Category: societe

  • Alimentation solidaire : le pari de la « Superluette » à Montpellier

    Alimentation solidaire : le pari de la « Superluette » à Montpellier

    Fruit d’une collaboration étroite entre quatre associations et la Ville de Montpellier, qui a acquis et rénové les locaux (350 m²) pour y accueillir ce projet collectif, la Maison de l’alimentation solidaire (MAS) de Celleneuve, située allée Antonin Chauliac, a été inaugurée le 7 février.

    L’enjeu de la mixité

    Baptisé « Superluette », le lieu regroupe une épicerie solidaire (produits alimentaires locaux, pour la plupart bio, à des tarifs réduits pour les foyers modestes), un café et une cantine participative avec des ateliers de cuisine pour préparer des repas. Y seront également proposés des temps de débat sur les questions d’alimentation, une programmation culturelle et d’autres activités comme des ateliers de théâtre.

    « Ce n’est pas une simple épicerie ou un endroit où on va juste acheter et consommer, c’est un lieu qui se veut expérimental et démonstrateur. Un lieu de lien social, ouvert à toutes et à tous quel que soit leur milieu social, leurs origines, leur culture, leur âge  », insiste Marie Massart, adjointe au maire à l’alimentation et à l’agriculture urbaine. « C’est un enjeu compliqué à relever : la mixité sociale, culturelle et générationnelle. On ne veut pas que ce soit identifié comme un lieu dédié aux personnes en situation de précarité, ni, à l’inverse, comme un lieu pour les bobos. On veut que tout le monde s’y sente bien. »

    Autre originalité du projet : La Superluette est aussi un lieu de recherche-action. La sociologue Pauline Scherer, fondatrice de LaBoca (Laboratoire des communs de l’alimentation), l’une des quatre associations qui co-gèrent le lieu (avec Vrac & Cocinas, l’Esperluette et la Caisse alimentaire commune), va en effet mener un travail de « recherche participative avec les premiers concernés, les habitants. La question de l’accès à l’alimentation et des conditions de production nous concerne tous ».

    Entre février et avril, « des chantiers participatifs se dérouleront avec les habitants, pour aménager progressivement le lieu », avant une ouverture au grand public prévue le 13 avril, au lendemain d’une grande journée festive le 11.

  • [Tribune ] L’extrême droite au pouvoir à Marseille, y a pas moyen !

    [Tribune ] L’extrême droite au pouvoir à Marseille, y a pas moyen !

    Nous, habitant.e.s de Marseille, collectifs, associations, syndicats qui luttons au quotidien contre le racisme, pensons que les idées d’extrême droite n’ont pas leur place dans notre ville. Nous prenons cette menace au sérieux pour ces prochaines élections municipales et avons décidé d’unir nos forces pour la combattre !

    Nous appelons à battre largement l’extrême droite :

    – Dans la rue le 14 mars contre le racisme et l’islamophobie !

    – Et les dimanches 15 et 22 mars aux élections municipales !

    Il n’y a pas de fatalité à la progression de l’extrême droite et des fascistes et il est important de rappeler qu’à Marseille comme ailleurs, nous sommes bien plus nombreux-ses qu’eux. Nous appelons à nous mobiliser pendant cette séquence électorale et bien au-delà !

    À Marseille, le lancement de campagne du Rassemblement national avec la venue de Marine Le Pen au Parc Chanot a été hué par plus de 500 personnes : elle a bien entendu qu’elle n’était pas la bienvenue dans notre ville, et il faut continuer sur cette lancée !

    Rappelons que le RN, anciennement Front national, est issu d’une alliance entre d’anciens Waffen-SS, des sympathisants du nazisme et des nostalgiques de l’Algérie Française.

    La liste portée par Franck Allisio est une coalition de l’extrême droite locale entre :

    – L’UDR (Union des Droites Républicaines, scission des Républicains portée par Ciotti)

    – Reconquête (parti de Zemmour représenté ici par Jean-Marc Graffeo)

    – Stéphane Ravier, le sénateur identitaire des bouches du Rhône qui est aussi porteur du mouvement de jeunesse identitaire « Défends Marseille ».

    Malgré une façade plus lisse, les liens de ces différents acteurs avec des groupuscules comme les royalistes antisémites de l’Action Française ou les fémonationalistes de Nemesis sont toujours bien actifs.

