Category: societe

  • [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    Nichée sur la colline de Saint-Barnabé, l’Auberge de jeunesse du Château Bois Luzy, dispose, en plus d’une centaine de places dans ses 18 dortoirs, de 20 emplacements pour tentes, et depuis les JO, de trois pour les camping-cars, au pied d’un château chargé d’histoire. On y vient, en groupe, entre amis ou en solo, pour une question de budget. Et on y revient pour « le cadre idyllique et l’accueil extrêmement chaleureux » assurent les amis de l’ovalie toulousains. « On doit un grand merci à la directrice, avoue Jérôme, je suis une quiche avec internet et au lieu de réserver une chambre pour six, j’avais cliqué sur quatre places en tentes non équipées ». Mais Fouzia Sujet, rodée depuis des années à l’accueil des Auberges de Jeunesse de Strasbourg à Marseille, n’est pas du genre à tomber le sourire devant le désarroi de la petite bande. « On trouve toujours une solution en cas d’urgence. On peut aller jusqu’à 30 emplacements de tentes pour deux à trois personnes, on a 15 tentes équipées. D’ailleurs ici, on met tous la main à la pâte ». Direction comprise.

    Aux manœuvres de ce superbe domaine depuis deux ans et demi, Fouzia met un point d’honneur à perpétuer « l’esprit de culture populaire des Auberges », épaulée par Eryne et une équipe de huit saisonniers fidèles au poste. De mars à octobre, Julien, Laurène et Marijn accueillent avec bienveillance, Kader, Lusine et Odette sont aux petits oignons pour les hôtes, quand Marie prépare les petits-déjeuners et Nabil et Alla veillent sur leur sommeil. Bientôt, « un miel de nos ruches s’étalera sur les tartines », annonce Fouzia devant une pancarte qui prévient de la présence de nouvelles reines installées au milieu des essences de la colline.

    Ouvert au quartier

    Sur la terrasse les hébergés débarrassent les tables des dernières reliques de leur repas. Les cuisines, la laverie, les sanitaires et la bibliothèque du château sont à disposition. Et, le mascaron aux armoiries du comte, les mosaïques du patio, les peintures des boiseries ou la ferronnerie des rampes d’escaliers, le site éveille l’intérêt patrimonial.

    Le camping, version vie de château « c’est plus sympa que l’hôtel, plus détendu, plus convivial. Hier, on a passé la soirée avec des gens de Clermont-Ferrand » s’enthousiasme Jérôme. C’est encore une manière pour des voyageurs venus de tous pays de rencontrer des Marseillais : « Fouzia ouvre les portes, pour des fêtes, des vide-greniers, du théâtre, des concerts, des cours de pilate… on est chez nous, ici » plébiscite Joëlle Rousson, enseignante retraitée, membre de l’Association Loisirs Bois Luzy. Sur le parking, un cycliste remonte en selle pour s’engager sur la piste. Pour les plus sportifs les plateaux de handball, football et volleyball mitoyens complètent ce tableau dont la seule ombre tient à une offre « peuchère » de transports en commun de la Métropole, déplore Joëlle.

    Tarifs en tente à partir de

    32,50 euros par jour pour une personne, 40 pour deux, petit-déjeuner inclus.

  • Au Rove, des gendarmes en renfort pour l’été sur la Côte Bleue

    Au Rove, des gendarmes en renfort pour l’été sur la Côte Bleue

    Installés à l’hôtel Rovotel, récemment rénové et rouvert, les militaires bénéficieront de « conditions d’hébergement optimales » grâce à la participation financière des quatre communes concernées : Le Rove, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet et Sausset-les-Pins. Un effort commun qui témoigne de la volonté des élus locaux « d’accompagner le renforcement des moyens de sécurité sur leur territoire ».

    Une « présence essentielle »

    Le dispositif comptera 13 gendarmes. Parmi eux figure un capitaine de gendarmerie en provenance de Roumanie, dont l’arrivée est attendue ce 18 juillet. À ces effectifs s’ajoutent 6 gendarmes réservistes mobilisés sur le terrain. Leur mission consistera à assurer des patrouilles de prévention et des opérations de contrôle, y compris dans les trains desservant le secteur.

