Category: societe

  • La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    Tout sourire, Jean Castex déboule en gare centre d’Avignon, ce jeudi, ravi d’avoir emprunté la Virgule qui assure la liaison avec la gare TGV. Le PDG de la SNCF se remémore l’histoire de ces gares, à l’époque où il était secrétaire général de la préfecture de Vaucluse, au début des années 2000. Mais l’ancien Premier ministre époque Covid est surtout là pour signer une convention de partenariat avec le parquet d’Avignon et la police nationale pour le compte de sa police ferroviaire [Suge, pour service de surveillance générale de la SNCF].

    Un dispositif déjà à l’œuvre dans une dizaine de territoires. Le principe doit à la fois rendre plus confortable le parcours des victimes, tout en simplifiant les procédures pour les agents de la police ferroviaire. « L’enjeu, derrière cette simplification, est de permettre à nos agents d’être plus sur le terrain et moins dans la paperasse », expose Jean Castex. Sur 3 200 agents en poste sur le réseau national, une brigade de 35 est affectée à Avignon. Il est important de souligner que la convention porte sur des interpellations en flagrant délit lors d’incidents à bord de trains, que ce soit agressions, violences sexistes ou vol de valises.

    Là où, jusque-là, la police ferroviaire devait enclencher une procédure assez lourde, devant être entendue par l’officier de police judiciaire par exemple, désormais, un protocole a été établi, qui reste évidemment dans le cadre légal juridique. « C’est très pratico-pratique avec un rapport d’observations type car parfois, il pouvait manquer des informations dans le passage de relais entre la Suge et la police, ce qui ne permettait pas au parquet de pouvoir caractériser l’infraction », détaille la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine.

    Le passager devra toujours déposer une plainte, mais pourra, par exemple, récupérer sa valise plus rapidement là où la rétrocession pouvait être longue. « On essaye d’immobiliser les gens le moins possible alors qu’ils sont déjà contrariés comme victimes et perturbés dans leur voyage », souligne Stéphanie Aouine.

    Canicule : comment la SNCF s’adapte

    Ce week-end marque le premier grand départ des vacances estivales avec 15 000 trains en circulation, ce vendredi. Le tout dans un contexte météo caniculaire. « Lors du précédent épisode, on a maintenu 9 trains sur 10 avec un taux de régularité de 80% », souligne Jean Castex. Pour viser le 10/10, le PDG de la SNCF annonce « qu’en 2028, on va augmenter de 30% le remplacement des caténaires ». « Il faut rendre nos voies plus solides, les caténaires, c’est ma hantise car certaines ont 40 ans d’âge et sont sensibles à la chaleur, pouvant entraîner l’arrêt du train faute de jus ». Des épisodes de train longtemps à l’arrêt avec des passager suffoquant ont marqué les esprits. Autre avancée, l’arrivée de TGV nouvelle génération [TGV-M en circulation à partir de septembre], équipés de batteries capable de prendre le relais en cas de panne de courant « et maintenir le chauffage, la clim voire amener le TGV en gare suivante à allure réduite », promet Jean Castex.

  • La galerie de la Marionnaise est désormais achevée

    La galerie de la Marionnaise est désormais achevée

    Plus long, plus large, plus solide. La reconstruction de la galerie de la Marionnaise, tunnel paravalanche construit dans les années 1970 et devenu trop fragile, est désormais achevée. Un chantier inauguré ce jeudi par le président du Département, Jean-Marie Bernard, ainsi que par les maires du Monêtier-les-Bains et de Briançon, Jean-Marie Rey et Arnaud Murgia.

