Category: societe

  • L’urgence de protéger les enfants des violences

    L’urgence de protéger les enfants des violences

    Des progrès en matière de « prévention et repérage » des violences sexuelles sur mineurs, mais « un retard majeur » de la justice : la Ciivise a appelé cette semaine le gouvernement à « passer à la vitesse supérieure » pour faire enfin de la protection des enfants une « priorité ». Un coup de semonce qui intervient après le meurtre d’une enfant de 11 ans, Lyhanna, retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, victime d’un pédocriminel. Un crime à l’onde de choc nationale.

    Les trois quarts (72%) des préconisations faites par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux mineurs en novembre 2023 ne sont toujours pas « pleinement effectives », analyse la Ciivise dans un rapport remis le 15 juin au garde des Sceaux Gérald Darmanin et à la ministre de la Santé et des Familles Stéphanie Rist. Deux ans et demi après, le bilan est « globalement mitigé malgré des avancées réelles », explique son secrétaire général, Denis Roth-Fichet, qui a présenté ce rapport avec sa directrice, la magistrate Maryse Le Men-Regnier.

    La Ciivise avait remis en 2023 au gouvernement 82 préconisations pour lutter contre la pédocriminalité, dessinant une politique globale depuis le repérage des victimes et le traitement judiciaire, jusqu’à la réparation et la prévention. Le bilan est « scandaleux », « il montre le mépris » du gouvernement pour le sujet, après avoir « fait espérer les gens », déplore Renaud Gallais, cofondateur de Mouv’Enfants. Seulement 28% des mesures sont « pleinement effectives », un taux « insatisfaisant », constate la Ciivise. Parmi elles, la priorisation des enquêtes de violences sexuelles sur les enfants qui a fait l’objet de circulaires du garde des Sceaux. Mais l’affaire Lyhanna démontre l’insuffisante effectivité sur le terrain. « La publication d’un décret ou d’une circulaire ne suffit pas, il faut en mesurer » les effets concrets, réagit Solène Podevin, présidente de Face à l’inceste, qui s’interroge sur la méthodologie du rapport et déplore l’absence d’une « politique publique transversale » de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants.

    En outre, 47% des mesures ont été engagées, à des degrés divers, selon cet état des lieux. Denis Roth-Fichet indique ainsi « des progrès importants en prévention et repérage », avec des « taux de réalisation » de 90%, dont la pérennisation du numéro 119. Parmi ces progrès, la « spécialisation progressive des enquêteurs » et le développement de structures dédiées pour auditionner les enfants victimes : Unités d’accueil pédiatrique Enfants en Danger, UAPED, et salles Mélanie.

    Plus de 6 plaintes

    sur 10 classées

    Mais Denis Roth-Fichet pointe un « retard majeur de la justice », « point faible » de la politique publique. Un tiers des recommandations ne sont pas engagées ou arbitrées. Plus de 6 plaintes sur 10 sont classées sans suite et « trop souvent les enfants victimes restent exposés à leur agresseur », avertit la commission, qui note que les mères restent poursuivies pour « non-représentation d’enfant » quand elles tentent de les protéger. Seuls 3% des auteurs de violences sexuelles sur mineurs sont condamnés. Le « décalage majeur entre l’ampleur des violences et la faiblesse de la réponse pénale » est « intolérable et témoigne d’un dysfonctionnement systémique de notre appareil judiciaire », estime la Ciivise. Le meurtre de Lyhanna est un « symbole des défaillances du système », commente Denis Roth-Fichet. Elle « illustre les insuffisances persistantes dans le repérage des situations à risque, la coordination entre les institutions, la protection judiciaire des enfants et la prise en compte de leur parole ». Depuis la mort de cette enfant de 11 ans, la chaîne judiciaire est mise en cause car le principal suspect n’avait jamais été convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur mineurs. Face à ce constat, la Commission « invite le gouvernement à passer à la vitesse supérieure ».