    Pour marquer le lancement de cette campagne estivale, une réception d’accueil s’est tenue lundi au Rovotel à l’initiative du maire (PCF) du Rove, Paul Sabatino. Les maires d’Ensuès-la-Redonne, Michel Illac, de Carry-le-Rouet, René-Francis Carpentier, et de Sausset-les-Pins, Maxime Marchand, étaient présents aux côtés des représentants des forces de sécurité et de secours. Ont notamment participé à cette rencontre le général Baillargeat, commandant le groupement de gendarmerie des Bouches-du-Rhône, le commandant Curci, le capitaine Salagnac, le lieutenant Molnar ainsi que les représentants des polices municipales des quatre communes et les responsables du centre de secours de la Côte Bleue.

    Souhaitant la bienvenue aux militaires, Paul Sabatino a souligné l’importance de leur présence durant la saison estivale. « Votre présence sur notre territoire et celui de la Côte Bleue est essentielle. Elle contribuera à renforcer la tranquillité publique et la sécurité de nos habitants comme de nos nombreux visiteurs, en particulier dans nos calanques », a-t-il déclaré. Un message de soutien partagé par l’ensemble des élus, alors que la Côte Bleue s’apprête à accueillir plusieurs milliers de touristes dans les semaines à venir.

  • Aix-en-Provence, la première étape de transformation de l’échangeur du Pont de l’Arc lancée

    Aix-en-Provence, la première étape de transformation de l’échangeur du Pont de l’Arc lancée

    Les travaux préparatoires de l’échangeur du Pont de l’Arc sont lancés depuis ce 15 juillet. Il s’agit, pour la Ville, d’une « première étape opérationnelle d’un projet structurant destiné à améliorer durablement les déplacements et la fluidité du trafic sur cet axe majeur reliant le centre-ville aux quartiers sud (Pont de l’Arc, Luynes, Les Milles) ». Situé juste au-dessus de l’A8, « le projet de réaménagement de l’échangeur autoroutier du Pont de l’Arc s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens urbains entre le centre-ville d’Aix-en-Provence et ses quartiers sud (…) cet échangeur constitue un axe stratégique de la ville, aujourd’hui peu adapté aux mobilités douces », rappelait toujours la Ville à l’issue des concertations publiques lancées autour du sujet. Il avait suscité des tensions chez les riverains. Les opérations en cours, prévues jusqu’au 31 juillet, prévoient la démolition des bordures existantes du rond-point et l’évacuation des terres de l’anneau central, la mise en œuvre d’une structure en grave bitume, la pose d’un nouvel enrobé et l’installation de dispositifs provisoires en béton en vue du futur anneau central temporaire. Pour limiter l’impact de la circulation, dense aux heures de pointe sur cet axe de la ville, les travaux se feront de nuit, entre 21h et 6h du matin. Toujours selon la Ville, ces travaux « ont pour objectif de préparer les futures interventions des concessionnaires de réseaux (Orange, GRDF, etc.) qui précéderont la démolition du rond-point actuel et le lancement du chantier principal de l’échangeur. Ils permettront notamment de reconfigurer provisoirement l’anneau central afin d’accompagner les prochaines étapes du projet ».

  • [Patrimoine] La double mission des remparts d’Avignon

    [Patrimoine] La double mission des remparts d’Avignon

    Il y a quelques semaines, 14 pupitres de lecture ont fait leur apparition tout le long des 4,6km des remparts d’Avignon. Ce « projet de mise en lumière historique et culturelle vise à réintégrer dans la mémoire collective ce monument essentiel d’Avignon que constitue son enceinte médiévale et en faire une source de connaissance dépassant le seul caractère historique de cette architecture », nous indique la municipalité. Un parcours où les « contenus évoquent l’histoire du monument mais également tous les usages qui s’y attachent, rappelant sa dimension sociale au sein de la Ville (foires et marchés, constructions adossées, épisodes des crues…) ».

    Manière pour les habitants, comme pour les touristes, d’en apprendre davantage sur ce joyau, progressivement classé Monument historique entre 1906 et 1937 avant d’être intégré au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995 avec l’ensemble du centre-ville. De 8 mètres de haut, dotées de 36 tours et 55 échauguettes (tourelles) et de 27 points de passages (portes et poternes confondues), les remparts sont aujourd’hui une forteresse médiévale parmi les mieux conservées. D’abord circonscrites dans un périmètre du Rocher des Doms où se sont installées les premières populations, les forteresses se sont progressivement étendues en franchissant à partir de 1320 le canal de la Sorgue. La configuration actuelle a nécessité 16 ans de travaux de 1357 à 1373, principalement sous le pontificat d’Innocent VI.