    Nous avons déjà vu ce que donnait le bilan des mairies passées FN/RN : destruction du tissu culturel, associatif et syndical comme à Vitrolles, corruption organisée comme à Fréjus, et toujours une stigmatisation des habitant.e.s des quartiers populaires, des personnes n’ayant pas les papiers français, des jeunes.

    Le RN à la tête de la seconde ville de France marquerait une avancée grave pour un parti qui cherche à prendre la tête du pays. Ce serait synonyme de subventions pour les structures proches de l’extrême droite, d’un contrôle et d’une censure programmée de la parole de toutes les associations, collectifs, syndicats et surtout d’un violent saut répressif et d’une augmentation des agressions racistes.

    Si l’extrême droite constitue le danger immédiat, ne nous leurrons pas : les politiques racistes et islamophobes renforcées ces dernières années et la répression acharnée des solidarités avec le peuple palestinien en lutte contre le génocide en cours commis par l’État colonial israélien font le lit de l’extrême droite.

    Nous sommes convaincu-es que c’est l’organisation de nous toutes et tous et le renforcement des luttes antiracistes à Marseille, en France et à l’international, qui feront reculer l’extrême droite.

    Meeting concert anti-raciste

    le dimanche 22 février

    Dans la suite des assemblées générales antifascistes contre le RN, qui ont lieu toutes les 2 semaines, nous vous donnons rendez-vous pour une nouvelle étape le dimanche 22 février avec un meeting-concert antiraciste à 19h aux Vieux Métaux (22, rue Jobin, 13003) et l’élargissement de la campagne contre l’extrême droite !

    Cette date n’est pas anodine. C’est le lendemain du jour où, 31 ans auparavant, dans notre ville, à Marseille, un adolescent de 17 ans nommé Ibrahim Ali se fait assassiner d’une balle dans le dos par des militants du Front devenu Rassemblement National. Pour porter sa mémoire, nous continuerons à nous battre contre les crimes racistes que l’extrême droite engendre.

    L’extrême droite n’a pas changé. Montrons que Marseille reste antiraciste, antifasciste et solidaire !

    Les signataires

    ACT, AFPS – Palestine 13, AfroQueer RevolutionR, Alternatiba Marseille, Amoureux au Ban Public Marseille, Anticra Marseille, Aouf, Al Manba, Antifa Social Club Marseille, Animals industry / Unité.22, L’Après M, Art’Up 13, Avec Nous, Les Bazoukeuses, Casa Consolat, Un Centre-Ville Pour Tous (CVPT),le CHO3, Cime sardine, le Collectif pour une Alternative Démocratique et Sociale enAlgérie (CADSA-Marseille), Collectif Binkadi, Collectif des écoles de Marseille, Collectif Ibrahim Ali, Le Collectif du 5 novembre, Collectif des Précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche -Aix-Marseille, Collectif 113, Coudes à coudes, Commune de nuit, Comité antifasciste du 1er arrondissement, Comité antifasciste du 6e arrondissement, Cultures en lutte 13, Didac’Ressources (MassaliaVox), DramaQueerFC (DQFC), Dreamachine, Les Digitales, Donut, Editions Cause perdue, Éditions Métèques, Espoir Jeunes, Festival Ciné-Palestine Marseille, Folks Festival, Forces Vives, FUIQP, Faisons Front Commun, Génération JUL, Greenpeace Aix Marseille Toulon, Groupe de Veille Picon Busserine Le Mail, Histoires vraies de Méditerranée, Indicible, Association Just, Locataires et HabitantEs Malpassé les Oliviers (ACLO), Mains dans la main pour vivre mieux, Marseille contre Darmanin, Marseille 8 Mars, Marseille Résistante, Marseille Sociale et Solidaire, Marseille GAZA Palestine (MAGPAL), La Mèche, MEP Marseille, Les Mères Déters, Openyourart, Pas peu fières, Permadanse, Planning Familial 13, Plus Jamais Sans Nous, Primitivi, Réseau Hospitalité, RESF 13, Résistance handi droits, Riposte Antifasciste, RUSF 13, Collectif Sensé, Le journal Soin Soin, Stop Aux Violences d’État, Le Social Brûle, Les Soulèvements de Mars, South Winners Marseille, Soutien Jeunes Exilés Marseille, Asso Soutien 59 Saint Just, Syndicalistes pour la Palestine 13, Le Syndicat des biffins de Marseille, Syndicat du logement, Le Trait, Association Transat, TransVNR 13, Librairie Transit, Tsedek !, Union pour la Palestine Marseille, Urgence logement mineurs isolés, Victoire populaire – Marseille, VISA 13, XR Marseille ASSO Solidaires 13, CGT Educ’action 13, CGT TEFP 13, FSU-SNUipp, SFA CGT PACA, Snes-FSU Aix-Marseille, SNPES-PJJ/FSU 13, STAA CNT-SO, Solidaires 13, Sud Culture Solidaires Marseille, Sud Educ 13, SUD Hôtellerie-Restauration, Synptac-CGT Paca, Union Étudiante Aix-Marseille A2C Marseille, L’Après, Gauche Écosocialiste, NPA A, UCL Marseille.

