Ouverte à toutes et tous de 10h à 18h au parc Borély (Marseille 8e), cette fête « sera une grande rencontre populaire autour de l’enfance et de l’éducation », annonce la Ville. « Elle donnera à voir une ville à hauteur d’enfants, pensée pour leur permettre de s’épanouir, de grandir et de devenir de jeunes citoyennes et citoyens. »
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![[Quoi de neuf] « L’IA est une machine, elle ne pense pas… »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/6735a982b8af7c492fe549dac903639e.jpg)
[Quoi de neuf] « L’IA est une machine, elle ne pense pas… »
Françoise Verna :
Valérie Bussières, vous êtes psychanalyste, comme vos deux collègues, et déléguée régionale de l’Association de la Cause freudienne (ACF) en voie domitienne. Pourquoi l’association s’empare pour son colloque*, le 6 juin, de l’Intelligence artificielle, avec cette interrogation : « L’IA, ça vous parle ? »
Valérie Bussières : Pourquoi on parle à une machine ? Et est-ce que la machine nous parle ? Cette thématique de l’IA « parle » effectivement à de nombreuses personnes. Elle est connectée à notre société et aux enjeux contemporains. Mais c’est aussi en lien avec l’Association de la Cause freudienne qui met au travail les concepts de la psychanalyse et l’idée de transmettre la psychanalyse.
Olivier Nottale : Dans la psychanalyse, la parole est centrale. En quoi l’entrée en jeu de l’IA, de plus en plus performante, vient percuter votre travail ?
Caroline Nissan : Les réponses seront une séquence du colloque où il sera question du « transfert »** tel que l’on peut l’entendre dans la psychanalyse. Et du « transfert » à la machine. Qu’en est-il de ce « transfert » ? Et qu’en est-il du savoir qui sera en jeu quand on interroge la machine ? Il y a là un enjeu de taille car dans la séance analytique, la rencontre avec un psychanalyste se fait en présence. Il y a le corps, la temporalité. Il n’y a pas cet échange avec un partenaire « en miroir ». C’est tout le but de ce colloque.
Françoise Verna : Allez-vous expliquer le 6 juin ce que l’on entend par « intelligence artificielle » ? La définition est importante ?
Valérie Bussières : Dans notre colloque, nous avons invité un mathématicien, Olivier Ripoll, qui est aussi un expérimentateur en IA. Il nous dépliera ce qui fait énigme, quelque part. C’est une inquiétante étrangeté car il y a quelque chose qui nous cause mais qui reste en même temps une boîte noire. C’est une machine, elle ne pense pas. Ce terme d’« intelligence » pose d’ailleurs problème.
Caroline Nissan : Un des points que nous aborderons c’est aussi la question du silence et de la temporalité. Les patients nous le disent. Une jeune femme que j’ai vue il n’y a pas longtemps m’a dit : « Je parle à l’IA mais en fait ce qui ne me plaît pas c’est que c’est tout et tout de suite. »
Françoise Verna : Justement, comment appréhendez-vous l’usage de l’IA par les patients ?
Caroline Nissan : Certains de nos patients et de nos analysants utilisent l’IA. Ce qui est intéressant, c’est de chercher quels usages ils en font. Effectivement, il y a peut-être deux ans maintenant, dans des affaires liées à l’IA, deux adolescents avaient été poussés au suicide et cela avait reconduit à un reformatage de l’IA avec des messages diffusés pour s’adresser à un praticien en cas de propos suicidaires.
Olivier Nottale : Le danger est aujourd’hui dans l’intimité des chambres, notamment des adolescents. Comment agir, prévenir ?
Valérie Bussières : Cette question sera développée, le 6 juin, par un autre de nos invités, Gilles Mouillac. C’est un psychologue clinicien qui travaille dans un centre assez particulier à Bordeaux, le Nom Lieu, qui accueille des jeunes entre 15 et 25 ans, psychotiques et autistes, souvent en situation d’exclusion sociale. Le point de départ du travail, c’est une accroche par le numérique sous toutes ses formes : photo, jeu vidéo etc.
Françoise Verna : Si je vous entends bien, il ne s’agit pas de diaboliser l’IA ?
Valérie Bussières : lors de la préparation du colloque, il y a un an, en lisant divers auteurs, deux axes se distinguent : l’IA est soit une dystopie soit une utopie. La psychanalyse n’a pas à se positionner. C’est plutôt une troisième voie : savoir se renseigner, qu’est-ce l’IA… Le colloque sera divisé en deux temps : les causes, cette machine qu’est-ce que c’est ? Puis, pourquoi on parle à une machine ? et, ensuite, quel usage on peut faire de l’IA. On s’interrogera dans l’après-midi sur les conséquences dans la civilisation, qu’est-ce que cela modifie dans les liens sociaux.