  • À Montpellier, une pride « de résistance et de solidarité »

    À Montpellier, une pride « de résistance et de solidarité »

    Une haine de plus en plus banalisée. C’est ce que met en lumière le rapport annuel de SOS homophobie publié en mai. Il recense 1 771 cas de LGBTphobies en 2025, marqués par une forte progression de la haine en ligne, des agressions physiques dans l’espace public – dernière en date : Noahm, 19 ans, est mort sous les coups le 2 juin à Metz, des témoignages mettant en évidence les motivations homophobes – et un harcèlement persistant en milieu scolaire. Une violence nourrie par un climat politique national jugé de plus en plus hostile. À l’international aussi, les droits des personnes LGBTQIA+ connaissent d’importants reculs, « avec les attaques de Trump ou les lois LGBTQIA+phobes en Afrique », souligne Olivier Vaillé, président de l’association Fierté Montpellier Pride, organisatrice de la marche des fiertés dans la capitale héraultaise.

    Aussi, l’affiche, cette année, brandit un slogan de barrage : « Touche pas à ma pride », dans une main aux couleurs arc-en-ciel tendue comme un bouclier, inspirée de celle bien connue de SOS Racisme estampillée « Touche pas à mon pote ». « Une main pour dire attention, pour dire stop. Pour prévenir, pour se protéger, pour poser la limite », explique l’association organisatrice. « La Pride est bien plus qu’une fête. C’est une manifestation de visibilité, de résistance et de solidarité. »

    Un message combatif et politique au lendemain d’élections « qui ont vu de nouvelles villes tomber dans l’escarcelle de l’extrême droite », souligne Olivier Vaillé. « Et on voit ce qu’il se passe quand ils sont au pouvoir. » « À Elne par exemple », à peine élu, le nouveau maire RN de cette commune des Pyrénées-Orientales « a fait repeindre en blanc le passage piéton aux couleurs LGBT devant la mairie et a retiré le drapeau arc-en-ciel du fronton de l’hôtel de ville ». Ailleurs, « des associations qui luttent contre les discriminations se voient retirer leurs subventions, comme ce fut le cas pour la LDH à Carcassonne », cite encore Olivier Vaillé.

    Un nouveau local inauguré

    Face à ces attaques et à la menace d’une accession du RN au pouvoir en 2027, « on a besoin d’une solidarité entre les différentes structures et d’une intersectionnalité des luttes pour préparer l’avenir. C’est pour ces raisons que les associations marraines de la Pride cette année sont SOS Racisme et la LDH ». Comme son homologue de SOS Racisme Dominique Soto, la présidente nationale de la LDH, Nathalie Tehio, marchera en tête de cortège à Montpellier le 20 juin. « On observe une recrudescence d’actes LGBTQIphobes graves, mais aussi d’actes rcistes et antisémites, en lien avec la montée de l’extrême droite qui est contre l’égalité de toutes et tous devant la loi. Et même si Montpellier résiste, il y a une forte poussée de l’extrême droite alentour », relève la présidente de la LDH. « Nous sommes certes en résistance, mais aussi en affirmation de la société que nous voulons, qui est une société inclusive », insiste-t-elle.

    À la veille de la marche des fiertés, le 17 juin, l’association Fierté Montpellier Pride, jusque-là située boulevard Pasteur, a inauguré son nouveau local, trois fois plus grand (d’environ 60 à 180 m2) au 3 avenue Clemenceau. « Ce gain de surface permettra notamment d’accueillir des associations qui n’ont pas de local et qui pourraient en avoir besoin », souligne Olivier Vaillé. Vendredi 19 juin à 16h, Jean-Marc Berthon, ambassadeur pour les droits des personnes LGBT+, Dominique Soto, président de SOS Racisme, Nathalie Tehio, présidente de la LDH et Alice Nkom, avocate spécialisée dans la défense des droits des LGBTQIA+ au Cameroun animeront une conférence à la fac de droit. Puis de 19h à minuit, la Queer night battra son plein aux jardins du Peyrou. Enfin le samedi 20 à 16h, la marche des fiertés partira des jardins du Peyrou pour une grande boucle arc-en-ciel, festive et militante dans le cœur de ville.

