Category: societe

  • Les échecs passent à la vitesse supérieure

    Les échecs passent à la vitesse supérieure

    Au numéro 7 de la rue Papety, dans le 7e arrondissement de Marseille, le siège de Marseille-Échecs a des allures de ruche. Le club vient d’achever la meilleure saison de son histoire. Troisième du Top 16, l’équivalent de la Ligue 1 des échecs, il a tenu tête à des structures disposant parfois d’un budget « deux fois supérieur » au sien. Dans le même temps, ses jeunes licenciés ont enchaîné les performances de prestige, décrochant des titres de champions de France, d’Europe et du monde. Ils ont également remporté le Top Jeunes, la compétition de référence en matière de formation. « On a réalisé une saison exceptionnelle en termes de résultats », se réjouit Laurie Delorme, présidente de Marseille-Échecs et vice-présidente de la Fédération française d’échecs. Ancienne joueuse professionnelle formée à Créteil, elle a rejoint le club phocéen en 2006 comme animatrice et entraîneuse, avant d’en prendre la présidence en 2018.

    Huit ans plus tard, la dirigeante estime que la structure est arrivée à un tournant de son développement. « On a un besoin de plus en plus important en matière d’accueil et d’accompagnement des jeunes, qu’ils soient dans une pratique de haut niveau ou d’initiation », explique-t-elle. L’association compte aujourd’hui près de 650 adhérents, auxquels s’ajoutent les 1 200 écoliers accueillis chaque année dans le cadre de ses actions sociales et éducatives.

    Cette montée en puissance s’inscrit dans un engouement plus large pour les échecs, amorcé pendant la pandémie de Covid-19. Les parties en ligne se sont multipliées sur les plateformes spécialisées, tandis que les retransmissions de grands maîtres ont cumulé des millions de vues sur les sites de streaming. Dans le même temps, le succès de la série Le Jeu de la dame a également contribué à démocratiser la discipline et à susciter des vocations à travers le monde.

    Porté par cette dynamique, Marseille-Échecs connaît une croissance supérieure à la moyenne nationale. En quelques années, son nombre de licenciés a été multiplié par quatre et les femmes représentent désormais 33 % de ses effectifs. « Aujourd’hui, on commence à avoir des difficultés à répondre à la demande », constate Laurie Delorme. La principale limite est désormais matérielle : le club manque d’espace pour poursuivre son développement. Faute de place, il loue le centre municipal d’animation Saint-Georges, situé quelques rues plus haut, afin d’accueillir son stage Excellence.

    Deux ovnis au quotidien

    Dans cette autre petite salle, le silence règne autour des échiquiers de Luca Protopopescu et Marc Llari, âgés respectivement de 10 et 12 ans. Mais derrière leur jeune âge se cachent déjà des palmarès qui feraient pâlir nombre de joueurs confirmés. Luca est devenu le plus jeune joueur de l’histoire à franchir la barre des 2 200 points Elo, à l’âge de 9 ans et 5 jours.

    En 2025, il a décroché les titres de champion d’Europe (-10 ans) et de champion du monde (-9 ans), tandis que Marc est déjà triple champion du monde, avec des sacres obtenus en 2022, 2025 et 2026. « Ce sont des enfants spéciaux », résume Mert Erdodgu, grand maître international turc qui travaille chaque semaine avec eux. Il est l’un des trois seuls entraîneurs en France à détenir la certification de la Fédération internationale des échecs.

    « Ils savent que c’est en travaillant qu’on réussit. Ils n’hésitent pas à fournir les efforts nécessaires. Comme ils sont encore jeunes, il y a forcément parfois des moments plus compliqués. Mais, au final, ils font ce qu’il faut pour progresser. C’est comme ça qu’ils ont réussi. Je vous assure que ce n’est pas un hasard : ils consacrent énormément de temps à leur passion », poursuit le Smyrniote, très impliqué dans la formation des jeunes talents aux côtés du grand maître international Pierre Laurent-Paoli. « Il faut beaucoup réfléchir et il y a toujours des choses à apprendre », souligne Marc avec son accent du Sud-Ouest, hérité de ses origines paloises. Très loquace, à côté d’un Luca très discret, le jeune Llari affiche déjà une ambition claire : devenir un jour grand maître international.

