Category: societe

  • Pays de Sorgues : le collectif amiante change de tête

    Pays de Sorgues : le collectif amiante change de tête

    C’est assurément une page qui se tourne au sein du collectif amiante Pays des Sorgues 84. Après 14 ans comme président, Christian Arena a passé la main à Guy de Zordi, jeudi dernier lors d’une assemblée générale au parc de la SEPR. « L’amiante n’est pas seulement un scandale du passé, c’est une injustice qui continue de tuer tous les jours », a rappelé le président sur le départ, après avoir fait respecter une minute de silence en hommage aux disparus. Le collectif continue d’alerter sur l’ampleur du fléau : près de 90 000 personnes meurent chaque année dans le monde de maladies liées à l’amiante, tandis que 125 millions de travailleurs restent exposés, dont 2 millions en France, où plus de 300 000 tonnes de déchets amiantés sont encore traitées chaque année. Face à cette situation, les associations de victimes réunies notamment au sein de la Cavam (coordination des associations de victimes de l’amiante et des maladies professionnelles), poursuivent leur mobilisation. Présent, Alain Guéret, président de la Cavam, a redéfendu la création d’un pôle public dédié à l’élimination de l’amiante, ainsi qu’une évolution des méthodes de traitement.

    Le Caps 84 est aussi soutenu par la Ville de Sorgues. « Depuis de nombreuses années, votre collectif agit avec constance, courage et détermination, vous êtes de véritables sentinelles de la santé publique », a salué Jean-François Laporte, adjoint à l’urbanisme, au nom du maire LR Thierry Lagneau, en assurant l’association « du soutien financier ou institutionnel » de la municipalité.

  • La 23e édition des Nauticales à bon port

    La 23e édition des Nauticales à bon port

    Sur le port de plaisance de La Ciotat, les tentes blanches ont fleuri, pour la 23e édition du salon nautique des Nauticales. Munis de ciseaux, la navigatrice et écologiste Isabelle Autissier et Bernard Deflesselles, conseiller municipal de La Ciotat et de la Métropole, ont officiellement lancé l’événement organisé par la Métropole Aix Marseille Provence, ce mardi matin. Jusqu’à dimanche, une centaine d’exposants feront découvrir la diversité de la navigation : surf, voiliers, vedettes familiales, catamarans, semi-rigides ou encore bateaux électriques seront exposés hors de l’eau ou à flot.

    Job Dating

    Un rendez-vous important qui n’aurait pas pu se faire autre part pour l’ancien député (LR) de la circonscription Bernard Deflesselles « La Ciotat est rentrée depuis 2019 dans le cercle restreint des plus belles baies du monde, indique le conseiller métropolitain. C’est donc logique et légitime que nous soyons tournés vers la mer et que l’on accueille ce salon remarquable. » Avec ses exposants et ses visiteurs, les quais du nouveau port deviennent pendant ces six jours le haut lieu de rencontres des acteurs économiques du milieu maritime. « Cet événement est une belle chose pour cette filière d’excellence de notre région, celle du nautisme, insiste-t-il. C’est important d’être à leur côté. »

    Cette journée du mardi a d’ailleurs été l’occasion de promouvoir le nautisme comme pourvoyeur de travail avec l’organisation d’un job dating. Organisé en partenariat avec France Travail et la cité des métiers, 25 entreprises étaient présentes pour échanger sur la diversité des métiers liés à la mer avec les participants.

    Une marraine engagée

    Avec pour sous-titre « La mer passionnément », cette édition se veut plus engagée sur la préservation de l’environnement. Un village des associations a été installé avec Sea Sheperd ou l’atelier bleu – CPIE Côte provençale qui lutte pour la préservation de la mer. Une évidence pour le conseiller municipal : « C’est un salon nautique, avec une volonté farouche de défendre l’écosystème. C’est pour cela qu’Isabelle Autissier est notre marraine, parce qu’elle s’est portée en avant sur ces questions-là », explique-t-il.

    Présidente d’honneur de l’association de préservation de la biodiversité WWF, la navigatrice est engagée depuis de nombreuses années dans la préservation de l’environnement maritime. « La mer Méditerranée est un tout petit joyau mais qui est aujourd’hui abîmé. s’attriste la navigatrice. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on sait pourquoi et qu’on sait ce qu’il faut faire : réduire le plastique. »

    Pour les plus jeunes, des ateliers immersifs et interactifs auront lieu cette semaine pour leur faire découvrir la biodiversité méditerranéenne et évoquer sa fragilité.

