Category: societe

  • En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    « Luttopia a besoin de vous pour survivre. Cinq salariés sont menacés de perdre leur emploi, des dizaines de personnes leurs repères, une utopie qui serait marquée par l’adversité et la logique budgétaire », alerte l’association dans le texte qui accompagne la collecte en ligne solidaire lancée mi-avril sur le site Helloasso*.

    Objectif : rassembler, d’ici fin juin, 50 000 euros qui manquent à une trésorerie exsangue. « On a dû faire le choix d’arrêter nos activités principales pour se concentrer exclusivement sur cette levée de fonds, car on arrive au bout de notre trésorerie fin juin. Ce qu’on a en banque va nous permettre d’assurer nos charges fixes jusque-là, mais pour l’instant on n’est pas en capacité de se projeter plus loin », explique la directrice de l’association, Gwen Lasne.

    Depuis 2022 et un accord trouvé avec la Ville de Montpellier, le squat des anciennes archives départementales, devenu association d’utilité publique, poursuit sa mission de mise à l’abri et d’accompagnement des plus vulnérables dans une maison située 88 bis, avenue de Toulouse, mise à disposition par la collectivité. Deux fois par semaine, Luttopia permet ainsi à une cinquantaine de personnes – hommes, femmes, enfants – « de répondre à des besoins primaires : douche, linge, repas, collation, animation, vestiaire, repos, accompagnement social global », liste Gwen Lasne. Au point que la maison de l’avenue de Toulouse est devenue le 4e lieu d’accueil de jour de la Ville de Montpellier.

    Un avenir incertain

    « Depuis environ un an, et c’est encore plus vrai depuis 6 mois, on a quasiment doublé l’effectif. On est passé d’une moyenne de 22-25 personnes accueillies deux fois par semaine à 48-52 personnes désormais », indique la directrice. Hélas les financements, eux, sont inversement proportionnels à la fréquentation. « Les dotations à la baisse qui frappent les collectivités locales se répercutent sur le mouvement associatif. Quant aux Fondations, elles ont moins de donateurs donc elles allouent un peu moins d’argent aux associations qu’elles soutiennent ». La Métropole de Montpellier contribue ainsi cette année à hauteur de 9 000 euros, « largement en deçà de ce qu’on a eu les 3 premières années, où on tournait autour de 40 000 euros » ; la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) verse 20 000 euros (au lieu de 35 000 auparavant) ; la Fondation de France, quant à elle, apporte 12 500 euros sur l’année. Des sommes qui ne suffisent pas à absorber l’augmentation des charges fixes et surtout l’embauche, devenue nécessaire, de 5 salariés (3,5 équivalents temps plein). « Sur un an, il nous faudrait une enveloppe d’un peu plus de 90 000 euros », évalue la directrice de Luttopia. Le choix a donc été fait de stopper les activités de l’association -qui dispose aussi d’un espace d’hébergement dédié à l’accueil de femmes en situation de vulnérabilité- afin de se consacrer à une levée de fonds pour tenter de rassembler 50 000 euros. « C’est ce qui nous permettrait de tenir une année supplémentaire », indique le texte présentant la démarche. « Tout don, même modeste, compte », insiste Gwen Lasne, qui précise que ces dons peuvent être défiscalisés. Le 11 mai, 20% de l’objectif avait déjà été atteint.

    Outre la question financière se pose celle de la convention d’occupation du bâtiment de l’avenue de Toulouse, qui arrive à échéance au 30 septembre. « On attend de voir ce que vont proposer, ou pas, les services de la Ville », indique la directrice de Luttopia. « L’idéal serait que la collectivité nous mette à disposition un nouveau site, mais pérenne cette fois-ci, dans lequel on puisse déménager nos missions d’accueil de jour et pourquoi pas créer quelques places d’hébergement. Il faut qu’on sorte de cette précarité permanente si on veut pérenniser notre activité », insiste-t-elle. Une rencontre est prévue le 28 mai pour évoquer le sujet avec la nouvelle adjointe aux solidarités, Muriel Ressiguier.