    CHIFFRES

    91 000

    La Fédération française des échecs (FFE) connaît une croissance historique : elle comptait plus de 91 000 licenciés au cours de la saison 2025-2026, contre environ 70 000 un an plus tôt, soit une progression de plus de 30 % en un an.

    31 %

    Près d’un tiers des licenciés de la Fédération française des échecs sont des enfants de moins de 10 ans (28 000).

    5 millions

    Selon la Fédération, près de 5 millions de Français savent jouer aux échecs, sans être inscrit dans un club pour autant. Un succès survenu lors du Covid et à la sortie de la série « Le Jeu de la Dame ».

    Des tables publiques à Marseille

    Pratique urbaine largement répandue aux États-Unis, où les parcs sont souvent équipés de nombreuses tables d’échecs, ce jeu ne bénéficie pas de la même visibilité en France. Marseille ne fait pas exception : la cité phocéenne ne compte que quelques tables publiques. Pourtant, les Marseillais manifestent un réel intérêt pour cette discipline, comme en témoignent les nombreuses propositions déposées dans le cadre du budget participatif de la Ville. Soumis au vote, un projet d’installation de nouvelles tables d’échecs est ainsi prévu dans le secteur des 1er et 7e arrondissements d’ici à 2027. Par ailleurs, la Ville de Marseille, consciente de l’engouement, fête ce lundi (de 17h à 21h) la journée mondiale du jeu d’échecs et propose, pour cette septième édition, un événement ludique, gratuit et ouvert à tous sur la place du Général-de-Gaulle.

  • Des quartiers évacués face à un violent incendie aux Arcs

    Des quartiers évacués face à un violent incendie aux Arcs

    Le feu de forêt s’est déclaré aux alentours de 15h30, sur la commune de Taradeau, située au nord de Vidauban et à quelques kilomètres à l’ouest des Arcs. Le département du Var était d’ailleurs en vigilance feux de forêt, à cause à la fois de la canicule et des rafales de mistral, allant jusqu’à 50 km/h, l’accès à l’ensemble des massifs forestiers étaient interdits.

    Le feu a « très rapidement progressé, brûlant 60 hectares de végétation à l’est du village de Taradeau, une saute de feu a atteint la commune des Arcs, toute proche, où 120 hectares ont brûlé », précisait la préfecture dans un point de situation effectué en début de soirée, dimanche.
    « Il y a deux difficultés pour le moment, expliquait le préfet du Var, Simon Babre, au micro de nos confrères de BFM TV, le feu a attaqué une zone périurbaine, et ce ne sont pas les mêmes techniques d’intervention qu’en forêt. (…) Le travail des sapeurs-pompiers est compliqué de par la dissémination des foyers et des fronts. Ensuite, nous avons eu des sautes de feu, de Taradeau aux Arcs, à la voie ferrée, ce qui a demandé d’interrompre la circulation des trains. »

    Circulation des trains stoppée

    Des ordres d’évacuation ont été lancés en début d’après-midi aux habitants de plusieurs hameaux et quartiers : Château Saint-Pierre, Font du Loup et Plateau des Aires ont été évacués avec l’aide des gendarmes. à Taradeau, une dizaine de maisons l’ont également été et des centres d’accueil ont été ouverts dans chacune des communes. Les habitants ont pu rejoindre leur maison en milieu de soirée.

    Outre la circulation des trains qui a été coupée entre Toulon et les Arcs dans les deux sens, plusieurs voies de circulation routière ont également été coupées autour des deux communes concernées avec la mise en place d’une déviation.

    En fin d’après-midi, plus de 600 sapeurs-pompiers étaient à pied d’œuvre, avec 210 véhicules et le soutien de 5 canadairs, 4 hélicoptères bombardiers d’eau dont un hélicoptère lourd et deux avions Dash. Des renforts des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Bouches-du-Rhône, et des Alpes-Maritimes avaient rejoint le dispositif de lutte.

    En début de soirée, « le feu baisse en intensité », indiquait la préfecture du Var, considérant « l’évolution favorable si les conditions météo se maintiennent », précise-t-elle, prudente. Selon un premier bilan, quatre maisons ont été brûlées par les flammes et 9 ont été impactées. De plus, jusqu’à 300 foyers ont été privés d’électricité sur la commune des Arcs, « les équipes d’Enedis intervenant au fur et à mesure de l’évolution de la situation », stipule la préfecture.