  • À Digne, l’avenir de l’abattoir débattu en conseil communautaire

    À Digne, l’avenir de l’abattoir débattu en conseil communautaire

    « Il n’est plus acceptable que Provence Alpes Agglomération continue de porter seule la responsabilité financière et le déficit de l’abattoir, dont l’utilité dépasse largement l’agglomération. Ne rien faire, c’est faire le choix le plus coûteux pour nous », a lancé Bruno Acciaï, vice-président de l’agglomération délégué à l’agroalimentaire, proposant le lancement d’une mission relative au devenir de l’abattoir, lors du conseil communautaire, mercredi. « Je vous invite à une réflexion sur l’avenir de cet équipement stratégique pour notre territoire. Il joue un rôle essentiel pour nos éleveurs, pour les circuits courts et plus largement pour l’agriculture de notre département », a-t-il avancé.

    Cet abattoir est cependant vieillissant et a grand besoin d’être modernisé. « On ne doit pas se contenter de gérer l’existant comme nous le faisons maintenant », a insisté le vice-président. La mission prévue permettra d’avoir une vision claire sur les besoins des filières, sur les perspectives d’évolution de cet outil et les différents scénarios envisageables « pour construire un projet durable et cohérent ».

    Les élus se sont surtout interrogés sur la gouvernance de cet abattoir, actuellement géré à 100% par l’agglomération. « Aujourd’hui, notre agglomération assume seule la gestion et le déficit de fonctionnement de cet équipement. Et pourtant, seulement 33% de ses utilisateurs sont issus de Provence Alpes Agglomération », a déploré Bruno Acciaï, qui espère associer l’ensemble des partenaires concernés.

    Pendant ce conseil, le président de l’agglomération, Julien Di Benedetto, a également proposé de créer une nouvelle commission montagne et ruralité, et d’ouvrir les commissions aux conseillers municipaux qui ne sont pas élus à l’agglomération.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués »

    [Entretien] Renaud Muselier : « On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués »

    La Marseillaise : Que vous inspire l’emblème ?

    Renaud Muselier : Il raconte une belle histoire. Il y a cette pureté et cette simplicité qui « matchent » sur quelque chose de grand, mais avec humilité, nécessaire quand on est en montagne. On fait un truc exceptionnellement difficile, mais incroyablement motivant, qui enthousiasme tout le monde. Aujourd’hui est une étape importante, très positive et maintenant, les choses vont s’enchaîner. On sera prêt. Le train sera là, le fort sera là, les sportifs seront là… Il y aura encore quelques turbulences. Mais nous, on est des marins, on sait tenir la rame. Ou on est des montagnards et on n’a pas peur du froid.

    Quelles sont les prochaines grandes échéances ?

    R.M. : Définir la carte des sites, car il y a encore des flottements puisqu’on a quand même eu un problème sur un des sites. Mais on a trouvé une solution car on en trouve toujours quand on veut. Et je trouve que ceux qui n’ont pas voulu ont fait une grosse « ciottise ». Reste un autre enjeu : l’organisation pour la livraison. Il y a des endroits sur lesquels il faut être très attentifs – comment vont se traiter les patinoires à Lyon, qu’est-ce qui va se passer dans le nord, dans les sites qui seront retenus… – Mais c’est une livraison de Jeux classiques et on saura le faire.

    Des associations se demandent si les 133 millions annoncés prennent en compte tous les coups de viabilisation. Pouvez-vous garantir qu’il n’y aura pas de surcoût ?

    R.M. : Il y a eu une réunion hier soir [mercredi] ici avec beaucoup de monde : ceux qui viennent se renseigner, les militants pour les jeux, les anti-jeux… C’est un lieu de discussion et quelque part d’explications. C’est normal. Mais, comme le dit le maire, il y avait 1 000 militaires avant, il y aura 1 000 athlètes. On a trouvé une solution et c’est ce qui m’importe pour la suite. On va le faire dans les moyens qui nous sont alloués et dans lesquels on restera. Il y a beaucoup de forts Vauban dans la région et si on est capable de le faire ici, on sera capable de le faire ailleurs. On nous disait que tout était impossible dans les forts Vauban. Aujourd’hui, on montre qu’avec un beau projet, on ramène de la vie sur un territoire plein de nostalgie.