  • Beau succès populaire de la saison méditerranéenne

    Beau succès populaire de la saison méditerranéenne

    Marron châtaigne, orange saumon, bleu marine, et une petite touche de jaune. Le studio Fotokino (1er) tient du carrefour des couleurs méditerranéennes. Les adultes contemplent les cadres colorés, tandis que les minots dessinent. Jusqu’au 30 mai, l’atelier proposera vernissages, conférences et activités dessin, autour de couleurs françaises, mais aussi marocaines et tunisiennes. « C’est une occasion de rendre l’art accessible à tous. Il y a un vrai travail de transmission qui passe par la culture. L’identité méditerranéenne ici à Marseille est marquée, retrouver autant de diversité peut permettre à tous de s’y retrouver », apprécie Sarah, artiste marseillaise, venue « s’inspirer » au gré des œuvres.

    Un peu plus loin, aux ateliers Jeanne-Barret (15e), où sont présentées les œuvres produites par une quarantaine d’artistes gazaouis, Karena et son mari acquiescent : « L’un des poèmes évoque ces enfants gazaouis qui ne se réveilleront plus, dans un cadre mélancolique, qui fait appel à ce que l’on connaît comme les oliviers, les citronniers, cette chaleur méditerranéenne. Ces œuvres nous transportent, en faisant appel à des sens qui nous sont familiers », commentent-ils. Tous deux algériens, ils s’avouent « touchés » par les poèmes, photos et dessins exposés. C’est en tout cas la promesse de la Saison Méditerranée, qui se veut solidaire. Le dispositif rassemblera, pendant 6 mois, plus de 60 villes en France en Algérie, ainsi qu’en Égypte, Tunisie, au Maroc et au Liban autour de l’art avec la volonté « d’unir et connecter les populations, valoriser les diasporas », selon les mots du président de la République. Une volonté que Pauline, autre visiteuse des ateliers Jeanne-Barret, espère ne pas voir « s’essouffler », au terme de cette fin de saison. « C’est important de valoriser les cultures et artistes d’autres pays, surtout dans ce climat actuel sous tension. J’espère simplement que ce programme aura autant de portée que l’on souhaite. »

    De retour au Vieux-Port, sur l’esplanade Gisèle-Halimi (2e), les curieux semblent plutôt convaincus. En seulement quelques minutes, une foule de Marseillais encercle la troupe de danseurs chorégraphiés par Taoufik Izeddiou. Sur des sonorités contemporaines méditerranéennes, les artistes professionnels bougent de manière désorganisée. Une volonté artistique assumée, qui séduit certains spectateurs. Benoit s’agite de droite à gauche, fait parfois bouger ses épaules. Le quarantenaire est émerveillé : « Je suis Tunisien et ces influences musicales me rappellent mon enfance. J’ai juste envie de les rejoindre et danser avec eux », lance-t-il. Marina et ses amies partagent son ressenti. Les trois trentenaires applaudissent cet événement gratuit et au grand jour, qui « permet à tous d’assister et de participer ».

    Événement privatisé ?

    Pour autant, certains rendez-vous n’ont pas fait que des heureux. Il en est de l’organisation du spectacle de Mohamed El Khatib au Mucem prévu pour 20h, vécue comme « mépris » par « plus de 200 Marseillais », dénonce Céline. « Le Mucem a fait attendre dans le vent, sur le J4, plus de 200 personnes alors que l’équipe d’organisation savait que la jauge de l’amphithéâtre (330 places) était déjà préremplie par les invités des 23 mères-danseuses, la presse, et des programmateurs éventuels ou partenaires. » Quelques dizaines de personnes seulement ont pu finalement assister au spectacle, atteste-t-elle, les autres ont attendu plus de deux heures, « pour rien ». Un « scandale » s’insurge la Marseillaise. Au-delà du « manque de communication », elle considère que le site tenant d’un service public a tout simplement organisé « une soirée privée ».

    Hormis cet incident, l’ensemble des visiteurs semblent unanimes pour saluer l’événement, sa portée culturelle et artistique, et les liens ainsi tissés ou retissés entre les différentes rives de la Méditerranée.

  • Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

    Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

    Le voilier Hétérotope, devenu centre culturel embarqué de la flottille pour Gaza, a permis samedi de livrer des témoignages sur le blocus naval illégal de la Palestine alors qu’Israël menace à nouveau d’arraisonner dans les eaux internationales les 50 navires de la flottille partie vendredi de Grèce.

    « C’est ici un petit coin d’humanité et de Palestine et vous savez combien pour la Ville de Martigues la question de la paix, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est importante surtout quand on voit ressurgir des fantômes » a dit Florian Salazar-Martin (PCF), adjoint au maire en charge de la culture.

    « Gaza vit sous blocus hermétique depuis 20 ans », énonce Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix, qui présente son livre Du projet sioniste au génocide. « Les Gazaouis sont punis collectivement, ont subi des bombardements incessants. Plus personne ne peut douter du mot “génocide” et l’Europe et les États-Unis en sont coauteurs. Il ne reste plus que les sociétés civiles du monde entier et ces flottilles sont un exemple formidable. Elles se substituent à la lâcheté, à la complicité de nos politiques. »

    Le collectif d’habitants de l’Estaque est présent. « Plus de 150 habitants sont venus à soutenir la flottille Thousands Madeleens To Gaza qui s’était amarrée en mars à l’Estaque et qui a rejoint en avril la flottille Global Sumud partie de Barcelone le 31 août. Nous exposons les dessins réalisés par des enfants de l’Estaque pour les enfants de l’école El-Watan à Gaza », montre Fathi Bouaroua qui souhaite ardemment un jumelage avec Marseille. « Ces dessins ont été très appréciés des petits Gazaouis. Ils ont tout imprimé et affiché sur leur tente », explique Maeva, une des enseignantes qui a participé à cette correspondance de dessins, de poèmes et de lettres avec l’association Education For Gaza pour des enfants qui vivent et sont scolarisés dans des conditions matérielles et morales épouvantables.

    « Il y a tout un processus d’invisibilisation de la culture palestinienne » rappelle l’organisateur Émilien Urbach, journaliste à l’Humanité, arrêté et arbitrairement retenu par les Israéliens. « Ce n’est pas pour rien que les journalistes sont les premières cibles à Gaza, que les chercheurs, les enfants sont tués à Gaza et de plus en plus en Cisjordanie. C’est un processus qui participe de tuer cette culture, de tuer l’existence de ce peuple, sa vitalité, sa créativité. C’est pour ça qu’on a créé ce bateau – le centre culturel embarqué – et qui comme, une criée après la pêche donnent tout ce qu’ils ont récolté. »

    Doyenne de la flottille attaquée le 8 octobre, Isaline Choury, 82 ans, a témoigné de la violence inouïe de l’armée israélienne qui a kidnappé 176 militants. « Un type très massif me frappait en criant en français “bienvenue en enfer !” » a relaté la fille du résistant corse, Maurice Choury et nièce de Danielle Casanova, la résistante communiste assassinée à Auschwitz. « Il y a eu pire. Trois de ma flottille ont été dénudés, un chien leur a pissé dessus et ils ont été violés (…). Depuis, je milite. Ils n’ont pas gagné. Je suis debout et vivante. Ils n’ont pas fini de m’entendre. Ils ne gagneront pas ! »

  • Digue du Large : 21 visites cet été sur réservation

    Digue du Large : 21 visites cet été sur réservation

    La Digue du Large, ouvrage portuaire exceptionnel dans l’emprise dirigeante du Grand Port maritime de Marseille, sera ouverte au public du 27 juin au 5 septembre pour 21 visites organisées par l’office de tourisme.

    Pas de précipitation car il faudra attendre le 12 juin pour pouvoir réserver. Les créneaux seront ouverts pour des visites tous les mercredis et samedis à 8h30. Une fois obtenu ce sésame gratuit mais obligatoire, il faudra se présenter impérativement 30 minutes avant le départ. Les places réservées sont gardées jusqu’à 15 minutes avant le départ. Au-delà, elles seront rendues disponibles et proposées aux personnes présentes sur place non munies de billets. Les places sont mises en ligne tous les 15 jours. Les réservations pour les 15 premiers jours d’août seront ouvertes fin juillet.

