Category: societe

  • [Entretien] Karima Boutayeb et Muriel Ré : « C’est la force des prud’hommes d’Arles que de travailler en collectif »

    [Entretien] Karima Boutayeb et Muriel Ré : « C’est la force des prud’hommes d’Arles que de travailler en collectif »

    Élue à l’unanimité du collège salarié, Karima Boutayeb reçoit le flambeau de vice-présidente du conseil de prud’hommes d’Arles de sa prédécesseure Muriel Ré. Elle sera présidente de la juridiction l’année prochaine, en alternance tour à tour avec le collège employeur.

    La Marseillaise : Comment appréhendez-vous vos fonctions ?

    Karima Boutayeb : Je suis honorée. Être la 2e femme à la présidence du conseil après Muriel a d’autant plus de sens au regard du parcours d’une femme engagée, ayant adhéré à la CGT en 2015 grâce à Claude Mas. J’aborde mon mandat avec engagement et humilité. Notre rôle est de rendre la justice. On a intérêt à être dans l’échange et l’écoute. Ce qui compte, c’est le justiciable, les divergences syndicales ne rentrent pas trop en compte. C’est ce que les conseillers prud’homaux CGT portent et nous avons une reconnaissance au sein du conseil. Je veux porter l’œuvre de Muriel, basée sur l’échange et le dialogue apaisé et permettre le travail commun. Pour avoir participé à des formations ailleurs, c’est la force d’Arles que de se mettre à table. On est nommé en tant que personne mais le travail est collectif, dans l’idée de l’échange, de la coopération et du respect entre toutes les composantes et toute l’équipe du conseil de prud’hommes. Je l’appréhende comme ça.

    Est-ce le début d’une nouvelle ère ?

    K.B. : Si on arrive à maintenir le bon fonctionnement du conseil, à prendre les dossiers en charge dans les délais et à rendre justice ce sera déjà beaucoup !

    Quelle évolution avez-vous pu constater dans la manière de rendre justice ?

    Muriel Ré : C’est un bouleversement. De moins en moins de justiciables vont aux prud’hommes alors qu’ils le pourraient, beaucoup préfèrent négocier directement avec l’employeur plutôt que de batailler. La procédure était auparavant axée sur l’oral mais glisse de plus en plus à l’écrit, ça peut expliquer les difficultés. Avant les justiciables venaient seuls, maintenant ce sont surtout des avocats qui les défendent. Ils pourraient être accompagnés d’un conseiller syndical mais on en manque. Mais ce n’est pas qu’il n’y a moins de problèmes !

    Est-ce plus difficile d’être une femme conseillère qu’un homme ?

    M.R. : Non ça n’est pas plus compliqué, après c’est mon caractère : je ne supporte pas les injustices. Cela dit, quand j’ai été présidente la première année en 2008, c’est allé jusqu’au pénal avec un homme en responsabilité. Il m’empêchait de prendre les dossiers, était tout le temps derrière moi… C’était la béquille des employeurs ! J’ai dû voir un médecin légiste pour qu’il apprécie mon ITT pénale. Mais je ne me suis pas laissée faire. Au final c’est lui qui est parti mais il a recommencé avec une autre conseillère. C’est pas pour rien toutes les dénonciations qu’on connaît aujourd’hui.

    K.B. : Ça s’est amélioré. Il y a eu du changement et une reconnaissance. On est attendu on reste vigilant mais on lâche pas.

    M.R. : Ce que je retiens c’est l’engagement pour la reconnaissance des droits des salariés et la justice. J’enrage de voir des gens qui ne se battent pas. Faut pas se laisser faire.

  • Le théâtre comme espace de dialogue à Septèmes

    Le théâtre comme espace de dialogue à Septèmes

    La soirée théâtrale « Dressez l’oreille, on parle de vous ! » s’inscrit dans un travail de fond engagé depuis plusieurs mois avec l’association Espoir 18, en lien étroit avec des acteurs de terrain de Septèmes-les-Vallons et de Marseille, et plus particulièrement avec les centres sociaux et des femmes du Plan d’Aou.