  • Le Département contraint d’héberger une mère et son fils

    Le Département contraint d’héberger une mère et son fils

    Les conclusions du tribunal administratif de Marseille sont claires : le Département des Bouches-du-Rhône se trouve dans l’obligation de trouver une solution d’hébergement pour Mme B., mère isolée, et son enfant de moins de 3 ans. Ressortissante mauricienne née en 1990, Mme B. dit être arrivée en France en février 2025, accompagnée de son fils né en octobre 2023. Dans un premier temps hébergée par un proxénète jusqu’à sa mise à l’abri par l’association Amicale du Nid à partir du 27 février, la jeune femme a demandé le 9 février aux juges des référés d’ordonner au Département des Bouches-du-Rhône sa prise en charge et celle de son enfant. Une requête à laquelle le tribunal administratif a accédé, obligeant la collectivité à agir, sous astreinte (150 euros par jour tant que le département ne s’est pas justifié de l’exécution de l’ordonnance). Établie le 12 février, la décision du tribunal a abouti au prolongement de l’hébergement de Mme B. et de son enfant à la Draille (1er), centre d’accueil pour les sans-abri, faute de solution plus pérenne. « On a quand même une ordonnance très motivée, avec astreinte. C’est très satisfaisant, s’est enthousiasmée Clara Merienne, avocate de Mme B. Ça montre que le juge administratif a pris la mesure du fait que le département a du mal à exécuter les décisions du tribunal. » De son côté, le Département se défend : « Cette dame ne s’est jamais retrouvée à la rue. (…) Le Département a pris ses responsabilités, comme il le fait systématiquement, en décidant son maintien exceptionnel à la Draille dans l’attente d’une orientation adaptée. » Et d’ajouter : « L’accompagnement [de Madame B.] est pleinement assuré. Une solution en centre maternel est en cours de finalisation et devrait aboutir d’ici la fin de la semaine. »

  • Une cour d’école plus accueillante à La Bâtie Neuve dans les Hautes-Alpes

    Une cour d’école plus accueillante à La Bâtie Neuve dans les Hautes-Alpes

    Le projet de restauration a permis de planter des arbres et de réaliser des aménagements paysagers créant des zones ombragées. La démarche a impliqué la commune, les enseignants, les parents et les élèves, en collaboration avec le Caue des Hautes-Alpes. Sur un budget de 158 000 euros HT, le conseil départemental des Hautes-Alpes a versé une subvention de 15 705 euros.

    Photo DR

  • Contrebande de cigarettes sur le port de Marseille : de lourdes peines sont tombées

    Contrebande de cigarettes sur le port de Marseille : de lourdes peines sont tombées

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille s’est montrée ferme mardi en condamnant sévèrement tous les protagonistes d’un trafic de cartouches de cigarettes débarquées de ferries tunisiens. Au premier rang, les deux commanditaires de 29 importations pour près de 15 000 cartouches. « C’est vous qui donnez les instructions, rémunérez les dockers et écoulez la marchandise », a dit la présidente à Sofiane A., condamné à 3 ans ferme. Il sortait tout juste de 6 ans de prison pour narcotrafic. « Les écoutes sont claires et la ligne téléphonique qui communique avec les personnels navigants des navires tunisiens est bien la sienne », a dit le tribunal au sujet d’Aymen S., en double récidive et qui écope de 3 ans ferme avec mandat d’arrêt et 3 ans d’interdiction du territoire. Leur convoyeur écope de 18 mois ferme avec mandat de dépôt.