    La Digue du Large a été construite à compter du milieu du XIXe siècle sur un projet initié en 1844 sous le règne de Louis-Philippe et a continué à évoluer sous Napoléon III. Elle a été achevée en 1925. La Digue a été une réponse directe à la nécessité de moderniser le port et d’accroître sa capacité à accueillir des navires de plus en plus grands, en phase avec l’industrialisation croissante. Aujourd’hui la Digue s’étend sur près de 7 kilomètres de l’entrée du Vieux-Port jusqu’à l’Estaque. Elle est fermée au public depuis 25 ans.

    Le collectif des Libres-nageurs revendique « l’accès simple et gratuit à la Digue sur toute sa longueur, dans toute sa splendeur, tout le long de l’année dans le respect de l’activité du GPMM ». Pendant la campagne des municipales, le Printemps marseillais a annoncé la réouverture de la Digue aux Marseillais avec accès envisagé par le pont Pinède après réaménagement, et via une barge mobile reliant le J4 à la Digue.

  • L’intelligence artificielle à la portée des citoyens

    L’intelligence artificielle à la portée des citoyens

    Ateliers de formation, conférences, des « cafés IA » et même un escape game seront proposés au fil de cette semaine dans tous les départements de la région dans le cadre de cette Semaine de l’IA pour tous. Un événement d’envergure nationale destiné à mettre à la portée de chacun cette technologie car « l’intelligence artificielle n’est pas réservée aux experts. Elle transforme déjà notre quotidien et nos métiers, et il est essentiel que chaque citoyen puisse la comprendre et l’expérimenter » considère Anne Le Hénanff, la ministre déléguée en charge de l’IA et du numérique. Bref, « une formidable occasion de démocratiser ces connaissances, de stimuler l’innovation responsable et de renforcer notre culture numérique collective ». Et il y a du boulot. Selon le baromètre du numérique (2025), près d’un Français sur deux utilise l’intelligence artificielle au quotidien, mais plus de 51% des citoyens n’auraient pas confiance en l’IA et 76% ne seraient pas assez formés et en ressentent le besoin. Parmi les différents rendez-vous, l’espace Ludik’action propose une conférence ce lundi à 18h, donnée par Nouredine Azzouz, le président de l’association éponyme et expert en numérique. L’IA n’est pas à proprement parler une « révolution », selon lui, mais « une évolution. On améliore les outils, l’IA en fait partie, on en crée qui sont de plus en plus performants dans le but de gagner du temps », résume-t-il, en démystifiant tout une imagerie miraculeuse au passage. Reste que cette avancée majeure est souvent opposée à l’emploi, dont il sera d’ailleurs fortement question cette semaine au regard du nombre d’ateliers portés par France Travail et ses partenaires. « Une opposition due à un capitalisme exacerbé, lorsqu’il n’y a pas de redistribution équitable », pose l’expert. « L’essor de l’intelligence artificielle révèle les limites de ce capitalisme », estime-t-il. Et nombre de professions et de métiers, des ingénieurs aux graphistes, qui avaient été jusque-là épargnés par les précédentes se retrouvent aujourd’hui directement « menacés ».

    Reste que l’événement avec ces dizaines de rendez-vous dans toute la région entend rendre accessible à tous, particuliers comme professionnels, l’utilisation de l’IA.

    Retrouvez les événements près de chez vous sur la carte interactive de la Semaine de l’IA: https://semaine-ia.fr/

  • Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Un électrochoc. C’est ce que souhaitait Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille, au lendemain de l’assassinat de son frère Mehdi le 13 novembre dernier, dénonçant inlassablement l’emprise d’un narcotrafic de plus en plus puissant et violent. Un meurtre « d’intimidation » qui marquait un « point de bascule » avait analysé à chaud le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez (alors que l’hypothèse d’une erreur sur la cible est plus que probable selon Le Monde de ce 12 mai), ce dernier promettant de se rendre régulièrement à Marseille.