    La galerie se situe à 200 mètres sous le col du Lautaret, à 2 000 mètres d’altitude, sur l’un des plus hauts cols de France ouverts toute l’année à la circulation. Débuté au printemps 2024, le chantier s’est déroulé dans des conditions météorologiques complexes, entre vents violents et enneigement. Un défi de taille pour Razel-Bec, entreprise mandataire du groupement en charge des travaux. La contrainte consistait également à intégrer cette construction dans le paysage d’une zone classée Natura 2000, tout en maintenant une circulation alternée sur l’axe routier pendant les travaux…

    « Ici, au niveau climatique, en 200 mètres d’altitude, on dirait qu’on est montés de 1 000 mètres, a reconnu Terence Cusin, directeur régional Paca de Razel-Bec. C’était un chantier complexe aussi du fait de la circulation, très dense ici en été, avec beaucoup de véhicules et de cyclistes. » Au total, ce sont 490 mètres de tunnel reconstruits et 110 mètres d’extension. Les travaux, jour et nuit, ont nécessité 3 700 m3 de béton coulé et le travail de 80 ouvriers, pour un coût total de 27 millions d’euros, financé à 40% par le Département et par un cofinancement de l’État et de la Région.

    « Paradoxalement, ce n’est pas forcément la neige qui va le plus bloquer la circulation, mais le vent, qu’on appelle la tourmente, un vent tourbillonnant très positionné dans cet endroit. Le fait que le tunnel soit plus long va apporter plus de sécurité à ce niveau-là », a apprécié Arnaud Murgia. Le maire de Briançon a également salué l’installation d’une piste cyclable dans les deux sens de circulation ainsi que le maintien du trafic durant toute la durée du chantier. « C’est évidemment l’objectif pour les saisons hivernales puisqu’on vit du tourisme, et quand le tunnel ferme, Le Monêtier se retrouve avec des bus et des gens qu’il faut loger, donc, on ne veut plus que ça arrive », a-t-il rappelé, tout en mentionnant l’importance stratégique du col pour « avoir une logique de circulation entre les futurs pôles olympiques à Lyon et le Briançonnais ».

    « La galerie, il la faudrait tout le long »

    Pour autant, le vice-président du Département chargé des routes, Marcel Cannat, a rappelé les nombreuses fragilités qui demeurent sur le réseau routier haut-alpin. « On est face à un changement climatique avec des orages qui éclatent entraînant des coulées de boue à des endroits où ça n’était encore jamais descendu, anticipe-t-il. La galerie de la Marionnaise, il la faudrait tout le long, mais le coût de ce projet c’est 28 millions ; je rappelle le budget des routes, que je gère, c’est 30 millions par an. Notre département n’a pas assez de financement, donc on fait des rustines. »

    Enfin, Arnaud Murgia a donné rendez-vous à la délégation, dans quelques semaines, « 200 mètres plus haut », pour la présentation de la rénovation de l’ensemble du col du Lautaret dans le cadre du projet « Grands Cols » du Département.

  • Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    « Tut tut ». Les camions de propreté de la Métropole de Marseille se succèdent dans la rue du Jet d’Eau, dans le quartier de la Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de la cité phocéenne. Les agents municipaux et métropolitains mobilisés ce jeudi matin s’activent pour la première opération de « Coup de neuf ! », un dispositif de propreté pensé par la Ville et la Métropole, qui sera déployé dans tous les arrondissements de Marseille.

    « Une forte demande des habitants »

    Pour l’instant, six rues du quartier sont concernées. « Il faut bien commencer par un secteur. Il y avait une forte demande des habitants », déclare Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté dans la ville et désormais conseiller métropolitain.

    Jusqu’à présent, la propreté était une compétence de la métropole. La salubrité de la ville étant au cœur des débats, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, a créé ce poste et nommé Hedi Ramdane, pour « recoudre la ville et la métropole » sur cette compétence. L’idée étant de pouvoir coopérer et de « redonner un cadre de vie aux habitants ».

    Au delà de cette opération, un nettoyage des rues est réalisé quotidiennement dans différents quartiers de la ville. « On met les moyens nécessaires pour rééquilibrer les choses et rattraper toutes ces années où le travail n’a pas été à la hauteur », reconnaît Hedi Ramdane, également ancien adjoint au maire en charge de la jeunesse. Une ambition partagée par Hamza Aftis, adjoint à la mairie du 2e et 3e arrondissement, délégué au cadre de vie. « On se bat pour les habitants. Ils ont eu le sentiment de ne pas être écouté pendant des années. »

    Une colère qui s’exprime

    C’est le cas de cette riveraine, descendue de sa maison pour exprimer sa colère. « On est très énervés. Marseille est dégueulasse. On est à l’abandon ! » Et de ces deux amis âgés d’une quarantaine d’années, qui observent le travail des agents. « Ça fait deux ans qu’ils ne sont pas venus nettoyer », vitupère l’un d’eux. « C’est très bien, mais il faut que ça se poursuive », espère de son côté une habitante de la rue François Barbini.

  • Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    « Le moment de la sortie d’hospitalisation est un moment à haut risque de rupture dans les parcours de soins. Mais aussi un risque élevé de rupture dans les parcours d’hébergement », déclare Clélie Nallet, chargée de recherche opérationnelle à l’Observatoire des pauvretés de Marseille. Elle présentait la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille » ce jeudi 2 juillet au palais du Pharo.

    Cette enquête montre notamment le manque de moyens et de dispositifs afin d’accompagner les personnes sans domicile qui quittent l’hôpital sans solution d’hébergement adaptée à leur état de santé. Cela représentait, sur une année, plus de 855 personnes dans les services médecine et chirurgie et 348 femmes au sein des maternités. Si les chiffres sont de 2024, le problème est loin d’être une nouveauté. Clélie Nallet évoque ainsi une problématique à laquelle « les acteurs de terrains sont confrontés depuis longtemps ».

    « L’enjeu est désormais collectif », constate Karim Touche, adjoint au maire de Marseille délégué à l’action sociale. Toutes les institutions présentes telles que les hôpitaux de Marseille (AP-HM) ou l’agence régionale de santé (ARS) s’accordent sur la nécessité de collaborer pour répondre à une problématique à la croisée des domaines d’intervention. Il ne s’agit pas seulement de la sortie d’hôpital mais « du bout du bout du bout du parcours de la personne très précaire ou de la personne sans domicile », souligne ainsi. François Crémieux, directeur général AP-HM.

    « J’avais particulièrement insisté pour qu’on parle des femmes, et notamment des femmes qui venaient d’avoir un enfant », insiste Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances. En effet, les difficultés rencontrées par les femmes sans domicile en sortie de maternité se trouvent au centre de l’enquête.

    Femmes en première ligne

    Faute de dispositifs idoines, les femmes sont gardées plus longtemps à l’hôpital et le système sature alerte Halima Benmouis qui travaille au service social de la maternité de l’hôpital de la Conception. « Ça devient un moment d’attente, d’anxiété et d’angoisse pour ces femmes », ajoute-t-elle car les structures ne sont plus adaptées pour des nourrissons de plusieurs mois.

    Des salariées du dispositif de périmaternité du SIAO 93 (service intégré d’acceuil et d’orientation) sont venues présenter les 20 centres dédiés à l’accompagnement autour de la maternité qui existent en Seine-St-Denis. Idem pour l’association France Horizon qui développe des dispositifs similaires au sein des CHU de la région PACA dont la directrice Aurore Philippart plaide pour « des structures intermédiaires ». Un centre dédié doit ouvrir à Marseille en septembre 2026.

  • La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    Depuis l’automne, la CGT Éduc’Action essaie d’alerter sur un livret mal nommé Passeport du civisme, diffusé dans plusieurs communes de l’académie de Nice, « qui cherche à faire de l’école un terrain de conquête idéologique ». Nous avions relayé dans nos colonnes le 24 novembre la lettre ouverte envoyée à la rectrice. Nos confrères du Canard Enchaîné venant de révéler le pilotage par l’extrême droite de ce document présenté comme pédagogique.

    Parmi les soutiens de ce « passeport » mis en avant, figurent Geoffroy Boulard, maire parisien proche de la Manif pour tous, et David Lisnard, maire de Cannes. Et l’association qui porte le dispositif est financée par le « Fonds du bien commun » de Pierre-Édouard Stérin. Ce milliardaire « patriote » et exilé fiscal en Belgique déclarant le 22 mars 2026, dans les colonnes du New York Times, sans ambiguïté : « Je suis encore plus à droite que l’extrême droite. » Il est l’initiateur du programme Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes (Pericles) qui vise explicitement à fédérer toutes les forces réactionnaires dans une entreprise de conquête idéologique et électorale, explique Olivier Gérard, le secrétaire général de la CGT Éduc’Action. « Dans cette stratégie, l’école est à la fois un terrain d’influence, un espace de légitimation et une cible privilégiée des attaques », précise-t-il.

