Category: societe

  • La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    C’est une ancienne boucherie qu’une dizaine d’agents de la police municipale a officiellement investie ce vendredi 28 novembre, avenue de Saint-Jérôme (13e). Un effectif qui devrait doubler d’ici quelques mois. Après le 42, la Canebière, et avant que n’ouvre « très bientôt » la rue Loubon (3e), cette nouvelle antenne de proximité devrait permettre de mieux répondre aux demandes des habitants, a estimé le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) venu dévoiler la plaque d’entrée.

    L’idée : que la police municipale investisse tous les quartiers, « d’ici 5 à 6 ans ». « Une police qui connaît la topographie des lieux est essentielle dans le continuum de sécurité », déclare-t-il, fier de cette police « la mieux armée de France dans tous les sens du terme ». Elle « a été déterminante, essentielle, dans les enquêtes en cours », assure Benoît Payan. Un rôle accru que le maire de Marseille assume sans ambages, déplorant le manque d’effectif de la police nationale.

    « On est une grande ville, cinq fois Lyon et deux fois et demie Paris, est-ce que vous savez combien de policiers nationaux tournaient cette nuit ? 35 », affirme-t-il pour qui « ce n’est pas sur la sécurité que nous devons faire des économies » pas plus que sur « tout ce qui représente la République ». Entendre la police, la gendarmerie, les hôpitaux, la Poste, les associations, bref « celles et ceux qui font qu’on est debout ». Marseille a besoin « d’une police nationale qui soit calibrée », insiste Benoît Payan, s’indignant que l’année dernière, « le ministre de l’Intérieur ait décidé de supprimer une préfecture de police de plein exercice ». Intolérable pour l’élu dans une ville confrontée de plein fouet au narcotrafic…

  • Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    « On vient de connaître un grand coup de reculoir », se désole Pascale Hémard, présidente de la Banque alimentaire de Vaucluse. Le sujet en question est le projet de relocalisation de l’association. Locataire d’un hangar agricole en ceinture verte depuis 2008, la structure est à la fois à l’étroit et difficilement accessible aux gros camions sur les voies agricoles.

    Pour faire face à la demande croissante, qui a presque doublé en 3 ans (de 30 000 à 55 000 bénéficiaires, soit un Vauclusien sur dix), la Banque alimentaire aurait besoin d’un stockage de 1 500 palettes contre 500 actuellement. Elle offre un support logistique et des denrées alimentaires ou produits à quelque 70 autres associations de proximité.

    Cet été, l’ex-directeur Patrick Munsch -en poste grâce à un contrat de mécénat SNCF- confiait que le dossier de relocalisation connaissait, cette année, « un gros coup d’accélérateur ». Quatre mois plus tard, la présidente constate que « nous repartons de zéro ». Des discussions avancées avec la Ville avaient lieu pour une implantation non loin de là, sur le MIN (marché d’intérêt national) à Saint-Chamand, mais le projet a capoté dans le cadre de la nouvelle délégation de service public du MIN, qui sera votée ce samedi, en conseil municipal. « C’était parfait car il y avait des locaux prêts et équipés, c’était un gain de temps et d’argent », regrette Pascale Hémard. De locataire, la Banque alimentaire aimerait devenir propriétaire, mais n’a pas les reins financiers solides pour se lancer dans la construction ou lourde réhabilitation d’un bâtiment.

    Un appel à l’aide

    au Département

    L’association cherche à se relocaliser dans le périmètre actuel jusqu’à Agroparc, voire en Courtine désormais. « Pour le moment, la municipalité n’a rien à nous proposer qui convienne et le Département n’a pas de solution. Nous allons mettre la pression, il serait le partenaire le plus logique car nous servons tout le Vaucluse », note la présidente de la Banque alimentaire. En octobre dernier, le conseil départemental avait voté 20 000 euros de subvention pour participer à une étude fixant le cahier des charges de la relocalisation.