    Enfin, à 22h30, la situation était toujours « favorable », mais le feu non encore fixé. « Les opérations vont se poursuivre pendant toute la nuit pour éteindre tous les foyers résiduels », précisait la préfecture.

  • [L’esprit de 1936] Marseille, comme un laboratoire

    [L’esprit de 1936] Marseille, comme un laboratoire

    Marseille est un laboratoire dans le sens où le processus de réunification syndicale se nourrit des nombreux conflits qui éclatent à partir de février 1934 et anticipe la réunification nationale. Deux conflits jouent un rôle particulièrement important à cet égard :

    « La marche de la faim » des gueules noires du bassin minier de Gardanne (1935). Un millier de mineurs se rend en train à Aubagne, lieu de départ réel de la marche, aux cris de « du travail et du pain ». Selon les rapports de police, elle rassemble près de 3 000 personnes. Cette marche a été suivie par un nombre non négligeable de militants CGT et par de nombreux élus socialistes et communistes du bassin : Deleuil, Ami, Moustier, Julien, Négrel, Laget, Vidal, David etc. Une fois arrivés à Marseille, salle Ferrer, les ouvriers mineurs votent une motion demandant « à l’Union départementale confédérée, à la Fédération régionale et à la Fédération nationale confédérée du sous-sol, de s’unir sans retard avec les organisations unitaires pour la défense des ouvriers mineurs ». Dès le 27 octobre 1935, la CGT et la CGTU de Biver-Gardanne fusionnent ; le 5 novembre, un processus identique se produit à Meyreuil ; le 1er décembre, les mineurs de Gréasque réunissent à leur tour leurs syndicats. La grève des mineurs est la matrice de la réunification de la CGT.

    Le conflit du personnel de la manutention portuaire. Le 9 décembre 1935, 2 100 dockers se mettent en grève pour protester contre la diminution des revenus, justifiée, selon le patronat, par la réduction du coût de la vie. Très vite, les dockers de la CGTU, sous la direction de Victor Gagnaire, deviennent les éléments les plus actifs du conflit et écartent les deux anciens responsables sabianistes Nazzi et Ciavaldini. Ils mettent en place des piquets de grève pour éviter l’emploi de « jaunes », obtiennent l’appui des dockers de Port-de-Bouc et de Port-Saint-Louis-du-Rhône qui débraient à leur tour et paralysent ainsi l’ensemble du trafic portuaire. La situation est tellement tendue que le préfet décide d’intervenir. Le 16 décembre, à sa demande, il réunit la Commission chargée de mesurer l’évolution du coût de la vie et ses conclusions aboutissent à rejeter les baisses de salaires initialement prévues. L’issue favorable de ce conflit restructure le paysage syndical du port. Le 2 janvier 1936, le Syndicat unique des dockers est créé et c’est l’ex-unitaire Victor Gagnaire qui devient son premier secrétaire général. Le mouvement social portuaire se trouve ainsi radicalisé, et pour longtemps. Il devient, pour l’ensemble des salariés de la région, une référence essentielle, sans que pour autant tous les problèmes soient réglés.

    Malgré les tensions qui subsistent entre les instances départementales des deux CGT, la vigueur du mouvement social favorise la fusion syndicale qui paraît, désormais, inéluctable. Elle se produit officiellement les 4 et 5 janvier 1936, deux mois avant le congrès de réunification nationale qui se tient à Toulouse du 2 au 5 mars 1936. C’est en ce sens que l’on peut parler de la région marseillaise comme d’un laboratoire qui anticipe l’accord national.

  • [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    Nichée sur la colline de Saint-Barnabé, l’Auberge de jeunesse du Château Bois Luzy, dispose, en plus d’une centaine de places dans ses 18 dortoirs, de 20 emplacements pour tentes, et depuis les JO, de trois pour les camping-cars, au pied d’un château chargé d’histoire. On y vient, en groupe, entre amis ou en solo, pour une question de budget. Et on y revient pour « le cadre idyllique et l’accueil extrêmement chaleureux » assurent les amis de l’ovalie toulousains. « On doit un grand merci à la directrice, avoue Jérôme, je suis une quiche avec internet et au lieu de réserver une chambre pour six, j’avais cliqué sur quatre places en tentes non équipées ». Mais Fouzia Sujet, rodée depuis des années à l’accueil des Auberges de Jeunesse de Strasbourg à Marseille, n’est pas du genre à tomber le sourire devant le désarroi de la petite bande. « On trouve toujours une solution en cas d’urgence. On peut aller jusqu’à 30 emplacements de tentes pour deux à trois personnes, on a 15 tentes équipées. D’ailleurs ici, on met tous la main à la pâte ». Direction comprise.