    Un « Passeport du Civisme » diffusé et revendiqué notamment par le très droitier maire de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, qui nous répondait : « Rien ne se fait pas de manière cachée ou en catimini. »

    Il serait intéressant de savoir ce que pense le nouveau préfet du Var de ce livret.

    L’école ne doit pas se taire

    « Un Passeport du Civisme à ce point problématique que le ministère de l’Éducation nationale a retiré son agrément à l’association en novembre 2024, au motif de lacunes pédagogiques et d’atteintes à la neutralité », rappelle le responsable syndical.

    Pourquoi dans ce cas laisser faire les mairies qui continuent à distribuer aux élèves dans les écoles de la République cet outil de propagande ?

    « Dans un contexte où notre employeur invoque, use et parfois dévoie le principe de neutralité du service public pour encadrer strictement les personnels, il est pour le moins surprenant qu’il accepte de faire de l’école la vitrine d’un programme municipal », pointe également Olivier Gérard. Et d’insister : « C’est un outil politique, financé par un acteur politique. Quel que soit le travestissement de son propos, il porte des valeurs qui ne sont pas celles de l’école républicaine. »

    Et pour la CGT, l’émetteur plus encore que les propos parfois habillés de bienveillance, éclaire la perfidie de l’intention politique, le projet idéologique déterminant la portée réelle d’un discours aussi séduisant paraît-il. Comme : « La jeunesse représente l’énergie qui doit porter la nation vers son avenir. » Le problème c’est que la formule vient de l’ex-dictateur du Chili Augusto Pinochet, prononcé le 9 juillet 1977, fait remarquer Olivier Gérard.

    Et de poursuivre : « Nous savons ce que vise cette galaxie réactionnaire. Elle se bat pour remodeler la société selon une vision autoritaire, identitaire et inégalitaire, en faisant de l’institution scolaire un instrument de normalisation idéologique et de hiérarchisation sociale. » L’occasion, de réaffirmer que « la CGT ne cédera jamais, nulle part, face à l’extrême droite ». Pas question donc d’accepter les pressions, intimidations, tentatives d’entrisme et les récits identitaires. Le responsable syndical conclut : « L’École ne doit pas se taire au nom d’une neutralité dévoyée, mais tenir droite, fidèle à sa mission, et refuser de devenir le terrain d’une idéologie qui nie l’égalité et fragilise la démocratie. La CGT, elle, ne lâchera jamais rien. »

    La Marseillaise non plus.

  • Une nuit face au feu à Rognac et Lançon

    Une nuit face au feu à Rognac et Lançon

    Sur la départementale du Col du Télégraphe, l’odeur de cendre envahit les narines. C’est au bord de cette deux fois deux voies, du côté de Lançon, que le feu s’est déclenché mercredi soir, aux alentours de 20h. « Ça fait partie des endroits vraiment à risque malheureusement, parce qu’il y a beaucoup de circulation et de passage », souffle le capitaine Philippe Bodin, chef de secteur sur l’intervention. Après avoir parcouru près de 275 hectares pendant la nuit, l’incendie a été déclaré fixé ce jeudi matin, à 10 heures.

    Le cocktail était hélas parfait pour attiser les flammes : mistral et tramontane, avec des rafales allant jusqu’à 90 km/h, une température avoisinant les 30 degrés et une hydrométrie en berne. « On a lutté toute la nuit dans une zone assez inaccessible avec des conditions météorologiques extrêmement défavorables », relate Jean-Luc Beccari, chef de corps départemental des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône (Sdis 13). Le concours des deux Canadairs de la flotte nationale de la société civile dès le petit matin et les moyens au sol conséquents ont finalement permis de maîtriser le feu.