  • Le bilan de l’expérimentation du transport à la demande à Château-Arnoux-Saint-Auban

    Le bilan de l’expérimentation du transport à la demande à Château-Arnoux-Saint-Auban

    Un total de 121 utilisateurs, dont 69% de seniors, et 200 trajets par mois : élus et partenaires se sont félicités, jeudi, du bilan de l’expérimentation des transports à la demande dans l’agglomération. Ce dispositif « répond à un enjeu essentiel de mobilité sur le territoire au quotidien : se déplacer pour accéder aux soins, aux services publics et maintenir le lien social », a souligné Philippe Bertrand, maire de Château-Arnoux-Saint-Auban, l’une des huit communes desservies.

    « Les enjeux de mobilité et de vieillissement sont majeurs dans notre territoire rural et peu dense », a avancé Julien Di Benedetto, président de l’agglomération. Le département est le plus vaste de la région, mais le moins dense. Le vieillissement de la population rend les déplacements au quotidien complexes, et mène trop souvent au renoncement aux soins et à l’isolement. Le transport à la demande expérimenté depuis un an permet ainsi de « garantir à chacun un accès effectif à la santé, quel que soit son âge, sa situation sociale ou son lieu de vie », s’est réjoui le président. « Cela montre que les territoires ruraux peuvent être des territoires d’innovation », a-t-il conclu, avançant que l’expérience pouvait désormais servir de modèle pour d’autres territoires.

    Le directeur départemental de l’ARS, qui a participé au projet à hauteur de 45 000 euros, a lui aussi affirmé que l’expérimentation « pouvait inspirer bien au-delà de nos frontières ». Bertrand Biju-Duval s’est dit « très impressionné » par un projet « devenu international », saluant la présence d’une délégation japonaise de la fondation Toyota, partenaire du projet, en mairie de Château-Arnoux-Saint-Auban. Cette nouvelle forme de transport personnalisé permet de répondre « aux défis de l’hôpital public et du faible taux de densité médicale » dans le département, a-t-il souligné. Il a cependant affirmé que le territoire bas-alpin était désormais « en voie de remédicalisation », avec 54 médecins arrivés en trois ans, « soit un tiers des médecins qu’on a dans le département ».

    L’expérimentation prolongée

    Le tarif unique pour emprunter l’une des navettes à la demande est de deux euros. 11% des 121 utilisateurs sont en situation de handicap. Le personnel de l’agglomération a rencontré, fin mai, le centre social et les professionnels de la Maison de santé de Volonne pour avoir des retours concrets sur le service.

    Les élus de l’agglomération ont voté, mercredi, pour la poursuite de l’expérimentation pour une durée de six mois, qui pourra être renouvelée. De nouveaux conducteurs de bus pourraient potentiellement être recrutés et le service pourrait être étendu à d’autres zones de l’agglomération à l’avenir.

    Reste à développer l’application, peu utilisée par les habitants, qui préfèrent souvent réserver par téléphone avec la maison France services.

  • À La Ciotat, des initiatives pour contrer la crise du logement

    À La Ciotat, des initiatives pour contrer la crise du logement

    C’est dans les petites rues exiguës du centre ancien de La Ciotat que se sont donné rendez-vous, ce jeudi, le bailleur social 3M, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, et le maire (DVD) de la commune, Alexandre Doriol. Ils sont venus visiter les travaux des immeubles des 12, 14 et 16 rue Albert-et-Georges-Arnoux, qui devraient accueillir, à partir de juin ou octobre 2027, cinq logements sociaux, six logements classiques, quatre boutiques ainsi qu’un passage reliant deux rues étroites du centre.

