Category: societe

  • Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme

    Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme

    L’université Aix-Marseille (AMU) et SOS Racisme ont signé une convention de partenariat le mercredi 4 mars. La salle du conseil au Pharo est remplie pour l’occasion, en présence d’étudiants et de jeunes militants de SOS Racisme. « Cet accord permet d’accompagner les victimes d’actes racistes et antisémites, dans un contexte où la lutte contre ces actes n’est pas à la hauteur », affirme Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

    L’objectif est d’organiser des événements et des formations contre le racisme et l’antisémitisme pour la communauté universitaire. « SOS Racisme vient informer et former les étudiants et apporte un dialogue différent avec sa connaissance du terrain », explique Éric Berton, président d’Aix-Marseille université. « C’est une réponse globale pour les jeunes étudiants victimes et spectateurs d’actes qui ne sont pas acceptables », indique-t-il. L’université avait d’ailleurs signé un partenariat avec la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) en décembre dernier. Les échanges entre les deux acteurs ont débuté en mai 2025 lorsque des étudiants d’Aix Marseille avaient signalé à SOS Racisme des actes de racisme, d’antisémitisme et de sexisme répétés dans différentes facultés de l’établissement. Des étudiants avaient été convoqués en conseil de discipline et depuis, plusieurs d’entre eux ont été exclus de l’université ou partiellement, selon le président.

    Tolérance zéro

    Un étudiant présent dans la salle s’interroge sur « la lutte contre les discours haineux propagés par les syndicats d’extrême droite sur les campus ». Éric Berton explique que l’université ne laisse rien passer et utilise les éléments juridiques à sa disposition : la sanction disciplinaire et la saisie du procureur de la République.

    La Défenseure des droits, Claire Hédon, a publié un rapport le 26 février qui estime que l’impact des dispositifs de lutte contre les discriminations dans l’enseignement supérieur reste « encore limité ». Pour Eric Berton, l’AMU est précurseure dans le domaine. « Nous sommes sur le bon chemin, déclare-t-il, nous avons mis en place un processus qui libère la parole. » En 2021, la direction a lancé le Service pour le respect et l’égalité (SpRE), importé de l’université de Montréal, et composé de quatre juristes chargés de traiter les signalements. Résultat ? Le taux de saisie a augmenté, à hauteur de 300 en 2025. L’université affiche une tolérance zéro contre les discriminations et les discours de haine avec une campagne d’affichage qui rappelle que ces actes sont des délits punis par la loi.

  • À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.

    Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement. Ce Libanais de 51 ans, connu pour avoir été condamné pour de nombreuses escroqueries, a écopé de trois ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt pour corruption active. Le tribunal a accepté la confusion partielle de sa peine à hauteur d’une année avec sa dernière condamnation, en septembre 2023, à six ans de prison, qu’il purge pour des faits similaires. Dany Hadid, écroué à Luynes, avait escroqué un couple d’entrepreneurs marseillais de 853 000 euros et un commerçant arménien de 90 000 euros, en se faisant passer pour un agent de la DGSE. En 2017, il avait écopé de 5 ans de prison, à Versailles, pour avoir ruiné un restaurateur égyptien avec la complicité d’un ex-musicien de la fanfare de la gendarmerie.

    Appâté par une promesse de prêt de 100 000 euros à taux zéro, l’adjudant Jamel M., 48 ans, était intervenu d’octobre à décembre 2022 pour mettre la pression sur des commerçants. Loin de ses fonctions de surveillance des trafics maritimes et dissimulant l’intervention à ses collègues, il s’était rendu, en tenue militaire et en véhicule de gendarmerie, dans un restaurant libanais concurrent de Hadid au prétexte de vérifier qu’un salarié en arrêt maladie y travaillait, puis il s’était présenté dans l’épicerie fine de l’épouse pour réclamer une dette de 10 000 euros. « Je demandais juste aux personnes de payer. Je ne pensais pas faire peur. Quand j’ai dit “de toute façon, on va le retrouver”, ça voulait dire que la justice allait s’occuper de lui », a-t-il expliqué à l’audience du 10 février. Le militaire utilisait aussi son contact à l’Urssaf pour organiser un contrôle administratif auprès d’un restaurateur concurrent de Hadid et obtenir des infos dans le cadre d’un litige professionnel avec un employé.