    « La fonction initiale des remparts est la défense de la ville contre les attaques militaires extérieures », stipule la municipalité. Le symbole en est le Châtelet. Situé à l’entrée du pont Saint-Bénézet, ce bâtiment constitue le point stratégique du contrôle de la ville. Érigé au XIVe siècle, il est reconstruit en 1414 suite aux dégâts subis lors du deuxième siège du palais apostolique, au début du XVe siècle.

    Une armure en bois comme endiguement

    Le second rôle des remparts, toujours prépondérant, est de lutter contre les crues du Rhône. L’épisode le plus marquant remonte à juin 1856, où une vague de 1,50m fait céder plus de 30m de remparts au niveau de la porte Saint-Dominique et pénètre en centre-ville. Place Saint-Didier ou encore rue des Teinturiers de discrets témoins de cette crue permettent de mesurer le niveau d’eau. À l’époque, Napoléon III était venu en barque constater les dégâts. Désormais, la Ville veille à développer la culture du risque et familiariser la population au risque de crue. Depuis 2003 et la dernière grosse crue, le Rhône est régulièrement sorti de son lit sans non plus aller jusqu’à lécher les remparts. Très régulièrement, les services municipaux s’entraînent à disposer des batardeaux. Sur un peu plus de 2km, de la porte Saint-Lazare au passage piéton de la Petite-Hôtesse, chacune des portes et poterne possède sa propre armure : une double rangée de madriers mis dans des encoches dédiées à l’intérieur de laquelle est ensuite garni un mélange de terre et de fumier pour favoriser l’étanchéité.

    Lieu de vie (foires, et parking jusqu’à il y a dix ans), le tour des remparts a été transformé en voie douce végétalisée. Un tel patrimoine nécessite un entretien permanent, un peu comme pour la Tour Eiffel dont le chantier ne s’arrête jamais. Il y a 5 ans, les remparts ont fait l’objet d’un diagnostic sanitaire, structurel et historique, par une équipe composée d’architectes du patrimoine, d’un économiste de la construction et d’une historienne. Manière pour la Ville d’établir un programme pluriannuel de travaux d’entretien et de restauration sur au moins 10 ans. Il y a un an et demi par exemple, des morceaux de remparts s’étaient détachés côté extra-muros à Saint-Lazare, sans faire de victime. Dans les projets à long terme, jamais vraiment datés, il est toujours prévu de rouvrir partiellement au public le chemin de ronde.

  • « La formation des troupeaux renseigne sur la transmission des maladies »

    « La formation des troupeaux renseigne sur la transmission des maladies »

    La Marseillaise : Vous décrivez dans votre étude un méga-troupeau de 4 000 buffles au Botswana. Cela ne passe pas inaperçu… Les communautés locales le connaissaient-elles ?

    Alexandre Caron : La première autrice de l’article, Emily Bennitt, a mené l’enquête auprès des populations locales. Les rangers et les guides touristiques connaissaient le troupeau. Dans les villages, les communautés locales n’avaient pas l’impression qu’il était si gros car elles le voient rarement. En effet, buffles et bétail ont tendance à s’éviter. Donc les éleveurs voient quelques buffles de temps en temps qui s’enfuient rapidement. Ils ne se rendent pas compte de la taille du troupeau qui existe derrière.

    Au-delà du caractère impressionnant, en quoi est-ce intéressant d’observer un si gros troupeau ?

    A.C. : Pour la conservation, cela aide à sensibiliser les acteurs locaux sur l’existence de ce phénomène naturel important. Et cela donne une référence à partir de laquelle nous pourrons observer une évolution. Enfin, cela aide à comprendre ce qu’est un troupeau, comment il se forme et comment peuvent s’y transmettre des agents pathogènes.

    Lesquels ?

    A.C. : Près de 90% des buffles ont la fièvre aphteuse. Ils peuvent aussi avoir la tuberculose, la brucellose… Or ces maladies peuvent se transmettre au bétail, ce qui a des conséquences sociales et économiques. Ces transmissions se font rarement par contact direct car buffles et bétail s’évitent. Mais il peut y avoir des transmissions indirectes, par la salive ou les déjections laissées dans un espace partagé.

  • [Science] Un documentaire permet d’identifier le plus gros troupeau de buffles

    [Science] Un documentaire permet d’identifier le plus gros troupeau de buffles

    « Cela s’écarte de ce que j’ai l’habitude de faire », reconnaît Alexandre Caron, écologue de la santé pour le Cirad de Montpellier, plutôt spécialiste des interactions entre animaux sauvages et communautés humaines en Afrique de l’Est et australe.