    Devant la météo toujours hostile, un important dispositif du Sdis 13 est resté sur place ce jeudi pour éviter toute réactivation des foyers. « On surveille le secteur pour continuer à préserver la partie qui n’a pas brûlé », explique le capitaine Philippe Bodin devant une opération de traitement des lisières et de noyage. La RD113 est toujours fermée à la circulation et ce, jusqu’à 19 heures ce soir afin de permettre aux pompiers de travailler en toute sécurité.

    Une vague de solidarité

    Si le pire a été évité grâce à l’intervention massive des 254 pompiers mobilisés, qui ont « lutté toute la nuit pour sécuriser les zones habitées », environ 600 personnes vivant dans les quartiers des Guigues et des Emeries, à La-Fare-les-Oliviers, ont été évacuées vers le centre culturel Jean-Bernard par mesure de précaution. Ils ont finalement pu rejoindre leurs logements au petit matin, peu après 6 heures.

    Le maire Jérôme Marciliac témoigne : « J’ai jamais vécu ça, en plus aujourd’hui j’aurais dû être en formation cellule de crise, je l’ai vécu en direct ! Ça s’est passé dans une ambiance calme, apaisée et sereine. Ça aurait pu être bien plus compliqué. Il y a eu une grosse vague de solidarité dans la commune. Les commerçants du village Vival et la Farigoule et nos bouchers ont offert des victuailles et des boissons. » L’association des parents d’élèves du collège a également porté les plateaux-repas destinés à la soirée du bal des 3e, qui se déroulait dans le gymnase de l’école Olivier Guirou et qui a été écourtée au vu des circonstances.

    Caroline fait partie de ces Farens qui sont allés soutenir les riverains touchés. « J’ai pleuré, j’ai pensé à toutes mes amies, à tout le monde. On s’est tous appelés, parce que ça reste un village où tout le monde se connaît, puis on est allés au centre culturel discuter avec les papis et mamies. Ils étaient en pyjama, ça m’a brisé le cœur. Si j’avais pu ramener tout le monde à la maison je l’aurais fait. »

    La cheffe d’entreprise, qui habite chemin des Teses, n’a pas dormi de la nuit : « On voyait les flammes arriver, elles étaient quasiment à notre porte vers 22h30, avant de dévier assez soudainement, raconte-t-elle. J’ai des animaux, des chevaux, des chiens, des oiseaux… J’ai commencé à baliser. Et puis j’ai aussi mon salon de coiffure et d’esthétique de l’autre côté. J’aurais pu tout perdre, autant mon travail que ma maison. »

    Neuf départs sur dix sont d’origine humaine

    Si aucun dégât matériel n’est à déplorer du côté de Lançon, l’incendie de Rognac, qui s’est déclarée au même moment mais a été maîtrisé plus rapidement, a été plus dévastateur.

    Les flammes ont parcouru 40 hectares et atteint la zone industrielle. Les entrepôts de l’entreprise de travaux publics Vincent TP ainsi que les locaux de Signal Market ont été détruits entre 20h30 et 4h. Cinq habitations attenantes ont été touchées. 140 sapeurs pompiers sont restés sur place dans la journée de jeudi pour surveiller les points chauds qui subsistaient.

    Après ces deux sinistres, les pompiers ont un mot d’ordre : « Soyez citoyens. » Ils rappellent que neuf départs d’incendie sur dix ont une origine humaine. L’accès aux massifs forestiers reste interdit.

    ET AUSSI

    Le maire de Marseille veut le retour des canadairs à Marignane

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille n’en démord pas, « il faut que les canadairs reviennent à la base de Marignane », a-t-il déclaré lors du dernier conseil municipal, vendredi dernier (notre édition des 27-28 juin). Le départ des bombardiers d’eau à la base de Nîmes en 2017 n’a toujours pas été digéré. Et de rappeler l’incendie qui a très durement frappé l’Estaque et touchés plus de 90 maisons, il y a un an. « Nous devons continuer à réclamer des moyens car nous sommes en difficulté quand ils ne sont plus accordés », a-t-il martelé. Le débat sur cette question est loin d’être clos.