    Depuis, il y a annoncé le 9 avril la reprise en main par la police judiciaire (PJ) des opérations et surtout une meilleure coopération entre les services. Il a aussi lancé un plan « Investigation » pour renforcer les capacités de la PJ pour faire face à l’évolution du crime organisé mais surtout remédier à la crise de la filière après la réforme de la police nationale. D’après une mission d’information menée en 2025 pour en faire le bilan, 82% des fonctionnaires se disaient insatisfaits de leurs conditions de travail et 77% en sous-effectif.

    Concrètement, la préfète de police déléguée n’a de cesse de relayer le message de l’État assurant de sa « mobilisation déterminée contre le narcotrafic, avec un recours rapide et ferme à tous les leviers disponibles », au fil des annonces de saisies de cannabis ou de cocaïne.

    Des policiers mobilisés

    Fin avril, elle affichait un bilan positif de « +18% de mise en cause au premier trimestre 2026 » soit un total de 1 044 personnes. Outre l’enquête, la doctrine, c’est aussi de s’attaquer aux petites mains avec les interdictions administratives de paraître, le cap des 200 ayant été franchi fin avril dans les Bouches-du-Rhône, sans oublier les consommateurs avec 8% d’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants au premier trimestre 2026.

    Les maires tentent aussi d’agir. Une fiche pratique élaborée par la gendarmerie nationale, avec l’Association des maires de France (AMF), a été publiée cette semaine sur la plateforme Gend’élus évoquant notamment la prévention.

    Reste que la tâche est immense. Dans son rapport rendu le 10 avril sur l’état de la menace, le Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) pointe un « niveau de violence sans précédent », des « profits criminels [qui] s’accroissent », et des réseaux qui « ont su mettre à leur profit toutes les avancées technologiques » indiquait sa cheffe, Annabelle Vandendriessche.

    De la technocratie pour la CGT

    Réagissant à l’annonce du plan « Investigation » et de ses 125 mesures, la CGT Intérieur estime que le gouvernement « empile les mesures techniques sans jamais affronter la réalité : la police judiciaire traverse une crise structurelle ». Le syndicat rappelle « le manque d’effectifs, l’absence de reconnaissance des enquêteurs et une organisation déjà fragilisée » et appelle à « un changement de cap ». Le syndicat propose de revaloriser le métier, de « garantir des effectifs » ou encore de « maintenir un lien fort avec l’autorité judiciaire ».

  • Une association citoyenne pour le Camembert Cousteau

    Une association citoyenne pour le Camembert Cousteau

    Après avoir sauvé le Camembert Cousteau de la disparition, le collectif Faites le Grand Estaque avec nous ! (Faites GEAN !), passe à l’étape supérieure en se constituant en association. Une phase qui préfigure la mise en place d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) associant les collectivités locales et partenaires privés. À savoir ici, la Ville et le Grand Port maritime de Marseille (GPMM). L’idée est de faire de ce bâtiment d’exception « un tiers-lieu entre terre et mer, entre port et ville », résumé Michel Teule de la Fédération des comités de quartiers (CIQ) du 16e arrondissement de Marseille.

    Le but est d’intégrer au sein du conseil d’administration le maximum d’acteurs du territoire mobilisés sur les sujets « d’artisanat, éducation populaire, la culture, le lien social », détaille Ludovic Laurens de l’association Thala. Lui et Samantha Berardo de la coopérative Hôtel du Nord insistent sur l’emplacement de l’édifice idéal pour mener des projets par et pour les habitants. « Nous voulons profiter de cet espace pour faire émerger des débats, des envies des citoyens, des projets. C’est une revendication que l’on porte : que nos quartiers Nord soient traités au même titre que le reste de toute la superficie que le port possède chez nous », appuient-ils.

    La fédération des CIQ du 16e, Thala et Hôtel du Nord formeront ainsi le trio de membres fondateurs de la future association.

