Category: societe

  • Une pièce de théâtre pour tordre le cou au racisme à Toulon

    Une pièce de théâtre pour tordre le cou au racisme à Toulon

    Depuis de longues années, le racisme se renforce et l’extrême droite développe un discours de rejet de l’autre », commence Henri Pascal (Attac) devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé, où les militants associatifs s’activent au collage annonçant la prochaine initiative. Il s’agit d’une pièce de théâtre intitulée D’où tu viens toi ?, qui démonte les stéréotypes et les petits des discours décomplexés du quotidien.

    Écrite par la compagnie engagée Nous n’abandonnerons jamais l’espoir (Naje) elle offre, explique Cristina de Robertis (Attac), un moment de réflexion à travers « de petites saynètes parfois rigolotes, parfois tristes, parfois un peu acides », mettant en scène « des situations et des discours qui polluent notre société et privent des hommes et des femmes de leurs droits élémentaires d’êtres humains ».

    Mise en scène par Marie-Claude Dufour, militante également, l’œuvre montre – à travers une douzaine d’amateurs qui se succèdent sur scène – que le racisme n’est pas une abstraction, mais une réalité vécue chaque jour dans la chair de trop nombreuses personnes. Un sujet à forte vertu pédagogique dans un département qui a envoyé sept députés RN sur huit à l’Assemblée nationale, en pleine campagne des municipales.

    « On termine quand même avec une note un peu optimiste, en disant qu’un autre monde est possible, mais cela suppose une prise de conscience générale », reprend Henri Pascal.

    Un théâtre politique

    La pièce sera jouée ce dimanche à Correns, puis le jeudi 5 février à 18h, dans le cadre du Comptoir des idées, à l’Hélice, la salle toulonnaise de la Fédération des œuvres laïques. Comme d’habitude, elle nourrira la réflexion au cours du débat et de l’apéritif partagé qui suivront.

    D’autres représentations sont également prévues au Centre social Mandela de Berthe, à La Seyne, ainsi qu’au lycée professionnel de la Couloulière, à Six-Fours, devant un jeune public sensible à ce type de message et sur lequel il est important de s’appuyer pour poursuivre et étendre le combat. « C’est parfois acide, mais on rit aussi beaucoup », rassure Cristina.

    L’occasion, par exemple, de se mettre un instant dans la peau d’un passager d’avion dans lequel on tente d’embarquer de force des migrants pour les expulser, et de découvrir les réactions que cela suscite. Ou encore d’explorer de multiples situations où les « braves gens » se lâchent. Et de conclure : « Nous voulons dénoncer encore une fois le mépris et la calomnie qu’ont encore à subir trop de gens, en rappelant que tout au long du XXe siècle et aujourd’hui encore, des hommes et des femmes venus d’ailleurs ont apporté leur contribution à la croissance économique de la France. »

    Un message d’éducation populaire qui rappelle le succès qu’avait rencontré, en 2014, Le tribunal populaire des banques, une pièce qui démontait les mécanismes de la domination financière et était également jouée par des militants d’Attac dans le Var, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes. Ou encore, en 2016 Le chantier, mettant en scène la souffrance au travail et le chômage.

    Bref, un théâtre politique comme on l’aime qui secoue et pousse à réfléchir et à agir.

  • Passe d’armes entre la Ville et l’intersyndicale des taxis

    Passe d’armes entre la Ville et l’intersyndicale des taxis

    Le bras de fer entre la mairie de Marseille et les taxis n’est pas près de finir. Après une première opération escargot, mardi dernier, partie de l’hôtel de ville jusqu’à la préfecture, l’intersyndicale (Syndicat des taxis marseillais, Alliance-Fédération des taxis indépendants et Taxis en route 13) appelle à une nouvelle mobilisation, pour ce mardi 3 février.

    Les organisations dénoncent toujours « des blocages administratifs avec les nouvelles dispositions sur la location-gérance ». Pour rappel, la location-gérance permet au titulaire d’une autorisation de stationnement (ADS) de confier l’exploitation de sa licence et d’un véhicule associé à un tiers. « La Ville souhaite maintenir une exigence selon laquelle le titulaire de l’ADS devra obligatoirement être le propriétaire du véhicule », dénonce l’intersyndicale, en référence à un nouveau texte réglementaire instauré par la mairie. Lequel a été pris « suite au constat d’un grand nombre de pratiques non conformes », selon la Ville (lire notre article du 28/01). Mais, pour l’intersyndicale, et malgré un cycle de réunion tripartite débutée dans la foulée de la mobilisation, « la réglementation a été interprétée de manière excessive et contestable ».