    Le bataillon des marins-pompiers en renfort

    « Ce mercredi, 70 marins-pompiers ont été envoyés en renfort pour intervenir sur les feux dans les départements des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault, indique le bataillon des marins-pompiers de Marseille. Ils y ont passé la nuit. »

    Ce jeudi, « le détachement de l’Hérault est revenu tandis que 30 marins-pompiers sont restés mobilisés sur le feu de Lançon de Provence », précise-t-il. Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont également été épaulés par leurs homologues des Sdis des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, de la Drôme, de l’Ardèche et du Var.

    L’incendie de Fréjus sous surveillance

    Ce jeudi matin, « le feu de Fréjus est toujours sous surveillance », a indiqué la Préfecture du Var. Celui-ci avait parcouru mercredi en milieu d’après-midi une trentaine d’hectares mais avait obligé à l’évacuation de 2 200 personnes par précaution tandis que d’autres ont été confinés.

    « Les opérations de noyage et de traitement des lisières qui ont duré toute la nuit se poursuivent encore aujourd’hui », a-t-il précisé jeudi, avant de remercier l’ensemble des personnels mobilisés.

    Des massifs forestiers à haut risque

    Dans les Bouches-du-Rhône, 13 massifs forestiers sur 25 sont classés en risque incendie très sévère ce vendredi : Alpilles, Arbois, Castillon, Chaîne des Côtes, Chambremont, Côte Bleue, Lançon, Les Roques Montagnette, Pont de Rhaud, Quatre Termes, Rougadou, Sulauze. L’accès, la circulation, la présence et les travaux y sont strictement interdits en raison d’un mistral avec des rafales pouvant atteindre 65 km/h. Dans le Var, l’accès est déconseillé (risque sévère) dans sept massifs forestiers : les Monts Toulonnais, la Sainte-Baume, les Maures, la Corniche des Maures, l’Estérel, le Haut-Var et le Centre-Var.

  • Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Sifflets, drapeaux… Depuis une bonne semaine, les salariés de l’usine marseillaise Haribo tiennent un piquet de grève et débrayent deux heures par jour. Sur le boulevard Capitaine-Gèze (14e), les klaxons de soutien se multiplient. En cause, des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui ne donnent rien, estime Marc Mansano, délégué syndical CGT, syndicat majoritaire. « Depuis 2 ou 3 ans, nous avons des décisions unilatérales de la direction, dénonce-t-il. Ils nous donnent ce qu’ils veulent nous donner. »

    À ses côtés, Thierry Cambola, délégué syndical FO, ne dit pas autre chose : « On n’a que des miettes. » Alors que l’entreprise est florissante, rappelle Marc Mansano. Selon ses comptes 2024, Haribo affiche une croissance de 4,1% de son chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions.

    Alors que le Smic a été revalorisé, la CGT réclame une hausse des salaires de 100 euros bruts par mois, une hausse de la tranche d’ancienneté des 3 ans et une revalorisation de prime. Mais, pour l’instant, après une réunion mardi, « nous sommes au point mort », déplore Marc Mansano, qui espère que la baisse de production, estimée à 100 tonnes par jour en temps normal, va porter ses fruits. À Uzès (Gard), l’autre usine du fabricant de bonbons, les salariés sont aussi mobilisés, ajoute-t-il. Ce que craignent aussi les 160 employés marseillais, c’est de voir leur unité de production disparaître dans le cadre d’un projet d’extension du site gardois. « On va réduire le personnel ici, on a une grosse inquiétude », commente le responsable CGT.

    Le soutien de la fédération CGT de l’agroalimentaire

    Fabien Trujillo, animateur régional pour la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, est venu en soutien. « Depuis le début, nous sommes avec eux dans leur lutte pour de meilleurs salaires, mais aussi pour l’avenir du site », explique-t-il. Il rappelle qu’il y a « une dizaine d’années, quand il y avait un projet de construction d’un gros conditionnement en Allemagne, on avait fait la démonstration, avec le syndicat, que la particularité du marché français du bonbon, c’est que c’est le plus gros d’Europe ». Or, aujourd’hui, assure-t-il, « avec le futur site d’Uzès à sa capacité maximum, plus le site de Marseille, on n’arrive pas à couvrir la totalité de ce marché ». Et de promettre, « avec les syndicats, de faire la démonstration que les deux sites sont nécessaires et qu’il faut maintenir les emplois et les savoir-faire sur une spécificité bien française et aussi pour garantir la qualité des produits ».

