² de verdure qui comprennent aire de jeux pour enfants, city stade ainsi que terrains de pétanque.

    Cohabitation

    « On est dans un secteur qui est assez dense et des îlots de fraîcheur comme celui-ci permettent aux habitants, qui vivent souvent dans des conditions difficiles l’été, de venir se rafraîchir », résume le maire (PS) de secteur Anthony Krehmeier. Mais dans le parc de la Maternité, il n’y a pas que des minots qui cavalent. Les lieux abritent aussi un caniparc où les chiens des badauds peuvent se dégourdir les pattes. « Franchement, ils ont fait du bon travail », estime Karim, enfant du quartier ayant traîné ses culottes courtes dans le parc. « Ma mère a accouché de moi ici. J’y ai tous mes souvenirs », rappelle ce pizzaïolo établi rue Clovis-Hugues, tout en indiquant la direction de l’ancienne maternité de la Belle de Mai, fermée à la fin des années 1990 et devenue un village de vacances il y a près de 10 ans. « J’aurais juste aimé qu’ils mettent des séparations en plus pour les chiens », note-t-il, alors que Chopper, son « staff croisé bully » renifle d’un peu trop près un malinois.

  • En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    Les fortes chaleurs ne sont pas plus ou moins supportables que le froid glacial de l’hiver. La mobilisation reste donc primordiale pour les acteurs associatifs qui viennent en aide aux personnes précaires et sans domicile, à l’image d’Un peu de toit, qui mène, chaque mardi, une maraude dans les rues de Toulon.

    « On aimerait bien faire plus, mais il n’est pas évident de mobiliser les bénévoles plus d’un soir par semaine, d’autant plus avec les départs en vacances », s’excuse presque Cathy Revest, présidente de l’association. Si elle n’a pas constaté plus de demandeurs qu’à l’accoutumée sur la dernière maraude, elle s’attend à en avoir davantage dans les semaines à venir, « comme chaque été. Les personnes dont nous nous occupons ne dorment pas forcément dans la rue. Certaines en situation de précarité viennent aussi demander », indique-t-elle.

    Une réalité qui rappelle que près d’un Toulonnais sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, contre 15% au niveau national et 18 dans la région Sud, tel que l’a annoncé le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Toulon dans un rapport paru en début de semaine. Cathy Revest espère que ces chiffres alarmants mèneront à des actions concrètes : « Nous avons eu une réunion avec le CCAS et les associations il y a un mois, pour évaluer la situation. Un lien est en train de se créer, alors qu’on avait toujours eu la sensation d’être méprisés. » Une autre réunion s’est tenue vendredi, durant laquelle la bénévole a demandé l’ouverture d’hébergements durant la canicule.

    En attendant, les maraudes vont se poursuivre. « L’objectif est de fournir au moins une bouteille d’eau par personne. On distribue aussi des gourdes. On a également laissé tomber les plats chauds au profit des salades, du chocolat froid et des fruits », détaille Cathy Revest, qui appelle aux dons de chacun, particulièrement de bouteilles d’eau.

  • Handicap : une maison d’enfants fermée suite à des « dysfonctionnements »

    Handicap : une maison d’enfants fermée suite à des « dysfonctionnements »

    Sur l’arrêté pris vendredi 19 juin, les services de la solidarité s’alarment de « formes de maltraitances constatées sur les mineurs accueillis ». Depuis le lundi 22 juin, le lieu de vie et d’accueil de la Maison des plus petits situé dans le quartier de Malpassé (13e) a dû fermer ses portes sur ordre du conseil départemental. Suite à un contrôle organisé au mois de janvier, la collectivité reprochait à l’association qui y accueillait jusqu’à 7 enfants placés en situation de handicap, « plusieurs dysfonctionnements importants, en termes de gestion, de recrutement et de transparence » et des risques « sur la santé, la sécurité ainsi que le bien-être physique et moral des mineurs accueillis ». Sans faits de maltraitance constatés cependant.

    Pour le directeur de l’association Emmanuel Masson qui a déposé un recours gracieux, il s’agit d’une décision « extrêmement brutale, en décalage avec ce que l’on a vécu ». Pour toute maltraitance, une directrice adjointe aurait fait mine de mordre un jeune qui l’avait mordu à la piscine, et il leur était reproché d’avoir laissé un enfant malade seul pendant que sa chambre était nettoyée. Un salarié travaillait également sans vérification de ses antécédents. « Nous demandons systématiquement l’attestation d’honorabilité, comme nous ne l’avons pas reçue, nous avons procédé immédiatement à son licenciement », indique le responsable. « Les médecins chargés du suivi ne comprenaient pas, les référents se sont regroupés pour manifester leur désaccord avec le Département », assure-t-il. Lequel avait déjà temporairement fermé la structure en 2023 face à sa « totale désorganisation ».