Category: societe

  • Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Quel rôle pour les entreprises face aux violences faites aux femmes ? Un sujet important qui sera au centre de tables rondes*, le 25 novembre, au siège d’IBM à Montpellier. Portée par l’association Les créateurs d’énergies positives, la journée sera l’occasion de sensibiliser directions et salariés à ce fléau présent aussi bien dans la sphère privée que professionnelle.

    Une première table ronde sera consacrée aux violences conjugales. « Elles ont un impact sur la vie professionnelle, il s’agit de voir comment les entreprises peuvent aider », soutient Sandrine Musel, directrice de l’association. Satya Goetz Lancel, responsable du programme de protection des salariés victimes de violences conjugales des Magasins U, y partagera son expérience. Confrontée à plusieurs féminicides de salariées, cette dernière a mis au point une bopite à outils interne à l’entreprise. « C’est un dispositif de “droits exceptionnels” – qui n’existe pas dans le droit du travail – ne coûtant rien. Le temps de travail peut être aménagé avec plus ou moins de télétravail, on peut avoir des autorisations spéciales pour aller à l’audience de son agresseur, une mobilité géographique d’urgence, etc. », énumère celle qui est aussi membre de l’association organisatrice. Des propositions reprises dans un guide de l’Association nationale des DRH, mis à disposition des entreprises.

    Mais ces violences se retrouvent également au sein de l’entreprise, sujet qui fera l’objet d’une seconde table ronde. « Des règles juridiques existent, pour autant, ça n’est pas suffisant, parfois ces comportements sexistes ne sont pas bien identifiés. On met en place des méthodes soft, voire ludiques – comme des formations – pour faire passer des messages de prévention et d’éradication de ces comportements », détaille Michèle Tisseyre, membre de l’asso et présidente de Face Occitanie, soulignant le caractère « volontaire » de certaines entreprises. Les outils sont là, il n’y a plus qu’à.

    * Ouverts à tous, billetterie, infos sur lescreateursdemotionspositives.com.

  • À Montpellier, la nouvelle carte des transports dévoilée

    À Montpellier, la nouvelle carte des transports dévoilée

    Changement sur le réseau des transports en commun de la Métropole de Montpellier. À un mois de l’inauguration de la ligne 5 de tramway, la collectivité gérée par le socialiste Michaël Delafosse a réorganisé l’offre de transports afin de prendre en compte cette nouvelle ligne. « Cette inauguration aura des conséquences sur le réseau de bus, avec de nouvelles articulations de mobilité et davantage d’offre de transports », détaille le président.

    Ainsi, dès le 20 décembre
    – jour de l’inauguration – les riverains pourront découvrir les 24 lignes de bus optimisées sur les 40 que compte le réseau. Des changements qui ne seront pas immuables. « Ce n’est pas une science exacte, on voulait répondre aux besoins des habitants. Il y aura peut-être des difficultés qui nous seront remontées à partir du 20 décembre, on va être dans le dialogue. Un comité de suivi de la mise en place de la nouvelle offre l’ajustera en permanence », soutient Michaël Delafosse.

    Si certaines lignes ont déjà fait l’objet d’adaptations – notamment le bustram, les lignes 9, 14 et 16 en mai 2025 – d’autres seront mises en service en décembre. À l’instar des lignes 6 et 7 qui fusionneront pour assurer une continuité de la ligne – les riverains devaient changer de bus au Peyrou jusque-là – entre l’Hôtel du Département et Euromédecine. « Nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas beaucoup de lignes transversales. La navette des universités sera remplacée par une ligne 13 avec davantage de connexions aux lignes 1, 2 et 5 de tramway », souligne Julie Frêche, vice-présidente PS de la Métropole aux mobilités. Et ainsi de permettre une continuité entre Occitanie-Hôpitaux-Facultés et Charles-de-Gaulle, à Castelnau-le-Lez.

    Pensée aux 4-Boulevards

    La ligne 15 (Place-de-France – Sabines) sera prolongée jusqu’à la gare Sud-de-France. Quant à la ligne 17 (Gare-Saint-Roch – les Bouisses), « son itinéraire sera modifié et ne passera plus par le boulevard Berthelot. Ce qui représente une cinquantaine de bus en moins chaque jour. Cet itinéraire apaisera le collectif des 4-Boulevards », poursuit Julie Frêche.