    Billets sur les nauticales.fr

    9 euros plein tarif, 4,5 euros tarif réduit, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans

  • À Aix, un jardin pour mettre les jeunes au travail

    À Aix, un jardin pour mettre les jeunes au travail

    Jardin du Lou Grillet, dans le quartier d’Encagnane, ils sont cinq à avoir empoigné sécateurs, râteaux, pelles et autre matériel de jardinage pour restaurer ce bout de terrain partagé. Depuis lundi, ces ados et jeunes adultes, âgés de 16 à 18 ans, ont intégré un chantier éducatif rémunéré et encadré par les éducateurs de l’association Addap13. Sur une durée de cinq jours, suivant le modèle d’une semaine de 35 heures, le chantier, s’inscrit dans le cadre du dispositif Limit’s (Limiter l’entrée des mineurs dans les réseaux d’économie parallèle) et porté par la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) et en partenariat avec le centre permanent d’initiative pour l’environnement (CPIE) d’Aix et le Collectif d’habitant des 20 000 lieux. « Le but du chantier, c’est de cibler et repérer des jeunes dans la rue qui sont éloignés des dispositifs de droit commun, recontextualise Nicolas Pierantoni, éducateur spécialisé de l’Addap13. L’objectif : travailler pendant 5 jours sur la réhabilitation du cadre de vie dans le jardin du Lou Grillet sur les espaces vie. »

    En amont, les cinq jeunes qui vivent, pour certains, leur première expérience professionnelle ont rédigé papiers administratifs et signé leur contrat, et cela constitue « une partie du travail », expliquent les éducateurs. Ces derniers effectuent quotidiennement un « travail de rue » pour repérer les profils dits « éloignés » de l’emploi, puis maintenir le lien et un suivi, sur la base d’une libre adhésion des jeunes.

    « Une première fois »

    « Les éducateurs sont des traits d’union dans le quotidien », détaille Stéphane Chenallet, éducateur spécialisé pour l’Addap13. Entre deux échanges, un jeune ayant participé à un précédent chantier s’arrête, salue les équipes. Avec l’argent gagné sur son chantier ? « J’ai acheté une paire de baskets, le reste est allé dans ma tirelire », indique celui-ci qui est aujourd’hui employé au sein d’une cuisine à visée sociale.
    « On arrive à 7h sur le chantier, le temps de faire le trajet… et on commence par ramasser les déchets, on est allés à la déchetterie. Les tâches, ça va. On est là, détaille Jessim 16 ans. Je voulais voir ce que donnait le travail dans les espaces verts. C’est la première fois que je fais un chantier comme ça », précise celui qui a signé, ici, son premier contrat de travail. « On a remis à neuf le terrain. C’est pour ça qu’on fait ça, pour qu’il soit bien vu des habitants du quartier », ajoute Hamza, autre jeune travailleur. « Chaque chantier que j’ai fait, j’ai bien aimé. J’ai déjà repeint le chantier au Calendal, ou on a repeint des murs. J’aime bien, le monde du travail », rapporte de son côté Florian, 17 ans. Le groupe aura l’occasion de restituer officiellement son travail ce jeudi.

  • Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Municipales

    « On sort d’un cycle électoral réussi » se félicite le préfet. « Je ne parle pas des choix politiques qui sont faits, mais de l’organisation et du déroulement. Je laisse les analyses et les commentaires politiques. La participation est décevante pour un cycle municipal qui traditionnellement appelle plus d’électeurs que d’autres élections politiques. Pour les petites communes moins nombreuses, moins peuplées et où il y a plus de proximité, la participation est restée conforme. »

    Sénatoriales

    Le renouvellement des 8 sénateurs est dans 4 mois, le 27 septembre. « On va commencer les réunions préparatoires. Il y aura environ 3 600 grands électeurs dans ce département. La liste sera arrêtée en juin. »

    Carburants

    « Il n’y a pas de pénurie » souligne le préfet, mais un certain nombre de stations ont été en difficulté notamment Total. « Environ 8% des stations ont eu une difficulté de réapprovisionnement sur un carburant, donc il n’y a rien d’inquiétant. » « Sur les conséquences économiques, les batteries d’aides sont là. On s’est mis en veille, en contact et en déploiement des mesures gouvernementales avec les secteurs économiques concernés en début de semaine dernière. » Un point devait être fait hier matin avec la ministre de la Mer pour la totalité des pêcheurs sur la façade Méditerranée. D’évoquer le cas d’un producteur de fraises dont le fournisseur de barquettes en plastique avait multiplié ses prix par trois, sans pouvoir répercuter cette hausse sur le prix final.