    Ce partenariat a permis de construire, dans la durée, des espaces de dialogue et de sensibilisation autour de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, et plus largement de la promotion du vivre-ensemble et de la lutte contre toutes les formes de discriminations. L’objectif partagé était clair : créer des temps collectifs favorisant la rencontre, l’écoute et la compréhension mutuelle, au plus près des réalités vécues par les habitants.

    Le projet s’est décliné sous des formes variées : temps d’échange, projections, rencontres, repas partagés, interventions de spécialistes, ainsi qu’un travail de mémoire, notamment à travers la visite du site mémoriel du Camp des Milles. Ces actions ont permis d’aborder les mécanismes à l’œuvre dans les processus de stigmatisation, en interrogeant les idées reçues et les représentations construites, qu’elles concernent « les autres » mais aussi celles que chacun porte, souvent de manière implicite, au fil de son parcours de vie.

    Dans cette continuité, la soirée théâtrale a constitué une étape structurante de la démarche. Le choix du théâtre n’est pas anodin : par le récit, l’émotion et la mise en scène, il offre un cadre propice pour aborder des sujets sensibles sans les réduire à des formules simplificatrices, et pour ouvrir un espace de réflexion collective accessible à toutes et tous.

    Les deux propositions artistiques présentées, J’ai fait mon temps et le seul en scène de Farid Abdelkrim, ont interpellé les spectateurs sur leurs représentations, leurs préjugés et leurs responsabilités, à l’échelle individuelle comme collective. Le premier spectacle, proposé bénévolement, a donné voix aux habitants d’un quartier populaire confrontés à la perspective de devoir quitter leur logement. À travers des regards croisés et la mise en valeur des cultures de chacun, l’humour a servi de levier pour aborder des réalités sociales sensibles. Farid Abdelkrim a ensuite prolongé la réflexion, sur un registre décalé, en évoquant les questionnements des enfants issus de l’immigration autour de la double culture, de l’intégration et du sentiment d’appartenance, avec des références culturelles partagées, de Verlaine à Hugo.

    Cette soirée, placée sous le signe de l’humour, du respect et de l’apaisement, rappelle l’utilité de ces espaces de dialogue dans un contexte marqué par des tensions identitaires et des crispations sociales. Elle illustre concrètement l’intérêt d’actions culturelles inscrites dans un travail de terrain, co-construites avec les acteurs associatifs et les habitants, pour faire vivre, au quotidien, les valeurs de fraternité, d’égalité et de dignité.

  • Un festival d’idées à Marseille pour se nourrir ensemble

    Un festival d’idées à Marseille pour se nourrir ensemble

    Le festival a un slogan fort cette année : « Nourrir et relier les mondes ». Car, selon les organisateurs, « dans un contexte de bouleversements écologiques, géopolitiques et sociétaux aigus, il devient urgent de repenser notre rapport à la nourriture ». Le démographe Marc Véron anime mardi, à 18h, une conférence sur la prospective alimentaire jusqu’en 2050. Une prévision importante puisque d’après un rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), près de 1,7 milliard de personnes vivent dans des régions où la dégradation des terres est une menace croissante pour la productivité agricole, la sécurité alimentaire et la résilience des écosystèmes. Des apéritifs sont organisés après chaque conférence : « On crée des moments d’échanges debout, verre a la main, où on sort des dynamiques de prises de parole assises, ce qui permet à des personnes qui ne s’expriment pas en temps normal de le faire », décrit Cécile Arnold, codirectrice de l’association Opéra Mundi.