    Montpellier n’est pas la seule affectée par ces changements. Au nord de la métropole, la ligne 22 permettra de relier Montferrier-le-Lez à Jacou, en passant par les terminus des lignes 2 et 5 de tram. Prades-le-Lez verra la ligne 23 modifiée et renforcée. La ligne 26 devient la ligne de Montferrier-le-Lez. Côté ouest, la ligne 34 (Cournonsec-Mosson) est renforcée tandis que la 38, partant de Cournonsec, sera prolongée jusqu’à la station de tram Grès de Montpellier. « Elle préfigure la future ligne de bustram », précise Julie Frêche. Les lignes 11, 17 et 20 seront également renforcées. À Villeneuve-lès-Maguelone, la ligne 44 sera coordonnée avec les horaires des trains de façon à favoriser l’intermodalité. Enfin, la ligne 27 de transport à la demande devient une ligne régulière reliant Montaud à Charles-de-Gaulle, à Castelnau-le-Lez.

  • Cinq chercheuses victimes des coupes de Trump accueillies en Occitanie

    Cinq chercheuses victimes des coupes de Trump accueillies en Occitanie

    « Je suis tellement en colère et triste que Trump détruise la science américaine. Je pense que peu de gens pourront partir, mais beaucoup de ceux qui auraient émigré aux États-Unis ne le feront pas. Parallèlement, les programmes qui encouragent les talents locaux sont supprimés, car Trump n’est pas seulement contre l’immigration et la science, mais aussi contre l’enseignement supérieur en général. La science, la technologie et la santé en pâtiront », écrit sur son blog Pleuni Pennings, qui vient de commencer une nouvelle vie en France.

    Professeure en écologie, spécialiste de la bio-informatique et de l’IA appliquée à la santé, la chercheuse, qui étudie la résistance des microbes et virus aux traitements (sida, paludisme, E.coli), a quitté l’Université de San Francisco pour rejoindre, le 1er octobre, l’Université de Montpellier, avec laquelle elle a signé un contrat de trois ans. « Je vais travailler sur mon sujet de recherche préféré (l’évolution de la résistance aux médicaments) à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Cet hiver, je vais postuler au CNRS dans l’espoir qu’ils m’accordent un poste de chercheuse permanente dans le même institut », se réjouit-elle.

    « Grâce à Trump, mon département a perdu les subventions de formation du NIH qui soutenaient les étudiants de mon laboratoire depuis dix ans. Et s’il était déjà difficile d’obtenir des fonds pour la recherche avant Trump, cela semble désormais impossible », assure-t-elle. Le fait que son « travail déjà stressant à San Francisco le devienne encore plus en raison du programme anti-DEI (diversité, équité et inclusion) et anti-science de Trump », a poussé Pleuni Pennings, confie-t-elle toujours dans son blog, à saisir la main tendue par l’Université de Montpellier.

    Dans le cadre des programmes « Choose Montpellier » et « Toulouse Safe Place for Science », les universités des deux principales villes occitanes ont en effet lancé des appels à candidatures via leurs réseaux et partenaires pour accueillir une quinzaine de chercheurs basés aux États-Unis. Dès le mois de mai, la Région Occitanie s’est engagée à leurs côtés en mobilisant une aide de 2 millions d’euros, « pour notamment participer à la prise en charge de leurs salaires, aux recrutements ou à l’acquisition d’équipements ».

    « L’esprit de résistance et de solidarité scientifique »

    Car les effets du second mandat de Donald Trump se font déjà sentir outre-Atlantique, en particulier auprès de la communauté scientifique et des universités américaines qui subissent de plein fouet les coupes budgétaires et l’arrêt des financements. « Ce sont environ 6 000 suppressions de postes qui sont intervenues, touchant des domaines stratégiques comme le climat, la préservation de la biodiversité, la santé et les maladies émergentes, ou encore les sciences sociales », souligne la Région. Outre Pleuni Pennings à Montpellier, quatre autres chercheuses en provenance des États-Unis rejoindront l’Université de Toulouse d’ici l’été prochain : Ankita Jha, chercheuse en biologie cellulaire, Cecily Sunday, ingénieure mécanicienne et docteure en astrophysique, Alexandra E. Hui, historienne des sciences, du son et de l’environnement et Caroline Sequin, historienne, spécialiste de l’histoire sociale et politique de la France et de l’Empire.