    Quant aux trois dockers complices pour sortir la marchandise de l’enceinte du GPMM, le tribunal a qualifié les faits de « particulièrement graves car commis dans l’exercice de leurs fonctions » et pour Eddy C., « en franchissant une zone interdite avec des complicités, la porosité ayant été démontrée dans ce dossier ». Ce docker qui avait forcé un barrage des douaniers en janvier 2025 écope de 2 ans de prison dont 6 mois avec sursis probatoire. « Le port est une zone extrêmement sensible avec un risque avéré sur la sécurité. Les gens qui y travaillent doivent être dignes de confiance », a dit la présidente Julien-Rama, lui faisant interdiction de paraître dans le GPMM pendant 3 ans avec exécution immédiate. Son oncle écope de 10 mois avec sursis et d’une exclusion du port d’un an. « Vous avez pris toute votre part dans ce trafic », a signifié la présidente au docker syndicaliste, Hadj B., « pas un simple guetteur mais un intermédiaire entre les dockers et les commanditaires ». Il écope de 18 mois de prison avec sursis et de 2 ans d’interdiction de paraître dans le port avec effet immédiat.

    Le tribunal a tenté de réduire l’ardoise douanière de 5,2 millions d’euros. Les dockers condamnés restent redevables solidairement des taxes fraudées à un montant que le tribunal n’a pu limiter qu’à un million d’euros. « L’amende douanière, on dirait l’euromillion du samedi soir. Toute une vie ne suffirait pas à payer, c’est lunaire, c’est une mort civile » ont dénoncé des avocats de la défense.

  • Kalliste : top départ de la démolition du bâtiment G

    Kalliste : top départ de la démolition du bâtiment G

    Grilles métalliques et engins de chantier ont fait leur apparition au pied de l’immense bâtiment G de la cité Kalliste, ce mardi, pour le début des travaux de démolition. Des travaux quasi dantesques, pour une durée de plusieurs mois, qui doivent aboutir à la disparition totale de cet emblématique ensemble des quartiers Nord et ses 129 logements des années 60, minés par un habitat dégradé et l’insécurité. « C’est un symbole qu’il faut casser », commente Kader Benayed, porte-parole du collectif KGBS qui rassemble des habitants des quartiers de Kalliste, Granière, Bourrely et Solidarité, sur le parking du centre commercial du quartier, à quelques mètres de la barre. « On a souvent dénoncé l’absence d’écoute, l’inertie et l’immobilisme qui a duré pendant des années. Là, ça avance bien. Il faut saluer l’action des pouvoirs publics, il y a une volonté d’agir, c’est important d’avoir des travaux », explique celui qui travaille au centre hospitalier Édouard-Toulouse, non loin du parc Kalliste.

    Réda, habitant du quartier, s’arrête pour taper la discute après deux coups de klaxons en direction du porte-parole. Lui aussi est unanime : « Il y en avait besoin ! Depuis le temps qu’on attendait ! Il faut une remise à niveau de toutes les cités. » Et de tacler : « Les rénovations, ça va plus vite dans le centre-ville. » Kader Benayed abonde : « Il y a des questionnements légitimes qui se posent : le passage de nombreux camions, un travail sur la voirie à faire… Kalliste, c’est une longue histoire qui ne va pas se terminer avec la démolition du G. »

    « On veut ouvrir

    le quartier »

    Des attentes auxquelles se montre particulièrement attentive Audrey Gatian, présidente de Marseille Habitat et adjointe (PS) au maire de Marseille, qui rappelle que le chantier se fait dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). « C’était une copropriété privée, on a dû racheter appartement après appartement pour avoir la main, ça a pris du temps », explique-t-elle. Avant de rassurer sur le calendrier des travaux : « D’abord on commence par enlever les volets, portes, fenêtres, tout un travail de récupération de ce qu’il y a l’intérieur avec désamiantage… ça va prendre trois mois, Avant de grignoter la tour avec une grue. » Elle insiste surtout sur le devenir du parc Kalliste qui nourrit tant d’espoir chez les habitants : « On veut ouvrir le quartier, le reconfigurer, avec des voiries refaites, un parc, des équipements publics, des écoles… Des logements, privés et sociaux, neufs et qualitatifs vont être reconstruits. » Nouveaux espaces arborés, city-stade, aires de jeux pour les minots, fontaines et « 50 logements sociaux à l’emplacement du bâtiment G » sont dans les tablettes.