    « Est-ce normal de régler des litiges à l’amiable dans le cadre de vos fonctions de gendarme ? Vous n’étiez pas respectueux, vous avez mis la pression », a opposé le procureur, qui a requis 3 ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique. « Il m’a proposé de lui-même ce prêt sans contrepartie », a contesté le gendarme, muté depuis à Toulon. Il était bien noté et apprécié de sa hiérarchie. Le prêt devait prendre la forme d’une prise de participation au capital de MMMT, une société basée à Dubaï spécialisée dans l’extraction d’or et de diamants que le gendarme gère, ayant investi 270 000 euros provenant de la cryptomonnaie… Ce militaire décidément singulier possède aussi des comptes bancaires à l’étranger et sept appartements à Marseille qu’il loue, tout en vivant dans un logement de l’armée.

    « J’ai été bête sur ce coup-là, ça me rend malade. Je crois en l’humain, je lui ai fait confiance, je le considérais comme un ami, je n’ai pas cherché à comprendre », a dit le gendarme, qui réfute tout lien entre le prêt et les services rendus. Il était aussi reproché au pandore, qui avait accès aux fichiers d’État : 24 consultations au fichier de traitement des antécédents judiciaires, 16 au fichier des personnes recherchées, 17 au fichier des permis de conduire et 10 au fichier des véhicules, entre 2020 et 2023. Le tribunal a jugé « peu convaincantes » ses explications selon lesquelles « c’était pour montrer à des stagiaires de 3e ».

    Les 315 appels téléphoniques et SMS échangés entre les deux hommes établissent « un concert frauduleux », a estimé le tribunal, qui a toutefois relaxé le gendarme de tentative d’extorsion, car rien n’indique qu’il ait exercé des menaces ou des violences. Les restaurateurs victimes n’avaient pas voulu témoigner dans la procédure.

  • À Marseille, un refus unanime face au concert de Kanye West

    À Marseille, un refus unanime face au concert de Kanye West

    L’actuel maire et candidat à sa succession a déclaré, sur le réseau social : « Je refuse que Marseille soit une vitrine pour ceux qui promeuvent la haine et le nazisme décomplexé. Kanye West n’est pas le bienvenu au Vélodrome, notre temple du vivre-ensemble et de tous les Marseillais. »

    L’interdiction d’un spectacle est toutefois très encadrée et le Conseil d’État a rappelé, dans plusieurs jurisprudences, qu’elle n’est possible qu’en cas de risque que des propos constituant une infraction pénale soient tenus et que l’événement puisse provoquer des troubles à l’ordre public.

    Ce concert, actuellement l’unique date en France de Kanye West, est organisé par l’agence Mars360, opérateur exclusif de l’Orange Vélodrome, qui appartient à la ville. Dans un communiqué transmis à l’AFP, Mars360 a estimé que « les propos tenus par l’artiste par le passé suscitent une émotion légitime. Toutes les questions ont été posées au tourneur qui organise ce concert, qui a exposé que l’artiste a présenté ses excuses, révélant des éléments de contexte personnels, et que cette tournée mondiale s’opère justement après ce mea-culpa ». Et d’assurer que « Mars360 a été particulièrement vigilant, insérant des clauses spécifiques pour s’assurer qu’aucun propos illégal ne soit tenu lors du concert et que la loi française soit parfaitement respectée ».

    « Pas de la promotion des antisémites ! »

    L’ex-présidente du Crif Provence, Fabienne Bendayan, qui figure en 3e position sur la liste de Martine Vassal (DVD), a aussi appelé à l’annulation du concert : « “Je suis nazi”, “J’aime Hitler” : Kanye West n’est pas le bienvenu à Marseille. Celui qui proclame ouvertement son admiration pour Hitler et revendique des idées nazies ne saurait fouler la scène d’une ville dont l’âme même est tissée de diversité, de mémoire et de fraternité. À Marseille, pas de la promotion des antisémites ! Les organisateurs de ce concert doivent renoncer à sa venue au Vélodrome ! »

    Le musicien de 48 ans, qui a perdu ces dernières années de nombreux fans et plusieurs contrats commerciaux après des sorties antisémites ou racistes, a publié un titre Heil Hitler le 8 mai 2025, à l’occasion du 80e anniversaire de la défaite de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. En décembre 2023, le rappeur, souffrant depuis des années de troubles bipolaires, s’était excusé auprès de la communauté juive après avoir déclaré quelques mois plus tôt qu’il « adorait les nazis ».

  • La grande braderie de Marseille est de retour ce week-end

    La grande braderie de Marseille est de retour ce week-end

    Temps le plus fort de l’année en terme d’animation commerciale », d’après Rebecca Bernardi, adjointe au commerce à la mairie de Marseille, la Grande Braderie d’Hiver, qui avait rassemblé environ 35 000 personnes lors de sa dernière édition, est de retour. Les commerces participants proposeront des prix bradés, entre moins 50 et 70%.