    Contacté par La Marseillaise, le directeur général de Haribo, Anthony Deleter, assure que « le bien-être et la fidélité des salariés d’Haribo sont une de nos principales valeurs ». Pour le prouver, il sort la calculette : « En moyenne, un ouvrier Haribo perçoit une rémunération annuelle supérieure de 24% à la moyenne nationale des ouvriers. D’autre part, notre politique salariale garantit à chaque ouvrier une augmentation automatique de +30% sur les 30 premières années de carrière, en plus des augmentations générales ou individuelles ».

    Pour ce qui est des NAO, « Haribo France s’est toujours aligné sur l’inflation voire au-delà » avec, sur les cinq dernières années, « des augmentations qui ont dépassé l’inflation cumulée de 1,3 point ». Et « cette année encore, notre proposition est en lien avec l’inflation de l’année précédente », assure le directeur, mais « les demandes des organisations syndicales étant éloignées de cette proposition, les parties n’ont pas pu aboutir à un accord ». Reste que les syndicats ne comptent pas lâcher…

  • Les feux de Rognac et de Lançon sont fixés

    Les feux de Rognac et de Lançon sont fixés

    ”Le pire a été évité, salue le capitaine Philippe Bodin, chef de secteur sur l’intervention de Lançon. L’attaque massive d’hier soir a permis de préserver les habitations des villages avoisinants et d’éviter une catastrophe à ce niveau-là.” Pendant la nuit, 600 habitants de La-Fare-les-Oliviers, du quartier des Guigues et des Baïsses, ont été évacués vers le centre culturel Jean Bernard avant de pouvoir rejoindre leurs logements ce matin.

    Au total, le feu de Lançon a parcouru 275 ha, mobilisant plus de 250 pompiers et d’importants moyens aériens. Deux soldats du feu ont été évacués après des coups de fumée, sans notion de gravité. Un important dispositif du Service département d’incendie et de secours 13 est toujours sur place pour éviter toute reprise au vu “des conditions météorologiques très défavorables”, souligne le directeur Jean-Luc Beccari. Aujourd’hui, les rafales de vent peuvent aller jusqu’à 90 km/h. La RD113 est toujours fermée à la circulation et ce, jusqu’à 19 heures ce soir afin de permettre aux pompiers de travailler en toute sécurité.

    À Rognac, les flammes ont parcouru 40ha et détruit trois entrepôts, une habitation attenante, une dépendance, trois camions et trois voitures. 140 sapeurs pompiers sont toujours sur place pour surveiller les points chauds qui subsistent.

  • Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    C’était une promesse de campagne de Carole Delga. Dès juillet 2022, la Région Occitanie mettait en place un service public régional de médecine à travers la création du dispositif « Ma santé, Ma Région », consistant à salarier des professionnels de santé pour lutter contre les déserts médicaux. Depuis, 133 professionnels ont déjà été recrutés (119 médecins et 10 sages-
    femmes), dans 26 centres de santé répartis en Occitanie. 507 500 consultations ont été réalisées et 38 854 patients ont retrouvé un médecin traitant grâce à ce service. « Le 27e centre de la région ouvrira ses portes ce mercredi 24 juin à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, s’est félicitée la présidente de Région Carole Delga mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse donnée à Toulouse. L’objectif est d’ouvrir cinq nouveaux centres de santé en 2026. »

    Le tout premier centre de santé du dispositif a ouvert à Sainte-Croix-Volvestre, en Ariège, dès 2022. Le seul médecin de la commune venait de partir à la retraite et n’avait pas trouvé de remplaçant, laissant la zone sans solution de proximité. Le médecin généraliste Béranger Irondelle s’y était alors installé immédiatement grâce au dispositif « Ma santé Ma Région ». Il raconte : « Nous, les médecins salariés du centre, partageons le bâtiment financé par la communauté de communes avec des professionnels libéraux. Il y a une vraie collaboration entre nous et des échanges permanents pour fluidifier le suivi des patients. » L’un des avantages du centre de santé repose dans la prise en charge des tâches administratives par une équipe dédiée, ce qui soulage les médecins. « Je ne regrette pas du tout mon choix car désormais, je me consacre à 100% aux soins, se réjouit Béranger Irondelle. Cela nous permet aussi d’avoir du temps à consacrer aux activités de prévention, qui sont absolument essentielles. » Il ajoute que, comme tous les autres médecins salariés du dispositif, il pratique des visites à domicile.