    « Les conditions d’une démocratie réelle »

    Ces moments permettent de « recréer les conditions de démocratie réelle, on refait société en plus de placer le savoir dans les mains du citoyen », ajoute la codirectrice. Le biologiste Olivier Hamant sera présent ce samedi pour expliquer son concept de « robustesse ». « Une idée qui repose sur l’importance vitale d’entrer dans un nouveau modèle de société qui replace le vivant et sa fragilité au centre, en opposition totale au culte de la performance », explicite Cécile Arnold. « Quand on observe le vivant, on voit que tous les systèmes fonctionnent en sous-optimalité. C’est ce qui leur permet d’être durables, de continuer à vivre avec les fluctuations de leur environnement », développe le biologiste au micro de France Inter. Pour aussi s’alimenter de joie et d’espérance, une fête est organisée à la Fabulerie, samedi, pour cette dernière journée. L’occasion de danser sur le DJ set original de Milena Rousseau, qui samplera des extraits de conférences de la semaine.

  • De nouvelles destinations accessibles depuis Marignane avec Transavia

    De nouvelles destinations accessibles depuis Marignane avec Transavia

    La filiale d’Air France-KLM a annoncé qu’à partir du 10 avril, les voyageurs pourront se rendre, à raison de trois vols par semaine, à Oran, ville du Nord de l’Algérie et, dès le 9 avril, à Séville, dans le sud de l’Espagne, grâce à deux vols par semaine.

    Une ouverture sur le pourtour méditerranéen, qui, selon Julien Mallard, directeur général adjoint commercial de Transavia France, vise à « développer l’attractivité de Marseille, en même temps que l’offre destinée aux Marseillais ».

    La compagnie aérienne, arrivée en 2022 sur le sol marseillais, avait déjà élargi les horizons de Marignane en automne, avec l’ouverture de quatre nouvelles lignes internationales vers Praia (Cap Vert), Médine et Djeddah (Arabie saoudite) et Tel-Aviv (Israël). À partir d’avril, Transavia desservira donc 22 destinations depuis l’aéroport Marseille-Provence, dont quatre en métropole, avec la reprise des deux vols quotidiens vers Paris-Orly, anciennement opérés par Air France.

    Nouveaux vols à quel prix ?

    La compagnie low cost veut « permettre à chaque type de passagers de pouvoir utiliser Transavia », en mettant en place une « transparence sur les prix », explique Julien Mallard. Les prix des allers simples vers Séville et Oran démarreront respectivement à 28 et 80 euros, quand celui vers Paris est annoncé à partir de 45 euros. Ce prix dépendra cependant de la demande, mais aussi des options choisies par les voyageurs (35 euros de supplément pour un bagage cabine simple, pour le vol vers Séville).

  • Le Marché du Soleil fermé six mois par arrêté préfectoral

    Le Marché du Soleil fermé six mois par arrêté préfectoral

    L’étau se resserre autour du Marché du Soleil. Ce lundi, un arrêté préfectoral annonce sa fermeture administrative pour six mois, tandis que douanes, police et gendarmerie se sont coordonnées pour effectuer un vaste contrôle, qui durera jusqu’à la fin de la semaine. En ligne de mire : la vente de contrefaçons, qui serait omniprésente au sein des échoppes du bazar, devenue institution. « Sur 160 commerces, on en estime au moins deux tiers comme faisant du commerce de contrefaçons », explique le directeur régional des douanes, Michael Lachaux.

    Plus de 200 fonctionnaires ont été dépêchés afin de passer au crible chaque boutique. L’opération, coordonnée par la justice et la police, se fait dans le cadre d’une enquête, débutée en novembre et qui avait entraîné la saisie des murs de l’établissement et des contrôles. Le lieu était également régulièrement sous le joug de fermeture administrative par la mairie, pour des manquements à la sécurité, depuis un incendie en 2008.

    Des dispositions sécuritaires d’ampleur permises par la loi narcotrafic, promulguée en juin 2025. Aucun lien entre le lieu et le trafic de drogue n’est établi, mais la nouvelle réglementation permet « d’assécher les lieux d’économies parallèles et de blanchiment d’argent de recel et de contrefaçon », précise Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône.

    Pour le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, le but de l’opération est clair : « Redresser les pratiques et imposer un nouveau rapport à la loi », alors que le marché est conseillé dans les guides touristiques. « Il faut que l’on déconstruise cette image de Marseille », précise-t-il.