    « En choisissant de poursuivre leurs travaux en Occitanie, elles incarnent l’esprit de résistance et de solidarité scientifique que nous défendons. Leurs compétences viendront renforcer nos dynamiques dans des domaines stratégiques : lutte contre le changement climatique, énergies renouvelables, santé et maladies émergentes, sciences humaines et sociales… L’Occitanie se place à l’avant-garde de la défense des libertés académiques et de la coopération scientifique internationale », estime la présidente socialiste de la Région, Carole Delga.

  • [Témoignages] Ces jeunes provençaux qui se refusent à la guerre

    [Témoignages] Ces jeunes provençaux qui se refusent à la guerre

    David Nadier, étudiant en dernière année de cuisine

    « Bien sûr, on en parle entre copains, comme on en parlait au début de la guerre en Ukraine. On n’est pas franchement inquiet, mais une chose est sûre, c’est qu’on n’a pas envie d’aller se battre. C’est vrai qu’il y a une montée des tensions, une radicalisation. Je pense que cela fait longtemps que l’on n’a pas connu la guerre et les gens oublient. En Espagne, on voit des jeunes adorer Franco, c’est incroyable. Les gens oublient les conséquences, oublient que la guerre, c’est de la violence, des morts qui deviennent déshumanisés quand les chiffres explosent, comme on l’a vu en Palestine. La guerre, c’est des familles séparées, des cicatrices qui ne se referment jamais vraiment. Ma grand-mère, qui a vécu la Seconde Guerre, y pense encore. » A.S.

    Théo César, réalisateur du film Ne perdons pas le Nord

    « Ça m’angoisse tout ça. Je constate qu’il est très simple pour l’UE, la France et d’autres de débloquer des sommes très importantes pour les armées, dont le budget augmente et c’est le seul en France. Je préférerais que ces milliards d’euros aillent dans l’environnement ou l’éducation. Le vivant est aussi victimes des guerres. Le sol, l’air, sont pollués, des métaux lourds infiltrent les sols et les nappes phréatiques et perdurent sur des dizaines ou centaines d’années. Ça modifie drastiquement les paysages, les arbres et l’écosystème détruits à grande échelle. Ce qui entraîne migrations d’espèces et sur le long terme, l’impossibilité pour le vivant et pour nous de nous réapproprier l’espace. » An.M.

    Julie Nersessian, étudiante en droit à Aix

    « La guerre fait peur, évidemment, mais le discours du chef d’état-major me met surtout en colère. S’exprimer de cette manière alors qu’un chef d’état -major est censé représenter le président de la République, quand même ! C’est choquant. Ce sont des paroles sérieuses. Je comprends qu’on se prépare au scénario de la Russie qui attaque un pays de l’Otan, au vu de la situation géopolitique. C’est aussi le niveau de préparation, l’intensité de la mobilisation qui me font peur. Les premiers impactés en cas de conflit seront les gens autour des bases militaires comme Istres. C’est aux premiers concernés de s’exprimer et c’est eux qu’on doit écouter en priorité, et pas Renaud Muselier, qui se félicite de remilitariser la zone. » An.M.

    Pablo Biancarelli, secrétaire de la Jeunesse communiste de Vaucluse

    « Je suis, à titre personnel, très inquiet de l’évolution du conflit, car le gouvernement Macron est très dur à lire. Pas un jeune ne doit mourir sur le front ukrainien. Je ne pense pas, ou en tout cas je n’ose pas imaginer, que des gens de notre âge partiront à la guerre. J’interprète le discours de l’État-major comme une réaction de panique, car le front ukrainien craque face à la pression russe. Je pense que le gouvernement passe par l’armée pour mieux faire passer la pilule. Le pouvoir macronien est très impopulaire et agite donc le chiffon rouge de la menace extérieure pour souder le pays et instaurer un climat de peur dans la population pour paralyser les mouvements sociaux. » M.S

    Romane Massip, secrétaire fédérale du Mouvement des jeunes communistes 13

    « Notre position générale, c’est que nous sommes contre la professionnalisation du secteur militaire. Mais nous dénonçons ce qui se passe actuellement. Lors du meeting de Fabien Roussel, dimanche, notre secrétaire national Assan Lakehoul a pris la parole pour dire que non, les jeunes ne sont pas prêts à mourir en Ukraine, qu’on ne prépare pas la paix en faisant la guerre. Pour nous, il y a une volonté d’imposer à la France cette préparation de la guerre, d’envoyer les Français se battre contre la Russie… Ce n’est pas comme ça que nous arriverons à la paix ! Emmanuel Macron parle d’un service volontaire, mais c’est un premier pas dans une volonté de remilitarisation, de sur-militarisation de la France. » Y.S.

