Category: societe

  • La colère ne faiblit pas contre « l’accord de la honte » entre l’Université de Montpellier et Total

    La colère ne faiblit pas contre « l’accord de la honte » entre l’Université de Montpellier et Total

    Ils étaient une petite cinquantaine, ce mardi 30 juin après-midi, à s’être réunis malgré la canicule devant le bâtiment administratif de la faculté des sciences de Montpellier. Mobilisés depuis déjà presque un mois, collectifs et étudiants réclament l’annulation d’un partenariat signé le 11 juin 2026 entre l’Université de Montpellier (UM) et la multinationale TotalEnergies.

    Une collaboration visant, selon l’UM, à « renforcer les liens entre le monde universitaire et le monde de l’entreprise, au bénéfice des étudiants du master mention énergie de la faculté des sciences. » À l’intérieur du bâtiment, la commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU) était réunie, avec à l’ordre du jour une motion déposée par le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) demandant la résiliation du partenariat. Après de longs débats, la motion a finalement été rejetée à 18 voix « contre », et 9 voix « pour ».

    Des étudiants déterminés

    Aurélien Trannoy est membre du Scum, élu au Conseil d’administration de l’UM. Il raconte : « Nous avons appris l’existence du partenariat via un communiqué de presse de l’Université sur son site internet. Or TotalEnergies est une entreprise écocidaire, responsable du dérèglement climatique, et qui a été condamnée en octobre 2025 par le tribunal judiciaire de Paris pour greenwashing. L’Université de Montpellier se vante pourtant de son côté d’être classée au 14e rang mondial du classement de Shanghai pour l’écologie. C’est inacceptable. » Malo, étudiant en master écologie à l’UM, est venu soutenir la mobilisation parce qu’il se dit choqué à l’idée qu’une entreprise multinationale entre dans le système universitaire : « Le risque c’est qu’une entreprise polluante définisse la manière dont les savoirs sont créés autour de l’énergie et du développement durable. » À ses côtés, Floriane, membre de l’organisation le Poing Levé, ajoute : « C’est d’autant plus scandaleux que certains cours seront délivrés par des employés de TotalEnergies, ce qui revient à ce que Total délivre des diplômes à des étudiants qui s’intéressent à l’écologie. C’est ridicule. » Au cours de la réunion, la présidence a rappelé que l’instance décisionnaire restait le Conseil d’administration, qui se réunira le 6 juillet. « Nous ne manquerons donc pas de nous mobiliser une nouvelle fois à cette occasion », assure Aurélien Trannoy.

  • Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Grosses chaleurs : comment se prémunir ?

    Au vu du manque de réaction au niveau mondial pour freiner le réchauffement climatique, il va falloir s’y faire. Dans les années à venir, les étés seront de plus en plus chauds. Responsable chez Shift Project, Luc Cervellin, prévient même qu’aussi étouffant qu’il puisse être, ce début d’été 2026 sera probablement l’un des moins suffocants qu’il nous reste à affronter (lire p.5).

    La raison est simple. Si la prise de conscience de la réalité du changement climatique a bien eu lieu, excepté chez certains complotistes ou climatosceptiques d’extrême droite, elle n’a pas été suivie de suffisamment de réalisations concrètes. Certes l’été 2003 et ses 15 000 morts ont agi comme un détonateur. Au fil des ans, des Ehpads ont été climatisés pour protéger la santé fragile de nos aînés. Des hôpitaux aussi, même si plusieurs services de CHU à l’instar de celui de Montpellier restent en surchauffe. Plus récemment, nombre de Villes (Montpellier, Grabels, désormais Nîmes…)
    – les majorités municipales de gauche donnant le ton – ont lancé de vastes opérations de désimperméabilisation des cours d’école, peu à peu végétalisées.

    Mais l’ampleur de la tâche est telle que bien souvent, ce genre initiatives, qui porteront leurs fruits à moyen terme, ne suffisent pas à parer l’urgence des canicules. De plus en plus fréquentes et de plus en plus difficiles à supporter pour les organismes. C’est le cas depuis deux étés consécutifs de beaucoup d’enfants, qui vivent un véritable enfer lors du dernier mois d’école. Dans de vieux bâtiments pensés pour une époque révolue, dans des salles rarement climatisées et pas assez rafraîchies, élèves et enseignants suffoquent de Béziers à Alès en passant par Sète ou Nîmes.