    Négociations autour

    du futur loyer

    Le « Camembert Cousteau », est le nom donné à ce bâtiment où le célèbre explorateur marin au bonnet rouge aurait imaginé en 1966 le Saga, un sous-marin qui sera réalisé en 1981 par la Comex et Ifremer. Puis, l’édifice a abrité pendant près de 20 ans un centre de balnéo et de thalassothérapie ayant fait faillite à la suite de la pandémie de Covid-19. Le GPMM est propriétaire du foncier de ce bâtiment circulaire, désamianté et voué à la démolition avant que des habitants et associatifs se mobilisent alors l’an dernier pour le préserver et l’exploiter.

    Une fois l’assemblée constituante réunie ce lundi soir, ses membres entendent entrer en négociations avec le Port pour louer le lieu. Et ce, avec le concours de la mairie des 15e et 16e arrondissements – qui leur a déjà apporté son soutien – et la maire centrale. « Nous sommes une structure associative, avons une économie qui est différente, notre objectif est d’avoir un impact social sur le territoire », pousse Ludovic Laurens.

    Et d’ici là, de continuer à organiser des événements festifs comme le 25 avril où quelque 500 personnes étaient réunies. Un moment festif et revendicatif, qui tend à un objectif assumé : s’opposer à la privatisation du littoral Nord. « C’est un peu une révolution culturelle pour le port mais on y arrive petit à petit », veut croire Michel Teule.

  • Six associations pointent les zones de flou du projet de la Tech Valley

    Six associations pointent les zones de flou du projet de la Tech Valley

    Elles sont six associations, à contester le projet Tech Valley. Il y a près d’un mois, la Ville d’Aix-en-Provence, l’association des entreprises du pôle des Milles et la maire, Sophie Joissains, annonçaient officiellement le lancement du projet : un pôle technologique de quinze hectares, entièrement dédié à l’innovation en matière d’aéronautique, au spatial et à la défense. Le projet, n’a pas manqué de faire réagir. Six associations s’interrogent d’un même ton sur le projet. Sur son aspect économique, pratique… L’Adava, Association pour le développement des alternatives à la voiture à Aix, le Cercle Mirabeau, le Comité d’intérêt de quartier Millois, mais aussi l’association Devenir, la Fédération nationale des usagers de transports (FNAUT) et France nature environnement (FNE13) signent un courrier commun. « Celui-ci nous interroge quant à sa finalité et à l’absence de desserte en transports dignes de ce nom (…) et quant à l’insuffisance de l’offre de logements pour héberger les futurs employés et contribuer ainsi à réduire les mouvements pendulaires », pointent, dans un premier temps, les signataires.

    Un « moratoire » demandé

    Ils s’interrogent aussi de l’arrivée d’un tel projet, au vu de la situation financière de la Métropole. Celle-ci, présente un déficit de 123 millions d’euros et est « particulièrement préoccupante, au regard des moyens nécessaires pour pallier ces carences et attirer ainsi ces nouvelles entreprises (…) Les investissements requis pour pallier les retards pris en matière de transport : 150 millions d’euros HT pour un hypothétique BHNS, par ailleurs véritable tortillard, mettant le centre d’Aix à 45 minutes du pôle d’activités, sachant qu’un projet de création d’une 3evoie sur la RD9 aurait pu, à moindre coût, contribuer à largement désengorger ces accès ». Pour rappel, fin 2025, la Métropole annonçait pour la fin 2030, une nouvelle ligne BHNS, notamment pour faciliter la desserte au pôle d’activité. De façon générale, les associations appellent à une « approche globale » et demandent un « moratoire, dans ces aménagements », pour être entendues et concertées, Lors de la présentation du projet, Sophie Joissains, maire d’Aix, avait rassuré sur le point des financements. « Sachez que les collectivités qui voient les prélèvements de l’état se poursuivre d’année en année, sont évidemment très inquiètes. Nous avons d’autant plus besoin d’avancer, et de faire en sorte que notre économie soit florissante et apparaisse comme une économie d’avenir », rappelait-elle.