    Aux manœuvres de ce superbe domaine depuis deux ans et demi, Fouzia met un point d’honneur à perpétuer « l’esprit de culture populaire des Auberges », épaulée par Eryne et une équipe de huit saisonniers fidèles au poste. De mars à octobre, Julien, Laurène et Marijn accueillent avec bienveillance, Kader, Lusine et Odette sont aux petits oignons pour les hôtes, quand Marie prépare les petits-déjeuners et Nabil et Alla veillent sur leur sommeil. Bientôt, « un miel de nos ruches s’étalera sur les tartines », annonce Fouzia devant une pancarte qui prévient de la présence de nouvelles reines installées au milieu des essences de la colline.

    Ouvert au quartier

    Sur la terrasse les hébergés débarrassent les tables des dernières reliques de leur repas. Les cuisines, la laverie, les sanitaires et la bibliothèque du château sont à disposition. Et, le mascaron aux armoiries du comte, les mosaïques du patio, les peintures des boiseries ou la ferronnerie des rampes d’escaliers, le site éveille l’intérêt patrimonial.

    Le camping, version vie de château « c’est plus sympa que l’hôtel, plus détendu, plus convivial. Hier, on a passé la soirée avec des gens de Clermont-Ferrand » s’enthousiasme Jérôme. C’est encore une manière pour des voyageurs venus de tous pays de rencontrer des Marseillais : « Fouzia ouvre les portes, pour des fêtes, des vide-greniers, du théâtre, des concerts, des cours de pilate… on est chez nous, ici » plébiscite Joëlle Rousson, enseignante retraitée, membre de l’Association Loisirs Bois Luzy. Sur le parking, un cycliste remonte en selle pour s’engager sur la piste. Pour les plus sportifs les plateaux de handball, football et volleyball mitoyens complètent ce tableau dont la seule ombre tient à une offre « peuchère » de transports en commun de la Métropole, déplore Joëlle.

    Tarifs en tente à partir de

    32,50 euros par jour pour une personne, 40 pour deux, petit-déjeuner inclus.

  • Au Rove, des gendarmes en renfort pour l’été sur la Côte Bleue

    Au Rove, des gendarmes en renfort pour l’été sur la Côte Bleue

    Installés à l’hôtel Rovotel, récemment rénové et rouvert, les militaires bénéficieront de « conditions d’hébergement optimales » grâce à la participation financière des quatre communes concernées : Le Rove, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet et Sausset-les-Pins. Un effort commun qui témoigne de la volonté des élus locaux « d’accompagner le renforcement des moyens de sécurité sur leur territoire ».

    Une « présence essentielle »

    Le dispositif comptera 13 gendarmes. Parmi eux figure un capitaine de gendarmerie en provenance de Roumanie, dont l’arrivée est attendue ce 18 juillet. À ces effectifs s’ajoutent 6 gendarmes réservistes mobilisés sur le terrain. Leur mission consistera à assurer des patrouilles de prévention et des opérations de contrôle, y compris dans les trains desservant le secteur.

    Pour marquer le lancement de cette campagne estivale, une réception d’accueil s’est tenue lundi au Rovotel à l’initiative du maire (PCF) du Rove, Paul Sabatino. Les maires d’Ensuès-la-Redonne, Michel Illac, de Carry-le-Rouet, René-Francis Carpentier, et de Sausset-les-Pins, Maxime Marchand, étaient présents aux côtés des représentants des forces de sécurité et de secours. Ont notamment participé à cette rencontre le général Baillargeat, commandant le groupement de gendarmerie des Bouches-du-Rhône, le commandant Curci, le capitaine Salagnac, le lieutenant Molnar ainsi que les représentants des polices municipales des quatre communes et les responsables du centre de secours de la Côte Bleue.

    Souhaitant la bienvenue aux militaires, Paul Sabatino a souligné l’importance de leur présence durant la saison estivale. « Votre présence sur notre territoire et celui de la Côte Bleue est essentielle. Elle contribuera à renforcer la tranquillité publique et la sécurité de nos habitants comme de nos nombreux visiteurs, en particulier dans nos calanques », a-t-il déclaré. Un message de soutien partagé par l’ensemble des élus, alors que la Côte Bleue s’apprête à accueillir plusieurs milliers de touristes dans les semaines à venir.