    De son côté, l’État -qui ne subventionne que l’activité mais pas l’investissement- « accompagne depuis le début avec des réunions pour le diagnostic des éventuels locaux », indique Sébastien Maggi, sous-préfet chargé de la politique de la ville. Un comité de pilotage est en place avec les différents acteurs publics et économiques.

  • Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Reflet de la suroccupation carcérale, le contentieux de la détention est important au tribunal administratif de Marseille qui statue régulièrement sur les refus de permis de visite, de transfèrement, de permis de sortie ou de parloir, de contestation de fouilles à nu répétées, de placement en quartier disciplinaire ou pour l’anecdote de refus de location de téléviseur à un détenu.

    Le tribunal vient de trancher -trois ans après son dépôt- sur la requête portée par un détenu radicalisé qui conteste le renouvellement pour 6 mois de son placement au quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) du centre de détention d’Aix-Luynes. Ce QPR étanche de 19 places, conçu dans une aile séparée de la détention ordinaire, a été ouvert en 2019. Il accueille après leur évaluation, des détenus majeurs radicalisés pouvant se désengager de leur idéologie après une prise en charge adaptée. Les plus dangereux, les plus prosélytes partent en quartier d’isolement pour prévenir les passages à l’acte violent.

    L’homme dont on ne sait ni l’identité ni l’âge a vu sa requête rejetée. Il est incarcéré depuis 2021, d’abord en quartier d’évaluation de la radicalisation (QER) dans le Val-d’Oise puis a été affecté en 2023 au QPR d’Aix-Luynes. Le jugement rappelle qu’il a été condamné à 15 ans de réclusion pour meurtre précédé d’un autre crime et un an pour dégradation d’un bien. Il a en outre menacé depuis de mort et d’agression le personnel pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et par écrit la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lyon.

    Le jugement souligne que lors de son évaluation, il a tenu « des propos inquiétants sur l’État islamique », légitimant le recours à la violence et les attentats perpétrés en France, évoquant sans complexe du djihad. « Son positionnement idéologique oscille entre le salafisme quiétiste et politique. » S’il donne « la sensation d’être une personne ingénue et crédule », le rapport d’évaluation retient sa « pratique religieuse intensifiée », sa volonté de convertir ses parents, sa barbe « plus longue et taillée ». Il fait preuve d’un repli sur soi et refuse les entretiens proposés.

    « Ce QPR n’a jamais été occupé entièrement. Il y a 10 détenus en ce moment pour 19 places et on tourne en moyenne autour de la douzaine. Par définition, on ne peut pas y transférer des détenus ordinaires alors que le taux d’occupation au CP de Luynes est de 172% », explique Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. Le QPR dispose de deux cours de promenades avec vue limitée vers le ciel, deux petites salles de sport et une bibliothèque. Un « médiateur du fait religieux » y intervient ainsi que deux mi-temps de conseiller d’insertion et de probation alors qu’en détention ordinaire, c’est 1 CPIP pour 130 détenus. « Depuis la fin du mois de mai 2024, les détenus boycottent les activités et le suivi du Spip. Ils expriment leur mécontentement en raison de l’évolution des règles de sécurité qui, si elles sont plus individualisées, leur donnent un sentiment d’injustice. En outre, ils estiment que leurs efforts pour évoluer sont mal récompensés », notait en juin 2024 un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

    Cette situation de sous-occupation interroge l’administration pénitentiaire qui envisage de réduire la capacité du QPR alors qu’un Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de 30 places doit voir le jour au premier trimestre 2026.

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • L’accès au téléphone en milieu carcéral

    L’accès au téléphone en milieu carcéral

    Le téléphone occupe une place centrale dans nos vies quotidiennes, facilitant l’accès à l’information et le maintien des liens personnels. En prison pourtant, cet outil reste difficilement accessible. Les conditions d’usage sont souvent obsolètes et très encadrées, limitant fortement le contact avec l’extérieur. Ce décalage renforce la fracture numérique et l’isolement carcéral. Bien que cette limitation soit en partie justifiée par la nécessité d’empêcher l’usage du téléphone pour organiser des trafics ou d’autres activités illicites depuis la détention, l’accès au téléphone en prison constitue néanmoins un enjeu de dignité et de réinsertion sociale.