    Pour le maire, l’objectif est double. S’il permet l’accès à de nouveaux logements pour les habitants, qu’ils soient sociaux ou privés, ce projet participe également à la réhabilitation du centre-ville : « Il nous permet de faire entrer de la lumière dans le centre ancien grâce à un puits de lumière et de ramener encore plus de vie avec de nouvelles boutiques. »

    Ce programme s’inscrit dans une opération d’« acquis amélioré », lancé par l’état, qui permet un bonus financier pour les bailleurs qui font le choix de réhabiliter du bâti existant. « Car on sait que cela coûte plus cher de réhabiliter. Et dans notre région, où la pression foncière est forte, cela a du sens de réhabiliter », insiste la préfète. Ainsi, alors que les subventions pour les projets neufs tournent autour de 4% du budget, ce projet bénéficie de 13,5% d’aides.

    Un soutien qui permet l’accélération de la création de logements, en particulier sociaux, alors que 117 000 personnes sont encore en attente d’une affectation dans les Bouches-du-Rhône. « Avec le plan logement de l’état, nous espérons localement la construction de 4 700 logements sociaux dans le département par an », ajoute la préfète.

    Pension de famille, une autre forme de logement social

    Cette visite de la préfète faisait suite à celle d’une pension de famille située sur les hauteurs de la ville. Ouverte il y a deux ans, cette structure permet d’accueillir 25 personnes isolées, souvent marquées par des parcours de vie difficiles : sortie de rue, troubles psychiatriques, addictions ou problèmes familiaux. Les pensions de famille offrent une solution intermédiaire permettant de retrouver une forme de stabilité. Si les petits studios garantissent une indépendance totale, des espaces communs et des animations favorisent la création de liens sociaux entre des locataires souvent esseulés.

    La préfète tenait à mettre en avant ces dispositifs pour illustrer les différentes réponses à la crise du logement : « Ce type de structures peut être un sas pour des personnes parfois éloignées de l’accès au logement. Et je veux donc valoriser ce que l’on fait de bien, surtout dans ce contexte de budget contraint ou c’est important de montrer que cela fonctionne. »

  • Ça va encore swinguer partout cet été dans le Port du Levant

    Ça va encore swinguer partout cet été dans le Port du Levant

    Du monde, jeudi matin, derrière et devant le pupitre du salon Clemenceau de la mairie d’honneur pour mettre en avant la politique culturelle de la Ville de Toulon pour la saison estivale. Avec, comme temps fort de la programmation, le festival Jazz à Toulon, qui revient du 26 juillet au 8 août faire swinguer le Port du Levant au rythme des sonorités du monde. Et ce sur les places, en ville comme dans les quartiers, de Saint-Jean du Var au Pont du Las.

    Pour cette 36e édition, parmi les invitations au voyage proposées, on retient le projet New Sketches of Spain, avec le retour d’Erik Truffaz aux côtés d’Antonio Lizana, « qui signe un mariage audacieux entre jazz classique et flamenco ». Pour les rythmes endiablés puisant aux sources de la salsa et du jazz afro-cubain, cette fois, place à Spanish Harlem Orchestra, Orquesta Akokán et le collectif El Comité. « Tandis qu’Alfredo Rodríguez et Fabiola Mendez sublimeront leurs racines latines par une approche soliste d’une grande finesse poétique », comme le décrit la maire de Toulon (SE), Josée Massi, dans son édito.

    En tout, dix soirs de concerts gratuits transformeront Toulon en une scène de jazz à ciel ouvert. Sans oublier « les Off » du festival, qui prendront place dans les quartiers de la ville, à l’heure de l’apéritif.

    Morceaux choisis

    Pas de bel été non plus sans lecture. L’occasion donc de « Partir en Livre » jusqu’au 20 juillet, avec une 11e édition riche aussi en ateliers, rencontres et jeux. Le jeune public étant invité à venir exercer son imaginaire dans les médiathèques. Mais aussi en plein air.

    Sous les arbres du parc, bien installés dans l’herbe, les enfants pourront par exemple découvrir, avec « À l’ombre des pages », de nombreuses histoires partagées par les bibliothécaires. Comme les 9 et 11 juillet de 9h30 à 11h, au parc du Pré Sandin.