    Laurent Badie-Barthès, syndicat de l’Union étudiante Sciences-Po

    « Si les budgets sont alloués pour faire la guerre, les jeunes seraient doublement impactés. D’une part, c’est de l’argent qui n’irait pas dans nos poches. D’une autre, s’il y a des guerres, on serait les premiers appelés. On est centraux dans les dernières déclarations. S’il y a un conflit, on en paiera toutes les conséquences. à 70 ans, on verra encore les blessures causées par ces guerres. En tant que jeune, c’est anxiogène. Sur le fond, je ne suis pas surpris par ces déclarations : vu les priorités du pouvoir, c’est cohérent. C’est plutôt sur la forme. Voir un chef d’état-major des Armées le dire et pas un chef du gouvernement. Est-ce que l’armée, censée être le bras qui répond aux aspirations démocratiques, n’est pas en train de s’émanciper, dicter le pas au politique ? » E.B.-G.

  • Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    L’expression « années de labeur », parue chez des confrères pour désigner les presque 4 ans de présence de Florence Galtier comme procureure de la République d’Avignon, a fait rire jaune dans les couloirs du tribunal judiciaire. Nommée avocate générale à la cour d’appel de Montpellier, elle quitte le parquet d’Avignon ce vendredi. Ce qui pourrait s’apparenter à un avancement de carrière ordinaire entre juridictions semble traduire, au contraire, une autre réalité. « C’est lié à sa gestion délétère du parquet », nous indique-t-on sans fard au sein de cette juridiction, qui compte 10 magistrats.

    « Notre boulot, tous les jours, est de lutter contre les gens harcelants et on le subit pourtant », poursuit-on au parquet. Depuis plusieurs mois, un climat de défiance s’était installé entre la procureure* et son équipe, s’estimant trop livrée à elle-même, sans cap ni soutien. Éprouvé par les quatre mois du procès Pelicot fin 2024, ayant monopolisé à temps plein deux magistrats, le parquet lance une première alerte en mars dernier. Dans une note adressée à la psychologue du travail, consultée par La Marseillaise, et co-signée par 8 des 10 membres du parquet, les agents pointent les risques psychosociaux. Preuve ainsi d’un malaise unanimement partagé.

    « Accroissement du

    mal-être et épuisement »

    La missive ne cite pas directement Florence Galtier mais, entre les lignes, c’est bien sa gestion qui est épinglée. « Le parquet du tribunal judiciaire d’Avignon fonctionne en mode particulièrement dégradé depuis plusieurs mois, en ce qu’il est en sous-effectifs notoire », est-il écrit d’entrée. À cela s’ajoutait une « vacance de poste, arrêt maladie puis mi-temps thérapeutique » non compensés.

    « Cette situation a pour conséquence d’entraîner une désorganisation certaine, un accroissement du mal-être et l’épuisement des parquetiers, régulièrement amenés à enchaîner 12 jours de travail consécutifs, dont 7 nuits, sans période de repos ou de récupération lorsque les permanences de week-end et de nuit sont assurés », déplorent les magistrats au bord du burn-out.

    « En dépit d’alertes manifestées verbalement, la situation perdure et ne permet plus de tendre vers une justice sereine et de qualité », conclut la note. À sa lecture, « la proc’ est tombée de sa chaise », confie-t-on chez les parquetiers. Une alerte remontée jusqu’au procureur général de Nîmes, qui a déclenché une inspection. Un contrôle de fonctionnement dans le jargon, qui s’est tenu sur trois jours en avril et où chacun a pu exposer ses griefs en matière de gestion et management. Depuis les relations entre la procureure et son parquet étaient réduites à la portion congrue.