    Quid du droit du travail ?

    S’il est évident qu’à terme la généralisation de la climatisation ne fait qu’aggraver le problème du climat, son recours a minima dans les lieux des services publics ne pourra peut-être pas rester tabou longtemps… Plutôt que de s’entêter à prétendre, comme Emmanuel Macron, « qu’on ne pouvait pas savoir », l’État doit prendre urgemment ses responsabilités. Car pour l’heure trop peu d’investissements de grande ampleur ont été réalisés pour adapter nos constructions à la nouvelle réalité climatique. Si bien que plus de 20 ans après l’alerte de 2003, un logement français sur deux, le plus souvent occupé par une personne à faibles revenus, est inadapté. Et que dire des sans-abri ? Mardi 30 juin à Montpellier, un collectif a alerté la préfecture sur la vulnérabilité des SDF et réclamé la mise en place de mesures de protection (lire p 7).

    Il est grand temps aussi que les parlementaires se saisissent des questions relatives au droit du travail. Comme nous le rappelle une avocate spécialisée, il n’existe pas en France de seuil de température maximal au-delà duquel un travailleur peut stopper son activité (extérieure ou intérieure) en toute légalité. Certes le droit de retrait existe, l’employeur se doit de protéger ses salariés (eau à disposition voire douches, ventilation…) et les syndicats peuvent toujours mettre un coup de pression, mais trop souvent des personnes se mettent elles-mêmes en danger par forte chaleur. Soit par volonté de mener à bien leur travail, soit par obligation de ne pas tronquer leur revenu, comme le rappelle la CGT lunelloise (lire p 6), soit par méconnaissance de leurs droits.

    Pour l’heure, les autorités attendent d’être au pied du mur pour agir au cas par cas. La semaine passée (23 au 29 juin), la préfecture du Gard avait déjà pris un arrêté pour permettre à certains travailleurs d’exercer leur activité sur une plage horaire étendue. Pour travailler davantage à la fraîche, les chantiers peuvent se dérouler de 6h à 21h30. Le 30 juin et jusqu’au 15 septembre, la préfecture de l’Hérault lui a emboîté le pas pour les entreprises du paysage, du bâtiment et travaux publics en cas de vigilance rouge (du lundi au vendredi, travaux autorisés de 6h à 12h et interdits de 12h à 21h) ou orange (travaux autorisés de 6h à 21h).

    Dès le 26 juin, la préfecture de l’Hérault rappelait aussi aux propriétaires d’animaux domestiques, d’élevage ou de compagnie les bons comportements à adopter pour ne pas mettre leur animal en situation de souffrance. Notamment en ne les laissant jamais quelques minutes dans un véhicule en journée. Enfin, dans les prochaines semaines, les organisateurs de manifestations taurines sont invités à déplacer leurs festivités (abrivado, encierro, bandido…) au-delà de 20h.

  • La haute-commissaire à l’enfance de passage à Marseille

    La haute-commissaire à l’enfance de passage à Marseille

    « Pour une fois, nous sommes là pour annoncer un nouveau droit, ça fait du bien », s’est jeudi enthousiasmée Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, de passage au pôle parents-enfants de l’hôpital de Saint-Joseph pour promouvoir le « congé supplémentaire de naissance », entré en vigueur mercredi.

    Issue de la loi de financement de la Sécurité sociale, votée dans un contexte de crise démographique, la mesure permet aux nouveaux parents, adoptifs compris, de bénéficier d’un ou de deux mois de congé supplémentaires, en plus des congés maternité ou paternité. Ceux-ci sont indemnisés à hauteur de 70% du salaire le premier mois et 60% le deuxième. Dans le top 10 des maternités françaises, avec 4 800 naissances par an, l’hôpital Saint-Joseph a déjà mis en place une stratégie de communication pour tenir les parents informés. « Un droit n’est effectif que si les personnes en ont la connaissance et peuvent en bénéficier », a souligné Sarah El Haïry.

    Syndrome du bébé oublié

    Au pas de course, l’ex-ministre s’est ensuite rendue dans les locaux du nouveau Samu de Marseille pour rappeler, en cette période caniculaire, les dangers du syndrome du bébé oublié. « Ça peut arriver à tout le monde, pour plein de raisons, parce qu’on est fatigué, parce qu’on subit un changement de rythme… Il faut créer une chaîne de vigilance collective », a-t-elle souligné. Un enfant de 18 mois est mort à Marseille la semaine passée, après avoir été oublié dans une voiture sur le parking de la faculté de médecine.

