Category: societe

  • La science en fête autour des intelligences

    « En 2024, la Fête de la science Paca a accueilli plus de 122 000 personnes. Cette progression continue de la fréquentation, lors des événements organisés au fil des années, démontre un intérêt croissant pour les enjeux scientifiques », présente Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, lors de la conférence de presse.

    Il poursuit : « cette belle réussite est le fruit du travail des acteurs du territoire, avec une gouvernance partagée entre l’état et la Région. Depuis 2022, 75 projets ont été soutenus, avec un budget de 830 000 euros. La programmation a été élaborée par l’ensemble des universités, des grandes écoles, des organismes de recherche et des acteurs du réseau culture scientifique, sous le pilotage régional des Petits débrouillards Paca. »

    Cette année, la Fête de la science invite à douter et à redéfinir ce que signifie être intelligent, au-delà des frontières humaines. Comment repenser notre regard ? Pour Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation, plus de doute : « L’intelligence, qui semblait réservée à l’humain pendant longtemps, se manifeste aujourd’hui de multiples manières et défie notre pensée. Les dernières avancées montrent qu’elle existe sous des formes aussi variées que nuancées : du comportement des cellules aux prouesses cognitives des animaux, jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). »

    Ce vendredi 3 octobre, un nouveau format, la Nuit de la science, a été proposée en nocturne dans plusieurs villes comme Marseille (13), Valbonne (06) et Avignon (84). Et ce n’est qu’un début : plusieurs formats de grande envergure suivront.

    Tout au long de l’année, les sciences sont mises en avant dans les classes, grâce à des rencontres entre scientifiques et élèves de la région. Des interventions dans les classes mises en place dès ce 3 octobre. L’immunologie, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le métier d’un chercheur ? Et si les matériaux pouvaient penser et réagir ? Que sait-on de la lumière ?Autant de questions dont les élèves pourront découvrir les réponses grâce aux interventions préparées par les chercheurs participants.

    Depuis 5 ans, les Visites insolites du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en Provence et Corse proposent, chaque année, des expériences uniques, en groupe restreint, au cœur des laboratoires. En 2025, neuf d’entre eux ouvrent leurs portes. L’occasion d’en savoir plus sur les recherches, comme avec le Labo des minots, qui propose de découvrir le Babylab, à travers des ateliers ludiques sur les capacités cognitives, motrices et cérébrales du bébé. D’autres visites permettront d’explorer les défenses immunitaires du corps humain face aux agressions extérieures.

    Enfin, les Villages des sciences seront présents dans chaque département de la région, avec des animations et des découvertes pour tous les publics.

    Pour plus d’informations consultez fetedelascience.fr

    SÉLECTION POUR CE WEEK-END

    Les 1 001 fresques à Marseille

    Fresque géante, les 1 001 fresques, réalisée sur la place Bargemon, samedi lors de deux sessions, à 10h puis 14h30. Un atelier scientifique et collaboratif qui permet de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

    Des sciences naturelles à Aix

    Y a-t-il de la vie ailleurs ? Une des propositions du Muséum d’histoire naturelle qui orchestre le village, dans le parc Saint-Mitre, ouvert au grand public samedi et dimanche, de 10h à 18h.

    L’eau dans l’univers à Martigues

    La fameuse molécule H2O est présente partout dans l’Univers. Quand et comment s’est-elle formée, quel a été le rôle des étoiles dans son apparition ? Les réponses dans une conférence de Martial Aude, ce samedi à 15h, à la médiathèque Louis-Aragon.

    L’intelligence des animaux à La Seyne-sur-Mer

    Escape game sur l’intelligence des animaux de la mer : à faire par groupe de 10 et à partir de 6 ans au village des sciences, qui se déroule samedi et dimanche de 10h à 17h, au parc de la Navale. Parmi une foule d’autres propositions.

    L’adaptation des plantes à Carpentras

    Comment les plantes se sont adaptées au fil de l’évolution pour attirer plus d’insectes et mieux disséminer leurs graines : une conférence samedi de 14h à 16h, à l’office du tourisme de Carpentras.