    Sur le parvis du Zénith revient également, du 12 au 25 juillet, le festival Son By Toulon. Avec de grosses pointures, telles que Ben Harper, Bigflo & Oli et Mika.

    Côté expo, le Musée d’art de Toulon propose de découvrir Man Ray avec « Magie de l’image ». Près de 200 œuvres, photographies, peintures… retraçant le parcours de l’artiste. Et du côté de la Maison de la photographie, jusqu’au 19 septembre, place au travail de Martin Parr, de ses premiers reportages en noir et blanc réalisés dans le nord de l’Angleterre dans les années 70, jusqu’à ses gros plans d’objets de consommation, à la fin de son parcours.

    Mais aussi de l’opéra, de la musique classique et de la danse à Châteauvallon. Ou encore du chant a cappella avec les Voix Animées et leur répertoire de la musique vocale de la Renaissance. Le tout se déroulera à la Tour Royale.

    Et pour se mettre dès dimanche soir dans l’ambiance, 94 groupes seront présents dans les rues de la cité pour la Fête de la musique, sur 33 scènes.

    La Marseillaise ne pouvait pas non plus faire l’impasse sur la pièce Les Résistantes, consacrée au rôle longtemps invisibilisé des femmes dans le combat contre le nazisme. Ce projet participatif retrace l’engagement de ces héroïnes entre 1940 et 1944. Elle sera jouée le 4 juillet, à Châteauvallon.

    Retrouver le programme complet dans le magazine de l’été sur le site toulon.fr

  • L’ex-chef de la police municipale de Trets contestait sa révocation

    L’ex-chef de la police municipale de Trets contestait sa révocation

    Le tribunal administratif a jugé conforme la révocation, en 2024, du chef de la police municipale de la commune de Trets-en-Provence. L’affaire tranche avec l’image d’une commune de près de 12 000 habitants ardente à lutter contre l’insécurité et les incivilités. Alors qu’elle se dotait d’un centre de supervision urbaine flambant neuf pour agréger les flux de ses 98 caméras de vidéosurveillance, sa police municipale se délitait dans un climat délétère, conduisant le maire à révoquer deux autres agents et à faire face à des départs volontaires.

    Par arrêté du 12 novembre 2024, le maire (DVD) de Trets, Pascal Chauvin (réélu en mars 2026 avec près de 60% des suffrages au premier tour), radiait des cadres le chef de sa police municipale pour des faits de harcèlement sexuel, de harcèlement moral et de manquements à la dignité et l’exemplarité de sa fonction. Il avait été recruté en juin 2019, par son prédécesseur, pour diriger une équipe de six policiers, de trois agents de surveillance de voie publique et d’une secrétaire.

    En mai 2024, cette dernière déposait plainte, lasse de subir les blagounettes sexuelles du chef et ses propos allusifs sur son désir de relations sexuelles avec elle. L’agent territorial aux 26 années de carrière a reconnu, devant le conseil de discipline, des propos dégradants à connotation sexuelle lorsqu’il lui faisait des remarques sur son travail, mais aussi avoir mis ses mains sur ses épaules et « attrapé ses cheveux » contre sa volonté.

    Des faits d’une « particulière gravité »

    La disgrâce du chef colérique et graveleux était aussi motivée par son « management dénigrant et rabaissant », traitant ses subordonnés d’« incompétents » et de « bons à rien », se livrant à des brimades, des invectives. L’arrêté pointait aussi sa présentation générale négligée, son langage grossier et sexiste. Le chef de service a admis « ne pas se raser », « parfois sortir des toilettes sans que sa ceinture soit remise en place » ou encore avoir lancé devant ses subordonnés « qu’il était dommage qu’il n’ait pas réussi à devenir homosexuel, sous-entendant ainsi que la fréquentation des femmes ne constituait qu’une source d’ennuis », rapporte le jugement du 27 mai 2026.