    « Des mensonges »

    Dans un communiqué de presse de réponse à l’intersyndicale, la mairie juge que « l’affirmation est inexacte ». Pour elle, le propriétaire d’une ADS « doit disposer lui-même du véhicule » dans le cadre de la location-gérance. À l’inverse, l’intersyndicale reste sur ses positions : « Le locataire peut être propriétaire de son propre véhicule ». Le conseiller municipal délégué aux taxis, Sami Benfers, va plus loin en dénonçant « des mensonges » des organisations. « Il y a une instrumentalisation politique et électoraliste de la droite à l’égard des taxis, alors même qu’elle les a oubliés pendant des dizaines d’années », tonne-t-il. En référence notamment à une vidéo de Martine Vassal et Bruno Gilles faisant part de leur soutien à la mobilisation des taxis.

  • Le festival de SF Les Mycéliades vous attend

    Le festival de SF Les Mycéliades vous attend

    Les lieux de culture de Martigues et Marseille donnent rendez-vous au public pour vivre plusieurs temps forts dans le cadre du festival national de science-fiction Les Mycéliades dont la thématique cette année est consacrée aux résiliences qu’elles soient humaines, environnementales ou liées aux effondrements.

    Un programme riche

    En ce sens, la science-fiction devient un terrain d’exploration du monde afin d’imaginer des futurs possibles, le tout à travers des ateliers, des projections, des jeux et conférences. Sont donc au programme pour ce premier week-end d’ouverture, la projection du film Gwen et le livre de sable au Gyptis à Marseille, samedi à 14h et le lendemain à la même heure. Du côté de l’Alcazar, c’est un atelier d’arpentage avec l’autrice Lou Pioupiou qui est prévu à partir de 15h samedi avec l’objectif de laisser une place à l’imaginaire et au rêve pour les participants. Le cinéma Les Variétés quant à lui projettera dimanche à 15h30 le film Nausicaa de la Vallée du Vent suivi d’un atelier ciné-philo avec l’autrice et illustratrice LK Imany.

    à Martigues, le cinéma La Cascade propose la projection de Soleil Vert, samedi à 14h. Il sera présenté par l’auteure et graphiste Anne Defréville. Cette dernière animera le même jour mais de 10h à 13h un atelier peinture de fresque en amont de la projection de Flow, le chat qui n’avait pas peur de l’eau, à 14h30 et le dimanche à 18h. La médiathèque Louis Aragon organise elle une conférence autour du cinéma et des jeux vidéos par la streameuse Quineapple à partir de 17h.

  • Le festival de gaming pose ses valises à Toulon

    Le festival de gaming pose ses valises à Toulon

    Le Var gaming festival est de retour à l’hôtel départemental de Toulon ce samedi pour faire découvrir aux jeunes les métiers et offres de formations liés aux jeux vidéo dans la région.

    Découvrir les métiers du jeu vidéo

    Si ce milieu vous passionne, c’est un événement avec un programme riche à ne pas manquer qui ouvre ses portes au grand public. Au-delà de nombreuses écoles présentes pour mettre en avant les filières professionnelles, des démonstrations de jeux et animations autour de projets locaux. Mais aussi des tables rondes et conférences sur des sujets divers et précis comme le potentiel de la filière dans le Var, le développement du e-sport ou encore l’aspect juridique dans les jeux vidéo et l’intelligence artificielle en présence de spécialistes du secteur et de ces thématiques. Sans oublier des témoignages d’acteurs du milieu.

    Un concours international

    En parallèle du temps fort de ce samedi, la deuxième édition du Global Game Jam débutée la veille se tiendra tout au long du week-end. Un événement international dans lequel des équipes s’affrontent et ont 48 heures pour créer un jeu vidéo dans son entièreté. Dimanche, les participants pourront présenter leur création dans un hôtel du département devenu temple du gaming et les vainqueurs seront désignés par un jury de professionnels.

    Vous pouvez suivre en direct le Global Game Jam du Var sur twitch. Ouverture au grand public samedi de 9h à 17h.