  • À Martigues, les premiers usagers reçoivent les clés des nouveaux box à vélos

    À Martigues, les premiers usagers reçoivent les clés des nouveaux box à vélos

    Ces nouveaux box à vélos ne constituent « pas qu’un début », mais s’inscrivent dans la continuité de la politique menée par la municipalité, selon l’adjointe (PCF) de Martigues, Marceline Zéphir.

    Mardi dernier, cette dernière, accompagnée de ses colistiers Jean-Luc Cosme (GE) et Roger Camoin (PS), a officiellement remis les clés de ces nouveaux équipements aux habitants du centre-ville ayant répondu à l’appel de la Ville pour bénéficier d’un espace sécurisé de stationnement pour leur vélo.

    Les trois locaux range-vélos sont installés dans les trois quartiers du centre-ville : quai Tessé à Ferrières, quai Kléber sur l’Île et quai Leclerc à Jonquières. Ils sont accessibles sur abonnement au tarif de 30 euros par an. « Ce projet est issu d’une volonté de la majorité municipale, d’habitants réunis en collectifs et conseils de quartiers, de mettre en avant les mobilités douces, explique Marceline Zéphir. Ce n’est pas qu’un début, avec les 30 km/h en centre-ville ou les voies cyclables. Et ça continuera par différents moyens. »

    Une initiative saluée

    Cette initiative a été saluée par l’association Les Vélos des Étangs, active sur le territoire. « Le vélo est une solution aux problèmes de stationnement, surtout pour ceux qui travaillent à moins de 10 km de leur domicile, écrit l’association. Les immeubles ne possèdent pas de cave et il est toujours ardu de transporter sa machine dans les escaliers pour la stocker dans l’appartement. Nous saluons cette initiative pro-vélo de la Ville. » Des places sont encore disponibles dans les box. Pour en bénéficier, il suffit de contacter le service voirie de la Ville au 04.42.44.34.44.

  • [Tribune] Mesdames et Messieurs les députés, ne faites pas de la Fédération française de foot une holding de spectacle…

    [Tribune] Mesdames et Messieurs les députés, ne faites pas de la Fédération française de foot une holding de spectacle…

    Alors que le Mondial de football bat son plein et que la voie royale semble s’ouvrir aux Bleus, une autre partie se joue loin des terrains. À la suite du Sénat, les députés s’apprêtent à se prononcer sur la réforme de la gouvernance du football professionnel (1). Leur décision dépasse une simple question d’organisation : elle engage l’avenir du modèle français foot et même du sport.

    Depuis plus d’un siècle, la Fédération française de football n’est pas une entreprise. Association investie par l’État d’une délégation de service public, elle exerce, en vertu de l’article L.131-14 du Code du sport, une mission d’intérêt général : éduquer la jeunesse, organiser les compétitions, développer la pratique, former les éducateurs et les arbitres, soutenir les clubs et garantir l’équité sportive.

    Cette délégation ne fait pas de la FFF la propriétaire du football français, seulement le dépositaire d’une mission confiée et contrôlée par l’État. Les ligues professionnelles, régies par les articles L.132-1 et suivants du Code du sport, constituent leur outil, des structures créées pour organiser les compétitions professionnelles dans le cadre de cette délégation.

    Le texte issu des travaux sénatoriaux entend répondre à la crise née de l’effondrement des droits audiovisuels. Il renforce la gouvernance, le contrôle financier exercé par la DNCG (2), le cadre des sociétés commerciales gravitant autour des ligues et la lutte contre le piratage. Chacune de ces mesures peut se justifier. Mais leur accumulation traduit une évolution périlleuse : le football tend à être appréhendé d’abord comme un secteur économique.

    La mutation est ancienne. Le budget prévisionnel 2025-2026 de la FFF avoisine 300 millions d’euros, financés à 58% par les partenariats commerciaux, les droits audiovisuels et les licences. Ce modèle permet de financer les missions fédérales et le football amateur, mais il accroît aussi la dépendance à des recettes de marché.

    Le partenariat conclu avec la société de jeux en ligne Betclic, évalué à 30 millions d’euros, illustre cette tension. La logique commerciale d’un opérateur de paris sportifs entre en porte-à-faux avec la mission de protection de la jeunesse notamment contre les risques d’addiction. Un grave problème constaté et dénoncé par Kylian Mbappé lui-même, le conduisant à refuser que son image soit associée à cette marque partenaire de la FFF.