    En 2022, des réalisateurs d’une société de production
    -Silverback– contactent une étudiante dont il encadre la thèse. Ils travaillent sur un documentaire pour Netflix, viennent de filmer un troupeau de buffles au nord du Botswana et peinent à les compter. Et pour cause : ils sont vraiment nombreux. « Quand nous avons vu la vidéo, nous nous sommes tout de suite dit qu’il y avait quelque chose d’exceptionnel », se souvient le chercheur qui connaît bien cet animal. Il se rapproche alors de collègues qui ont développé une méthode de comptage à base d’intelligence artificielle. La taille du troupeau est alors estimée à plus de 4 000 individus. « C’est le plus gros troupeau de buffles jamais documenté scientifiquement, souligne Alexandre Caron, dernier auteur d’un article qui détaille ce travail dans Ecology & Evolution. Cela montre que ces méga-troupeaux existent toujours. »

    Beaucoup de populations d’herbivores en Afrique sont en déclin, soulignent les chercheurs dans leur article. En cause : la fragmentation du paysage due au développement humain et les grands espaces transformés en terres agricoles. « Il faut nourrir une population humaine en forte croissance sur le continent », pointe Alexandre Caron qui tient à préciser que les parcs nationaux font exception. « La faune sauvage et la biodiversité s’y portent bien en Afrique australe. »

    Petit paradis

    Des grands rassemblements d’herbivores sont connus, comme celui des quelque 800 000 cobes de Buffon –une espèce d’antilope– au Soudan du Sud et en Éthiopie ou celui de plus d’un million de gnous bleus et autres antilopes en Tanzanie. « On ne peut toutefois pas parler de méga-troupeaux, tempère Alexandre Caron. Ce sont plutôt des grandes migrations. Ils sont en mouvement toute l’année pour suivre les ressources alimentaires. »

    Définir un troupeau n’est pas simple. « Nous avons fait des études au Zimbabwe pour tenter d’y parvenir », poursuit Alexandre Caron. Avec des colliers GPS et des études génétiques pour voir si les individus de la même famille restent ensemble. « C’est en fait très fluide », résume-t-il. Des groupes se forment, se défont, se mélangent et les individus passent d’un groupe à l’autre. C’est le cas du méga-troupeau au Botswana. « Il est composé de plusieurs troupeaux qui se rassemblent à un moment de l’année -la saison sèche- pour se diriger vers un endroit particulier », décrit le chercheur. Cet endroit, la dépression de Mababe, est un ancien lac où la nourriture abonde à cette saison. Un petit paradis où ils reviennent année après année. Peut-être sous l’œil plus attentif des scientifiques maintenant qu’ils ont été filmés.

  • Luttopia prépare un nouveau départ à Montpellier

    Luttopia prépare un nouveau départ à Montpellier

    Pour pallier la baisse de subventions, l’échéance de la convention d’occupation de ses locaux et refaire sa trésorerie, l’organisation de lutte contre la précarisation Luttopia s’est vue obligée de fermer provisoirement ses portes. Un coup de massue pour l’action sociale à Montpellier. L’association s’est empressée de rencontrer l’adjointe aux solidarités Muriel Ressiguier. Fin mai, l’élue a accordé un sursis de trois mois supplémentaires, lui permettant de conserver ses locaux dans l’avenue de Toulouse jusqu’à la fin de l’année 2026. « Ce n’est pas pour autant que ça nous permet de reprendre nos activités, ça ne règle pas tout » explique la directrice de l’organisation Gwen Lasne qui s’active à préparer la suite.

    Luttopia appelle aux dons depuis le début des difficultés et a rebaptisé sa cagnotte « écrivons une nouvelle page ensemble » : il n’est plus question de rouvrir dans l’urgence mais bien de rebondir pour faire perdurer le projet. L’organisme recherche désormais un nouveau site avec l’ambition d’accéder à la propriété des lieux pour assurer une sécurité et une pérennité à ses bénéficiaires. « Le public est au rendez-vous » se félicite la directrice de l’association qui a réuni un peu plus de 16 000 euros via Hello Asso et affiche un objectif de 100 000 euros pour « créer un Luttopia 0.0.5. » Si l’équipe espère déménager d’ici décembre, elle reste prudente : « On est à l’état embryonnaire du projet et les activités sociales ne pourront pas reprendre immédiatement. » Gwen Lasne dénonce un problème structurel : les restrictions budgétaires touchent toutes les structures associatives. Luttopia s’inscrit donc dans une dynamique de long terme et projette de créer une activité économique lui garantissant une certaine indépendance des subventions publiques. « La société civile ne peut pas porter le poids des carences étatiques, ces modèles vont s’essouffler » alerte-t-elle, « il faut trouver des solutions. »