    « On s’organise entre nous », lâche-t-on. Si le parquet n’a pas été avisé des conclusions de l’inspection, beaucoup sont persuadés que « son départ est lié à ça ». Pour preuve, dans les mutations internes où habituellement figurent une trentaine de mouvements, celle actant le départ de Florence Galtier ne contenait que deux noms. Le sien et celui de sa remplaçante, Stéphanie Loreau-Aouine, en provenance du parquet d’Angoulême. Celle-ci ne prendra ses fonctions que le 5 janvier, entraînant un intérim interne pour pallier la vacance de poste d’un mois. Une de plus.

    * Sollicitée à plusieurs reprises, elle n’a pas donné suite.

  • Des professeurs toujours attendus au lycée Langevin à La Seyne-sur-Mer

    Des professeurs toujours attendus au lycée Langevin à La Seyne-sur-Mer

    C’est une situation devenue trop récurrente dans certains établissements scolaires varois. Après le lycée Raynouard de Brignoles, où une enseignante de spécialité en Terminale STMG, absente depuis le début de l’année scolaire, n’a pas été remplacée, c’est au tour du lycée Langevin de La Seyne-sur-Mer de dénoncer une situation similaire. Un enseignant en génie électrique option électrotechnique (cours en seconde TNE et en Terminale Mele), et un autre en génie industriel des structures métalliques (cours en première TCI et en seconde Remi) manquent à l’appel depuis septembre. Pour compenser, « certains collègues ont pris quelques heures de classe ponctuellement sur du remplacement courte durée, mais ce n’est pas une solution pérenne », regrette Bruno Combette, professeur d’histoire-géographie et délégué FSU.

    Ces deux absences ne sont pas isolées. « Trois autres postes, en physique-chimie, en spécialité architecture et conception et en sciences numériques et technologie, n’ont été pourvus que début novembre, et les élèves ont perdu deux mois dans ces matières. Et, depuis deux semaines, un enseignant en génie industriel bois est également absent », déplore Jessica Moussouni, parent d’élève et déléguée FCPE. Une situation qui pénalise lourdement les élèves concernés, surtout en classe de Terminale : « Cette carence crée une inégalité manifeste de traitement par rapport aux autres élèves de l’académie, compromet gravement la continuité pédagogique, et met en péril leurs chances de réussite », dénonce-t-elle.

    Des problèmes de recrutement structurels

    Pourtant, certaines absences, notamment celle du professeur en génie industriel des structures métalliques, étaient prévues et auraient pu être anticipées : « C’est davantage qu’un problème organisationnel, explique Bruno Combette. Ce sont des disciplines particulières avec des problèmes de recrutement globaux. Ces professeurs sont des professionnels et il y a peu de candidats au concours, car les métiers du professorat sont peu attractifs. C’est difficile de trouver des remplaçants contractuels pour ce genre de disciplines. C’est un vrai problème car ce sont des matières à gros coefficients. »

    Si l’enseignant évoque des difficultés « à avoir des contacts directs avec le rectorat », il pointe avant tout « une défaillance de l’État. On ne va pas jeter la pierre sur une ou deux personnes au rectorat, car ils ont aussi des postes vacants ».

    Contacté, le rectorat de Nice n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Violences sexistes et sexuelles : un colloque sur la prévention dans le milieu sportif

    Violences sexistes et sexuelles : un colloque sur la prévention dans le milieu sportif

    Le milieu sportif n’est malheureusement pas épargné par les violences sexistes et sexuelles. Certaines athlètes n’hésitent plus à briser la loi du silence, révélant des pratiques qui gangrènent tous les niveaux de discipline. Jusqu’aux équipes nationales. Afin de sensibiliser les formateurs et entraîneurs aux moyens de prévenir les dérives, la Délégation régionale académique à la jeunesse et aux sports (Drajes) co-organise avec la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) une journée de formation.

    Ateliers pratiques

    Cet événement se déroulera en deux temps et réunira environ 300 participants sur la journée, issus de l’ensemble des publics du secteur sportif et associatif.

    Cette journée sera animée par plusieurs intervenants qui présenteront les diverses pistes à explorer. Roxana Maracineanu, secrétaire générale de la Miprof et ancienne ministre déléguée chargée des Sports, en sera la modératrice générale.

    Cette dernière présentera les rôles et missions de la Miprof à l’occasion d’une prise de parole et d’échanges, en ouverture de la journée à partir de 9h30 dans les locaux de la faculté d’économie et de gestion de l’Université d’Aix-Marseille, campus Pauliane.