    Comme un symbole, à quelques dizaines de mètres du bâtiment G, des ouvriers travaillent sur le chantier de construction de deux nouvelles écoles pour le parc Kalliste.

  • Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Stéphane Ravier condamné en famille à l’inéligibilité

    Le sénateur Stéphane Ravier (ex-RN ex-Reconquête) et sa nièce Sandrine d’Angio, actuelle tête de liste RN dans les 13-14, qui lui avait succédé en septembre 2017 en mairie du 7e secteur, ont été déclarés coupables de favoritisme dans trois marchés publics passés entre 2016 et 2019 et artificiellement fractionnés pour échapper au seuil de mise en concurrence.

    La procédure découle d’un audit en 2019 de l’Agence française anticorruption qui découvre que des marchés ont été attribués sans publicité ni mise en concurrence : un marché de 24 000 euros à une société qui s’était déjà vu attribuer des marchés de 15 200 euros, 24 000 euros et 7 560 euros pour les mêmes prestations, ce qui aboutissait, compte tenu de l’homogénéité des services fournis, à un marché public global dépassant largement le seuil de 25 000 euros HT à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’impose. Ces contrats qui portaient sur la stratégie digitale, la communication sur les réseaux sociaux, le référencement et la mise à jour du site internet, présentaient en outre un coût élevé et non justifié.

    « Je signe mécaniquement »

    Alors qu’il vient de voir une condamnation confirmée en appel la semaine dernière pour prise illégale d’intérêt -le recrutement irrégulier de son fiston en mairie- Stéphane Ravier a écopé hier de 3 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Sa nièce Sandrine d’Angio, toujours conseillère régionale et départementale et tête de liste RN dans les 13-14, est condamnée à 5 000 euros d’amende dont 2 000 euros avec sursis. La même peine complémentaire obligatoire d’un an d’inéligibilité, sans exécution provisoire au vu de l’ancienneté des faits, leur est infligée. Ils devront verser 1 500 euros de frais à la Ville de Marseille.

    Selon le jugement rendu mardi, « Stéphane Ravier a engagé un montant substantiel d’argent public en violation des règles de la commande publique, qui approche du double du seuil à partir duquel une procédure de mise en concurrence formalisée s’imposait ». Ravier avait dit à l’audience s’en remettre à son administration « point barre » (sic). « Je signe mécaniquement parce qu’il faut ma signature pour payer », avait précisé M. Ravier au tribunal qui lui a répondu mardi que c’était précisément à lui de « déterminer de manière adéquate les besoins de la mairie de secteur et d’établir un cahier des charges ». Pour les juges, ces deux anciens maires de secteur « n’ont pas fait un usage adapté de l’argent public qui leur était confié en tant qu’élus » alors que les règles de la commande publique ont pour objectif aussi de « contribuer à l’effort de moralisation tant de la vie politique que de la vie économique ». « Ces atteintes à la probité contribuent à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions et la cohésion sociale. »

  • « La mise à l’abri des coquillages fait partie des pistes à travailler »

    « La mise à l’abri des coquillages fait partie des pistes à travailler »

    La Marseillaise : En quoi consiste la mise à l’abri préventive des coquillages ?

    Fabrice Grillon : Je tiens au préalable à préciser que la mise à l’abri n’est pas une solution à prendre isolément. Elle fait partie des pistes à travailler, mais avant cela il faut parler des travaux à effectuer sur les réseaux d’assainissement pour limiter les risques de saturation lors d’épisodes de pluies intenses  ; des solutions innovantes comme l’installation d’une porte au niveau des canaux de Sète – cela existe déjà à Venise – afin d’éviter, en courant rentrant, que le norovirus se retrouve dans la lagune de Thau ; il faut parler également de la « recherche et développement » qui peut être réalisée dans les stations d’épuration pour abattre la charge virologique.