    Luttopia compte toujours sur la solidarité des Montpelliérains et organise plusieurs événements caritatifs cet été. Rendez-vous ce samedi 11 juillet pour un vide-maison et le 1er août pour une soirée musicale et artistique.

  • L’association marseillaise Résidence Collectif célèbre ses 3 ans

    L’association marseillaise Résidence Collectif célèbre ses 3 ans

    Trois ans après sa création, l’association d’éducation populaire Résidence Collectif fête son anniversaire ce samedi au Couvent (3e arrondissement). Une soirée à prix libre, de 18h à 23h30, pensée comme le reflet de son engagement. « Le temps fort sera la table ronde autour de la question : “Peut-on devenir ce que l’on n’a jamais vu ?” On est pile dans le cœur de l’association et la question de la représentation », résume Inès Svartz, responsable de projet de l’association. Viviane Nora Adjutor, basketteuse et fondatrice de Balle en main, la réalisatrice et directrice de casting Samia Kadiri et le danseur Nadim Bel Lallahom partageront leurs parcours. « Ils ont connu ces problèmes de représentation et sont devenus des modèles », souligne Inès Svartz.

    La harpiste

    Sophye Soliveau en guest

    Créée pour « diffuser de nouveaux récits », Résidence Collectif est née d’un constat : « Beaucoup de jeunes sont peu ou mal représentés et n’accèdent pas aux milieux de l’audiovisuel, du journalisme ou de la création numérique. » Toute l’année, l’association accompagne ces jeunes lors d’ateliers pratiques, animés par des professionnels « qui ont eu un parcours similaire au leur ».

    La soirée se poursuivra avec « le classico de l’éloquence marseillaise » entre Eloquentia et Project’toi, avant des concerts. La harpiste Sophye Soliveau, nouvelle étoile de la scène soul et RnB française, proposera un solo harpe-voix. « C’est un symbole fort car la harpe est un instrument socialement situé », note Inès Svartz. Le DJ set sera assuré par Sabria B, qui anime un atelier de création sonore au sein de l’association. « L’objectif, c’est que les participants de l’atelier la rejoignent sur scène », conclut Inès Svartz.

  • Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Déménagements, entretien de jardin, soin des animaux… Douze jeunes manosquins lancent cet été leur propre entreprise et proposent leurs services aux habitants de Manosque et de ses alentours, accompagnés par le centre social.

    « Les jeunes envoient leurs devis, puis leurs factures. Ils travaillent environ 20 heures par semaine, puis se partagent les bénéfices de l’entreprise après avoir payé leurs charges, en plus de la bourse au permis de 700 euros », explique la directrice du centre social de Manosque, Emmanuelle Evin.

    « Ce sont des jeunes de tous horizons qui collaborent pour ce projet pendant lequel ils vont prendre confiance en eux, se constituer un réseau, rencontrer des entreprises et des particuliers. Cela leur permet de passer d’adolescents à jeunes adultes, avec la possibilité de valoriser cette expérience sur Parcoursup » avance Malik Saadane, conseiller municipal de Manosque en charge de cette coopérative jeunesse de services.

    Neuf des douze jeunes participants sont issus des quartiers prioritaires de la Ville cette année, ce qui permet de garantir « l’égalité des chances », selon Malik Saadane.

    « Certaines années, ils ne gagnent pas grand-chose après avoir divisé les bénéfices par douze. C’est pour cela qu’on a ajouté la bourse au permis, ce qui a largement augmenté le nombre de candidats », explique Nesrine Rahou Guerfi, adjointe au maire de Manosque en charge du centre social. Ils étaient 81 à postuler cette année.

    « C’est une action qui revient cher, car il faut encadrer les jeunes pendant tout un été pour s’assurer qu’ils soient dans la légalité et la sécurité », avance Emmanuelle Evin. Le centre social peut ainsi compter sur les financements de l’État, de la CAF, de la communauté d’agglomération DLVA et de la mairie de Manosque. Le projet est également parrainé par la mission locale et par la coopérative d’activité et d’entrepreneurs Mosaïque.