Olivier Nottale : Un concept va aussi être expliqué et mis en débat lors de ce colloque : l’effet Eliza. Pouvez-vous d’ores et déjà nous éclairer ?
Stéphanie Cahuzac-Morel : Dans les années cinquante, la question de la distinction entre l’homme et la machine se posait déjà. À la grande stupéfaction de son inventeur [Eliza fut le premier robot conversationnel à usage psychologique], il y a eu [de la part des utilisateurs] une supposition de « savoir » de la machine. C’est cela l’effet Eliza, croire que la machine sait. Toute la question pour nous sera de montrer quelle est la structure de ce savoir supposé dans ses différences avec la supposition de savoir que fait un patient à un analyste. Cet effet Elisa vient indiquer qu’il y a quelque chose de marquant du côté du sujet.
*Colloque « l’IA, ça vous parle ? » samedi 6 juin, Palais des congrès, La Grande-Motte, de 9h15 à 18 heures Colloque ouvert au public (40 euros l’entrée). Tarif réduit pour les étudiants : 5 euros. ** « Le transfert » est indispensable à la cure psychanalytique : il s’établit dans la relation, en présence, entre la personne en analyse et l’analyste.
Écoutez l’émission en cliquant sur le lien
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Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers
Mais quelle mouche a donc piqué Robert Ménard ? En annonçant, via les réseaux sociaux de la Ville de Béziers et dans le Journal du Biterrois, canard municipal, qu’un hommage serait rendu à Victor Jara, chanteur et militant communiste chilien assassiné sous la dictature de Pinochet, l’édile d’extrême droite en a laissé plus d’un pantois.
Le 27 mai, la Ville s’apprête donc à inaugurer une statue du Chilien, place du 14-Juillet, dans le cadre de la journée nationale de la Résistance. Le maire est coutumier du fait : chaque année, un buste est inauguré : en 2025, Laure Moulin, la sœur de Jean Moulin ainsi qu’un autre de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, en 2023, celui du soldat israélien Aner Shapiro, etc. Mais cette année, au vu des valeurs prônées par Victor Jara, que tout oppose à Robert Ménard, ce choix a de quoi surprendre.
À commencer par la section biterroise du PCF, qui a annoncé organiser son propre hommage, le même jour, à 12h30
– les forces progressistes, associations, syndicats sont conviés par les communistes. « Quand nous avons appris la nouvelle, nous avons été surpris. Il n’y a rien de mentionné sur son passé de communiste. Cela nous a paru un peu fort de café et il y a peut-être une tentative de réécrire l’Histoire », fait valoir Jean-Marc Biau, secrétaire de la section PCF de Béziers et conseiller de la Région Occitanie. En effet, l’hommage est destiné à « honorer la mémoire et l’engagement du poète et chanteur chilien Victor Jara, assassiné en 1973 sous la dictature [de Pinochet] », peut-on lire sur les réseaux sociaux de la Ville. Sauf que Victor Jara, certes chanteur, est avant tout un militant communiste.Torturé par l’extrême droiteVéritable chantre de la révolution chilienne, ce dernier défendait des valeurs de solidarité, de partage des terres et dénonçait la répression militaire. « Il était également directeur de théâtre, il a dirigé plusieurs pièces où il mettait en scène le peuple », reprend Jean-Marc Biau. Autant de valeurs prônées du fait de son engagement politique. C’est d’ailleurs cet engagement qui lui a valu d’être sauvagement assassiné et torturé par les hommes de Pinochet, ses doigts avaient été brisés. Sauf que tout cet engagement disparaît comme par magie quand on lit la présentation faite par la Ville dans le Journal du Biterrois. Seul est mentionné le fait que Victor Jara est « révolté contre l’injustice. » « Quels sont les objectifs de Robert Ménard ? », s’inquiète Jean-Marc Biau. En tentant de dépolitiser un pan entier de l’Histoire, Robert Ménard veut gommer les véritables valeurs portées par la gauche, opposées aux siennes. D’où l’importance, pour les communistes, de mener ce genre d’hommage.