  • Avignon, leur film de fin d’études est en lice aux Oscars de l’animation

    Avignon, leur film de fin d’études est en lice aux Oscars de l’animation

    C’est la meilleure publicité à la fois pour leur CV, comme pour la promotion d’un écosystème que les collectivités aiment mettre en avant : la filière animation. Alors que plusieurs studios ont posé leurs décors à Avignon ces dernières années et que le Grand Avignon a candidaté pour devenir un pôle d’excellence des industries culturelles et créatives, six jeunes diplômés de l’École des nouvelles images sont en lice aux « Annie Awards ». « C’est le plus gros festival d’animation au monde, que l’on surnomme les Oscars de l’animation », se réjouit Loïc Étienne, directeur du studio Circus et intervenant à l’École des nouvelles images.

    Le court-métrage en question, visible depuis cette fin de semaine sur la chaîne Youtube de l’école, s’appelle Jour de vent. « Il dure un peu plus de six minutes et a nécessité neuf mois de travail », sourit Élise Golfouse, l’une des six réalisatrices, aux côtés d’Ai-Kim Crespin, Hugo Taillez, Camille Truding, Martin Chailloux et Chloé Lab. La 5e et dernière année de leur cursus est entièrement dédiée à ce projet. « C’est inspiré du mistral d’Avignon, où plein de vent se lève dans un parc, raconte Camille Truding. Tous nos dix petits personnages, de tous âges et horizons, vont s’envoler et leur vie va être chamboulée, comme une sorte de tempête de la vie. On y a mis beaucoup de cœur et on prend encore beaucoup de plaisir à le revoir car il apporte du positif. »

    Ils espèrent donc le revoir une nouvelle fois ensemble, le samedi 21 février, jour de la cérémonie à Los Angeles. Leur court-métrage est en lice dans la catégorie meilleur film étudiant. Ils seront en concurrence avec 4 autres prétendants, dont deux Français. « C’est déjà une consécration d’être nommé, admet Hugo Taillez. C’est marrant de voir les longs-métrages qui sont sélectionnés, les Disney, les Pixar, les DreamWorks… et il y a nous à côté. » Les jeunes diplômés ont appris la nouvelle en début d’année sans forcément que ce soit vécue comme une attente interminable. « Ce qui est bien avec l’école, c’est qu’ils nous mettent en relation avec un distributeur qui s’occupe de tout, d’envoyer le film en festivals, de la promo… », expose Élise Golfouse.

    « Le film nous a beaucoup aidés à la sortie d’école »

    Depuis sa sortie en 2024, Jour de vent a déjà eu quelques récompenses, comme le Siggraph, un autre festival international dédié à l’industrie des images numériques. « C’était à Vancouver cet été, on a pu y aller car on savait déjà qu’on serait récompensé », glisse Élise Golfouse. Mais les « Annie Awards » sont d’un autre standing. « Le film va gagner en visibilité », assure Camille Truding. Et leurs réalisateurs avec, dans un contexte où le secteur de l’animation a été dans le creux de la vague (notre édition du 4 octobre), même « si on remonte la pente ».

    Mais, déjà « le film nous a beaucoup aidés à la sortie d’école, où lors de la projection, beaucoup de studios étaient présents, des directeurs sont venus nous voir pour des recrutements », apprécie Ai-Kim Crespin. Trois d’entre eux travaillent d’ailleurs à la Station animation, rue de la République à Avignon. La promotion suivante de 2025 a eu davantage de facilités pour se faire embaucher et trouver des missions avec le statut d’intermittent du spectacle. « C’est rassurant », veut croire Camille Truding.

    Et ce bien qu’un nouveau vent, plutôt contraire, souffle sur le secteur : l’intelligence artificielle. « C’est un film qui se démarque, avec un graphisme propre, dur à imiter pour l’instant, autant dans le point de l’image que dans le scénario », défend Hugo Taillez. « On y a mis de notre personne et ça l’IA ne pourra pas le faire, elle peut copier mais pas créer », conclut Camille Truding. Ni être nommé aux « Annie Awards ».

  • Aix, ils se mobilisent pour dire « non ! » aux guerres dans le monde

    Aix, ils se mobilisent pour dire « non ! » aux guerres dans le monde

    Si les collectifs, partis politiques, associations et syndicats ont plutôt pour habitude de répondre aux appels nationaux à manifester – ou de rejoindre les cortèges marseillais – l’initiative est, cette fois, entièrement organisée par les figures locales. Ce samedi 31 janvier, ils seront bon nombre à se mobiliser pour dire « Non à la guerre ! ».