    Une entreprise collaborative

    La coopérative fonctionne comme une vraie entreprise, avec un comité ressources humaines, un comité finances et un comité marketing. Les partenaires du projet confient d’ores et déjà des missions aux jeunes, comme des distributions de flyers ou des animations de jeux en bois. Chaque année, de nombreux habitants font appel à leurs services de lavage de voiture ou encore de jardinage. « C’est bénéfique pour vous et pour nous », a souligné l’un des jeunes participants vendredi, lors du lancement de la coopérative, active du 13 juillet au 21 août.

    « Je suis ravie du groupe, ils se sont vite intégrés et sont très motivés » s’est réjouie Aya, l’une des deux accompagnatrices, qui avait elle-même participé à la première coopérative jeunesse de services (CJS).

    Initiées au Québec il y a 30 ans, les CJS ont été expérimentées pour la première fois en France en 2013. Il en existe quatre sur la Région Sud, dont celle de Manosque et celle d’Oraison, pour la première année.

  • Aubagne, un petit village de la céramique inauguré en centre-ville

    Aubagne, un petit village de la céramique inauguré en centre-ville

    Fraîchement inauguré en cette matinée du samedi 18 juillet, le marché d’été à la céramique et aux santons présente sa 59e édition dans le bas du cours Foch, en plein centre-ville aubagnais. Porté par l’Association des céramistes et santonniers du Pays d’Aubagne et coorganisé avec la Ville et l’office de tourisme du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, le marché est devenu un rendez-vous annuel pour les touristes et les habitants.

    Depuis sa création en 1968, le marché à la céramique et aux santons a l’habitude d’occuper la partie haute du cours Foch. Face aux températures caniculaires, l’événement s’est réfugié de l’autre côté de la place, à l’ombre fraîche des platanes qui bordent la fontaine. « C’est un véritable petit village d’artisans » dépeint Florence Amy, présidente de l’association organisatrice. « On ne ferme les portes à personne, l’idée c’est de représenter tout ce qui se fait dans la région », explique-t-elle. Les cinq prochaines semaines, neuf artisans locaux d’horizons et de métiers différents exposeront dans les barnums, ces « magasins à ciel ouvert » comme les appelle la présidente. À travers les allées, les visiteurs pourront découvrir et se procurer des objets divers, qui illustrent la richesse des professions de la filière de l’argile. Céramiques utilitaires ou décoratives, faïences traditionnelles, bijoux, santons et crèches provençales : les étalages sont déjà prêts et bien garnis.

    Célébrer et transmettre un héritage artistique local

    Les créations colorées reflètent la patte artistique de leur créateur. Elles laissent entrevoir un aperçu de la création contemporaine, construite à partir de techniques qui se transmettent depuis des générations chez les artisans.

    L’art de façonner l’argile occupe une place centrale à Aubagne. Récemment sacrée capitale européenne de la céramique, la commune reçoit tous les deux ans Argilla, le festival international de la céramique, et a récupéré la gestion de la filière argileuse des mains de la Métropole en janvier 2025. Un savoir-faire qui n’est donc plus à prouver et que les artisans ont à cœur de transmettre. « C’est l’ADN de la ville, c’est ce qui fait notre force », appuie Florence Amy qui s’engage toute l’année pour faire découvrir la tradition du travail de l’argile aux touristes via son association : « Le travail des santons reste un héritage très familial, c’est important de faire connaître ce métier. » Et pour cela, quoi de mieux que la pratique ? Ouvert jusqu’à 21h le vendredi soir, le marché fait sa nocturne. Il y proposera des ateliers participatifs* menés directement par les exposants, les vendredis 24 et 31 juillet et les 7, 14 et 21 août. Ces animations constitueront des moments de partage et de transmission autour de l’artisanat de l’argile, dont les participants pourront repartir avec leur propre production. « Les gens se découvrent avec un pinceau, en mettant les mains dans la terre », s’amuse la présidente qui observe un public familial lors des activités. « Ce sont de formidables échanges » ajoute-t-elle, ravie de partager ce patrimoine dans lequel elle baigne depuis l’enfance au sein de la mythique faïencerie Louis-Sicard, inventrice des cigales en céramique.

    *Inscriptions auprès de l’office de tourisme, au tarif de 3 € par personne et par atelier