    Pour sa défense, le requérant objectait n’avoir fait l’objet d’aucune poursuite pénale, ni même d’avertissement, avoir au contraire été promu par le maire au grade de chef de service de police municipale principal de première classe, au 1er janvier 2023. De ce tableau général peu reluisant, le tribunal a conclu que les seuls faits de harcèlement sexuel et les manquements au devoir de dignité présentaient « un caractère d’une particulière gravité » et étaient « de nature à porter atteinte à l’image et au bon fonctionnement du service de la police municipale de Trets », de sorte que sa révocation est « proportionnée à la gravité des fautes commises et à la nature des fonctions exercées ».

  • Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    « C’est le monument le plus abouti que l’on ait en France. » Autour de cette stèle dédiée à Ambroise Croizat, père de la Sécurité sociale, des ouvriers du bâtiment s’affairent. Mais un homme, aux traits étrangement semblables au buste qui lui fait face, reste pensif devant cette stèle en hommage à l’ancien ministre du Travail (PCF) et secrétaire général de la Fédération de la métallurgie de la CGT. « Le texte a de la gueule », signifie-t-il, avant de désigner « d’un côté le couple de vieux et de l’autre la famille » gravés sur le monument. « Ça symbolise les deux piliers de la Sécu que sont les retraites et les allocations familiales », explique Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils de l’architecte de la Sécurité sociale.

    Ce dernier est accompagné du journaliste Emmanuel Defouloy et d’Aubin Hellot, réalisateur, en pleine production d’un film biographique retraçant la vie d’Ambroise Croizat. Le passage à Port-de-Bouc était obligé : « Il est passé en 1947 pour soutenir la grève. Alors la classe ouvrière a voulu lui rendre hommage en érigeant cette stèle », retrace le maire (PCF), Laurent Belsola, devant la caméra, face au monument, lors d’un échange avec Maixent Bitan de l’Union locale CGT, venant en conclusion du film. « Il y a une grande culture ouvrière à Port-de-Bouc, c’était normal de lui rendre hommage, estime le syndicaliste. La Sécu couvre tous les soucis des travailleurs de la naissance à la mort. Ambroise Croizat a érigé une première pierre du système idéal d’émancipation populaire, grâce à la cotisation sociale et la richesse produite par les travailleurs. »

    C’est à la mort du père de la Sécu, en 1951, que la CGT, le PCF et les ouvriers port-de-boucains ont érigé cette stèle, l’année suivante. « La préfecture avait mis son veto », rappelle Pierre Caillaud-Croizat. « Oui, mais la mairie communiste et la CGT ont fortement insisté et le préfet a cédé », relève dans un sourire Laurent Belsola.

    « Un outil d’éducation populaire »

    « La Sécu vient d’un projet de société basé sur la solidarité et l’émancipation, reprend Pierre Caillaud-Croizat. Les Français sont 86% à manifester leur attachement à la Sécu. Je rêve de remettre les complémentaires dans le giron de la Sécu, car le système assurantiel coûtera toujours plus cher que le solidaire. Il faut faire comprendre aux jeunes que le libéralisme et la loi du plus fort ne servent que quelques-uns. »

    C’est justement l’enjeu de formation syndicale que soulève Maixent Bitan, après la séquence. « Quand on fait une formation à la lecture de fiche de paye pour des minots de 18 ans, ce n’est pas toujours simple. Utiliser des extraits de votre film pourra nous servir en interne », suggère le responsable CGT. C’est l’esprit de l’auteur. « On fait du cinéma d’éducation populaire », assume Emmanuel Defouloy. Aubin Hellot détaille : « On retrace la vie d’Ambroise Croizat à partir de l’ouvrier syndicaliste jusqu’au ministère où il construira le système social français. » Mais aussi « comment s’est construite la victoire à partir de la grande répétition de 1936 et du système social des métallos, qu’il a ensuite étendu à tout le pays », précise-t-il.