    Ligne THT des bassins ouest du GPMM

    Suspense. « On est dans une phase très imminente de communication de l’État sur ce dossier d’importance nationale et européenne. »

    Sécurité

    Le préfet met en avant de bons résultats avec, au premier trimestre, une baisse des cambriolages et des violences crapuleuses mais une hausse en zone police de 2,51% des violences intrafamiliales et de 3,62% en violences conjugales dans le département. Les violences sexuelles baissent de 2%. Le recours à la violence dans les rapports humains continue d’augmenter. « On a un recul de la capacité à prendre en compte la santé mentale. Le nombre de psychiatres et de psychologues en ville a beaucoup baissé. Sur l’agression d’un infirmier de l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, j’ai demandé à comprendre. L’ARS a déclenché des vérifications pour comprendre comment un patient au passé extrêmement violent a pu se retrouver en possession d’un couteau. »

    Narcotrafic

    « Ma stratégie reste fondée sur le maximum de présence de terrain, pour être le plus visible possible et utiliser tous les outils à disposition », pose le préfet. « On porte des coups sur les cartels et ce n’est pas fini. » Les saisies judiciaires depuis le début de l’année atteignent les 100 millions d’euros en comptant avec l’opération du Marché du Soleil.

    Logement

    C’est la « priorité absolue » qui exige de consacrer beaucoup de moyens à la production. Sur la lutte contre l’insalubrité, « on commence à taper, à monter sur des astreintes financières ». Le volume d’insalubrité constaté est important. « Dans le département, la moitié de l’habitat doit être rénovée. Cela demande du temps et c’est tous ensemble qu’il faut le gérer sur le temps et avec soin. »

    Relogement

    Les victimes d’habitat insalubre dans le parc social ne sont pas prioritaires en réattribution de logement, déplore le préfet. « Un vide juridique que je déplore à titre personnel. »

    Réquisitions

    Avec 57 000 logements vides à Marseille quid de la réquisition ? « Je ne pense pas que ce soit une solution. Il faut repartir sur une production et la remise à niveau de logement. C’est presque 200 millions d’euros qui ont été mis dans la remise en état de logements anciens dans le centre-ville de Marseille depuis les événements de la rue d’Aubagne. »

    Logements sociaux

    Avec 116 000 demandes de logements sociaux fin 2025, la situation se tend. « Le taux de rotation de 4% est faible. Peu de gens quittent le parc social pour beaucoup qui demandent à y entrer avec une production qui de 11 000 est descendue à 9 000. Il faut remettre de la tonicité sur la production tout en rénovant un parc ancien. » Le préfet a publié les arrêtés de pénalités à l’encontre de communes carencées dont « certaines ont fait le choix cynique local de préférer payer » (lire page 6).

    EPF Paca

    L’État a relancé un appel à candidatures pour le recrutement du directeur de l’Établissement public foncier Paca. « La directrice actuelle a donné entière satisfaction mais après 12 ans passés, on peut considérer que sur un poste d’État il faut passer la main. On a plein de candidats. Un certain nombre seront auditionnés. » La désignation est attendue pour cet été.

    Cité judiciaire

    L’État a tranché sur l’engagement d’études de faisabilité dans le quartier d’Arenc en signant avec les collectivités une convention de cofinancement des études de l’ordre de 10 millions d’euros soit 750 000 euros par collectivité. « C’est un projet majeur qu’il faut faire vite. Une justice moderne passe aussi par des bâtiments dignes. C’est un besoin impératif, car on ne peut pas laisser la justice fonctionner dans des conditions dégradées. Les études vont prendre du temps, une bonne année, et il faudra ensuite une décision politique centrale. »

    Marseille en Grand

    Pas de changement en vue. « Les projets sont préfinancés et préétudiés. L’enjeu de la mobilité et des transports en commun est vital à l’échelle de la 2e métropole de France » insiste le préfet qui consent qu’il puisse y avoir « quelques modifications sur des tracés ». Quid du tramway des Catalans ? « Je suis ouvert à toute discussion pour améliorer et faire vivre les projets pour une meilleure acceptabilité. Sur les mobilités, l’État sera au rendez-vous et ne lâchera pas le morceau. »

    Spem

    Le préfet a demandé et obtenu de la Spem (Société publique des écoles marseillaises) « une présentation de la totalité de leur process de sécurisation des marchés publics. Mes deux services experts m’ont répondu que cette présentation était conforme à leurs attentes. Donc il n’y a pas de difficultés à poursuivre notre travail avec eux ». Cet audit fait suite à la polémique sur un signalement effectué par son prédécesseur, Georges-François Leclerc, au parquet sur l’achat de préfabriqués sans mise en concurrence.