    L’astronomie à Avignon

    Diaporamas, photos, quiz, maquettes, puzzles… tout pour découvrir de façon ludique les principaux éléments de l’astronomie. Un atelier proposé par Pesco Luno au village des sciences, installé place de l’Horloge et dans le péristyle de l’Hôtel de ville, ce samedi 4 octobre. Au total, 30 stands sont proposés.

    L’intelligence collective des mineurs à Tourves

    De quelle manière un mineur peut se repérer au fond d’une mine ? à découvrir au travers des yeux des scientifiques dans un atelier proposé par le musée des Gueules rouges, ce samedi à 14h.

  • La science en fête autour des intelligences

    La science en fête autour des intelligences

    « En 2024, la Fête de la science Paca a accueilli plus de 122 000 personnes. Cette progression continue de la fréquentation, lors des événements organisés au fil des années, démontre un intérêt croissant pour les enjeux scientifiques », présente Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, lors de la conférence de presse.

    Il poursuit : « cette belle réussite est le fruit du travail des acteurs du territoire, avec une gouvernance partagée entre l’état et la Région. Depuis 2022, 75 projets ont été soutenus, avec un budget de 830 000 euros. La programmation a été élaborée par l’ensemble des universités, des grandes écoles, des organismes de recherche et des acteurs du réseau culture scientifique, sous le pilotage régional des Petits débrouillards Paca. »

    Cette année, la Fête de la science invite à douter et à redéfinir ce que signifie être intelligent, au-delà des frontières humaines. Comment repenser notre regard ? Pour Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation, plus de doute : « L’intelligence, qui semblait réservée à l’humain pendant longtemps, se manifeste aujourd’hui de multiples manières et défie notre pensée. Les dernières avancées montrent qu’elle existe sous des formes aussi variées que nuancées : du comportement des cellules aux prouesses cognitives des animaux, jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). »

    Ce vendredi 3 octobre, un nouveau format, la Nuit de la science, a été proposée en nocturne dans plusieurs villes comme Marseille (13), Valbonne (06) et Avignon (84). Et ce n’est qu’un début : plusieurs formats de grande envergure suivront.

    Tout au long de l’année, les sciences sont mises en avant dans les classes, grâce à des rencontres entre scientifiques et élèves de la région. Des interventions dans les classes mises en place dès ce 3 octobre. L’immunologie, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le métier d’un chercheur ? Et si les matériaux pouvaient penser et réagir ? Que sait-on de la lumière ?Autant de questions dont les élèves pourront découvrir les réponses grâce aux interventions préparées par les chercheurs participants.

    Depuis 5 ans, les Visites insolites du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en Provence et Corse proposent, chaque année, des expériences uniques, en groupe restreint, au cœur des laboratoires. En 2025, neuf d’entre eux ouvrent leurs portes. L’occasion d’en savoir plus sur les recherches, comme avec le Labo des minots, qui propose de découvrir le Babylab, à travers des ateliers ludiques sur les capacités cognitives, motrices et cérébrales du bébé. D’autres visites permettront d’explorer les défenses immunitaires du corps humain face aux agressions extérieures.

    Enfin, les Villages des sciences seront présents dans chaque département de la région, avec des animations et des découvertes pour tous les publics.

    Pour plus d’informations consultez fetedelascience.fr

    SÉLECTION POUR CE WEEK-END

    Les 1 001 fresques à Marseille

    Fresque géante, les 1 001 fresques, réalisée sur la place Bargemon, samedi lors de deux sessions, à 10h puis 14h30. Un atelier scientifique et collaboratif qui permet de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

    Des sciences naturelles à Aix

    Y a-t-il de la vie ailleurs ? Une des propositions du Muséum d’histoire naturelle qui orchestre le village, dans le parc Saint-Mitre, ouvert au grand public samedi et dimanche, de 10h à 18h.

    L’eau dans l’univers à Martigues

    La fameuse molécule H2O est présente partout dans l’Univers. Quand et comment s’est-elle formée, quel a été le rôle des étoiles dans son apparition ? Les réponses dans une conférence de Martial Aude, ce samedi à 15h, à la médiathèque Louis-Aragon.

    L’intelligence des animaux à La Seyne-sur-Mer

    Escape game sur l’intelligence des animaux de la mer : à faire par groupe de 10 et à partir de 6 ans au village des sciences, qui se déroule samedi et dimanche de 10h à 17h, au parc de la Navale. Parmi une foule d’autres propositions.