  • L’ex de Laëtitia jugé pour viols et proxénétisme dès ce lundi à Digne

    L’ex de Laëtitia jugé pour viols et proxénétisme dès ce lundi à Digne

    Ce lundi s’ouvre devant les assises à Digne le procès de Guillaume B., directeur d’une agence bancaire manosquine accusé d’avoir torturé, violé et livré à la prostitution à « des centaines d’hommes » son ex-compagne Laëtitia. Ils se sont rencontrés en 2015. Laëtitia, alors préparatrice en pharmacie, était âgée de 32 ans, et Guillaume B. de 42 ans. Dans Sept à Huit, elle se confie sur les violences physiques et psychologiques qu’elle a subies dès le début de la relation : « Il me demandait de lui envoyer des photos pour voir comment j’étais habillée, il me demandait où j’étais. » « Très vite », les menaces de mort arrivent. Guillaume B. « menaçait de me faire perdre mes enfants, de diffuser à ma famille des choses de ma vie intime ».

    Parmi les violences subies, « au début, des gifles jusqu’à ce que je perde une dent », puis « des coups de ceinture, des fessées à me faire des marques pendant deux semaines, des coups de planche à découper, de câbles électriques. Il m’a déjà étranglée plusieurs fois jusqu’à ce que je perde conscience, il me mettait des sacs-poubelles sur la tête jusqu’à ce que je perde conscience », témoigne-t-elle. Ces violences avaient lieu « la nuit, le jour quand mes enfants étaient à l’école, à la maison, sur des parkings, des aires d’autoroute ». Elle dit « avoir dissocié par moments » et ne pas se rappeler de certaines violences en raison du traumatisme subi. Chasseur, il conservait quatre armes à leur domicile. « Il y avait une carabine tout le temps chargée dans le salon. »

    Guillaume B. l’inscrit ensuite sur « des sites d’escortes, de prostitution » pour la livrer à « des centaines d’hommes », raconte-t-elle. Elle n’a pas subi de soumission chimique car « il disait qu’il fallait que je me rende compte de ce qu’il m’arrivait ».

    Forcée à se prostituer, même enceinte

    Certains payent « très cher » pour avoir des rapports sexuels avec elle et lui faire subir des violences physiques, « chez eux ou dans des hôtels », témoigne-t-elle. Elle subit des violences « même enceinte, avec des contractions, à six mois de grossesse. J’ai même été hospitalisée ». Elle essaye de s’opposer, mais « plus je m’oppose, plus il est frustré et devient dangereux. Mon corps s’en souvient », explique-t-elle. Pendant ses rendez-vous médicaux, elle doit l’appeler pour qu’il écoute toute la conversation.

    Au bout d’un moment, « je me suis dit, c’est soit je pars, soit je meurs ». Un jour, « une amie dont je n’avais pas de nouvelles depuis cinq ans m’envoie un message. J’étais alors aidée par une association et une psychiatre. On s’est appelées et je lui ai tout raconté ». Son amie prévient alors les forces de l’ordre, et c’est là que l’instruction commence.

    Encore aujourd’hui, elle porte des séquelles, est « incontinente », a « des douleurs dans tout le corps », dort « deux ou trois heures par nuit » et prend de la morphine et des anxiolytiques. Elle est reconnue adulte handicapée. Elle est mère de quatre enfants âgés de 8 à 23 ans, dont la dernière est de lui. « Pour elle, c’est pas son père. Elle l’a rayé complètement. Elle a vécu la peur. Pendant sept ans, avec les enfants, on était séquestrés. Les seules sorties autorisées pour eux, c’était l’école et chez leur père », se rappelle Laëtitia. Les expertises psychiatriques décrivent Guillaume B. comme « sadique, pervers, dangereux », selon Sept à Huit.

    Laëtitia a refusé le huis clos. « Il m’a tenue avec la peur, avec la honte. C’est lui qui devrait avoir honte, moi j’ai subi », déclare-t-elle, espérant pouvoir aider d’autres femmes à parler.