    Halte soins addictions

    La création repoussée de cette structure d’accueil fait toujours débat et c’est un bus qui va au contact des consommateurs de drogues dures. « Il a repris ses activités avec un lieu de déploiement inadapté qui sera déplacé en mai, rue de Blidah (3e) près de l’église », annonce le préfet. Sur la Halte soins, « l’ARS est prête à accompagner sur une expérimentation. D’un point de vue social, j’en vois l’utilité, mais je redis que ce n’est pas moi qui irais chercher un site. C’est un sujet compliqué, essentiellement médical. Il faut gérer les voisins. Je ne veux pas de point de fixation autour de la gare Saint-Charles. L’accompagnement à l’hôpital ne pose pas de difficultés ».

  • Loi SRU : 15,6 millions d’euros de pénalités

    Loi SRU : 15,6 millions d’euros de pénalités

    À peine le mandat commencé pour les maires des Bouches-du-Rhône, qu’ils viennent d’accéder aux responsabilités ou qu’ils aient été réélus, les arrêtés signés ce lundi par le préfet de région viennent remettre la question du logement sur la pile des urgences à traiter. Au total, ce sont en effet quelque 49 municipalités qui se voient infliger cette année des prélèvements au titre de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU). Votée en 2000, celle-ci impose aux communes de plus de 3 500 habitants, à travers son article 55, d’avoir au moins 25% de logements locatifs sociaux dans leur parc de résidences principales. Faute de quoi elles devront verser des pénalités proportionnelles à leurs moyens et à leur retard, qui peuvent être réduites par des investissements dans le logement social.

    Dans les Bouches-du-Rhône, au premier rang des départements concernés par la loi, la douloureuse atteint pour 2026 quelque 15,6 millions d’euros d’amendes à payer. Un niveau proche du record atteint l’année précédente, de 15,8 millions d’euros, alors même que six communes sanctionnées en 2025 échappent cette fois aux prélèvements, dont La Ciotat et Septèmes-les-Vallons, selon les arrêtés publiés ce mardi soir.

    Record à Allauch

    Malgré cela, sept communes dépassent encore cette année les 500 000 euros de pénalités. À commencer par la Ville d’Allauch, dont le prélèvement atteint un nouveau record avec 1,4 million d’euros d’amende à payer, quelque 63 500 euros de plus que l’année passée. Avec seulement 7,5% de logements sociaux parmi ses résidences principales, il lui en manque encore 1 635 à construire pour remplir ses obligations légales, un sujet dont le maire (LR) Lionel de Cala a fait son cheval de bataille, jusqu’aux abribus de la commune qui y vantent la préservation du cadre de vie. Face à sa réticence à construire des logements sociaux, l’ancien préfet de région Georges-François Leclerc avait engagé un bras de fer en préemptant, fin mars 2025, une parcelle pour y construire du logement social. Au 31 décembre 2024, quelque 1 121 ménages y étaient en attente d’un logement social… pour seulement 31 attributions.

    Derrière suivent les communes de Gémenos, (873 805 euros de prélèvement), de Marignane (866 434 euros), des Pennes-Mirabeau (809 687 euros), de Carry-le-Rouet (660 294 euros), de Cabriès (564 900 euros) et de Rognac (548 116 euros). « Certaines ont fait le choix cynique local de préférer payer », déplorait face à la presse ce mardi matin le préfet de région Jacques Witkowski (lire page 5). À Carry-le-Rouet, la « perle de la Côte bleue » ne compte ainsi que 46 logements sociaux, soit seulement 1,46% de ses résidences principales. Au premier rang devant la commune de Mimet (4,72%), soumise à des plans de prévention des risques miniers, d’incendie de feux de forêts qui restreignent fortement les possibilités de constructions. En juin dernier, le conseil métropolitain – après avoir adopté un an plus tôt une motion anti-loi SRU – avait plaidé pour exempter 22 communes de leurs obligations. Seules onze ont été retenues par les services de l’État dans toute la région, dont une dans les Bouches-du-Rhône, Rognes.