    L’adaptation des plantes à Carpentras

    Comment les plantes se sont adaptées au fil de l’évolution pour attirer plus d’insectes et mieux disséminer leurs graines : une conférence samedi de 14h à 16h, à l’office du tourisme de Carpentras.

    L’astronomie à Avignon

    Diaporamas, photos, quiz, maquettes, puzzles… tout pour découvrir de façon ludique les principaux éléments de l’astronomie. Un atelier proposé par Pesco Luno au village des sciences, installé place de l’Horloge et dans le péristyle de l’Hôtel de ville, ce samedi 4 octobre. Au total, 30 stands sont proposés.

    L’intelligence collective des mineurs à Tourves

    De quelle manière un mineur peut se repérer au fond d’une mine ? à découvrir au travers des yeux des scientifiques dans un atelier proposé par le musée des Gueules rouges, ce samedi à 14h.

  • Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Une visite inopinée. Comme leur fonction de sénateur les y autorise, Jérémy Bacchi (PCF) et Marie-Arlette Carlotti (PS) se sont rendus ce vendredi 3 octobre aux Baumettes à Marseille (9e). « Il y a une grogne sociale y compris des agents pénitentiaires, qui alerte sur la surpopulation carcérale, et les conditions d’accueil des détenus, d’hygiène, il me semblait important en tant que parlementaires de venir constater par nous-mêmes », explique Jérémy Bacchi. À ses côtés, Marie-Arlette Carlotti rappelle combien ses visites ont apporté dans le travail de la commission narcotrafic dont elle a fait partie.

    Avec une capacité de 710 places, Baumettes 2 accueille actuellement 1 185 personnes leur indique le directeur de l’établissement, Jean-Marie Landais, qui compte sur les 740 places supplémentaires que devrait débloquer la construction de Baumettes 3 prévue pour la fin de l’année. « Le taux d’occupation, à 166% en moyenne, est très haut partout, il atteint ici 195 à 200% », précise-t-il, 40 détenus hommes dormant sur un matelas.

    À 3 dans 10m2

    Devant un tableau fourmillant de fiches de couleurs, le capitaine pénitentiaire du « quartier hommes 2 » raconte le jonglage au quotidien pour répartir au mieux les occupants : 324 personnes pour 150 places. « Il faut trouver un équilibre, isoler ceux qui ont des troubles du comportement, les gens dangereux, séparer condamnés et prévenus », explique-t-il. Parce que « 9 mètres carrés, ce n’est pas fait pour trois personnes », estime-t-il, « on essaie de gérer la frustration, je reçois beaucoup de monde, on discute, on essaie de trouver des solutions ».

    Parmi eux, trois grands gaillards témoignent volontiers depuis leur cellule impeccablement rangée : « On s’entend bien heureusement » et « on est organisé, on tire le matelas le soir pour dormir. » L’un travaille à la cantine, distribuant les achats des détenus. « Cela m’a changé la peine » confie-t-il. Un autre, embauché à la lingerie, acquiesce. Il va « bientôt sortir ». À Jérémy Bacchi, qui leur demande comment ils vivent la promiscuité, ils répondent « faire avec », résignés.

    À l’étage, les sénateurs découvrent l’hôpital de jour ou le centre médico-psychologique, où consultent 40% des détenus dont « un bon gros tiers sont atteints de maladies psychotiques », confirme la responsable de service. Au sein de cette équipe soudée, de soignants expérimentés, on constate combien « les soins psychiatriques ont beaucoup augmenté ».

    De quoi conforter le sénateur communiste dans son analyse. « La réalité fait froid dans le dos », conclut-il, « l’ouverture des Baumettes 3 doit être entre guillemets, un signe d’espoir, espérant que cela dure ».

  • Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Une visite inopinée. Comme leur fonction de sénateur les y autorise, Jérémy Bacchi (PCF) et Marie-Arlette Carlotti (PS) se sont rendus ce vendredi 3 octobre aux Baumettes à Marseille (9e). « Il y a une grogne sociale y compris des agents pénitentiaires, qui alerte sur la surpopulation carcérale, et les conditions d’accueil des détenus, d’hygiène, il me semblait important en tant que parlementaires de venir constater par nous-mêmes », explique Jérémy Bacchi. À ses côtés, Marie-Arlette Carlotti rappelle combien ses visites ont apporté dans le travail de la commission narcotrafic dont elle a fait partie.