    L’autre symbole de cette évolution demeure l’entrée de CVC Capital Partners au capital de LFP Media filiale de la LFP (3) qui dispose d’une délégation de la FFF. En apportant 1,5 milliard d’euros contre environ 13% du capital dans le cadre d’un accord conclu pour 99 ans, CVC a contribué à stabiliser le football professionnel. Mais cette opération introduit durablement une logique de rendement actuellement fixée à 13% de toutes les recettes. CVC peut ainsi être perçu comme le « cheval de Troie » d’une transformation où la valorisation des droits audiovisuels et des actifs devient un critère majeur de gouvernance.

    Le rapport sénatorial « Football-business : stop ou encore ? » met en garde contre cette financiarisation symbolisée aussi par l’entrée en jeu d’un mastodonte comme LVMH de Bernard Arnault devenu propriétaire du Paris FC. Il rappelle la nécessité de préserver les missions d’intérêt général du football. En l’état la loi proposée par les sénateurs y répond-elle ? Rien n’est moins sûr, les tendances persistent, les dangers demeurent. Au-delà du football, cette réforme pose une question de principe : jusqu’où une mission de service public peut-elle être gouvernée selon les critères de la rentabilité ?

    Le football professionnel crée de la richesse. Le football amateur crée du lien social. Le premier a besoin du second. L’inverse n’est pas vrai. Les députés remettre ce projet de loi sur le métier. Ils devraient réaffirmer la primauté de la mission de service public confiée à la FFF, renforcer les garanties accordées au football amateur et rappeler qu’une fédération délégataire n’a pas vocation à maximiser la valeur d’un portefeuille d’actifs mais à préserver un patrimoine sportif, éducatif et social.

    Une fédération n’est pas une holding. Son premier dividende ne devrait jamais être la valeur de ses contrats commerciaux. Il devrait rester celui que l’on ne cote sur aucune place financière : des millions de pratiquants, des milliers de bénévoles, des éducateurs engagés, des clubs vivants et une jeunesse qui trouve, sur tous les terrains de France, bien plus qu’un spectacle : une école de la République.

    1) Proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel.

    2) DNCG : Direction nationale de contrôle de gestion.

    3) LFP : Ligue de football professionnel créée par la FFF est son outil commercial.

  • La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    Tout sourire, Jean Castex déboule en gare centre d’Avignon, ce jeudi, ravi d’avoir emprunté la Virgule qui assure la liaison avec la gare TGV. Le PDG de la SNCF se remémore l’histoire de ces gares, à l’époque où il était secrétaire général de la préfecture de Vaucluse, au début des années 2000. Mais l’ancien Premier ministre époque Covid est surtout là pour signer une convention de partenariat avec le parquet d’Avignon et la police nationale pour le compte de sa police ferroviaire [Suge, pour service de surveillance générale de la SNCF].

    Un dispositif déjà à l’œuvre dans une dizaine de territoires. Le principe doit à la fois rendre plus confortable le parcours des victimes, tout en simplifiant les procédures pour les agents de la police ferroviaire. « L’enjeu, derrière cette simplification, est de permettre à nos agents d’être plus sur le terrain et moins dans la paperasse », expose Jean Castex. Sur 3 200 agents en poste sur le réseau national, une brigade de 35 est affectée à Avignon. Il est important de souligner que la convention porte sur des interpellations en flagrant délit lors d’incidents à bord de trains, que ce soit agressions, violences sexistes ou vol de valises.

    Là où, jusque-là, la police ferroviaire devait enclencher une procédure assez lourde, devant être entendue par l’officier de police judiciaire par exemple, désormais, un protocole a été établi, qui reste évidemment dans le cadre légal juridique. « C’est très pratico-pratique avec un rapport d’observations type car parfois, il pouvait manquer des informations dans le passage de relais entre la Suge et la police, ce qui ne permettait pas au parquet de pouvoir caractériser l’infraction », détaille la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine.

    Le passager devra toujours déposer une plainte, mais pourra, par exemple, récupérer sa valise plus rapidement là où la rétrocession pouvait être longue. « On essaye d’immobiliser les gens le moins possible alors qu’ils sont déjà contrariés comme victimes et perturbés dans leur voyage », souligne Stéphanie Aouine.