    Une fois listées toutes ces solutions, pour lesquelles nous attendons des engagements, nous, conchyliculteurs, pouvons jouer notre partition en mettant en place des unités de mise à l’abri sanitaire. Elles peuvent être de trois types. Individuelles : une entreprise, à son échelle, va agrandir son mas ou en racheter un et mettre en place des bassins de purification plus conséquents, pour disposer de sa propre mise à l’abri. La deuxième possibilité, ce sont des conchyliculteurs qui se mettent à plusieurs et créent une petite unité de mise à l’abri collective sur les ports conchylicoles existants. Enfin il y a une troisième option, plus ambitieuse, qui est la mise à l’abri collective sur la zone halieutique de Frontignan.

    Comment identifier le niveau de risque justifiant une mise à l’abri ?

    F.G. : La mise à l’abri sanitaire doit être intégrée en routine dans une période commerciale cruciale que sont les fêtes de fin d’année, où on va commercialiser du coquillage. À partir de mi-novembre, on se met donc en ordre de marche et on surveille à la fois le climat (la pluie) et la propagation du norovirus dans la population, grâce aux données de l’Agence régionale de santé (ARS) et aux observations réalisées dans le milieu. À ce sujet nous portons un observatoire expérimental appelé Oxyvir, qui permet d’estimer de manière indirecte la présence de norovirus infectieux, et donc le niveau de risque. On peut ainsi préconiser une durée de purification des coquillages allongée. Et éventuellement décider ensuite, quand il y a fermeture ou avant un gros épisode de pluie, de mettre les coquillages en bassin, donc de travailler en circuit fermé. Ils sont alors stockés et mis à l’abri. Face à une période de fermeture aussi longue que celle que nous connaissons actuellement, on n’exclut pas la possibilité de pouvoir faire également du nourrissage dans ces bassins de mise à l’abri sanitaire.

    Existe-t-il déjà des expériences de ce type ?

    F.G. : Quelques entreprises ont déjà leur bassin de mise à l’abri, mais ce sont plutôt de grosses entreprises. Or cela va sans doute, demain, devenir nécessaire pour tous les producteurs.

    Comment financer ces dispositifs ?

    F.G. : La conchyliculture dispose des Fonds européens pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa). Aujourd’hui il nous reste du budget sur ces enveloppes Feampa pour la programmation qui court jusqu’en 2027. On a donc encore une force de frappe pour réagir.

    Où en sont les réunions avec
    les collectivités et l’État
     ?
    Des projets sont-ils en train
    de se concrétiser ?

    F.G. : La Région Occitanie a confirmé sa volonté de nous mettre à disposition du foncier sur la zone halieutique de Frontignan pour mettre en place la grosse mise à l’abri collective. Le Département, sur ses ports, veut mener un travail de mise en place de petites unités collectives de mise à l’abri. Enfin l’État, sur les ports qui ne sont pas départementaux, a déjà identifié des mas où on pourrait expérimenter ces solutions.

    À côté de ça, on a une coopérative qui s’est emparée de la question et va probablement essayer d’investir dans des unités pour protéger les coquillages dès l’hiver prochain.

  • La solitude invisible des personnes âgées à Montpellier

    La solitude invisible des personnes âgées à Montpellier

    Selon le baromètre des Petits Frères des Pauvres publié en septembre 2025, près de 750 000 seniors, soit 4 % des plus de 60 ans, vivent aujourd’hui en situation de « mort sociale » en France, sans aucun lien social. Un chiffre en hausse de 150% en huit ans, révélateur d’un isolement massif et durable. Montpellier, ville jeune et dynamique, souvent présentée comme une vitrine du « bien vieillir » méditerranéen, est elle aussi traversée par une solitude âgée invisible.

    Septième ville de France avec 310 240 habitants, elle compterait environ 55 000 seniors selon le CCAS. Pour Caroline Carbonne, responsable de l’agence Nos aimés à Montpellier, l’isolement des personnes âgées n’est ni marginal ni nouveau. « C’est un sujet complexe, qui tend à s’intensifier dans une société de plus en plus individualiste », observe-t-elle. Sur le terrain, la solitude n’est pas seulement un malaise social, elle devient un facteur aggravant de troubles médicaux. L’isolement se manifeste souvent de manière brutale, à la suite d’une maladie, d’un veuvage, ou de la perte du permis de conduire. Derrière la demande d’aide, il y a souvent une parole longtemps retenue. Des personnes âgées « dépitées », parfois à bout. « Ça m’est arrivé de me demander ce que je fais encore sur terre. J’aimerais être morte », lui confia l’une d’entre elles. Du côté des Petits Frères des Pauvres à Montpellier, l’isolement est d’abord difficile à faire émerger. « Beaucoup de personnes âgées ont honte de demander de l’aide. Pour elles, c’est reconnaître qu’elles ne sont plus rien », explique une travailleuse sociale.