    L’après-midi, à partir de 14 heures, des ateliers de mise en pratique seront proposés. Ces travaux pratiques auront lieu au sein de site d’Aix-en-Provence du Creps.

  • L’hôpital de Toulon sensibilise à la cyberviolence conjugale

    L’hôpital de Toulon sensibilise à la cyberviolence conjugale

    À l’heure où les outils numériques occupent une place centrale dans la vie quotidienne, les violences conjugales se déplacent pour partie dans le cyberespace. Pour de nombreuses victimes, la « cyberviolence » devient une extension silencieuse, constante et difficilement repérable des violences exercées par le partenaire ou ex-partenaire. À la Maison des femmes-santé Toulon, les équipes pluridisciplinaires s’attachent chaque jour à identifier, prévenir et accompagner ces formes contemporaines de violences encore trop méconnues et donc mal identifiées.

    Elles étaient présentes mardi, en salle de conférences, de l’hôpital Sainte-Musse pour sensibiliser les professionnels de santé à ces pratiques de harcèlement et les familiariser avec les outils permettant de les repérer afin d’accompagner et orienter au mieux les victimes de cette cyberviolence conjugale.

    Un phénomène qui regroupe un ensemble de comportements numériques visant à contrôler, surveiller, intimider ou humilier une personne. Parmi les formes les plus fréquemment observées, on retrouve la surveillance numérique avec la géolocalisation forcée, l’installation de logiciels espions et la vérification des messages, des réseaux sociaux ou des comptes bancaires.

    Mais aussi le harcèlement en ligne avec l’envoi massif de messages, menaces, appels incessants, pression psychologique permanente. Sans compter le vol ou la diffusion d’images intimes et l’accès illégal aux comptes personnels.

    « Nous intervenons à la demande des urgences dès qu’il y a une victime de violence qui se présente », explique Lilou, l’assistante sociale qui reçoit ses femmes en binôme avec à ses côtés Julie, psychologue.

    Pour intervenir rapidement

    Des femmes qui dans un premier temps refusent de se livrer, précise-t-elle, à cause de l’image associée à l’assistante sociale et au placement des enfants. Et de poursuivre : « Ce qui ressort le plus, c’est la peur de ce qui va se passer après, de la prise en charge. Parce qu’on ne sait pas si les associations, si le commissariat vont jouer le jeu derrière. »

    Tout le travail va donc être d’écouter, de rassurer et d’accompagner et orienter au mieux ces personnes.

    Et en amont, pour les détecter, de former l’ensemble du personnel à poser, entre autres, systématiquement la question : « Avez-vous déjà été victime de violence ? »

    Une sensibilisation qui porte ses fruits, reprend Lilou : « Alors, moi, ça fait deux ans que je suis sur l’hôpital. L’année dernière, on était à 50 dossiers. Et cette année, on est déjà à 160. Et 2023, on était à peine à 4 ou 5 dossiers. » Des chiffres parlant.

    Mais pour les professionnelles une grande partie passe encore en dessous des radars, malheureusement.

    Pour ce qui est de la cyberviolence beaucoup plus invisible que la violence physique, il est tout aussi important d’arriver rapidement à la révéler. Par exemple lorsqu’il s’agit de surveillance à l’aide de la géolocalisation, insiste le docteur Mouna El Omri.

    « Savoir qu’elle est à l’hôpital, très bien, mais si de l’hôpital, on la bascule en hébergement d’urgence et qu’on n’a pas pris le temps de questionner les cyberviolences, on va mettre en danger madame qui sera dans le lieu sécurisé et puis les autres femmes potentiellement », prévient la coordinatrice de la Maison des femmes-santé Toulon. D’où l’importance des conférences comme celle d’aujourd’hui pour savoir que ça existe et comment ça se manifeste pour pouvoir anticiper une exposition.

    D’autant plus, précise le médecin, que « bien souvent, les dames ne prennent conscience de l’emprise à laquelle elles sont soumises que tardivement ».

    Et entre-temps, conclut-elle, « ces violences psychologiques détruisent la personnalité de la victime et vont avoir un impact sur toute sa vie en termes de santé ».