    Canicule : comment la SNCF s’adapte

    Ce week-end marque le premier grand départ des vacances estivales avec 15 000 trains en circulation, ce vendredi. Le tout dans un contexte météo caniculaire. « Lors du précédent épisode, on a maintenu 9 trains sur 10 avec un taux de régularité de 80% », souligne Jean Castex. Pour viser le 10/10, le PDG de la SNCF annonce « qu’en 2028, on va augmenter de 30% le remplacement des caténaires ». « Il faut rendre nos voies plus solides, les caténaires, c’est ma hantise car certaines ont 40 ans d’âge et sont sensibles à la chaleur, pouvant entraîner l’arrêt du train faute de jus ». Des épisodes de train longtemps à l’arrêt avec des passager suffoquant ont marqué les esprits. Autre avancée, l’arrivée de TGV nouvelle génération [TGV-M en circulation à partir de septembre], équipés de batteries capable de prendre le relais en cas de panne de courant « et maintenir le chauffage, la clim voire amener le TGV en gare suivante à allure réduite », promet Jean Castex.

  • La galerie de la Marionnaise est désormais achevée

    La galerie de la Marionnaise est désormais achevée

    Plus long, plus large, plus solide. La reconstruction de la galerie de la Marionnaise, tunnel paravalanche construit dans les années 1970 et devenu trop fragile, est désormais achevée. Un chantier inauguré ce jeudi par le président du Département, Jean-Marie Bernard, ainsi que par les maires du Monêtier-les-Bains et de Briançon, Jean-Marie Rey et Arnaud Murgia.

    La galerie se situe à 200 mètres sous le col du Lautaret, à 2 000 mètres d’altitude, sur l’un des plus hauts cols de France ouverts toute l’année à la circulation. Débuté au printemps 2024, le chantier s’est déroulé dans des conditions météorologiques complexes, entre vents violents et enneigement. Un défi de taille pour Razel-Bec, entreprise mandataire du groupement en charge des travaux. La contrainte consistait également à intégrer cette construction dans le paysage d’une zone classée Natura 2000, tout en maintenant une circulation alternée sur l’axe routier pendant les travaux…

    « Ici, au niveau climatique, en 200 mètres d’altitude, on dirait qu’on est montés de 1 000 mètres, a reconnu Terence Cusin, directeur régional Paca de Razel-Bec. C’était un chantier complexe aussi du fait de la circulation, très dense ici en été, avec beaucoup de véhicules et de cyclistes. » Au total, ce sont 490 mètres de tunnel reconstruits et 110 mètres d’extension. Les travaux, jour et nuit, ont nécessité 3 700 m3 de béton coulé et le travail de 80 ouvriers, pour un coût total de 27 millions d’euros, financé à 40% par le Département et par un cofinancement de l’État et de la Région.

    « Paradoxalement, ce n’est pas forcément la neige qui va le plus bloquer la circulation, mais le vent, qu’on appelle la tourmente, un vent tourbillonnant très positionné dans cet endroit. Le fait que le tunnel soit plus long va apporter plus de sécurité à ce niveau-là », a apprécié Arnaud Murgia. Le maire de Briançon a également salué l’installation d’une piste cyclable dans les deux sens de circulation ainsi que le maintien du trafic durant toute la durée du chantier. « C’est évidemment l’objectif pour les saisons hivernales puisqu’on vit du tourisme, et quand le tunnel ferme, Le Monêtier se retrouve avec des bus et des gens qu’il faut loger, donc, on ne veut plus que ça arrive », a-t-il rappelé, tout en mentionnant l’importance stratégique du col pour « avoir une logique de circulation entre les futurs pôles olympiques à Lyon et le Briançonnais ».

    « La galerie, il la faudrait tout le long »

    Pour autant, le vice-président du Département chargé des routes, Marcel Cannat, a rappelé les nombreuses fragilités qui demeurent sur le réseau routier haut-alpin. « On est face à un changement climatique avec des orages qui éclatent entraînant des coulées de boue à des endroits où ça n’était encore jamais descendu, anticipe-t-il. La galerie de la Marionnaise, il la faudrait tout le long, mais le coût de ce projet c’est 28 millions ; je rappelle le budget des routes, que je gère, c’est 30 millions par an. Notre département n’a pas assez de financement, donc on fait des rustines. »

    Enfin, Arnaud Murgia a donné rendez-vous à la délégation, dans quelques semaines, « 200 mètres plus haut », pour la présentation de la rénovation de l’ensemble du col du Lautaret dans le cadre du projet « Grands Cols » du Département.

  • Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    « Tut tut ». Les camions de propreté de la Métropole de Marseille se succèdent dans la rue du Jet d’Eau, dans le quartier de la Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de la cité phocéenne. Les agents municipaux et métropolitains mobilisés ce jeudi matin s’activent pour la première opération de « Coup de neuf ! », un dispositif de propreté pensé par la Ville et la Métropole, qui sera déployé dans tous les arrondissements de Marseille.

    « Une forte demande des habitants »

    Pour l’instant, six rues du quartier sont concernées. « Il faut bien commencer par un secteur. Il y avait une forte demande des habitants », déclare Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté dans la ville et désormais conseiller métropolitain.

    Jusqu’à présent, la propreté était une compétence de la métropole. La salubrité de la ville étant au cœur des débats, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, a créé ce poste et nommé Hedi Ramdane, pour « recoudre la ville et la métropole » sur cette compétence. L’idée étant de pouvoir coopérer et de « redonner un cadre de vie aux habitants ».

    Au delà de cette opération, un nettoyage des rues est réalisé quotidiennement dans différents quartiers de la ville. « On met les moyens nécessaires pour rééquilibrer les choses et rattraper toutes ces années où le travail n’a pas été à la hauteur », reconnaît Hedi Ramdane, également ancien adjoint au maire en charge de la jeunesse. Une ambition partagée par Hamza Aftis, adjoint à la mairie du 2e et 3e arrondissement, délégué au cadre de vie. « On se bat pour les habitants. Ils ont eu le sentiment de ne pas être écouté pendant des années. »

    Une colère qui s’exprime

    C’est le cas de cette riveraine, descendue de sa maison pour exprimer sa colère. « On est très énervés. Marseille est dégueulasse. On est à l’abandon ! » Et de ces deux amis âgés d’une quarantaine d’années, qui observent le travail des agents. « Ça fait deux ans qu’ils ne sont pas venus nettoyer », vitupère l’un d’eux. « C’est très bien, mais il faut que ça se poursuive », espère de son côté une habitante de la rue François Barbini.

  • Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    « Le moment de la sortie d’hospitalisation est un moment à haut risque de rupture dans les parcours de soins. Mais aussi un risque élevé de rupture dans les parcours d’hébergement », déclare Clélie Nallet, chargée de recherche opérationnelle à l’Observatoire des pauvretés de Marseille. Elle présentait la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille » ce jeudi 2 juillet au palais du Pharo.

    Cette enquête montre notamment le manque de moyens et de dispositifs afin d’accompagner les personnes sans domicile qui quittent l’hôpital sans solution d’hébergement adaptée à leur état de santé. Cela représentait, sur une année, plus de 855 personnes dans les services médecine et chirurgie et 348 femmes au sein des maternités. Si les chiffres sont de 2024, le problème est loin d’être une nouveauté. Clélie Nallet évoque ainsi une problématique à laquelle « les acteurs de terrains sont confrontés depuis longtemps ».

    « L’enjeu est désormais collectif », constate Karim Touche, adjoint au maire de Marseille délégué à l’action sociale. Toutes les institutions présentes telles que les hôpitaux de Marseille (AP-HM) ou l’agence régionale de santé (ARS) s’accordent sur la nécessité de collaborer pour répondre à une problématique à la croisée des domaines d’intervention. Il ne s’agit pas seulement de la sortie d’hôpital mais « du bout du bout du bout du parcours de la personne très précaire ou de la personne sans domicile », souligne ainsi. François Crémieux, directeur général AP-HM.

    « J’avais particulièrement insisté pour qu’on parle des femmes, et notamment des femmes qui venaient d’avoir un enfant », insiste Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances. En effet, les difficultés rencontrées par les femmes sans domicile en sortie de maternité se trouvent au centre de l’enquête.

    Femmes en première ligne

    Faute de dispositifs idoines, les femmes sont gardées plus longtemps à l’hôpital et le système sature alerte Halima Benmouis qui travaille au service social de la maternité de l’hôpital de la Conception. « Ça devient un moment d’attente, d’anxiété et d’angoisse pour ces femmes », ajoute-t-elle car les structures ne sont plus adaptées pour des nourrissons de plusieurs mois.