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« L’élève n’a aucun regard critique sur le résultat que lui donne l’IA »
« Dès lors qu’on décide d’utiliser l’intelligence artificielle, il faut toujours avoir en tête les écueils de manière à ne pas en faire un usage disproportionné », estime Stéphane Audebeau, enseignant en Sciences économiques et sociales (SES) au lycée Joliot-Curie de Sète. « Ce qu’on doit dire aux élèves, c’est de freiner la tentation quasi naturelle qui est en train de se mettre en place sur l’IA en mettant en évidence les risques qu’elle comporte, notamment les erreurs car les données ne sont pas forcément fiables », poursuit-il. « Un élève qui utilise l’IA sans réflexion, ça ne donne pas forcément une très bonne note. » D’ailleurs « il y a très longtemps que je ne donne plus, ou très rarement, de devoirs à la maison », précise-t-il. « Aujourd’hui 95% des travaux à la maison, voire certains travaux en classe, sont faits par l’IA », abonde Guillaume Marsault, professeur d’histoire-géo au lycée de Gignac et co-secrétaire départemental du Snes FSU de l’Hérault, qui a co-organisé, à l’automne, un stage sur l’IA proposé par le syndicat. « Le fond du problème, c’est que l’élève n’a aucun regard critique par rapport au résultat que lui donne l’IA. Faire faire le travail par quelqu’un quand on sait ce qu’on fait, ça peut se réfléchir. Mais quand on prend sans recul ce qui est proposé, c’est dramatique », estime-t-il. « L’écueil, c’est que l’IA peut faire disparaître toute réflexion sur les compétences et les connaissances à acquérir », renchérit Stéphane Audebeau.
D’où le défi auquel se trouvent confrontés les enseignants : composer avec l’IA, puisqu’elle est là, mais faire en sorte, pour eux-mêmes comme pour les élèves, de l’utiliser avec mesure et à bon escient. « L’administration et les corps d’inspection voient ça comme une véritable utopie, sans aucun esprit critique. On fonce dedans sans réfléchir », déplore Guillaume Marsault. « Par moments ça peut être intéressant », admet Stéphane Audebeau, « mais à d’autres moments on passe par l’IA pour faire des choses qu’on est capable de faire nous-mêmes », estime-t-il.
« Pour nous c’est
une utopie totale »« Il m’arrive de l’intégrer à ma pratique pédagogique pour faire travailler des sujets bien précis aux élèves, à partir de documents que je leur fournis et non de n’importe quelle source. Mais l’IA ne doit être qu’une ressource parmi d’autres. Il faut faire attention à ne pas tomber dans l’emballement que tentent de nous imposer l’administration et les inspections », estime le professeur de SES.
« L’IA a certes des qualités, c’est notamment un bon outil de reproduction. Elle est capable d’exécuter parfaitement toutes les tâches répétitives. Par exemple on lui donne un exercice de maths et on lui dit : décline-le moi 42 fois, elle va le faire et c’est un gain de temps pour les enseignants. On sait aussi que des IA travaillent sur les corrections de copies. D’un point de vue technique, elles sont capables de faire le boulot. Le problème, c’est d’envisager que ça puisse remplacer un enseignant », avertit Guillaume Marsault. « Pour nous c’est une utopie totale. C’est bien pour ça qu’aucun ordinateur n’a jamais remplacé un enseignant. Ce qui fait la qualité de l’enseignement c’est la relation humaine entre un groupe d’élèves et un enseignant dans une salle de classe. À notre sens, c’est irremplaçable. Notre crainte serait qu’à moyen terme, il y ait une sous-éducation uniquement avec des IA pour les pauvres et, pour les élites, toujours des enseignants. Ce serait le plus grand danger », estime le représentant du Snes.
Il pointe enfin comme une vraie préoccupation « le coût environnemental de l’IA », derrière laquelle se cachent de gigantesques serveurs affamés d’électricité et d’eau, véritables gouffres énergétiques. Sans oublier « le problème de la protection des données. On sait par exemple qu’une partie des données de l’Éducation nationale est sous-traitée à Amazon : ça pose d’énormes problèmes d’un point de vue éthique mais aussi géopolitique : que ferait-on si, du jour au lendemain, Trump décidait, en représailles de je ne sais quoi, de couper les ponts ? Tous les serveurs mères et 80% des serveurs sont aux États-Unis actuellement », illustre Guillaume Marsault.