    Pour l’un des voisins du marché, c’est la fin. « Cela fait deux ans qu’ils parlent de le fermer, je ne pense pas que cela va rouvrir. » Du côté du préfet et du procureur, l’avenir du lieu est flou, même si le préfet affirme que « le but est de faire arrêter la vente de contrefaçons ». L’avocat du propriétaire des lieux, Me Stéphane Ceccaldi, dit son client prêt à « coopérer avec le parquet pour lutter contre la contrefaçon », mais craint que la fermeture du lieu n’entraîne un grand désordre. L’avocat affirme étudier un recours administratif contre cette décision.

  • Premières amendes pour les meublés touristiques illégaux

    Premières amendes pour les meublés touristiques illégaux

    On est loin de l’amende maximale (2,4 millions) réclamée par la Ville de Marseille mais le tribunal judiciaire a eu la main ferme contre les locations touristiques meublées illégales en prononçant pas moins de 255 000 euros d’amendes civiles pour deux propriétaires.

    Obligation de retour à la location longue durée

    « Ces jugements (…) confirment la pertinence et la solidité de l’action engagée », indique la municipalité satisfaite de l’obligation faite dans ces décisions « de revenir à de la location de longue durée dans les trois mois, sous astreinte financière. Cet élément déterminant constitue un signal fort en faveur de la protection du logement ».

    La condamnation la plus lourde vise la société La Niche, dirigée par Vincent Chevallier, un chirurgien de Périgueux. Entre 2023 et 2025, il avait transformé sans autorisation six appartements du 30, rue Thiers (1er), en quatorze meublés touristiques loués sur Airbnb ou Booking. Une affaire médiatisée en 2024 par une fanfaronnade décomplexée (« C’est Marseille bébé ») face aux caméras de Complément d’enquête. La Ville est parvenue à démontrer l’usage d’habitation initial des logements et l’absence d’autorisation de changement d’usage, malgré la gestion confiée à une conciergerie. Le tribunal a retenu un changement d’usage illicite au sens du code de la construction et de l’habitation et condamne La Niche à 25 000 euros par logement, soit 150 000 euros d’amende.

    Une décision assortie de l’obligation de remise à l’habitation classique, à laquelle s’ajoutent 21 000 euros pour défaut de déclaration préalable. En revanche, la société est relaxée pour l’absence de décompte des nuitées. La conciergerie TheGoodButler group est, elle, condamnée à 8 000 euros pour manquements à ses obligations légales. Au total, 179 000 euros sont versés à la Ville dans ce dossier.

    Dans le second dossier, le juge a condamné la société MessieursDames et son gestionnaire Lovely Keys pour avoir transformé sans autorisation l’immeuble du 31, rue Barthélémy (1er), en neuf meublés touristiques entre octobre 2024 et juin 2025. La société écope de 40 000 euros d’amende. Lovely Keys est sanctionnée de 36 500 euros pour ses manquements déclaratifs. Soit un total de 76 500 euros.

    À l’inverse, la justice a débouté la Ville dans le dossier Chevalier – Arbelet. Faute de preuve suffisante de l’antériorité de l’usage d’habitation du logement, la commune devra verser 2 000 euros de frais de justice aux propriétaires. Le tribunal a aussi accepté le dépaysement du dossier de Philippe Bonifay, juge au tribunal de commerce de Marseille. Ces 255 500 euros d’amendes illustrent une jurisprudence à la fois répressive et exigeante, à l’heure où la Ville tente d’endiguer la prolifération de ces locations meublées illégales. De nouveaux dossiers seront jugés le 6 mai.

  • [Entretien] Éric Berton : « C’est le rôle de l’université de redonner le goût du vote »

    [Entretien] Éric Berton : « C’est le rôle de l’université de redonner le goût du vote »

    « Droit au but mais aussi droit de vote. » « Dégun le fera à ta place. » « Pour savoir si t’es inscrit sur les listes, c’est tarpin simple. En vrai. » Lancée en novembre, la campagne d’AMU se veut percutante. Où elle endosse un rôle dont on peut se demander s’il relève d’une université. Explications.