    Avec une capacité de 710 places, Baumettes 2 accueille actuellement 1 185 personnes leur indique le directeur de l’établissement, Jean-Marie Landais, qui compte sur les 740 places supplémentaires que devrait débloquer la construction de Baumettes 3 prévue pour la fin de l’année. « Le taux d’occupation, à 166% en moyenne, est très haut partout, il atteint ici 195 à 200% », précise-t-il, 40 détenus hommes dormant sur un matelas.

    À 3 dans 10m2

    Devant un tableau fourmillant de fiches de couleurs, le capitaine pénitentiaire du « quartier hommes 2 » raconte le jonglage au quotidien pour répartir au mieux les occupants : 324 personnes pour 150 places. « Il faut trouver un équilibre, isoler ceux qui ont des troubles du comportement, les gens dangereux, séparer condamnés et prévenus », explique-t-il. Parce que « 9 mètres carrés, ce n’est pas fait pour trois personnes », estime-t-il, « on essaie de gérer la frustration, je reçois beaucoup de monde, on discute, on essaie de trouver des solutions ».

    Parmi eux, trois grands gaillards témoignent volontiers depuis leur cellule impeccablement rangée : « On s’entend bien heureusement » et « on est organisé, on tire le matelas le soir pour dormir. » L’un travaille à la cantine, distribuant les achats des détenus. « Cela m’a changé la peine » confie-t-il. Un autre, embauché à la lingerie, acquiesce. Il va « bientôt sortir ». À Jérémy Bacchi, qui leur demande comment ils vivent la promiscuité, ils répondent « faire avec », résignés.

    À l’étage, les sénateurs découvrent l’hôpital de jour ou le centre médico-psychologique, où consultent 40% des détenus dont « un bon gros tiers sont atteints de maladies psychotiques », confirme la responsable de service. Au sein de cette équipe soudée, de soignants expérimentés, on constate combien « les soins psychiatriques ont beaucoup augmenté ».

    De quoi conforter le sénateur communiste dans son analyse. « La réalité fait froid dans le dos », conclut-il, « l’ouverture des Baumettes 3 doit être entre guillemets, un signe d’espoir, espérant que cela dure ».

  • Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Qui mangent des bananes ? ». Dans la salle du Manifesten à Marseille, toutes les mains se lèvent après la question posée par José Barahona, membre de l’Association syndicale des travailleurs agricoles et des paysans (Astac) de la banane. « 30% des bananes vendues viennent d’équateur, donc il y a de fortes chances pour que vous en consommiez », continue-t-il. Une production qui cache des conditions de travail terribles pour les ouvriers agricoles que sont venus dénoncer José Barahona et Diana Montoya Ramos, deux syndicalistes d’Astac, à Marseille, mercredi, et à Aubagne, ce vendredi à 18h30 au cercle d’harmonie.

    S’ils sont en Europe, ce n’est pas un hasard. La semaine passée, leur syndicat, l’ONG Action Aid et la fédération internationale des droits humains ont déposé une plainte contre l’État équatorien auprès de la Commission européenne. En jouant sur un accord commercial passé entre le pays et l’UE, ils dénoncent le non-respect des droits des travailleurs, pourtant imposé par l’un des articles de l’accord. « Le but c’est d’utiliser tous les outils possibles pour faire pression sur l’État équatorien », explique Chloé Rousset, chargée de campagne Dignité au travail & Régulation des multinationales à Action Aid.

    « L’ami des entreprises »

    « En équateur, on a essayé tous les mécanismes législatifs possibles, mais aucun gouvernement ne veut aider les travailleurs », se désole Diana Montoya Ramos, membres d’Astac. Son camarade, avocat de profession, rappelle que l’actuel président, Daniel Noboa, est le fils d’un magnat de la banane. « Le ministère du travail est l’ami des entreprises », insiste-t-il. Ils sont 2 millions à travailler autour de l’industrie de la banane, sur les 18 millions d’habitants.