    Des salariées du dispositif de périmaternité du SIAO 93 (service intégré d’acceuil et d’orientation) sont venues présenter les 20 centres dédiés à l’accompagnement autour de la maternité qui existent en Seine-St-Denis. Idem pour l’association France Horizon qui développe des dispositifs similaires au sein des CHU de la région PACA dont la directrice Aurore Philippart plaide pour « des structures intermédiaires ». Un centre dédié doit ouvrir à Marseille en septembre 2026.

  • La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    Depuis l’automne, la CGT Éduc’Action essaie d’alerter sur un livret mal nommé Passeport du civisme, diffusé dans plusieurs communes de l’académie de Nice, « qui cherche à faire de l’école un terrain de conquête idéologique ». Nous avions relayé dans nos colonnes le 24 novembre la lettre ouverte envoyée à la rectrice. Nos confrères du Canard Enchaîné venant de révéler le pilotage par l’extrême droite de ce document présenté comme pédagogique.

    Parmi les soutiens de ce « passeport » mis en avant, figurent Geoffroy Boulard, maire parisien proche de la Manif pour tous, et David Lisnard, maire de Cannes. Et l’association qui porte le dispositif est financée par le « Fonds du bien commun » de Pierre-Édouard Stérin. Ce milliardaire « patriote » et exilé fiscal en Belgique déclarant le 22 mars 2026, dans les colonnes du New York Times, sans ambiguïté : « Je suis encore plus à droite que l’extrême droite. » Il est l’initiateur du programme Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes (Pericles) qui vise explicitement à fédérer toutes les forces réactionnaires dans une entreprise de conquête idéologique et électorale, explique Olivier Gérard, le secrétaire général de la CGT Éduc’Action. « Dans cette stratégie, l’école est à la fois un terrain d’influence, un espace de légitimation et une cible privilégiée des attaques », précise-t-il.

    Un « Passeport du Civisme » diffusé et revendiqué notamment par le très droitier maire de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, qui nous répondait : « Rien ne se fait pas de manière cachée ou en catimini. »

    Il serait intéressant de savoir ce que pense le nouveau préfet du Var de ce livret.

    L’école ne doit pas se taire

    « Un Passeport du Civisme à ce point problématique que le ministère de l’Éducation nationale a retiré son agrément à l’association en novembre 2024, au motif de lacunes pédagogiques et d’atteintes à la neutralité », rappelle le responsable syndical.

    Pourquoi dans ce cas laisser faire les mairies qui continuent à distribuer aux élèves dans les écoles de la République cet outil de propagande ?

    « Dans un contexte où notre employeur invoque, use et parfois dévoie le principe de neutralité du service public pour encadrer strictement les personnels, il est pour le moins surprenant qu’il accepte de faire de l’école la vitrine d’un programme municipal », pointe également Olivier Gérard. Et d’insister : « C’est un outil politique, financé par un acteur politique. Quel que soit le travestissement de son propos, il porte des valeurs qui ne sont pas celles de l’école républicaine. »

    Et pour la CGT, l’émetteur plus encore que les propos parfois habillés de bienveillance, éclaire la perfidie de l’intention politique, le projet idéologique déterminant la portée réelle d’un discours aussi séduisant paraît-il. Comme : « La jeunesse représente l’énergie qui doit porter la nation vers son avenir. » Le problème c’est que la formule vient de l’ex-dictateur du Chili Augusto Pinochet, prononcé le 9 juillet 1977, fait remarquer Olivier Gérard.

    Et de poursuivre : « Nous savons ce que vise cette galaxie réactionnaire. Elle se bat pour remodeler la société selon une vision autoritaire, identitaire et inégalitaire, en faisant de l’institution scolaire un instrument de normalisation idéologique et de hiérarchisation sociale. » L’occasion, de réaffirmer que « la CGT ne cédera jamais, nulle part, face à l’extrême droite ». Pas question donc d’accepter les pressions, intimidations, tentatives d’entrisme et les récits identitaires. Le responsable syndical conclut : « L’École ne doit pas se taire au nom d’une neutralité dévoyée, mais tenir droite, fidèle à sa mission, et refuser de devenir le terrain d’une idéologie qui nie l’égalité et fragilise la démocratie. La CGT, elle, ne lâchera jamais rien. »

    La Marseillaise non plus.