    L’appel à défiler est conjointement lancé par le collectif contre l’extrême droite et nombre d’associations, en passant par la Cimade, le collectif Aixois Palestine en passant par la Ligue des droits Humains (LDH), Aix Solidarité ou le Comité de soutien antifasciste, rejoint par les forces de gauches locales (Parti communiste, Parti socialiste, la France insoumise, la Gauche écosocialiste, la gauche républicaine et socialiste, Génération.s, Place publique, Partit occitan…), les déclinaisons « jeunes » de plusieurs de ces partis et les forces écologistes (Génération écologie, les Écologistes et les jeunes). Aux partis et forces politiques s’ajoutent les syndicats, parmi lesquelles la CGT, la FSU aixoise, mais aussi le Syndicat des avocats de France.

    Non « à l’impérialisme »

    La décision de manifester, annoncée et expliquée au cours des cérémonies de vœux tenues par les participants, est le résultat d’un constat : « Partout, les impérialismes veulent faire la loi au mépris du droit international », expliquent les organisateurs, dans un communiqué conjoint. Ensemble, ils appellent à « réagir et agir pour montrer à nos gouvernants que nous voulons la justice, garante de la paix, refusons la loi du plus fort et exigeons la préservation et le respect du droit international, patiemment construit par la société tout entière ». La guerre en Ukraine qui approche de sa quatrième année, « l’offensive génocidaire » en cours en Palestine depuis plus de deux ans, la « démonstration de force brutale et l’enlèvement du président » au Venezuela, plus largement, la politique de Donald Trump, président des États-Unis… Autant de constats qui poussent les organisateurs à dire « Non à l’impérialisme, au colonialisme, sous toutes ses formes, non à la guerre », mais « oui au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, oui à la justice et à la paix ! » « Nous ne sommes pas à l’origine de la mobilisation, mais notre responsabilité est grande, sans paix, il n’y a ni liberté, ni progrès social. La guerre, ça n’a jamais profité aux travailleurs », estime de son côté François Canu, secrétaire de l’Union CGT locale. Le départ du cortège est prévu à 16h, de la place de la Rotonde, jusqu’à la mairie.

  • Les pêcheurs partagent leurs souvenirs de Nana avant l’hommage à Marseille

    Les pêcheurs partagent leurs souvenirs de Nana avant l’hommage à Marseille

    La Ville de Marseille rend hommage à cette figure populaire en scellant sur le port une plaque commémorative pour saluer le parcours exceptionnel d’une femme dont la vie se confond avec l’histoire du Vieux-Port.

    Marie-Christine fille et femme de pêcheurs, à la vente sur le Vieux-Port depuis 44 ans
    Boris, toujours à la vente au coté de Marie-Christine
    Daniel palangrier, sur le port depuis une dizaine d’années
    Sandrine vend le poisson péché par son fils Kyllian depuis 6 ans.
    Arashf, 38 ans aujourd’hui, sur le port avec sa mère depuis l’âge de 10 ans.

    La recette de l’aïoli du bonheur de Nana par Christian Qui.

  • L’écrivain et ancien élu local communiste Roger Martin est décédé

    L’écrivain et ancien élu local communiste Roger Martin est décédé

    Il était une figure locale de la littérature, mais aussi un militant du Parti communiste français connu de bon nombre de Provençaux. Roger Martin est décédé, jeudi 29 janvier à l’âge de 75 ans après avoir été renversé par une voiture.

    Depuis plusieurs années, l’auteur de multiples romans et de bandes dessinées contribuait très régulièrement dans notre supplément magazine week-end, avec sa chronique “Le coin du polar”, dans laquelle ce passionné donnait à lire et à voir des thrillers qui avaient retenu son attention.

    Engagé en politique, il s’est évertué, durant des années, à contrer la montée du Front national (puis du Rassemblement national) lors des différentes campagnes électorales, qu’elles soient nationales ou locales, comme en 2014 à Carpentras où Roger Martin s’était engagé pour faire barrage à la Ligue du Sud et au FN.

    Sur les réseaux sociaux, les témoignages en hommage à sa vie et à son engagement affluent depuis l’annonce de son décès. Nous présentons nos condoléances à sa famille et reviendrons sur son parcours dans une prochaine édition.