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Vibrant hommage à Roger Martin
Prof de français à Pernes, militant communiste
et écrivain, il est brutalement décédé en janvier. « Une perte énorme loin d’être cicatrisée », s’émeut Antoine Blocier, lui aussi auteur, tout comme Philippe Pivion
et Philippe Paternolli, témoins de cet hommage. « Nous poursuivrons
aussi son combat contre l’extrême droite », promet Philippe Pivion. -

L’alerte des avocats face au Pacte sur l’asile
« Nous sommes sur un flou et une impréparation totale, et ce qui nous inquiète encore plus, un nombre important de personnes seront privées de liberté », alerte Me Morgane Belotti, membre du bureau du Syndicat des avocats de France (SAF) à Marseille. Après trois jours de formation dans la cité phocéenne, le syndicat se mobilise face à l’entrée en vigueur, le 12 juin, du Nouveau pacte européen sur la migration et l’asile. Prévue depuis deux ans, sa retranscription dans le droit national, susceptible de modifier jusqu’à 40% du Code du droit des étrangers, risque de se faire sans le moindre débat au Parlement. « Le gouvernement a sollicité l’autorisation de passer par voie d’ordonnances parce qu’il sait qu’il n’a pas la majorité nécessaire pour faire passer une nouvelle loi », déplore Me Morgane Belotti, s’alarmant de voir que « rien n’a été fait pour préparer les conséquences de ce pacte ».
Celui-ci prévoit en effet de filtrer les exilés aux frontières pour examiner leur demande d’asile, avec la possibilité de garder « à disposition des autorités » les demandeurs pour une durée pouvant aller jusqu’à 12 semaines. En clair : de les maintenir en rétention ou assignés à résidence le temps de l’instruction de leur dossier. « C’est une nouvelle maltraitance des demandeurs d’asile », pointe la responsable du SAF face à cette privation de liberté, dont le cadre n’est pas encore défini à deux semaines de son entrée en vigueur, que ce soit pour l’accompagnement par un avocat ou le contrôle du juge des libertés et de la détention. Si Roissy est la principale zone d’arrivée, Marseille est aussi concernée avec des zones d’attente à l’aéroport et au port. « En zone d’attente, il y a un état de délabrement psychique des personnes très inquiétant, cet allongement amènera à une mise en danger de ces personnes », souligne Me Morgane Belloti. En 2024, une personne s’était suicidée dans la zone d’attente de Marseille.
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À Digne, le double sens cyclable supprimé sur Gassendi
À compter du 1er juin, le double sens cyclable sera supprimé sur le boulevard Gassendi à Digne-les-Bains. Cette décision -très attendue et discutée pendant la campagne des municipales- fait suite « à une évaluation des conditions de circulation dans cet axe très fréquenté, où la cohabitation entre usagers s’est révélée insuffisamment sécurisée en raison de la configuration des voiries et des flux importants », précise la mairie. « L’objectif est de renforcer la sécurité et la lisibilité des déplacements pour l’ensemble des usagers, tout en poursuivant une réflexion globale sur des itinéraires cyclables mieux adaptés en centre-ville. »
« Partager l’espace public »La municipalité « a fait le choix de la responsabilité afin de prévenir tout accident plus grave et garantir un partage plus serein de l’espace public. La protection des piétons, notamment des personnes âgées et des familles, demeure une priorité. » Julien Di Benedetto précise que « le rôle d’un maire est d’adapter les principes nationaux aux réalités locales de terrain. Lorsqu’une configuration urbaine devient dangereuse, la collectivité a le devoir d’agir, même si cela suppose d’adapter certains dispositifs. Nous refusons d’attendre qu’un accident dramatique se produise avant d’intervenir. »
Pour autant, cette décision « ne remet aucunement en cause l’action en faveur des mobilités actives et douces », assure le maire.
« Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et vélo : il s’agit de construire des aménagements réellement adaptés et durables. Pour cela le déploiement progressif du schéma directeur cyclable se poursuivra avec des aménagements sécurisés, cohérents et adaptés aux réalités urbaines de Digne-les-Bains », insiste Julien Di Benedetto.
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Les Amis de La Marseillaise impriment aussi en Vaucluse
« Adhérez, souscrivez, nous avons besoin de vous ! », scande Léo Purguette, président et directeur éditorial du journal, en remerciant André Castelli. L’ex-conseiller municipal et départemental PCF est en effet le coordinateur du comité. « On lance l’opération aujourd’hui en recueillant des contacts pour ensuite réunir rapidement des premières personnes afin d’élaborer un plan de travail pour faire connaître et soutenir le journal », fait valoir André Castelli, qui réfléchit à une première initiative lors du Festival d’Avignon. Après le retour de notre titre en Vaucluse il y a bientôt quatre ans, en septembre 2022, « beaucoup de choses nous poussent à soutenir encore plus le journal », estime l’ancien élu. « On est entré dans une phase terrible avec l’extrême droite et le fascisme qui veulent s’emparer de tous les réseaux de communication, La Marseillaise sera un outil de rempart face à cette volonté du capital et pour appréhender la riposte », développe André Castelli.