    Les conditions de travail dans la branche y sont pourtant terribles. La plupart des travailleurs dans les champs n’ont pas de contrat de travail. Une situation qui les rend précaires, avec des salaires très bas pour des horaires importants, détaillent les syndicalistes. L’absence de contrat rend également difficile l’accès à la retraite ou à un avocat en cas d’abus de la part des employeurs. L’utilisation du mancozèbe comme pesticide, qui est interdit au sein de l’Union européenne à cause de sa toxicité, aggrave également la santé des travailleurs. « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides », s’alarme l’avocat. La fumigation de pesticide, c’est-à-dire le largage de pesticides par avion, est autorisée en équateur.

    Droits syndicaux piétinés

    Face à ces conditions difficiles, l’organisation en syndicat des travailleurs, pourtant protégée par la constitution équatorienne, est presque impossible. Diana Montoya Ramos en a fait les frais. Ancienne comptable dans une exploitation de bananes, elle a été virée après avoir essayé de monter une branche d’Astac au sein de son entreprise. Les contrats informels rendent également compliquée la syndicalisation car il faut au moins 30 salariés sous contrat pour monter une organisation. Une situation devant laquelle le ministère du travail ferme les yeux. « Il avait refusé la création d’un syndicat dans une entreprise qui exploite 160 hectares, car seules 4 personnes étaient déclarées… Ils ne peuvent pas ne pas savoir. »

    Face à ces conditions, le syndicat souhaite la création d’un label avec un cahier des charges décidé par les travailleurs, assurant que les bananes consommées ont été produites en respectant les droits humains.

    « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides »

  • À la Ressourcerie, objets comme humains ont une nouvelle vie

    À la Ressourcerie, objets comme humains ont une nouvelle vie

    Dans des tintements métalliques, des chariots que l’on pousse.

    Dans l’entrepôt de 900 mètres carrés*, ce mercredi matin, les salariés en insertion, reconnaissables à leur t-shirt orange vif, ne cessent de sillonner les allées avec des caddies qui débordent d’objets. Là où, éclaire Elodie Giraud, qui guide la visite, « on fabriquait il y a un siècle des dirigeables », l’association à but non lucratif Evolio a ouvert, en 2016, la Ressourcerie le Dirigeable. À partir de dons de particuliers** ou de professionnels, apportés sur place ou collectés, les hommes et femmes en orange « trient, réparent, transforment et revendent. On fait en sorte de revaloriser un maximum d’objets », souligne Elodie. Et le flux de ce qui est amené est juste colossal. « En moyenne, nous traitons ici 380 tonnes par an, et nous en revendons 92. Le reste est dirigé vers des éco-organismes… », explique Éric Naville, le directeur. « Notre plus gros problème, c’est le textile, notamment issu de la fast fashion. Son réemploi est impossible car la qualité est très mauvaise. Seul le quart du textile qui nous est apporté est vendable. » Sur place, la boutique, ouverte du lundi au vendredi de 9h à 15h30, vend à prix défiant toute concurrence.

    « Être ici m’a sauvé »

    Empaqueté dans de gros sacs de plastique bleu, ce textile forme une petite montagne dans le hangar. Aux abords de l’atelier équipements électriques, électroniques, où l’on trouve du petit électroménager, de l’informatique – « tout est nettoyé, testé et vérifié », insiste Elodie -, la jeune femme insiste sur la discipline du don. « Les gens doivent amener des objets propres, en bon état, ou que l’on puisse réparer, de manière à ce qu’ils soient revalorisés », observe-t-elle. Sinon, ce don se transformera en une charge, puisque la Ressourcerie devra, à ses frais, apporter ces déchets à la déchetterie. Mais lorsqu’aucun grain de sable de cette nature n’enraye l’économie circulaire, c’est une belle idée.