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé cette démarche qui est a priori une première en France ?

    Éric Berton : Aix-Marseille Université (AMU) considère que sa mission ne s’arrête pas aux portes des amphithéâtres. AMU est, et a toujours été, une université socialement engagée. Nous avons fait le choix de lancer une grande campagne de sensibilisation sur l’importance du vote tout en proposant des outils concrets pour accompagner les étudiants dans leurs démarches d’inscription sur les listes électorales.

    Nous estimons que c’est précisément le rôle de l’université de redonner le goût du vote à nos étudiants et de les replacer, ainsi que leurs problématiques, au sein du débat démocratique. L’université est un lieu de savoirs et d’émancipation, elle a également vocation à construire les citoyens de demain. En sensibilisant les étudiants aux fondamentaux de notre démocratie, elle est pleinement dans son rôle.

    La temporalité de cette campagne est très simple : l’échelon municipal est le plus concret, celui qui régit le quotidien. Il nous a semblé naturel de lancer cette campagne à l’aune de cette échéance électorale, parce que cette élection est déterminante pour la jeunesse et donc pour les étudiants d’Aix-Marseille Université. C’est une fierté pour notre université que de mener ce combat pour la démocratie.

    Comment s’articule la campagne ?

    E.B. : Elle a commencé à l’automne, à travers une grande campagne d’affichage, accompagnée d’un site internet explicatif des enjeux liés aux municipales et des démarches pour s’inscrire sur les listes. Nous avons par la suite lancé une grande enquête auprès des étudiants, conjointement avec la Fondation Jean Jaurès et l’Ifop, afin de mieux comprendre leurs engagements, leurs valeurs, et leurs attentes en matière de politiques publiques municipales. Les résultats de cette enquête seront rendus publics dans les prochains jours et feront l’objet d’un affichage sur nos campus et sur les abribus dans nos villes d’Aix et de Marseille.

    Sur la partie sondage Ifop/Fondation Jean Jaurès, ne craignez-vous pas d’être taxé de « parti pris » dans la mesure où cette fondation a été créée par un ancien Premier ministre socialiste ?

    E.B. : Pour garantir l’indépendance de l’enquête, nous avons confié sa réalisation à l’Ifop, institut de référence en études d’opinion, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès, think tank reconnu pour son expertise sur les enjeux de jeunesse. Deux entités reconnues pour le sérieux de leur travail, la rigueur de leurs méthodes et la qualité de leurs enquêtes.

    Sur les débats organisés à partir du 11 février avec les candidats aux municipales, cela va-t-il se faire avec toutes les têtes de liste ? Y compris le RN ? Si oui pourquoi ?

    E.B. : Les invitations à l’attention des candidats ont été envoyées et nous attendons de connaître leur réponse pour communiquer sur le dispositif et le format définitif de ce temps d’échange.

    Avez-vous déjà tiré des enseignements de cette campagne ?

    E.B. : Cette campagne est extrêmement utile, à la fois pour informer les jeunes sur leurs droits et leurs devoirs civiques, évidemment, mais aussi pour mieux comprendre leurs attentes et leurs aspirations.

    Nous avons voulu cette enquête pour que les candidats ne puissent plus ignorer l’état réel de notre jeunesse et qu’ils puissent formuler des propositions en phase avec les besoins exprimés. Nous avions des intuitions sur l’engagement de notre jeunesse. Les premiers résultats dépassent certaines de nos attentes, d’autres risqueront de bousculer un peu certaines idées reçues et des représentations parfois caricaturales. Et c’est tant mieux ! Objectiver, chercher, oser, se dépasser, telle est ma vision de l’université, au service de nos jeunesses.