    Le procès commencera ce lundi à 14h, avec l’examen des faits qui durera jusqu’à ce mardi. Les personnalités de Guillaume B. et de Laëtitia seront ensuite étudiées mercredi, à l’aide notamment d’expertises. Les parties civiles seront entendues jeudi matin, puis les avocats plaideront et le procureur énoncera ses réquisitions l’après-midi. L’accusé prendra la parole et le délibéré sera rendu vendredi. Guillaume B. encourt la perpétuité.

  • Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Les regards convergeront lundi dans le box vers Félix Bingui, 35 ans, alias « Le chat » ou « Féfé », présenté comme « le chef incontestable » d’un important réseau de stupéfiants du clan Yoda, ce qu’il nie. Le principal point de deal de la Fontaine à La Paternelle (14e) générait autour de 100 000 euros de recettes par jour. 19 autres prévenus répondent aussi à des degrés divers de trafic de stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de blanchiment et de non-justification de ressources.

    Le 2e arrondissement a d’abord constitué la matrice de l’équipe dite des Carmes qui s’est ensuite donnée pour nom « Yoda » en se confrontant dès février 2023 à sa puissante rivale la « DZ Mafia » qui l’a depuis supplantée au terme d’une longue série de règlements de comptes se soldant par une effroyable hécatombe.

    Longtemps au vert à l’étranger pour échapper à la guerre qui faisait rage à Marseille et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Félix Bingui a été arrêté en mars 2024 au Maroc puis extradé vers la France en janvier 2025. Estampillé dans le « haut du spectre » du narcobanditisme, il est incarcéré à la prison de haute de sécurité de Vendin-le-Vieil surnommée la « prison des narcos » et mis à l’isolement en cellule ultra-sécurisée.

    Félix Bingui est un franco-camerounais né en 1990 à Alès dans le Gard. Il a grandi à Nîmes avant de s’installer à Marseille à la fin des années 2000, de se mettre au charbon dans le quartier des Carmes puis d’être incarcéré en 2010. Le casier judiciaire de Bingui porte depuis trace de 13 mentions notamment pour vols, association de malfaiteurs, trafics de stupéfiants.

    Les investigations de l’Office antistupéfiants ont conduit au démantèlement de ce réseau d’envergure particulièrement organisé, hiérarchisé, avec des rôles répartis entre les différents acteurs pour les convois, le conditionnement de la cocaïne et du cannabis, la collecte de l’argent, le recours à des appartements « nourrices » disséminés pour le stockage des stupéfiants, de l’argent et des armes, l’utilisation de lignes téléphoniques dédiées et changeantes et de communications cryptées, le recours à des prête-noms, l’équipement en armes et munitions dans l’optique de la confrontation avec le clan adverse.

    Pour les enquêteurs, Félix Bingui se positionne en chef d’équipe, prodigue instructions et conseils. C’est celui à qui chacun rend compte, celui qui règle les conflits, celui qui bénéficie de transferts d’argent internationaux, celui qu’on sollicite parfois pour la fourniture d’armes. II possède deux villas à Dubaï où il jouit du statut de résident et circule en Ferrari. À Dubaï, le cercle des affidés vit grand train dépensant 300 000 euros en un mois en restaurants et boites de nuit, locations de voiture de sport. Aux enquêteurs, il explique son train de vie par ses économies, son activité de revente de véhicules depuis la prison, se disant aussi très doué en paris sportifs.

    Des écoutes rapportent un accident de la route survenu en 2022 à Dubaï ayant causé la mort d’un tiers. Pour protéger Mohamed H dit « Pirate » qui serait l’auteur, décrit comme son bras droit, son collecteur d’argent, son responsable pour l’approvisionnement en résine, le clan désigne un autre membre pour endosser la responsabilité, en échange de quoi « Pirate » lui verse 200 000 euros pour sa caution et ses frais d’avocat, l’entretient à hauteur de 10 000 par mois pendant un an et demi.

    « Le chat » se sait menacé. En novembre dernier, 9 membres présumés de la DZ Mafia ont été interpellés pour avoir tenté de l’assassiner en Espagne. C’était le 17 mai 2023, deux individus cagoulés ouvraient le feu sur Bingui et Zino, un comparse, attablés en terrasse d’une cafétéria près de Marbella, les blessant légèrement.