    L’événement est à grande échelle puisque, outre le centre, trois noyaux villageois se joignent à la partie : la place du 4 septembre, Mazargues et Saint-Barnabé. « Au cours Julien également, une trentaine de commerces vont faire la braderie » ajoute l’adjointe.

    Plus de 200 commerces

    Avec 200 commerces inscrits, Guillaume Sicard, président de la fédération des commerçants de Marseille Centre, observe un « événement festif et commercial qui est un vrai plus sur la dynamique du centre-ville ». Rebecca Bernardi présente également « un événement tourné vers les enfants », avec des animations telles que « du lancer de lasso sur chevaux en bois, des châteaux gonflables et une boum à 17h », détaille le prestataire en charge de l’animation, John&James. L’adjointe conclut en précisant que la braderie est aussi « sociale et solidaire », marquée par la présence « depuis la première édition, des stands de Samu Social », où les dons de vêtements « atteignent chaque fois des records ».

    Décrite comme un « parcours piéton agréable permettant de redécouvrir le centre-ville » par l’adjointe au maire, la braderie se fait à pied. Entre Canebière et la préfecture, et entre la rue de Breteuil et la rue de Rome, le stationnement sera interdit entre vendredi 6 mars, à 19h, et samedi 7 mars, à 19h30. La circulation est quant à elle autorisée jusque samedi, 8h30.

  • [Tribune] L’Alliance de la presse d’information générale condamne les atteintes à la liberté de la presse

    [Tribune] L’Alliance de la presse d’information générale condamne les atteintes à la liberté de la presse

    Par l’ensemble des titres de l’Alliance dont « La Marseillaise » est membre

    Des attaques verbales et des agressions physiques contre les journalistes dans l’exercice de leur mission, des dégradations sur les locaux de nos médias, des campagnes de harcèlement orchestrées sur les réseaux sociaux… Ces dernières semaines, la presse d’information, de Midi Libre à la Voix du Nord, de Libération au Télégramme, de L’Ardennais à La Nouvelle République, de La Montagne à ICI Touraine, a fait l’objet d’attaques récurrentes et croissantes. En cette période électorale, les médias doivent faire face au quotidien à la polarisation d’un débat public, alimentée par une parole politique parfois violente et décomplexée.

    Nos médias assistent à une lente dérive, à un transfert de toutes les colères vers un bouc-émissaire : les médias et les professionnels de l’information. Instrumentalisées sur les réseaux sociaux, de plus en plus violentes sur le terrain, ces poussées de fièvre se traduisent régulièrement par des mises en cause physiques et verbales de nos journalistes.

    Ces atteintes à la liberté de la presse et au libre exercice du métier d’informer sont d’autant plus intolérables qu’elles sont parfois le fait d’élus de la Nation qui écartent nos journaux de leurs collectivités, nous dénigrent ou font pression sur nos rédactions.

    Remparts face aux fausses nouvelles, artisans de la vérification des faits, nous refusons la posture du silence. Nos médias interrogent chaque jour l’action publique et collective, essaient autant de la mettre en perspective que d’en pointer les dérives ou les mauvaises gestions. Ils contribuent ainsi à la vie démocratique locale et nationale, dans le respect de la place des élus, des partenaires sociaux, des acteurs de la société civile. Ils ne peuvent accepter de telles agressions et de telles mises en cause publiques.

    Sous d’autres cieux moins cléments en termes de libertés publiques, on dénoncerait ces excès et ces violences. En France, l’opinion publique a pris la mesure du danger : 65 % des Français estiment que la liberté de la presse est menacée. L’inquiétude citoyenne est là. Ce sont les relais politiques qui manquent.

    À quelques jours des élections municipales, nous demandons à chaque candidat, responsable syndical ou associatif un engagement clair : défendre publiquement la liberté d’informer et condamner toute forme de pression sur les journalistes. Car là où l’information disparaît, c’est la participation démocratique elle-même qui recule.

  • Les salariés du centre de santé de Manosque inquiets

    Les salariés du centre de santé de Manosque inquiets

    Les salariés du centre de santé Oxance de Manosque se sont réunis mardi avec la CGT pour discuter de leurs inquiétudes concernant une potentielle fermeture du centre, le réseau mutualiste Oxance étant en procédure de sauvegarde. « Confronté à des contraintes économiques durables, nées lors de la crise sanitaire, le groupe a engagé une démarche de sauvegarde afin de stabiliser sa situation financière, rééchelonner sa dette et se donner le temps nécessaire pour construire un plan de redressement », a indiqué Oxance.