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « Le journal du combat pour les services publics »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « Le journal du combat pour les services publics »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes à partir du 7 février ?

    Bertrand Perrin : Un grand plaisir de renouer avec un journal qui porte les aspirations des citoyens et de celles et ceux qui font bouger le territoire. J’adresse un grand remerciement au journal qui nous fait confiance en tant qu’habitants de territoires reculés vis-à-vis des grandes métropoles et qui fait le pari de venir se réimplanter en croyant à la vie collective de nos départements. C’est un vrai plus pour le pluralisme de la presse et donc pour la démocratie. Les Alpins sont très attachés à la République, on habite le territoire qui s’est levé en 1851 pour la défendre contre le coup d’État de Napoléon III. C’est un héritage toujours présent. Je pense qu’il y a une vraie attente d’un journal avec un point de vue différent, une ligne éditoriale assumée. On est hyper-heureux de retrouver La Marseillaise. C’est ce que les gens confirment quand on va les voir le journal à la main. Je ne m’attendais pas à une telle réaction. Ils sont enthousiastes, ils trouvent chouette de renouer avec une part de notre histoire mais aussi avec l’idée de nous reconnecter au reste de la région. Ils espèrent un éclairage sur leur vie quotidienne dans un territoire qui est souvent oublié par l’État.

    Quels sujets prégnants dans les Alpes méritent, selon vous, un traitement spécifique ?

    B.P. : On a besoin d’une approche éditoriale qui ne se résume pas aux vide-greniers. Nos départements ont une réalité territoriale très différente du bassin métropolitain et qui nécessite des journalistes qui vivent ici. C’est important pour appréhender en profondeur les enjeux de la ruralité. Je trouve très intéressant qu’ils figurent dans une édition de dimension régionale. Ce qui se passe dans les Alpes rayonnera ainsi sur le reste de la région et on sera informé de ce qui se passe ailleurs. C’est une ouverture au monde, une manière de ne pas être en vase clos. C’est une source d’inspiration également d’avoir accès à des expériences ou des combats qui se mènent ailleurs.

    Vous évoquez l’histoire républicaine des Alpes-de-Haute-Provence, mais il est aussi le théâtre de la progression de l’extrême droite. Comment l’expliquez-vous ?

    B.P. : Oui, la montée de l’extrême droite se construit sur un sentiment de relégation. Territoire oublié de la République, plus d’éducation pour nos enfants, pas assez d’emplois, des difficultés à se soigner… Il y a un vrai sentiment d’abandon. La Marseillaise contribuera à nous reconnecter à la région, au reste du pays. D’autant plus qu’elle assume son histoire et prend position pour éclairer les débats. Ça ne peut apporter que du positif en rupture avec le discours dominant.

    « La Marseillaise » défend les services publics. Ça entre en résonance avec les combats menés dans votre département ?

    B.P. : Oui, malheureusement, les Alpes comme les autres départements ruraux sont en avance sur le recul des services publics que connaît tout le pays. Chez nous, l’ensemble des services publics sont attaqués, à commencer par l’éducation, on est en bagarre perpétuelle pour éviter les fermetures de classes ou d’écoles, en passant par la santé qui est un point central pour l’activité des communistes dans le département. On affronte un plan de réduction du personnel hospitalier. Mais il faut aussi défendre les bureaux de poste, la tranquillité publique, on manque de gendarmes… Une question fondamentale se pose chez nous également, c’est celle des transports dans un territoire très morcelé où il faut prendre la voiture parfois 30-40 mn pour avoir accès à un service de base. Ça complique beaucoup la vie des jeunes, des jeunes couples, des personnes âgées ou à mobilité réduite.

    Comment appréhendez-vous l’enjeu des JO ? En quoi vont-ils influer sur la vie quotidienne dans les Alpes ?

    B.P. : Les épreuves auront lieu dans le 05, mais le 04 est le département qui est au centre de la région et qui sera nécessairement traversé par ceux qui viendront des grandes métropoles. C’est l’occasion de poser en grand la question des transports, de la desserte ferroviaire, des aménagements durables et j’insiste sur le mot « durable » qui pourront être réalisés à cette occasion. On ne veut pas d’infrastructures jetables mais qui s’inscrivent en réponse aux besoins de la population à long terme. Il y a beaucoup à faire au niveau du train.