    Pierre Caillaud-Croizat va plus loin : « Le film apporte un éclairage à l’histoire officielle, qui laisse penser que la Sécu est née de la bonne volonté d’un gouvernement bourgeois. » Alors que « c’est le résultat de très longues luttes et de la mobilisation du monde du travail. Quand Croizat est arrivé au ministère, il y avait les ordonnances, mais il fallait les concrétiser. Les travailleurs ont rénové les bâtiments des futures caisses puis formé les administrateurs, c’est comme ça que ça a vu le jour, en un an », conclut-il.

    Le tournage se poursuit jusqu’en septembre, avec pour ambition une première diffusion à l’Assemblée nationale, lors de la pose d’une plaque dédiée au député Croizat, à sa place historique.

    Un « instrument de combat politique » présenté à l’Union locale CGT

    L’auteur et le réalisateur étaient à l’Union locale CGT, jeudi en fin de journée, pour un échange avec des syndicalistes et élus de la Ville. « C’est un documentaire d’une durée de 1h10 sur la vie de Croizat, pas sur la Sécu. C’est le mouvement ouvrier, des millions de personnes en lutte qui ont bâti notre modèle social avec le seul ministre du Travail ouvrier depuis 1906 », explique Emmanuel Defouloy. « Un instrument de combat politique qui sortira début 2027, c’est pas anodin », pour Aubin Hellot. « On s’inscrit dans la tradition d’éducation populaire de la CGT », complète Pierre Caillaud-Croizat.

  • À Marseille, une école de danse contrainte de quitter ses locaux du diocèse

    À Marseille, une école de danse contrainte de quitter ses locaux du diocèse

    À Marseille, l’école de danse dirigée par Nathalie Setz est menacée d’expulsion après vingt ans d’occupation des mêmes locaux, sans que les raisons n’en aient été précisées à la directrice. « Le diocèse veut récupérer son bâtiment pour en faire ce qu’il veut. “Je n’ai pas besoin de savoir”, m’ont-ils dit », rapporte-t-elle.

    Pendant longtemps, son interlocuteur n’était pas directement le diocèse, mais le patronage Vauban, qui occupe le local du rez-de-chaussée et avec lequel elle avait passé une convention d’occupation. Ce dernier aurait toutefois rompu cet accord pour éviter d’être impliqué dans un éventuel contentieux, selon la directrice. « Ils se sont retirés, mais ils sont toujours là en vérité. Ils se sont couverts par le diocèse », estime la directrice, qui se retrouve seule face au propriétaire, sans véritable contrat.

    Plusieurs éléments laissent penser que ce départ forcé pourrait être lié à un projet d’installation du bar à tapas Gigi Marseille dans ces locaux : la police serait intervenue à trois reprises pour un transfert de licence 4, autorisant la vente d’alcool.

    Le diocèse a proposé

    une solution

    Face au refus du diocèse de la maintenir dans les lieux jusqu’à sa retraite, Nathalie Setz dit traverser une période difficile : « Mentalement et moralement, je suis parfois à l’envers. Ça me met une pression terrible, alors que j’ai tout donné pour cette école. » Une inquiétude partagée par ses élèves, dont certains suivent ses cours depuis des années, et ce plusieurs fois par semaine. « Les diocèses font normalement énormément de choses pour nous, les seniors. Mais là, ça me choque », confie Angélika Imbert, 75 ans, élève de l’école. Jean-Philippe Imbert, 78 ans, professeur de philosophie retraité, y voit aussi un lieu essentiel pour son bien-être : « Nathalie me permet de rester en forme. Et je ne vois quasiment pas de kinésithérapeutes. »

    Le diocèse a néanmoins proposé une solution : un relogement dans un autre bâtiment de l’Église. Mais, arrivée sur place, Nathalie Setz constate que cela est impossible : « À la salle du Roucas Blanc au CMA, on me propose seulement un créneau de 18h à 20h le vendredi. »

    Depuis décembre, la directrice verse ses loyers sur un compte verrouillé géré par son avocate, faute de cadre contractuel officiel. Une audience en référé est prévue le 1er juillet pour déterminer la légalité de cette expulsion. Sollicités, le diocèse et le patronage Vauban ont indiqué préférer s’abstenir de tout commentaire, l’affaire étant désormais entre les mains de la justice.