  • Aix-en-Provence, la première étape de transformation de l’échangeur du Pont de l’Arc lancée

    Aix-en-Provence, la première étape de transformation de l’échangeur du Pont de l’Arc lancée

    Les travaux préparatoires de l’échangeur du Pont de l’Arc sont lancés depuis ce 15 juillet. Il s’agit, pour la Ville, d’une « première étape opérationnelle d’un projet structurant destiné à améliorer durablement les déplacements et la fluidité du trafic sur cet axe majeur reliant le centre-ville aux quartiers sud (Pont de l’Arc, Luynes, Les Milles) ». Situé juste au-dessus de l’A8, « le projet de réaménagement de l’échangeur autoroutier du Pont de l’Arc s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens urbains entre le centre-ville d’Aix-en-Provence et ses quartiers sud (…) cet échangeur constitue un axe stratégique de la ville, aujourd’hui peu adapté aux mobilités douces », rappelait toujours la Ville à l’issue des concertations publiques lancées autour du sujet. Il avait suscité des tensions chez les riverains. Les opérations en cours, prévues jusqu’au 31 juillet, prévoient la démolition des bordures existantes du rond-point et l’évacuation des terres de l’anneau central, la mise en œuvre d’une structure en grave bitume, la pose d’un nouvel enrobé et l’installation de dispositifs provisoires en béton en vue du futur anneau central temporaire. Pour limiter l’impact de la circulation, dense aux heures de pointe sur cet axe de la ville, les travaux se feront de nuit, entre 21h et 6h du matin. Toujours selon la Ville, ces travaux « ont pour objectif de préparer les futures interventions des concessionnaires de réseaux (Orange, GRDF, etc.) qui précéderont la démolition du rond-point actuel et le lancement du chantier principal de l’échangeur. Ils permettront notamment de reconfigurer provisoirement l’anneau central afin d’accompagner les prochaines étapes du projet ».

  • [Patrimoine] La double mission des remparts d’Avignon

    [Patrimoine] La double mission des remparts d’Avignon

    Il y a quelques semaines, 14 pupitres de lecture ont fait leur apparition tout le long des 4,6km des remparts d’Avignon. Ce « projet de mise en lumière historique et culturelle vise à réintégrer dans la mémoire collective ce monument essentiel d’Avignon que constitue son enceinte médiévale et en faire une source de connaissance dépassant le seul caractère historique de cette architecture », nous indique la municipalité. Un parcours où les « contenus évoquent l’histoire du monument mais également tous les usages qui s’y attachent, rappelant sa dimension sociale au sein de la Ville (foires et marchés, constructions adossées, épisodes des crues…) ».

    Manière pour les habitants, comme pour les touristes, d’en apprendre davantage sur ce joyau, progressivement classé Monument historique entre 1906 et 1937 avant d’être intégré au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995 avec l’ensemble du centre-ville. De 8 mètres de haut, dotées de 36 tours et 55 échauguettes (tourelles) et de 27 points de passages (portes et poternes confondues), les remparts sont aujourd’hui une forteresse médiévale parmi les mieux conservées. D’abord circonscrites dans un périmètre du Rocher des Doms où se sont installées les premières populations, les forteresses se sont progressivement étendues en franchissant à partir de 1320 le canal de la Sorgue. La configuration actuelle a nécessité 16 ans de travaux de 1357 à 1373, principalement sous le pontificat d’Innocent VI.

    « La fonction initiale des remparts est la défense de la ville contre les attaques militaires extérieures », stipule la municipalité. Le symbole en est le Châtelet. Situé à l’entrée du pont Saint-Bénézet, ce bâtiment constitue le point stratégique du contrôle de la ville. Érigé au XIVe siècle, il est reconstruit en 1414 suite aux dégâts subis lors du deuxième siège du palais apostolique, au début du XVe siècle.