    La réinsertion sociale, finalité de la peine selon le Code pénal, passe par la préservation des liens personnels. Le droit au respect de la vie familiale des détenus, affirmé par la loi du 24 novembre 2009, vise à favoriser ces liens notamment par l’usage facilité du téléphone.

    En pratique, les appels se font depuis des cabines situées dans les cours de promenade ou, plus récemment, depuis un poste fixe installé en cellule. Le CGLPL est régulièrement alerté de pannes prolongées de ces équipements, qui privent les détenus de communication pendant plusieurs jours. Dans les quartiers disciplinaires, les appels sont limités à un par semaine, aggravant encore l’isolement.

    La surpopulation carcérale, manifeste aux Baumettes avec 203% d’occupation, compromet aussi la confidentialité des échanges. Si certains appels peuvent être contrôlés par l’administration, ceux entre un détenu et son avocat doivent rester protégés. Or, l’absence d’isolation phonique rend cette confidentialité illusoire. Les lignes d’écoute psychologiques souffrent des mêmes contraintes : il est difficile de parler librement dans une cellule surpeuplée.

    Réseaux souterrains de trafic

    et de corruption

    L’usage du téléphone fixe creuse la fracture numérique entre les milieux libre et fermé. Alors que la société communique toujours plus, avec un matériel toujours plus innovant, les personnes détenues se partagent l’accès à des téléphones souvent obsolètes et coûteux : un détenu dépense jusqu’à 75 euros par mois pour vingt minutes d’appel quotidien. Les mineurs subissent le même régime tarifaire, sans ressources propres.

    Enfin, l’interdiction absolue du téléphone portable, assortie de sanctions pénales et disciplinaires, demeure largement contournée. En effet, il apparaît peu réaliste d’interdire un outil devenu si banal et si nécessaire à n’importe quel citoyen dans notre société. Le CGLPL recommande un accès contrôlé au téléphone portable qui permettrait d’éviter les recours systématiques et inévitables aux réseaux souterrains de trafic et de corruption de téléphones en prison.

    Par Swane Mas (SAF Marseille)

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  • L’espace parent-enfant, un outil en faveur des jeunes placés à Avignon

    L’espace parent-enfant, un outil en faveur des jeunes placés à Avignon

    Le soleil est train de se coucher ce mardi 25 novembre et les rires et cris d’enfants qui font des allers retours sur un toboggan résonnent devant les locaux de l’Association Départementale Vauclusienne de Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte (ADVSEA). Une scène qui peut sembler banale si ce n’est que ces enfants sont des enfants placés et que la structure, inaugurée ce mardi 25 novembre, sert aussi d’outil d’observation à la structure.

    Derrière une clôture accolée à l’entrée du bâtiment dédié à la prévention par l’association, on retrouve donc une structure de jeux sur son sol amortissant, puis une terrasse et sa pergolas ainsi qu’une table de tennis de table. Depuis son installation, il y a bientôt deux ans, pas moins de 200 enfants se sont amusés sur la structure pendant un moment avec un parent biologique, un proche voir un tiers pour « garder un lien avec la famille » expliquent sans distinction chaque membre de l’Advsea. Avant cela, les rencontres familiales se faisaient à l’intérieur, dans une petite salle, ou sur le parking. « Cela permet un dialogue plus apaisé quand les enfants jouent et aux éducateur d’observer comment cela se déroule entre les enfants et les adultes. C’est un outil éducatif et d’accompagnement, pas juste un toboggan » précise Jean-Yves Chemin, président de l’Advsea.

    Public-privé

    La particularité de cette installation se trouve aussi dans son financement. Celle-ci, qui a tout de même couté pas moins de 50 000 euros, a entièrement été financée par la Fondation Crédit Agricole. « Sur ce genre de choses, c’est difficile d’obtenir des financements du Département qui est notre principal financeur. Ce n’est pas jugé comme indispensable alors que c’est vraiment utile » pousse le président. « On ne va pas les solliciter tous les ans mais cela nous ouvre le champ des possibles » se réojouit de son côté Jérôme Leneveu, directeur général de l’association.

  • Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Un rassemblement d’une cinquantaine de conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, de personnels de direction, de personnels administratifs, de personnels de surveillance, personnels socio-éducatifs, psychologues venus prêter serment comme un décret le leur impose désormais, s’est tenu jeudi à 12h45 devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, boulevard Carnot, pour dénoncer les « pressions et intimidations » dont ils sont l’objet en haut lieu.

    La CGT insertion probation et le Snepap-FSU, avec le soutien du Syndicat des avocats de France (section de Marseille) et du Syndicat de la magistrature (section régionale Aix-en-Provence) ont voulu ainsi dénoncer les « attaques et dénigrements » dont ces agents sont l’objet. Depuis le début de l’année, « Gérald Darmanin a multiplié les interventions et instructions dénigrant et fragilisant le travail des personnels chargés de l’application des peines, qu’il s’agisse des personnels de surveillance, des services d’insertion et de probation ou des juridictions de l’application des peines », dénoncent-ils dans un communiqué commun.

    « Des attaques

    sans précédent »

    « À Aix ou à Marseille, un conseiller de probation suit 130 personnes. Est-ce que le garde des Sceaux qui parle de sécurité à tout va devant les caméras de télévision va parler de ça alors que 200 détenus à Luynes dorment sur un matelas au sol ? », déclare Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. « Des collègues sont KO quand ils entendent les déclarations de leur ministre de tutelle dénonçant des “activités ludiques et provocantes”. Ils ont le sentiment d’être insultés, eux qui travaillent depuis des semaines en amont. Des permis de sortir sont annulés au dernier moment que personne ne comprend. »

    Sentiment partagé par Élodie Bartolini de la CGT Insertion Probation selon laquelle « le moral des agents est très très bas car ils se sentent dans le viseur. Il faut sortir des réactions à chaud et retrouver un cadre de travail serein. Pour cela, il faut faire confiance aux professionnels. Notre métier, c’est d’accompagner les gens, de travailler sur le passage à l’acte, la gestion des émotions pour les réintégrer, pour qu’ils redeviennent des citoyens. On ne peut pas continuer à mettre au ban de la société des gens, les entasser en détention. Trois personnes dans une cellule de 9 m², c’est indigne. »

    Marie-Blanche Régnier, co-déléguée de la section régionale du Syndicat de la magistrature, les comprend. « On est là pour soutenir les agents face aux attaques sans précédent sur les permissions de sortir sous couvert dans la communication politique d’être des narcotrafiquants, alors qu’en fait les personnes en détention sous main de justice ne sont pas majoritairement de ce profil. » Ces attaques qui ont débuté en février se sont accentuées ces dernières semaines. Le garde des Sceaux critique les activités socio-éducatives culturelles en détention qui sont freinées voire ont disparu. « La hiérarchie pénitentiaire ajoute des critères pour contrecarrer des permissions de sortie accordées par les juges d’application des peines. Les détenus étrangers en situation irrégulière sont particulièrement visés même lorsqu’ils ne font même pas encore l’objet d’une obligation de quitter le territoire français », observe-t-elle.

  • Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    C’est le premier assaut du froid. Emmenés par Alba, médiatrice du patrimoine à la Ville, et Magali, la trentaine de personnes inscrites à la visite*, saisies par le vent froid qui transperce, hâtent le pas. Le soleil est au rendez-vous. Sitôt franchi une grille, le groupe rentre sur le site des chantiers navals de La Ciotat Shipyards (LCS). Pour éviter tout espionnage industriel, aucune photo n’est autorisée. Grande frustration. D’autant que le site ferait se damner tout amateur de photographie…

    Les 105 irréductibles

    Ici, tout est démesure. Gagnés pour trois quarts sur la mer, les chantiers navals actuels « occupent 34 hectares », renseigne Alba. Ils étaient concentrés sur 3 ha, à l’époque des tout premiers chantiers modernes Vence-Benet (1835-1851)… On construisait des bateaux en bois à La Ciotat depuis 1660. Juste avant la visite, cette histoire captivante est racontée, par le biais de diapos commentées et d’un film, aux visiteurs.