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Collecte urgente pour la Banque alimentaire
Les collectes traditionnelles de novembre ne suffisent plus à répondre aux besoins. Confrontée à une « baisse critique des stocks de denrées de première nécessité » due à « la hausse du nombre de bénéficiaires », la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône lance une opération d’urgence sociale. Pour la soutenir, du 29 mai au 5 juin, le conseil départemental mobilise ses Maisons du bel âge pour accueillir les dons des Provençaux.
Parallèlement, les vendredi 29 et samedi 30 mai, les bénévoles de la Team 13 seront déployés dans plusieurs grandes surfaces du territoire pour prêter main-forte aux équipes de la Banque alimentaire. La collecte cible spécifiquement les produits de première nécessité manquant actuellement dans les réserves : Produits alimentaires non périssables : huile, lait, sucre, café, riz, pâtes, poudre chocolatée, conserves de légumes ou de poisson. Produits d’hygiène : dentifrice, brosses à dents, savon solide, protections hygiéniques, mouchoirs, coton, papier toilette. « Pour les bébés, la demande actuelle ne porte pas sur l’alimentaire, mais exclusivement sur les couches et les produits d’hygiène infantile », précise l’appel aux dons. Au-delà, Martine Vassal (DVD), présidente du CD 13, soumettra au vote de la commission permanente de juin, une aide au fonctionnement de 270 000 euros allouée à la Banque alimentaire.
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Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif
Poser la question, c’est déjà y répondre. Il y a deux ans et demi, la fédération des centres sociaux de Vaucluse avait organisé une table ronde en mode alerte face aux risques de disparition de structures, au nombre de 30 en Vaucluse (centres sociaux et espaces de vie sociale confondus). Est-ce que cela a été suivi d’effets ? Silence gêné et partagé chez Salima Ezzahri et Benoît Leroyer, tous deux co-délégués de la fédération, questionnés au lendemain de l’assemblée générale de la structure, tenue mardi dernier. « On développe la résilience », commente dans une litote Benoît Leroyer.
Manière polie de dire que la situation globale ne s’est pas améliorée. En juillet dernier par exemple, la fédération s’était émue d’une baisse de dotations de 400 000 euros de la part du conseil départemental. Et « l’environnement socio-économique, l’instabilité politique suite aux municipales » drainent plus d’inconnues que de certitudes. Sans procès d’intention, la fédération attend de voir quelle va être la position de la nouvelle majorité RN à Carpentras, où sont installés 4 centres sociaux. Restrictions budgétaires, précarité croissante des publics et tension permanente des équipes ont été ciblées lors de l’AG par Elsie Guillaume, présidente de la fédération. « Ce qui nous tient, c’est l’intelligence collective, de faire ensemble », a-t-elle prévenu.
« Le premier réseau social »Un message qui a pu être délivré l’été dernier lors de la venue de l’ancienne ministre de la Ville, Juliette Méadel, qui s’était rendue au centre social de la Croix-des-Oiseaux. « Il est indispensable de réfléchir nos alliances et nos partenariats entre structures de l’animation de la vie sociale car nous ne trouverons pas les réponses en étant seuls, campe Salima Ezzahri. Il devient urgent de construire une stratégie pour prévenir les risques de crises. » La fédération veut aussi faire de la pédagogie. « Le centre social est la pierre angulaire sur son territoire et joue un rôle central entre plusieurs acteurs associatifs ou institutionnels. Souvent on nous regarde comme un centre de loisirs où on fait du tricot pour les mamies, mais c’est vraiment plus large que ça, on est des acteurs clés de la cohésion sociale, de l’inclusion et de la démocratie locale », développe la co-déléguée.
« On accompagne de manière globale les habitants en leur donnant une place première, abonde Benoît Leroyer. Ça nécessite une agilité qui n’est pas connue et, avec les difficultés évoquées, met les équipes en tension. » Les centres sociaux sont quasiment tous situés en quartiers prioritaires. « À part deux, tous sont à moins de 200 mètres d’un point de deal », souligne le co-délégué, entraînant, de fait, des questions de sécurité pour les quelque 420 salariés et 1 400 bénévoles œuvrant à l’année dans ces structures. Pour autant, pas question de lâcher le terrain. « Par rapport à la précarité grandissante, le repli généré par une société en fragmentation, les centres sociaux sont plus que jamais utiles : ce sont encore des lieux où il fait bon vivre, où les gens se croisent, où on réfléchit ensemble, où on est d’accord de ne pas être d’accord, bref le premier réseau social », conclut Benoît Leroyer.