    Une armure en bois comme endiguement

    Le second rôle des remparts, toujours prépondérant, est de lutter contre les crues du Rhône. L’épisode le plus marquant remonte à juin 1856, où une vague de 1,50m fait céder plus de 30m de remparts au niveau de la porte Saint-Dominique et pénètre en centre-ville. Place Saint-Didier ou encore rue des Teinturiers de discrets témoins de cette crue permettent de mesurer le niveau d’eau. À l’époque, Napoléon III était venu en barque constater les dégâts. Désormais, la Ville veille à développer la culture du risque et familiariser la population au risque de crue. Depuis 2003 et la dernière grosse crue, le Rhône est régulièrement sorti de son lit sans non plus aller jusqu’à lécher les remparts. Très régulièrement, les services municipaux s’entraînent à disposer des batardeaux. Sur un peu plus de 2km, de la porte Saint-Lazare au passage piéton de la Petite-Hôtesse, chacune des portes et poterne possède sa propre armure : une double rangée de madriers mis dans des encoches dédiées à l’intérieur de laquelle est ensuite garni un mélange de terre et de fumier pour favoriser l’étanchéité.

    Lieu de vie (foires, et parking jusqu’à il y a dix ans), le tour des remparts a été transformé en voie douce végétalisée. Un tel patrimoine nécessite un entretien permanent, un peu comme pour la Tour Eiffel dont le chantier ne s’arrête jamais. Il y a 5 ans, les remparts ont fait l’objet d’un diagnostic sanitaire, structurel et historique, par une équipe composée d’architectes du patrimoine, d’un économiste de la construction et d’une historienne. Manière pour la Ville d’établir un programme pluriannuel de travaux d’entretien et de restauration sur au moins 10 ans. Il y a un an et demi par exemple, des morceaux de remparts s’étaient détachés côté extra-muros à Saint-Lazare, sans faire de victime. Dans les projets à long terme, jamais vraiment datés, il est toujours prévu de rouvrir partiellement au public le chemin de ronde.

  • « La formation des troupeaux renseigne sur la transmission des maladies »

    « La formation des troupeaux renseigne sur la transmission des maladies »

    La Marseillaise : Vous décrivez dans votre étude un méga-troupeau de 4 000 buffles au Botswana. Cela ne passe pas inaperçu… Les communautés locales le connaissaient-elles ?

    Alexandre Caron : La première autrice de l’article, Emily Bennitt, a mené l’enquête auprès des populations locales. Les rangers et les guides touristiques connaissaient le troupeau. Dans les villages, les communautés locales n’avaient pas l’impression qu’il était si gros car elles le voient rarement. En effet, buffles et bétail ont tendance à s’éviter. Donc les éleveurs voient quelques buffles de temps en temps qui s’enfuient rapidement. Ils ne se rendent pas compte de la taille du troupeau qui existe derrière.

    Au-delà du caractère impressionnant, en quoi est-ce intéressant d’observer un si gros troupeau ?

    A.C. : Pour la conservation, cela aide à sensibiliser les acteurs locaux sur l’existence de ce phénomène naturel important. Et cela donne une référence à partir de laquelle nous pourrons observer une évolution. Enfin, cela aide à comprendre ce qu’est un troupeau, comment il se forme et comment peuvent s’y transmettre des agents pathogènes.

    Lesquels ?

    A.C. : Près de 90% des buffles ont la fièvre aphteuse. Ils peuvent aussi avoir la tuberculose, la brucellose… Or ces maladies peuvent se transmettre au bétail, ce qui a des conséquences sociales et économiques. Ces transmissions se font rarement par contact direct car buffles et bétail s’évitent. Mais il peut y avoir des transmissions indirectes, par la salive ou les déjections laissées dans un espace partagé.

  • [Science] Un documentaire permet d’identifier le plus gros troupeau de buffles

    [Science] Un documentaire permet d’identifier le plus gros troupeau de buffles

    « Cela s’écarte de ce que j’ai l’habitude de faire », reconnaît Alexandre Caron, écologue de la santé pour le Cirad de Montpellier, plutôt spécialiste des interactions entre animaux sauvages et communautés humaines en Afrique de l’Est et australe.