    Drôle de paysage. Sur une immense plateforme claire battue par les rafales, les 7 immeubles flottants que sont les mégayachts ont pris place. Ils ont été mis à quai et au sec par « Atlas », explique Alba. Inauguré en septembre 2022 après plus de deux ans de travaux, c’est le petit nom de « l’ascenseur à bateaux. Il peut soulever des yachts de 80 à 120 mètres de long, avec un poids maximal de 4 300 tonnes. Depuis sa mise en service, La Ciotat figure parmi les trois chantiers navals les plus performants au monde pour ce type de yachts. » Au loin, d’autres navires tout aussi gigantesques, comme le sont les fortunes qui permettent de les acquérir (les propriétaires sont en majorité issus des Émirats, de Russie, des États-Unis), ont été enveloppés dans des sortes de cocons pour être repeints. À l’emplacement même de la plateforme Atlas, était la cale de lancement n°1 empruntée par de nombreux pétroliers construits à La Ciotat, durant le fameux « âge d’or », de 1940 à 1982.

    Un bus attend les passagers. Il s’arrêtera à proximité de chaque grande infrastructure. Comme « la grande forme, de 350 mètres de long à l’origine, sur 59 m de large, où l’on peut construire un navire à sec. Puis on remplit avec de l’eau de mer avec les vannes », précise Alba. Il est alors prêt à prendre la mer. Mais aussi le fameux grand portique. Celui dont la poutre horizontale culmine à 83 mètres de haut, avec, écrit en bleu sur fond blanc : 105. Ce sont les 105 irréductibles. Ces gars du chantier qui refusèrent de voir mourir leur outil de travail. De 1988 à 1994, ils occupèrent le site. Et réussirent à le sauver.

    * Gratuit. Infos : MCN, 46, quai François-Mitterrand prolongé. 04.42.08.65.23.

  • La Région met sur rails la résilience climatique

    La Région met sur rails la résilience climatique

    Le campus Biaggi, à la porte d’Aix à Marseille accueillait ce jeudi le Forum « Résilience climatique et infrastructures ». Un rendez-vous ouvert par Matthieu Chabanel, le PDG de SNCF Réseau, et Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) de la Région chargé des transports. « Les discours fatalistes ne servent pas à grand-chose… Le climat nous impose d’être lucides, les usagers nous imposent d’être courageux », a martelé ce dernier.

    La collectivité régionale a lancé en août 2024, une étude sur la vulnérabilité des infrastructures et services de transports face au changement climatique. Coût de l’opération : un million d’euros, co-financés avec l’État. Les objectifs : éditer un guide méthodologique, cartographier l’exposition aux risques, produire des analyses fines et élaborer un plan d’adaptation multipartenarial. Il est attendu pour 2026.

    Démarche pilote

    Une « démarche pilote » à l’échelle nationale. Alors que la France a connu en 2024 sa première année à 1,5 degré, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement concernée par une exposition « à tous les extrêmes ». Une ville comme Avignon connaît ainsi une augmentation des températures de +2,3 degrés par rapport aux années 60. Les conséquences sont connues : « Vagues de chaleur, cycle de l’eau perturbée, augmentation des variabilités annuelles, risques incendie », rappelle Antoine Nicault, le coordinateur général du Grec Sud, la déclinaison régionale du Giec.

    Des conditions qui mettent sous tension le réseau ferroviaire. Les rails se dilatent, imposant des ralentissements pour éviter le flambage, les sols argileux déforment les voies, tandis que les inondations endommagent les ouvrages, les feux de forêt menacent caténaires et équipements électriques.