    Pallier les inégalités

    « Le dispositif Ma santé Ma Région a été pensé dans un esprit d’équité des territoires, avec l’objectif de créer un véritable réseau de centres de santé qui sont en lien entre eux », détaille Vincent Bounes, vice-président en charge de la santé à la Région. Si la priorité a été donnée aux territoires ruraux, les inégalités d’accès aux soins existent aussi dans les territoires urbains, qui bénéficient donc également du dispositif. C’est
    ce dont témoigne Audrey Lacipière, médecin au centre de Cugnaux, proche de Toulouse : « En ville aussi, nous sommes confrontés au manque de médecins. Depuis sa création, le centre de Cugnaux a permis de désengorger les urgences, mais aussi de travailler en lien avec l’aide sociale de proximité, notamment le CCAS et le Cada. »

    Sur le terrain, les habitants semblent ravis. « En Ariège, on m’en parle spontanément, affirme Carole Delga. Il y a une forme de soulagement, pour des personnes qui, parfois, n’avaient pas vu de médecin pendant plusieurs mois, voire années. » Depuis novembre 2024, la Région a aussi mis en place un dispositif ayant permis le déploiement de 20 médecins spécialistes dans les hôpitaux, en partenariat avec l’ARS, la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, la faculté de santé de Toulouse et les trois CHU. Six postes supplémentaires de médecins spécialistes seront créés dès novembre 2026, dans les hôpitaux de Castres-Mazamet, Rodez, Albi, Uzès, Clermont-l’Hérault et Narbonne.

  • Une journée d’évasion pour ces familles en difficulté

    Une journée d’évasion pour ces familles en difficulté

    « Ici, on s’occupe de personnes avec des situations compliquées […]. On considère que tout le monde a le droit de s’évader », s’enthousiasme Louise Mottier, éducatrice spécialisée au sein d’Habitat Alternatif Social, association du secteur de la lutte contre la grande pauvreté. Ce mercredi 1er juillet, cette structure et ses résidents profitent du programme « S’évader », mis en place par la mairie de Marseille pour permettre aux familles des quartiers prioritaires de la ville de bénéficier d’une journée de vacances gratuite. Depuis le 15e arrondissement, un bus les attend pour les amener au lac des Vannades.

    Depuis 4 ans, ce dispositif, financé par la Ville de Marseille, permet aux associations de monter un projet pour les familles autour de la nature, de la culture, ou du sport et de le réaliser. La mairie « a fait le choix de séculariser le dispositif » malgré les coupes budgétaires imposées aux collectivités, explique Anne-Sophie Sidani, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville (PS), pendant que son équipe distribue aux familles des produits dérivés à l’effigie de la mairie.

    Un programme qui fait

    des heureux

    « Les familles n’attendaient que ça », ajoute Louise Mottier. C’est la première et la seule journée de l’année où les résidents des différents centres d’hébergement se retrouvent. Selon elle, c’est « une journée de célébration » qui « permet d’oublier le quotidien ».

    Mariette et Christian, parents d’un nouveau-né, accompagnés depuis 3 mois, expriment leur enthousiasme : « On pourra rencontrer d’autres familles. » Tous voient cette journée comme la possibilité de tisser des liens. « Je me fais des amis », ajoute Abdoul-Karim, jeune garçon présent avec sa mère Chadia.

    Alors que tous sont déjà installés et que le bus est prêt à partir, Anne-Sophie Sidani adresse un dernier mot : « Au nom de la Ville de Marseille et de Benoit Payan, je voulais vous souhaiter à tous une très bonne journée ! » Ravie, l’association envisage déjà l’an prochain et Louise assure que ces derniers « répondront présents ».

    Sasha Mossé