    Croisée mercredi, Clara, 28 ans, qui vit à Marseille, est venue faire quelques emplettes. Elle a acheté, pour 2 euros, une théière vintage. « Notre société surproduit, surconsomme, et plein de choses s’entassent. Je n’accepte pas cette logique. Ce n’est pas bon pour la planète. Ma philosophie de vie, c’est me suffire du nécessaire », dit-elle. Le Dirigeable emploie en ce moment environ 40 personnes en insertion, « sur des contrats de 26 heures sur six mois. On les aide à reprendre pied au niveau social et professionnel », renseigne Elodie. « Être ici m’a sauvé », confie Jonathan, 31 ans, embauché depuis bientôt cinq mois. Auparavant au chômage depuis deux ans, en difficulté car n’ayant pas le permis, « je touchais 600 euros de chômage, et mon loyer était de 600 euros… », relate-t-il. Même chose pour Mehrab, 41 ans. Menuisier de formation, cet Afghan est là depuis seize mois. Il a fui son pays « où les filles ne peuvent pas aller à l’école, et les femmes travailler ».

    * Au 80, avenue de la Fleuride.

    ** Dépôt sur place ouvert du lundi au vendredi, de 7h30 à 15h30.

  • Un an de jumelage avec Masis, en Arménie, et plusieurs projets engagés

    Un an de jumelage avec Masis, en Arménie, et plusieurs projets engagés

    En septembre 2024, Aix, « première ville en France à reconnaître officiellement le génocide (arménien) de 1915 », rappelle Karima Zerkani-Raynal, déléguée aux relations internationales et villes jumelles, signe son jumelage avec Masis, en Arménie. Au pied de la stèle réalisée par Toros, place de la Rotonde, ce jeudi, une cérémonie célébrant le premier anniversaire de cet acte avec la communauté de communes de Masis, a été l’occasion de faire le point sur les enjeux autour de cette signature.

    « Moment fort de fraternité », pour Roland Vartanian, président du Hay’s club aixois. Pour l’occasion, deux délégations arméniennes ont répondu présent. L’une représentant le conseil municipal de Masis, l’autre dédiée à la mise en place d’un programme visant à contribuer à la « situation culturelle et sociale de nos compatriotes, se félicitait Khoren Arkoyan, premier adjoint au maire de Masis. Cette signature nous a permis de démarrer nos programmes culturels et sociaux. Nos conseillers municipaux vont acquérir une expérience dans votre ville ».

    « Depuis un an, notre jumelage n’est pas resté un mot sur un papier. Il a pris vie. Je pense à la création à Masis d’un centre de la jeunesse Aix-en-Provence, inspiré du Repère jeunesse, égrène Karima Zerkani-Raynal. Aux échanges de livres français et arméniens entre les bibliothèques de nos deux villes, ainsi que la participation de la Ville d’Aix à une mission organisée en Arménie par le programme des Nations Unies pour le développement afin de collaborer à l’insertion des populations réfugiées de l’Artsakh. »

  • #DisMoiPourquoi doit-on boire ?

    #DisMoiPourquoi doit-on boire ?

    La réponse est simple : notre corps élimine 2 à 3 litres d’eau par jour, il faut donc boire pour remplacer une quantité équivalente, mais on trouve aussi un apport d’eau dans nos aliments. Si on ne boit pas ou pas assez notre corps se déshydrate (comme une plante qu’on oublie d’arroser !). Le corps humain est fait à 60% d’eau répartie en proportion variable dans nos organes, quelques % dans les dents jusqu’à 80-90% dans nos 5 litres de sang ou dans le cerveau. L’essentiel de l’eau est contenu à l’intérieur de nos cellules. Nous éliminons des quantités importantes d’eau par trois mécanismes principaux : la respiration -les échanges gazeux au niveau des poumons font que nous rejetons de la vapeur d’eau (on voit le nuage de vapeur d’eau lorsqu’il fait froid), – la transpiration par la peau (notre peau « respire ») et, enfin, – la production d’urine. »

    Bernard Binetruy. Directeur de recherche émérite à l’Inserm.

  • Santé mentale : les élus locaux sont aussi en première ligne

    Santé mentale : les élus locaux sont aussi en première ligne

    Il y a un an, lors de son discours de politique générale le Premier ministre d’alors, Michel Barnier, annonçait faire de la santé mentale une grande cause nationale en 2025. Parmi les objectifs, le développement de la prévention ou l’amélioration de l’accès aux soins. Un thème abordé, ce jeudi, lors d’une journée santé mentale et psychiatrie au centre hospitalier de Montfavet (CHM), qui s’adressait aux maires.