    Toutes et tous ensemble pour que ça cesse enfin

    Après la sensibilisation l’après-midi à l’hôpital Sainte-Musse, place à la mobilisation en soirée devant le Palais de justice de Toulon. Un rassemblement à l’initiative du Collectif droits des femmes et des LGBTQIA + pour exiger que soit mis fin à l’hécatombe. Car hélas, les journées contre les violences faites aux femmes se succèdent, les bonnes intentions sont énumérées de la part des pouvoirs publics mais les féminicides continuent. Et sont même repartis à la hausse, contrairement aux budgets des associations. C’est pour dénoncer tout cela qu’il y avait encore du monde mardi soir.

  • Les élèves du lycée Thiers ouvrent le livre des Comptes

    Les élèves du lycée Thiers ouvrent le livre des Comptes

    C’est un rituel solennel auquel se sont adonnés les élèves du lycée Thiers dans la salle d’audience de la Chambre régionale des comptes (CRC) Paca : « Jurez-vous de bien remplir vos fonctions et de ne rien révéler de ce qui sera porté à votre connaissance ? », demande le président – « Je le jure », répondent les élèves répartis par groupe.

    Après avoir prêté serment, Hawa, lycéenne, s’estime chanceuse de participer à ce dispositif : « On a de la chance, parce que ça nous permet de découvrir un environnement qu’on aurait jamais découvert dans une seconde classique. » Rémy, lui, apprécie l’aspect civique : « On est des futurs citoyens, c’est hyper important de savoir ce qu’on fait de l’argent qu’on donne ! »

    Les voilà donc partis, pour un an, à travailler sur des dossiers complexes et à décortiquer le vocable parfois barbare des documents officiels, le tout dans le plus grand secret. De traiter les mêmes dossiers que ceux qui passent dans les mains des magistrats. Le professeur principal de la classe, Louis Ruggieri, confesse d’ailleurs : « Les parents me le confirment : les élèves ne disent rien ! »

  • Inquiétude chez les anciens combattants

    Inquiétude chez les anciens combattants

    « Accepter de perdre nos enfants. » Président de l’Arac d’Aix-en-Provence, Serge Lejeune accueille avec « beaucoup d’inquiétude » les propos du Chef d’état-major des armées, Fabien Maudon, vaguement nuancés par Emmanuel Macron. « Ce qui déclenche les guerres est presque toujours de nature économique, rappelle l’ancien combattant. étant donné la situation européenne, les déclarations de Macron font forcément peur et je les prends très au sérieux. » Il précise : « C’est le propre du capitalisme de régler ses problèmes par la guerre, ne l’oublions pas. »

    Évoquant le profil des chefs d’État, russe comme américain, il estime « qu’en attaquant la Russie de front, nommément, Macron prend le risque d’exciter les velléités bellicistes. Or, si l’ours est piqué et répond, cela risque de nous amener très loin et nous ne sommes pas en capacité de répondre à l’attaque, car les Russes ont tout un arsenal nucléaire tactique. » Serge Lejeune ajoute à cette analyse « la montée des extrêmes droites et de l’ultra nationalisme en Europe, aux États-Unis et dans les pays de l’ex-URSS ».

    « Un service d’appelés »

    Le président de l’Arac se dit plus mitigé sur la question du rétablissement du service militaire en France. Emmanuel Macron a demandé au ministère des Armées de travailler sur « un projet de service militaire volontaire », a indiqué Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées. Ce « Service national volontaire », serait en « réflexion dans plusieurs pays européens en ce moment », a-t-elle précisé : « La semaine dernière, j’ai reçu mon homologue suédois, qui a un modèle en train en cours de développement dans pas mal de pays européens. Tout le monde y travaille, donc nous aussi, on y travaille. »

    Une annonce « à la fois inquiétante et qui mérite que l’on s’y penche ». Inquiétante dans ce tableau pessimiste du monde, « où on assiste à la faillite de la France dans sa défense de la notion de laïcité, où la planète est aussi dans un état d’urgence absolu et où les dirigeants entraînent leurs populations vers la guerre ». Mais qui interroge, dans le sens où « la suppression de l’armée d’appelés a été quelque chose de dangereux. Car quand le contingent est insuffisant pour rétablir la paix, les appelés sont une force. » Seulement, cette interrogation arrive à un moment peu propice à une réflexion désintéressée, « dans un contexte d’une spirale générale vers la guerre dans laquelle on cherche à nous entraîner ».