    Les pénalités payées sont reversées au fonds national des aides à la pierre, à l’établissement public foncier régional ou encore à la Métropole Aix-Marseille pour financer la construction de logements sociaux sur le territoire. Cela au moment où, face à la crise du logement, la tension locative atteint des niveaux records, avec 13,3 demandes par attribution de logement social dans les Bouches-du-Rhône en 2025. Et 117 000 ménages sur les files d’attente : un chantier d’ampleur pour le nouvel exécutif métropolitain.

  • Un pape messager de paix en Algérie

    Un pape messager de paix en Algérie

    Il n’a « pas peur » de l’administration Trump et affronte les affres de la colonisation en appelant au « pardon » devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d’indépendance contre la France…

    Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté ce mardi 14 avril Alger pour Annaba, sur les traces de Saint-Augustin, théoricien de l’histoire du christianisme, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape.

    Le pontife américain est devenu lundi le tout premier pape à fouler le sol algérien, étape initiale d’une tournée dans quatre pays d’Afrique, en partie occultée par une diatribe de Donald Trump à son encontre.

    Dans la nuit de lundi à mardi, le vice-président américain JD Vance, récemment converti au catholicisme, a appelé le Vatican à « s’en tenir aux questions morales » et à « laisser le président des États-Unis se charger de définir la politique publique américaine ».

    La veille, dans l’avion qui l’amenait en Algérie, le pape avait estimé que l’Église avait « le devoir moral de s’exprimer très clairement contre la guerre ». Soulignant ne pas avoir « peur » de l’administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir « entrer dans un débat » avec elle.

    Sur fond de guerre au Moyen-Orient, Donald Trump avait déclaré dimanche ne pas être « un grand fan » du pape, l’accusant de soutenir le programme d’armement nucléaire iranien et de s’être opposé à l’opération militaire américaine au Venezuela en janvier.

    Les évêques italiens et américains ont apporté leur soutien au chef de l’Église catholique, tout comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, réputée proche de Donald Trump, qui a jugé « inacceptables » ses déclarations.

    À Annaba, l’antique Hippone, le chef de l’Église catholique vivra une étape à la dimension personnelle et spirituelle, dans les pas de saint Augustin (354-430). Le grand penseur chrétien qui y fut évêque a légué son nom à l’ordre religieux dont est issu le pape américain, fondé au XIIIe siècle et aujourd’hui composé d’environ 3 000 membres à travers le monde prônant la charité et la vie communautaire.

    Léon XIV visitera le site archéologique romain et une maison d’accueil pour personnes âgées démunies, majoritairement musulmanes, prises en charge par des religieuses catholiques.

    L’islam sunnite est religion d’État en Algérie, où les catholiques représentent moins de 0,01 % des 47 millions d’habitants.

    L’après-midi, devant environ 1 500 fidèles, il célébrera une messe à la basilique Saint-Augustin, perchée sur une colline, en présence de religieux africains de différentes nationalités.

    Lundi, accueilli avec les honneurs sous un ciel d’Alger inhabituellement pluvieux, Léon XIV a rendu hommage, devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d’indépendance contre la France (1954-1962). La « paix qui permet d’envisager l’avenir avec un esprit réconcilié n’est possible que par le pardon », a-t-il déclaré, appelant à ne « pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération ».

    « Une société vivante, dynamique et libre »

    Devant les plus hautes autorités dont le président Abdelmadjid Tebboune, Léon XIV a aussi invité les responsables du pays à « ne pas dominer » le peuple et à promouvoir « une société civile vivante, dynamique et libre ».

    Depuis l’élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l’espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

    L’après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée, au plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d’Afrique, qui surplombe la baie d’Alger.

    Là, il s’est recueilli dans la chapelle des 19 « martyrs d’Algérie », des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002) entre groupes islamistes et forces gouvernementales, qui a fait 200 000 morts selon un bilan officiel. Le pape a rappelé que ces religieux étrangers, dont les sept moines de Tibhirine (à 100 km au sud d’Alger), avaient choisi de rester en Algérie malgré des attentats meurtriers.

    Mais les tensions demeurent. À une quarantaine de kilomètres du lieu de ce déplacement officiel, à Blida, un double attentat-suicide a eu lieu lundi. Deux kamikazes se seraient fait sauter. Les médias locaux et les autorités algériennes n’ont pas communiqué à ce stade sur ces faits.

    Mercredi, le pape de 70 ans quittera Alger pour le Cameroun, suite d’un premier voyage africain qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale jusqu’au 23 avril, un périple de 18 000 km à l’agenda très dense.