    Repères

    Des jeunes plus engagés au niveau associatif

    Environ 42% des étudiants d’AMU (Aix-Marseille universités) seraient engagés dans des associations universitaires. Un chiffre à mettre en regard des 72% d’abstention relevés chez les jeunes de 18 à 34 ans, lors des précédentes élections municipales en 2020 selon une estimation de l’institut de sondage Ipsos-Sopra Steria. Un chiffre à replacer aussi dans un contexte d’épidémie de Covid.

    Faire de la jeunesse une priorité au niveau local

    C’est ce que demande dans une longue note publiée en novembre, le conseil d’orientation des politiques de jeunesse, une commission administrative consultative placée auprès du Premier ministre. Parmi les propositions, améliorer le rapport avec la police, garantir l’accès à la culture ou aux sports…

    35%

    des 18-24 ans se disaient intéressés par les municipales en 2020 selon une étude de l’Observatoire du Comportement Électoral des Jeunes, menée par l’Anacej (association nationale citoyenneté enfance jeunesse).

    16

    ans et pouvoir voter… Un droit qui s’inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant, pour participer à la vie démocratique de leur pays rappelle l’Unicef, pour qui « les jeunes ont une voix ! » Et d’exhorter les pouvoirs publics à abaisser l’âge du vote à 16 ans pour les municipales.

  • [Vidéo] À Marseille, Soprano parle santé mentale avec les minots

    [Vidéo] À Marseille, Soprano parle santé mentale avec les minots

    C’est pas tous les jours qu’on voit une star à l’école. » Les minots de l’école l’Estaque Gare ont reçu le rappeur Soprano comme il se doit : avec des étoiles plein les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles. Et surtout de chauds applaudissements quand il rentre dans la salle. « J’ai vécu dans les quartiers Nord, juste à côté. Je venais ici souvent pour la plage, je connais par cœur le secteur : là où vous grandissez, c’est un peu l’endroit où j’ai grandi aussi », lance la rock star du jour de l’école.

    Sauf qu’il ne vient pas pour un showcase mais en tant qu’ambassadeur de l’Unicef. Une organisation qui lui tient à cœur et surtout pour une cause qui lui est chère : la santé mentale des enfants. « Les enfants sont l’avenir, ils ont le potentiel de faire mieux que nous. L’Unicef me donne l’occasion de leur dire directement », explique-t-il, rappelant ses voyages en Côte d’Ivoire et aux Comores avec l’organisme de l’ONU. Forcément les minots sont excités comme des puces, les questions fusent et toutes ne parlent évidemment pas de santé mentale. « Pourquoi as-tu voulu devenir chanteur ? », lance l’un. Quand une autre demande : « Quelle a été le clip le plus dur à réaliser ? ». Mais le fond est bien là et les questions des enfants sont plus que pertinentes : « Quelle est la différence entre les adultes et les enfants pour la santé mentale ? ».

    « Lutte contre la noirceur »

    « On peut rencontrer des difficultés différentes en fonction de l’âge », rassure Jeanne Royer, coordinatrice pour l’Unicef. « Qu’importe l’âge ou le sexe, il y a des hauts et des bas dans la vie. Même pour les stars, il y a des passages à vide », abonde Soprano. Avant de se confier : « J’ai eu plein de problèmes avec la santé mentale. À force de tout le temps sourire, de dire que tout va bien […], on garde tout et l’on devient fragile, on rentre dans une parano. » Référence à ses dépressions et « sa lutte contre la noirceur » largement évoquée dans certains de ses chansons comme Mes Pensées ou Fragile.

    Pas refroidis par le sujet, les minots parlent même directement de harcèlement au collège et demandent au rappeur s’il en a été victime. « Moi non, mais j’ai vu que les harceleurs n’étaient pas toujours conscients qu’ils font du mal. Et les harcelés ont du mal à le dire. J’étais l’épaule de mes amis harcelés et je grondais mes collègues qui harcelaient », répond le rappeur. In fine, lui et l’Unicef insistent sur « l’importance d’en parler, de partager, d’alerter ».