    Dans une région comptant 1 500 kilomètres de rails et 200 gares, empruntés par 85 millions de voyageurs et 4 000 millions de tonnes de marchandises, la hiérarchisation des infrastructures les plus sensibles est devenue une priorité. Pour accroître « la surveillance et la maintenance », explique Matthieu Chabanel, pour « l’adaptation de l’exploitation », et enfin pour « les opérations plus lourdes de modernisation voir de reconstitution du réseau ». Le matériel roulant est lui aussi soumis à un entretien, renforcé avec en période de crises « des stops circulation », note Jérôme Baillarguet, directeur du technicentre SNCF voyageurs TER Sud. Et de rappeler que les choix de centres de maintenances non couverts au début des années 2000 entraînent aujourd’hui des pertes d’activités.

    Pendant que Matthieu Chabanel met en avant le projet Minerve, 35 millions investis dans un jumeau numérique du réseau, Stéphane Lerendu, directeur des grands projets SNCF Gares & Connexions met lui l’accent sur la future gare « bioclimatique » de l’aéroport de Nice. Un espace « démonstrateur sur le plan de l’adaptation », ouvert et surmonté d’une grande canopée adaptée aux vents, entièrement ombragée, avec juste 20% de surface traitée en thermique et 4 200 m2 de surface jardin.

  • Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Nouvel incident, ce jeudi 27 novembre, sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e). Pour le troisième jour consécutif, les salariés ont été appelés à se confiner suite à des affrontements au niveau de la station de métro National toute proche. Certains évoquant même des tirs. Mardi, la direction de l’entreprise de télécommunications leur avait demandé de ne pas quitter le site durant une demi-heure, le temps que la bagarre, visiblement à coups de club de golf, se calme. Ces « événements répétés » et la « montée des tensions dans le quartier », l’ont finalement conduit à fermer le site, dès ce vendredi, « pour une durée temporaire jusqu’à mi-décembre, le temps d’un retour à une situation apaisée ».

    « Les salariés auront la possibilité de se rendre sur d’autres sites ou d’utiliser le télétravail », précise-t-elle, assurant que leur « sécurité et bien être » restaient sa « priorité ». Concrètement, pour récupérer matériel ou véhicule, dans le cadre d’un « plan de continuité de l’activité » déjà mis en place durant l’épidémie de Covid, il leur faudra prendre rendez-vous.

    Dès mardi, la CGT Télécoms 13 avait déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent », indique le syndicat dans un communiqué. Déplorant « l’absence de politique publique et les baisses constantes des budgets de la fonction publique », qui conduisent « à ce genre de décisions prises dans l’urgence », avec des salariés mis « devant le fait accompli », il rappelle que les habitants sont les premiers concernés « par les enjeux de sécurité publique ».

    Des risques connus

    Et de dénoncer l’attitude d’une direction qui n’a eu que « le souci économique », en fermant il y a deux ans des dizaines de sites sur Marseille et sa périphérie pour réaliser son projet à Saint-Mauront.

    « Les risques sont connus de longue date par l’employeur et par les pouvoirs publics. C’est d’ailleurs pour cela que la CGT revendique les bonifications pour l’ensemble des personnels travaillant en Quartiers Prioritaires de la Ville », précise la CGT au passage. Elle estime que « la seule fermeture du site sans plan clair ne constitue pas une réponse à la hauteur » et exige des mesures durables avec notamment « le renforcement de moyens humains et matériels », une « coordination avec les services de l’État pour sécuriser le périmètre autour du site ». Pour la CGT, hors de question d’abandonner un lieu qui « doit vivre ».

    La CFE-CGC a aussi déposé un droit d’alerte, indique Laurent, son représentant local, et a fait remonter l’affaire au niveau national. Dans un communiqué, Sébastien Crozier, président du syndicat chez Orange, évoque des personnels « terrorisés », et des « réponses de la DRH (…) laconiques ». Le syndicat « a sollicité un rendez-vous au ministre de l’Intérieur pour (…) protéger les personnels et ce site de télécommunication critique pour la ville de Marseille », poursuit-il, appelant « la puissance publique » à « rétablir l’ordre républicain ».