    En 2022, des réalisateurs d’une société de production
    -Silverback– contactent une étudiante dont il encadre la thèse. Ils travaillent sur un documentaire pour Netflix, viennent de filmer un troupeau de buffles au nord du Botswana et peinent à les compter. Et pour cause : ils sont vraiment nombreux. « Quand nous avons vu la vidéo, nous nous sommes tout de suite dit qu’il y avait quelque chose d’exceptionnel », se souvient le chercheur qui connaît bien cet animal. Il se rapproche alors de collègues qui ont développé une méthode de comptage à base d’intelligence artificielle. La taille du troupeau est alors estimée à plus de 4 000 individus. « C’est le plus gros troupeau de buffles jamais documenté scientifiquement, souligne Alexandre Caron, dernier auteur d’un article qui détaille ce travail dans Ecology & Evolution. Cela montre que ces méga-troupeaux existent toujours. »

    Beaucoup de populations d’herbivores en Afrique sont en déclin, soulignent les chercheurs dans leur article. En cause : la fragmentation du paysage due au développement humain et les grands espaces transformés en terres agricoles. « Il faut nourrir une population humaine en forte croissance sur le continent », pointe Alexandre Caron qui tient à préciser que les parcs nationaux font exception. « La faune sauvage et la biodiversité s’y portent bien en Afrique australe. »

    Petit paradis

    Des grands rassemblements d’herbivores sont connus, comme celui des quelque 800 000 cobes de Buffon –une espèce d’antilope– au Soudan du Sud et en Éthiopie ou celui de plus d’un million de gnous bleus et autres antilopes en Tanzanie. « On ne peut toutefois pas parler de méga-troupeaux, tempère Alexandre Caron. Ce sont plutôt des grandes migrations. Ils sont en mouvement toute l’année pour suivre les ressources alimentaires. »

    Définir un troupeau n’est pas simple. « Nous avons fait des études au Zimbabwe pour tenter d’y parvenir », poursuit Alexandre Caron. Avec des colliers GPS et des études génétiques pour voir si les individus de la même famille restent ensemble. « C’est en fait très fluide », résume-t-il. Des groupes se forment, se défont, se mélangent et les individus passent d’un groupe à l’autre. C’est le cas du méga-troupeau au Botswana. « Il est composé de plusieurs troupeaux qui se rassemblent à un moment de l’année -la saison sèche- pour se diriger vers un endroit particulier », décrit le chercheur. Cet endroit, la dépression de Mababe, est un ancien lac où la nourriture abonde à cette saison. Un petit paradis où ils reviennent année après année. Peut-être sous l’œil plus attentif des scientifiques maintenant qu’ils ont été filmés.

  • Luttopia prépare un nouveau départ à Montpellier

    Luttopia prépare un nouveau départ à Montpellier

    Pour pallier la baisse de subventions, l’échéance de la convention d’occupation de ses locaux et refaire sa trésorerie, l’organisation de lutte contre la précarisation Luttopia s’est vue obligée de fermer provisoirement ses portes. Un coup de massue pour l’action sociale à Montpellier. L’association s’est empressée de rencontrer l’adjointe aux solidarités Muriel Ressiguier. Fin mai, l’élue a accordé un sursis de trois mois supplémentaires, lui permettant de conserver ses locaux dans l’avenue de Toulouse jusqu’à la fin de l’année 2026. « Ce n’est pas pour autant que ça nous permet de reprendre nos activités, ça ne règle pas tout » explique la directrice de l’organisation Gwen Lasne qui s’active à préparer la suite.

    Luttopia appelle aux dons depuis le début des difficultés et a rebaptisé sa cagnotte « écrivons une nouvelle page ensemble » : il n’est plus question de rouvrir dans l’urgence mais bien de rebondir pour faire perdurer le projet. L’organisme recherche désormais un nouveau site avec l’ambition d’accéder à la propriété des lieux pour assurer une sécurité et une pérennité à ses bénéficiaires. « Le public est au rendez-vous » se félicite la directrice de l’association qui a réuni un peu plus de 16 000 euros via Hello Asso et affiche un objectif de 100 000 euros pour « créer un Luttopia 0.0.5. » Si l’équipe espère déménager d’ici décembre, elle reste prudente : « On est à l’état embryonnaire du projet et les activités sociales ne pourront pas reprendre immédiatement. » Gwen Lasne dénonce un problème structurel : les restrictions budgétaires touchent toutes les structures associatives. Luttopia s’inscrit donc dans une dynamique de long terme et projette de créer une activité économique lui garantissant une certaine indépendance des subventions publiques. « La société civile ne peut pas porter le poids des carences étatiques, ces modèles vont s’essouffler » alerte-t-elle, « il faut trouver des solutions. »

    Luttopia compte toujours sur la solidarité des Montpelliérains et organise plusieurs événements caritatifs cet été. Rendez-vous ce samedi 11 juillet pour un vide-maison et le 1er août pour une soirée musicale et artistique.