    Si la visite est un franc succès, elle se fait dans un cadre bien spécifique : la 7e édition de la consultation nationale de l’Unicef avec un questionnaire dédié pour les 6-18 ans. La précédente édition portait sur les « privations et le déficit de protection » et avait récolté 16 203 réponses dans 1 800 villes. Catherine, bénévole à l’Unicef explique la démarche, avant la venue de Soprano : « On a passé la matinée à faire des ateliers par deux avec les élèves, en présence de la maîtresse pour le cadre. On adapte le vocabulaire et on simplifie les idées comme le fait Soprano, pour répondre aux questions des enfants. »

    En tout cas, les minots en ressortent convaincus. « Soprano nous a appris ce que c’était la santé mentale », relate Thaliyam, 9 ans, avec un brin de fierté. Son ami Gabriel, rajoute : « C’était trop bien, il nous a dit qu’il fallait en parler aux adultes si on avait des problèmes. » Mina, bientôt 11 ans va dans le même sens : « On a compris qu’on doit partager nos besoins et nos émotions. » Et surtout : « C’était mieux de le voir en vrai qu’à la télé ! ».

    « L’important c’est d’en parler, de partager, d’alerter »

  • Un tribunal pour enfants bientôt créé à Alès

    Un tribunal pour enfants bientôt créé à Alès

    C’est une annonce attendue depuis des années par les acteurs judiciaires et les élus cévenols. Dans un courrier daté du 19 janvier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a confirmé au maire d’Alès, Christophe Rivenq, sa décision de créer un tribunal pour enfants de plein exercice dans la capitale des Cévennes. Une avancée qui vise à rapprocher la justice des familles et à améliorer le traitement des dossiers concernant les mineurs.

    Jusqu’ici, l’ensemble des affaires pénales et éducatives impliquant des mineurs du ressort d’Alès étaient traitées à Nîmes. Une organisation qui impliquait de nombreux déplacements pour les familles, les avocats, les éducateurs et les forces de l’ordre, et qui allongeait les délais. Le ministre reconnaît lui-même que ces contraintes « nourrissent légitimement un sentiment d’éloignement du service public de la justice des mineurs pour les Alésiennes et les Alésiens ». Dans sa lettre, Gérald Darmanin souligne le « contexte territorial spécifique » du bassin alésien, marqué par l’étendue du ressort couvrant également l’arrondissement du Vigan, et par des difficultés d’accès à la juridiction nîmoise pour une part importante de la population.

    Un combat qui aboutit

    La décision intervient aussi dans un contexte local tendu. Depuis 2023, les affaires impliquant des mineurs se sont multipliées dans le bassin alésien, avec des faits de violence, de trafic et plusieurs dossiers très médiatisés. Pour les avocats du barreau d’Alès, qui réclamaient cette création depuis longtemps, l’engorgement du tribunal pour enfants de Nîmes et les délais de traitement nuisaient à la prévention et à la réinsertion.

    Sur ses réseaux sociaux, le maire d’Alès s’est félicité de cette annonce, estimant qu’elle permettra de rendre « une justice encore plus efficace sur notre territoire ». Il évoque « une belle victoire pour le territoire » après « plusieurs années de rencontres et d’échanges avec de nombreux ministres ».

    Si le feu vert politique est donné, la mise en œuvre reste conditionnée à la disponibilité de locaux adaptés et l’évaluation des moyens humains nécessaires. Darmanin a d’ailleurs interrogé la commune sur sa capacité à proposer rapidement un site opérationnel. En attendant, pour de nombreux professionnels, cette annonce marque déjà un tournant vers une justice des mineurs mieux ancrée dans les réalités locales.

  • Soirée des bénévoles du Grand prix et de l’Étoile

    Soirée des bénévoles du Grand prix et de l’Étoile

    L’occasion de présenter le nouveau pôle événementiel du journal dirigé par Maryan Barthelemy et d’envoyer une pensée à Roland Villalonga, fondateur de la course, désormais en maison de retraite.