    Initiatives locales

    Les signalements arrivent souvent par les voisins ou des auxiliaires de vie. Le milieu médical reste peu présent dans cette détection. « Il est très compliqué d’avoir des données précises sur l’isolement des seniors », reconnaît Nicole Marin-Khoury, adjointe au maire, déléguée aux seniors. Car, « les actions en faveur des seniors sont intégrées dans plusieurs politiques publiques », précise Alexia Léon, chargée de mission au CCAS.

    Conscients de ces angles morts, la Ville et le CCAS tentent d’adapter leurs modes d’action. À Croix d’Argent, un quartier solidaire pour les aînés a été mis en place, reposant sur un réseau de référents de proximité : voisins, pharmaciens, commerçants afin de repérer les situations de solitude avant qu’elles ne s’aggravent. Parmi les leviers mobilisés figurent les 17 clubs de l’âge d’or, qui touchent environ 10 000 seniors, ainsi que des dispositifs de colocation entre seniors et étudiants. « L’enjeu, c’est de garder les seniors actifs et visibles dans la cité », insiste Alexia Léon. « Ce type d’initiative permet de recréer du lien, tout en répondant à des besoins réciproques », ajoute Nicole Marin-Khoury. Pour les associations, le cœur du travail reste de redonner une place. « Notre rôle, c’est de leur montrer qu’ils ont encore une valeur sociale, qu’ils sont toujours des êtres humains  », rappelle l’une des travailleuses sociales rencontrées.

    Mais les moyens restent limités. Assistantes sociales débordées, manque de personnel, contrôles insuffisants dans certains secteurs de l’aide à domicile, les failles sont nombreuses. « On sait que l’on a du mal à trouver les personnes les plus invisibles, alors on met tout en place pour qu’elles ne le deviennent pas », résume Nicole Marin-Khoury. Une reconnaissance en creux car la prévention ne suffit pas toujours à rattraper ceux qui sont déjà tombés. Et la donne se complique. « On observe des phénomènes de précarisation des seniors qui n’existaient pas ou peu avant. À la question du vieillissement va se rajouter celle de la précarité », souligne Alexia Léon. Une population encore mal connue, alors même qu’un boom démographique se profile. « C’est difficile à mesurer, donc difficile à politiser », résume Caroline Carbonne, responsable de l’agence Nos aimés. L’isolement des personnes âgées relève à la fois de trajectoires individuelles et de choix collectifs. Entre invisibilité statistique et urgence sociale, le défi reste entier.

    Amélia Siapo

  • Stéphane Ravier et sa nièce Sandrine d’Angio condamnés pour favoritisme

    Stéphane Ravier et sa nièce Sandrine d’Angio condamnés pour favoritisme

    « C’est bien en connaissance de cause que Stéphane Ravier a violé les règles de la commande publique et commis ce favoritisme. C’est une atteinte à la probité qui fragilise la confiance des citoyens dans les institutions », a déclaré la présidente du tribunal correctionnel, ce mardi matin, à Marseille.

    Le dossier concerne une affaire de favoritisme sur des marchés publics lorsqu’ils étaient maires de secteur des 13e et 14e arrondissements de la ville.

    En cause ? Le recours à deux sociétés, « liées car présidées par le même couple » comme le notait la présidente du tribunal lors de l’audience, pour la création d’un nouveau site web pour la municipalité et la gestion de celui-ci entre 2016 et 2018. Le tout « en n’ayant recours à aucune procédure de marché public, aucune mise en concurrence, aucune publicité ».

    Outre leurs condamnations, Stéphane Ravier et Sandrine d’Angio devront verser 1500 euros de frais à la Ville de Marseille.

    Relire notre article du 11 février : Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal