Category: societe

  • La première bière 100% artisanale à obtenir le label « Esprit parc »

    La première bière 100% artisanale à obtenir le label « Esprit parc »

    Une levure exclusive 100% haut-alpine entre dans le processus de fabrication de la bière », explique fièrement Jean-Marie Bernard, président du Département des Hautes-Alpes. Guillaume Waille et Jean Escalon, codirigeants de la brasserie Walpine de Saint-Jean-Saint-Nicolas avaient un objectif en tête : élaborer une bière naturelle et locale. Leur désir était que, du houblon au malt, en passant par les levures et l’eau, la bière soit confectionnée à partir de produits naturels et locaux afin d’obtenir le label « Esprit parc ». La brasserie étant située au sein du Parc national des Écrins.

    Un label exigeant qui valorise la passion pour le territoire, les savoir-faire et la nature. Il atteste également que le produit s’inscrit dans un processus écologique qui préserve la biodiversité. Ils se sont mis au travail dès leur retour du Salon de l’agriculture 2024, en collaboration avec le laboratoire départemental pour confectionner une levure 100% haut-alpine.

    Nature et savoir-faire

    « Le partenariat entre la brasserie et le laboratoire départemental a permis la création d’un produit d’une très grande qualité (…)La démarche a permis à La Walpine de décrocher le label “Esprit Parc national”, une véritable consécration pour ce travail partenarial », conclut avec enthousiasme Jean-Marie Bernard. C’est la première bière à obtenir ce label en France. La brasserie Walpine sera présente sur le stand des Hautes-Alpes au Salon de l’agriculture à Paris, du samedi au lundi.

  • Terres rares : comment gagner en autonomie par rapport à la Chine

    Terres rares : comment gagner en autonomie par rapport à la Chine

    Une trentaine de chercheurs et chercheuses ont épluché pas moins de 4 100 publications scientifiques pour établir l’état des connaissances sur les défis et les opportunités d’une utilisation responsable des terres rares. L’objectif ? « Éclairer le débat public et la décision sur ce sujet sociétal important », résume Clément Levard, physico-chimiste et directeur de recherche CNRS au Centre de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (Aix-en-Provence), qui a copiloté un rapport récemment publié. « Cela s’inscrit dans une volonté de gagner en autonomie par rapport à la Chine pour renforcer notre souveraineté. »

    Car ces terres rares tant convoitées par l’industrie proviennent aujourd’hui majoritairement de Chine. Si les ressources sont plutôt distribuées sur la planète, les infrastructures pour les traiter, les séparer et les raffiner sont à 90% en Chine. « Cela crée des tensions dans un contexte géopolitique complexe », constate Clément Levard. Notamment lorsque le pays réduit ses exportations suite à un différend avec le Japon en 2010, ou plus récemment lors de l’épisode des droits de douane imposés par Donald Trump.

    Trois leviers

    Les scientifiques exposent trois leviers pour être plus souverains : la réduction de l’usage des terres rares, leur recyclage et l’extraction autrement. « Il existe un potentiel important de réduction par la substitution ou la sobriété d’usage mais la réflexion sur les usages est trop peu développée, regrette Clément Levard. En prioriser certains et faire autrement pour d’autres pourrait être un gros levier. » Quant au recyclage, seul 1% des terres rares sont recyclées. Pour plusieurs raisons : des objets dispersés difficiles à collecter, la rentabilité du recyclage et l’absence de traçabilité de la présence de terres rares dans les objets. « Mais il n’y a pas d’obstacle technologique, insiste le chercheur. Nous savons faire. » Enfin, il y a des terres rares dans certains déchets industriels et miniers -boues rouges, cendres de charbon ou résidus d’extraction de phosphates. « L’Europe a des stocks importants, assure-t-il. Mais aller y chercher des terres rares est encore peu rentable. »

    Et les ressources primaires ? « Il est raisonnable de penser qu’en consommer moins et mieux les recycler ne suffira pas à répondre à la demande croissante », admet Clément Levard. L’Europe peut nouer des partenariats avec des pays qui en ont –comme le Brésil– ou se pencher sur ses propres ressources : en Norvège, en Suède et au Groenland. « Mais ouvrir des mines prend des années et est souvent décrié par les populations locales », nuance le chercheur. La France a potentiellement des ressources dans ses fonds marins. « Mais les stocks sont incertains, ajoute-t-il. Et cette extraction pourrait avoir d’énormes impacts environnementaux irréversibles. » Raison pour laquelle la solution n’est pas privilégiée.

  • Lucien Molino. Un bilan d’action sociale conséquent

    Lucien Molino. Un bilan d’action sociale conséquent

    Un bilan substantiel fut donc présenté aux 400 000 syndiqués enregistrés au congrès de l’UD en 1946 : contournement du blocage des salaires, action contre la hausse des prix, défense de la Sécurité sociale, réquisitions des entreprises dont les patrons avaient collaboré, sans oublier l’aide apportée par notre UD aux nationalisations, en particulier des Charbonnages de France et de l’Électricité et Gaz de France. De nombreux stages de formation syndicale avaient été organisés à Gémenos où nous avions acheté une colonie de vacances et un moulin. Un restaurant y était aussi ouvert au public avec un chef cuisinier, notre camarade Veran du Rouet, qui administrait aussi le moulin. Quel regret d’avoir perdu ce que nous considérions comme un facteur humain au service des travailleurs et de leurs familles ! Tels étaient les points essentiels que nous présentions aux congrès de 1946.

    Le bilan nous permit de combattre les diviseurs avec succès. Les minoritaires évincés de postes de direction supportaient mal leur affaiblissement et la rancœur qui en résultait dans notre département se transformait en machine de guerre contre les majoritaires et l’unité. À Marseille, les élus minoritaires (Dumonceau, du syndicat du livre déjà cité, mais aussi Arthur des marins, Bastellica des employés de commerce) continuaient leur bataille contre l’Union départementale, aidés par le veto de la CFTC qui prônait les vertus de la « pluralité syndicale ». Comme les minoritaires, celle-ci développait le thème de l’indépendance syndicale sur deux tendances, la première jouant le jeu du Parti socialiste et la seconde liée à l’Église, fondamentalement anticommunistes. La contre-offensive unitaire dans le pays n’eut pas le succès obtenu à Marseille. Il est vrai que la nôtre prit une vigueur exceptionnelle appuyée par la confiance ouvrière que l’attitude adoptée dans la clandestinité et la libération de Marseille avait renforcée.

    1947, nouvelles tensions

    Le gouvernement homogène socialiste annonça, le 31 décembre 1946, une baisse des prix en deux étapes.

    De fait, la manœuvre préparée par le CNPF permettait de « rattraper » les hausses différées, ce qui correspondait parfaitement à une demande toute récente de Washington et n’avait pour but que de s’opposer aux augmentations de salaires demandées par les ministres communistes. La presse de droite et Le Provençal s’exaltaient et approuvaient l’attitude du gouvernement. La CGT se trouva divisée nettement sur les augmentations de salaires.

    Mais, tout comme 1946 avait débuté avec la démission du général de Gaulle, 1947 commença avec celle de Léon Blum, éphémère président du Conseil de la 4e République. Au comité confédéral national du 15 janvier 1947, les minoritaires avec leur revue Force ouvrière portèrent aux nues l’initiative de Léon Blum : s’opposant à la hausse des salaires en argumentant sur la baisse des prix. Tout semblait alors concourir à l’affaiblissement du mouvement syndical et favoriser un rigoureux blocage des salaires.

    à suivre la semaine prochaine…

  • À La Ciotat, les candidats sondés sur le sort des piétons

    À La Ciotat, les candidats sondés sur le sort des piétons

    Les piétons, on n’en parle que lorsqu’il y a un fait divers… Il y a eu 25 morts de piétons en 2025 dans les Bouches-du-Rhône. Selon le ministère de l’Intérieur, ces accidents sont en hausse, même lorsque les piétons traversent sur les passages cloutés », pointe Caroline Bombois. Si la ville de Marseille arrive bonne dernière en France dans le Baromètre des villes où l’on peut marcher, selon la dernière enquête réalisée par le Comité « place aux piétons », La Ciotat décroche 6,2 sur 20, « alors que la moyenne des villes en France est 9 sur 20 », indique la jeune femme. À La Ciotat, « il y a des conflits d’usages forts, avec des gens qui ont peur de se faire percuter ou se font percuter. 40 personnes ont eu des accidents avec ou sans hospitalisation ces dernières années », mentionne-t-elle. Avec l’asso, une appli, dénommée « La Ciotat – Faux pas » a été mise en service en 2022. Les piétons peuvent y signaler les endroits dangereux, les prendre en photo…

    Boulevard sans trottoir

    Pour Caroline Bombois, « les mauvais aménagements de voirie sont facteurs d’accidents : passages piétons peu visibles, trottoirs absents, comme sur le boulevard de Lavaux ou le chemin de Fardeloup, ou discontinus, non-sacralisation des espaces piétons, notamment vis-à-vis des cyclistes », énumère-t-elle. Les incivilités, comme le stationnement de véhicules sur les trottoirs, le non-respect des passages cloutés, fragilisent encore ceux qui n’ont souvent que ce moyen pour se déplacer… Relayant une démarche lancée par l’asso à l’occasion des municipales, Caroline Bombois est allée porter la voix de cette « majorité silencieuse » dit-elle que sont les piétons. « Tous les candidats sont d’accord sur nos constats », livre-t-elle. Le maire (DVD) et candidat Alexandre Doriol « va faire une concertation boulevard de Lavaux pour une mise en sens unique ». Karim Ghendouf (La Ciotat nous rassemble) et Bernard Ougourlou-Oglou (Pour les Ciotadens) sont aussi par exemple pour cette solution. L’asso 60 millions de piétons a listé « 10 mesures pour que ça marche ! » aux candidats aux municipales.

  • Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Au terme d’une mobilisation de longue haleine, les assistants d’éducation (AED), souvent appelés surveillants, ont obtenu, en septembre 2022, la publication par le ministère de l’Éducation nationale d’un décret autorisant leur CDIsation. Ces personnels précaires « qui travaillent 41 heures par semaine pour 1 400 euros par mois avec des contrats d’un an faits au bon vouloir des chefs d’établissement pour les maintenir sous pression, étaient les seuls personnels non-titulaires de la fonction publique qui ne se voyaient pas proposer de CDI après 6 ans de service dans les établissements scolaires », explique Karine Abauzit, enseignante en lycée professionnelle dans l’Aude et militante Sud Éducation.

    Depuis, nombre d’entre eux tentent de faire valoir ce droit fraîchement obtenu dans leurs académies respectives. « La plupart essuient des refus. On se bat poste par poste pour obtenir des CDI », confie Karine Abauzit. « Esteban avait reçu un avis favorable de son chef d’établissement, il y avait des besoins dans son lycée de Lézignan », poursuit-elle. Le Rectorat a néanmoins refusé sa CDIsation, ce qui a débouché, entre 2023 et 2025, sur deux années de procédures juridiques qui se sont soldées par une décision victorieuse pour l’AED, le tribunal administratif ayant ordonné sa CDIsation. « La première décision de ce type à ma connaissance », souligne l’avocate montpelliéraine Sophie Mazas, qui assure la défense d’Esteban Jimenez.

    « Le rectorat a modifié les conditions de son contrat »

    L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’à la réception du contrat début janvier, « le Rectorat lui impose de travailler à plus de 100 km de chez lui, sans proposition préalable pour les transports, sur un poste comportant deux nuits par semaine, sachant qu’il a ses deux enfants en garde alternée », énumère l’avocate. Le tout « avec 8 jours pour signer ». Mission impossible pour Esteban, dans l’impossibilité de réorganiser sa vie en si peu de temps. « Le Rectorat, ce faisant, a modifié les conditions de son contrat en opérant une mutation de sa résidence administrative, qui correspond normalement à son établissement d’origine, à Lézignan  », souligne Me Mazas.

    Un argument qu’a fait valoir la délégation reçue ce jour-là au Rectorat dans l’espoir de trouver une solution. « Le Rectorat ayant été enjoint de proposer un CDI avant le 5 février, ses représentants disent qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu, à savoir proposer le seul poste qu’ils avaient. Nous leur avons signifié que la règle étant de respecter la résidence administrative, ils auraient dû lui proposer un poste à Lézignan », rapporte Karine Abauzit. Les deux parties se sont quittées sur l’engagement, pris par le Rectorat, que « des efforts seraient faits pour trouver un poste plus près. M. Jimenez devrait être contacté d’ici le 20 février. De notre côté nous avons maintenu que si le poste n’était pas sur le lieu de la résidence administrative, nous saisirions une nouvelle fois le tribunal. »

  • Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    La Confédération nationale du logement (CNL) de Vaucluse tenait ce vendredi un forum en Cité des Papes, au cours duquel a été abordée une proposition qu’elle porte fièrement : la sécurité sociale du logement.

    Devant quelques élus de la ville et du Département, tous de gauche, ainsi que des habitants, le président national de l’organisation, Eddie Jacquemart, présentait cette proposition comme une solution alors que « tous les voyants sont au rouge », expose-t-il. Il évoque 3 millions de personnes qui attendent un logement social et 10 millions de personnes « mal logées », pour « seulement » 80 000 logements sociaux construits en 2025.

    Face à cette situation, la CNL présente depuis l’an dernier une proposition de « sécurité sociale du logement » pour « donner espoir aux habitants car cela ne doit pas continuer comme ça », explique Eddie Jacquemart. Une mesure qui permettrait à toute personne « qui a eu un accident de la vie, comme le décès d’un proche, un divorce ou la perte d’un travail » de bénéficier d’une « indemnité de sécurité locative jusqu’à 24 mois, de façon dégressive », ainsi que « du droit au maintien dans les lieux inconditionnel pour tous les ménages et de loyers accessibles, encadrés et ajustés aux revenus ». Le tout serait suivi d’un accompagnement social. « Il y a plus de 80 ans, on a réussi à mettre en place la sécurité sociale alors que le pays était en ruine. On doit pouvoir y arriver aussi. On est le 7e pays le plus riche au monde et on continue de jeter des gens dans la rue, comme au Moyen Âge. Il faut que ça cesse ! », appuie-t-il. Pour assurer une autonomie financière du système, la CNL imagine plusieurs possibilités, comme une réaffectation de fonds existants, tels que la garantie Visale, le Fonds de solidarité pour le logement ou l’impôt sur la fortune immobilière ; la mutualisation des dépôts de garantie ; ou encore une cotisation des bailleurs sur les loyers perçus, entre 1% et 2%. Le tout est décrit dans « Le manifeste pour la sécurité sociale du logement », à retrouver sur le site de la CNL.

    Criminalisation

    C’était également l’occasion d’interpeller les municipalités, ainsi que les candidats aux élections, sur les leviers qu’ils peuvent actionner. L’organisation a ainsi proposé ses « 25 orientations » à l’attention des listes en lice, comme par exemple encourager la construction de logements sociaux sur leur territoire, imposer des standards de qualité, encadrer les loyers et maîtriser les prix du foncier. Ou encore rendre obligatoire la mise à disposition de locaux collectifs résidentiels, favoriser l’information pour prévenir les expulsions locatives ou garantir la sécurité publique dans un cadre apaisé, par exemple en favorisant la présence de la police municipale et de travailleurs sociaux.

    « Chaque jour, la crise est plus aiguë, avec une extrême saturation des logements sociaux et la criminalisation des locataires les plus fragiles », insiste Michel Mus, président de la CNL de Vaucluse. Dans le public, Claude Nahoum, actuel 1er adjoint (Place publique) au maire d’Avignon, s’exprime, lui, sur « la difficulté de l’entretien du logement social », tout en insistant sur « l’exemplarité d’Avignon avec 35% de logements sociaux ».

  • Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Une nuit en garde à vue pour un post Facebook

    Les plaintes contre Guillaume Meurice et Pierre-Emmanuel Barré, donnent-elles des ailes aux élus locaux ? Car à l’instar des humoristes de Nova, de nombreux caricaturistes et auteurs engagés aiment à dépeindre la vie politique locale avec un humour quelque peu corrosif. Christian Martin, qui écrit sous le pseudonyme Guy Masavi, est de ceux-là. Ce médecin à la retraite qui se décrit comme « anarchiste refoulé, mais en analyse » est bien connu en Camargue gardoise et notamment à Mus, où il réside. Il a notamment écrit deux ouvrages et poste régulièrement des textes satiriques sur la politique nationale, internationale et locale sur ses réseaux sociaux.

    C’est pour ses propos tenus dans un post daté du 5 février que Vivette Lopez (LR) a décidé de porter plainte. Pour critiquer l’alliance de la sénatrice avec Jean-Louis Blanc pour les élections municipales à Mus (petite bourgade de 1 600 âmes à côté de Vergèze), il écrit : « Une liste apolitique pleine de droites, qui unit une sénatrice blanche anti-avortement avec un chasseur blanc plus blanc que blanc. Une union naturelle : Utérus, fusil et tradition ! À faire pâlir Zemmour […] Une liste dite apolitique, ce qui veut dire bourrée de droites jusqu’à l’os, où se roule une pelle sans rougir une sénatrice LR proche du RN avec le chasseur du coin, celui qui confond tradition et calibre douze, ou biodiversité et civet ».

    Campagne municipale

    Vivette Lopez a qualifié ce texte de « misogyne et raciste » et le candidat Jean-Louis Blanc a également porté plainte pour diffamation. L’auteur a été convoqué à la gendarmerie de Vauvert le 7 février où il a été placé en garde à vue et n’en est ressorti que le lendemain, après 20 heures d’audition.

    Christian Martin s’est par la suite expliqué, qualifiant son texte de « satirique » où il décrit non pas « une scène de chambre mais un accouplement idéologique », une sorte de « métaphore un peu appuyée ». Il explique également qu’il n’a jamais écrit le nom de Vivette Lopez et assume « ce post comme tous ceux qui y sont publiés ». Pour lui cette plainte s’inscrit en réalité dans la campagne municipale où la liste de Jean-Louis Blanc défie le maire sortant Patrick Bénézech (DVG). Celui-ci est soutenu par Christian Martin et son fils figure aussi sur la liste.

    « C’est une atteinte grave et inacceptable à la liberté de pensée et d’expression inscrites dans notre constitution. Alors que le devoir d’un sénateur est de garantir l’exercice des principes républicains de Liberté, Égalité et Fraternité, Madame Lopez bafoue ce droit inaliénable de notre peuple. Elle s’inscrit dans l’obscurantisme et la censure que veut imposer l’extrême droite  », a réagi La France insoumise de Petite Camargue dans un communiqué.

  • [Tribune] Il s’appelait Ibrahim Ali, il était Marseille : Pour Ibrahim Ali !

    [Tribune] Il s’appelait Ibrahim Ali, il était Marseille : Pour Ibrahim Ali !

    C’est une soirée d’hiver. Un mardi 21 février en 1995.

    Une soirée où un artiste marseillais sort d’une répétition avec son groupe.

    Il court. Il court comme on court à 17 ans, insouciant, léger, libre, sans imaginer qu’à Marseille on puisse mourir d’exister. Il court pour attraper son bus et retrouver sa famille.

    Ce soir-là, sur son chemin, il rencontre la haine. Un colleur d’affiches du Front National lui tire une balle dans le dos. Il tombe.

    Dans un dernier souffle, il murmure : « J’ai mal, ils m’ont eu ». Le Marseillais est mort. Son seul crime pour le meurtrier était sa couleur de peau. Il était noir. Un Français, un Marseillais. Un enfant de la République qui était vu comme un ennemi, par ceux qui veulent nous diviser, aujourd’hui encore.

    Il s’appelait Ibrahim Ali, il est mort une fois, ne le tuons pas une deuxième fois !

    Aujourd’hui, 31 ans plus tard, la même haine qui a frappé Ibrahim Ali dans le dos, frappe aux portes de Marseille. Elle peut bien se parer de respectabilité, se faire passer pour républicaine, changer la couleur des affiches, le nom des partis, c’est la même haine.

    La haine se déguise, mais ne disparaît pas : elle cible celui qui n’a pas la « bonne » couleur, la « bonne » religion, la « bonne » origine… Elle pointe du doigt et divise. Et elle tue.

    Il faut prendre la mesure du moment que nous vivons. Ici à Marseille, l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Nous ne pouvons regarder ailleurs, subir sans résister, sans nous mobiliser pour lui faire obstacle. Et nous ne devons pas nous tromper de combat.

    Les élections municipales du 15 et 22 mars seront déterminantes pour l’avenir de notre ville.

    Face à ceux qui veulent nous diviser, relevons la tête et faisons le choix de nous rassembler. Et parce qu’il est le candidat qui rassemble, le seul à avoir tenu parole et à avoir donné le nom d’Ibrahim Ali à une avenue de Marseille, le seul capable de nous protéger, le seul rempart à l’extrême droite, nous soutenons Benoît Payan.

    Pour que la mémoire d’Ibrahim Ali ne soit pas souillée.

    Pour que Marseille reste debout, fière et fraternelle.

    Pour que Marseille ne cesse jamais d’être une terre de vivre-ensemble.

    Par Mbaé Tahamida Soly, Collectif Ibrahim Ali, Fatima, cousine d’Ibrahim
    et Hanifa Taguelmint, militante anti-raciste

  • Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Marseille : les quartiers Nord gardent leur Château en Santé

    Installé depuis 2021 au cœur du Parc Kalliste, proches des cités Granière et La Solidarité dans le 15e arrondissement de Marseille, le centre de santé pluridisciplinaire et expérimental s’est vu menacé par des coupes budgétaires impliquant la fin du dispositif Secpa, annoncée par le Premier ministre. De quoi soulever l’inquiétude parmi la population pour qui l’utilité de la structure n’était plus à prouver. Les équipes de soignants, d’assistantes sociales et de traducteurs s’étaient rassemblées le 6 février pour demander au gouvernement de sauver leur château. Un plaidoyer entendu au ministère de la santé le 17 février dernier et qui a permis à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, de confirmer le maintien du dispositif et de son financement jusqu’à la fin de l’année. Un espace de travail pour préparer l’inscription des Secpa dans le droit commun est également ouvert.

    Relire Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

  • [Entretien] Pascal Chamassian : « Ils auraient pu choisir le silence, ils ont choisi le combat »

    [Entretien] Pascal Chamassian : « Ils auraient pu choisir le silence, ils ont choisi le combat »

    La Marseillaise : Pourquoi célébrer cet anniversaire ?

    Pascal Chamassian : D’abord parce que le mouvement Missak Manouchian est né le jour de la panthéonisation, le 21 février 2024. Il a été créé par ceux, dont je fais partie, qui ont milité depuis des décennies pour que cette panthéonisation ait lieu. Il y a eu deux moments forts dans ce processus. En 2010, on a fait installer sur le Vieux-Port le buste de Missak Manouchian. Et en 2014, nous avons lancé l’idée de sa panthéonisation. Dix ans après, ça a été un effort collectif qui a permis cette reconnaissance nationale.

    Pourquoi était-ce important ?

    P.C. : Parce que nous pensons que dans la société dans laquelle on vit, rappeler la mémoire de Manouchian et de ses camarades, de l’affiche rouge, est plus important que jamais. Pour rappeler ce qu’étaient leurs valeurs, dans une société où il y a eu une banalisation du racisme et un repli identitaire. Il faut rappeler que des étrangers sont morts pour la France, à cette époque [de la Seconde Guerre mondiale]. Il est impératif de le redire dans les temps que nous traversons. Nous avons pris la décision de célébrer, tous les 21 février, la date de l’exécution du groupe de résistants de Manouchian en 1944 et sa panthéonisation. Ils n’étaient pas nés Français, ils étaient étrangers, exilés, parfois rescapés de persécutions, ils étaient Arméniens, Espagnols, juifs, Hongrois. Ils auraient pu choisir le silence, ils ont choisi le combat. Ils se sont battus pour la liberté, l’égalité et la justice. C’est ce qu’on rappelle à l’occasion de cet anniversaire.

    C’est ce que votre mouvement porte comme valeurs ?

    P.C. : Notre mouvement doit être la boussole d’une petite vigilance démocratique. Cet événement est aussi l’occasion pour nous de faire un point sur les actions de notre mouvement. Nous voulons mettre en avant ce que nous mettons en place. En France, d’abord, où par l’éducation, nous rappelons les valeurs de Missak Manouchian. Mais aussi en Arménie, où nous œuvrons pour la sécurité et la défense du pays, qui est dans une période de vulnérabilité extrême depuis 2008.

    Il existe un lien fort entre la France et l’Arménie, particulièrement à Marseille…

    P.C. : Marseille, c’est le port d’arrivée depuis toujours des rescapés… Enfin, ça a été celui des rescapés du génocide arménien en Europe. Marseille, c’est d’une certaine façon la capitale des Arméniens d’Europe. Même ceux qui n’y sont pas restés et qui ont continué leur route, en France ou en Europe, sont forcément passés et ont débarqué à Marseille. La cité phocéenne, c’est cette terre d’accueil. Il y a une histoire particulière entre Marseille et les Arméniens. Ça, c’est historique. Et ça fait plus d’un siècle que ça dure. Iici, il y a une communauté arménienne qui est dense et dynamique. Et le rapport avec le pays est permanent. Marseille et les Arméniens, c’est indissociable.

    Réception ce vendredi à 19h, au centre de la JAF à Marseille. Inscription recommandée au 04.91.80.28.20