    « La Méditerranée doit être le pôle de stabilité du monde » Samia Ghali, Troisième adjointe au maire de Marseille (DVG)

    « En ce lieu, rappelons-nous que Dieu souhaite la paix pour toutes les nations », a déclaré Léon XIV dès son arrivée en Algérie lundi, au lendemain de sa traditionnelle bénédiction de Pâques, où il avait appelé « ceux qui ont le pouvoir de déclencher les guerres » à « choisir la paix ». « Je crois qu’on partage tous cette vision pour demain, a souligné Samia Ghali, troisième adjointe au maire de Marseille. Je n’en attendais pas moins du pape dans son discours. Au contraire, il a fait un discours qui, je crois, apaise. Et c’est là son rôle : apaiser les esprits, apaiser les consciences et aller vers de l’avenir positif plutôt que dans ce qu’on est en train de vivre actuellement, partout. » Si Léon XIV s’était déjà rendu en Algérie avant d’être nommé souverain pontife, c’est la première fois qu’un pape opère une visite officielle dans le pays. « La visite a été couronnée de succès. Je suis personnellement, comme beaucoup d’Algériens je crois, très contente, s’est enthousiasmée l’élue municipale. Même s’il y a une très grande majorité de musulmans en Algérie, les chrétiens ont toujours eu une place importante. Ça témoigne de l’ouverture qu’il y a sur place. »

    Plus globalement, sur l’appel à la paix en Méditerranée, en proie à une désastreuse et meurtrière actualité, Samia Ghali défend qu’elle doit être « le pôle de stabilité du monde ». « Se concentrer sur la Méditerranée est important si on veut réussir une paix. Et je crois que c’est important que Marseille soit le symbole de cette Méditerranée apaisée », a-t-elle ajouté.

    M.M.

    « La religion ne réglera pas les problèmes entre États » Pierre Pradel, Membre de l’Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis

    Dès son arrivée en Algérie, le pape a appelé, lundi, au « pardon » devant le Mémorial du martyr d’Alger, où sont honorés les morts de la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962). « Me trouver devant ce monument est un hommage à cette histoire de l’Algérie et à l’âme d’un peuple qui s’est battu pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté de cette nation », a-t-il souligné. Il s’agit là pour Pierre Pradel, membre de l’Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis, d’un message « positif » dans le contexte des « mauvaises relations qu’il peut y avoir entre la France et l’Algérie ». « La colonisation a été quelque chose de terrible. C’est bien que l’on tienne compte de cette période où les Algériens ont subi des difficultés majeures », s’est-il ému. S’il souligne l’importance de la « possibilité pour les religieux de discuter ensemble », Pierre Pradel revendique son athéisme, qu’il cultive « grâce à Dieu », ironise-t-il. « La religion peut être, pour les croyants, un moyen de se retrouver. Mais ce n’est pas par la religion que les problèmes entre États se résoudront selon moi, mais par la politique. Ce sont des questions diplomatiques et géopolitiques, défend-il. Il faut avant tout que la France reconnaisse les atrocités qu’il a pu y avoir en Algérie pendant la guerre et avant. Et qu’elle assume la non-reconnaissance des Algériens dans leur activité, y compris contre le nazisme. » La guerre d’indépendance de l’Algérie a fait selon Alger 1,5 million de morts algériens et 500 000 morts dont 400 000 Algériens selon les historiens français.

    M.M.

    « Le pape replace l’église au milieu du village » Samia Chabani, Sociologue et coordinatrice de l’association Ancrages, cultures et mémoires d’exil à Marseille

    Sociologue et coordinatrice d’Ancrages, association qui œuvre depuis 2000 à la valorisation de l’exil comme objet de patrimoine vivant, Samia Chabani a beaucoup travaillé sur l’histoire de la colonisation. Au sujet de la visite de Léon XIV en Algérie, partie notamment sur les traces de l’histoire chrétienne du pays, la sociologue salue le discours d’un « médiateur de paix », rappelant l’« ancrage ancien du christianisme, qui n’est pas qu’occidental et européen ». « Le christianisme a ses sources dans l’actuelle Turquie, dans l’actuelle Algérie, en Afrique du Nord et dans l’amazighité aussi, qui est la culture source et première de l’Afrique du Nord, retrace-t-elle. Le pape s’appuie sur l’appartenance à l’ordre des Augustins, notamment pour rappeler la philosophie de Saint Augustin, naît dans l’actuelle Algérie. Une manière de montrer que le patrimoine commun entre l’occident et l’Algérie n’est pas que politique, il est aussi spirituel. » Une position qui dénote avec celle tenue par Donald Trump, porteur d’un « christianisme messianique » d’après Samia Chabani. « Léon XIV enlève à Trump sa puissance qu’il puise dans son christianisme qu’on pourrait qualifier de sectaire, détaille-t-elle. Trump veut que tout le monde reste à sa place : les juifs en Israël, les chrétiens dans une espèce d’occident qu’il fantasme. Ce n’est pas du tout porteur de paix. Finalement, le pape replace l’église au milieu du visage en disant : «moi, je suis chef de l’Église catholique romaine, et je dis que le message chrétien, c’est d’abord un message de paix». »

    M.M.

  • À Paris, Galzi et Tabarot déterrent la LEO

    À Paris, Galzi et Tabarot déterrent la LEO

    Il y a une semaine, à peine élu président du Grand Avignon, Olivier Galzi érigeait la résurrection de la liaison Est-Ouest (LEO) en priorité et annonçait « des rendez-vous à Paris la semaine prochaine » (notre édition de vendredi). Chose faite ce mardi, où le maire (DVD) a déjeuné avec Philippe Tabarot, ministre des Transports. « Il a été acté que le dossier est rouvert et tout sera fait pour récupérer les crédits », savoure Olivier Galzi.

    S’il sait que le tracé de la phase 2 (Rognonas / carrefour de l’Amandier), validé en 2003, est « loin d’être optimal », le maire préfère un contournement routier imparfait à rien du tout. « Cela reste un projet structurant pour désengorger le bassin de vie et réduire les problématiques sanitaires sur la rocade », martèle-t-il, arguant auprès du ministre « du consensus politique » local désormais.

    Ancien vice-président de la Région délégué aux transports, Philippe Tabarot connaît bien le dossier pour avoir, en novembre, réorienter les crédits ou, à la Région, les avoir inscrits dans le budget. « Il semble que les planètes soient de nouveau alignées, indiquait le ministre, lundi, à La Provence. Je ne dis pas que cela va être simple, parce qu’il y a des procédures qui ont dû s’arrêter, des financements qui sont partis. »

    D’après Olivier Galzi, décision a été prise pour pousser la LEO sur une ligne budgétaire du projet de loi de finances 2027. Il a aussi plaidé en ce sens, lundi soir, auprès d’un conseiller du président de la République « pour mettre toutes nos forces dans la bagarre pour que l’état prenne conscience que c’est quelque chose d’indispensable pour l’avenir du territoire », appuie-t-il.

    L’un des premiers signaux attendus est la prolongation de la déclaration d’utilité publique qui s’achève à la fin de l’année. Le financement restera le chantier majeur. Estimée à 150 millions d’euros en 2014, la tranche 2 coûterait près du double aujourd’hui, dont 40% assurés par l’État, mais aussi la Région, les Départements 84 et 13 et le Grand Avignon.

  • Un long combat pour le 1er-mai

    Un long combat pour le 1er-mai

    Genèse de la journée

    Aux États-Unis, les travailleurs s’organisent pour obtenir la limitation des journées de travail à 8 heures. La date du 1er mai est choisie car c’est la date de fin de la plupart des contrats. À Chicago, 400 000 travailleurs prennent part à la mobilisation. Après quatre jours de grève, des militants lancent une bombe sur les policiers qui ripostent en tuant une dizaine de grévistes. L’épisode a marqué la mémoire des luttes sociales.

    Internationalisation

    La IIe internationale vote pour l’instauration du 1er-Mai comme journée de lutte pour la réduction de la journée de travail à huit heures. L’année suivante, elle est célébrée dans de nombreux pays.

    Massacre de Fourmies

    Neuf personnes sont tuées à Fourmies dans le nord de la France, lors d’une grève. En hommage, les ouvriers vont commencer à porter une églantine lors du 1er-Mai.

    Institutionnalisation

    Le Sénat français vote la journée de huit heures et fait du 1er-Mai une journée chômée, mais non payée.

    Fête du travail

    Le maréchal Pétain change le nom du 1er-Mai en Fête du travail et de la concorde sociale, pour s’éloigner de la référence à la lutte des classes. Les symboles révolutionnaires sont gommés, comme l’églantine remplacée par le muguet.

    Jour férié

    Supprimée à la libération, la journée du 1er-Mai est réinstituée sous l’impulsion du député socialiste Daniel Mayer. Il devient jour chômé et payé dans le Code du travail français.

  • Un long combat pour le 1er mai

    Un long combat pour le 1er mai

    1er mai 1886 : Genèse de la journée

    Aux États-Unis, les travailleurs s’organisent pour obtenir la limitation des journées de travail à 8 heures. La date du 1er mai est choisie car c’est la date de fin de la plupart des contrats. À Chicago, 400 000 travailleurs prennent part à la mobilisation. Après quatre jours de grève, des militants lancent une bombe sur les policiers qui ripostent en tuant une dizaine de grévistes. L’épisode a marqué la mémoire des luttes sociales.

    20 juillet 1889 : Internationalisation

    La IIe internationale vote pour l’instauration du 1er-Mai comme journée de lutte pour la réduction de la journée de travail à huit heures. L’année suivante, elle est célébrée dans de nombreux pays.

    1er mai : Massacre de Fourmies

    Neuf personnes sont tuées à Fourmies dans le nord de la France, lors d’une grève.

    En hommage, les ouvriers vont commencer à porter une églantine lors du 1er-Mai.

    23 avril 1919 : Institutionnalisation

    Le Sénat français vote la journée de huit heures et fait du 1er-Mai une journée chômée, mais non payée.

    24 avril 1941 : Fête du travail

    Le maréchal Pétain change le nom du 1er-Mai en Fête du travail et de la concorde sociale, pour s’éloigner de la référence à la lutte des classes. Les symboles révolutionnaires sont gommés, comme l’églantine remplacée par le muguet.

    29 avril 1948 : Jour férié

    Supprimée à la libération, la journée du 1er-Mai est réinstituée sous l’impulsion du député socialiste Daniel Mayer.

    Il devient jour chômé et payé dans le Code du travail français.

  • Paroles de syndicalistes provençaux

    Paroles de syndicalistes provençaux

    Patrick Prost. Secrétaire général de l’union régionale des retraités CFDT Paca

    « Cette proposition de loi est une provocation patronale qui a été reprise par le gouvernement, vis-à-vis de nos aînés qui ont fait des manifestations et où certains ont perdu la vie. Il y a eu des salariés, des ouvriers qui se sont battus pour faire de ce 1er-Mai une journée internationale. C’est symbolique. »

    E.J.

    Pascale Battaglia. Trésorière adjointe de l’Union départementale de Unsa 84

    « La façon dont la loi est présentée, c’est du volontariat. Mais les gens accepteront parce qu’ils se sentiront menacés dans leur travail. Dans les entreprises, on va faire comprendre aux gens qui ne sont pas très volontaires que ce n’est pas bien. Et je pense que de ce point de vue là, c’est un vrai risque. ça risque de mettre certaine personne dans des situations inconfortables. »

    E.J.

    Virginie Akliouat. Cosecrétaire départementale de la FSU 13

    « Ce texte de loi c’est le pied dans la porte, c’est l’exception qui deviendra la règle très rapidement. On connaît la façon de faire des gouvernements successifs de la pseudo-majorité depuis maintenant 9 ans. On commence par une expérimentation et un an plus tard, c’est une généralisation. Et on s’attend à cela aussi pour ce texte. C’est un cadeau pour les grandes entreprises »

    E.J.

    Stéphanie Le Guen. Trésorière de l’Union départementale de Solidaire 83

    « C’est encore une attaque du patronat pour nous voler un jour férié et du temps de travail, à une date hautement symbolique. Dire que c’est une loi qui va profiter aux petites entreprises, c’est bidon. ça va surtout être bénéfique aux grandes entreprises, comme l’ouverture le dimanche. C’est une attaque de plus contre nos droits et un recul social. »

    E.J.

    Agnès Campanella. Secrétaire départementale FO 04

    « Au fur et à mesure, on rogne sur tous les acquis sociaux. À force de faire des exceptions, ça devient la règle. Regardez le travail du dimanche. Avant, on ne travaillait pas le dimanche. Maintenant, tous les magasins sont ouverts le matin. Et puis après, pourquoi ne pas travailler le dimanche après-midi, et pourquoi ne pas supprimer une semaine de congé ? »

    E.J.

    Marc Pietrosino. Secrétaire départemental de la CGT 13

    « Face à cette proposition de loi, on va faire en sorte que ce 1er-Mai soit beaucoup plus massif que les autres années. ça a toujours été un moment très revendicatif et fort pour nous, mais là notre motivation est décuplée pour le réussir. Et évidemment, si cette proposition de loi devait être adoptée, on fera une série d’actions à l’encontre du gouvernement pour qu’il le retire. »

    E.J.