    « Vous n’êtes pas seuls », assure le préfet Thierry Suquet, venu ouvrir la journée, en insistant sur la prise en charge des personnes nécessitant des soins sans consentement. « Votre rôle est capital, vous êtes les premiers témoins de certaines situations, votre vigilance permet de déclencher une action rapide et proportionnée », cajole le préfet à l’adresse des maires. En face, le sentiment perçu par les édiles, principalement de petites communes, est tout autre. Ils se disent souvent démunis. « On se sent seuls, il y a des carences sur nos territoires où on n’a pas d’association vers qui se tourner », illustre Frédérique Angeletti, maire de Vaugines, à peine 500 habitants, dans le Luberon. « Une maman doit faire face à son fils jeune majeur qui refuse de se faire soigner, elle est au bord du burn-out », abonde Joëlle Richaud, maire de Saint-Martin-de-la-Brasque (800 habitants).

    Thierry Suquet rappelle « l’attaque au couteau perpétrée par un individu présentant des fragilités mentales », en janvier à Apt. les élus sont parfois des cibles. À l’instar de Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue, « agressé verbalement dans la rue puis par une lettre de menace par une personne dont j’ai appris, plus tard, qu’elle avait un passé psychiatrique très lourd ». Le président de l’association des maires de Vaucluse réclame une plus grande transparence sur l’état de santé des administrés sans non plus déflorer le secret médical.

    La CGT a échangé avec

    le préfet

    De manière plus globale, le préfet reconnaît « un certain nombre d’insuffisances » qui découlent d’un diagnostic territorial de santé mentale. « Prévenir, soigner, accompagner : ce sont les clés d’une société plus solidaire et plus sûre », revendique Thierry Suquet. Une incantation louable, très loin de la réalité vécue au sein de l’hôpital par bon nombre de salariés. La semaine dernière encore, une grève avait lieu à la Maison d’accueil spécialisée face au nombre insuffisant de personnels et de financements.

    Le syndicat CGT, non invité, a toutefois pu interpeller le préfet à l’issue de son discours. « On a alerté sur le manque de moyens, la sécurisation lors du transfert des détenus, une vraie prise en charge sanitaire et médico-sociale des enfants et des ados et enfin, au sujet des maisons médicales : elles deviennent des enjeux électoraux alors qu’elles doivent rester à la main du ministère de la Santé », résume Claire Moreno, secrétaire CGT des personnels du CHM. Avant vite de filer en manifestation pour exprimer toutes ces doléances (lire page 5).

  • « Marguerite » veut passer la logistique en mode durable

    « Marguerite » veut passer la logistique en mode durable

    Stationnement, bouchons… Comment gérer efficacement et de façon durable sa logistique quand on est commerçant ou artisan dans le centre-ville de Marseille ou d’Aix ? C’est la question à laquelle le programme « Marguerite » entend répondre avec un « catalogue de solutions », a expliqué ce jeudi 2 octobre Delphine Blanc, déléguée générale de l’association « La fabrique de la logistique », à l’origine du projet.

    Livraison en vélos-cargos, utilisation de véhicules en auto-partage ou casiers connectés, 14 lauréats proposent de faire « dans la dentelle » avec un accompagnement financier et une prise en charge du dispositif choisi pour le tester.

    Des tests concluants

    Pour Olivier Bizot, élu de la Chambre de métiers et de l’artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur, partenaire de l’opération, la transition écologique offre une véritable opportunité, « en termes de motivation des équipes qui cherchent un sens à leur travail, et en répondant aux attentes des consommateurs ». À Marseille, « on a été pris de court par la ZFE mais elle va revenir, c’est à nous maintenant de nous en emparer » estime-t-il. À ses côtés, Bernard Marty, vice-président de la Chambre de commerce 13 abonde, appelant « à s’outiller ».

    Pas moins de 494 conversions sont espérées sur le territoire. Certains ont déjà sauté le pas. Serrurier, boulangère, nettoyeur industriel, ils font partie des 11 artisans qui à Marseille, Aix ou Carnoux ont tenté l’expérience avec « Les boîtes à vélo » Paca, raconte Louis Joggerst, chargé de mission à l’association. Et ont été convaincus. Car malgré le manque de pistes cyclables et la congestion des rues, « dans un rayon de 5 km autour du Vieux-Port, c’est plus rapide », indique-t-il.