    L’avenir d’Oxance en suspens

    Les salariés attendent de nouvelles mesures d’Oxance qui doivent être annoncées en CSE le 26 mars. La CGT a insisté sur sa volonté de préserver l’offre de soins abordable pour tous et les emplois, alors que plus de 20 000 personnes n’ont pas de médecin traitant dans le département. Certains patients viennent de Digne-les-Bains ou des Hautes-Alpes pour se soigner au centre Oxance de Manosque. « Si le centre de Manosque ferme, comment la population sera-t-elle prise en charge ? », se sont interrogés les participants à la réunion.

    Les salariés ont déploré le fait qu’Oxance « ne donne pas suite à de jeunes médecins qui veulent venir y travailler ». Avec la CGT, ils ont évoqué le besoin de soutien des collectivités aux centres de santé. Ils ont reproché au maire de Manosque de ne pas les soutenir. « La municipalité actuelle considère que contrairement à l’hôpital, la collectivité n’a pas vocation à financer directement un centre de santé privé », a répondu le cabinet du maire.

    Les syndicats prévoient des rassemblements vendredi à Marseille et mercredi à Lyon et doivent être reçus par les ARS à cette occasion. Ils ont également rédigé des pétitions.

    Rassemblement devant l’ARS de Marseille, 132 bd de Paris, le 6 mars à 11h30.

  • La croix du Caillou au cœur d’un bras de fer juridique à Robion

    La croix du Caillou au cœur d’un bras de fer juridique à Robion

    Elle pourrait être renommée « la croix de la discorde », tant elle divise la commune de Robion et ses 5 000 habitants. Le 6 février, le tribunal administratif de Nîmes demandait au maire de « faire procéder au déplacement de la croix litigieuse dans un délai de deux mois », soit le 6 avril. L’association la Libre Pensée 84, invoquant la loi de 1905, avait saisi la justice pour demander le retrait ou le déplacement de la croix en bois vers un lieu privé. En réponse, 250 personnes se sont rassemblées sur place pour défendre la croix ce dimanche 1er mars, en présence du premier édile, Patrick Sintès (DVD).Le rassemblement de dimanche avait notamment été relayé par la section vauclusienne du parti d’extrême droite Reconquête.

    « Des militants politiques surfent sur un fond d’ignorance crasse de la loi de séparation des Églises et de l’État », regrettent, dans un communiqué de presse, Marie-Odile Ponzio, présidente de La Libre Pensée, et Jacques Fassié, secrétaire fédéral. Patrick Sintès a annoncé faire appel de la décision de justice. « Monsieur le Maire de Robion sait parfaitement que les deux bouts de branches mal ficelés qui ont épisodiquement précédé cette croix sont très postérieurs à la loi de 1905 et n’ont jamais constitué une croix du culte catholique comme La Libre Pensée l’a démontré dans son recours », assurent-ils.

    Demande de sursis

    D’après nos confrères de Vaucluse Matin, le premier édile de Robion aurait demandé un sursis à l’exécution de la peine. Car, bien qu’il ait fait appel de la décision, la croix doit tout de même être retirée de l’espace public. Une pétition en ligne contre son enlèvement avait recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures.

  • Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    « On va parler d’une seule voix féministe et antiraciste. C’est ça le plus important », glisse, en ouverture d’une conférence de présentation de la manifestation du dimanche 8 mars à Avignon, Karine Malabal, militante du mouvement Le Nid et membre du Collectif Droits des Femmes 84. Une manifestation qui partira à 15h symboliquement du tribunal d’Avignon, théâtre du procès Pelicot, en direction de la place de l’Horloge.

    Un mouvement de convergence des luttes qui se cristallise dans un slogan fort, choisi par la multitude d’associations vauclusiennes constituant le collectif : « Nos corps ne sont pas un champ de bataille. » Une référence, d’une part, aux violences sexuelles. « Quand on regarde les chiffres de 2025, il y a eu 132 000 victimes de violences sexuelles, dont 76 000 mineurs. Le corps est vu par les hommes comme un champ de bataille, dans le sens où c’est quelque chose qu’ils veulent s’approprier », précise Nellie Bertrand, militante au collectif Nous Toutes, à la chorale Chant des Déferlantes et au pôle LGBT d’Avignon.

    Mais ce slogan renvoie aussi aux violences faites au corps à travers les conditions de travail. D’où un appel à la grève générale des femmes ce jour-là. « Nous sommes en première ligne quand on voit, par exemple, les infirmières à domicile, avec des travails difficiles, des horaires hachés et des déplacements très mal payés », insiste Karine Malabal.

    L’événement se veut également festif. Une batucada animera le cortège, avec un arrêt musical sur la place Pie. Et pour celles et ceux que le bruit pourrait gêner, un cortège calme est également prévu à l’écart.

    Peu d’évolution

    Ce que constatent les représentantes associatives, c’est également le manque d’évolution malgré le retentissement énorme du procès des viols de Mazan. « On attendait de grands changements sociétaux, mais ils ne sont jamais arrivés », regrette Malika Bakhti de la LDH. « Il n’y a pas eu de gros changements », confirme Karine Malabal, qui constate même « une baisse des subventions ».

    Les luttes convergent avec d’autres combats. « On a toutes et tous des valeurs communes. On ne s’estimait pas légitimes dans la lutte féministe, mais on s’est rendu compte que l’on doit être tous ensemble, car on subit tous des agressions. Si on est autocentrés, on ne peut pas s’en sortir », confie Sabah Boutahar, membre de l’association Résilientes. De son côté, Nellie Bertrand rappelle les deux tags de groupuscules d’extrême droite inscrits sur les locaux du Pôle LGBT de la Cité des Papes ces derniers mois. « Depuis six ans, les réflexions aux relents racistes vont crescendo », témoigne Zem-Zem, bénévole pour Ubuntu Sorores.

  • Josef Schovanec anime une formation autour de l’autisme à Aubagne

    Josef Schovanec anime une formation autour de l’autisme à Aubagne

    « L’étrangeté est une manière différente d’être, non une pathologie qui se guérit avec des comprimés », écrit Josef Schovanec. Cet autiste de haut niveau (on n’emploie plus le terme Asperger) est docteur en philosophie et sciences sociales, écrivain, voyageur. Josef Schovanec est une figure emblématique dans le champ de l’autisme en France.

    À l’initiative de l’association aubagnaise À travers les yeux de Lucas (Atyl), en partenariat avec Exister (Peypin) et TSA2I (Roquevaire), Josef Schovanec interviendra à la salle du Bras d’Or dans le cadre d’une formation*.

    Retours d’expérience

    Cette formation portera sur « la compréhension des mécanismes sensoriels chez les personnes autistes, les stratégies d’accompagnement adaptées aux troubles alimentaires », et proposera des conseils pratiques ainsi que des témoignages. Laure Del Pino, présidente de l’association Atyl, a suivi cette formation qui lui a beaucoup apporté, dit-elle, pour « mieux comprendre » son fils autiste et s’adapter.

    * Inscriptions au 06.13.91.08.86 ou par mail :assoatyl@gmail.com

  • Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Émotion et gratitude, des témoignages, une plus claire perception du chemin parcouru entre 1980 et aujourd’hui, la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains et une foule d’amis ont salué depuis la salle des États Généraux le départ à la retraite de Bruno Ely.

    Avant que la médaille de la ville d’Aix lui soit remise, « sa base arrière » la plus essentielle, ses enfants Marie et Paul (28 et 25 ans) et son épouse Valérie ont pris la parole pour dire à quel point ils ont préservé à ses côtés un univers de grande liberté. L’engagement au quotidien d’une famille hantée par la photographie, la magie et la discrétion des métiers voués aux images restent merveilleusement contagieux : la fille aînée de Bruno, Marie Ely a passé avec bonheur et succès le concours de conservatrice du musée du Mans.

    Sophie Joissains, l’adjointe à la culture Marie-Pierre Sicard ainsi que son directeur d’autrefois Denis Coutagne ont retracé les étapes de la carrière d’un porteur de projets et d’une équipe remarquablement soucieux de convaincre par de multiples conférences et visites guidées le public de son époque. En 1990, pendant l’exposition Cezanne réalisée après l’incendie de la Sainte-Victoire il s’agissait de redonner une place de première importance au musée Granet; 40 ans plus tard, des accrochages et des expositions de niveau international, des dépôts et des acquisitions ont fait taire ceux qui estimaient qu’Aix avait longtemps ignoré « le père de l’art moderne ». À la tête du Pavillon Vendôme et du musée des Tapisseries pendant 18 ans, avant de devenir en 2008 le conservateur du musée Granet, Bruno Ely aura réalisé dans Aix plus de 180 expositions qui relèvent de l’archéologie, du grand XVIIe aixois, du Festival d’art lyrique autant que de la modernité, Alechinsky, Fabienne Verdier et Bernard Plossu peuvent en témoigner. Un prochain portrait du journal complétera cet hommage.